Chroniques du confinement – Vue d’ensemble

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Au bout de bientôt dix jours (à la louche), le moment est venu de faire un petit récapitulatif.

  • Mon exemple a poussé une amie à tenter le yoga. Moi, j’ai encouragé quelqu’un à pratiquer une activité sportive. Le monde est fou.
  • Henri Dès me sort par les oreilles (la Crevette doit apprendre la chanson “Le Printemps” – elle je sais pas, mais moi c’est bon, je suis au top).
  • Tout le monde serait d’attaque pour un “Cuisinons nos livres”… sauf moi. Je tourne avec les mêmes recettes qu’en temps “de paix” avec quelques tentatives de-ci, de-là.
  • Je fête aujourd’hui ma quatrième semaine sans Coca. J’ai pas dit que je tiendrai jusqu’à la fin du confinement.
  • On fantasme tous sur ce qu’on fera en premier quand la quarantaine sera levée. En vrai, on s’entassera au supermarché ou au square pour prendre l’air et sortir les enfants.
  • Entre les vacances annulées, les achats qu’on ne fera pas, et les restaurants où on ne mangera pas, on va être riches. Ou moins fauchés, en tout cas.
  • Je me couche beaucoup trop tard, et même pas pour de bonnes raisons.
  • J’ai même pas eu le temps de m’asseoir pour repriser des chaussettes.
  • Jamais je n’ai autant apprécié le mini carré de gazon et le parking de notre immeuble. Sans eux, je pense qu’on aurait déjà balancé les enfants par la fenêtre.
  • Est-ce qu’avec le confinement 2020 compte double en années de mariage ?
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Chroniques du confinement – Prendre la pose

La lassitude commence à se faire sentir, et notre patience à l’égard des enfants (déjà pas immense) s’amenuise. Après quelques orages en matinée, nous avons réussi à ramener un semblant de sérénité, en espérant que cela dure.

Le Paprika en tenue de camouflage (photo de Monsieur)

Parce qu’il est évident que ça va durer, et davantage que ce qu’on nous avait annoncé à l’origine (j’avoue, je table depuis le début sur un fin de confinement début mai au plus tôt). Du coup, on met en place quelques stratégies…

  • Comme tout le monde, nous avons cédé à la mode des apéros Skype. Sauf qu’on fait plutôt des goûters Skype, avec la famille ou les copains de classe. Gros succès – et puis ça permet de parler avec des adultes, parce que les enfants désertent au bout de quelques minutes.
  • Quand la grande travaille, on essaie de mettre Junior sur une activité manuelle à proximité, comme ça il est dans un rythme un peu similaire.
  • Nous avons sacrifié une partie de notre santé mentale et mettons en boucle presque toute la journée des chansons pour enfants, en particulier un CD d’une vingtaine de minutes. A la fin du confinement, je me fais un concert de Rammstein pour me nettoyer les tympans.
  • Cet après-midi, l’Anglais a installé son studio, sorti tous les déguisements des enfants, et les a photographiés dans toutes leurs tenues. Même le Paprika s’est amusé, ça les a occupés une bonne heure.

Après, je jette aussi un voile pudique sur les paillettes éparpillées dans tout le salon, la pâte à modeler collée aux meubles, les peintures de guerre au feutre et les différends autour du lave-vaisselle.
Good night, and good luck.

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Chroniques du confinement – Du pain, du vin, un vaccin

Ce matin, pour la première fois depuis huit jours, la Crevette est sortie de notre immeuble – en cause, un rappel de vaccin à effectuer. Du coup, j’ai poussé au maximum la sortie et on a fait l’aller-retour à pied, ce sera le sport de la semaine (du mois).

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On a trouvé un semblant de rythme, mais je n’arrive toujours pas à me remettre au boulot. Il va bien falloir, pourtant, c’est pas comme si j’avais un roman de 500 pages sur le feu…
En attendant, j’ai délégué la classe à Monsieur, qui fait preuve de bien plus de patience que moi. Pour ma part, j’ai les activités extrascolaires, du genre travaux manuels ou cuisine. Donc aujourd’hui on a fait du pain (et ce ne fut qu’un demi-succès). Demain, le document de continuité pédagogique indique la fabrication de pâte à modeler maison, je sens qu’on va bien rire.

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Chroniques du confinement – Sur la réserve

C’est pas tous les jours que je m’énerve, mais ce matin j’ai failli sauter à la gorge d’un couple d’un certain âge. Le marché de notre ville est encore ouvert, mais avec des entrées au compte-goutte pour éviter qu’il y ait trop de monde. Et voilà donc que… des couples vont faire leurs courses. Genre Monsieur est pas foutu de faire ça tout seul, ou Madame ne peut pas tout porter : déléguez ou faites ça en FaceTime, bon sang !

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Je fais des courses bien plus importantes maintenant que j’ai tout le monde à la maison H24 – mais sans doute trop importante. La peur de manquer, peut-être, surtout si nos conditions de sortie sont encore restreintes – ce qui ne saurait tarder – le besoin de se “remplir” probablement, quand les journées paraissent à la fois vides et surchargées.

Au bout de cette première semaine de confinement, je suis toujours dans une espèce de flottement : je ne sais pas trop où j’en suis. Je n’ai pas pu reprendre le boulot, ce qui me tracasse beaucoup et, surtout, je ne suis pas certaine d’avoir encore beaucoup d’énergie et de patience en stock pour m’occuper de ma progéniture.
Je finirai bien par craquer et leur mettre un DVD.

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Chroniques du confinement – Rester en contact

Pas facile, ce début de week-end en confinement… la Crevette a encore une fois exprimé sa tristesse de ne plus aller à l’école et de ne plus voir ses copains. Du coup, on a fait un FaceTime avec sa meilleure amie, puis un goûter Skype avec d’autres copains. Ca ne remplace pas, mais c’est mieux que rien – et puis ça permet aux adultes de se parler.
Pour le deuxième jour consécutif, nous ne sommes pas sortis dans la cour intérieure de l’immeuble. Il va peut-être falloir y remédier, car l’anxiété et l’intranquillité commencent à monter chez les enfants.

J’essaie de reprendre en main ma propre angoisse : j’ai lutté contre l’envie de faire une sieste, je ne suis pas (trop) tombée dans la tablette de chocolat et… j’ai fait du yoga devant mon ordinateur (et j’ai craqué de partout). Il va neiger.
Mon état oscille entre sidération, résignation, inquiétude et agacement (contre moi-même surtout). Il faudrait que j’évite de nourrir tout ça en levant le pied sur les réseaux sociaux, mais comme c’est aussi un moyen de communiquer avec les proches et moins proches, ce n’est pas toujours simple.

Prochain challenge : reprendre la traduction. Lundi, quand les enfants seront à l’école. Oh wait.

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Chroniques du confinement – Avoir la dent dure

Je sais, elle était facile… en fin d’après-midi, alors que pour la première fois nous avions décidé de garder les enfants à l’intérieur et de les fatiguer avec un parcours de motricité, la Crevette a fait preuve d’un peu trop d’enthousiasme et a perdu une dent. Plus de peur que de mal, mais c’était impressionnant, d’autant qu’elle a beaucoup pleuré – sans doute aussi un moyen d’évacuer la pression.
Maintenant la question que tout le monde se pose : la petite souris pourra-t-elle enfreindre le confinement ? S’agit-il d’une dérogation eu égard à son travail ?

Aujourd’hui, j’ai eu l’impression que les choses partaient un peu en vrille – moi la première. Au goûter, j’ai constaté que Mademoiselle n’avait pas été coiffée depuis hier ; le Paprika m’a fait mettre en boucle les mêmes chansons toute la journée (après, ça le fascine et il reste bouche bée pour écouter, ce qui est plutôt un luxe aujourd’hui) ; pour une fois que je n’ai pas fait la sieste, j’ai glandé sur Internet au lieu de lire / faire un truc utile / bosser ; j’ai des envies de sucre absolument démentielles, on dirait que je suis revenue au dernier trimestre de ma précédente grossesse (je vous rassure, il n’y en aura pas d’autre)…
Rien de grave en soi, juste l’impression que des choses m’échappent un peu. Je suis par nature très réfractaire au changement, et la situation va me demander un temps d’adaptation.

Oui, j’ai conscience que ce sont des problèmes de riche : on a un toit, assez d’espace pour ne pas trop se marcher sur les pieds, des ressources matérielles et intellectuelles pour faire face…
Allez, et si j’écrivais une romance sur le confinement ? Transposé dans un contexte historique, bien entendu 🙂

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Chroniques du confinement – Garder l’équilibre

Petit à petit, nous prenons nos marques. Même sans obligation horaire, le Paprika nous réveille tôt ; j’essaie de faire en sorte que les troupes soient prêtes à 9h, et nous enchaînons les activités. Le travail scolaire proposé par la maîtresse a été effectué en 1h30 aujourd’hui, il faut occuper le reste ! Au choix : écoute de podcasts pour enfants, quelques chansons, travaux manuels à base de paillettes, ateliers “découverte du lavage des vitres” et “manipulation de l’aspirateur, une initiation”.

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Mes traductions sont confirmées, et j’ai pu envoyer une facture : j’ai bon espoir d’être payée dans un délai pas trop long, et de continuer à bosser comme prévu. Seul pépin : les enfants n’ont pas reçu le mémo ! Il va me rester la sieste et les soirées pour travailler… et cravacher une fois le confinement levé, dans plusieurs semaines (je n’ai pas la moindre illusion sur le prolongement de la quarantaine imposée).

Voyons le positif : on a de la place, une connexion Internet qui tient le choc, un stock de thé à épuiser, et pas de souci pour se ravitailler. Je n’ai encore jeté aucun enfant par la fenêtre, et Monsieur et moi nous adressons toujours la parole. J’arrive même à surmonter mon addiction au Coca – trois semaines de sobriété !

En revanche, demain l’Anglais travaille dehors. Send help.

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Chroniques du confinement – Prendre l’air

Encore une nuit compliquée, et un réveil matutinal. J’ai intérêt à décrocher de ma revue de presse nocturne si je veux tenir sur la durée.

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Faire les courses n’a jamais été aussi attrayant qu’aujourd’hui. J’ai fini par passer près d’une heure dehors, notamment au marché quasi désert juste pour échanger – à bonne distance – avec les commerçants, rien que pour retrouver l’impression d’être “libre”.
Côté enfants, ce fut un peu brouillon, entre tentatives de tâches encadrées et laisser-aller général. Nous avons quand même pu les occuper avec de la pâte à modeler, du dessin, des histoires, et une sortie dans notre cour d’immeuble pour le défouloir quotidien.

En fait, malgré le télétravail, les journées sont au ralenti. A partir de la semaine prochaine, je serai en congé garde d’enfants puisque je suis la seule salariée du couple, mais je suis quand même censée traduire. Cela se fera sur le temps de la sieste et le soir après le coucher des enfants. Je sens déjà venir le mois de mai frénétique pour rattraper mon retard (non, je n’ai pas le moindre espoir d’un retour à la normale avant fin avril).
Au bout du compte, mon activité la plus constructive consiste à… prendre des nouvelles de mon entourage. Organiser des tours pour nettoyer les parties communes de l’immeuble, demander à chacun comment il va, envoyer un petit message de soutien à telle ou telle personne que je suis sur les réseaux sociaux… on ne s’est jamais autant parlé.

Peut-être qu’une partie de mon cerveau est en train d’intégrer qu’il s’agit d’une course de fond et qu’il va falloir s’économiser intellectuellement et se dépenser humainement.

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Chroniques du confinement – Faire le dos rond

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L’épreuve du confinement a pris une dimension nouvelle aujourd’hui avec la présence perpétuelle du Paprika. Comme on s’y attendait, ce n’est pas une mince affaire. Entre ses demandes constantes d’attention, sa jalousie à l’égard de sa sœur et son manque de patience, c’est difficile de l’occuper plus d’une dizaine de minutes. Il a fallu multiplier les propositions, prendre son mal en patience (ou pas), et éviter de trop s’emporter. Ca s’annonce long. Genre marathon, mais avec un gamin programmé pour sprinter en permanence.

Je perçois tout de même quelques effets positifs : les enfants ont joué ensemble, la Crevette entraînant son frère dans le chahut, Junior a beaucoup utilisé le mot “coucou”, ce qui est nouveau, ils ont pris plaisir à faire des activités différentes…
Nous échangeons avec d’autres parents, mais force est de constater qu’ils sont bien plus organisés que nous ! Nous n’avons pas d’emploi du temps bien défini, à part l’impératif d’être habillés et prêts à travailler à 9h et l’arrêt de toute tentative d’activité autre que jouer vers 17h.

Je n’ose imaginer à quoi aurait ressemblé cette période de confinement si j’étais dans l’état qui a suivi la naissance de la Crevette ou lorsque nous luttions contre les punaises de lit. A coup sûr, je serais déjà au bord de la crise de nerfs, alors que je me contente d’apprendre le lâcher-prise. Et je pense à toutes celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de souffler ou de prendre l’air ces jours-ci, et pour qui nos restrictions de mouvement seront très dures psychiquement.

A midi, la vie a paru s’arrêter : plus personne en train de faire la queue devant le bureau de tabac, plus de voiture dans les rues, le silence… Pour un peu, je m’attendais presque à entendre les sirènes !
Et à 20h, j’ai entendu quelques applaudissements et des bruits de ferraille dans notre quartier : les “célébrations” sonores en hommage aux soignants.

J’avoue que je suis épuisée, d’autant que je dors mal : dès que je suis réveillée la nuit, je ne peux m’empêcher de lire les journaux, alors que je devrais essayer de me reposer. Pire que tout, je suis incapable de lire. Pourtant, Le mur invisible de Marlen Haushofer, c’est ce qu’on appelle une lecture qui tombe à pic.

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Chroniques du confinement – Galop d’essai

Pour cette première journée “officielle” de confinement, les choses se présentaient plutôt bien : Junior chez sa nounou, Mademoiselle à la maison mais autonome.
Je reconnais que j’avais été un peu optimiste en pensant qu’on aurait globalement la paix : un enfant de 6 ans, même très dégourdi, réclame régulièrement de l’attention (toutes les 10-12 minutes en moyenne quand on a du bol), ce qui n’est pas génial pour la concentration. Néanmoins, la journée a été bien occupée.

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La Crevette a donc multiplié les activités manuelles (dessin, mosaïque autocollante, personnage en perles), fait des semis avec son père, fait un atelier photo pour documenter notre enfermement, joué, lu des histoires. Nous avons reçu le document de “continuité pédagogique” de la maîtresse dans la matinée, et globalement on est plutôt bien partis.

Après les annonces de ce soir, l’optimisme est un peu moins béat : dès demain, nous gardons aussi le Paprika à la maison, ce qui sera une autre paire de manches.
Plusieurs fois, on nous a posé la question d’un éventuel dépaysement – nous disposons de deux points de chute en province, avec jardin, où nous serions seuls. Mais nous avons préféré éviter cette solution pour des raisons de plus en plus évidentes.

En attendant la fin du monde, j’ai fait des cookies. Il va bien nous falloir ça pour tenir à partir de demain.

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