Les Puritains

En Angleterre, au moment de la révolution, Elvira, fille de lord Walton, républicain puritain et partisan de Cromwell, et Arturo Talbot, fidèle aux Stuarts catholiques, rêvent de se marier. Las, les intrigues politiques et les jalousies risquent de les séparer à tout jamais et les conduire jusqu’à la folie…


Comment ai-je appris l’existence de cet opéra de Bellini ? Grâce a film Young Victoria avec Emily Blunt. Si. Comme la reine mentionne qu’il s’agit de son opéra préféré, j’étais très curieuse. Et force est de constater que c’est très beau.

Le personnage principal de cette histoire est bien entendu Elvira, interprétée par une Elsa Dreisig touchée par la grâce : des notes magnifiques, une présence incroyable, un jeu très juste… Elle parvient notamment à incarner la folie sans surjouer.
Mais elle est servie par une distribution parfaitement à la hauteur : Nicolas Testé (déjà entendu dans Les Huguenots l’an dernier – oui, il y a comme un thème), en Sir Giorgio, insuffle dignité et humanité à ce personnage d’oncle; Francesco Demuro fait un amoureux transi aux accents sincères ; et Igor Golovatenko donne de l’humanité à un “méchant” qui n’est en réalité qu’un amant éconduit, et un patriote.
Encore une fois, les chœurs sont puissants et bien dirigés, c’était u vrai plaisir. En plus, avec la présence d’une amie sur scène, on a pu jouer à “Où est Charlie ?” pendant tout le spectacle.

La mise en scène de Laurent Pelly est très bien conçue. Le décor est constitué d’une “carcasse” de château aux éléments modulables, et qui symbolise la prison, d’abord sociale, puis mentale, dans laquelle se trouve l’héroïne. Si les costumes ne brillent pas par leur magnificence (après tout, on est chez les puritains), ils respectent à peu près l’idée que l’on se fait de cette période (les robes très modestes des femmes, les chapeaux tronqués des hommes), à l’exception évidente d’Elvira, seule tache blanche dans ce camaïeu de gris et de noir, qui ne l’en rend que plus éclatante.

C’était une excellente façon de retrouver le chemin de l’opéra, pour une nouvelle saison qui s’annonce à la fois extraordinaire et décapante. Prochain arrêt : Les Indes galantes, dans la mise en scène de Clément Cogitore.

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