Jour J, tome 20 – Dragon rouge

JourJ201955. Suite aux tensions entre les USA et la Chine dues à l’intervention américaine à Diên Biên Phù, des pogroms anti-chinois frappent la communauté asiatique américaine. C’est alors qu’une jeune et riche Chinoise entre dans le bureau du détective privé Lawrence S. Ivory pour lui demander de retrouver son père disparu. Ivory, qui adore les causes perdues, accepte le contrat.


L’idée de départ est intéressante, mais je l’ai trouvée bizarrement exploitée : plutôt que de nous parler des conséquences de la victoire de Diên Biên Phû sur la France et le Vietnam, et sur la guerre qui aurait dû s’ensuivre, on se concentre sur les effets américains, en particulier dans le domaine politique. Néanmoins, l’intrigue est bien ficelée et retorse à souhait, et le personnage principal nous sert de savoureuses répliques qui m’ont pas mal fait sourire (dans le bon sens du terme).
Les réactions à la maison ont été mitigées : j’ai beaucoup aimé, l’Anglais a moins accroché (à l’inverse de La nuit des Tuileries, où les avis étaient contraires). Du coup, à chacun de voir selon sa sensibilité, mais je recommande ce tome. En espérant toutefois que les auteurs de cette excellente série se pencheront davantage sur le passé colonial de la France et en feront un thème central d’un autre album.

Jour J, tome 20 – Dragon rouge, éditions Delcourt

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A boire et à manger, tome 3 “Du pain sur la planche”

ABAM 3Comment faire du poireau le héros de l’apéro ? Quel mystère recèle la fabrication du cidre normand ? Où déguster un homard en toute simplicité ? Comment poussent les noix de cajou ? Peut-on sauver la quenelle des préjugés universels ? Comment préparer le vrai gratin dauphinois ? Et le Taboulé libanais ?


J’adore le travail de Guillaume Long. Pour tout vous dire, je me suis même offert, début janvier, une de ses illustrations (j’ai eu “yuzu” parce que “zeste” était déjà parti) parce que j’aime beaucoup sa façon de traiter de la nourriture et de la cuisine, ainsi que ses carnets de voyage (depuis le premier tome j’ai encore plus envie d’aller en Hongrie alors que c’est déjà en tête de ma wishlist).
Les albums d’ “A boire et à manger” reprennent les histoires publiées sur le blog, que je lis assidûment. Autant dire que je n’ai pas été surprise, mais je contribue avec plaisir à faire vivre un auteur que j’aime. Il y a tout de même quelques inédits sympas : un portrait chinois autour de la nourriture et une fiche-pratique sur les épices et les herbes aromatiques.
J’ai déjà testé certaines recette de cet ouvrage (en particulier les tagliatelles de la fin du monde, que je prépare religieusement tous les 31 décembre pour l’Anglais et moi), d’autres me font très envie, et les petites astuces et historiettes autour de la nourriture ne sont jamais perdues pour moi !

Une lecture très agréable, qui a l’immense privilège de trôner… dans mon étagère à livres de cuisine.

A boire et à manger, tome 3, “Du pain sur la planche”, Gallimard, 22,50€

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Chat-Bouboule, chroniques d’un prédateur de salon

chat-bouboule1Après des millénaires d’évolution des espèces, le mécanisme de sélection naturelle s’échoue dans mon salon pour offrir à l’humanité un chat capable de se lécher l’arrière-train… par télépathie uniquement. Un florilège de gags consacrés au félin le plus célèbre et le plus malmené de la République-bananière-et-autoproclamée-du-Grumeauland.


Comme beaucoup, je suis une fidèle lectrice du Grumeauland, animé tous les lundis par Nathalie Jomard, et les scènes me font toujours beaucoup rire (plus jaune depuis que j’ai des enfants, bizarrement). Aussi, lorsque j’ai appris la sortie de cet album, me suis-je jetée dessus, car Chat-bouboule doit être mon personnage préféré.
On retrouve bien évidemment le style de Nathalie Jomard, des références à son blog, avec quelques apparitions en guest stars des grumeaux, c’est le même genre d’humour et chat-bouboule en prend pour son grade. Tous ceux qui ont vécu un jour avec un chat se retrouveront dans les situations décrites.
Après, ce n’est certainement pas l’album de l’année, mais on passe un bon moment, on rit, on sourit, et c’est déjà pas mal. En prime, je l’ai fait lire à l’Anglais que j’entendais rigoler tout seul dans son coin de canapé, ce qui est plutôt bon signe.

Chat-bouboule, chroniques d’un prédateur de salon, Nathalie Jomard, Michel Lafon

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Shenzhen

ShenzhenEnvoyé pour trois mois à Shenzhen, en Chine, pour superviser un studio de dessin animé, Guy Delisle raconte par le menu son quotidien et les rapports qu’il entretient tout au long de son séjour avec ses collègues et connaissances, malgré la barrière de la langue.


J’aime beaucoup Guy Delisle, en particulier son travail de témoignage. Ses carnets de Jérusalem ou ses chroniques birmanes sont absolument remarquables, autant pour la plongée qu’il offre dans le quotidien local  que pour la retranscription fidèle d’une atmosphère à un endroit et un moment donnés.
Shenzhen est le premier travail du dessinateur de ce genre, même si on ne retrouve pas encore tout à fait la narration fluide de ses derniers ouvrages. Publié en 2000 suite à une expérience vécue en 1997, la vision que cette histoire donne de la Chine est très datée, bien que, je pense, tout à fait pertinente pour l’époque. On suit la vie quotidienne monotone et guère engageante d’un expatrié dans une ville qui s’ouvre tout juste à l’Occident, où il est quasiment l’unique étranger et où la barrière de la langue, la réserve des Chinois à son égard et, en filigrane, l’oppression d’un régime totalitaire l’empêchent de nouer de véritables relations, ce qui conduit à des situations parfois ubuesques.
Même si ce tome n’est pas mon préféré de Guy Delisle, je ne peux que le conseiller, car il marque ses débuts de chroniqueur du quotidien à l’étranger.

Shenzhen est publié chez L’Association

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Ce n’est pas toi que j’attendais

ce n'est pas toiC’est l’histoire d’une rencontre. La rencontre d’un père et de sa petite fille pas comme les autres. Pour Fabien, l’annonce de la trisomie de Julia, c’est le monde qui s’écroule. Comment faire face au handicap de son enfant ? Comment apprendre à l’aimer ? Entre colère, doute, moments de tristesse et bonheurs inattendus, l’auteur raconte le difficile chemin d’acceptation qui le mènera vers sa fille. Une histoire d’amour, à la fois touchante et drôle, tendre et sincère, sur le thème universel de la différence.


J’avais entendu parler de ce livre il y a quelques temps, même si je ne me souviens plus dans quel contexte. Toujours est-il que ce matin, avant de partir, l’Anglais me l’a mis entre les mains, en me disant que c’était vachement bien. J’ai commencé à le feuilleter… et je n’ai pas pu le lâcher.
Fabien Toulmé raconte sans fard ni complaisance sa réaction à l’annonce de la maladie de sa fille, la colère, l’incompréhension, le désamour, la douleur…  On suite l’évolution de Julia, de la grossesse à la petite enfance, les étapes franchies lentement et difficilement, l’accompagnement à mettre en place, le pesant regard des autres, mais aussi l’immense soutien et tout l’amour qu’il finit par recevoir et éprouver, en particulier avec sa fille.

C’est un livre magnifique. Le trait est simple mais juste, les situations extrêmement touchantes. Il émane de cet ouvrage une puissance incroyable, très forte en émotions. Si forte, d’ailleurs, que j’en ai pleuré à la fin. Pourtant, le propos ne se veut ni moralisateur, ni misérabiliste, loin de là ; il est surtout question d’optimisme, d’enthousiasme même. C’est également un excellent moyen de sensibiliser les gens au sujet de la trisomie 21 et de dissiper les clichés (que j’avais).
A mettre entre toutes les mains, donc (avec une boîte de kleenex).

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé, éditions Delcourt, 18,95€

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Poverello

poverelloJohn Coal est une étoile montante du cinéma. Déjà riche et célèbre, il accepte à contrecœur un rôle dans le prochain film d’un réalisateur renommé. Le sujet  La vie du Poverello, François d’Assise… John va découvrir et incarner le personnage de François. Sa jeunesse frivole, ses doutes, sa conversion radicale… puis son rayonnement auprès de ses frères et de ceux qui l’approchent.
Huit cents ans les séparent. Mais les questions et les choix de François sont-ils pour autant si éloignés de ceux de John ?


Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur-dessinateur, Robin, mais il était en dédicace dans une librairie de ma ville aujourd’hui. Après avoir un peu feuilleté son travail (il y avait également des albums jeunesse), j’ai craqué et me suis offert cet ouvrage, sorti en octobre dernier.

La trop jolie dédicace

La trop jolie dédicace

Le trait, fin et parfois à la limite de l’esquisse, m’a beaucoup rappelé le travail de Sempé, même si l’on n’est pas du tout ici dans la caricature. Toute l’histoire est présentée de façon monochrome : noir et bleu, ou noir et jaune-brun. Ce procédé sert parfaitement la narration, qui alterne réalité et scènes tournées pour le film sur Saint François.
L’histoire est intéressante, on sent que l’auteur s’est bien documenté sur François d’Assise. J’aime le point de vue du réalisateur – qui est certainement celui de Robin – où celui-ci explique qu’il a choisi un personnage si particulier, non pour des raisons religieuses, mais parce que le message de dépouillement et d’abandon des biens terrestres peut trouver des résonances encore aujourd’hui chez beaucoup de gens. Ce propos est justement illustré par l’acteur qui, un peu malgré lui, sent “déteindre” sur lui le personnage qu’il doit incarner.
De façon plus accessoire, j’ai beaucoup apprécié le point de vue “depuis les coulisses” offert par les scènes de tournage, qui permettent de relier la “réalité” à la “fiction” (deux termes très poreux et une jolie mise en abîme dans cette phrase, tiens).

Au final, c’est une belle (et longue ! près de 600 pages) lecture, qui a fait le régal de ma soirée. Je l’ai refermé avec le sourire aux lèvres, avec l’impression d’avoir fait un joli voyage.

Poverello, Robin, Bayard BD, 22,90€
Site de l’auteur : http://robin-gindre.blogspot.fr/

Reading challenge 2015 : a graphic novel

Edit du dimanche matin : visiblement, cette histoire m’a tellement marquée que j’en ai rêvé cette nuit (bon, ça peut aussi être un effet de la fatigue).

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Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès

JourJ1931 juillet 1914. Raoul Villain assassine Jean Jaurès, le leader du parti socialiste. 1919, fin de la guerre, l’homme est jugé innocent. Libéré, il part vivre aux Baléares… jusqu’à son assassinat onze ans plus tard. Le meurtre, à l’origine voté par la SFIO (ancêtre du parti socialiste), est rapidement suivi d’une série de crimes signalée à Paris.


Après la grosse déception que fut Jour J tome 17 sur Napoléon, je me suis retenue d’exulter quand l’Anglais a rapporté ce nouvel opus vendredi soir. Pour tout dire, je l’ai un peu oublié dans un coin en préférant me concentrer sur ma lecture-doudou du moment.
Pourtant, j’ai fini par m’y mettre en début de semaine, et bien m’en a pris.

Tout d’abord, l’histoire est excellente, et tient la route : s’appuyant sur une véritable motion présentée au congrès de la SFIO proposant de faire assassiner Raoul Villain (motion rejetée, on s’en doute), les scénaristes nous embarquent dans une réécriture en apparence anodine, mais dont les conséquences seront d’importance.
On plonge dans le Paris des années 30, avec la lutte entre la Sûreté et la Police de Paris, le vocabulaire fleuri (déjà présent dans les tomes 3 et 4) et les tensions et les préoccupations politiques déjà présentes. Le contexte national et international est évoqué intelligemment, venant soutenir l’intrigue au lieu de l’écraser.
Pour ne rien gâcher, les dessins sont superbes – je n’ai d’ailleurs pas eu l’impression qu’ils avaient fait l’objet d’une coloration numérique – et sont, pour une fois, tout à fait à la hauteur de la couverture. Ils apportent une fraîcheur et un réalisme non négligeables au récit.
Quant au dénouement… on se surprend à souhaiter qu’il ait vraiment eu lieu…

En un mot : jetez-vous dessus, c’est un des meilleurs tomes de la série depuis bien longtemps. J’espère que Delcourt fera de nouveau appel à Séjourné sur un prochain tome, car j’ai adoré son travail, surtout quand il sert un scénario aussi bien ficelé. Du coup, je serai bien plus attentive aux prochains titres de la série.

Jour J, tome 19 – La vengeance de Jaurès, Duval & Pécaud, Séjourné, éditions Delcourt

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Petites coupures à Shioguni

shioguni“Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque, pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour goûter les plats.”


C’est avec cette seule indication sur l’histoire (assortie d’une recommandation dithyrambique – que je n’ai pas lue – de mon libraire et d’une récompense à Angoulême), que j’ai acheté cette BD. Florent Chavouet, pour les amoureux du Japon “pas comme les autres”, ce n’est vraiment pas un inconnu : c’est à lui que l’on doit les excellents Tôkyô Sampô et Manabe-shima, que je considère parmi les meilleurs albums sur le Japon actuel que l’on puisse trouver.
Dans le même style, fait d’apparents collages, d’esquisses, de dessins léchés, et de notes griffonnées, l’auteur nous raconte donc ce que l’on pense être l’histoire de Kenji, dans la ville de Shioguni, située dans le département de Tôsa (oui, je dis “département” et pas “préfecture” comme on m’a tout bien appris à l’Inalco). Rapidement, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une enquête menée a posteriori, peut-être par un journaliste, et que les protagonistes ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être…

Il est difficile, voire impossible d’en dire davantage sans révéler un bout de l’intrigue. Mais franchement jetez-vous dessus, c’est génial. Outre le travail si particulier de Florent Chavouet qui colle parfaitement à l’ambiance du polar, je suis toujours aussi époustouflée de voir avec quelle maestria il rend l’atmosphère japonaise. C’est drôle, touchant, sombre, réaliste, sans jamais se prendre au sérieux… un vrai morceau de vie que l’on pourrait croire dérobé au Japon, et rendu de façon saisissante.

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet, éditions Philippe Picquier, 21,50€

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La lune est blanche

En 2011, l’Institut polaire français invite François et Emmanuel Lepage à rendre compte, dans un livre mêlant bande dessinée et photos, d’une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d’Urville, en Terre-Adélie.
En outre, il leur propose de participer, comme chauffeurs, au raid de ravitaillement de la base Concordia, située au coeur du continent antarctique, à 1200km de Dumont d’Urville ! Le Raid, comme on l’appelle, est LA grande aventure polaire !
Pour les deux frères, ce serait l’aventure de leur vie… Mais rien ne se passera comme prévu !

luneblanche

J’éprouve un intérêt tout particulier pour les TAAF, les terres australes et antarctiques françaises, depuis le génial blog Les manchots de la République qui racontait la vie aux Kerguelen, du point de vue du chef de district. En outre, je suis très admirative du travail d’Emmanuel Lepage, que j’ai découvert il y a deux ans avec sa BD Printemps à Tchernobyl, puis avec Voyage aux Iles de la Désolation, que je vous recommande très chaleureusement.

Cette fois-ci, le dessinateur, narrateur du voyage, travaille de concert avec son frère, photographe. Nous le suivons, tant dans un cheminement intérieur que dans un long voyage depuis la France jusqu’en Terre-Adélie, en passant par la Tasmanie et l’océan. Le récit mêle habilement réflexions personnelles, histoire de la conquête du continent antarctique (en plein 19ème siècle !) et portraits d’hivernants qui vont passer un an sur la base. En contrepoint, différents personnages interviennent pour expliquer la gestion du continent Antarctique ainsi que son importance écologique. C’est extrêmement bien documenté et passionnant.
Le dessin est magnifique, très réaliste tout en demeurant empreint d’une certaine poésie. Aux longues pages en noir et blanc relatant le quotidien des auteurs, se mêlent des pages sépia narrant le passé et, par fulgurances, des aquarelles ou pastels aux couleurs éclatantes. Il y a quelque chose de presque onirique dans certaines planches. Les photos, quant à elles, montrent la réalité du voyage et de la base : le blanc à perte de vue, la lumière aveuglante, la solitude intense…

Emmanuel Lepage, tous droits réservés

Emmanuel Lepage, tous droits réservés

On ressort de cet ouvrage comme d’un long tunnel ou d’un rêve éveillé. Outre le sujet, qui prête bien à l’évasion, le traitement choisi permet de se laisser happer dans la narration. Je n’avais pas envie de refermer ce livre, et ne peux que vous le recommander chaleureusement.

La lune est blanche, François et Emmanuel Lepage, Futuropolis

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In real life

IRLAnda est une lycéenne américaine qui adore Coarsegold Online, un MMORPG, où elle passe la majeure partie de son temps libre. Là, elle peut devenir une meneuse, une guerrière, une héroïne. Là, elle peut rencontrer des gens des quatre coins du monde et se faire des amis.
Mais la situation se complique lorsqu’Anda se lie d’amitié avec un orpailleur – un adolescent chinois pauvre dont l’avatar ramasse de façon illégale des objets pour les revendre aux joueurs des pays développés qui ont de l’argent à jeter par les fenêtres. Cela va à l’encontre des règles de Coarsegold, mais Anda comprend rapidement que les notions de bien et de mal sont bien moins tranchées lorsque l’existence réelle d’une personne est en jeu…


Ce roman graphique faisait partie du colis surprise de Lou² qui, je ne sais pas comment, réussit toujours à m’envoyer des trucs dont j’ignorais avoir besoin et qui me vont à merveille. Bien entendu, ce livre ne fait pas exception à la règle.

J’ai beau ne pas être une gameuse – mon évolution s’est arrêtée à la SuperNes ; oui, ça date – j’ai tout de suite accroché à l’histoire. Les dessins sont “simples”, avec une ligne claire et des couleurs franches, mais le récit est prenant et on se laisse immédiatement embarquer dans Coarsegold. L’alternance entre les scènes de jeu, très colorées, et celles de la vie quotidienne, plus ternes, est bien gérée, ainsi que les soucis qu’une ado pour rencontrer pour convaincre ses parents que jouer, c’est du sérieux.
Outre la trame principale, où Anda découvre les conditions de vie d’adolescents de son âge à l’autre bout du monde, ce qui la pousse à se remettre en question et à agir, j’ai adoré l’idée qu’il n’y ait quasiment que des personnages féminins, en particulier dans le jeu. Anda fait partie d’une guilde exclusivement féminine, qui recrute pour montrer aux filles qu’il n’y a pas de limite ou de censure à se poser, même s’il s’agit d’une activité à connotation “masculine”. Pour tout dire, ce livre a reçu les éloges de Felicia Day, ce qui n’est pas rien.

En somme, je recommande vivement la lecture de In real life, que ce soit pour le plaisir ou pour montrer à votre petite sœur/nièce/cousine une histoire où les filles prennent le pouvoir de façon intelligente.

 En revanche, j’ai lu ce livre en anglais et j’ignore s’il a déjà été traduit en français.

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