KL Pâtisserie

Jeudi dernier, après un rendez-vous un peu frustrant chez le médecin, et avec une météo un peu moche, j’ai décidé de m’offrir une pause pour me remonter le moral. J’avais déjà repéré à plusieurs reprises KL Pâtisserie, sans jamais oser franchir le pas. Or l’endroit ouvre tôt le matin car il propose une formule pour le petit déjeuner. Du coup, j’avais un prétexte tout trouvé !

La pâtisserie-salon de thé est assez grande, décorée dans des teintes de bois et de gris. Le comptoir est tout petit, avec un faible nombre de gâteaux qui sont, si j’ai bien compris, confectionnés au fur et à mesure de la journée. Dans le fond, derrière une paroi à moitié vitrée, le laboratoire rutilant de propreté.
Je me suis installée sur une des banquettes, ai commandé un petit déjeuner classique composé d’un jus de pamplemousse, d’un chocolat chaud et d’un roulé à la cannelle, et j’ai sorti mon livre. Pendant près d’une heure, j’ai profité d’une quasi solitude et d’un silence à peine troublé par la musique de fond et les discrètes allées et venues de la vendeuse qui assortissait la vitrine. Le jus était bon, le chocolat à tomber (mousseux sans être trop épais) et le roulé à la cannelle délicieux. A aucun moment on n’est venu m’embêter, me suggérer de partir ni rien.

Afin de prolonger le plaisir, j’ai décidé de nous offrir quelques gâteaux que nous avons testés le soir même (ou le lendemain). Chaque gâteau était emballé dans une boîte individuelle, ce qui a considérablement aidé à leur stockage à la maison. Deux créations aux fruits, le framboise piper (framboises fraîches, biscuit moelleux amandes-framboises, crème à la pistache et au poivre, pistaches caramélisées) et la fraise indigène (tarte aux fraises, crème légère, compotée de fraises aux baies de Tasmanie). Les deux gâteaux étaient délicieux, rafraîchissants, même si j’ai trouvé la framboise plus intéressante gustativement (l’Anglais pensait l’inverse).
J’ai également goûté l’éclair au chocolat grand cru du Pérou le lendemain. Franchement, il était à tomber à la renverse, alors même que son goût a dû s’étioler un peu après 24h dans mon frigo. Un chocolat riche, puissant, une pâte à chou fondante et craquante… J’en salive encore.

La pâtisserie propose également des gâteaux de voyages – j’ai testé les madeleines, mais la fleur d’oranger était un peu trop présente à mon goût, mais j’ai sagement renoncé au marbré chocolat/vanille. Quoi qu’il en soit, il reste des choses à découvrir dans cette pâtisserie, et j’y retournerai volontiers lorsqu’il fera moins chaud ! En plus, la maison propose des thés Jugetsudô et George Cannon.

KL Pâtisserie, 78 avenue de Villiers, 75017 Paris (M° Wagram)

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Un déjeuner chez Colorova

Colorova, c’est un beau salon de thé devant lequel je passe parfois quand je traîne entre la rue de Rennes et le Bon Marché (il est un peu planqué, il se mérite), et où j’essaie désespérément de retrouver Shermane depuis plusieurs semaines. Vendredi dernier, ce fut enfin chose faite, en présence également de Malena, pour un déjeuner.

L’endroit est assez grand et comporte une seconde salle, plus petite quoique plus lumineuse, dans le fond. La déco dépareillée est colorée, mais atténuée par les murs blancs et les grandes baies vitrées. Etant arrivée la première, j’ai choisi une table “normale” plutôt que basse, car je sais à quel point ces trucs-là sont traîtres quand il s’agit de se relever.

La formule déjeuner est un classique entrée+plat ou plat+dessert ou entrée+plat+dessert. Il y a trois options d’entrées, trois “normales” pour le plat, et trois avec supplément. Quant au dessert, il faut le choisir en vitrine, parmi les gâteaux proposés.
Mon choix s’est porté sur un œuf poché aux lentilles vertes et lard grillé. C’était très bon, mais je n’aurais pas dû attendre avant d’attaquer, car le jaune avait commencé à coaguler et j’adore quand il est bien coulant. Mais bon, ce n’est pas la faute du personnel !
Pour le plat, ce fut un kefta de bœuf (grosse boulette) accompagné d’un gratin dauphinois. Le kefta était bon, peut-être un peu gras mais c’est assez logique sur un plat de ce type. Le gratin dauphinois, constitué comme un mille-feuille, était à tomber, légèrement caramélisé au vinaigre balsamique, nous a-t-il semblé. En revanche, j’ai été un peu surprise que la boulette soit posée sur… de la purée de pommes de terre. N’y avait-il aucun autre accompagnement à nous proposer ?

L’œuf poché (caché dans les lentilles)

Le kefta accompagné de sa purée et du gratin dauphinois (sous les tranches de radis)

L’un dans l’autre, c’était bon et plutôt copieux et, quand est arrivé le moment du dessert… je n’ai rien commandé. Outre que je n’avais plus très faim et que cela aurait été de la gourmandise, je me suis rendu compte que les douceurs proposées ne me parlaient pas (je suis assez classique, j’aime le chocolat noir, la vanille, les fruits rouges… or les pâtisseries de Colorova sont beaucoup plus orientées fruits exotiques et saveurs qui sortent de l’ordinaire). Mais cela n’a pas empêché mes amies de se régaler d’une tartelette au caramel et d’un dessert au fruit de la passion (je crois).
Pour parfaire le repas, je l’ai accompagné d’une citronnade maison absolument délicieuse (mais franchement acide, attention).

Est-ce que je reviendrai ? Oui, sans doute. L’expérience était agréable, malgré un niveau sonore qui est allé crescendo, grâce notamment à une jeune femme installée derrière nous. La nourriture était bonne, le service efficace, le cadre agréable. Et qui sait, la prochaine fois je me laisserai peut-être tenter par une pâtisserie, j’ai cru comprendre que la carte évoluait régulièrement.

Colorova, 47 rue de l’Abbé Grégoire, 75006 Paris

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Un massage chez Free Persephone

Depuis le temps que j’entends Shermane parler de Free Persephone, qu’il s’agisse de la boutique ou des soins, j’avais très, très envie de m’y rendre. Depuis le mois de novembre nous essayons de nous caler une date pour y aller, mais soit j’avais trop de travail, soit je n’avais plus d’argent (soit les deux), soit l’une de nous était malade… une vraie malédiction.
Mais hier, miracle, la réservation était confirmée et, malgré nos différents soucis de transports (je n’épiloguerai pas sur les miens mais je suis très remontée contre la SNCF ces temps-ci), nous nous sommes retrouvés devant la boutique juste à l’heure de l’ouverture. Bon, ma chance a vite tourné : la nounou de la Crevette, terrassée par la grippe, m’a appelée pile au même instant pour m’annoncer qu’elle ne pouvait plus assurer la garde. Adieu donc pause lecture, déjeuner à deux et papotages…

L’endroit est beau et beaucoup plus grand que je l’aurais imaginé. L’immense espace ouvert offre une partie boutique, une partie petite restauration et une partie manucure/pédicure, ainsi qu’un tout petit espace de retrait où nous avons siroté un verre d’eau en attendant qu’on nous appelle.

Sérieusement, on se croirait dans un appartement haussmannien !

Ma masseuse, Diane, s’est présentée et m’a emmenée dans la pièce réservée aux soins, elle aussi très joliment décorée avec un air de “comme à la maison” très parisien : cheminée, déco fleurie, éclairages tamisés… Après m’avoir expliqué en quoi consistait le massage et s’être enquise de mes questions / souhaits / éventuels soucis de santé, elle m’a laissée m’installer tranquillement.

J’avais opté pour un soin “Jardins de Babylone”, soit un massage tête-nuque-dos pour se défaire des tensions. Entre le froid, mon travail sédentaire, ma tendance à me crisper et la natation, autant dire qu’il y avait du boulot ! Diane a vite opté pour une pression assez marquée, me demandant si celle-ci me convenait. L’atmosphère est paisible, légèrement agrémentée d’une musique discrète et agréable, et j’ai vraiment senti les tensions disparaître les unes après les autres (après je suis tellement crispée qu’elles sont déjà toutes revenues et qu’à mon avis, on aurait pu y passer le double de temps).

Au final, j’ai passé un excellent moment, me sentant flotter sur un petit nuage après la séance. Le fait que le personnel soit aux petits soins à tout moment est un vrai plus. Malgré les tensions et le fait que je sais que ça me fait du bien, c’était la première fois que je m’offrais un massage de ce type et je suis totalement prête à recommencer. Certes ce n’est pas donné (68€ les 35 minutes), mais pour un peu d’évasion une fois de temps à autre, ce sera avec (grand) plaisir.
Et cette fois-là, pas sûr que je ne craque pas pour une des sublimes bougies parfumées !

Free Persephone, 66 boulevard Raspail 75006 Paris

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Musée des Confluences, Lyon

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Samedi dernier, à l’occasion de l’EVJF d’une copine qui fut guide dans une autre vie, nous avions décidé de l’emmener au musée des Confluences de Lyon, tant pour se rincer l’oeil à l’exposition “A vos pieds” consacrée aux chaussures, que pour l’obliger, en guise de gage, à improviser un commentaire sur une oeuvre choisie au hasard.

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L’architecture du musée est surprenante, évoquant un peu un oiseau posé au confluent de la Saône et du Rhône. Le bâtiment est tout en verre et en métal, ce qui rend le hall d’accueil très lumineux, même par ce jour gris.
L’exposition était malheureusement très courte – deux salles – et dépourvue de cartels intéressants, à peine quelques considérations sur les talons qui permettent de prendre la hauteur ou comment chausser son enfant est une préoccupation parentale. Difficile de trouver un angle d’attaque ou une problématique dans cette présentation.

Mais passons. Nous avons ensuite décidé de jeter un oeil aux collections permanentes, vu que les deux autres expositions temporaires étaient prises d’assaut. Et là, comment dire…
Les collections sont présentées autour de quatre thèmes : Origines, les récits du monde ; Espèces, la maille du vivant; Sociétés, le théâtre des hommes ; Eternités, visions de l’au-delà. Et c’est tout. Quasiment aucune explication pour tenter de dérouler le projet scientifique du musée et, surtout, une grosse impression d’entassement.

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Je m’explique. Dans la partie “Origines”, on nous présente pêle-mêle des peintures aborigènes des années 1950, de la sculpture inuit des années 1990, des vestiges égyptiens dont un sphinx, et… une vitrine entière de microscopes anciens. La partie “Espèces” ressemble à une sous-Galerie de l’Evolution (à voir au Muséum d’histoire naturelle), avec des animaux empaillés un peu partout, y compris en hauteur (nous en avons donc retenu que le lion a de tous petits testicules contrairement au kangourou…), des papillons ou des coquillages présentés par centaines sur un pan de mur restreint, donnant une belle vision d’ensemble mais rendant impossible l’observation au cas par cas et saturant l’œil, ainsi que… des masques de nô. Allez comprendre.
Ajoutez à cela que les salles sont vernies en noir, mais que le vernis s’écaille et tombe en morceaux par endroits, que les œuvres sont parfois très éclairées, voire dépourvues de vitrine, et vous sentirez la migraine poindre à la sortie du bâtiment.

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Pour être honnête, je crois que ce fut la salle “Sociétés” qui a remporté la palme du what-the-fuck. On y retrouvait des appareils électroménagers, des vieux téléphones à cadran, des pierres semi-précieuses en gros blocs, des vidéos de centrales nucléaires ou de gens qui dansent, de la statuaire bouddhique japonaise, des textiles chinois, un siège d’apparat africain, et une voiture du début du 20ème siècle. La visite s’est achevée dans un fou rire nerveux, à élaborer des hypothèses pour comprendre comment on en était arrivé là : Lu a estimé qu’on avait demandé à chaque stagiaire d’élaborer une vitrine sur un thème libre, ce qui est le plus plausible.
Il y a un manque criant de problématisation, de projet scientifique, ou même d’explications pures et simples : pourquoi avoir choisi tel objet plutôt que tel autre, comment celui-ci est-il arrivé dans les collections…? D’ailleurs, mon avis sur les collections du musée est qu’on est allé piller allègrement dans les réserves des différents établissements lyonnais.

La salle “Eternités” relevait un peu le niveau mais, très sincèrement, on en avait marre. Là encore, peu ou pas d’explications, quelques vidéos intéressantes, mais diffusées dans un passage étroit où tout le monde se gêne… Visiblement, l’architecte n’a pas pensé qu’on pourrait visiter l’endroit pour son contenu.

Bref, le musée des Confluences est, à mon sens, une vaste blague, ou un Kamoulox géant. Je suis heureuse de ne pas être Lyonnaise car, vu le montant astronomique de la facture, je l’aurais en travers de la gorge.

Musée des Confluences, 86 quai Perrache, 69002 Lyon

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Privé de dessert

Pour notre anniversaire de mariage, Monsieur et moi avions décidé de nous offrir une soirée au restaurant en amoureux. Comme ce n’est pas tous les jours que cela arrive et que nous voulions renouveler un peu nos habitudes, j’ai proposé de tester le Privé de dessert. J’avais entendu parler de ce restaurant, spécialisé dans les trompe-l’œil, sur Instagram. Le principe est simple : proposer des plats salés dressés comme des plats sucrés et vice versa. Une réservation en ligne plus tard, et nous avions notre table pour une belle soirée de juillet.

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La salle est jolie et plutôt lumineuse malgré l’étroitesse de la rue, en revanche, on est assez proches les uns des autres. Le service est efficace et souriant, les tables réservées à votre seul prénom, l’ambiance est gentiment régressive.
En entrée, j’ai opté pour un millefeuille, soit un tartare de daurade, et Monsieur pour un Paris-Brest, à base de haddock et de crème de lentilles. Le tartare était frais et la fine pâte feuilletée apportait du croquant, tandis que le Paris-Brest était très bon.

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Nous avons enchaîné avec un Saint-Honoré pour moi (dans la vraie vie, c’est un de mes desserts préférés, là il s’agissait d’une réinterprétation du burger) accompagné d’un cornet de churros, et un baba au rhum (fish cake aux gambas) pour l’Anglais. Là encore, même si c’était bon, j’ai trouvé le plat de Monsieur un peu plus inventif et goûtu (mais je n’ai pas de photo). En revanche, les churros-frites sont une excellente idée.

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Pour conclure, nous avons jeté notre dévolu sur le même dessert : le fish and chips, soit de l’ananas rôti accompagné de mangue fraîche et d’une sauce “tartare” à la menthe. C’est le plat pour lequel j’ai eu un coup de cœur, car il était frais, goûteux et franchement inventif.

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En résumé, Privé de Dessert est un restaurant sympa et agréable, on y mange correctement : c’est frais, ça a du goût, c’est créatif et c’est marrant. Je pense que c’est une adresse à tester avec des enfants/ados sans les prévenir, ou pour se faire un petit délire retour en enfance.
Petit bémol pour moi : après avoir enchaîné avec la pâte feuilletée de l’entrée et la pâte à chou du plat, je n’avais plus franchement faim pour le dessert. Un comble !

Privé de Dessert, 4 rue Lallier, 75009 Paris

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Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Jeudi dernier, nous avions prévu de zoner dans le canapé en regardant d’un oeil morne les programmes du 14 juillet (en mode “parents qui n’ont pas d’enfant à gérer et qui en profitent à fond). C’était sans compter Free et sa gigantesque panne sur le sud-ouest parisien qui nous a privés d’internet et de télé pendant… 17 heures. Autant dire qu’on risquait fort de mourir d’ennui à petit feu.
Or, Monsieur s’est souvenu qu’il voulait visiter l’exposition dédiée à Lore Kruger (“Une photographe en exil”) qui se tenait au musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Après une rapide vérification (heureusement, il restait la 3G), nous voilà partis.

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Le musée est installé dans l’ancien hôtel Saint-Aignan, au cœur du Marais, dans un bâtiment absolument somptueux. Celui-ci, bâti au 17ème siècle, fut “découpé” à la fin du 20ème siècle et accueillit de nombreuses familles juives réfugiées d’Europe de l’Est pendant l’entre-deux-guerres. La restauration est superbe, tout est impeccable (et le grand ciel bleu ne gâchait rien).

Les collections permanentes présentent, au premier étage, le peuplement juif en France et en Europe du moyen-âge au 20ème siècle. C’est sans doute l’endroit que j’ai préféré : grâce à quelques vestiges d’une grande rareté (dont une menorah du 14ème siècle), on peut avoir un aperçu de la vie des Juifs, à la fois au ban de la société et au cœur de la cité. Les panneaux expliquent de façon succincte et claire les différents mouvements migratoires liés aux expulsions et aux persécutions (où l’on apprend entre autres que la France fut le seul pays à se soumettre au décret pontifical appelant à expulser les Juifs – merci Saint Louis).
A mesure qu’on avance dans le temps, des œuvres plus “tangibles” (livres imprimés, bijoux, gravures…) viennent illustrer la vie juive et la réflexion que celle-ci suscite au sein même de la communauté tout au long de l’époque moderne.

Fragments de stèles funéraires juives (où l'on découvre que l'assimilation est un concept ancien, vu que certain-e-s portaient des noms très français, comme Belle)

Fragments de stèles funéraires juives (où l’on découvre que l’assimilation est un concept ancien, vu que certain-e-s portaient des noms très français, comme Belle)

Le second étage, consacré aux traditions juives, m’a moins intéressée. C’est très fouillé, mais je commençais à en avoir plein les pieds et le folklore au sens large n’a jamais trop été ma tasse de thé. Néanmoins, les pièces présentées sont superbes – j’ai notamment beaucoup apprécié les costumes traditionnels du 19ème siècle et la série de photographies d’une famille de notables parisiens.

Edouard Moyse (1827-1908)

Edouard Moyse (1827-1908)

Enfin, les expositions temporaires (deux pour le prix d’une !). D’abord celle sur Edouard Moyse (jusqu’au 15 août), peintre de la seconde moitié du vingtième siècle, présenté comme un “peintre israélite” (ainsi qu’on les décrivait à l’époque). Grâce à quelques oeuvres majeures et à des esquisses, croquis, pastels… on entre dans l’univers de cet artiste qui a eu à coeur de représenter la vie religieuse et privée de ses coreligionnaires. Par ailleurs, le peintre exploite la veine orientaliste, très en vogue à l’époque, d’une façon toute personnelle, en représentant des Juifs d’Afrique du Nord, par exemple avec une scène dans la yeshiva ou dans des synagogues locales.
C’est aussi un artiste engagé qui voulait mettre en lumière l’histoire de son peuple en France, comme en témoigne son tableau sur la convocation du Sanhédrin par Napoléon, que l’on peut assimiler à de la peinture d’histoire, mais aussi dénoncer les persécutions, en déplaçant la critique sur une autre époque (en particulier le moyen-âge).

Lore Krüger par son professeur, Florence Henri

Lore Krüger par son professeur, Florence Henri

Seconde exposition, dédiée à Lore Krüger, traductrice allemande de romans anglo-saxons, mais aussi photographe pendant une dizaine d’années, de son arrivée à Paris, chassée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, à son retour à Berlin-Est après la guerre (son mari et elle étaient communistes, la destination était choisie).
Peu de tirages demeurent de son oeuvre, redécouverte à la fin de sa vie par deux étudiantes allemandes. Pourtant, l’artiste a vécu tous les soubresauts de la seconde guerre mondiale, d’abord en France, où elle fut internée plusieurs mois, puis à Majorque, où vivaient ses parents et où elle assista au massacre de résistants par les forces franquistes, et enfin aux Etats-Unis où elle contribua par ses portraits à la revue The German American, qui visait à montrer un autre visage de l’Allemagne aux Américains.
Son oeuvre, malheureusement brève, est intéressante à la fois comme témoignage de choses vues (elle a réalisé quelques reportages photographiques) mais aussi comme engagement politique, visant à dénoncer le nazisme et le franquisme. Certains clichés ont beaucoup résonné en moi, tandis que ses explorations artistiques, notamment avec les photogrammes, m’ont laissée un peu plus froide.

Quoi qu’il en soit, ce fut une visite très enrichissante, et je pense que nous retournerons volontiers au mahJ à l’occasion d’autres expositions ou pour approfondir la partie historique.

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, 71 rue du Temple, 75003 Paris (fermé le samedi)

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Kosyuen

Ce midi, je retrouvais une amie pour déjeuner non loin du Louvre. Vu qu’elle travaille dans le quartier, elle m’a proposé de tester un nouvel endroit, qui propose de la cuisine japonaise, en particulier des onigiri. Ni une, ni deux, je dis oui (tu me proposes de manger japonais, je dis rarement non, sauf si c’est des sushis industriels – et encore).
Or en arrivant devant les lieux, je me suis rendu compte qu’il s’agissait du Kosyuen, dont Shermane s’était déjà fait l’écho et que j’avais très envie de tester.

L’endroit est tout en longueur, assez étroit. Il propose quelques tables de deux ou quatre au rez-de-chaussée, et dispose semble-t-il d’une salle au sous-sol. La carte est simple ; à emporter : des bentôs, des onigiris ; sur place : un menu onigiri ou ochazuke (le menu temaki à faire soi-même est en cours d’élaboration).
J’ai choisi un ochazuke au saumon – mélange de riz, d’algues, de poisson arrosé de thé chaud – tandis que mon amie a commandé deux onigiris, l’une aux algues, l’autre aux courgettes et miso blanc. Le menu comporte en outre un morceau de tofu au sésame, quelques légumes marinés et un dessert.

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Le plat était délicieux, bien salé, avec le goût réconfortant que l’on pourrait attendre de cette recette (normalement, ça se sert en fin de soirée ou quand on est malade). Les accompagnements sont bons – il faut vraiment aimer le sésame, sans quoi le tofu ne passe pas – les légumes bien croquants.
En dessert, on nous a apporté une petite mousse de fromage blanc agrémentée d’un coulis de yuzu maison, ainsi qu’un mini cake au matcha. Je ne suis pas fan des agrumes, surtout en version sucrée, mais heureusement le fromage blanc était léger et frais et équilibrait bien la préparation. Quant au gâteau, je n’en ai fait que deux bouchées.

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Pour arroser le tout, j’avais commandé un genmaicha (thé vert au riz grillé), qui était très bon, parfumé comme il se doit. Kosyuen est, me semble-t-il, une marque de thé japonaise, et je pense que la boutique propose ses propres thés. Toujours est-il que c’était très bon. La formule est à 12€ ce qui, dans le quartier, est remarquablement bon marché. En outre, on sort rassasié sans avoir l’impression de s’être goinfré.

Kosyuen fait aussi salon de thé, il faudra donc que j’y retourne goûter d’autres gâteaux et boissons.

Kosyuen, 258 rue Saint-Honoré, Paris

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Un sukiyaki chez Takara

Depuis quelques années, l’Anglais a pour tradition de m’emmener dîner dans un bon restaurant pour mon anniversaire. Il y a deux ans, il avait prévu de m’emmener au Takara mais a dû trouver une solution de rechange en catastrophe (Kei, ne nous plaignons pas !) car ils avaient un problème de dégât des eaux.
Cette année, c’est la bonne, on y est allés  ! Vous me direz : pourquoi tant d’acharnement à vouloir manger dans (encore) un restaurant japonais du quartier de l’Opéra ? Parce que celui-ci, outre d’avoir la réputation d’être le plus ancien établissement de cuisine nippone à Paris, propose… du sukiyaki et du shabu-shabu.

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Quésaco ? Il s’agit dans les deux cas d’une fondue de boeuf (vaguement sur le principe de la fondue bourguignonne). Le sukiyaki fait revenir les différents éléments (légumes, nouilles, tofu) dans un peu de graisse avant de faire mijoter le tout dans un bouillon à base de shôyu, puis d’ajouter les tranches de viande. On mange ensuite chaque élément trempé dans de l’oeuf battu cru. Souvent, c’est le plat japonais préféré des Occidentaux.
Le shabu-shabu, quant à lui, fait cuire les ingrédients dans un bouillon clair (ou de l’eau, je ne sais plus) et ceux-ci sont ensuite accommodés de ponzu, une sauce acide au yuzu. J’avoue, ce n’est pas ce que je préfère, alors j’ai pu me tromper.

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Le restaurant est beau, orné d’estampes et de washi, avec une décoration en bois sombre qui évoque à merveille le Japon traditionnel. C’est bien simple : on se croirait là-bas. Petit bonus : une grosse peluche de Totoro gardait l’une des tables juste derrière nous, c’était plutôt mignon.

Nous avons jeté notre dévolu sur un menu sukiyaki (pour des raisons pratiques, les fondues ne peuvent pas être commandées à moins de deux personnes) car c’était un peu le but de notre visite. Il comprenait deux hors d’oeuvres, une petite assiette de sashimi, le sukiyaki et un dessert.
Les hors d’œuvres étaient bons et en quantités raisonnables. Une salade d’algues hijiki au chikuwa (pâté de poisson), dont j’ai d’habitude horreur mais qui est passé tout seul cette fois-ci ; et un émietté de soja avec des petits légumes. Les sashimi (poulpe, saumon, thon rouge, maquereau) étaient frais et fondants. A la rigueur, le thon était moins intéressant que le reste, mais c’était délicieux.

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La fondue était à tomber par terre. La simple odeur des légumes qui mijotaient nous a renvoyés au Japon et à notre précédent repas de sukiyaki, à Hiroshima, il y a bientôt trois ans. Tout était goûteux, beau et bon. La jeune femme qui nous a servis maniait ses baguettes avec une élégance et un doigté que j’ai rarement vus, même sur place.
Le plat nous a été servi en quatre ou cinq fois, le personnel venant régulièrement remettre des ingrédients à cuire et nous préparer nos bols. Un délice pour les yeux et pour les papilles ! C’était fort copieux et, si le dessert n’avait pas été inclus dans le menu, jamais nous n’en aurions commandé.

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Monsieur a choisi une crème brûlée au thé vert, très bonne mais un peu trop sucrée à mon goût après ce repas, tandis que j’ai opté pour un daifuku de saison. Le daifuku, c’est de la pâte de haricots rouges enveloppée dans un mochi (une espèce de pâte préparée à base de riz gluant : ça colle aux dents mais c’est super bon). Le goût de saison était, je pense, à l’aojisô (shisô vert) et le parfum était à la fois subtil, piquant et rafraîchissant, idéal en fin de repas.

photo 3 (30)Un mot encore des boissons : nous avons arrosé le dîner d’un très bon saké, et la carte du restaurant est bien fournie, que ce soit au verre ou à la bouteille (on peut même commander un peu de saké chaud). Il est également possible de commander du thé, et pas seulement du thé vert sencha ou du thé au jasmin : j’ai jeté mon dévolu sur un hôjicha, mais il y avait aussi du genmaicha.
Enfin, si vous n’êtes pas branchés viande, il est tout à fait possible de commander des sushi ou sashimi, des hors d’oeuvres, de la tempura, des nouilles…

Voilà. Comme vous vous en doutez, non seulement j’ai passé une délicieuse soirée à tous les égards, mais en plus je recommande chaleureusement l’adresse. Attention, ce n’est pas hors de prix, mais ça vous coûtera plus cher qu’un menu râmen et gyôza à quelques rues de là.

Takara, 14 rue Molière, 75001 Paris

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Brunch au Café de l’Atelier

L'atelierAfin de profiter du beau temps, du jour férié et de nos filles, Angéla Morelli et moi-même nous sommes retrouvées tôt ce midi pour un brunch à quatre (enfin, trois et demi). Parmi les critères de choix pour l’endroit, celui de l’emplacement a été primordial car trimbaler la Crevette dans la moitié de Paris n’est pas forcément le plus indiqué.

Le café est sis boulevard Montparnasse, non loin de la gare et à deux pas de la station Vavin. Le brunch est copieux : boisson chaude, jus de fruit, œufs brouillés, pain, croissant, jambon, poulet froid, brioche perdue, fromage blanc et compote. Les produits sont bons (j’ai beaucoup aimé les œufs au saumon fumé), bien que pas très inventifs. J’avoue avoir été un peu déçue par la prétendue salade César, qui n’est en réalité qu’un morceau de poulet froid posé sur de l’iceberg et surmonté de parmesan (mes croûtons, mon assaisonnement, mon poulet grillé !). Quoi qu’il en soit, aucune de nous n’a réussi à tout finir, tant il y en avait.

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Points très positifs : le prix très doux (20.90€ pour bruncher à Paris), le service aimable et souriant (et mignon !), et la grande tolérance à l’égard des enfants (personne n’a fait la moindre remarque quand mademoiselle a commencé à se balader dans la salle, et on nous a même apporté des crayons de couleur et des coloriages).

Café de l’Atelier, 95 boulevard du Montparnasse, Paris

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Tonkatsu tombo

Voilà une adresse que nous voulions tester depuis longtemps – au moins un an – mais sans jamais trouver l’occasion. Ce fut chose faite il y a dix jours, lorsque nous avons pu passer un week-end en amoureux.
Tonkatsu tombo est un restaurant qui, répondant à l’habitude japonaise de “spécialisation”, propose uniquement des plats panés, en particulier le fameux tonkatsu, le filet de porc pané. C’est un plat qui peut être délicieux quand il est bien préparé, mais gras et lourd dès lors que la panure n’est pas “fraîche” ou bien exécutée.

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Nous avons choisi un menu dégustation pour deux, arrosé d’une bière pour Monsieur et d’un hôjicha pour moi. En guise d’entrée, on nous a apporté une mini soupe claire agrémentée de petites udon (nouilles de blé) et de paillettes de tempura, ainsi que des petites têtes de brocoli à la sauce de sésame. C’est très bon et suffisamment léger pour qu’il reste de la place pour plus tard.
Vient ensuite l’assiette proprement dite : une escalope de poulet, deux crevettes, deux “croquettes” (à base de purée de pommes de terre) et, last but not least, l’escalope de porc. Le tout pané, bien entendu, et agrémenté d’une (très) bonne salade de pomme de terre à la japonaise. La panure est croustillante, légère et bien chaude – préparée à la commande, donc. Tout est savoureux, même si nous avons tous deux reconnu que le poulet pané était le moins intéressant de tous.

Porc, crevettes, croquettes, poulet

Porc, crevettes, croquettes, poulet

Bonus : la formule comprenait un dessert au choix. Je me suis permis un dorayaki – la faute au film de Kawase Naomi – et l’Anglais un daifuku au sésame noir.
Au final, en se faisant plaisir (le menu dégustation est plus cher la moyenne), et avec les boissons, nous en avons eu pour 46€ à deux, et nous sommes sortis bien calés. On s’est régalés, et on y retournera, cette fois-ci avec mademoiselle.

Tonkatsu tombo, 14 rue de l’Arrivée 75015 Paris

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