Et verser des larmes, encore

Pour moi, comme pour sans doute beaucoup d’enfants, le 14 juillet a toujours marqué le “vrai” début des vacances. C’est le soir où on va voir les feux d’artifice, on peut se coucher tard, on a peut-être droit à une glace… Il fait chaud, le ciel est dégagé, on est au spectacle, et la vie est douce.

Hier, pendant que j’admirais le feu d’artifice de Paris depuis le quai de ma gare de banlieue, je me suis dit que ce serait sympa d’emmener la Crevette voir ça d’ici un an ou deux… Et puis le retour à la maison, la nouvelle qui tombe, qui assomme. Encore. Et dans des circonstances pareilles, la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est : il y aura des enfants parmi les victimes.
Comment faire pour supporter l’angoisse quand on se dit que ça pourrait être le sien, qu’on aurait pu se trouver là ? Cette photo d’une poupée gisant sur l’asphalte à côté d’une poussette me hantera toute ma vie, je pense : cela aurait pu être la poupée de ma fille, cela aurait pu être sa poussette, ç’aurait pu être elle. Comment élever nos enfants, envisager de fonder une famille dans un contexte aussi ahurissant ? J’ai envie d’y croire, d’entretenir l’espoir, la foi en l’être humain, et puis je vois des horreurs pareilles…

Je n’ai pas la réponse à ces questions. Je ne peux que me blinder un tout petit peu, couper au maximum la télé et Internet pour éviter les nouvelles anxiogènes, les images épouvantables, les commentaires à vomir des uns et des autres. Je ne peux qu’essayer, avec l’Anglais, d’élever notre fille dans des idéaux de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mais parfois, la tâche semble immense, et le vide sous nos pas d’une profondeur insondable.

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4 comments

  1. Mayla says:

    Que dire sinon que je suis exactement dans la même situation que toi ? Mais je me dis aussi que si j’arrête de vivre, que je me cloître chez moi, ce seront eux qui auront gagné. J’espère que ce cauchemar finira par s’arrêter, que nous serons enfin libérés de ces horreurs…

  2. Bérengère says:

    Même chose pour moi… J’ai pensé à ma fille dans sa poussette et à mon ventre arrondi (info joyeuse: nous attendons notre 2e). Jamais je n’aurai cru que fonder notre famille en 2015/2016 me poserait tant de questions, me ferait si peur… Et puis je regarde ma grande et je me dis que ces imbéciles ne doivent pas m’empêcher de savourer le bonheur qu’elle nous apporte.

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