Vintage summer challenge

Ceux d’entre vous qui me suivent sur Instagram l’auront sans doute suivi tout au long du mois d’août : à l’invitation de deux “instagrameuses”, j’ai tenté de relever le défi consistant à publier chaque jour une photo évoquant un thème vintage. Ce ne fut pas toujours simple car j’étais au fin fond de la campagne sans connexion internet digne de ce nom et donc sans ma base de données photos (j’ai souvent dû jouer avec Facebook et des captures d’écran depuis mon téléphone). Je n’ai pas pu remplir toutes les catégories, mais je me suis bien amusée et j’ai hâte de recommencer. Peut-être avec de meilleures photos, en réquisitionnant l’Anglais (dont j’espère qu’il relèvera le défi de son côté).
Sans plus attendre, un petit résumé en images.

1. Moi : photo prise par Monsieur lors du bal Second Empire à Budapest en avril dernier.
2. La campagne : photo prise par Ioionette à Loches il y a… quelques années, lors d’une animation 13ème siècle. La coiffe ne convient pas tout à fait à la période, mon costume a évolué depuis.
3. La ville : photo de 2011 prise à Laressingle lors d’un rassemblement 15ème off avec des copains. Super week-end, mais très venteux ! (Je suis en jaune tout à gauche)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


5. Floral : bottines 1830, vues à l’exposition “Le pouvoir des fleurs” au musée de la vie romantique
6. Fruits et légumes : nos provisions sur fond de catapulte lors de ce même week-end à Laressingle.
10. Famille : l’Anglais et la Crevette jouant aux échecs le dimanche matin à Provins en 2016. On voit de qui Mademoiselle tient ses bouclettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


11. Jouets : la Crevette exhibant fièrement ses poupées 13ème (et son doudou 21ème…) lors dudit week-end à Provins.
12. Hobby : la danse historique ! Comme je le disais, je ne sais pas trop si je suis venue à la reconstitution par la danse ou si je suis venue à la danse par la reconstitution, mais les deux sont étroitement mêlées. Photo prise par mes soins lors du bal à Budapest en avril.
16. Amis : l’Anglais et moi en compagnie de deux amis hongrois dans les fossés de Provins en 2010. Tenues 15ème.

 

 

 

 

 

 

 

 


17. Patrimoine / traditionnel : pas facile, celle-là ! J’ai vu passer plein de super jolies photos de filles en costume traditionnel de leur pays ou de leur pays d’origine. Le souci avec mes origines à la fois vagues et mélangées (insérer ici un refrain de George Moustaki), c’est que je n’ai pas d’héritage culturel bien défini. J’ai botté en touche avec une photo de moi petite participant à ma première reconstitution, à l’occasion de la fête du village où j’habitais (paysanne courant 19ème siècle).
18. Fête : quel meilleur moyen de faire la fête qu’en dansant ? Voici une photo (mal éclairée au flash…) de notre bal Second Empire à Vienne, en 2015.
20. Couleurs primaires : j’ai fait avec les moyens du bord, en allant repêcher une photo prise il y a deux ans à l’occasion de l’Alphabet costumé proposé par Emmanuelle Nuncq. En fait, j’avais surtout très envie de crâner en kimono, et je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de le faire dans ce challenge.

 

 

 

 


21. 18ème siècle : je n’ai pas de tenue d’époque (un jour, un jour…), du coup j’ai ressorti une photo de l’exposition “Siège en société” présentée au Mobilier National au printemps dernier.
22. Empire : alors là, c’était plus facile. J’ai cherché de belles photos de notre bal Jane Austen à Bath en 2015, sans malheureusement en trouver de formidables (je dois contacter le photographe qui était présent à l’événement), mais celle-ci est plutôt mignonne, et l’Anglais a la classe dans son uniforme de hussard.
23. Victorien : c’est vaste ! Du coup, j’ai encore une fois choisi une photo du bal de Budapest, prise par Monsieur à la fin de l’événement. J’aime beaucoup cette photo dans la salle de bal, je la trouve très réussie.
24. Belle Epoque : heureusement qu’on a eu un bal sur ce thème l’an dernier ! J’avoue que ce n’est pas une période qui me plaît outre mesure, je trouve que la ligne fin 19è n’est pas très flatteuse. J’avais choisi une tenue 1910 plutôt que 1890, mais ça me va quand même moins bien que d’autres époques. Photo prise au Théâtre des Variétés, à Paris.

 

 


25. Garçonne : années 20, quoi. Je désespérais un peu, avant de me rappeler que la robe que je portais pour notre mariage civil (et la coiffure) étaient inspirées par cette époque. En vrai, il vaut mieux être toute fine pour bien porter les tenues des années 20, mais là le résultat n’était pas mal du tout.
26. 1930-1940 : l’Anglais et moi en costume pour la soirée Prohibition de Ioionette et SonMari en 2015. Je porte une robe vintage malheureusement trop petite à présent (j’ai pris des épaules avec la natation), et Monsieur a revêtu sa tenue de joueur de golf hickory (c’est une discipline qui existe vraiment), avec notamment le pantalon plus-four, immortalisé par Tintin.
27. 1950 : J’avais des choses pour illustrer cette catégorie, mais rien sous la main. Puis je me suis rappelé de ce portrait de ma grand-mère réalisé en 1957 (on dirait pas comme ça, mais elle avait déjà deux enfants…). J’ignore si la robe existe encore (j’aurais bien aimé même si je ne rentrerais sans doute pas dedans), mais j’ai vu passer la bague en vrai et, oui, elle est aussi grosse que ça.
28. 1960-1970 : Un mauvais selfie pris à l’appareil numérique en 2012 dans notre couloir ! Je porte une robe vintage chinée dans une boutique de Sydney lors de notre voyage de noces. J’aurais voulu acheter tout le magasin, j’ai été héroïque (et puis il y avait les valises à traîner, aussi). Elle est transparente, donc je la porte avec une chemise de corps 19ème réalisée pour mes tenues Empire (et une ceinture rouge H&M récupérée dans une braderie entre copines). Le vintage, c’est l’art du recyclage.

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Les Vertugadins

A l’occasion du bal Belle Epoque organisé par notre association de danse le week-end dernier, l’Anglais et moi avons fait appel à un loueur de costumes. En effet, je suis une bille en couture (c’est tout juste si je sais recoudre un bouton), et donc incapable de confectionner nos tenues. De plus, il s’agissait d’une période qui ne nous intéressait pas franchement, et acheter/faire faire un costume adapté n’avait pas beaucoup d’intérêt à nos yeux.

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Notre choix s’est porté sur l’atelier les Vertugadins, pour deux raisons : plusieurs costumiers réputés leur font confiance et eux-mêmes ont une bonne réputation auprès des reconstituteurs ; en outre (et ce n’est pas négligeable pour moi), l’atelier est desservi par le métro.
Chacun a pris rendez-vous pour composer sa silhouette : trichant un peu, j’ai choisi une robe 1910 que je trouvais moins tarte que les tenues 1900 (la mode du “monoboob” ne me plaît pas franchement). Monsieur, quant à lui, a opté à ma grande surprise pour une tenue de soirée civile (jusqu’à présent, il ne faisait que du militaire).

Ca ressemble à ça, en 1900

Ca ressemble à ça, en 1900

Je suis allée récupérer les “silhouettes” retouchées et préparées deux jours avant l’événement. Las, le jour J, ce fut le drame : dans la confusion (l’atelier louait beaucoup de tenues 18ème pour le bal de Kamel Ouali à Versailles le même week-end), le costume de l’Anglais a été éparpillé… et mal restitué. Gilet et pantalon trop grands, ceinture trop petite, papiers oubliés dans les poches… arg.
Pour ma part, ma robe était parfaitement retouchée, agrémentée d’un accessoire pour orner mes cheveux. J’ai reçu plein de compliments toute la soirée – même s’il a fallu préciser à chaque fois que ce n’était pas moi qui l’avais faite. Les détails en dentelle ancienne, perles et boucle art nouveau permettent vraiment de donner un air “authentique” à la tenue.

Monsieur, en grande discussion avec Offenbach

Monsieur, en grande discussion avec Offenbach

Yours truly, dans la salle de théâtre

Yours truly, dans la salle de théâtre

Alors, est-ce que je recommanderais ? Malgré l’énorme couac pour l’Anglais, la réponse est oui : lorsque j’ai signalé le problème en rendant les costumes, personne n’a mis en doute ma parole, et on m’a spontanément remboursé une partie des frais.
Enfin, le soin apporté aux détails, l’amabilité et la disponibilité des tailleurs sont à signaler et contribuent à recommander l’adresse.

Les Vertugadins, 12 rue Francisco Ferrer, Ivry-sur-Seine.

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Médiévales de Provins 2016

Les Médiévales de Provins, c’est un peu un passage obligé quand on fait de la reconstitution historique et qu’on habite au nord de la Loire. Tous les ans, la vieille ville s’anime pendant deux jours et accueille des centaines d’artistes et de bénévoles, ainsi que des milliers de visiteurs, dans le but de faire revivre l’ambiance des foires de Champagne.
Depuis 9 ans, j’essaie de m’y rendre tous les ans, avec plus ou moins de bonheur. Après le super campement dans les douves avec notre ancienne association, La rose et l’épée, l’Anglais et moi avions fini par ne passer qu’une seule journée sur place : trop de monde, trop long, souvent trop chaud ou trop humide… On avait bien tenté avec la Crevette ces deux dernières années, mais celle-ci ne s’était pas montrée très coopérative.

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Mais pour cette nouvelle édition, nous avons rejoint la Maisnie des griffons, association de reconstitution historique civile 13ème siècle, et nous campions à l’écart de la foule, dans un coin très sympa. Comme nous sommes peu sortis, sauf en amoureux samedi soir, je préfère vous proposer un inventaire à la Prévert avec quelques photos.

  • Arriver vendredi soir et découvrir les espèces de moustiques mutants qui logent au même endroit que nous (sans mentir, ils faisaient la taille de mon ongle de pouce).
  • Au moment de monter notre (très) grande tente, nous apercevoir que le mât central est resté à la cave. Frôler la crise de nerfs et trouver une solution de couchage en catastrophe. Ca tombe bien, Monsieur doit rentrer ce soir et nous rejoindre samedi après-midi, il pourra rapporter le mât.
  • Enfiler son manteau à la Crevette et trouver que, vraiment, elle ressemble à un jawa (et fait à peu près le même bruit).
On apprend très tôt à lever le coude

On apprend très tôt à lever le coude

  • Me remettre à la broderie après plusieurs années d’inactivité et constater avec plaisir que je n’ai pas trop perdu la main (je ne fais rien d’élaboré, mais pour décorer les costumes, c’est parfait).
  • Se régaler avec les plats de limonia, de zanzarelli et de mamonia. Picorer des massepains et des fruits. Boire de l’hypocras et découvrir le vin de sureau. La bouffe, c’est vraiment un des meilleurs trucs de la reconstitution.
  • Voir arriver l’Anglais comme le messie avec le mât central honni.
  • Samedi soir, dîner sous un joli ciel aux nuages dorés après une matinée très humide et une après-midi grise.
  • Après avoir réussi à monter la tente et à coucher la petite (exploit !), partir en amoureux dans les ruelles, discuter avec un ami autour d’un verre de vin au pissenlit et échanger des histoires d’anciens combattants à pleurer de rire.

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  • Désosser deux gigots et s’en mettre forcément plein les mains.
  • Apprécier de voir mademoiselle jouer avec les autres enfants de la troupe, tantôt dans la paille, tantôt à la dînette, tantôt à danser.
  • Dresser la liste de tout ce qu’il me faudrait pour la saisons prochaine : nouvelles robes (dont une à manches dépassées), linge, couvertures… et de tout ce qui nous fait fantasmer : lit, sièges…
  • Me sentir un peu désœuvrée car je n’ai pas d’atelier à animer (mais une Crevette qui revient régulièrement se coller à moi), et cela me change beaucoup.
  • Remballer le matériel sous des litres de flotte, en jurant contre la nature qui a vraiment décidé de nous pourrir le week-end.
  • Partir avant les autres parce que la petite ne tient plus debout, espérer très fort qu’elle dorme dans la voiture (sans succès bien entendu), et finalement la récurer intégralement parce qu’elle a vomi à 5mn de la maison.
  • Se vautrer dans le canapé avec une pizza après avoir déchargé, nettoyé, couché, allumé la télé (pas forcément dans cet ordre).

C’était donc un week-end épique mais, comme souvent à Provins, très humide et fatigant.
C’était aussi la fin de notre (courte) saison médiévale, mais on espère pouvoir remettre ça l’an prochain.

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Blanc-manger (recette médiévale)

cuisine medievaleLa semaine dernière, j’ai mis à profit un blanc de poulet et ma maladie pour enfin tester une recette qui me faisait de l’œil depuis très longtemps : le blanc-manger. Mais attention, pas la version sucrée/fruitée qu’on peut proposer aujourd’hui, mais la recette médiévale originelle, destinée aux malades.
Pourquoi aux malades ? Au Moyen-Age, la cuisine est inséparable de la médecine : on estime que certains plats sont propres à corriger les “humeurs” du corps et à en rétablir l’équilibre. De plus, si le sucre est connu et utilisé, il est rare et fort cher, et considéré comme une épice, que l’on utilise dans certains cas précis.
La recette du blanc-manger se retrouve dans de multiples réceptaires tout au long de l’époque médiévale : le Viandier de Taillevent, le Ménagier de Paris, le Liber de coquina… La base est toujours la même : un hachis blanc (la couleur a aussi son importance), avec du poulet, des amandes et du sucre.

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Bref, après cette longue introduction, voyons de quoi il retourne.

Ingrédients (pour deux personnes)
1 gros blanc de poulet (300-350g)
35g de poudre d’amandes
2 cas de crème de riz (je n’en avais pas, j’ai mélangé 1 cas de farine de riz et 1 d’eau)
du mascarpone (j’ai remplacé par de la crème)
2 cas de sucre en poudre
des pépins de grenade (facultatif)

Pocher le poulet dans de l’eau (je pense qu’on peut aussi utiliser un mélange d’eau et de vin blanc, assez classique à l’époque).
Quand le poulet est bien cuit, l’égoutter et l’effilocher. Hacher la chair au mixer avec la poudre d’amandes et la crème de riz.
Remettre le hachis dans une casserole pour faire épaissir avec la crème. Dresser en forme de dôme (faites des petits dessins si ça vous amuse), saupoudre chaque assiette d’une cuillère de sucre. Décorer éventuellement avec des pépins de grenade, et servir aussitôt.

Alors, le sucré-salé version médiévale, ça vous tente ?

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Château-musée de l’Empéri

Lorsque j’ai découvert, en feuilletant mon Lonely Planet, que le musée de l’Empéri était sis à Salon-de-Provence, et non en Corse comme je l’avais toujours cru, nous avons fait une petite danse de la joie et nous sommes embarqués, Monsieur et moi, dans cette visite prometteuse.
Le musée de l’Empéri, c’est un peu le graal des reconstituteurs militaires, en particulier sur la Révolution et l’Empire. Issu d’une immense collection privée rachetée par l’Etat au milieu des années 1960, il présente toutes sortes d’armes, équipements, uniformes, documents, portraits… en lien avec l’histoire militaire de la France, du 17è siècle à la Grande Guerre. Géré directement par le musée des Invalides, l’endroit recèle des trésors, y compris l’un des deux seuls exemples de l’uniforme de capitaine du 5è Hussard que porte monsieur.

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Sis dans un ancien château des archevêques d’Arles (rattachés au Saint-Empire, d’où le nom d’ “Emperi”), le musée accueille les collections dans une vingtaine de salles (sachant qu’il en faudrait au moins trente pour tout montrer). Le bâtiment, une belle forteresse médiévale, est superbe, mais a sans doute pâti d’un manque d’entretien au 19è siècle, si bien que plusieurs tours et une partie des remparts se sont effondrées suite à des tremblements de terre. Ce qu’il en reste n’est pas moins impressionnant et bien entretenu ; dans la première salle, on peut même admirer quelques carreaux décoratifs retrouvés lors des travaux.

Ca, c'est de la cheminée

Ca, c’est de la cheminée

Mais le musée en lui-même, me direz-vous ? C’est un paradis pour reconstituteur, rempli du sol au plafond d’objets et de détails précieux. Toute la partie napoléonienne (au sens large) est d’ailleurs sublime et vaut le voyage si cette époque vous intéresse un tant soit peu. L’Anglais était aux anges et moi-même j’ai adoré déchiffrer les bulletins de santé militaire ou guetter les petites choses “authentiques” que l’on ne soupçonnerait pas forcément (mention spéciale à la veste d’uniforme réversible campagne / revue).

Et encore, c'est à peu près rangé

Et encore, c’est à peu près rangé

Toutefois, on sent que c’est un musée constitué dans les années 1960, et que peu de choses ont bougé depuis. Outre la muséographie particulièrement datée – cartels écrits à la main ou tapés à la machine, parfois avec des fautes, pas de grand panneau retraçant clairement les étapes et évolutions de l’armée, déroulé parfaitement linéaire année après année – tout ceci fleure bon le patriotisme à l’ancienne, voire le colonialisme… Dans les salles sur la conquête de l’Afrique du Nord, j’avoue que je me suis sentie très mal à l’aise, et que nous sommes volontairement passés très vite.
Au final, c’est une excellente visite, qui fait bien deux heures, mais il faut avoir un tant soit peu d’intérêt pour l’histoire militaire et/ou l’épopée napoléonienne pour accrocher. J’ignore quelles sont les conditions de la vente (le collectionneur a-t-il exigé que son classement et ses cartels soient conservés ?), mais je pense que le musée gagnerait à repenser la présentation et l’organisation de ses collections.

Musée de l’Empéri, Salon-de-Provence (attention, c’est fermé à l’heure du déjeuner, même l’été et ils ne prennent pas encore la carte bleue)

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Bal Second Empire à Vienne

Je vous en ai parlé, j’ai soûlé mon entourage et mes amis Facebook avec ce sujet : mi-avril, l’Anglais et moi nous sommes rendus à Vienne pour participer à un bal en costumes d’époque (en l’occurrence, vous vous en doutez, en crinoline).
Après notre visite marathon du matin, nous avons passé deux bonnes heures à nous préparer. En ce qui me concerne, je me suis mal exprimée auprès de monsieur, si bien qu’il a beaucoup serré mon corset (j’avais donc la taille très fine et ma crinoline a glissé toute la soirée) et pas assez le corsage, de peur de casser les lacets (c’est déjà arrivé). J’ai ensuite supplié quelqu’un de m’aider à me coiffer, vu que j’ai deux mains gauches en la matière et, vers 17h, nous étions fin prêts dans nos tenues de parade.

Ceci est une partie du hall de l'hôtel.

Ceci est une partie du hall de l’hôtel

Après un parcours pour le moins remarqué dans le métro – nous étions pas loin de 80 – nous nous sommes tous retrouvés à Schwedenplatz pour… prendre une calèche. C’est donc sous le regard ébahi et les iPhone des touristes que nous patientons sagement, car nous sommes désormais une centaine, et il n’y a que quatre places par véhicule.
Il s’ensuit un petit moment “salut de la reine d’Angleterre” où nous défilons dans les rues en tenue en agitant la main en direction des badauds qui nous interpellent. Altesse royale n’est vraiment pas un métier de tout repos, c’est moi qui vous le dis !

Oui, malheureusement, la photo est floue. Mais avouez qu'on a la classe.

Oui, malheureusement, la photo est floue. Mais avouez qu’on a la classe.

Le bal avait lieu au Palais Ferstel, en plein cœur de la vieille ville, et dont le rez-de-chaussée abrite le Café Central. Le Palais a été édifié au début des années 1860, soit en plein dans la période que nous représentions.
Dans l’espèce de cour intérieure couverte, nous avons levé nos verres vin pétillant et dégusté un apéritif fort agréable. Passée cette première demi-heure de mise en jambe, nous avons gagné la salle de bal à proprement parler, sise au premier étage du bâtiment.

A la vôtre !

A la vôtre !

Puis la soirée, animée par un excellent sextuor (dont tous les membres avaient fait l’effort d’être costumés !), s’est déroulée sans le moindre anicroche, les danses de couples succédant aux quadrilles ou aux danses à figures. A deux reprises, nous avons fait une pause prolongée pour manger et boire – même que c’était délicieux.

Vue de la galerie (il manque un bon tiers de danseurs, à vue de nez)

Vue de la galerie (il manque un bon tiers de danseurs, à vue de nez)

J’en profite pour noter que, quelle que soit l’époque ou le lieu, l’uniforme a toujours la faveur de ces dames : grâce à sa belle tenue de hussard, monsieur n’a cessé d’être sollicité pour danser. Tandis que j’ai fait tapisserie (aussi parce que je ne connaissais pas toutes les danses) plus souvent que lui !
Enfin, je pense qu’il faudrait classer l’activité “passer aux toilettes en robe à crinoline et dessous d’époque” dans la catégorie des disciplines olympiques. Vous connaissez le sketch d’Elisabeth Buffet ? Ben c’est pareil, sans les talons mais avec la robe énorme dans une pièce trop petite…

Juste avant de rentrer en métro, emmitouflée dans la pelisse blanche de l’Anglais – ce qui me vaudra quelques compliments enthousiastes de noctambules viennois – nous prenons la pose pour un dernier cliché.
C’est des étoiles plein les yeux et les pieds en compote que nous regagnons l’hôtel, avec un souvenir émerveillé qui nous donne envie de poursuivre l’expérience. Prochaine étape à la Belle Epoque en juin.

Après le bal, on est décoiffés et un peu rouges...

Après le bal, on est décoiffés et un peu rouges…

Note : tous les clichés ont été pris par Gilles de Meurichy.

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Soirée Prohibition : les photos

Depuis le temps que j’en parle, voici enfin quelques photos de la soirée, en attendant un article plus détaillé de la part de Ioionette.
J’avais essayé de me faire des crans grâce à un tuto trouvé sur Youtube, mais… j’ai dû trop serrer les mèches, je me suis retrouvée avec des ondulations beaucoup trop serrées ! Du coup, j’ai fait comme j’ai pu, bidouillé un chignon et ajouté une plume de paon pour cacher la misère.

Blague à part, le tuto est compréhensible et assez simple, surtout quand, comme moi, on n’a pas de matériel. En revanche, je vous raconte pas le look anti-glamour en allant se coucher (l’Anglais m’a bien vannée, c’est un vrai tue-l’amour ce truc).

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L’Anglais nous a donc sorti sa plus belle tenue de golf (si vous avez lu Tintin, vous savez d’où vient son pantalon), tandis que j’ai exhibé une robe vintage trouvée sur Internet (tant qu’à faire…). On peut en profiter pour noter que les chaussures à talon étaient confinées dans l’entrée.

IMG_1942Point critique : si les chaussures sont pile dans l’esprit de l’époque, j’ai préféré jouer la sécurité en portant des collants. En outre, je me suis trompée au moment d’enfiler la robe, si bien que la ceinture est trop haute et, pour éviter les déchirures supplémentaires, j’ai préféré ne rien changer à la situation.
Et si vous trouvez que j’ai l’air compassé et coincé sur la photo, vous avez parfaitement raison ! J’ai en vain cherché le portrait d’une arrière-grand-tante qui traîne dans mes archives, mais impossible de remettre la main dessus, pourtant on avait un peu la même tête.

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Reconstitution historique – ma wishlist

Si vous me suivez un peu régulièrement, vous avez dû remarquer que je parle assez souvent d’un loisir un peu particulier : la reconstitution historique, que l’on appelle aussi parfois “histoire vivante”. Je ne vais pas vous faire un topo détaillé, parce que ce n’est pas le but de cet article mais, en gros, l’idée est de retrouver le mode de vie (et de pensée !) des gens à une époque donnée. La période la plus exploitée est certainement le moyen-âge, car la plus facile à aborder, mais on trouve des passionnés pour tout, de l’antiquité aux swinging 60s.
L’Anglais et moi avons fait pas mal de campements médiévaux et étions très motivés jusqu’à ce que monsieur se casse le bras (et que je tombe enceinte), ce qui fait que notre activité stagne pas mal depuis environ trois ans. Mais on ne désespère pas de reprendre !

Les trucs qui seraient nécessaires à court terme

  • Une crinoline et un jupon pour ma robe de bal. Sachant que nous avons un événement en avril et que j’ai la robe, mais rien pour la soutenir. Vu l’état de mes finances, je risque d’opter pour une crinoline “molle”, à savoir un jupon à cerceaux récupéré dans les boutiques de mariage de Barbès. Oui, je sais, c’est péché, mais bon.
  • Une robe pour la soirée Prohibition. Je l’ai (déjà déchirée, même que…), je vous mettrai des photos la semaine prochaine, je pense.

Les trucs dont j’ai envie, mais qui ne vont pas être envisageables tout de suite.

  • Un corps à baleines 18ème siècle. Oui, rien que ça. Emmanuelle Nuncq m’a donné une de ses robes pour nous permettre de dédicacer en tenue au Salon du Livre, ce qui m’amuse beaucoup, mais… mais c’est son corset à elle que j’ai, et j’ai quand même un chouïa plus de poitrine et de ventre (rapport au fait que j’ai eu un bébé).
  • Tant qu’à faire, pour la même robe, il me faudrait une jupe.
  • Ah, et pis des chaussures, aussi. Je fantasme depuis des années sur les modèle d’American Duchess, même si, un jour, je casserai ma tirelire pour m’offrir les souliers de NP Historical Shoes.
  • Une (voire deux…) nouvelle robe empire. J’en ai déjà deux, qui sont des robes de jour à manches courtes, mais j’en voudrais bien une à manches longues et une de bal (parce que je ne désespère pas de traîner l’Anglais à un bal sur ce thème vu qu’on a raté celui de l’an dernier pour cause de 7 mois et demi de grossesse).
  • Et puis une chemisette, vêtement que l’on porte sous la robe pour se tenir chaud au cou et aux bras.

Les trucs où, là, quand même, va falloir attendre.

  • Une tenue 15ème qui soit raccord avec celle de monsieur. En gros, l’Anglais est vêtu de soie brochée, pendant que moi j’ai une vulgaire robe en laine, ça ne va pas du tout !
  • Une robe de bal 18ème, parce que, bon, laissez-moi fantasmer.
  • Tout un tas d’accessoires invisibles mais essentiels : de nouvelles chemises, des coiffes, bas…
  • Une garde-robe Renaissance ! Laissez-moi fantasmer, j’ai dit.
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France 1500

Dimanche, grâce à l’heureuse initiative de C.euh, nous avons pu visiter l’exposition France 1500 (au Grand Palais) et profiter de ses talents de guide conférencière. Cette exposition est ce que l’on appelle une exposition “scientifique”, qui permet de confronter les oeuvres entre elles (une bonne partie vient de diverses villes des Etats-Unis, de Londres ou d’Allemagne) et de faire avancer la recherche en histoire de l’art.
Le but de l’exposition est de présenter un panorama de la vie artistique en France au tournant du XVIème siècle, juste avant ce que l’on nomme la Renaissance, et surtout de démontrer que, malgré quelques croyances solidement établies, la renaissance artistique et culturelle française n’est pas sortie d’un chapeau italien en 1515 quand François Ier a remporté la bataille de Marignan.

Nous commençons par l’apparition d’une grande nouveauté artistique : l’autoportrait, et notamment celui du peintre Jean Fouquet, qui s’est représenté sur un retable (dont il ne reste qu’un médaillon émaillé). Puis l’exposition déroule la création artistique autour de plusieurs thèmes : les grands mécènes (la famille royale, les Bourbon…), les centres régionaux… Au fur et à mesure, l’image d’une France artistique non pas centrée sur le roi ou sur Paris, mais rayonnant de nombreux foyers différents et originaux émerge.
De toutes ces créations émane à la fois l’influence du nord (Pays-Bas, notamment) et du sud (Italie et ses multiples cités), les spécificités régionales (technique de l’émail à Limoges) et les traits caractéristiques de l’art français (architecture gothique flamboyante, tapisseries millefleurs…). Ainsi se forge la conviction que la Renaissance n’est pas un rejet en bloc du Moyen-âge, mais bien une continuité naturelle, en germe dès la fin du XVème siècle, et dont François Ier (entre autres) cueillera les fruits pour devenir le souverain par excellence de cette période.

L’autre grande force de cette exposition est qu’elle ne se cantonne pas à un ou deux arts “majeurs”, mais offre une vision globale de la création artistique sous toutes ses formes. Ainsi que l’a très justement rappelé C.euh, si le peintre est au coeur de la création, car de lui rayonnent tous les autres arts (par les cartons pour les tapisseries, les modèles pour l’architecture), il ne peut exister sans les autres artistes qui font vivre ses idées sur différents supports. Ainsi, outre la peinture et la sculpture, sans doute les deux arts les plus admirés, on peut admirer des émaux, tapisseries, objets d’art, meubles, pièces d’orfèvrerie… Un vrai régal, et l’impression, à la sortie, de mieux saisir l’essence de l’art français à la charnière du Moyen-âge et de la Renaissance.

 

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Fêtes du roi de l’oiseau 2010

Oui, je sais, j’ai atteint un nouveau seuil dans le silence radio. Mais je ne sais pas, en ce moment, j’estime ne rien avoir à raconter, je suis crevée, et je ne vais quand même pas poster les résultats de la séance photo Lapin crétin (Ook, si tu passes par là, je peux les mettre en ligne ?).
MAIS. Heureusement pour vous, bande de veinards, ce week-end l’Anglais et moi sommes allés pour la troisième année consécutive aux fêtes renaissance du Puy-en-Velay et, y’a pas à dire, c’est toujours aussi bien.

Si vous avez suivi un peu ce blog, vous n’aurez pas manqué de remarquer avec perspicacité (je suis en veine de rime) que les années passées nous avions dormi chez la mère du Guitariste. (Pour ceux d’entre vous qui auraient raté ça, je vous invite à aller voir ici et .) Cette fois-ci, nous avions décidé de nous prendre en charge tout seuls, et de louer une chambre d’hôtel en ville. On a un peu douillé, mais l’Anglais a pu boire autant qu’il a voulu, vu qu’il n’y avait pas de trajet en voiture à faire pour rentrer dormir.

Arrivés jeudi soir tard, nous avons attaqué les hostilités dès le vendredi matin. Et là, c’était un peu… vide : le temps était gris, il manquait des exposants sur le marché, les campements s’éveillaient à peine… et, il faut bien le reconnaître, nous étions morts. Après une promenade sur les hauteurs de la ville qui nous a permis de découvrir la Place du For (en rénovation les années passées) et l’arrière de la cathédrale, et une étape à la Taverne des Trois Contrées qui n’allait pas tarder à devenir notre QG du week-end, l’Anglais est parti faire la sieste, tandis que d’autres devoir m’appelaient.
Car oui, cette année, on m’a demandé de donner un coup de main sur un stand, ce dont j’étais ravie. Pourquoi cela ? me direz-vous. Quel intérêt d’aller bosser deux après-midis supplémentaires alors qu’on est censé être en week-end ? Tout simplement parce que l’ambiance est dépaysante, et qu’au moins, cela signifiait que je ne dépenserais pas d’argent pendant ce temps-là ! Au final, c’était vraiment épuisant, mais je me suis bien amusée, et puis mes patrons étaient loin d’être pénibles (les clients parfois un peu plus, reconnaissons-le). A son réveil, l’Anglais a assisté à une conférence sur les pastelliers et fait quelques rencontres.

En fait, le principal attrait du Puy réside dans les soirées. L’ambiance est partout dans la vieille ville : les musiciens déambulent de place en place,  les tavernes se multiplient, les gens se prennent au jeu… S’il y a, comme partout, des groupes plus avinés que d’autres, il y a aussi une véritable fête, qui souvent se prolonge jusqu’au petit matin pour les plus téméraires. Ce n’était pas notre cas, surtout à moi qui étais morte de fatigue, tant et si bien que nous n’avons veillé que jusqu’à minuit les deux soirs. J’ai même fait une croix sur le bal renaissance, c’est dire !

Le samedi, alors que je retournais à mes costumes, l’Anglais a été recruté par hasard pour donner un coup de main sur un autre stand, qui avait perdu un de ses vendeurs… avant de venir m’aider à mon tour. Au final, notre week-end fut productif et bien employé. Ce qui n’était pas plus mal car, de tous les amis que nous devions croiser sur place, une seule était là, que nous n’avons jamais vue !

Que serait une fête historique sans shopping, je vous demande un peu ? Sans vouloir nous vanter, nous avons été assez raisonnables (en même temps, après l’hôtel, il ne nous restait plus grand-chose). Toujours est-il que nous sommes repartis (encore) avec des verres historiques, avec du jambon de sanglier (ça, c’est traditionnel, on en rapporte tous les ans), de l’hypocras (oh ben ça alors), quelques accessoires aussi inutiles qu’indispensables (des ferrets ouvragés, des dés en os…). De son côté, l’Anglais est reparti avec un magnifique chapeau (customisé par nos soins) réalisé par Cylmélisse de Capelada, et moi avec une veste renaissance à crevées, parfaite pour supporter la fraîcheur des soirées au Puy.

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