Bohemian Rhapsody

Freddie Mercury, sa vie, son oeuvre. L’homme, le mythe, la légende.

Cela fait plusieurs années qu’on attendait un biopic sur le chanteur de Queen, notamment avec Sacha Baron Cohen – qui a fini par claquer la porte, exaspéré de l’interventionnisme des autres membres du groupe – puis plus récemment avec Rami Malek dans le rôle principal, et Bryan Singer à la réalisation.
L’Anglais et moi sommes de grands fans de Queen – c’est d’ailleurs à coup de citations du groupe qu’on a commencé à se dragouiller sur MSN (ouais, on est vieux), on a ouvert le bal de notre mariage sur Queen (si), et une de leurs chansons sert à “illustrer” le début de notre vie commune – et nous attendions ce film avec enthousiasme (2h de Queen sur grand écran !) et appréhension (comment condenser en 2h une vie aussi riche ?). Bon, c’était pas terrible.

Tout d’abord, le scénario prend pas mal (même beaucoup) de libertés avec ce que l’on sait de l’histoire du Queen. Freddie Mercury semble débarquer du jour au lendemain dans la vie (et le groupe) de Brian May et Roger Taylor, alors qu’ils se connaissaient depuis quelques années; ils ont mis plus d’un an à recruter John Deacon comme bassiste; jamais le nom de famille de Mary Austin n’est mentionné; la tournée au Japon n’est qu’à peine évoquée alors que celle aux USA est présentée comme un succès triomphal; le groupe ne s’est pas séparé en 1982… Enfin, j’ai beaucoup regretté que soient passées sous silence les six dernières années du groupe, qui ont quand même permis de sortir quatre albums, et non des moindres. Les ellipses narratives sont peut-être nécessaires pour ne pas alourdir le film, mais là on a un peu l’impression que le scénariste n’a retenu que ce qu’il voulait bien et tout cousu ensemble.
Le traitement de l’homosexualité de Freddie est assez bizarre : d’abord par allusions pas du tout subtiles, puis de façon totalement flamboyante et excessive, alors qu’il faut rappeler qu’il n’a jamais “admis” officiellement son orientation sexuelle. De même, la découverte de sa séropositivité est nimbée de musique et de lumière si bien qu’on a l’impression que ce n’est qu’un détail (dans les années 1980, c’était quand même une sentence de mort à plus ou moins brève échéance).

En outre, j’ai trouvé la réalisation paresseuse. Qu’on ne se trompe pas : c’est bien ficelé, efficace, sans temps mort. Mais on a plus l’impression de visionner un long clip à la gloire de Queen et de Freddie qu’une biographie introspective. Chaque propos est l’occasion de ressortir un tube du groupe, fût-ce en porte-à-faux (mention spéciale à l’annonce de sa séropositivité aux autres membres…), histoire de faire larmoyer dans les chaumières ou taper du pied. Et la private joke de Mike Myers était-elle nécessaire ?

Toutefois, il faut féliciter les décorateurs, costumiers, maquilleurs, prothésistes… qui ont à la fois permis de donner à Rami Malek la “tête” de Freddie Mercury, mais plus globalement de retranscrire l’atmosphère de deux époques : d’abord les 70s et la période glam-rock du groupe, puis les 80s et les fautes de goût hallucinantes. A ce titre, la reconstitution du Live Aid, sommet du film comme de la carrière de Queen, est stupéfiante (l’Anglais est allé jusqu’à me confirmer les mouvements de caméra et les détails sonores).
Certaines séquences m’ont touchée, notamment celle de l’enregistrement de l’album A night at the opera, où l’on voit les exigences de Freddie, la fatigue, l’agacement, l’ambiance… J’avoue avoir beaucoup ri quand John Deacon et Brian May chambrent à n’en plus finir Roger Taylor sur sa chanson “I’m in love with my car”.

Au final, c’est un karaoké géant de deux heures sur les plus grands titres de Queen à voir en famille (n’oubliez pas de rester jusqu’à la fin du générique, vous aurez droit à deux chansons supplémentaires), mais pas franchement une biographie inspirée. Rami Malek se paiera peut-être le luxe de l’Oscar, mais je n’ai pas été particulièrement touchée par ce film, j’ai juste eu envie de réécouter A night at the opera en rentrant.
Le meilleur moment du film, pour nous, fut à la fin de la séance la petite discussion avec un couple d’un certain âge, qui avait vu Queen en live à l’hippodrome de Vincennes, et d’échanger sur nos ressentis, ainsi que sur leur expérience du groupe.

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Bajirao Mastani

Inde, au début du 18ème siècle. La cour du roi hindou marathe Chhatrapati Shahu a besoin d’un nouveau Peshwa, équivalent du 1er ministre. Le jeune Bajirao, guerrier émérite doté d’une grande sagesse spirituelle, est choisi. Quelques années plus tard, durant un de ses voyages, Bajirao rencontre Mastani, fille du roi rajpoute hindou Chhatrasal et de sa conjointe musulmane perse Ruhani Bai. Elle lui demande son aide pour combattre l’envahisseur musulman qui menace leur fort. Bajirao, impressionné par ses qualités de guerrière, accepte de l’aider et ils réussissent à vaincre les ennemis. Chhatrasal, reconnaissant, insiste pour que Bajirao passe Holi (la fête des couleurs) avec eux à Bundelkhand. Mastani et Bajirao tombent amoureux. Il lui offre sa dague, inconscient du symbole de mariage que cela représente pour les rajpoutes de Bundelkhand. Bajirao repart pour Pune, où Kashi Bai, son épouse dévouée qui l’attendait impatiemment, l’accueille. Mastani, déterminée à suivre son cœur, arrive à Pune.


Quand j’ai découvert, un peu par hasard grâce à un article de Slate, que ce film sortait en France, je me suis ruée sur mon téléphone pour proposer une séance ciné à Ioionette, qui a bien entendu accepté (je rappelle que c’est à son mariage qu’on a fait une choré Bollywood). Ensuite, avec ma mémoire de poisson rouge et les déboires de la gare Montparnasse, j’ai failli ne jamais venir à la séance, mais ceci est une autre histoire.

De ce même réalisateur, Sanjay Leela Bhansali, j’avais vu et adoré Devdas, même si au bout de trois heures, l’histoire s’essoufflait un peu. L’idée de départ est la même : s’appuyer sur un grand classique de la littérature indienne, lui-même inspiré d’une légendaire histoire d’amour, et l’adapter façon grand spectacle. Franchement, on a pris notre pied. Les costumes sont magnifiques, les décors intérieurs somptueux (les extérieurs souffrent en revanche d’un trop-plein d’effets spéciaux), les chansons et les chorégraphies entraînantes.
L’histoire en elle-même est intéressante car elle traite de l’intolérance religieuse, sujet ô combien brûlant en Inde ces temps-ci, et qui est ici beaucoup exprimé par la thématique des couleurs (safran, vert, noir). Au travers de la romance, le film tente de faire passer un message de coexistence pacifique, les héros revendiquant systématiquement la force de leur amour face aux impératifs de leurs religions respectives. Les personnages secondaires sont fouillés, en particulier celui de la première épouse de Bajirao, Kashi, coincée entre sa jalousie, son amour pour son mari et le poids des traditions.

Après, le film n’est pas exempt de défauts : le recours aux effets spéciaux est trop visible, devenant parfois ridicule ; les scènes de combats stylisées ne sont guère crédibles (on se doute que ce n’est pas le but), et fortement inspirées de l’esthétique de Frank Miller (pourquoi pas, mais ça fait bizarre). La fin se traîne en longueur, on sent que le réalisateur cherchait à atteindre les 3 heures réglementaires.
Ioionette et moi nous sommes également amusées à comptabiliser les ressemblances entre Devdas et Bajirao Mastani à l’occasion des chansons, et force est de constater que “Dola re” et “Pinga” se ressemblent énormément.

Quoi qu’il en soit, nous avons passé un excellent moment et n’avons pas boudé notre plaisir ! Si vous aimez les grandes fresques en costumes, ou si vous êtes fan de films de Bollywood, c’est à voir.

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Moi, Tonya

En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…


Je connaissais l’histoire de Tonya Harding et Nancy Kerrigan – je me souviens même de quelques images aperçues à la télé à l’époque – et je sais que ça m’avait beaucoup frappée (mauvais jeu de mots). Aussi avais-je envie de voir comment celle-ci pouvait être adaptée au cinéma.

La mise en scène est impeccable, alternant les plans de face – qui sont des reconstitutions d’interviews vraiment données par les protagonistes – où chaque personnage déroule sa vérité, et les passages plus narratifs dans lesquels l’histoire se déroule. Le réalisateur réussit le tour de force d’insérer trois plans-séquences franchement intéressants, dont un autour d’une scène de patinage sur la musique de Vivaldi, et un où le mari de Tonya erre dans leur maison vide.
Les moments où Tonya Harding patine sont stupéfiants, collant aux réelles chorégraphies de l’athlète avec un grand souci du détail. Je suppose que Margot Robbie a été doublée pour ces scènes, mais elles n’en demeurent pas moins saisissantes.
Les acteurs sont tous excellents, avec une mention spéciale à Allison Jeanney – qui a d’ailleurs remporté l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour ce film – glaçante en mère abusive et exigeante. On pourrait croire ses propos déformés pour l’occasion, mais les images d’archives diffusées au générique montrent le contraire.

En revanche, si j’ai passé un très bon moment, ce film m’a posé certains problèmes. Tout d’abord, Tonya Harding a toujours été à la marge du milieu du patinage artistique, tant par son attitude et ses origines modestes – ce qui est souligné tout du long – mais aussi en raison d’un physique considéré comme ingrat et éloigné des canons de la patineuse éthérée. Or, si Margot Robbie est une excellente actrice, c’est aussi une fille sublime qui, même avec une frange en bataille et un maquillage criard, reste sublime. Mais disons qu’il s’agit d’une licence poétique.
Le principal souci du film, en revanche, est qu’il tend à dédouaner et, surtout, à excuser Tonya Harding de toute intention malveillante envers Nancy Kerrigan. Or celle-ci, même si elle a toujours nié en bloc son implication, n’était pas toute blanche, et aurait même reconnu à demi mot ces dernières années qu’elle était bel et bien au courant de quelque chose. Cette histoire a clairement ruiné toute sa vie, et elle en subit encore les conséquences aujourd’hui, mais le film s’efforce de la présenter comme la proie de son entourage, quasi une victime expiatoire, et cela m’a dérangée.

Toutefois, malgré ses défauts, c’est un film qui m’a beaucoup plu.

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Crash Test Aglaé

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle.


Nous avions vu la bande-annonce de ce film avec Monsieur il y a quelques semaines, et elle nous avait fait beaucoup rire. Toutefois, lorsqu’il m’a suggéré samedi dernier d’aller le voir, j’ai eu un moment d’hésitation : et si on avait vu tous les gags dans la bande-annonce ? et si c’était plombant ?

En fait, non, rien de tout ça. Aglaé est une jeune femme qui ne vit que pour son métier de technicienne pour crash-tests, et dont le monde s’écroule lorsque l’usine est délocalisée en Inde. Sa décision absolument inébranlable de conserver son emploi et, du coup, de partir dans la nouvelle usine, déclenche une succession de situations burlesques, fantasques ou tendres, qui s’enchaînent avec beaucoup de fluidité. Au-delà du caractère bien entendu improbable de la situation, le réalisateur offre un récit picaresque au féminin, servi par de grandes actrices. India Hair, dans le rôle principal, est éblouissante, parvenant à faire aimer un personnage mal à l’aise avec elle-même et les autres. Elle est épaulée par Julie Depardieu (avec des parasols en papier dans son chignon) et Yolande Moreau (en vieille fille obsédée du ménage) qui campent toutes deux des personnages hauts en couleurs et attendrissants.

Ce film est une vraie bouffée d’oxygène. Il donne une vision satirique du monde du travail, chacun en prenant pour son grade, sans verser dans le pamphlet ou la mièvrerie. Les seconds rôles sont tordants (j’ai eu un faible pour Eric Berger en liquidateur d’usine), les situations cocasses ou parfois ridicules, mais évoquant néanmoins le monde de l’entreprise dans lequel nous vivons.
De plus, j’ai apprécié le côté coloré de la mise en scène, ce personnage principal entêté et concentré sur un objectif unique, les paysages grandioses, la musique…

Un excellent moment de cinéma, idéal pour se remonter le moral avant la rentrée.

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Spider-Man : Homecoming

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…


J’avoue, j’avais plus envie d’aller voir Wonderwomand qu’une énième resucée de l’homme-araignée, dont je n’avais pas apprécié le dernier opus. Mais les différentes critiques sur les réseaux sociaux ont fini par me convaincre et, profitant de ce que ma mère gardait la Crevette, nous sommes allés voir par nous-mêmes de quoi il retournait ce week-end.

Franchement, nous n’avons pas été déçus. Même si le film est long (un poil trop à mon goût), on retrouve ce qui m’avait plu dans le premier épisode avec Tobey Maguire : l’ambiance lycée, les hésitations adolescentes, la difficulté à s’adapter à sa condition de super-héros… En outre, le scénario a fait le choix judicieux de s’écarter un peu de la trame canonique : Peter n’est pas (encore) journaliste (il fait des vidéos avec son portable, comme n’importe quel ado), Tante May est déjà veuve même si on n’en sait pas plus, Mary Jane n’est pas encore dans là. Si le héros et son ennemi sont toujours deux hommes blancs, le reste du casting est très diversifié, ce qui est une bonne chose.

De plus, comme souvent dans l’univers Marvel, l’humour n’est jamais loin. J’ai ainsi particulièrement les petites vidéos de Captain America qui émaillent le film, celui-ci campant désormais le rôle d’un garde-chiourme pour lycéens. La BO est également bien choisie, mêlant vieux tubes et chansons contemporaines.
Si j’ai vu venir le principal rebondissement dans les vingt premières minutes, mon plaisir n’en a pas été gâché, et j’ai passé un très bon moment. Du coup, si vous devez fuir une journée pluvieuse ou vous réfugier dans un espace climatisé cet été, n’hésitez pas, Spider-Man : Homecoming est le film qu’il vous faut.

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Les Gardiens de la Galaxie vol. 2

Musicalement accompagnés de la “Awesome Mixtape n°2”, les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.


Nous avions raté le premier opus au cinéma car Mademoiselle n’était pas bien vieille et que nous n’avions pas forcément l’énergie de nous traîner au cinéma à tout prix. Aussi, quand, la semaine dernière, ma belle-mère est venue passer la soirée à la maison, ni une, ni deux, nous en avons lâchement profité pour nous faire une toile. Comme on avait adoré le premier film, l’attente était grande.

La scène d’intro est un moment jubilatoire, où l’on retrouve Baby Groot et son sens du groove (mais pas que). L’histoire s’enchaîne ensuite avec fluidité, avec l’apparition d’un nouvel ennemi, le retour d’anciens ennemis, ou les révélations sur le passé de Star Lord. Les effets spéciaux, les maquillages et décors sont, une fois encore, à couper le souffle, les répliques fusent et font mouche, les clins d’œil sont légion. Bref, c’est vraiment un film de (très) bonne facture, un divertissement avec une bande-son toujours aussi géniale, des personnages attachants avec leurs défauts et leurs qualités.

Toutefois, je dois avouer que le scénario m’a un peu laissée sur ma faim. Si j’avais adoré le premier, avec l’histoire des pierres d’infinité et la première véritable apparition du grand méchant Thanos, je dois avouer que, cette fois-ci, c’était un peu plus linéaire, un peu plus prévisible, un peu moins fouillé, en tout cas à mon sens. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai passé un excellent moment, j’ai traqué toutes les références et je le reverrai avec plaisir à la maison. Mais j’avoue avoir hâte de découvrir les personnages dans leur prochaine aventure, qui devrait les confronter à d’autres héros Marvel.

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Sully

Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au “miracle sur l’Hudson” accompli par le commandant “Sully” Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l’opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l’histoire de l’aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.


J’aime beaucoup les films de Clint Eastwood, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Comme tout le monde, je me souviens de cette histoire incroyable, mais je n’avais pas connaissance des détails (je ne me rappelais même pas que cela avait eu lieu en plein hiver !).
La narration, entre “ce qui aurait pu arriver”, flashbacks sur ce qui s’est réellement passé et présent de l’enquête, est bien construite et fluide. On suit le cheminement intérieur de Sully qui, de pilote ordinaire, est propulsé héros de l’Amérique mais, dans le même temps, professionnel incapable et dangereux. L’histoire est servie par d’excellents acteurs, Tom Hanks, naturellement, et Aaron Eckhart (que j’ai mis beaucoup de temps à reconnaître à cause de sa moustache).
Néanmoins, j’aurais tendance à reprocher à Clint Eastwood son net parti pris “anti-institution” : l’enquête de la sûreté aérienne américaine, contrairement à ce qui est présenté, est une procédure normale et obligatoire pour tout accident. Par ailleurs, le film s’ingénie à nous montrer un pilote seul face à ses accusateurs, obligé de défendre son point de vue et d’exiger des conditions particulières des simulateurs, conditions en fait décidée par les enquêteurs.

Donc, si c’est un bon film qui reconstitue bien l’accident et dépeint des héros très humains, avec leurs failles et leurs interrogations, l’orientation clairement politique (surtout en 2016) me laisse beaucoup plus dubitative. Mais si on ne prend pas pour argent comptant tout ce qui est raconté, on passe un très bon moment.

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Passengers

Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…


Autant le dire tout de suite : malgré tout ce que la bande-annonce a voulu vous faire croire, il ne s’agit pas d’un film d’action. Celle-ci est en effet concentrée sur la dernière demi-heure d’un opus qui dure 2 heures.
Non, Passengers est avant tout l’histoire d’un naufragé et de sa façon de faire face à la solitude. Que faire lorsqu’on se retrouve seul au milieu de 5000 âmes endormies, comment peut-on ne pas basculer dans la folie ? Comment surmonter le désespoir, se confronter à l’autre et à soi-même ? A ce titre, la première moitié du film est la meilleure ; les acteurs sont justes, l’histoire plutôt crédible et pas forcément manichéenne, les effets spéciaux offrent un décor de luxe à l’idylle naissante (ces vues du vaisseau !).

Néanmoins, la dernière partie du film, faite d’explosions, de danger mortel et de remises en cause est plus artificielle. Les facilités scénaristiques s’enchaînent, entre un Deus ex machina, des gros “boum” et une fin beaucoup trop hollywoodienne à mon goût (c’est dommage, il y avait matière à faire mieux sans plonger dans la dépression).
Du coup, je suis partagée : si j’ai beaucoup aimé le début du film, aussi bien au plan de l’histoire qu’au plan de l’image, je suis assez contrariée par les trente dernières minutes qui auraient mérité d’être moins bâclées. En somme, Passengers est un bon divertissement qui ne va pas jusqu’au fond de son sujet.

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Premier contact

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…


La bande-annonce (ainsi que l’injonction dityhyrambique de Joann Sfar) m’avait donné envie d’aller voir ce film si bien que, au lendemain de la séance Rogue One, j’y ai traîné l’Anglais, qui ne savait pas du tout à quoi s’attendre.
C’est un film que nous avons adoré, le meilleur des (quelques) opus visionnés en salle obscure cette année. L’histoire est intelligente, interrogeant notre rapport à l’autre et à soi sous toutes ses formes, notre rapport au signifiant et au signifié, mais qui pose aussi la question de la foi (pas en tant que religion, attention). La photographie est belle, avec une lumière très travaillée, des effets spéciaux légers mais parfaitement intégrés à l’image, le tout pour un film qui joue beaucoup avec la symétrie.

Mais surtout, bon sang : l’héroïne est une femme. Linguiste. Qui s’efforce de surmonter ses démons intérieurs pour mettre son savoir au service de tous. Qui ne manipule aucune arme. Je suis très fan d’Amy Adams, et elle est absolument parfaite dans le rôle. Les deux personnages masculins incarnés par Jeremy Renner et Forrest Whitaker (dont c’est le mois au cinéma, vu qu’il apparaît également dans Rogue One) ne sont pas en reste, et à aucun moment l’un d’entre eux ne rabaisse l’héroïne parce qu’elle est une femme. Honnêtement, si ce film ne passe pas le test de Bechdel pour la bonne et simple raison qu’il n’y a qu’un seul rôle féminin, il me semble toutefois cocher plein d’items sur la liste “Raisons pour lesquelles je ferai regarder ce film à ma fille un jour”.
Après, il faut reconnaître quelques limites : la bande-annonce, aussi bien foutue soit-elle, m’avait spoilé la première moitié du film, et l’histoire repose sur un twist que j’ai vu venir dès les premières secondes. Néanmoins, à aucun moment cela n’a gâché mon plaisir ni même remis en question la “suspension d’incrédulité” réclamée au spectateur. J’ai plongé tête baissée, et j’en ai redemandé.

Bref. Oubliez Rogue One et allez voir Premier Contact. C’est certainement le meilleur film de SF de l’année.

PS : le réalisateur Denis Villeneuve est à l’oeuvre pour le reboot/suite de Blade Runner, et serait en pourparlers pour (re)faire un Dune. Du coup, j’ai un peu moins la trouille pour ces deux univers.

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Rogue One : a Starwars story

Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

Plus le temps passe, plus je me dis que j’ai un comportement bizarre avec Star Wars : je n’ai découvert la franchise qu’à la sortie de la “prélogie” en 1999, et je m’étais déjà fait spoiler le “Je suis ton père” ; j’avais bien aimé (mais je suis bon public), sans plus ; à mes yeux, la trilogie originelle avait énormément vieilli (c’était avant que George Lucas repeigne tout à la palette graphique). Et pourtant, chaque fois qu’un nouvel épisode sort, je vais le voir, à la fois pleine d’enthousiasme et de réticence, en me demandant ce que je vais découvrir.

Je partais voir Rogue One avec un a priori plutôt positif : pas de Skywalker et assimilé, un spin-off juste avant ce qui est considéré comme la meilleure trilogie à l’heure actuelle… ça s’annonçait plutôt bien. Et franchement, c’est un film agréable. Il y a de l’action, des bons sentiments mais pas trop, une héroïne bad ass, un casting de fou, des effets spéciaux qui déboîtent, un fin pas forcément attendue (en fait si, mais quand même) et quelques clins d’œil à la saga que j’ai moi-même remarqués. On passe un bon moment, on retrouve un univers-doudou, on note les références politiques, la musique évolue dans le respect de la tradition, c’est bien.


Après, le film n’est pas exempt de défauts. Si j’ai beaucoup aimé les personnages principaux (et Alan Tudyk en droïde!), j’ai trouvé le foisonnement des personnages secondaires un peu de trop. En particulier, le duo “gros dur en armure d’Iron man et moine shaolin jedi” m’a paru assez caricatural. Il y a quelques trous dans le scénario et quelques distorsions qui ne collent pas forcément à ce que l’on connaît jusqu’à présent. Enfin, chose qui m’a un peu dérangée, deux acteurs de la première trilogie ont été “collés” en motion capture sur le visage d’autres acteurs. J’ignore si cela a été fait avec leur consentement – normalement, depuis l’affaire Crispin Glover, c’est obligatoire – mais je pense qu’on aurait pu éviter la chose.

Au final, Rogue One est un bon divertissement, même si ce n’est pas le film de l’année. Je pense que, malheureusement, à moins d’un coup de génie, aucun film de la franchise ne parviendra jamais à être qualifié de chef-d’oeuvre, vu que les attentes sont immenses et que le public s’est totalement approprié l’univers.

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