L’amie prodigieuse

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.


J’ai enfin pris le temps de lire ce roman dont je n’ai entendu que du bien et, généralement, monts et merveilles. Est-ce à cause de ces louanges dithyrambiques ? Toujours est-il que j’ai éprouvé une vague déception.
Elena Ferrante nous entraîne dans la vie d’un quartier populaire de Naples dans les années 50 et 60, et le fait avec une vérité, une précision et une franchise qui nous happe. Sa description des caractères donne vie non seulement aux personnages, mais au décor tout entier, sans que l’on dispose de réels éléments “visuels”. On s’attache aux protagonistes, malgré ou grâce à leurs défauts qui les rendent si humains. On vit les changements qui s’amorcent dans cette Italie post-fasciste.

Néanmoins, je n’ai pas été bouleversée. Je m’attendais sans doute à quelque chose qui allait révolutionner mon rapport à la littérature, à un chef-d’oeuvre, peut-être, à une claque littéraire. Ce ne fut pas le cas. Elena Ferrante écrit très bien, son roman est passionnant, mais je n’ai pas eu de révélation. Pour être honnête, aux alentour de la page 120, je m’ennuyais, si bien que j’ai failli laisser tomber ma lecture (le caractère particulièrement pénible de la fameuse amie n’était pas non plus pour aider). Le salut est venu du retour de Rome en avion et d’une discussion au sujet de ce roman avec une de mes collègues, qui éprouvait la même chose que moi.
Alors, Elena Ferrante est-elle surévaluée ? Non. C’est clairement un grand auteur contemporain, qui a des choses à dire et les formule de façon remarquable. Je lirai avec plaisir la suite de sa série. Mais je pense qu’on se trouve là face à ce qu’on appelle parfois un “phénomène d’édition”, où un livre décolle d’un coup sans savoir exactement ce qui le rend meilleur qu’un autre (dans ce cas, peut-être à l’anonymat prolongé de son auteur). Mais si vous aimez les sagas, l’Italie, l’histoire des femmes, les Trente Glorieuses, que sais-je encore, lisez-le.

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, Folio

Reading Challenge 2017 : The first book in a series you haven’t read before

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America – L’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue

C’est un peu par hasard que j’ai fait l’acquisition de cette revue littéraire. A l’origine, je pensais acheter un magazine d’actualité à la façon de XXI ou Six Mois, exclusivement consacré à l’Amérique. Oui, je fais partie de ces gens qui foncent tête baissée pour une couverture…

America, fondé par François Busnel, animateur de l’émission La Grande Librairie, se propose de tenir une chronique des Etats-Unis de l’ère Trump, à raison d’un numéro par trimestre pendant quatre ans. Il y a donc, fait intéressant, une vie et une mort annoncées de cette revue, avant même de savoir si elle va marcher.
Le magazine est très bien fait, dense, proposant longs entretiens, reportages, chroniques… Le but est à la fois d’éclairer différents pans de la culture américaine d’un jour nouveau mais, aussi, de “retrouver le temps long de l’enquête et du reportage”. Et c’est exactement ce qui a lieu.

J’ai débuté par le grand entretien offert par Toni Morrison, prix Nobel de littérature et grande dame des lettres (j’avoue, je ne connais d’elle que des extraits de Beloved étudiés au lycée). Ce simple entretien est d’une perspicacité, d’une franchise incroyables. L’auteur revient sur son parcours personnel, son rapport à la lecture et à l’écriture, mais éclaire aussi la question raciale d’un jour tout à fait nouveau (du moins pour moi). En partant de la réalité historique et de la façon dont les Etats-Unis se sont construis sur la soi-disant suprématie des Blancs sur les Noirs, encouragée dans les catégories très pauvres de la population.
Si je n’ai pas encore eu le temps de tout parcourir, j’ai également beaucoup apprécié le reportage consacré aux “Pauvres petits blancs”, de Sylvain Cipel, qui ausculte le désarroi et le sentiment néanmoins prégnant de supériorité par rapport aux personnes de couleur des électeurs de Trump. Les photos qui l’accompagnent sont à la fois poignantes et violentes, et témoignent d’une réalité qu’il est difficile d’imaginer.
Je me suis aussi régalée de la nouvelle inédite de F. Scott Fitzgerald, Reconnaissance de dette, qui m’a fait beaucoup rire. Près d’un siècle après sa publication, le texte est d’une modernité stupéfiante.

Alors, non, je n’ai pas (encore) tout lu. Conformément au vœu des fondateurs de cette revue, celle-ci nécessite de se placer dans un temps long pour la consulter, s’en imprégner, y revenir. Mais si la littérature ou la question américaine vous intéresse, je ne peux que vous encourager à la lire, car c’est à la fois un témoignage très fort et un beau souffle d’espoir. La pensée n’est pas morte aux Etats-Unis, bien au contraire.

America, numéro 1, 20€ (dans les librairies)

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Silence

Japon, 1614. Le shogun formule un édit d’expulsion de tous les missionnaires catholiques. En dépit des persécutions, ces derniers poursuivent leur apostolat. Jusqu’à ce qu’une rumeur enfle à Rome : Christophe Ferreira, missionnaire tenu en haute estime, aurait renié sa foi. Trois jeunes prêtres partent au Japon pour enquêter et poursuivre l’oeuvre évangélisatrice…


Alors que j’ai étudié le japonais et que j’aime beaucoup la littérature japonaise du 20ème siècle, j’avoue n’avoir jamais ouvert d’oeuvre d’Endô Shûsaku. Peut-être parce que le personnage semblait austère, ou parce que ses écrits me parlaient moins que ceux de Tanizaki ou Kawabata, toujours est-il qu’il a fallu attendre la sortie du film éponyme de Martin Scorcese pour me pousser à acheter ce roman.
Quelle erreur d’avoir attendu si longtemps ! En toute honnêteté, ce livre est un chef-d’oeuvre. Récit à voix multiples, qui mêle différents types d’écrits (lettres, narrateur omniscient, extraits de journaux…), Silence est l’histoire d’une foi missionnaire confrontée à la réalité du Japon.
Converti à la foi catholique dans les années 1930, Endô puise clairement dans son expérience personnelle à la fois pour parler des persécutions atroces dont ont été victimes les chrétiens du Japon au 16ème siècle, et la question qui réside au cœur de son personnage principal : celle du silence de Dieu devant les tribulations de ses fidèles.
Ce roman magnifique, souvent dur, humain, m’a happée et ne m’a pas laissé de repos avant de l’avoir fini. Je ne peux que vous conseiller de le lire, que vous soyez ou non sensible à la question religieuse.

Reading Challenge 2017 : A book that’s becoming a movie in 2017

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Villa Kérylos

La Villa Kérylos, c’est une célèbre maison de la Côte d’Azur, construite au début du xxsiècle par Théodore Reinach, le frère de Joseph et Salomon. J, S, T. Je Sais Tout. Ces trois inséparables frères, aussi moustachus qu’érudits, ont fait de cette maison tout entière décorée en style grec, la caverne aux trésors de l’érudition française. Elle a permis à Achille de sortir de son milieu. Il découvre ainsi un monde de rêve et de poésie.
Achille. Quel Achille ? Mais bien sûr, le fils de la cuisinière des voisins, les Eiffel ! À force d’études, il est devenu presque aussi savant que ses trois hôtes. Dans son grand âge, bien des années ayant passé, il revient à Kérylos. Pièce après pièce, il va à la redécouverte de son passé. Une porte s’ouvre sur Alexandre le Grand ; une autre, sur le Mont Athos ; une autre, surtout, sur Ariane, son si cher amour…


Je me suis immédiatement laissée tenter par ce livre quand je l’ai aperçu sur une table de mon libraire : j’adore Adrien Goetz, et j’ai toujours rêvé de visiter la Villa Kérylos dont j’ai entendu parler dans mon enfance.
Il m’a été facile de me laisser happer dans cette histoire, qui mêle le récit de la construction de la maison, une brève quoique dramatique chronique de la famille Reinach (grande famille juive du début du siècle, exterminée pendant la seconde guerre mondiale), et roman d’apprentissage aux accents parfois picaresques. Ces multiples histoires sont toutes racontées par la voix d’Achille et s’entremêlent avec aisance, un détail du présent évoquant tout de suite des souvenirs du passé.
L’écriture est toujours aussi belle, fluide, érudite sans être pénible, souvent drôle. Adrien Goetz aime les mots, l’art, la beauté, et cela se sent. J’ai été tout de suite transportée dans cette villa que je rêve de visiter depuis toujours. Toutefois, le personnage principal, avec ses qualités et ses défauts qui le rendent si attachant, a quand même quelque chose d’agaçant. Et l’ultime chapitre, en forme de dénouement, s’il permet de faire une de ces passerelles entre art et vie quotidienne que l’auteur affectionne tant, m’a laissée un peu dubitative.

Villa Kérylos, Adrien Goetz, Grasset

Reading challenge 2017 : a book that is a story within the story

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Le bateau-usine

Ce classique décrit les conditions de vie inouïes des travailleurs à bord d’un navire pêchant le crabe dans les mers froides et dures, entre Japon et URSS. Exploités et humiliés, ces hommes découvrent la nécessité de l’union et de la révolte. Réaliste et novateur, ce texte culte connut un succès international.


Je l’ai beaucoup dit, la période de l’entre-deux-guerres au Japon m’a toujours beaucoup intéressée. Alors pour une fois, j’ai décidé de l’aborder sous un angle différent, celui de la modernisation violente, et de ses conséquences sociales et économiques.
L’histoire est dure, empreinte d’un réalisme qui fait froid dans le dos, qui n’est parfois pas sans rappeler Zola dans la noirceur. Est-ce parce que la couverture est en noir et blanc ? Est-ce l’absence de longue description ? Toujours est-il que j’ai eu une profonde impression de monochromie dans ce texte, comme si toute couleur, comme la joie, était effacée de l’histoire.
Le récit de cette révolte lente mais qui se construit peu à peu, des abjections des uns et des autres, de l’exploitation de l’homme par l’homme est effarant, et résonne dans le lecteur. L’écriture est belle, la traduction remarquable (coup de chapeau à la traductrice qui n’a pas dû s’amuser), et l’édition actuelle propose en outre un intéressant appendice sur la biographie de l’auteur, l’histoire du texte et de sa redécouverte au prisme de la crise économique de 2008 au Japon. A noter que ce livre est, selon moi, indissociable du contexte d’écriture (montée en puissance du militarisme au Japon) et des des idées de son auteur (écrivain communiste d’origine paysanne, il a signé plusieurs récits de “littérature prolétarienne”).
Au final, c’est une oeuvre ancienne qui trouve des résonances dans notre monde actuel. Une lecture importante, mais dont on ne sort pas indemne.

Le bateau-usine, Kobayashi Takiji, éditions Allia

Reading Challenge 2017 : A bestseller from a genre you usually don’t read

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Week-end à 1000 : le bilan

Ce week-end, profitant d’une relative solitude/liberté, j’ai décidé de participer au challenge “Week-end à 1000” qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux. Le but ? Lire 1000 pages ou plus entre vendredi 19h et dimanche minuit. Pour cette première tentative, je dois avouer que je n’ai pas réussi. Entre la Crevette, quelques heures de vie sociale et les siestes impromptues dans le canapé, j’ai quand même lu un peu plus de 600 pages, soit deux romans et une grosse nouvelle. Petite revue de détail.

Le dernier des Camondo, Pierre Assouline
Cela faisait un moment que j’avais envie de lire un autre ouvrage de cet auteur, et j’ai hésité avec Sigmaringen, mais j’ai fini par jeter mon dévolu sur celui-ci, notamment car je pensais en apprendre davantage sur le musée Nissim de Camondo. La seule chose à laquelle je n’avais pas songé, c’est qu’Assouline est autant romancier que biographe… et que Le dernier des Camondo est une biographie (dans un style journalistique). Du coup, j’ai été un peu déçue de cette erreur d’aiguillage, même si j’ai passé un bon moment. Le style est agréable, l’écriture fluide, et on se laisse emporter par le destin des Camondo, ces commensaux des Rotschild à la fin du 19ème siècle mais au destin beaucoup plus tragique. Et effectivement, j’ai désormais (encore plus) envie de visiter le musée éponyme.
Reading challenge 2017 : A book with a title that’s a character’s name

Tous les matins du monde, Pascal Quignard
La semaine dernière, j’ai lu mon premier opus de Quignard, et je suis restée un peu sur ma faim. Si le style était beau, presque poétique, j’avais eu du mal à entrer dans l’histoire. Du coup, j’ai choisi un récit que je connais par cœur, car étant très fan du film – à voir absolument, tout est beau – je savais que le sujet me plairait. J’ai bien fait : cette nouvelle est un véritable bijou, c’est magnifique. Me voilà donc réconciliée (pour le moment) avec Pascal Quignard.
Reading challenge 2017 : A book that takes place over a character’s life span

Le bateau-usine, Kobayashi Takiji
Ce livre, publié par les éditions Allia, me fait de l’œil depuis sa parution en juin dernier. J’ai fini par l’embarquer vendredi sous le prétexte du week-end à 1000, et j’ai bien fait. Mais… cette lecture a été tellement marquante que je préfère vous en reparler dans un prochain article, affaire à suivre !
Reading challenge 2017 : A bestseller from a genre you usually don’t read

Au final, je suis ravie de cette expérience, qui m’a en outre permis de rayer trois catégories du Reading Challenge 2017. J’espère pouvoir recommencer avec autant, sinon plus, d’efficacité lors de la prochaine édition.

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La maison au toit rouge

La vieille Taki rédige pour son neveu les souvenirs de ses années de service, avant guerre, dans la petite maison de style occidental que M. Hirai, sous-directeur d’une entreprise de jouets florissante, a fait construire à Tokyo pour sa femme. Taki se souvient avec ferveur de son quotidien dans le foyer de Tokiko, de l’intimité qui se noue entre les deux femmes, pendant ce qui fut, pour elle, un long moment de bonheur. Elle évoque l’amour platonique entre les époux Hirai puis les sentiments de Tokiko pour un jeune dessinateur de la fabrique de jouets, Jôji Itakura. L’atmosphère se tend, le commerce périclite tandis que les préparatifs de la guerre envahissent peu à peu le quotidien. Les amants auront-ils le temps de s’aimer ?


J’ai acheté ce livre quelques jours après avoir fait l’acquisition de Les dames de Kimoto, pour lequel je m’enthousiasmais déjà. Le résumé de ce roman, qui me proposait une histoire d’amour “à la japonaise” (regards en biais, effleurements, silences…), m’a interpellée, ainsi que la période de l’entre-deux-guerres, un moment de l’histoire du Japon qui me fascine. Quoi qu’il en soit, je m’attendais à une lecture sympathique et plutôt lente.
Quelque part, je ne me suis pas trompée : la narratrice use d’un langage simple, décrit sa vie à la première personne et fait revivre l’atmosphère du foyer au sein duquel elle travaillait, ainsi que le Tokyo des années 1930. Les nombreuses descriptions de repas, les menus incidents de la vie domestique, tout cela concourt à créer un rythme un peu ronronnant et apaisant.
Toutefois, la dernière partie du livre, consacrée à la guerre, ainsi que l’épilogue, situé au moment de la rédaction des mémoires, apporte une dimension nouvelle au récit, éclaire certaines choses et ajoute une légère dimension tragique. Au final, si je me suis un peu forcée pour reprendre cette lecture arrêtée au tiers au moment des fêtes, je me suis replongée dedans avec délices et l’ai terminée en deux jours. L’écriture est agréable, la traduction fluide, et l’on ne peut que s’attacher à ces personnages qui évoluent dans la maison au toit rouge comme dans un théâtre.
Le roman a été adapté en film, primé au festival de Berlin, et j’ai du coup très envie de le voir.

La maison au toit rouge, Nakajima Kyoko, Seuil

Reading challenge 2017 : A book set in two different time periods

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Les Larmes

“Je n’ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m’émerveillent.
Rare l’instant où on voit sur les lèvres d’un enfant l’instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l’instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l’instant de bascule d’un système symbolique dans un autre: la date de naissance de leur langue, les circonstances, les lieux dans l’espace, le temps qu’il faisait dans le site, la rivière, les arbres, la neige…. C’est une chose extraordinaire que d’être resté en contact avec la contingence de l’origine.” Pascal Quignard


J’ai reçu ce livre à Noël, ne sachant pas du tout à quoi m’attendre. Si je connais l’auteur de nom (quand même), je n’avais jamais rien lu de lui. La quatrième de couverture (qui n’est pas le texte retranscrit plus haut) propose un extrait du roman sur la fuite en avant du personnage de Hartnid, héros et fil rouge de ce récit.
L’écriture est magnifique, empreinte de poésie, d’une précision méticuleuse : chaque mot est là pour une raison, chaque mot a sa place. Le contexte évoqué de la naissance de langue française est celui de l’époque carolingienne et m’a fortement rappelé mes années de prépa. En peu de phrases, Quignard est capable d’évoquer le froid des monastères, l’opulence de Byzance, l’exotisme de Bagdad, la terreur inspirée par les Normands et, toujours, en filigrane, le rapport à la langue en tant que signifiant (“Il se plaisait à donner des noms sans voir les apparences car telle est la fonction du langage”).

En revanche, j’avoue avoir été déroutée par la forme du récit. Des parties conçues comme des “livres”, de brefs chapitres à chaque livre, un point de vue sans cesse changeant, mêlant merveilleux et réalité, termes populaires et savants, citations latines et dialogues. Il m’a semblé difficile d’entrer dans l’histoire de Hartnid, ce personnage dont on ne sait, au fond, ce qu’il fuit et ce qu’il pourchasse. J’ai suivi le récit d’un œil, captivée par la langue mais moins par ce que l’auteur avait à nous raconter.

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Bilan culturel 2016

Puisque c’est encore l’heure des bilans et des cartes de voeux, et à l’imitation de Sunalee, je dresse le récapitulatif culturel de 2016. Cette année fut moins sous le signe de la lecture que les précédentes (voir mon précédent article), mais a brillé par sa richesse musicale – notamment grâce à Leen qui m’a entraînée dans un tourbillon d’événements. J’ai aussi effectué quatre voyages à l’étranger et découvert de nouveaux coins de France. Enfin, à ma grande surprise – mais sans doute grâce à la cure de salles obscures de fin décembre – le bilan cinéma n’est pas si mauvais que ça.

Lecture
Mon décompte s’est arrêté à 32 bouquins, mais je pense qu’on tourne autour d’une cinquantaine d’ouvrages, peut-être plus avec les livres électroniques (que je ne consigne pas forcément). Grande évolution de l’année : j’ai délaissé la fiction pour d’autres genres, j’ai abordé des sujets complexes et parfois durs (la Shoah, l’époque communiste…) et je me suis enfin (re)mise à la lecture psychanalytique (ce qui explique le moindre nombre d’ouvrages, car c’est une littérature longue à lire et déchiffrer).
En fiction, mes livres préférés ont été Les dames de Kimoto et La part des flammes. Point commun : des destins de femmes entrecroisés au basculement du 19ème au 20ème siècle.
En non-fiction, j’ai pris une énorme claque avec Le chant du peuple juif assassiné (poésie yiddish), adoré (dans la douleur) Svetlana Aléxiévitch, en particulier La fin de l’homme rouge et me suis délectée de Le malaise dans la civilisation de Freud, qui a répondu à beaucoup de mes angoisses du moment.

Musique
J’écoute de moins en moins de musique, hormis en voiture et en traînant sur YouTube. Il faut croire que c’est un art que j’apprécie davantage en live qu’en boîte à présent. J’ai assisté à sept opéras, une comédie musicale et trois récitals/concert classiques, ainsi qu’à deux concerts/bals des Conteuses de pas.
Enorme coup de cœur cette année pour Eliogabalo en septembre dernier l’Opéra de Paris. C’était parfait.
Une magnifique découverte aussi lors du récital de Dmitri Hvorostovsky, où Leen m’a embarquée quasiment du jour au lendemain.

Spectacle vivant
J’aurais pu mettre la comédie musicale dedans, mais c’était compliqué. J’ai assisté à trois ballets, dont La belle au bois dormant a eu ma préférence, et une pièce de théâtre, Cyrano de Bergerac à la Comédie-Française, un grand moment.

Cinéma
Dix films, soit quasiment un par mois, c’est un exploit ! J’entends par là des films à l’affiche au cinéma, pas des découvertes à la télé (je trouve que ça n’a pas le même impact). Beaucoup de blockbusters et de films de super-héros, mais deux œuvres qui se détachent nettement : Les délices de Tokyo de Naomi Kawase et Premier Contact de Denis Villeneuve.

Expositions
Un total de six expositions ou musées (hors voyages) cette année. J’ai beaucoup aimé Le roi est mort au château de Versailles en début d’année et, dans un autre registre, notre visite au Musée des arts forains avec la Crevette.

Voyages
J’ai donc visité quatre pays : la Grèce (en Crète), la Suisse (au château de Chillon) et le Canada où je m’étais déjà rendue mais pas forcément à cet endroit précis, et l’Irlande, que je découvrais. A chaque fois le dépaysement et l’émerveillement ont été au rendez-vous, j’espère que 2017 sera tout aussi riche !
J’ai également découvert brièvement Toulouse, à l’occasion du mariage de C.euh, Lyon (et l’atroce musée des confluences…) et de magnifiques coins encore inconnus des Cévennes.

Pour l’instant, 2017 s’annonce (un peu) plus calme, mais j’ai encore cinq opéras programmés d’ici au mois de mai (peut-être davantage ?), des voyages en préparation et des expositions qui me font envie. Quant aux livres, eh bien… en avant pour le Reading challenge.

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Reading challenge 2017 (et bilan 2016)

Source (J’avoue, j’ai aussi un grand dressing – infesté de punaises pour l’instant)

Pour la troisième année consécutive, je vais me lancer dans le Reading challenge proposé par Popsugar et Goodreads. Si j’étais partie pleine d’espoir pour 2016, j’ai été stoppée net dans ma progression par la découverte des punaises de lit dans notre intérieur : outre que cela m’a littéralement bouffé le cerveau, cela m’a fait prendre du retard dans mon travail et, partant, j’ai dû rattraper tout ça sur les dernières semaines de l’année. Pendant quelques semaines, j’ai quasiment cessé de lire, et j’avais en outre cessé de noter mes lectures courant juillet. D’après mon décompte, j’ai donc lu 32 ouvrages au premier semestre (sans les BD, comics, magazines et assimilés). Vu que l’an dernier, j’en avais lu 76, on peut dire que c’est mon nouveau rythme de croisière (“nouveau” au sens de : “depuis que j’ai un boulot prenant et une Crevette”).

C’est donc reparti pour 2017 ! Petite nouveauté cette année, la liste ne comprend plus 50 propositions, mais 40, assorties de 12 supplémentaires pour les personnes “avancées”. Comme l’an dernier, je fais quelques aménagements (surtout un car la catégorie m’a profondément dérangée).

  • A book recommended by a librarian
  • A book that’s been in you TBR list for much too long
  • A book of letters (ou un roman épistolaire ?)
  • An audiobook
  • A book by a person of color Comme je pars du principe que je me fiche de la couleur de peau d’un auteur, je préfère choisir un livre sur la condition (et la discrimination) des personnes de couleur (mouvement des droits civiques, Black Lives Matter, etc.)
  • A book with one of the four seasons in the title
  • A book that is a story within the story
  • A book with multiple authors
  • An espionnage thriller
  • A book with a cat on the cover
  • A book by an author who uses a pseudonym
  • A bestseller from a genre you normally don’t read
  • A book by or about a person who has a disability
  • A book involving travel
  • A book with a subtitle
  • A book that’s published in 2017
  • A book involving a mythical creature
  • A book you’ve read before that never fails to make you smile
  • A book about food
  • A book with career advice (ma carrière professionnelle ou celle de quelqu’un d’autre ?)
  • A book from a nonhuman perspective
  • A steampunk novel
  • A book with a red spine
  • A book set in the wilderness
  • A book you loved as a child
  • A book by an author from a country you’ve never visited
  • A book with a title that’s a character’s name
  • A novel set during wartime (n’importe quelle guerre ?)
  • A book with an unreliable narrator
  • A book with pictures
  • A book where the main character is a different ethnicity from you (y’a un thème global sur l’inclusion, cette année ?)
  • A book about an interesting woman
  • A book set in two different time periods
  • A book with a month or day of the week in the title
  • A book set in a hotel
  • A book written by someone you admire
  • A book that’s becoming a movie in 2017 (catégorie déjà vue en 2015)
  • A book set around a holiday other than Christmas (challenge !)
  • The first book in a series you haven’t read before
  • A book you bought on a trip

Advanced

  • A book recommended by an author you love
  • A bestseller from 2016
  • A book with a family-member term in the title
  • A book that takes place over a character’s life span
  • A book about an immigrant or a refugee
  • A book from a genre/subgenre you’ve never heard of
  • A book with an eccentric character
  • A book that’s more than 800 pages (dommage, le second tome des Misérables est dans une caisse à la cave…)
  • A book you got from a used book sale
  • A book that’s been mentioned in another book
  • A book about a difficult topic
  • A book based on mythology
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