La damnation de Faust

Adapté du roman de Goethe, cet opéra de Berlioz narre les aventures du Docteur Faust qui, ayant perdu goût à la vie, se voit tenté par Mephistophélès : d’abord par les plaisirs de la vie comme la boisson, puis par l’amour parfait incarné par Marguerite. A l’origine réticent, le héros finit par céder, mais abandonne sa conquête, laquelle se trouve ensuite condamnée à mort car elle a empoisonné sa mère par accident. Cherchant à la racheter, Faust signe un pacte avec Mephisto et se trouve précipité aux enfers, tandis que Marguerite est accueillie au Paradis.


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Les artistes qui interviennent dans le spectacle sont tous remarquables. Depuis les choeurs et l’orchestre en passant par les différents solistes – mention spéciale à Bryn Terfel, excellent en Mephisto – on est ravi du début à la fin, tant par la netteté des voix que par la sensibilité qui imprime toute l’oeuvre. La musique est belle, parfois très connue (mais si, dans La grande vadrouille, quand Louis de Funès s’exclame “Je ne veux que Berlioz et moi”), et s’écoute avec beaucoup de plaisir.
Après, on peut reprocher à l’oeuvre d’être un peu décousue, alternant longs passages instrumentaux et dialogues chantés, mais cela reste un monument de la musique que je suis ravie d’avoir pu découvrir.

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Toutefois, la mise en scène… Le postulat de départ est : qui est le Faust de notre temps ? Le choix s’est porté, à tort ou à raison, sur Stephen Hawking (personnellement, je ne suis pas convaincue), si bien qu’un “double” du scientifique accompagne l’interprète de Faust en fauteuil roulant pendant tout le spectacle. En outre, l’action est déplacée à la veille du départ de la mission Mars One (prévu en 2025), même si j’avoue ne pas avoir trop compris pourquoi.
Enfin, tout le spectacle est rythmé par des intermèdes dansés. L’idée est bonne et s’inscrit, au moins en partie, dans la narration originale de l’oeuvre, mais là, cela ne m’a ni parlé ni touchée.
En fait, toute la mise en scène m’a paru profondément pédante et creuse. A force de vouloir rajouter des références, des messages et des interprétations, le sens de l’oeuvre se perd, et le décalage est tel qu’on ne peut être touché un seul instant par les simagrées qui se déroulent sur scène. Voilà qui est très dommage car, si l’oeuvre se prête très certainement à des réécritures contemporaines, celle-ci est juste incompréhensible.

La damnation de Faust, Berlioz, jusqu’au 29 décembre à l’Opéra Bastille

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