Le quizz des autres possibles

A mon tour de reprendre à mon compte ce questionnaire d’Armalite. Intéressant à plein de titres, car je me demande si j’aurais vraiment orienté ma vie de cette façon. Vous pouvez également retrouver les participations de Shermane, titite et Isabelle.

Le prénom que vous auriez voulu porter: Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’adore mon prénom, et n’en ai jamais désiré d’autre. Ce n’est pas forcément mon prénom préféré (qui est certainement celui que j’ai donné à ma fille), mais on s’en rapproche.
L’époque à laquelle vous auriez aimé naître: Là, comme ça, je pourrais en citer plein : l’Antiquité romaine, le 13ème siècle, la Renaissance, le Second Empire… mais au sein d’une classe de la société assez aisée pour ne pas mourir de faim / froid au premier coup de vent. Sauf que c’est de la théorie : en tant que femme, issue d’un mariage mixte, je n’aurais que peu de poids dans la société. Et puis vivre à une époque où on peut mourir d’un rhume mal soigné, sans antibiotiques ni vaccins, très peu pour moi. Oui, parce que, j’ai calculé, j’aurais pu perdre mes enfants au moins une fois chacun s’ils étaient nés ailleurs et/ou à une autre époque.
L’endroit où vous auriez aimé vivre: Kyôto ou Sotckholm.
Le métier que vous vouliez faire quand vous étiez petit(e): Horticultrice (ne me demandez pas, moi-même j’essaie de comprendre), archéologue, hôtesse de l’air. Et romancière, lol.
Le métier que vous aimeriez faire si vous aviez une deuxième vie d’adulte: Médecin, probablement spécialisée dans les maladies infectieuses et tropicales. Ce qui est mal barré vu que je suis d’une nullité crasse en sciences.
Le talent artistique que vous auriez aimé posséder: Savoir composer de la musique ou écrire de la poésie. Ce sont deux formes d’expression qui me fascinent mais que je suis incapable de concevoir.
Le sport dans lequel vous auriez aimé exceller: L’équitation. J’ai un peu pratiqué, mais pas assez longtemps pour avoir un niveau satisfaisant. Aujourd’hui, je dois savoir préparer et seller un cheval, et monter sans me faire mal, mais c’est le bout du monde.
La qualité que vous regrettez de ne pas avoir: Le bon esprit. Non seulement j’ai un côté langue de vipère qui s’assume plus ou moins, mais en plus je me vexe facilement. Y’a des jours où je me fatigue.
Le défaut dont vous vous débarrasseriez volontiers d’un claquement de doigts: Mon impatience. J’aimerais que tout soit fait pour hier, en trois exemplaires par la voie hiérarchique, et les chaussettes dans le tiroir de gauche, merci, bisous.
Ce que vous changeriez le plus volontiers dans votre physique: Bonne question… Je dirais bien mes cuisses, que je trouve trop replètes et mollassonnes, mais j’ai globalement fait la paix avec mon corps (j’entends l’Anglais qui se marre). Bien sûr, je pourrais toujours être plus ceci ou moins cela, mais je pense que j’ai cessé de me focaliser dessus.
Le super-pouvoir que vous rêveriez de vous découvrir: Quand on me pose cette question, je repense invariablement à cette note de Boulet, sur les inconvénients des super-pouvoirs, et que je trouve extrêmement pertinente. En vrai, je n’en ai aucune idée, ça me passe au-dessus.

Le truc auquel vous avez renoncé à regret: Retourner vivre au Japon à une époque de ma vie. Je ne dis pas que la porte est totalement fermée, mais ce n’est clairement plus la priorité, pour plein de raisons différentes.

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En guise d’introduction

Ca ne vous aura pas échappé, je n’ai pas publié de bilan ces deux dernières semaines. En cause, la grippe qui m’est tombé dessus pour la première fois depuis 20 ans (et que j’ai bien senti passer…), puis la fatigue.
Car ce que je retiens de 2017, c’est l’épuisement. Ce fut une année riche, mais éreintante, qui m’a laissée complètement sur les rotules. Il y a eu des moments absolument géniaux – la naissance du Paprika, l’entrée de la Crevette à l’école et sa prise d’autonomie toujours croissante, notre week-end à Budapest… – mais globalement, j’ai eu l’impression d’une longue course d’obstacles qui m’a laissée très peu disponible physiquement et psychiquement.

Alors si je devais souhaiter quelque chose pour 2018, ce serait, à défaut de repos – j’ai deux enfants en bas âge, je n’entretiens guère d’illusion sur ce sujet – une forme d’apaisement, de sérénité. J’aimerais pouvoir faire preuve de davantage d’écoute et de bienveillance, aussi bien à l’égard des autres que de moi-même. Je vais éviter de me mettre la pression et je n’y penserai certainement pas tous les jours, mais c’est un but que j’estime bénéfique.

D’ici là, je vous souhaite une belle année 2018 pleine de bonheur(s).

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Pomdepin’s Christmas Tag

Allez, on est le 1er décembre, on peut officiellement lancer les hostilités de fin d’année. Je repique donc le tag de Noël créé par Pomdepin. Bonne lecture, et n’hésitez pas à le reprendre à votre compte.

Votre tradition de Noël préférée ?
Je suis naturellement réfractaire à Noël, pendant longtemps c’était la pire période de l’année. Mais depuis la naissance de la Crevette, on a pris l’habitude d’aller acheter quelques décorations (très) chères, (très) belles et (parfois) kitsch au Bon Marché, et c’est resté. C’est même devenu une sortie rituelle (à laquelle je n’ai pas pu participer cette année parce que le Paprika avait une bronchiolite).

Vrai ou faux sapin ?
Si ça ne tenait qu’à moi, ce serait un faux (mais un beau et grand), mais l’Anglais a une préférence pour les vrais (on voit bien que c’est pas lui qui passe l’aspirateur). Je reconnais que ça sent meilleur que le plastique.

Votre film de Noël préféré ?
Love actually, forcément. Avec Monsieur, on le regarde tous les ans, on connaît les répliques par coeur et on se marre toujours aux mêmes blagues. Je crois que c’est le film de notre couple.

Votre chanson de Noël préférée ?
Christmas time (don’t let the bells end), de The Darkness, depuis bientôt 15 ans. Je ne me lasserai jamais de ce clip délirant à base de pantalons moulants et de guirlande de Noël en guise de sangle de guitare.
Depuis quelques années, cette chanson est talonnée de très près par The season’s upon us des Dropkick Murphys.

Votre gourmandise de Noël préférée ?
Le foie gras. Quoi, c’est une gourmandise, non ? J’ai horreur de la bûche (à la rigueur ça passe glacée), des marrons glacés et des orangettes. A Noël, je suis définitivement un bec salé.

Le meilleur cadeau que vous ayez jamais reçu ?
Une voiture télécommandée. Un modèle de sport rouge, qui a eu beaucoup de succès auprès de mes cousins.

Et le pire ?
Un ensemble jupe et pull informes en maille grise et argentée. J’avoue n’avoir pas compris ce qui était passé dans la tête de ma mère quand elle l’a choisi, car même si nous n’avons pas les mêmes goûts, elle trouve généralement des choses mettables. La chose a fini par moisir au fond d’un placard et par disparaître lors d’une braderie.

Le meilleur cadeau que vous ayez fait ?
En général, je fais mouche aux anniversaires plutôt qu’à Noël, demandez à l’Anglais.

Et le pire, celui où vous avez fait un flop complet ?
Des photophores + bougies vertes et rouges pour ma première belle-mère. Mon père s’était empressé d’acheter deux CD de jazz et de faire disparaître les objets incriminés. Mais comme la substitution a eu lieu avant même la remise des cadeaux, je me demande si ça rentre dans la catégorie…
Sinon, un bricolage de Noël quelconque qui n’a pas dû faire mouche auprès de mon paternel, mais je n’ai pas d’exemple en tête.

L’endroit rêvé pour passer Noël ?
J’aimerais volontiers le fêter à Vienne, ambiance neige dans les jardins de Schönbrunn, Casse-Noisette, chocolat chaud, petits gâteaux et valse. Je délire complètement, on est d’accord.

Un souvenir d’enfance de Noël ?
L’année où ma grand-mère a commandé un dessert improbable, constitué d’éclairs au chocolat et au café empilés et avec des formes bizarres. Tout le monde était abasourdi, sauf moi, qui étais aux anges : l’éclair au chocolat est ma pâtisserie préférée de tous les temps.

Les cadeaux, le 24 ou le 25 ?
Ma famille est de l’école du 24, celle de l’Anglais du 25. L’avantage, c’est qu’on ne se prend jamais la tête pour savoir avec qui on va passer Noël et quand.

Un mot (et un seul) pour décrire Noël ?
Indigestion.

Un vœu pour ce Noël ?
Que cette période soit aussi sereine (et dépourvue de microbes) que possible ! Et qu’on mange bien.

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Gratitude

Le week-end ne s’est pas franchement déroulé comme prévu. Alors que j’escomptais quelques moments tranquilles, une petite balade en ville et une soirée entre filles, nous avons atterri aux urgences pour cause de bronchiolite du Paprika. Celui-ci a d’ailleurs mis un point d’honneur à nous faire tourner en bourriques, puisque les deux premières fois, il était assez en forme pour rentrer à la maison (il a fini par rentrer mardi midi).
Du coup, au milieu de ce bouleversement totalement impromptu, je voulais remercier les personnes de mon entourage qui nous ont aidés pendant ces quelques jours assez intenses.


  • Ma mère, qui a débarqué dimanche matin pour s’occuper de la Crevette afin que l’Anglais me rejoigne à l’hôpital (et m’apporte une brosse à dents et une culotte de rechange). Et en plus elle a préparé un méga pot-au-feu, une de mes comfort foods préférées.
  • Ma belle-sœur, qui n’a pas hésité à sauter dans un train lundi pour nous permettre de nous concentrer sur le Paprika, m’a aidée à rentrer à la maison avec tout mon barda et m’a permis de récupérer en me laissant siester deux jours d’affilée.
  • Ma copine Cha – elle-même hospitalisée – avec qui j’échangeais des mises à jour régulières, et qui est sortie peu avant nous.
  • Isa, qui a pris des nouvelles tout au long du week-end, forte de son expertise sur la bronchiolite.
  • L., qui a bien voulu laisser son petit bout et venir me soutenir moralement – et qui m’a même nourrie, m’apportant un délicieux sandwich et un non moins délicieux dessert.
  • Ma sœur, qui s’est régulièrement renseignée sur l’état du Paprika, et m’a consolée d’avoir raté la soirée entre filles en m’expliquant que je n’avais pas raté grand-chose 😀
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Dix ans

A l’invitation d’Elanor, qui célèbre les 10 ans de son blog, j’ai fait la liste des dix choses survenues depuis 2007 qui font que je ne suis plus tout à fait la même aujourd’hui.

  • J’ai rencontré l’Anglais – il y a 10 ans, justement – on s’est mariés et on a fait deux enfants. Ca change beaucoup de choses.
  • Je suis entrée sur le marché du travail et, après bien des tergiversations, je me suis réorientée vers la traduction littéraire, métier dans lequel je m’épanouis beaucoup plus.
  • J’ai abandonné l’idée de faire une thèse pour ne surtout pas me confronter au marché du travail. Plus généralement, même si la recherche avait quelque chose d’attirant, je pense qu’il vaut mieux pour moi y avoir renoncé.
  • J’ai ouvert ce blog ! Et j’ai fait plein de jolies rencontres d’abord virtuelles puis (souvent) réelles.
  • Je n’ai finalement pas refait mes valises pour m’installer à l’étranger. Ce n’est pas forcément définitif, mais cela va clairement à l’encontre de ce que j’imaginais plus jeune.
  • J’ai écrit des romans, que j’ai même réussi à faire publier. Bon, le mécanisme s’est un peu enrayé mais je ne désespère pas de m’y remettre un jour.
  • Je me suis lancée une bonne fois pour toutes dans la reconstitution historique, ce qui me faisait envie depuis des années.
  • Je me suis mise à manger du fromage pour de bon. Et autre chose que l’emmental sous vide.
  • J’ai fini par trouver mon style vestimentaire, et à oser porter de plus en plus de robes. (Enfin, “oser”… après mon premier accouchement, je n’ai porté quasiment que ça pendant un an.)
  • J’ai découvert le sport, et je n’en suis pas morte.
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Ici et maintenant

Je n’ai aucune originalité, je reprends la structure du post d’Armalite (et de Shermane, du coup), pour faire un rapide topo de mon état actuel.

La dernière fois que vous avez ri aux éclats : certainement en faisant une blague avec l’Anglais, mais je ne sais plus exactement quand ni à quel sujet.
La dernière fois que vous avez pleuré : chez mon psy, vendredi dernier, après une séance (et une nuit) épuisante nerveusement.
Le dernier rêve dont vous vous souvenez : mon psy (encore elle) me disait qu’il ne fallait pas inscrire la Crevette à la danse parce que c’était moi qui avais toujours rêvé d’en faire, pas elle. Hum.
Votre livre du moment : Un peu L’Assommoir de Zola (j’aime Zola d’amour, je l’ai déjà dit ?), un peu les œuvres complètes de Louise Labé (poétesse du 16ème siècle). Ouais, ça a l’air très sérieux, mais gardez en mémoire que je lis par tranches de 5-10 minutes.
Votre dernière série télé coup de cœur : Peaky Blinders est une de celles qui me plaisent le plus ces dernières années, j’attends la saison 4 avec impatience. Je suis toujours aussi fan de Broadchurch et j’ai hâte que France 2 diffuse la suite de Dix pour cent.
 
La dernière fois que vous avez fait un truc avec un ou des ami(e)s : dimanche, quand Florine est venue boire un thé et causer tatouage(s).
La dernière fois que vous avez fait un truc rien que pour vous : hmmm, rien que pour moi toute seule ou avec le Paprika ? Dans le premier cas, aller à l’opéra, dans le second, prendre le thé avec Shermane la semaine dernière.
L’achat déraisonnable sur lequel vous fantasmez un max : une garde-robe historique complète, de l’Antiquité à nos jours. Ou juste une tournure de bal. Oh, et ce sublime manteau qui coûte un rein (mais cette couleur !).
Votre dernière chouette découverte sur Internet : Je ne suis pas du tout du genre à dénicher les tendances sur Internet, bien au contraire, je débarque après tout le monde. Hmm… me rendre compte que je sais enfin utiliser les stories Instagram ?
Une décision qui vous fait hésiter : calva dans le biberon ou pas ?
Le ou les trucs personnels qui vous préoccupent le plus : Le versement de mes indemnités maternité, qui devrait tomber – si tout va bien – d’ici trois semaines (mon congé maternité court jusqu’à mi-décembre, la bonne blague), la hausse des cotisations Ircec que je trouve affolante, les nuits hachées du Paprika que je soudoierais bien pour qu’il dorme.
Le truc ou les trucs de l’actualité qui vous préoccupent le plus : la montée de l’extrême-droite en Pologne, dont personne ne parle ou presque.
Le ou les trucs personnels qui vous réjouissent le plus : l’arrivée du Paprika, la réaction ultra positive de la Crevette malgré des tensions et frictions inévitables, savoir que l’Anglais s’épanouit dans sa formation, ne subir qu’un modeste baby-blues intermittent au lieu de l’atroce dépression post-partum d’il y a trois ans.
Le ou les trucs de l’actualité qui vous réjouissent le plus : on ne parle pas trop de trucs réjouissants dans les journaux, malheureusement. Je sais que je m’efforce de relever les “bonnes” nouvelles, mais aucune ne me vient spontanément, soit manque de concentration, soit manque d’impact au milieu de toutes les actualités déprimantes / sordides / préoccupantes.
Comment vous encaissez la bascule vers la mauvaise saison ? : Je dirais bien “en ne sortant pas de sous la couette et en buvant du chocolat chaud avec un bon livre”, mais cette proposition ne tient pas compte du fait que j’ai deux enfants. On va dire en montant le chauffage, en remettant un pull et en buvant des litres de thé et de soupe.
Votre prochaine escapade – où et quand ? : n’importe où, dès que possible. Plus sérieusement, on vise le Canada en famille l’été prochain et les Vosges toujours en famille à Noël.
Des projets pour ce week-end ? : Le marché de l’histoire de Compiègne, pour dépenser les sous qu’on n’a pas.
Une note de satisfaction globale sur 10 : 7/10. Ca ira mieux quand le Paprika fera ses nuits dans son lit, dans sa chambre.
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#balancetonporc

Depuis quelques jours, on a vu fleurir ce hashtag sur Twitter, et d’innombrables femmes ont raconté leurs mésaventures face au harcèlement et à la culture du viol. Une déferlante.
Dès que j’ai vu passer cet appel, divers épisodes me sont revenus en mémoire, sans que j’aie besoin de me forcer. Alors je raconte à mon tour.

En primaire, je pratique le judo, c’est un des rares sports qui me plaît. J’abandonne à la fin du CM1, parce que, seule fille dans un cours de 8 ou 10 enfants, les garçons s’ingénient à ouvrir mon kimono (et je suis révoltée à l’idée de porter un tee-shirt en dessous, contrairement à eux, d’autant que j’ai zéro poitrine). Le prof n’a jamais rien vu/dit.

Je suis en 5ème. Le prof de sport, pas très loin de l’âge de la retraite, a une sale réputation, que j’ai du mal à comprendre (j’ai 11 ans et je suis franchement naïve). En effet, ce type débarque dans les vestiaires des filles systématiquement au mauvais moment. Lors d’un cours, pour m’aider à franchir un obstacle, il me pousse les fesses. Devinez qui les autres filles ont regardé de travers ? Indice pour vous chez vous : il n’avait pas pénis.

Toujours en 5ème. Un garçon profite du cours de sport pour me mettre une main aux fesses (oui, encore). Devinez qui on a regardé de travers ? (Oui, encore)

Vers 2009, je marche dans la rue quand un type me fait remarquer que j’ai les tétons qui pointent avec un regard salace (il fait froid, ce jour-là).

En 2011-2012, un de mes collègues prend un malin plaisir à se placer derrière moi pour vérifier des choses que je lui montre sur mon écran d’ordinateur. Je précise que je suis dos à la fenêtre avec peu de recul et que cela lui permet d’avoir une vue plongeante sur mon décolleté, alors que je tourne mon écran pour lui permettre de voir de côté. Ce type est notoirement connu dans les bureaux (au moins parmi les femmes) pour ce genre d’attitude et ses propos limites (“T’as mis une robe, tu sors ce soir ?”), mais visiblement tout le monde s’en fout, à commencer par mes patrons.

Vers la même époque, je porte des collants imprimés “drapeau américain”, une jambe à rayures rouges et blanches, une bleue semée d’étoiles blanches (j’ai le droit d’avoir des goûts douteux, j’assume). Deux types derrière moi ne se privent pas de commenter dans une langue étrangère que je ne parle pas (mais bizarrement “America”, ça se prononce pareil dans toutes les langues), et il est clair que ce n’est pas flatteur.

Je passe sur toutes les fois où je passe devant deux terrasses de bistro entre chez moi et ma gare (longueur du trajet : 50 mètres) et où je vérifie toujours que ma jupe est assez longue / mon manteau bien fermé / mon gilet mis même quand il fait 35° tellement j’ai pas envie d’être scrutée comme un morceau de viande. C’est d’ailleurs un des rares points positifs à ma grossesse : avec mon bide énorme et mes jambes gonflées d’eau, je me suis sentie davantage “protégée”, un comble.

Ce n’est qu’un rapide aperçu, avec les scènes les plus marquantes. En en discutant avec l’Anglais, certaines me sont revenues en mémoire, d’autres m’ont été rappelées par lui.
Le pire, c’est que je m’estime heureuse : je n’ai jamais été “réellement” agressée, je n’ai subi “que” de petites humiliations. J’ai réussi à remettre à sa place mon collègue envahissant en lui balançant des piques sur sa virilité (et puis j’ai perdu le goût de la nouveauté). Mais il est évident que, comme beaucoup (toutes ?) de femmes, j’ai intériorisé cette peur, ces injonctions à être belle-mais-pas-trop.

Aujourd’hui, j’avoue que j’ai la trouille. Pour ma fille, à laquelle il va bientôt falloir expliquer que, non, les garçons n’ont pas le droit de regarder sous sa jupe à l’école (en petite section, le problème est réglé, l’école demande des pantalons parce que c’est plus pratique pour les Atsem), que ce n’est pas normal. Pour mon fils, qu’il faudra éduquer au respect (et je pense que ce sera peut-être encore plus difficile compte tenu du discours ambiant).

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J’ai testé pour vous : avoir la gale

Début juillet, je me suis mise à avoir des démangeaisons aux pieds, selon moi à cause d’une mycose persistante. Après un premier diagnostic (erroné) de mon médecin traitant qui a cru à un herpès (miam), il s’est avéré que je cumulais une mycose et un champignon. Au moment de commencer le traitement, j’ai rappelé mon dermato en lui disant que mes mains commençaient à me démanger également, à quoi elle m’a répondu que c’était très certainement une réaction au traitement (ça arrive souvent) et qu’il ne fallait pas m’inquiéter.

Idées reçues

Image tirée du site “J’ai pas la gale”, généreusement sponsorisé par les laboratoires MSD

Dix jours plus tard, ça me gratte toujours autant sur les pieds que sur les mains, au point parfois de me réveiller la nuit et me faire des marques (j’avais beau gratter au sang, ça démangeait encore). Retour chez le dermato et, cette fois, le diagnostic tombe : c’est sans doute la gale.
Sans doute ? Oui parce que comme je suis “très propre” (je cite le médecin), il n’a pas été possible d’observer de parasites sur ma peau, mais je correspondais à tous les autres symptômes.

Comment j’ai attrapé ça ? Mystère et boule de gomme. Dans mon cas, le plus probable était une contamination par l’intermédiaire de la Crevette (contact peau à peau prolongé) ou de l’Anglais, mais ni l’un ni l’autre n’avait de symptôme.

Mais c’est une maladie de gens sales ! En fait, pas tant que ça, semble-t-il. Il y a de fortes résurgences depuis quelques années, notamment, me disait la dermato, parce qu’à une époque le traitement n’était plus remboursé. Je me demande si le stigmate attaché à cette maladie n’est pas aussi le fait des campagnes hygiénistes de la première moitié du 20ème siècle.

Comment ça se traite ? Monsieur est un petit chanceux, il a eu droit aux comprimés. Mademoiselle et moi avons en revanche dû nous badigeonner intégralement de crème insecticide. Quand je dis intégralement, c’est vraiment partout, jusqu’à la racine des cheveux et entre les orteils. La crème ne sent heureusement pas trop fort, mais elle est très grasse, et il faut la porter au moins 8 heures (donc s’enduire au coucher), c’est merveilleux.
Ensuite, il faut traiter l’environnement : passer le linge des 8 derniers jours à 60°, de même que le linge de lit et de toilette, asperger les matelas et canapés de bombe insecticide, passer un grand coup d’aspirateur.
Et… rebelote dix jours plus tard.

Et au final ? Très sincèrement, si j’avais attrapé ça il y a un an ou avant, j’aurais certainement flippé / pété un plomb / fait une crise. Après l’épisode des punaises de lit, néanmoins, je me suis trouvée remarquablement zen. Ma première réaction quand le médecin m’a détaillé le traitement a été “Ah bah ça va être rapide, au moins”, et à la fin j’en ai fait des blagues.
Un seul bémol : comme beaucoup de gens, j’ai fait une réaction après la deuxième application du produit, alors même que les parasites étaient morts (je me suis gratté les bras pendant 48h). Il paraît que c’est normal et fréquent (mais pour le coup, on devient un peu parano).

Je m’en serais volontiers passée, mais puisque ce fut rapide à régler et circonscrit, je n’ai pas trop eu le temps de cogiter (et puis quel soulagement de ne plus se gratter). Tout est bien qui finit bien !

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Vente de costumes de l’Opéra de Paris

Début mai, en tant qu’abonnée de l’Opéra, j’avais été avertie d’une prochaine vente de costumes et m’étais jetée sur les billets d’entrée à l’heure de leur mise en vente (donc oui, j’ai payé 10 euros pour avoir l’immense privilège d’acheter quelque chose – chut).

Samedi, après une traversée de Paris un peu longue – la vente avait lieu aux Ateliers Berthier, près de la porte de Clichy – me voici dans la queue. J’ai une entrée à 10h, soit la première de la journée et, une vingtaine de minutes avant l’ouverture, nous patientons sagement en rang d’oignon.
A l’heure dite, les portes s’ouvrent, et je peux pénétrer dans le saint des saints le hangar. Les lieux sont vastes, les costumes sont là, sur cintres, rangés par oeuvre (“Rigoletto”, “La flûte enchantée”, “La Belle au bois dormant”…), bien qu’en différents endroits, sans doute pour faciliter la circulation des visiteurs. Les prix sont très variés, de 2€ à 850€. L’espace permet à tout le monde d’évoluer sans se marcher dessus (gros point positif, j’avais peur que ce soit la cohue, et pas du tout).

Alors, qui vient ? Beaucoup de professionnels, à vue de nez, qui regarnissent leurs placards en vue des prochaines saisons (pas mal de théâtres parisiens à vue de nez). Des collectionneurs, des passionnés, qui cherchent à acquérir un petit bout d’histoire de l’opéra (certains costumes ont été portés par des chanteurs ou des danseurs célèbres). J’ai aperçu également quelques reconstituteurs, et il devait y avoir aussi des amateurs à la recherche une tenue pour un bal / un événement, qui soit de bonne facture et pas trop onéreux.

Détail de plis canon sur une robe Renaissance

Au final, j’ai été très sage. Non que je n’ai pas été tentée (une pelisse Premier Empire de Tosca et une robe Renaissance d’une vieille production de Rigoletto m’ont fait de l’œil…), mais je suis devenue très exigeante avec le temps. Si les coupes étaient correctes, le tissu / les ajustements pour la scène / les systèmes de fermeture étaient trop modernes à mon goût. J’avoue, j’aurais pu craquer sur la robe Renaissance en vue d’un bal, si celle-ci n’avait pas été aussi chère !
J’ai été un poil déçue parce que j’aurais souhaité davantage d’accessoires (dessous, coiffes…) mais ceux-ci étaient vendus avec leur costume attitré.

La fameuse pelisse, super bien coupée mais pas dans le bon tissu

J’ai tout de même trouvé le moyen de faire de mini emplettes : un tablier gris moiré orné d’un galon pour la Crevette (qui lui servira de cape pendant quelques années), un noeud de cravate dans les mêmes teintes pour Monsieur, si un jour il se décide à faire du civil 19ème, et un chapeau en feutre style années 30 pour moi. En tout et pour tout, j’ai dépensé la somme colossale de… 14€.
Dernier point positif : en partant, nous avions la possibilité de nous faire photographier dans une tenue de l’opéra, prêtée ou achetée. Je me suis donc fait tirer le portrait dans une tenue d’inspiration Renaissance et ai reçu le cliché par SMS et par mail dans la foulée.

Quand même, Scarpia !

Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas un instant cette visite qui m’a fait beaucoup de bien, m’a permis de littéralement toucher du doigt la magie de l’opéra et m’a offert deux heures dépaysement absolu un matin gris de juin. Vivement la prochaine occasion !

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Envies de mai

  • Préparer un peu mon séjour à Rome, même si ça va être épouvantablement frustrant (deux jours et demi, je vais pleurer des larmes de sang devant tous les trucs que je ne pourrai pas faire).
  • Faire une razzia chez Ikea. On a prévu d’aller (enfin !) acheter ce nouveau canapé, mais je me sens des envies de refaire tout l’appartement.
  • Trouver une idée géniale pour l’anniversaire de ma sœur.
  • Faire une liste d’idées pour mon propre anniversaire.
  • Eponger mon retard de travail.
  • Voir toutes les copines que je n’ai pas eu le temps de voir ces dernières semaines pour cause de boulot (oui, encore).
  • Faire au moins une expo (il y en a trop qui me tentent).
  • Essayer de faire baisser ma PAL (ah, ah, ah, genre). A défaut, continuer à lire, ça m’avait manqué.
  • Dormir.
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