Espèces en voie d’illumination

Depuis la mi-novembre, je voyais passer des images particulièrement belles de cette installation lumineuse dans les jardins du Muséum d’Histoire Naturelle et la Ménagerie. Voilà une idée de sortie amusante, et qui devrait intéresser les deux enfants. Après avoir pas mal tergiversé, voire envisagé d’y aller seule avec la Crevette et le Paprika, j’ai fini par réserver des billets et nous y sommes allés juste après Noël.

L’idée est de présenter des espèces éteintes (dinosaures), des espèces qui ont disparu à cause de l’homme (mammouth, thylacine…), des animaux menacés de disparition (ours polaire, papillon monarque, requin blanc), puis de montrer la diversité animale actuelle (lion, tigre, flamant rose, paon, cerf…).

La promenade est belle et a quelque chose de féerique. Toutes ces couleurs qui explosent sur le fond du jardin plongé dans l’obscurité, c’était marquant et agréable. La Crevette a adoré, d’autant qu’elle a étudié le Pôle Nord à l’école et était ravie de découvrir un ours polaire, puis de s’amuser à reconnaître les différentes espèces représentées. Le Paprika a regardé dans tous les sens, mais n’a pas été en mesure de me communiquer son sentiment.
Tout est photogénique – d’ailleurs tout le monde s’arrête partout pour faire des photos, c’est un poil pénible – certaines lanternes bougent, on peut passer dans le grand requin blanc, des fleurs colorées émaillent le parcours… c’est vraiment une réussite, et ça nous a beaucoup plu.

En revanche, l’organisation de l’événement est un réel point noir.
Sur les billets achetés à l’avance, il est bien précisé que malgré les préventes, il faut compter jusqu’à une heure d’attente si l’on arrive avant 20h (comprendre : si on a des enfants en bas âge, on va en chier). Eh bien même cet avertissement ne m’avait pas préparée à l’épreuve.
Nous sommes arrivés à 18h pile, heure d’ouverture du jardin. Je ne sais pas quand sont arrivées les personnes qui attendaient déjà, mais vu la foule, ça devait bien faire une heure pour certaines. Il y a plusieurs queues, certaines réservées aux personnes munies de billets, d’autres aux personnes qui n’en ont pas. Mais c’est la seule indication. Il n’y a pas de serre-file, pas de barrières pour délimiter la queue, sauf dans les cinq derniers mètres, on ne sait pas où on va, le personnel est débordé (quand l’Anglais a demandé à un employé comment c’était organisé, ce dernier a répondu : “On ne gère pas”).
Résultat des courses : on a grillé par inadvertance une grosse partie de l’attente, pensant faire la queue au bon endroit, alors que pas du tout. Les gens qu’on a grillés étaient compréhensifs : il leur était arrivé la même chose 15 mètres plus haut !
En outre, le problème de sécurité est réel : on est obligé de marcher sur la chaussée, les bus et les voitures continuent de circuler… A l’issue du parcours, il faut remonter le trottoir sur environ 300 mètres. Sauf que celui-ci est encombré de personnes qui patientent pour entrer ! Du coup il a fallu passer sur les talus qui entourent les arbres (glissants, forcément) tout en se cramponnant à la Crevette pour ne pas la perdre.

Du coup, je ne recommanderai qu’aux personnes qui ont la possibilité de visiter les lieux après 20h-20h30. L’installation est ouverte jusqu’à 23h, et il faut compter une bonne heure pour tout voir, plus si on veut s’arrêter prendre des photos.
Est-ce qu’on retentera l’an prochain ? Pas sûr. D’autant qu’à trois (les enfants de moins de 3 ans ne paient pas), on en a quand même eu pour 39€. Et à ce prix-là, j’estime que j’ai droit à un service digne de ce nom.

Espèces en voie d’illumination, Jardin des Plantes, jusqu’au 15 janvier 2019

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Je cours

Se réveiller ; nourrir et préparer les enfants, tenter de ressembler à quelque chose ; partir pour l’école, pour la nounou, pour les deux ?

Se mettre aussi vite que possible au travail ; parviendrai-je à abattre mon quota de pages pour la journée ? Tiens, une machine à faire ; et si je passais l’aspirateur pour me réchauffer ?

Vite, j’ai rendez-vous dans Paris, je ne dois pas être en retard ; impossible de trop traîner, il faut être à l’école avant 16h30 ; pourquoi j’ai inscrit la grande au sport, déjà ?

Au fait, on mange quoi, ce soir ? Et la Crevette ? J’aurais pas oublié d’étendre le linge ?

Attention, le vortex 17h30-20h débute, je n’y suis pour personne.

Mon sac de piscine est prêt, c’est parti pour 1 heure d’abrutissement dans le chlore.

Où est doudou ? Tu t’es lavé les dents ? Chéri, on tire à la courte paille pour savoir qui gère le lavage de dents ?

Quelle heure pour le réveil ? Encore une fois je me couche trop tard, mais bon…



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Crevette et Paprika

Puisque j’en ai parlé un peu, et que je vais beaucoup utiliser ces surnoms pendant encore pas mal d’années (jusqu’à ce que l’un d’entre eux me dise que c’est trop la honte, sans doute), je me dis que je vous dois quelques explications sur l’origine des pseudonymes dont j’ai affublé mes enfants.

Pour la Crevette, c’est très simple. Au début de ma grossesse (genre un mois et quelques), je me suis sentie mal en allant au bureau et j’en parlais avec l’Anglais par sms. A un moment donné, il insiste, flippé (je l’ai surnommé “papa-rano” à l’époque), et je réponds : “La Crevette et moi allons bien”. C’est resté. Notez que je ne savais pas encore qu’il s’agissait d’une fille.

Pour le Paprika, nous avions annoncé la nouvelle très tôt à notre famille proche (nous avons eu des soucis en tout début de grossesse), mais nous avons attendu le délai habituel pour en faire part à nos amis. Or ce délai s’est concrétisé lors de notre week-end à Budapest pour le bal Sissi organisé par notre association de danse (j’ai eu de la chance : à 15 jours près, je n’entrais plus dans ma robe).
J’avais déjà un peu de ventre et, au petit déjeuner, alors que la nouvelle se répandait progressivement, plusieurs personnes de l’association m’ont taquinée en disant que, quand même, ça se voyait. A quoi j’ai répondu que j’avais mangé trop de paprika, qui est le légume national hongrois, que l’on peut entre autres consommer le matin (ce qui était mon cas). J’ajoute au passage que, cette fois-ci, nous savions déjà qu’il s’agissait d’un garçon mais avons gardé cette information pour nous encore un mois.

Qu’est-ce que ça trahit, alors ? Que, quelle surprise, je suis obsédée par la bouffe, aussi (surtout ?) quand je suis enceinte. La blague étant que, dans la vraie vie, je n’appelle pas mes enfants ainsi mais plutôt “ma puce”, “mon lapin”, “mon canard”… Comme quoi.



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On nous prie d’annoncer…

Ceux d’entre vous qui me connaissent “dans la vraie vie” ou me suivent sur Instagram ont déjà eu vent de la nouvelle. Mais il fallait bien que j’en touche un mot ici : il y a 10 jours, nous avons accueilli le Paprika, petit frère de la Crevette. J’avais choisi de ne pas évoquer ma grossesse ici, d’abord parce que cela relevait d’un sujet très intime à mon sens (et qui concernait toute la famille), mais aussi parce que j’aurais pu ne parler que de ça et me transformer en caricature de “maman blogueuse” (ma vie ne se résume pas à mon utérus). Bon, ça ne veut pas dire que, maintenant qu’il est sorti, je ne vais pas vous infliger quelques articles sur le sujet…


Et si vous êtes sages, je pourrai même vous expliquer d’où vient ce surnom bizarre (et néanmoins phallique).





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Visite en famille au Musée des arts forains

Voilà plusieurs années que, pendant les fêtes, je vois passer sur Facebook des photos de copains partis s’amuser au musée des arts forains : montés sur des manèges, dansant dans les pièces, assistant à des spectacles… Si l’esthétique foraine en tant que telle ne m’attirait pas forcément plus que cela, l’idée d’un musée où tout est accessible m’attirait. En outre, la visite est fortement recommandée avec des enfants et, vu que la nounou de la Crevette est en congés cette semaine, c’était l’occasion rêvée. Embarquant au passage L&L, nous voilà parties…

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Le musée est privé – issu d’une unique collection particulière, celle de Jean-Paul Favant – et il faut obligatoirement réserver sa visite. Nous nous sommes donc présentées peu avant 11h, et nous sommes retrouvées en compagnie de nombreuses autres familles avec enfants en bas âge (peut-être un effet combiné “visite d’avant sieste” et “vacances scolaires” – nous étions une petite trentaine, à vue de nez). L’endroit est composé de trois espaces disposés autour d’une cour intérieure : les salons vénitiens, le théâtre du merveilleux et le musée des arts forains.

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Nous avons débuté à Venise et avons tout de suite été plongés dans l’ambiance. Sous nos yeux ébahis s’est animé le théâtre mécanique à motifs nautiques, mis en valeur par un tout nouvel éclairage et une bande-son. L’effet était magique, avec une véritable impression de relief ; le décor évoquait tantôt le jour, tantôt la nuit, tantôt Venise dans toute sa splendeur, tantôt sous la mer… Superbe.
Puis nous avons évolué dans les différentes ambiances avec un plaisir réel : toutes les attractions sont en état de marche, et nous avons pu monter sur la plupart d’entre elles. Nous avons ainsi testé trois manèges anciens, dont mon préféré, dans l’ambiance vénitienne, ainsi qu’un manège de chevaux de bois et un de vélocipèdes (assez marrant, je dois dire, puisqu’il faut pédaler pour lancer le mécanisme !).

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Les attractions alternent et ne lassent jamais : ici, un spectacle d’automates qui chantent de l’opéra, là une course de garçons de café qui avancent grâce à des lancers de balle, ailleurs un orgue mécanique ou une salle de bal…

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Je craignais que la visite, prévue pour durer 1h30, ne soit trop longue pour ma puce et que celle-ci montre des signes de fatigue. En réalité, la Crevette et L. étaient fascinées, s’exclamant “Encore !” à la fin de chaque attraction, se montrant particulièrement sages pendant les démonstrations musicales pourtant retentissantes… Nous sommes reparties au bout de quasiment 2h, et elles n’ont manifesté leur lassitude que pendant les 15 dernières minutes.

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Est-ce que je conseille ? Oui, et encore oui ! Ma Crevette n’a que 2 ans et n’est pas une grande marcheuse, mais la visite est très dynamique et peut intéresser les petits comme les grands. Le guide était agréable, alternant explications sociologiques ou mécaniques (j’ai ainsi découvert l’existence des carrousels-salons, un truc qu’il faudra réutiliser dans un roman un jour), d’une grande patience avec les enfants. J’ai déjà envie d’y retourner, et d’embarquer Monsieur au passage, qui ne manquera sans doute pas de s’amuser et de faire plein de photos.

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Musée des arts forains, à Bercy (M° Cour Saint-Emilion). Sur réservation.





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Lâchetés parentales

  1. Attendre que la Crevette dorme pour sortir le dessert.
  2. Voire ne sortir les gâteaux du placard que les jours où elle est chez la nounou.
  3. Faire disparaître planquer le jouet de l’enfer (mais si, celui qui fait du bruit / clignote / est affreux / chiant à ranger / tout ça à la fois) en feignant de ne pas savoir où il est.
  4. Dire “Tu feras ça chez Tata (aka, la nounou)” quand elle demande un truc qu’on n’a pas envie de faire. Au choix du dessin, des gommettes, de la pâte à modeler…
  5. Finir par céder à la cinquième dixième quinzième demande de grignotage parce que, vraiment, elle est soûlante.
  6. Acheter la paix sociale (notamment en voiture) à coups de petits beurres.
  7. La laisser vider intégralement la table basse de ses livres juste pour avoir la paix dix minutes.
  8. Faire semblant de ne pas entendre diverses réclamations.
  9. Se contenter de répondre “Oui” quand mademoiselle exprime la même chose pour la troisième fois et que je n’arrive toujours pas à comprendre ce qu’elle dit.
  10. Prétendre que j’ai mal au dos pour ne pas la porter (indice : ça ne marche pas très bien).
  11. Lui donner la becquée le soir en semaine pour que ça aille plus vite.
  12. Lui faire des guilis pour gratter un câlin en douce.





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Atelier parents-bébé au musée de Cluny

Quand on est parent, on voit souvent arriver le week-end avec angoisse : 48h complètes à s’occuper d’un petit bout, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire ? La plupart des ateliers, spectacles, etc. ne sont pas accessibles avant 3 ans. Aussi quelle ne fut pas ma joie de découvrir – alors que je me renseignais pour les concerts – que le musée national du Moyen-âge (le musée de Cluny, pour les intimes) proposait des ateliers pour les tout-petits de 0 à 3 ans.

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La réservation se fait par téléphone, l’entrée coûte 6€ par enfant, gratuit pour le ou les parents accompagnateurs (dans la limite de 2), ce qui offre aussi l’accès aux collections du musée. Après nous avoir accueillis à l’entrée, la conteuse et art-thérapeute Marie-Georges Compper-Bruegel nous installe dans la salle romane et commence par une chanson. Le thème de la séance d’aujourd’hui est la naissance (le cycle de l’année tourne autour des débuts de la vie, de la grossesse à la séparation d’avec les parents).
Il ne s’agit pas d’un moment passif : l’intervenante nous encourage à parler, communiquer, exprimer nos ressentis autour de cette période particulière faite d’attente, d’inquiétudes et d’espoir. Au moyen d’historiettes, de matériau “solide” et de comptines, nous échangeons sur ce sujet tout en interagissant avec nos enfants pendant une grosse demi-heure.

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Un seul autre couple a eu le courage de venir au premier atelier (10h) avec leur petite fille. La Crevette ne quittera pas mes genoux, même si cela ne l’empêchera pas de se tortiller comme un ver de terre pendant toute la séance – l’autre petite fille était beaucoup plus indépendante et curieuse.
Au final, c’était une expérience intéressante, mais j’ai un peu regretté qu’elle soit plus orientée “petite enfance” que “moyen-âge” : cela aurait pu se dérouler n’importe où, alors que j’aurais bien aimé une ou deux chansons médiévales, par exemple. Après, je me doute qu’avec des tout-petits, il est parfois difficile de faire des choses très extravagantes !

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Gros bonus : nous avons ensuite pu déambuler à notre guise dans le musée, fort peu fréquenté à cette heure. Nous avons donc montré deux-trois choses à la Crevette, dont une série de Vierges à l’enfant (les explications viendront plus tard), ainsi que les petits animaux qui peuplent la série de tapisseries de la Dame à la licorne, sans doute le moment le plus chouette de cette matinée.

PS : toutes les photos sont de Monsieur.





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Luxation congénitale de la hanche #3 – Le plâtre pelvi-pédieux

Note : cet article n’est en aucun cas un document scientifique ou médical. Il s’agit de notre témoignage et de notre expérience de parents d’un enfant atteint d’une luxation congénitale de la hanche. Pour en savoir plus, l’histoire commence ici et se poursuit .


Suite à son séjour à l’hôpital, la Crevette repartait donc avec nous à la maison, mais lestée de plâtre. En effet, après avoir passé un mois à placer sa hanche en position orthopédique, il fallait maintenir le tout pour permettre aux articulations de se consolider, mais aussi pour éviter de perdre tous les bénéfices de la traction et de provoquer une reluxation. La pose du plâtre se fait au bloc, sous anesthésie générale, et dure une petite heure.
Pour être honnête, l’orthopédiste n’était pas très contente, arguant que sa hanche était “une vraie savonnette”. Elle a demandé une IRM pour s’assurer que rien ne bougeait (je vous raconte pas la joie pour faire passer une IRM à un bébé de pas tout à fait 10 mois vu le bruit que fait le machin) mais, heureusement, celle-ci a été concluante.

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En bleu, le plâtre (Non, il n’y a pas du tout un air de famille)

La position plâtrée était pour le moins surprenante : en grand écart facial avec les pieds tournés vers l’intérieur. La comparaison la plus parlante, pour nous, a été celle du gardien de hockey en train de faire un arrêt. Le plâtre, dit “pelvi-pédieux” puisqu’il va du pelvis aux pieds (cheville à droite, orteils à gauche), remontait dans le dos jusqu’aux omoplates, faisait un “U” au niveau du ventre pour laisser de la place lors des repas et était creusé au niveau du siège pour le change.
Impressionnant mais, comparé à l’hôpital, le bonheur car on est “libres” de nos mouvements et, surtout, on pouvait la prendre dans nos bras et lui faire des câlins. Pour mademoiselle, c’était surtout un environnement moins angoissant et la disparition des (rares) douleurs musculaires occasionnées par la traction.

D’un point de vue pratique, ça se passe comment ?
La première chose à faire, c’est de cesser d’attraper son enfant sous les bras ! Parce que sinon, le poids du plâtre se fait vraiment sentir, pour lui comme pour vous. On la tenait donc par la taille. Ca demande un peu d’entraînement (et ça fait les biceps), mais rien de traumatisant.
Pour le bain, ce fut le grand retour de la toilette au gant sur la table à langer. Et pour être sommaire, c’était sommaire… car il est interdit de mouiller le plâtre pour éviter les déformations. Du coup, on débarbouille les bras, le haut du torse et le visage, on lave les cheveux de façon acrobatique de temps à autre, ainsi que le pied à l’air, et terminé.
Pour le change, il fallait glisser une couche de petite taille sous le plâtre après avoir arraché les scratches et maintenir celle-ci par une seconde couche plus grande passée par-dessus le plâtre. Non, c’est pas simple, surtout la nuit.

Et niveau hygiène en général ?
Au bout de quelques jours, le plâtre sent un peu la mort, et ça va durer pendant tout le traitement… En gros, on peut intervenir sur certaines zones (je décrassais les pieds/orteils tous les 2-3 jours, c’était pas triste), en priant pour que ça passe. Chance monumentale : nous avons eu un seul accident de couche très circonscrit, ce qui n’est apparemment pas le cas de tout le monde.

Pour l’habillement, ça donne quoi ?
Nous étions en plein hiver (début janvier), il fallait donc veiller à ce que la Crevette ne se refroidisse pas. Du coup, le pied dont seuls les orteils dépassaient était constamment enveloppé dans une chaussette de Monsieur (les seules assez grandes pour que ça marche), et l’autre pied était couvert d’une chaussette et d’une petite tennis basse (les autres chaussures étaient trop montantes). Plus tard, une fois la jambe droite en partie dégagée, j’ai pris l’habitude de lui enfiler une jambière (choisie parmi celles achetées lorsqu’elle avait son harnais).
L’enfant se retrouve avec un tour de taille d’un gamin de 2-3 ans environ, si bien qu’il est impossible de l’habiller convenablement – c’est du bricolage. Mademoiselle a donc porté des robes évasées en permanence, en taille 24 mois, alors qu’elle n’en avait que 9. Pareil pour les quelques t-shirts. En revanche, bien entendu, plus de pantalon, de body, ou de pyjama (j’ai vu sur certains témoignages des parents qui parvenaient à mettre des pyjamas taille 3/4 ans). Avantage : cet hiver, j’ai pu ressortir presque toute la garde-robe de l’hiver dernier, qui est déjà à sa taille.

Et dans la vie de tous les jours ?

Le doomoo (vite rebaptisé "tout mou" par nos soins)

Le doomoo (vite rebaptisé “tout mou” par nos soins)

Plus question d’utiliser notre transat, dont la capacité était limitée à 9kg, mais la nounou a pu garder le sien (qui supportait jusqu’à 15kg). A la maison, nous l’avons remplacé par un Doomoo de Babymoov (blanc/ivoire), assorti d’un gros oreiller pour maintenir la Crevette en position assise verticale. Comme ce truc coûte une blinde, on se l’est fait offrir à Noël.
Pour les repas, c’était essentiellement dans le doomoo. Mais à la fin, quand mademoiselle en a eu marre, on l’installait (en la ceinturant avec un foulard…) dans sa chaise haute (le truc hyper design et hyper cher, de Stokke).

Pour les déplacements, c’était tout aussi folklorique : terminée, la poussette trois positions. Il nous fallait une poussette canne, la plus simple possible, car sinon les jambes ne tenaient pas. On rembourrait dans le dos avec une couverture et, par temps froid (soit tout l’hiver), on enveloppait les jambes dans une autre couverture. Mademoiselle n’aimait pas trop ça, et râlait au bout d’une vingtaine de minutes en moyenne.
En voiture, il existe – ô miracle – un modèle de siège auto : le Opal dysplasie de Bébé Confort. Celui-ci est gracieusement mis à disposition par la société pour six mois, moyennant un certificat médical et un chèque de caution de 250€. Sachant que nous avons pu prolonger l’emprunt de 3 mois avec un simple justificatif du pédiatre. Donc, normalement, je ne fais pas de pub, mais là, si, c’est obligé. En plus, la personne qui gère les dossiers est très aimable et humaine (nous avons surtout échangé par mail).

Le siège auto (sans accoudoir pour laisser de la place aux jambes)

Le siège auto (sans accoudoir pour laisser de la place aux jambes)

Ca dure longtemps ?
Ca dure quatre mois. Ou plutôt, deux fois deux mois, parce qu’on doit changer le plâtre au milieu. Pas pour des considérations d’hygiène, non, mais parce que les enfants grandissent. Là encore, cela se fait au bloc, sous anesthésie générale, mais cette fois-ci, en ambulatoire. On arrive le matin, avec un bébé à jeun et toiletté à la bétadine, et on repart en début d’après-midi.
Gros bémol : nous n’avons pas pu accompagner la Crevette jusqu’au dernier moment, il a fallu la remettre à l’anesthésiste (et là, je ne vous raconte pas les hurlements de terreur, vu qu’elle était déjà en blouse et en charlotte de bloc, et qu’elle avait compris qu’il allait se passer un truc désagréable).

Le second plâtre

Le second plâtre

Quand on nous l’a rendue, surprise ! La jambe droite était libérée juste au-dessus du genou, ce qui allégeait un peu le poids total de la bête. En revanche, ils n’avaient que de la résine blanche, c’était beaucoup moins drôle. Mademoiselle était un peu groggy mais rien de bien grave. Toutefois, il a fallu s’adapter à cette nouvelle position, notamment quand on l’allongeait, car la jambe libre risquait de supporter trop de poids.

Ca donne quels résultats ?
Au bout des quatre mois, après une radio de contrôle qui a confirmé que c’était plutôt bien parti, on a enfin pu retirer le plâtre (quatre mois sans lavage, je vous laisse imaginer l’aspect et l’odeur) pour… poser des attelles.

La suite au prochain numéro !





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Ces petits luxes auxquels j’ai renoncé…

Je ne sais pas vous, mais à titre personnel, il y avait des choses que je tenais pour acquises jusqu’à la naissance de la Crevette. Bon, on m’avait bien dit que les nuits et le sommeil ce ne serait plus trop ça, mais tout un tas d’activités et de moments me paraît aujourd’hui comme un Eldorado inatteignable… Et vous ?

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  • Faire la grasse matinée. Je ne suis pas du genre à dormir jusqu’à 11h ou midi, mais j’avoue que parfois, j’aimerais bien ne pas être tirée du lit à 6h45 par un “Maman !” ou un “bobo !”
  • Dans le même ordre d’idée, je fantasme sur le simple fait de traîner sous la couette pour bouquiner et rêvasser.
  • Ecouter de la musique que j’ai choisie, et pas le énième passage du même CD de comptines et berceuses que j’ai eu le malheur d’acheter.
  • Me caler avec un bouquin sans être dérangée pendant 10 5 minutes.
  • Partir en week-end à l’arrache avec trois culottes et ma brosse à dents et advienne que pourra. A présent, quand on part, c’est transformés en camion de déménagement (plus c’est petit, plus ça prend de place).
  • Glander en vieux t-shirt devant la télé un dimanche à 16h. Et pas se taper une sortie au parc avec tous les parents qui auront eu la même idée.
  • Faire les courses sans décrire de savants détours pour éviter certains rayons et contrer ainsi la déferlante de “ça !” qui ne manquera pas de s’abattre si j’ai le malheur de passer trop près des gâteaux.
  • Laisser traîner des trucs partout sans craindre que ceux-ci se transforment en arme potentiellement mortelle (verre, dessous de plat, gros livre…) ou que ton bébé se transforme en arme de destruction massive (livre, appareil électronique…).
  • Prendre un bain. Parce qu’avec notre petit ballon d’eau chaude, on ne peut pas concilier un bain de Crevette et un bain d’adulte.
  • M’organiser comme je veux et ne pas devoir adapter mon emploi du temps aux horaires de la nounou : au garde-à-vous à 17h30, dernier délai, ça fait tôt, quand même.
  • M’offrir un plaisir coupable gustatif : impossible de sortir un gâteau (surtout au chocolat) sans qu’on vienne m’en réclamer un morceau.
  • Ne rien faire.





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Luxation congénitale de la hanche #2 – Traction de Somerville-Petit-Morel

Note : cet article n’est en aucun cas un document scientifique ou médical. Il s’agit de notre témoignage et de notre expérience de parents d’un enfant atteint d’une luxation congénitale de la hanche. Pour en savoir plus, l’histoire commence ici


Or donc, souvenez-vous, le médecin de la Crevette venait de nous annoncer, après six mois de traitement, que celui-ci n’avait pas correctement porté ses fruits et qu’il allait falloir passer à l’étape supérieure : la traction de Somerville-Petit-Morel (qu’on appelle aussi “traction de Somerville-Petit” mais l’orthopédiste a insisté). A vos souhaits.

La… quoi ? Tractation ?
Traction. Du verbe tirer. Tout de suite, ça vous donne une idée du truc.
Il s’agit littéralement d’attacher des poids aux jambes du patient et de tirer dessus. Décrit ainsi, ça paraît barbare, et il faut dire que c’est assez impressionnant. L’idée est en réalité de tirer lentement sur les membres pour les extraire de la cavité articulaire puis de les réaligner dans le bon axe.

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Premier soir…

Concrètement, ça se passe comment ?
Vous vous en doutez, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. En l’occurrence, il fallait compter quatre semaines d’hospitalisation pour parvenir à nos fins.
Les huit premiers jours environ, on ajoutait du poids matin et soir sur chaque jambe : la Crevette pesait 8kg, elle pouvait donc supporter jusqu’à 4kg par membre (si). Il est évident qu’il faut procéder petit à petit pour ne pas traumatiser le corps.
Une fois les jambes bien allongées (désolée, je n’ai pas d’autre métaphore), il a été temps d’écarter. Il fallait en effet se remettre dans l’alignement de la cavité articulaire. Cela a pris une bonne dizaine de jours, avec ajout de barres latérales : on écartait un peu le matin puis le soir, tout en vérifiant l’angle, qu’on a même corrigé par l’ajout d’un poids en transverse (en gros, un poids disposé de façon à faire tourner la jambe vers l’intérieur).
Enfin, on a ôté le poids peu à peu tout en s’assurant que rien ne bougeait.

...Dernier jour !

…Dernier jour !

Mais c’est atroce !
Ca peut paraître atroce, et c’est lourd, mais cela reste moins invasif que la chirurgie, qui reste le dernier recours. Je rappelle que la Crevette avait 9 mois à l’époque.
Le plus compliqué pour elle fut de ne plus pouvoir s’asseoir alors qu’elle commençait tout juste à maîtriser cette position (la semaine précédent son hospitalisation, elle commençait à se hisser pour se mettre debout). Le premier soir, elle a pas mal protesté et un peu pleuré, mais c’est vite passé.

Ca doit faire mal…
Bien entendu, je ne peux jurer de rien ni parler à la place de ma fille. Toutefois, mise à part l’énorme crève qu’elle a attrapée le jour de son entrée (les hôpitaux, ces nids à microbes), et qu’on a soignée au doliprane, elle s’est très rarement plainte. Elle était la plupart du temps souriante, parfois angoissée par le passage des médecins ou des infirmiers, parfois agacée de ne pas pouvoir remuer comme elle le voulait. Pendant tout son séjour, elle n’a jamais rien reçu de plus fort que du paracétamol.

La super déco du service...

La super déco du service…

9 mois, c’est jeune…
Il faut agir avant l’acquisition de la marche, sous peine d’avoir des séquelles. Et puis, on apprend vite à relativiser.
La Crevette était hospitalisée à Necker, et le service d’orthopédie est au même étage de l’ORL et, surtout, la neurochirurgie. Voir des gamins se balader avec la tête enturbannée reliée à un drain ou discuter avec des parents dont l’enfant vient pour une amputation thérapeutique, ça remet tout de suite les idées en place.

...un train rouge...

…un train rouge qui se promène sur les murs

Et les parents dans tout ça ?
L’orthopédiste qui suivait la Crevette nous a annoncé la couleur d’entrée de jeu : nous allions vivre à l’hôpital. Elle nous a carrément recommandé d’apporter la Nespresso ! (Comme je n’aime pas le café, on a apporté notre bouilloire, et l’Anglais a héroïquement survécu avec du Nescafé pendant un mois)
En gros, nous nous sommes organisés de notre mieux : monsieur a pris tous ses mercredis ainsi que la dernière semaine de décembre, tandis que je dégageais l’intégralité de mon emploi du temps en décembre (de l’avantage d’être freelance) pour la traduction, et m’arrangeais avec mon autre employeur pour ne travailler qu’un jour par semaine. En temps normal, je bosse deux jours par semaine pour eux, mais comme je ne disposais pas de jours “enfant malade” c’était la meilleure solution pour ne pas griller tous mes congés, dont je risquais d’avoir besoin plus tard (bien m’en a pris).
Ensuite, nous avons organisé un roulement pour savoir qui dormait quand à l’hôpital. Car non, un bébé de neuf mois, nous n’étions pas très chauds pour le laisser dormir seul sur place, quand bien même nous n’avons jamais pratiqué le co-dodo.

Vous étiez tout seuls ?
Fort heureusement, nous avons eu la chance d’être extrêmement bien entourés : ma mère et mes beaux-parents ont “pris” des nuits pour veiller sur la Crevette pendant que nous tentions de nous reposer à la maison (on dort très mal à l’hôpital), des amis et des membres de la famille sont venus nous voir et nous soutenir, les associations ont été très actives et ont parfois pris le relais pendant une demi-heure le temps d’aller boire un verre…
Par ailleurs, l’assistante maternelle de mademoiselle – qui ne touchait pas de salaire pendant la moitié de l’hospitalisation – a eu la gentillesse de venir la voir à deux reprises, dont une fois avec des cadeaux de Noël…

Oui, on peut dormir

Oui, on peut dormir

Et pour les détails pratiques ?
Pour les enfants, les repas sont pris en charge par l’APHP mais pas tout de suite : mieux vaut arriver avec 48h de couches, de petits pots, la boîte de lait et les biberons, des fois que. Après, normalement, l’intendance prend le relais parfois avec des ratés (la Crevette s’est retrouvée avec des biberons de lait 3è âge + céréales à deux reprises). Penser aussi à apporter les affaires de toilette, la crème pour le change et pour l’érythème fessier (l’assistance publique est pauvre…), ainsi que des bodies, un ou deux pulls, et des chaussettes – l’enfant aura les jambes à l’air pendant un mois. Sans compter des jeux, de quoi écouter de la musique, etc.
Pour les parents, outre les vêtements de rechange, les affaires de toilette et la serviette de bain, il est utile de venir avec un duvet. On peut aussi se prendre de la lecture (la liseuse, cette invention géniale), pas trop intellectuelle parce qu’on est interrompu tout le temps et qu’on n’arrive pas forcément à se concentrer. En revanche, éviter l’ordinateur portable : le risque de vol est réel et le réseau wifi franchement pas terrible. Enfin, pensez aux sucreries : en cas de coup de barre ou de baisse de moral, elles font beaucoup de bien, et vous permettront aussi d’amadouer le personnel médical et non médical.

Une compensation : la vue sur la Tour Eiffel (si, si, au loin)

Une compensation : la vue sur la Tour Eiffel (si, si, au loin)

Et à part l’hôpital ?
A peu de chose près, notre vie s’est suspendue pendant quatre semaines, et nous n’avons guère quitté l’enceinte de Necker, sauf pour aller chercher à manger ou rentrer à la maison / aller au travail. Nous avons tenu parce que nous étions très entourés et que nous nous sommes répété qu’il s’agissait d’un problème certes pénible à traiter mais relativement bénin et, surtout, sans (trop de) séquelles. Le contrecoup a mis plusieurs mois à apparaître et à être digéré, et je pense que la situation nous hante encore parfois (et si jamais on en faisait un deuxième et qu’on devait revivre ça ?).

Comment ça s’est fini ?
On pourrait dire bien : la Crevette a enfin eu le droit de rentrer à la maison le… 1er janvier. Nous avions appris la nouvelle la veille, et j’ai passé la dernière nuit à l’hôpital. Il paraît que, toute la nuit, les ambulances sont passées sous nos fenêtres et qu’il y a eu en prime une course-poursuite à 4h du matin. Je n’ai strictement rien entendu. Pour la première fois depuis un mois, j’ai fait une nuit correcte.
Toutefois, nous n’en avions pas fini pour autant : car si nous avons récupéré mademoiselle, ce fut lestée de deux kilos de plâtre !





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