Les chroniques du confinement – Les menus de la semaine #6

Franchement, la préparation des menus vire au casse-tête. Le marché a fermé mais nous pouvons commander auprès de certains commerçants qui se sont réunis pour livrer… heureusement que leurs produits sont bons et qu’on veut les aider à franchir la crise parce que c’est un peu la foire d’empoigne. Mais bon, c’est toujours mieux que d’acheter le frais en supermarché (où nous sommes obligés d’aller pour l’épicerie et les 2kg de yaourts qu’engloutissent les enfants chaque semaine).

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Dimanche midi : Irish stew
Dimanche soir : riz aux épinards

Lundi midi : steak, petits pois
Lundi soir : asperges rôties et apéro

Mardi midi : schnitzel et pommes noisettes
Mardi soir : embeurrée de chou / avec les restes d’Irish stew pour les adultes

Mercredi midi : poisson, fondue de poireaux
Mercredi soir : boulgour à la tomate (pour les enfants) / poêlée Picard (pour les adultes)

Jeudi midi : filet de canette, haricots verts
Jeudi soir : courge butternut rôtie au four (pour les enfants) / foccacia, mozzarella et tapenade (pour les adultes)

Vendredi midi : paupiettes, navets, carottes
Vendredi soir : soupe (enfants) / poêlée Picard (adultes)

Samedi midi : omelette, salade de betteraves
Samedi soir : mini pizzas (pour les enfants) / pâtes à la Norma, salade de fenouil à l’orange (pour les adultes)

A-côtés : foccacia “comme un tableau” (décorée avec des herbes aromatiques, des fleurs et des légumes), biscuits aux pépites de chocolat, banana bread au chocolat

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Chroniques du confinement – L’heure des choix

Sans que je m’en rende compte, il s’est déjà écoulé cinq jours depuis ma dernière publication. Moi qui pensais être plus sporadique mais tout de même présente, c’est dire si j’ai été dépassée par la situation.

Assurer la continuité pédagogique. Empêcher le Paprika de faire des conneries. Gérer l’entretien de la maison (je n’ai jamais fait autant de vaisselle de ma vie, j’en ai maaaaarre). Préparer les repas. Penser aux courses avec 8 jours d’avance – râler quand on ne trouve pas ce qu’on veut au supermarché dévalisé. Lire (j’ai téléchargé une intégrale Harlequin Azur – les vrais savent). Travailler (pendant la sieste et après le coucher des enfants). Encadrer les activités manuelles (Mademoiselle est quasi autonome, son frère c’est une autre histoire – bien plus salissante). Bloguer.
Attention, je ne dis pas que je suis seule à tout faire, l’Anglais est présent et joue son rôle.

Après une semaine de flou total, une autre de tâtonnements, nous avons trouvé un genre de routine. Mais au bout du compte, il n’y a pas assez de temps, et certainement pas assez d’espace mental, pour tout faire. J’aimerais pouvoir me concentrer sur des choses plus futiles, plus essentielles à ma vie intérieure, mais pour l’instant je dois assumer un certain nombre de choix dont la prégnance est plus forte.
J’avoue que je ne suis pas certaine que cela me plaise, mais je ne vais pas non plus sauter du train en marche.

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Chroniques du confinement – Souffler un bon coup

Une semaine après Isa, je m’aperçois que je me suis pas mal mis la pression pour tenir cette chronique – j’avoue que j’ai très envie de garder une trace écrite sur le vif de cette période, qui d’une façon ou d’une autre changera nos vies.

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Mais il faut me rendre à l’évidence : entre la gestion du Paprika, une partie la continuité pédagogique de la Crevette (l’Anglais en gère l’essentiel, mais je fais les chansons et comptine), l’intendance (ça mange quatre fois par jour ces bêtes-là), le boulot (avec les rames), et le maintien d’un semblant d’activité physique, la charge est déjà très importante. Si raconter notre quotidien est intéressant, celui-ci a pris un rythme de croisière et j’ai vite le sentiment d’être redondante.
Du coup, j’ai décidé de m’autoriser à ne rien publier certains jours si je n’ai pas l’inspiration / le temps / le courage, ou à dévier de ma ligne éditoriale en proposant des billets moins centrés sur le confinement. Je ne m’interdis rien, et je serai toujours là à guetter vos commentaires.

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Chroniques du confinement – Tourner en rond

J’avoue, la nouvelle annonce du gouvernement de prolonger le confinement de 15 jours ne m’a pas surprise. Je ne suis même pas sûre d’avoir réagi vu que je pars du principe, depuis le début, qu’on n’en aura pas fini avant le mois de mai – j’en suis juste à espérer pouvoir célébrer mon anniversaire en famille.

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On a beau être dans des conditions plutôt favorables, avoir la possibilité de prendre l’air et de sortir les enfants en respectant les règles, on se cogne tous aux murs. Physiquement, d’abord, avec les enfants qui se font mal régulièrement – ou essaient : le Paprika a failli dévaler l’escalier du parking en trottinette cet après-midi. Psychiquement ensuite : j’ai réussi à reprendre le travail mais je sens que mes facultés ne sont pas géniales. Outre le manque de concentration, il y a clairement un manque de répondant du côté de mes neurones.
Mais je vous rassure, j’ai téléchargé une intégrale Harlequin Azur hier soir (les vrais savent), mes neurones vont avoir de quoi se détendre.

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Chroniques du confinement – Le mur invisible

J’ai fini hier soir cet étonnant roman de Marlen Haushofer dont tout le monde parle sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois. Si j’avais débuté la lecture avant le début de la quarantaine, force est de constater qu’elle prend une résonance toute particulière, et c’est sans doute la situation actuelle qui a considérablement ralenti ma progression.
Cette histoire de résilience, de confrontation à la nature et de renoncement à la loi des hommes m’a par moments mise mal à l’aise, peut-être parce qu’elle touchait un peu trop juste. L’apprentissage de la peur et de la solitude a quelque chose de glaçant, surtout quand, comme moi, on se projette à fond dans ce qu’on lit.
De façon étonnante, l’héroïne m’a constamment rappelé une amie, même si je ne saurais dire précisément pourquoi – en tout cas, je lui ai donné ses traits chaque fois que je me la représentais.

Mais le mur invisible au sens plus large, c’est cette distance plus que respectueuse que nous avons observée le temps de prendre des nouvelles des voisins – tout en empêchant le Paprika de le rejoindre. C’est cette habitude prise de parler avec les gens par écran interposé. C’est cette culpabilité à mettre le pied hors de chez soi en se demandant systématiquement si c’est absolument nécessaire (non, techniquement, pas forcément, mais pour la santé mentale, un peu quand même). C’est ce repli sur nous-mêmes quasi physique – voilà trois jours que j’ai l’impression d’avoir un nœud au plexus solaire.

Quelqu’un a une bonne romance à me conseiller pour enchaîner ?

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Chroniques du confinement – Vue d’ensemble

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Au bout de bientôt dix jours (à la louche), le moment est venu de faire un petit récapitulatif.

  • Mon exemple a poussé une amie à tenter le yoga. Moi, j’ai encouragé quelqu’un à pratiquer une activité sportive. Le monde est fou.
  • Henri Dès me sort par les oreilles (la Crevette doit apprendre la chanson “Le Printemps” – elle je sais pas, mais moi c’est bon, je suis au top).
  • Tout le monde serait d’attaque pour un “Cuisinons nos livres”… sauf moi. Je tourne avec les mêmes recettes qu’en temps “de paix” avec quelques tentatives de-ci, de-là.
  • Je fête aujourd’hui ma quatrième semaine sans Coca. J’ai pas dit que je tiendrai jusqu’à la fin du confinement.
  • On fantasme tous sur ce qu’on fera en premier quand la quarantaine sera levée. En vrai, on s’entassera au supermarché ou au square pour prendre l’air et sortir les enfants.
  • Entre les vacances annulées, les achats qu’on ne fera pas, et les restaurants où on ne mangera pas, on va être riches. Ou moins fauchés, en tout cas.
  • Je me couche beaucoup trop tard, et même pas pour de bonnes raisons.
  • J’ai même pas eu le temps de m’asseoir pour repriser des chaussettes.
  • Jamais je n’ai autant apprécié le mini carré de gazon et le parking de notre immeuble. Sans eux, je pense qu’on aurait déjà balancé les enfants par la fenêtre.
  • Est-ce qu’avec le confinement 2020 compte double en années de mariage ?
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Chroniques du confinement – Du pain, du vin, un vaccin

Ce matin, pour la première fois depuis huit jours, la Crevette est sortie de notre immeuble – en cause, un rappel de vaccin à effectuer. Du coup, j’ai poussé au maximum la sortie et on a fait l’aller-retour à pied, ce sera le sport de la semaine (du mois).

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On a trouvé un semblant de rythme, mais je n’arrive toujours pas à me remettre au boulot. Il va bien falloir, pourtant, c’est pas comme si j’avais un roman de 500 pages sur le feu…
En attendant, j’ai délégué la classe à Monsieur, qui fait preuve de bien plus de patience que moi. Pour ma part, j’ai les activités extrascolaires, du genre travaux manuels ou cuisine. Donc aujourd’hui on a fait du pain (et ce ne fut qu’un demi-succès). Demain, le document de continuité pédagogique indique la fabrication de pâte à modeler maison, je sens qu’on va bien rire.

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Chroniques du confinement – Sur la réserve

C’est pas tous les jours que je m’énerve, mais ce matin j’ai failli sauter à la gorge d’un couple d’un certain âge. Le marché de notre ville est encore ouvert, mais avec des entrées au compte-goutte pour éviter qu’il y ait trop de monde. Et voilà donc que… des couples vont faire leurs courses. Genre Monsieur est pas foutu de faire ça tout seul, ou Madame ne peut pas tout porter : déléguez ou faites ça en FaceTime, bon sang !

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Je fais des courses bien plus importantes maintenant que j’ai tout le monde à la maison H24 – mais sans doute trop importante. La peur de manquer, peut-être, surtout si nos conditions de sortie sont encore restreintes – ce qui ne saurait tarder – le besoin de se “remplir” probablement, quand les journées paraissent à la fois vides et surchargées.

Au bout de cette première semaine de confinement, je suis toujours dans une espèce de flottement : je ne sais pas trop où j’en suis. Je n’ai pas pu reprendre le boulot, ce qui me tracasse beaucoup et, surtout, je ne suis pas certaine d’avoir encore beaucoup d’énergie et de patience en stock pour m’occuper de ma progéniture.
Je finirai bien par craquer et leur mettre un DVD.

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Chroniques du confinement – Rester en contact

Pas facile, ce début de week-end en confinement… la Crevette a encore une fois exprimé sa tristesse de ne plus aller à l’école et de ne plus voir ses copains. Du coup, on a fait un FaceTime avec sa meilleure amie, puis un goûter Skype avec d’autres copains. Ca ne remplace pas, mais c’est mieux que rien – et puis ça permet aux adultes de se parler.
Pour le deuxième jour consécutif, nous ne sommes pas sortis dans la cour intérieure de l’immeuble. Il va peut-être falloir y remédier, car l’anxiété et l’intranquillité commencent à monter chez les enfants.

J’essaie de reprendre en main ma propre angoisse : j’ai lutté contre l’envie de faire une sieste, je ne suis pas (trop) tombée dans la tablette de chocolat et… j’ai fait du yoga devant mon ordinateur (et j’ai craqué de partout). Il va neiger.
Mon état oscille entre sidération, résignation, inquiétude et agacement (contre moi-même surtout). Il faudrait que j’évite de nourrir tout ça en levant le pied sur les réseaux sociaux, mais comme c’est aussi un moyen de communiquer avec les proches et moins proches, ce n’est pas toujours simple.

Prochain challenge : reprendre la traduction. Lundi, quand les enfants seront à l’école. Oh wait.

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Chroniques du confinement – Avoir la dent dure

Je sais, elle était facile… en fin d’après-midi, alors que pour la première fois nous avions décidé de garder les enfants à l’intérieur et de les fatiguer avec un parcours de motricité, la Crevette a fait preuve d’un peu trop d’enthousiasme et a perdu une dent. Plus de peur que de mal, mais c’était impressionnant, d’autant qu’elle a beaucoup pleuré – sans doute aussi un moyen d’évacuer la pression.
Maintenant la question que tout le monde se pose : la petite souris pourra-t-elle enfreindre le confinement ? S’agit-il d’une dérogation eu égard à son travail ?

Aujourd’hui, j’ai eu l’impression que les choses partaient un peu en vrille – moi la première. Au goûter, j’ai constaté que Mademoiselle n’avait pas été coiffée depuis hier ; le Paprika m’a fait mettre en boucle les mêmes chansons toute la journée (après, ça le fascine et il reste bouche bée pour écouter, ce qui est plutôt un luxe aujourd’hui) ; pour une fois que je n’ai pas fait la sieste, j’ai glandé sur Internet au lieu de lire / faire un truc utile / bosser ; j’ai des envies de sucre absolument démentielles, on dirait que je suis revenue au dernier trimestre de ma précédente grossesse (je vous rassure, il n’y en aura pas d’autre)…
Rien de grave en soi, juste l’impression que des choses m’échappent un peu. Je suis par nature très réfractaire au changement, et la situation va me demander un temps d’adaptation.

Oui, j’ai conscience que ce sont des problèmes de riche : on a un toit, assez d’espace pour ne pas trop se marcher sur les pieds, des ressources matérielles et intellectuelles pour faire face…
Allez, et si j’écrivais une romance sur le confinement ? Transposé dans un contexte historique, bien entendu 🙂

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