L’Académie Jedi

photo (61)Roan Novachez est un ado de Tatooine rêvant de rejoindre l’académie de pilotage, comme son père, son frère et tous ses amis. Mais contre toute attente, sa candidature est rejetée ! En revanche, il reçoit une lettre d’un certain Yoda à l’Académie Jedi de Coruscant, lui proposant d’y poursuivre sa scolarité. Entre cela et le lycée agricole de Tatooine, le choix est vite fait… Sous la forme d’un journal, le héros retranscrit  les moments les plus ou moins drôles de la vie d’un collégien (nouveaux amis, rivalités, examens, notes, filles…).


Lorsque j’ai aperçu les deux premiers tomes de la nouvelle série de Jeffrey Brown, je les ai achetés sans trop regardé de quoi il s’agissait. J’ai beaucoup aimé “Darth Vader and son” et “Vader’s little princess” (une image de cet album sert d’ailleurs de profil à l’Anglais sur FB), Ce n’est qu’après que j’ai découvert l’histoire !
On retrouve le style de Jeffrey Brown, ses personnages mignons et son style dépouillé (cette fois-ci en noir et blanc), et c’est un plaisir de déambuler de nouveau dans l’univers de Star Wars. Toutefois, je dois reconnaître que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire : on est dans une version extrêmement américanisée de l’Académie Jedi, le héros est “seulement” un ado d’une douzaine d’années, et n’est pas J. K. Rowlings qui veut.
Du coup, c’est une BD sympathique, mais qui s’adresse, je pense, à un public beaucoup plus jeune – ou alors, j’ai définitivement perdu mon âme d’enfant, ce qui est possible.

L’Académie Jedi : Une nouvelle école et Le retour du padawan, Jeffrey Brown, Huginn & Muninn, 12,95€ pièce.

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L’Arabe du futur, tome 2

arabedufutur2Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L’Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie. Dans ce second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.


J’avais adoré le premier tome de cette chronique, sous-titrée “Une jeunesse au Moyen-Orient”, en dépit de sa crudité intermittente. Le dessin de Riad Sattouf peut paraître simple voire naïf, mais ce n’est qu’une façon de rendre son message plus percutant, je pense. J’apprécie l’emploi du noir et du blanc avec une touche de couleur selon l’endroit où l’on se trouve : rouge pour le village, bleu pour la France, doré pour Palmyre… A chacun correspond, me semble-t-il, une émotion dominante.
La peinture qu’il offre du Moyen-Orient, et en particulier de la Syrie, au début des années 80 fait froid dans le dos : l’éducation (ou plutôt le dressage), la haine des juifs, la propagande qui se niche dans les plus petits recoins, les crimes d’honneur… Toutefois, l’auteur nous croque avec tendresse ou émotion ses moments de complicité avec son père, ses jeux, sa découverte de l’écriture arabe… C’est une lecture ambivalente, entre souvenirs d’enfance et témoignage crucial sur l’établissement des dictatures “socialistes” (revendiquées comme telles) dans cette partie du monde.
Quoi qu’il en soit, le second tome est aussi bon que le premier, et je vous le recommande chaleureusement.

L’Arabe du futur, une jeunesse au Moyen-Orient, tomes 1 et 2, Riad Sattouf, Allary Editions

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Jour J, tome 20 – Dragon rouge

JourJ201955. Suite aux tensions entre les USA et la Chine dues à l’intervention américaine à Diên Biên Phù, des pogroms anti-chinois frappent la communauté asiatique américaine. C’est alors qu’une jeune et riche Chinoise entre dans le bureau du détective privé Lawrence S. Ivory pour lui demander de retrouver son père disparu. Ivory, qui adore les causes perdues, accepte le contrat.


L’idée de départ est intéressante, mais je l’ai trouvée bizarrement exploitée : plutôt que de nous parler des conséquences de la victoire de Diên Biên Phû sur la France et le Vietnam, et sur la guerre qui aurait dû s’ensuivre, on se concentre sur les effets américains, en particulier dans le domaine politique. Néanmoins, l’intrigue est bien ficelée et retorse à souhait, et le personnage principal nous sert de savoureuses répliques qui m’ont pas mal fait sourire (dans le bon sens du terme).
Les réactions à la maison ont été mitigées : j’ai beaucoup aimé, l’Anglais a moins accroché (à l’inverse de La nuit des Tuileries, où les avis étaient contraires). Du coup, à chacun de voir selon sa sensibilité, mais je recommande ce tome. En espérant toutefois que les auteurs de cette excellente série se pencheront davantage sur le passé colonial de la France et en feront un thème central d’un autre album.

Jour J, tome 20 – Dragon rouge, éditions Delcourt

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A boire et à manger, tome 3 “Du pain sur la planche”

ABAM 3Comment faire du poireau le héros de l’apéro ? Quel mystère recèle la fabrication du cidre normand ? Où déguster un homard en toute simplicité ? Comment poussent les noix de cajou ? Peut-on sauver la quenelle des préjugés universels ? Comment préparer le vrai gratin dauphinois ? Et le Taboulé libanais ?


J’adore le travail de Guillaume Long. Pour tout vous dire, je me suis même offert, début janvier, une de ses illustrations (j’ai eu “yuzu” parce que “zeste” était déjà parti) parce que j’aime beaucoup sa façon de traiter de la nourriture et de la cuisine, ainsi que ses carnets de voyage (depuis le premier tome j’ai encore plus envie d’aller en Hongrie alors que c’est déjà en tête de ma wishlist).
Les albums d’ “A boire et à manger” reprennent les histoires publiées sur le blog, que je lis assidûment. Autant dire que je n’ai pas été surprise, mais je contribue avec plaisir à faire vivre un auteur que j’aime. Il y a tout de même quelques inédits sympas : un portrait chinois autour de la nourriture et une fiche-pratique sur les épices et les herbes aromatiques.
J’ai déjà testé certaines recette de cet ouvrage (en particulier les tagliatelles de la fin du monde, que je prépare religieusement tous les 31 décembre pour l’Anglais et moi), d’autres me font très envie, et les petites astuces et historiettes autour de la nourriture ne sont jamais perdues pour moi !

Une lecture très agréable, qui a l’immense privilège de trôner… dans mon étagère à livres de cuisine.

A boire et à manger, tome 3, “Du pain sur la planche”, Gallimard, 22,50€

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Chat-Bouboule, chroniques d’un prédateur de salon

chat-bouboule1Après des millénaires d’évolution des espèces, le mécanisme de sélection naturelle s’échoue dans mon salon pour offrir à l’humanité un chat capable de se lécher l’arrière-train… par télépathie uniquement. Un florilège de gags consacrés au félin le plus célèbre et le plus malmené de la République-bananière-et-autoproclamée-du-Grumeauland.


Comme beaucoup, je suis une fidèle lectrice du Grumeauland, animé tous les lundis par Nathalie Jomard, et les scènes me font toujours beaucoup rire (plus jaune depuis que j’ai des enfants, bizarrement). Aussi, lorsque j’ai appris la sortie de cet album, me suis-je jetée dessus, car Chat-bouboule doit être mon personnage préféré.
On retrouve bien évidemment le style de Nathalie Jomard, des références à son blog, avec quelques apparitions en guest stars des grumeaux, c’est le même genre d’humour et chat-bouboule en prend pour son grade. Tous ceux qui ont vécu un jour avec un chat se retrouveront dans les situations décrites.
Après, ce n’est certainement pas l’album de l’année, mais on passe un bon moment, on rit, on sourit, et c’est déjà pas mal. En prime, je l’ai fait lire à l’Anglais que j’entendais rigoler tout seul dans son coin de canapé, ce qui est plutôt bon signe.

Chat-bouboule, chroniques d’un prédateur de salon, Nathalie Jomard, Michel Lafon

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Shenzhen

ShenzhenEnvoyé pour trois mois à Shenzhen, en Chine, pour superviser un studio de dessin animé, Guy Delisle raconte par le menu son quotidien et les rapports qu’il entretient tout au long de son séjour avec ses collègues et connaissances, malgré la barrière de la langue.


J’aime beaucoup Guy Delisle, en particulier son travail de témoignage. Ses carnets de Jérusalem ou ses chroniques birmanes sont absolument remarquables, autant pour la plongée qu’il offre dans le quotidien local  que pour la retranscription fidèle d’une atmosphère à un endroit et un moment donnés.
Shenzhen est le premier travail du dessinateur de ce genre, même si on ne retrouve pas encore tout à fait la narration fluide de ses derniers ouvrages. Publié en 2000 suite à une expérience vécue en 1997, la vision que cette histoire donne de la Chine est très datée, bien que, je pense, tout à fait pertinente pour l’époque. On suit la vie quotidienne monotone et guère engageante d’un expatrié dans une ville qui s’ouvre tout juste à l’Occident, où il est quasiment l’unique étranger et où la barrière de la langue, la réserve des Chinois à son égard et, en filigrane, l’oppression d’un régime totalitaire l’empêchent de nouer de véritables relations, ce qui conduit à des situations parfois ubuesques.
Même si ce tome n’est pas mon préféré de Guy Delisle, je ne peux que le conseiller, car il marque ses débuts de chroniqueur du quotidien à l’étranger.

Shenzhen est publié chez L’Association

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Ce n’est pas toi que j’attendais

ce n'est pas toiC’est l’histoire d’une rencontre. La rencontre d’un père et de sa petite fille pas comme les autres. Pour Fabien, l’annonce de la trisomie de Julia, c’est le monde qui s’écroule. Comment faire face au handicap de son enfant ? Comment apprendre à l’aimer ? Entre colère, doute, moments de tristesse et bonheurs inattendus, l’auteur raconte le difficile chemin d’acceptation qui le mènera vers sa fille. Une histoire d’amour, à la fois touchante et drôle, tendre et sincère, sur le thème universel de la différence.


J’avais entendu parler de ce livre il y a quelques temps, même si je ne me souviens plus dans quel contexte. Toujours est-il que ce matin, avant de partir, l’Anglais me l’a mis entre les mains, en me disant que c’était vachement bien. J’ai commencé à le feuilleter… et je n’ai pas pu le lâcher.
Fabien Toulmé raconte sans fard ni complaisance sa réaction à l’annonce de la maladie de sa fille, la colère, l’incompréhension, le désamour, la douleur…  On suite l’évolution de Julia, de la grossesse à la petite enfance, les étapes franchies lentement et difficilement, l’accompagnement à mettre en place, le pesant regard des autres, mais aussi l’immense soutien et tout l’amour qu’il finit par recevoir et éprouver, en particulier avec sa fille.

C’est un livre magnifique. Le trait est simple mais juste, les situations extrêmement touchantes. Il émane de cet ouvrage une puissance incroyable, très forte en émotions. Si forte, d’ailleurs, que j’en ai pleuré à la fin. Pourtant, le propos ne se veut ni moralisateur, ni misérabiliste, loin de là ; il est surtout question d’optimisme, d’enthousiasme même. C’est également un excellent moyen de sensibiliser les gens au sujet de la trisomie 21 et de dissiper les clichés (que j’avais).
A mettre entre toutes les mains, donc (avec une boîte de kleenex).

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé, éditions Delcourt, 18,95€

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Poverello

poverelloJohn Coal est une étoile montante du cinéma. Déjà riche et célèbre, il accepte à contrecœur un rôle dans le prochain film d’un réalisateur renommé. Le sujet  La vie du Poverello, François d’Assise… John va découvrir et incarner le personnage de François. Sa jeunesse frivole, ses doutes, sa conversion radicale… puis son rayonnement auprès de ses frères et de ceux qui l’approchent.
Huit cents ans les séparent. Mais les questions et les choix de François sont-ils pour autant si éloignés de ceux de John ?


Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur-dessinateur, Robin, mais il était en dédicace dans une librairie de ma ville aujourd’hui. Après avoir un peu feuilleté son travail (il y avait également des albums jeunesse), j’ai craqué et me suis offert cet ouvrage, sorti en octobre dernier.

La trop jolie dédicace

La trop jolie dédicace

Le trait, fin et parfois à la limite de l’esquisse, m’a beaucoup rappelé le travail de Sempé, même si l’on n’est pas du tout ici dans la caricature. Toute l’histoire est présentée de façon monochrome : noir et bleu, ou noir et jaune-brun. Ce procédé sert parfaitement la narration, qui alterne réalité et scènes tournées pour le film sur Saint François.
L’histoire est intéressante, on sent que l’auteur s’est bien documenté sur François d’Assise. J’aime le point de vue du réalisateur – qui est certainement celui de Robin – où celui-ci explique qu’il a choisi un personnage si particulier, non pour des raisons religieuses, mais parce que le message de dépouillement et d’abandon des biens terrestres peut trouver des résonances encore aujourd’hui chez beaucoup de gens. Ce propos est justement illustré par l’acteur qui, un peu malgré lui, sent “déteindre” sur lui le personnage qu’il doit incarner.
De façon plus accessoire, j’ai beaucoup apprécié le point de vue “depuis les coulisses” offert par les scènes de tournage, qui permettent de relier la “réalité” à la “fiction” (deux termes très poreux et une jolie mise en abîme dans cette phrase, tiens).

Au final, c’est une belle (et longue ! près de 600 pages) lecture, qui a fait le régal de ma soirée. Je l’ai refermé avec le sourire aux lèvres, avec l’impression d’avoir fait un joli voyage.

Poverello, Robin, Bayard BD, 22,90€
Site de l’auteur : http://robin-gindre.blogspot.fr/

Reading challenge 2015 : a graphic novel

Edit du dimanche matin : visiblement, cette histoire m’a tellement marquée que j’en ai rêvé cette nuit (bon, ça peut aussi être un effet de la fatigue).

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Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès

JourJ1931 juillet 1914. Raoul Villain assassine Jean Jaurès, le leader du parti socialiste. 1919, fin de la guerre, l’homme est jugé innocent. Libéré, il part vivre aux Baléares… jusqu’à son assassinat onze ans plus tard. Le meurtre, à l’origine voté par la SFIO (ancêtre du parti socialiste), est rapidement suivi d’une série de crimes signalée à Paris.


Après la grosse déception que fut Jour J tome 17 sur Napoléon, je me suis retenue d’exulter quand l’Anglais a rapporté ce nouvel opus vendredi soir. Pour tout dire, je l’ai un peu oublié dans un coin en préférant me concentrer sur ma lecture-doudou du moment.
Pourtant, j’ai fini par m’y mettre en début de semaine, et bien m’en a pris.

Tout d’abord, l’histoire est excellente, et tient la route : s’appuyant sur une véritable motion présentée au congrès de la SFIO proposant de faire assassiner Raoul Villain (motion rejetée, on s’en doute), les scénaristes nous embarquent dans une réécriture en apparence anodine, mais dont les conséquences seront d’importance.
On plonge dans le Paris des années 30, avec la lutte entre la Sûreté et la Police de Paris, le vocabulaire fleuri (déjà présent dans les tomes 3 et 4) et les tensions et les préoccupations politiques déjà présentes. Le contexte national et international est évoqué intelligemment, venant soutenir l’intrigue au lieu de l’écraser.
Pour ne rien gâcher, les dessins sont superbes – je n’ai d’ailleurs pas eu l’impression qu’ils avaient fait l’objet d’une coloration numérique – et sont, pour une fois, tout à fait à la hauteur de la couverture. Ils apportent une fraîcheur et un réalisme non négligeables au récit.
Quant au dénouement… on se surprend à souhaiter qu’il ait vraiment eu lieu…

En un mot : jetez-vous dessus, c’est un des meilleurs tomes de la série depuis bien longtemps. J’espère que Delcourt fera de nouveau appel à Séjourné sur un prochain tome, car j’ai adoré son travail, surtout quand il sert un scénario aussi bien ficelé. Du coup, je serai bien plus attentive aux prochains titres de la série.

Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès, Duval & Pécaud, Séjourné, éditions Delcourt

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Petites coupures à Shioguni

shioguni“Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque, pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour goûter les plats.”


C’est avec cette seule indication sur l’histoire (assortie d’une recommandation dithyrambique – que je n’ai pas lue – de mon libraire et d’une récompense à Angoulême), que j’ai acheté cette BD. Florent Chavouet, pour les amoureux du Japon “pas comme les autres”, ce n’est vraiment pas un inconnu : c’est à lui que l’on doit les excellents Tôkyô Sampô et Manabe-shima, que je considère parmi les meilleurs albums sur le Japon actuel que l’on puisse trouver.
Dans le même style, fait d’apparents collages, d’esquisses, de dessins léchés, et de notes griffonnées, l’auteur nous raconte donc ce que l’on pense être l’histoire de Kenji, dans la ville de Shioguni, située dans le département de Tôsa (oui, je dis “département” et pas “préfecture” comme on m’a tout bien appris à l’Inalco). Rapidement, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une enquête menée a posteriori, peut-être par un journaliste, et que les protagonistes ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être…

Il est difficile, voire impossible d’en dire davantage sans révéler un bout de l’intrigue. Mais franchement jetez-vous dessus, c’est génial. Outre le travail si particulier de Florent Chavouet qui colle parfaitement à l’ambiance du polar, je suis toujours aussi époustouflée de voir avec quelle maestria il rend l’atmosphère japonaise. C’est drôle, touchant, sombre, réaliste, sans jamais se prendre au sérieux… un vrai morceau de vie que l’on pourrait croire dérobé au Japon, et rendu de façon saisissante.

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet, éditions Philippe Picquier, 21,50€

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