着物着付け

Deux posts sur le Japon en une semaine, ça commence à faire beaucoup. Mais le hasard a ses raisons que la raison ignore… Aujourd’hui, je m’en vais donc vous parler un peu de kimono.

Le kimono (littéralement, la chose que l’on porte) est le vêtement traditionnel japonais. On distingue de nombreuses catégories : le furisode, kimono à longues manches réservé aux jeunes filles, le tomesode, kimono à manches courtes ou coupées, le kurotomesode, plus formel, et noir, le yukata, kimono léger en coton… Le kimono est en soie doublée, coloré ou noir, orné de motifs traditionnels – fleurs, animaux, symboles mythologiques – ou d’interprétations plus récentes – paysages enneigés ou abstraits par exemple.

Le kimono est fermé par un obi, ceinture de soie (très) épaisse, brodée de motifs en fil de soie ou d’or, mesurant quatre mètres de long. Il y a différentes façons de nouer l’obi, plus ou moins compliquées, mais la plupart sont réservées aux jeunes filles, les femmes mariées portant des tenues moins excentriques. Il est bien entendu beaucoup plus difficile de nouer un obi sur soi que sur quelqu’un d’autre, le pliage devant être fait à l’aveugle ou dans un miroir.

En théorie, le kimono est un vêtement simple, sans aucune attache à part une large ceinture. En pratique, c’est beaucoup plus compliqué, car le kimono et l’obi ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En effet, porter un kimono ou en habiller quelqu’un est un art, diplômé d’Etat au Japon. Le but du jeu consiste à empiler des couches de vêtement et des accessoires fort nombreux. On porte donc le jûban (kimono de dessous à col rigide qui sert à protéger le kimono de la peau), puis le kimono, fermés tous deux par un karihimo (cordon en coton ou en soie). La silhouette est ensuite “aplanie” à l’aide d’un obi-ita (une sorte de pièce d’estomac), parfois une pince tire les pans du kimono pour qu’il tombe correctement. Il faut ensuite nouer l’obi, c’est-à-dire s’enrouler dedans d’une certaine façon (on tourne dans l’obi, il ne doit pas bouger pour ne pas l’abîmer), et l’attacher à l’aide d’un obi-makura (littéralement un coussin à obi) qui donne du gonflant, lui-même recouvert d’un obi-age (pièce de soie longue, souvent teinte selon la manière shibori) pour le dissimuler. Enfin, on ferme la ceinture avec un obi-jime, cordon de couleur vive qui se noue devant, et dont les noeuds ont une signification particulière. Aux pieds, on porte des tabi, chaussettes à orteil séparé et des zôri, “sandales” assorties à semelle épaisse et rigide.

Bien entendu, tout ceci coûte extrêmement cher, vous l’aurez compris. Il faut compter environ 3000 euros pour une tenue complète “basique”, à savoir 1000 euros pour le kimono, 1000 euros pour l’obi, 1000 euros pour les accessoires. Les sommes peuvent être beaucoup plus élevées, en particulier pour l’uchikake, kimono de mariage composé d’un furisode blanc et de deux manteaux, l’un blanc et l’autre coloré, qui pèsent dans les quatre kilos. La tenue de mariage est surmontée d’un chignon imposant et d’une coiffe particulière, pas forcément très seyante… Compter le prix d’une voiture.

Les prix que j’annonce peuvent sembler exorbitants, mais il faut penser que le kimono est un produit de luxe, au même titre que la haute couture. Il est souvent transmis au sein d’une même famille sur plusieurs générations, on l’achète toujours neuf (un kimono d’occasion est un truc pour Occidentaux), et il faut compter plusieurs mois de travail pour le réaliser. Au départ, le kimono est en soie blanche unie ou avec un motif tissé directement dans la trame. Puis on le teint autant de fois qu’il y a de couleurs, selon plusieurs méthodes, ensuite on brode ou on applique certains motifs. Ces techniques sont pour la plupart encore réalisées à la main de nos jours. Enfin, il faut savoir qu’il convient d’harmoniser son kimono à la saison ou à l’occasion et qu’il est donc impossible de n’en posséder qu’un.

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3 comments

  1. Eidyan says:

    Message d’une diplômée en japoniaiserie aigüe.

    Ô délice qui vient faire pétiller les mirettes…
    Truc pour occidentaux, sans doute, mais bien pratique tout de même, l’occas’ sur e-buy…
    Parce que quand on voit les zéros s’enfiler comme des perles après le premier chiffre d’une étiquette d’un magasin banal du quartier de Higashi-Ueno (comprendre : pas un coin spécifique à kimono…), il nous reste peu de choix en dehors de la déprime et du surendettement.
    En fait je pensais avoir perdu du vocabulaire, mais tout ce que tu as cité là m’était familier, l’honneur est sauf… Et la nostalgie omniprésente, of course.

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