Voyage en Crète #4 – Phaistos et Kommos

Cette fois-ci, nous quittons la côte pour nous enfoncer dans les terres, et traverser jusqu’à la mer de Libye, au sud.
Phaistos est le second palais minoen le plus important de l’île, après celui de Cnossos. D’après la légende, il aurait été construit par Rhadamanthe, frère de Minos (et moi je dis : Eaque s’est fait carotter au partage).

L'aire du théâtre, avec l'escalier monumental au fond

L’aire du théâtre, avec l’escalier monumental au fond

Le site domine la plaine de la Messara et offre une vue imprenable sur le mont Ida, où fut élevé Zeus. Bien conservé et à l’écart des grandes déferlantes de touristes, c’est un endroit très agréable à visiter.

Le mont Ida (aujourd'hui Psiloritis)

Le mont Ida (aujourd’hui Psiloritis)

Si le palais n’était apparemment pas orné de fresques, à l’inverse de Cnossos, il est très bien conservé, notamment les escaliers et l’aire “du théâtre” avec son chemin processionnel. En outre, les fouilles ont livré le célèbre disque de Phaistos, un document en terre qui a cuit dans un incendie, et qui offre un merveilleux exemple de linéaire A, l’écriture (indéchiffrée à ce jour) des Minoens.

La cour à péristyle

La cour à péristyle

Après cela, nous avons décidé de pousser jusqu’à la côte, à moins de dix kilomètres. Plutôt que d’aller à Matala, réputée pour avoir accueilli des communautés hippies dans les années 60 (Cat Stevens aurait séjourné dans l’une des grottes du littoral), mais semble-t-il passablement bétonnée à présent, nous avons jeté notre dévolu sur Kommos.

Carte postale...

Carte postale…

La plage de Kommos est considérée comme l’une des mieux préservées de la zone – à juste titre – et offre une particularité intéressante : on peut déceler les vestiges de l’ancien port minoen du même nom, qui servait de point d’accès à la mer pour… Phaistos.

Fin de journée

Fin de journée

La descente est abrupte, et nous avons préféré laisser la voiture en hauteur et finir à pied. Le paysage est à couper le souffle, avec cette baie encaissée entre des falaises, cette mer bleue tirant sur le turquoise et le soleil qui scintille.
Quant à l’eau, elle est parfaite : température méditerranéenne et rouleaux comme au bord de l’Atlantique ! Ce fut certainement notre plus belle journée, nous permettant de mêler visites et farniente.

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Recommandation : après avoir visité le palais de Phaistos, prenez un verre à la buvette. La vue sur le mont Ida et la vallée est imprenable, et les chats du site viendront sans doute vous cajoler pour un petit morceau de sandwich ou de gâteau.

Voyage en Crète #3 – Cnossos

Cnossos, pour les quelques hellénistes distingués qui hantent ce blog, c’est très certainement un souvenir un peu marrant des premiers cours de grec. Pour les autres, ça n’évoque peu ou pas grand-chose : il s’agit du principal palais édifié par les Minoens. Mis au jour à la fin du 19ème siècle et fouillé de façon systématique par Sir Arthur Evans au début du 20ème, l’endroit est un peu un objet de fantasme.

La maquette du palais, visible au musée d'archéologie d'Héraklion

La maquette du palais, visible au musée d’archéologie d’Héraklion

Baptisé “palais du roi Minos” (qui a aussi donné son nom à la civilisation crétoise antique), l’endroit a donc longtemps été considéré comme le fameux labyrinthe de la légende (Dédale, Icare, le Minotaure, tout ça). C’est surtout une civilisation très complexe et avancée, davantage que les preuves tangibles d’un mythe, qui a été mise au jour : structure palatiale, centre administratif, objets d’arts, objets utilitaires, fresques… tous ces vestiges ont permis de saisir une partie de l’esprit de ce peuple, ainsi que de ses croyances.

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Néanmoins, la redécouverte de ce site majeur ne s’est pas faite sans dommage collatéral : emporté par son lyrisme, Evans a sans doute extrapolé pas mal de choses, et a carrément “restitué” des pans entiers du palais. En conséquence, on se retrouve avec un site antique doté d’appendices modernes en béton censés représenter l’endroit dans toute sa splendeur, mais tellement intriqués aux vestiges qu’on ne peut plus les démolir, sous peine d’endommager le site…
Tout ceci – ainsi que la foule des touristes, qui se pressent sur ce site tout proche de la capitale – a un côté carton-pâte qui donne un faux air de Disneyland antique à Cnossos. Ou un genre de Parc Astérix, le grand huit en moins.

Un exemple de reconstruction : les différents niveaux du palais

Un exemple de reconstruction : les différents niveaux du palais

Il ne faut toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car, si ces reconstructions franchement malheureuses font tache, elles permettent de se faire une idée du palais (1300 pièces sur quatre étages, et un escalier monumental). En outre, il reste encore des pithoi, ces jarres de stockage géantes, sur le site, ainsi qu’un tracé très lisible de certains appartements, de l’aire dite “du théâtre” et de l’escalier.

Un pithos, deux pithoi...

Un pithos, deux pithoi, trois…

Effet de perspective, qui donne un côté très moderniste au site (en béton véritable)

Effet de perspective, qui donne un côté très moderniste au site (en béton véritable)

Quoi qu’il en soit, même si je confesse un peu de déception – les photos du palais et des fresques avaient nourri mon imaginaire et avaient permis de faire passer l’apprentissage de l’optatif – j’estime que c’est un site qu’il vaut mieux avoir vu, ne serait-ce que pour le confronter aux collections du musée archéologique et aux autres palais minoens.

Restitution en Technicolor

Restitution en Technicolor

Recommandation : évitez les restaurants autour du site, qui sont des pièges à touristes évidents. Mieux vaut s’enfoncer un peu dans l’arrière-pays (superbe !) ou regagner Héraklion.

Séjour en Crète #2 – Héraklion, le musée d’archéologie et le centre historique

Héraklion est l’actuelle “capitale” de la Crète, bien que ce ne soit pas – et de loin ! – la ville la plus ancienne de l’île. Le site a été choisi par les Sarrasins au 7ème siècle pour établir un port abrité, du nom d’al-Khandaq, et devint rapidement une plaque tournante du commerce méditerranéen. Au 13ème siècle, l’île passa sous influence vénitienne, et Al-Khandaq fut rebaptisée Candie (vous aussi vous avez la chanson en tête ?). Compte tenu de sa situation stratégique, la ville fut souvent assiégée, et passa sous domination turque du 17ème siècle jusqu’à la fin du 19ème siècle.

Vue sur l'île de Dia depuis la jetée

Vue sur l’île de Dia depuis la jetée

Héraklion a beaucoup souffert de la seconde guerre mondiale, et la plupart des monuments historiques ont été détruits dans des bombardements. Il reste toutefois de beaux témoignages de la présence vénitienne, en particulier la loggia, aujourd’hui hôtel de ville, la citadelle du port, la fontaine Morosini (ou fontaine aux lions) et l’église Agios Titos, au plan carré très surprenant.

 

La loggia, de l'extérieur...

La loggia, de l’extérieur…

...à l'intérieur

…à l’intérieur

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Agios Titos

 

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La fontaine aux lions

 Au détour des rues, on croise parfois de jolis bâtiments en plus ou moins bon état, ainsi que de beaux détails…

Sur un mur...

Sur un mur…

Tiens, du Bauhaus sous le soleil, on se croirait à Tel-Aviv...

Tiens, du Bauhaus sous le soleil, on se croirait à Tel-Aviv…

Enorme faute et boutique à touristes mises à part, le bâtiment est superbe

Enorme faute et boutique à touristes mises à part, le bâtiment est superbe

Et puis, il y a le musée archéologique… Recommandé par tous les guides, il vaut assurément le voyage si vous êtes un tant soit peu intéressés par l’antiquité ! Sur deux étages, l’endroit présente de façon chronologique l’évolution de la civilisation crétoise, du néolithique à l’occupation romaine.

Des sceaux utilisés par l'administration minoenne

Des sceaux utilisés par l’administration minoenne

Les collections sont extrêmement riches, regroupant presque tous les objets découverts sur l’île : poteries, bijoux, objets utilitaires (comme des fuseaux ou des aiguilles), sceaux, statues, fresques, sarcophages, armes… On trouve aussi une magnifique maquette du palais de Cnossos, qui permet de se faire une idée du gigantisme de celui-ci (1300 pièces quand même).

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La célèbre fresque du taureau...

La célèbre fresque du taureau…

J’y ai passé près de deux heures, en accélérant dans les dernières salles et en ratant – honte à moi – les statues monumentales d’empereurs romains (à ma décharge, les salles n’ont qu’une petite ouverture dans le couloir donnant sur la sortie). On pourrait y passer une demi-journée complète, je pense ou, mieux, s’organiser pour visiter en deux fois.
Une petite déception, toutefois : j’ai trouvé la reconstitution des fresques parfois étonnante au vu du peu de matériau disponible. Je ne doute pas forcément de la bonne foi des chercheurs, mais j’aurais aimé en savoir plus sur leurs méthodes de travail.

Recommandation : le billet pour le musée peut être couplé avec celui pour Cnossos, et les deux peuvent être utilisés à différentes dates.

Séjour en Crète #1 – Malia

Plutôt que de vous faire un compte-rendu heure par heure, jour par jour de nos vacances, je préfère créer des articles autour des lieux visités ou des expériences vécues. D’abord parce que c’est moins monotone, pour moi comme pour vous, et aussi parce que nous avons quand même vécu deux journées à glander au bord de la piscine, et que ça ne sert à rien de vous raconter ça !
Nous étions logées à Stalida, entre les villes cités touristiques de Hersonissos et Malia, à environ une demi-heure d’Héraklion. Si la côte nord de l’île est pas mal bétonnée, nous avons quand même eu la chance de trouver un hôtel plutôt familial (une vingtaine de chambres / appartements) avec une petite piscine et un excellent cuisinier.

Malia fut notre première destination dimanche, lendemain de notre arrivée. Le site avait plusieurs atouts pour nous plaire : très proche de l’endroit où nous étions hébergées (15mn en voiture grand max), avec une plage plutôt préservée et des vestiges archéologiques importants.

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Les vestiges sont ceux du palais minoen de Malia, construit à la même époque que celui de Cnossos, le plus connu. L’époque minoenne, où la civilisation crétoise a connu un âge d’or, court de -4000 à -1500 environ. Tous les palais de l’île ont été bâtis une première fois vers -1900 avant d’être détruits par un tremblement de terre puis reconstruits vers -1750, pour être finalement abandonnés vers -1450 quand la civilisation minoenne s’est écroulée. Les hypothèses sur cette fin apparemment abrupte sont généralement : un tremblement de terre géant, un tsunami créé par l’explosion de Théra (actuel archipel de Santorin et considéré comme à l’origine du mythe de l’Atlantide), ou une invasion mycénienne. Voire les trois à la fois.

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Malia était en réalité un complexe palatial, avec un grand palais d’un côté, doté de magasins et d’appartements, et un “centre administratif” doté d’une agora, de résidences, d’ateliers spécialisés… Le palais était organisé autour d’une cour à colonnes (grand classique de l’architecture méditerranéenne, puisqu’on retrouve ce modèle dans les villas romaines ou dans les riads, par exemple) qui permettait la distribution des salles. La pièce maîtresse de l’endroit est… un escalier ! Un escalier monumental dont subsistent encore aujourd’hui une douzaine de larges marches. Quand on pense que l’édifice a près de 4000 ans, ça laisse rêveur…

Un pithos, jarre de stockage géante, ornée de motifs cordés traditionnels

Un pithos, jarre de stockage géante, ornée de motifs cordés traditionnels

Le site en lui-même est beau : au nord, la mer, que l’on aperçoit depuis les ruines et dont on reçoit la brise et les parfums. Au sud, la montagne qui se découpe sur le ciel et semble capter la majeure partie des nuages.
La visite est belle, agréable et pas trop longue. En revanche, mieux vaut se doter d’un plan bien documenté (je recommande celui du Guide Vert) car il n’est pas toujours facile de se repérer, et les explications sont franchement succinctes.
Il existe une troisième partie, vers la plage, qui n’est pas ouverte à la visite car encore en fouilles.

Ce site était une excellente introduction à l’architecture minoenne : pas trop grand, pas trop fréquenté, avec un plan relativement simple et de jolis vestiges qui permettent de se faire une idée.

La cité administrative

La cité administrative

Une recommandation : pour manger, redescendez quelques centaines de mètres en direction de la plage. Vous y trouverez une taverne qui ne paie pas de mine, Kalyva : ouverte depuis 1964, elle mêle habitués et touristes, et propose un menu du jour ainsi qu’une carte. J’y ai mangé une moussaka à tomber par terre !

Comment voyagez-vous ?

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Vu sur le blog de Sunalee, je reprends ce tag qui m’amuse…

1. Quel était votre premier voyage en avion ?

Je dirais vers 18 mois pour faire un Paris-Marseille, avec une otite en prime (mais je n’en suis pas sûre). Après, j’ai tellement pris l’avion que je serais bien incapable de donner davantage de détails.

2. Y a-t-il un endroit que vous re-visiteriez avec plaisir ?

Le Japon, encore et toujours. Mais j’ai aussi très envie de repartir à Seattle ou en Suède.

3. Vous partez demain, et l’argent n’est pas un problème. Où allez-vous ?

Je penche pour l’option tour du monde. En plus raisonnable, le Transsibérien en s’arrêtant partout, du Lac Baïkal à Vladivostok, puis le ferry jusqu’au Japon.

4. Quel est votre moyen de transport préféré pour voyager: avion, train ou voiture ?

L’avion, sans doute. Je n’ai pas le permis et le train me donne toujours l’impression de courir dans tous les sens. J’ai développé une sorte de “home feeling” dans certains aéroports.

5. Votre site de voyage préféré ?

J’évite les sites de voyage, ça me frustre tout en me donnant des envies irréalisables. A la rigueur, je traîne de temps à autre sur le site du Lonely Planet.

6. Où iriez-vous juste par attrait pour la nourriture locale ?

Partout ! La bouffe, c’est un peu ma raison de vivre et je suis capable de goûter beaucoup de choses. Mais s’il fallait choisir, je dirais l’Italie. Ou l’Autriche. Ou le Japon. Ou la Corée. Ou… Ouais, bon, partout sauf aux USA, en fait.

7. Y a-t-il un endroit dans lequel vous ne voudriez jamais retourner ?

Pour des raisons très personnelles, je crois que je ne remettrai plus les pieds en Suisse alémanique (encore qu’il ne faut jamais dire “fontaine…”). Surtout, j’aimerais éviter au maximum de repartir en hôtel-club avec option touristes (j’ai encore des frissons en repensant à la Baignoire de Joséphine en Martinique).

8. Pouvez-vous réciter votre numéro de passeport par cœur ?

Non, et je n’en ai jamais été capable.

9. Préférez-vous un siège fenêtre, couloir, ou milieu ?

Le couloir, quoi qu’il arrive. J’ai besoin de bouger et de marcher (j’ai eu quelques problèmes de circulation sanguine suite à un Paris-Singapour particulièrement chaud), et je vais souvent au petit coin. Autant emmerder le moins de monde possible.

10. Comment passez-vous le temps dans un avion ?

Je mange, je feuillette le magazine de bord, je lis un peu jusqu’à devoir arrêter pour cause de mal des transports, j’essaie de dormir et je finis par regarder la télé, les yeux injectés de sang.

Et vous, ça donne quoi ?

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Ekiben à la Gare de Lyon

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Tous ceux qui ont un jour visité le Japon ont dû s’arrêter dans une boutique Ekiben : cette enseigne est en effet spécialisée dans la vente de bentô dans les gares (eki), et la tradition veut qu’un voyage en Shinkansen (le TGV japonais) s’accompagne d’un de ces délicieux plateaux-repas. Du coup, lorsque j’ai appris qu’une boutique éphémère ouvrirait Gare de Lyon en décembre dernier, j’étais déterminée à m’y rendre. Et puis, avec les attentats, cela m’est totalement sorti de l’esprit. Jusqu’à ce matin, où un de mes contacts Facebook a relayé la bonne nouvelle : le comptoir Ekiben a rouvert pour deux mois, toujours Gare de Lyon. Ni une, ni deux, j’ai envoyé l’Anglais aux commissions, et il nous a rapporté de quoi déjeuner…
(Toutes les photos sont donc de lui)

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ekiben3La petite boutique est installée dans le Hall 2 et, muni de ces maigres informations, Monsieur a apparemment trouvé sans problème. Le service est très japonais : discret, poli, efficace. Cinq bentôs sont proposés : onigiri, maki, Paris-Lyon, Omotenashi et Makuno-uchi. J’avais demandé à tester l’un des deux derniers, et nous avons donc… essayé les deux !

Dès l’extérieur, les boîtes sont belles, avec un joli papier à motifs traditionnels donnant le nom du bentô. Sur le verso, on a même droit au détail du contenu, voire à l’explication du nom (“makuno-uchi” c’est le bentô qu’on mange entre deux actes au kabuki).

A l’intérieur, c’est un régal pour les yeux : de petits compartiments, chacun rempli d’aliments différents, colorés, mêlant viande, poisson, crustacé, légumes, riz, cru, cuit, frit, bouilli… Et c’est délicieux, pour ne rien gâcher. On picore l’air de rien, on se délecte de ce navet au goût de bouillon, de ce riz au thé vert, de ce champignon en tempura… Jolie note finale, deux petites parts de dorayaki (crêpe fourrée à la pâte de haricot rouge) permettent d’achever avec un dessert, ce qui n’est pas l’usage au Japon.

Bentô omotenashi

Bentô omotenashi

Bentô makuno-uchi

Bentô makuno-uchi

Outre les plateaux-repas, la boutique propose aussi quelques à-côté, comme des boissons japonaises (Monsieur s’est rapporté un jus de pomme bien trop sucré à mon goût), des biscuits salés, des gâteaux et des bonbons dans de très jolis emballages.

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Verdict ? C’était bon comme là-bas ! Attention, bon comme un bentô acheté en gare, pas comme un restaurant trois étoiles… Ca se mange froid, à la rigueur un peu réchauffé, et la tempura en souffre un peu. Par ailleurs, je déteste toujours autant le pâté de poisson rose fluo, mais les goûts et les couleurs…
Donc je recommande chaleureusement. Que vous aimiez les bentôs, que vous soyez nostalgiques du Japon ou que vous souhaitiez faire une expérience dépaysante, allez-y. La boutique est ouverte jusque fin avril, j’espère sincèrement qu’ils s’installeront définitivement !

Ekiben, Gare de Lyon, Hall 2

Trois jours à Marrakech

Grâce au CE de l’entreprise pour laquelle je travaille – oui, ma vie professionnelle est très compliquée – j’ai eu l’occasion de passer un long week-end au Maroc avec mes collègues. Si j’avoue qu’au début j’étais un peu réticente à l’idée d’un voyage corporate, et que la perspective de m’exhiber en maillot de bain devant ma chef n’avait rien de folichon, je me suis fait violence et, en fin de compte, c’était une bonne idée.

Jeudi soir, je dois dormir chez ma mère pour faciliter le transfert à l’aéroport le lendemain matin dans la nuit. Cela fait 5 minutes que je suis arrivée, et je m’aperçois que j’ai oublié mon passeport (acte manqué, bonjour).
Après un aller-retour en catastrophe pour récupérer mes papiers et deux petites heures de sommeil, il est temps de partir. Le contraste entre le ciel gris légèrement pluvieux d’Orly et le soleil radieux qui nous accueille à Marrakech est saisissant et bienvenu. En quelques minutes à peine, j’ai le sentiment de respirer à fond pour la première fois depuis des jours.

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La première journée s’écoule paisiblement, entre cocktail de bienvenue, repas pantagruéliques, petite sieste (je suis totalement au radar), plongeon dans la piscine et discussions à bâtons rompus. A 22h30, après un dernier thé à la menthe sur le patio, tout le monde dort du sommeil du juste.

Soleil

Samedi matin, changement de programme : alors que, poussée par ma sœur (qui travaille dans la même société que moi – j’avais dit que c’était compliqué), je m’étais inscrite à l’activité “quad et dromadaire” qui ne m’intéressait pas plus que ça, je quitte le navire et décide de m’incruster avec MF et Sandra qui vont en ville. Nous débarquons à 10h30 et sommes immédiatement assaillies de sollicitations. Si bien qu’au bout de dix minutes, je pète un plomb et gueule un “Non !” très sec à l’encontre d’un des rabatteurs, ce qui me vaut des regards stupéfaits de mes collègues. Ben oui, j’aime pas qu’on vienne m’emmerder.

Dans le souk des teinturiers

Dans le souk des teinturiers

Mais après, c’est le bonheur : nous passons près de cinq heures à arpenter le souk, flâner, fouiner, discuter, marchander, et faire quelques achats. Enfin “quelques”… Lâchez ma chef dans le souk, elle y passera la journée et rentrera avec la moitié des boutiques dans sa valise.
Entre les nombreuses échoppes à touristes, nous dénichons quelques perles qui proposent des bijoux anciens, de la belle céramique, des antiquités (j’ai flashé sur deux boîtes en os de chameau pas du tout dans mes moyens) et des luminaires modernes inspirés du travail d’artisans anciens. Je craque pour des savons, du musc, de l’ambre, une étole et un jeu d’échecs de voyage pour Monsieur. Le temps file, la lumière est belle, la chaleur très tolérable malgré nos manches longues et nos pantalons. Nous finissons par nous échouer au centre artisanal, où le bus de l’hôtel doit nous récupérer, pour un thé à la menthe très quelconque.

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De retour à l’hôtel, la quasi totalité de notre groupe est encore à dos de quad, si bien que nous nous autorisons une petite pause ravitaillement au bord de la piscine. Après une discussion au tour inattendu, chacune part se préparer pour la soirée, le point d’orgue de notre séjour.
Bon, en réalité, comme l’activité a pris du retard, et qu’on doit encore attendre des personnes qui se pomponnent, nous quittons l’hôtel bien plus tard que prévu, avant de nous enquiller près d’une heure de route en minibus. Je suis dans le même véhicule que mes deux chefs, et force est de constater que l’un d’entre eux est survolté par le voyage.
Nous arrivons dans une superbe villa traditionnelle dont les jardins surplombent un lac (on n’en distingue que les berges, éclairées par des braseros). C’est d’ailleurs dans les jardins et sur les différentes terrasses que nous passerons la soirée (fraîche). Roxy et moi nous faisons tatouer les mains au henné et tirer les cartes par une diseuse de bonne aventure. Le dîner est délicieux (le meilleur couscous de ma vie – la vérité !), mais le froid et la fatigue ont raison de moi, si bien que je mange peu et finis par me rapatrier à l’hôtel dès l’annonce de la première navette.

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Dimanche matin, il fait gris et pluvieux, et je dois me lever car j’ai eu la (bonne ?) idée de m’inscrire pour la visite de la ville. Après un nouveau retard parce qu’il faut rassembler tout le monde au bon endroit, nous partons visiter le palais de la Bahia et admirer la tour de la Koutoubia, le plus haut minaret de Marrakech.

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Le palais est envahi de touristes, mais superbe. En dépit de l’absence totale de mobilier ou d’explication (il faut se fier à son guide), les couleurs des zelliges (ces sortes de mosaïques à dessins géométriques), des peintures et des rares vitraux sont lumineuses. La décoration, qui ne fait intervenir que des motifs abstraits, conformément aux recommandations de l’islam, est faite de stuc, de céramique, de bois sculpté et peint… J’en prends plein les yeux, même si un examen plus approfondi met en évidence l’état de conservation très précaire de certaines œuvres. Même si des travaux sont en cours, ça risque de prendre des années à tout restaurer.

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Nous enchaînons ensuite avec le jardin de la Menara, un jardin construit au 12è siècle autour d’un bassin de retenue, lequel servait aussi à apprendre aux soldats à nager. Aujourd’hui, c’est un lieu très populaire et fréquenté, qui a la faveur des Marrakchis pour pique-niquer ou se promener.

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Un dernier détour par la Koutoubia, que nous admirons de loin, puis notre guide nous presse jusqu’au souk pour nous montrer “la seule vraie herboristerie berbère” (tu la sens, l’arnaque ?). La présentation n’a pas plus tôt débuté que je m’éclipse, au prétexte (vrai) que j’ai déjà fait mes achats la veille. Je suis un peu attristée d’avoir dû négliger d’autres monuments pour échouer ici, mais fais contre mauvaise fortune bon cœur : cela me donnera une raison de revenir.

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Après un déjeuner au pas de charge et un retour en taxi, il est temps de récupérer les valises et de partir à l’aéroport. Je vous passerai les détails bien connus des contrôles de sécurité et de l’attente en zone sous douane pour dépenser nos derniers dirhams.
Nous rentrons en fin de soirée. Je suis épuisée, mais ravie. En dépit de tout ce que nous avons pu subir ces derniers jours, c’était une parenthèse parfaite pour reprendre son souffle.

Que rapporter du Japon ?

J’aurais aimé garder cet article pour la fin de ma série sur le tourisme au pays du soleil levant, mais plusieurs ami(e)s ayant prévu de partir dans les semaines qui viennent, je pense que ce sera tout aussi pertinent.

Non monsieur, n'insistez pas, puisque je vous dis qu'on est fermés !

Non monsieur, n’insistez pas, puisque je vous dis qu’on est fermés !

On le dit et on le répète, le Japon est le pays du shopping et – partant – du cadeau. Si trouver des choses à rapporter ne sera pas un problème, je vous propose tout de même une petite liste d’objets ou produits sympathiques et qui font toujours un peu d’effet.

  • Des omamori. Ces porte-bonheur, que l’on trouve dans tous les temples et sanctuaires du Japon, vous protègent de tout et n’importe quoi. Les plus fréquents sont pour le mariage, le couple, les trajets en voiture (avec une particularité “trajet à l’école” pour les enfants), la santé et… l’accouchement. Ils se présentent généralement sous la forme d’un sachet en tissu retenu par un petit cordon qui permet de le nouer à son sac/téléphone/rétroviseur…
  • De la papeterie. Les grands magasins ont tous un rayon consacré à la papeterie, mais il existe aussi des boutiques spécialisées. Attention, ça s’accumule très vite !
  • Du thé. Il existe quelques excellentes adresses pour acheter du thé – en particulier Ippodô à Kyôto, où le personnel parle anglais. Attention, si vous cherchez du soba-cha (de l’infusion de sarrasin grillé), vous en trouverez plutôt dans les supermarchés.
Galets effervescents au cerisier et au momiji, poudre de bain au saké, aux gâteaux ou aux minéraux issus des sources thermales.

Galets effervescents au cerisier et au camélia, poudre de bain au saké, aux gâteaux ou aux minéraux issus des sources thermales.

  • Des produits pour le bain. C’est une sorte d’institution dans ce pays, et j’en achète dès que j’en vois, privilégiant bien entendu les fragrances locales (thé vert, glycine, cyprès…) ou délirantes (vin rouge, chocolat à paillettes, saké…) aux parfums “exotiques” que nous connaissons bien (rose, lavande ou orange). On en trouve dans les boutiques type Loft, mais aussi… dans les boutiques de certains sanctuaires, en particulier le sanctuaire Meiji, à Tôkyô.
  • Des timbres. La poste japonaise édite de très belles séries, que ce soit avec des paysages célèbres, des fêtes traditionnelles ou… des personnages de manga.
  • Des baguettes et/ou des boîtes à bentô. On en trouve dans les grands magasins ou dans les boutiques spécialisées. Il existe une super boutique de baguettes sur l’île de Miyajima, face à Hiroshima.
Pocky

KitKat à la mandarine de Shikoku (édition régionale) et Pocky “tropical”

  • Des Pocky (le nom originel des Mikado) et des KitKat à tous les parfums possibles et imaginables : tropical, ananas, wasabi, chocolat noir, mousse au thé vert… plus les parfums saisonniers (potiron, cerisier…).
  • Du washi. Le papier traditionnel japonais ravira les fans de scrap et de travaux manuels, ou les amateurs de jolies choses. En revanche, c’est assez chiant à rapporter sans l’écraser dans la valise.
  • De l’alcool. Attendez le duty free si vous avez la chance de faire le retour en vol direct (aux dernières nouvelles, l’aéroport de Narita n’était pas équipé en sacs hermétiques), et faites-vous plaisir : saké (je vous jure que c’est bon !), shôchû (vodka locale, qui tire à seulement 25°), umeshû (alcool de prune – j’ai horreur de ça, mais beaucoup de gens apprécient) ou… whisky, il y en a pour tous les goûts (et toutes les bourses).

Il ne faut pas oublier que le Japon est aussi le pays du omiyage, c’est-à-dire le petit quelque chose qu’on rapporte de voyage en guise de souvenir pour les gens de son entourage. Cela va du très cher et très extravagant au tout simple (pour les collègues de bureau, par exemple). En général, ce sont des gâteaux ou une spécialité locale, mais on trouve d’autres choses, comme des mouchoirs, des miroirs de poche et autres futilités. N’hésitez pas à jeter un œil dans les boutiques à touristes, ne serait-ce que pour le divertissement !
Et si vous êtes déjà partis, que conseilleriez-vous de rapporter ?

Saint-Martin-de-Londres et Saint-Guilhem-le-Désert

Lors de notre dernière semaine de vacances, monsieur a proposé d’explorer le village de Saint-Guilhem-le-Désert, qui abrite une magnifique abbaye de l’époque romane. Comme c’était sur notre route et que le guide nous conseillait un détour, nous avons d’abord fait escale à Saint-Martin-de-Londres.

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L’église Saint-Martin a été bâtie par les moines de l’abbaye de Gellone, sise à Saint-Guilhem. C’est un beau bâtiment roman très bien conservé. Ses murs épais et ses larges arcades offrent une ombre et une fraîcheur bienvenues dans la région (on est dans l’Hérault). En outre, cette église est “cachée” au coeur du vieux village, lui-même bâti en rond autour de l’édifice. Je m’explique : les ruelles forment un dédale circulaire qui enveloppe l’église, qui n’est en réalité accessible que par deux points, car la place est encadrée de maisons (en gros, c’est à cela que ressemblait le parvis de Notre-Dame-de-Paris au moyen-âge).
Les venelles sont charmantes, peuplées de chats, et les vieilles maisons sont pour la plupart en bon état, quoique de construction plus tardive que l’église. Il y a peu de monde en dehors des habitants et de quelques vacanciers égarés, et nous nous payons le luxe d’un café à côté d’une fontaine… où les locaux viennent remplir leurs bidons d’eau.

Saint Martin, donc

Saint Martin, donc

Les maisons sur la place et l'un des passages voûtés

Les maisons sur la place et l’un des passages voûtés

La vue depuis l'autre passage (oui, c'est étroit)

La vue depuis l’autre passage (oui, c’est étroit)

Encore des maisons...

Encore des maisons…

Je crois que ce chat nous fait bien savoir qu'on est sur son territoire...

Je crois que ce chat nous fait bien savoir qu’on est sur son territoire…

Quelques minutes de trajet supplémentaires, et nous arrivons à Saint-Guilhem-le-Désert. L’ambiance est radicalement différente : il s’agit d’un “grand site” Midi-Pyrénées et, malheureusement, cela se voit. Les parkings sont très limités (problème lié au site en lui-même : on est au bord des gorges de l’Hérault, à flanc de colline, il n’y a pas de place), les visiteurs sont nombreux et… les boutiques aussi, malheureusement.
Ma belle-mère et moi parvenons à nous installer avec la Crevette, attendant désespérément ces messieurs qui devront marcher près de deux kilomètres sous un soleil de plomb pour nous retrouver. Pas très engageant.

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Néanmoins, le site vaut vraiment le voyage. C’est beau, en excellent état de conservation, et relativement peu envahi compte tenu de la taille assez réduite de l’abbaye (l’heure du déjeuner y était-elle pour quelque chose ?).
Outre l’abbatiale qui justifie à elle seule de venir, le cloître à demi effondré, avec sa mare et ses arbustes, offre un bel espace de promenade, tantôt à l’ombre, tantôt au soleil. On peut également accéder à la crypte et aux fondations de l’église primitive, ainsi qu’au reliquaire de Saint-Guilhem (qui n’est pas le saint fondateur, mais un seigneur de la famille Trencavel retiré ici).
Enfin, le village en lui-même est ravissant, fait lui aussi de ruelles, de passages étroits (attention, la chaussée est glissante quand on redescend et que, comme moi, on porte des chaussures à semelle lisse), de maisons à un ou deux étages aux façades ocres, mais aussi de points de verdure particulièrement bienvenus… A faire absolument (mais hors saison).
Seul véritable point noir de la visite : le restaurant La Table d’Aurore, pourtant vanté par le guide, et dont le service laissait franchement à désirer (presque deux heures pour un plat et une bouteille d’eau).

Le cloître

Le cloître

La nef (oui, il y a une ouverture en forme de croix)

La nef (oui, il y a une ouverture en forme de croix)

On dirait le suuuud (le cloître, vu de l'autre côté)

On dirait le suuuud (le cloître, vu de l’autre côté)

Le cœur du village

Le cœur du village

Moi aussi je veux une cascade de lierre sur ma maison

Moi aussi je veux une cascade de lierre sur ma maison

Liste des pays visités

Reprenant une idée de Sunalee, j’ai décidé de dresser la liste des pays que j’ai visités. Sans surprise, c’est l’Europe qui arrive en tête.

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  • France (hein, forcément) : beaucoup la Bretagne, le sud, un peu le centre et l’est, pas du tout le nord.
  • Belgique : Bruxelles uniquement pour un week-end.
  • Italie : la Toscane à deux reprises.
  • Espagne : Barcelone dans mon jeune temps (genre j’avais dix ans et je n’en ai aucun souvenir)
  • Andorre : quelques jours, je me rappelle surtout de la piscine de l’hôtel…
  • Suisse : beaucoup trop. Mon père a vécu en Suisse alémanique pendant 6 ans et j’y ai passé presque toutes mes vacances.
  • Royaume-Uni : Londres, la région de Birmingham, Bath, la région d’Édimbourg.
  • Suède : Stockholm, le temps d’un week-end. Un coup de cœur !
  • Autriche : un week-end à Vienne.
  • Grèce : Lefcade, mais surtout le club de vacances.
  • Israël : Tel-Aviv, la mer morte, Jérusalem, Eilat (la station balnéaire), la Judée, Haïfa, Saint-Jean-d’Acre…
  • Maroc : Agadir (c’est moche) et l’Anti-Atlas (c’est magnifique)
  • Etats-Unis : New York (trois fois), DisneyWorld, Seattle
  • Canada : Montréal, Québec, Trois-Rivières, Ottawa, Toronto, chutes du Niagara, Calgary, parcs nationaux des Rocheuses, Vancouver, Victoria.
  • Thaïlande : Phuket. Ouais, l’enclave à touristes.
  • Japon : le Kantô, le Kansai, les Alpes japonaises, Hiroshima et Miyajima, Shikoku.
  • Singapour : l’aéroport, ça compte ?
  • Australie : Adélaïde, Kangaroo Island, Great Ocean Road, Melbourne, Sydney, Tasmanie, Uluru.

Si je compte bien, ça fait 17. Le souci, c’est que j’ai très envie de retourner dans certains pays déjà visités ! Mais j’aimerais bien aussi me rendre en Corée du Sud, en Allemagne, en Islande, au Brésil ou en Afrique du Sud…