Le mois de la romance – Read a romance month

Comme l’univers est joueur et que le destin aime bien me balancer des vannes, il se trouve que, deux jours après vous avoir annoncé avec perte et fracas que je n’arrivais plus à écrire, ma contribution au “Mois de la Romance” vient d’être publiée.

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Le Mois de la Romance, qu’est-ce que c’est ? C’est l’adaptation française d’une tradition estivale américaine, le Read a Romance Month, créée par la blogueuse et chroniqueuse Bobbi Dumas aux Etats-Unis. Depuis 2013, chaque mois d’août, des auteurs de romance sont invitées à s’exprimer sur leur rapport au genre, ce qu’elles y aiment, mais aussi à répondre à une courte interview. En France, c’est le site Les Romantiques, déjà organisateur du Festival du roman féminin, qui a pris le relais.
Donc, si vous voulez découvrir mon blabla, enrichi de photos pas piquées des vers, c’est ici !

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Festival du livre romantique à Chillon (Suisse)

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Ce week-end, j’étais invitée au Festival du livre romantique au château de Chillon, en Suisse. Il s’agissait de la première édition de l’événement, créé dans le cadre du bicentenaire du séjour de lord Byron au château, et organisé par le Salon du livre de Genève.

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Le château est un monument magnifique. Bâti au 15ème siècle au bord du Lac Léman (voire dedans), il est encore intact aujourd’hui et a été très bien restauré au 19ème siècle. Les remparts sont ceints de tours et abritent une mini-ville autour d’une cour.
Il s’agit d’un ancien château des princes de Savoie, et cela se sent dans le soin apporté aux décors comme dans les imposantes défenses encore debout. En ce moment, une exposition retrace le séjour de lord Byron dans la région à l’été 1816, ainsi que la naissance du mouvement romantique.

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IMG_3717En compagnie de Camille Adler et Emily Blaine, nous étions conviées à débattre sur “Le succès fou de la romance”. Nous avons donc parlé définition de la romance, défense du genre, problèmes inhérents à l’écriture, etc.
Comme à son habitude, Camille était costumée en rapport avec l’événement (elle avait choisi une tenue en hommage à lord Byron) et a eu son petit succès ! Les nombreux visiteurs, majoritairement asiatiques, n’étaient sans doute pas visés par le festival, mais nous avons quand même réussi à fédérer un petit public (et à le faire rire).

En outre, il faut souligner l’extrême gentillesse des organisatrices (et de l’organisateur) qui se sont mises en quatre pour nous accueillir. Nous avons été traitées comme des princesses : hébergement dans un quatre étoiles au bord du lac, transports gratuits en ville (bon, on a marché), défraiements généreux pour les repas, et soin constant apporté à notre bien-être.

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Les romancières en goguette…

Coucher de soleil sur le Léman

Coucher de soleil sur le Léman

La forteresse de Chillon est sise sur la commune de Montreux, célèbre pour son festival de jazz – dont je possède une affiche – mais aussi… pour ses studios d’enregistrement. Et pas n’importe lesquels, ceux où Queen enregistra l’album Made in Heaven. C’est donc tout naturellement qu’on y trouve une statue de Freddie Mercury, à laquelle je suis allée rendre hommage sous l’œil un peu désabusé de mes collègues.

Made in Heaven

Made in Heaven

Dimanche matin, de ma fenêtre...

Dimanche matin, de ma fenêtre…

En tout cas, ce séjour, bien que trop bref, m’a fait un bien fou : j’ai vu le soleil (après une semaine de flotte torrentielle, c’était bienvenu), j’ai rigolé avec Emily et Camille, je me suis fait de nouvelles copines, j’ai découvert un endroit sublime mais, surtout, j’ai amorcé ma réconciliation avec la Suisse. Ce pays demeure pour moi celui où j’ai passé la quasi-totalité de mes vacances scolaires pendant les huit années qui ont suivi le divorce de mes parents, et je n’en garde franchement pas que des bons souvenirs. Jusqu’à ce que je reçoive l’invitation, j’avais juré mes grands dieux que jamais je ne reposerais un orteil au pays du gruyère. A présent, je suis quand même beaucoup plus ouverte à la question.

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Festival du Roman Féminin 2016

Je suis optimiste, je pars du principe que l’événement sera reconduit.
La semaine dernière – mercredi et jeudi – j’étais donc invitée à participer au Festival du Roman Féminin (que j’ai pas arrêté de nommer “Salon”) à la fois en tant qu’auteur et traductrice de romance. L’idée est de proposer, à l’image des conventions américaines ou de la convention allemande Love Letters, un espace qui permette le dialogue entre auteurs et lectrices de romance, assorti de contrepoints d’acteurs du livre.

Roman Féminin

Si j’ai déjà fréquenté la version réservée aux auteurs, je ne connaissais pas du tout le principe de la convention avec lectrices. Bon, j’ai beaucoup assisté aux conventions de japanime il y a une quinzaine d’années (je suis un dinosaure, j’ai fait Japan Expo 3ème Impact, pour vous donner une idée), ça se ressemble un peu, en fait.
Je devais participer à un “meet & greet” – rencontre informelle avec des lectrices (qui permet aussi de dédicacer tout un tas de supports) – une table ronde sur la romance historique, une autre sur la traduction, la présentation de ma maison d’édition, Milady Romance, et enfin un jeu avec des lectrices. La convention se clôturait, le jeudi soir, par deux heures de dédicaces avec des livres offerts (mon éditeur a offert 50 exemplaires de mon premier roman).
Je partais donc ainsi :

  • Je ne vais voir personne, de toute façon les auteures américaines seront prises d’assaut et nous, les Françaises, on sera là pour la figuration.
  • Oh punaise, je vais devoir parler en public. De ce que j’écris. En plus les questions ont l’air difficile, je vais passer pour une idiote.
  • Mais comment je vais m’habiller ? (Oui, j’ai des considérations très intellectuelles)
Le jeu organisé par le Boudoir : rédiger une fausse quatrième de couv à partir d'éléments imposés

Le jeu organisé par le Boudoir : rédiger une fausse quatrième de couv’ à partir d’éléments imposés

Au final, ça a donné ça :

  • Même si je ne suis pas une star de la romance comme Emily Blaine, j’ai quand même été arrêtée au détour d’un couloir ou d’une table ronde par des personnes qui m’ont dit qu’elles aimaient mon travail et/ou la façon dont je l’avais présenté.
  • Je me suis marrée comme une baleine pendant deux jours, entre les blagues débiles de mes collègues, les déclarations enflammées de certaines lectrices et le jeu du Boudoir écarlate où j’ai failli pleurer de rire.
  • J’ai réussi à parler en public. Presque sans trembler. Point supplémentaire : j’ai parlé en anglais et me suis auto-traduite à la conférence sur la romance historique.
  • J’ai pu échanger sur les pratiques du métier (ça se sent que je ressors du vocabulaire technique ?) avec d’autres auteurs, américaines ou françaises. Au final, on a un peu toutes les mêmes problèmes, entre crises d’inspiration, attaques de panique et trucs & astuces pour se mettre au travail.
  • J’ai pu expliquer et, je l’espère, démystifier mon métier de traductrice : non, le traducteur n’est pas un gros méchant qui trahit le propos de l’auteur en changeant les mots ; oui, il faut faire des choix ; non, nous ne sommes pas seuls maîtres à bord, généralement l’éditeur et le correcteur passent derrière nous, parfois davantage ; oui, nous nous retrouvons parfois dans des situations étranges quand il faut mimer une scène de cul ou de baston pour comprendre comment ça se passe.
  • J’ai (peut-être) conquis de nouvelles lectrices, qui ont profité de la dédicace pour embarquer mes livres.
  • Je manque cruellement de goodies. Je n’avais que des cartes de visite à offrir, alors que certaines sont terriblement organisées, avec cartes postales et badges. C’est un point à améliorer d’urgence.
  • J’éprouve le même sentiment de “gueule de bois post-convention” où je me demande ce que je fous là avec toutes ces filles si talentueuses.

Au final, je suis ravie de cette édition et j’espère de tout cœur qu’une édition 2017 aura lieu (puis 2018, etc.). Peut-être dans un autre lieu, parce que celui-là manquait de lumière naturelle et (surtout !) de toilettes pour autant de filles, mais qu’à cela ne tienne : passer deux jours au cœur du Marais, il y a pire comme pénitence.

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Dangerous books for girls

dangerous booksBien avant les étreintes sur couvertures et les arracheurs de corsages, les romans d’amour avaient la mauvaise réputation d’être une sous-littérature pour femmes au foyer et vieilles filles désespérées. Mais pourquoi ces livres – qui sont une échappatoire et un divertissement de choix pour des millions de femmes – ont-ils été marqués du sceau du mépris et de la honte ?
Dangerous books for girls passe en revue l’histoire secrète de la mauvaise réputation de ce genre […] et montre comment les romans d’amour ont inspiré et donné à des générations de femmes le pouvoir de rêver en grand, de refuser de se taire et de croire qu’elles en valent la peine.


Maya Rodale est auteure de romance et chercheuse. J’avais pu découvrir le début de son ouvrage l’an dernier, lorsqu’il a été publié sur Internet et relayé par beaucoup d’autres auteures que je suis. Du coup, lors de mon passage à la convention RWA en juillet, je me suis offert cet ouvrage (l’un des deux seuls livres que j’ai payés de ma poche).
L’auteur propose une défense du genre cliché par cliché, en montrant combien le roman en lui-même est mal perçu depuis ses débuts. Que l’on mette en doute la moralité des auteures, les espérances folles que ces récits feraient naître chez les lectrices (jamais chez les lecteurs, notez bien), ou le fait que la romance ne serait qu’un genre bon pour des femmes quasi-illettrées, c’est toujours la même idée qui prédomine : parce que “féminin”, le genre est déconsidéré. Parce qu’il s’adresse aux femmes, qu’il est produit par des femmes, qu’il met des femmes au cœur de ses récits et – surtout ! – parce qu’il propose une fin heureuse.

En gros, la morale n’est pas sauve, et Maya Rodale soutient (et je suis parfaitement d’accord avec elle) que l’immense problème de la romance, c’est qu’elle donne à voir aux femmes qu’autre chose est possible, qu’elles peuvent sortir de chez elle, arpenter le monde, avoir des orgasmes et le bonheur à la fin. Il est beaucoup question d’espoir et d’amour, deux traits visiblement mal considérés s’ils ne sont pas “punis” socialement d’une façon ou d’une autre.
Mais surtout, Maya Rodale conclut de façon très intelligente en expliquant que le problème de la mauvaise réputation de la romance est intimement lié à celui de la condition féminine : tant qu’on méprisera les femmes, on méprisera un genre qui s’adresse à elles.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, facile et rapide, souvent drôle. L’auteure se lance dans une “défense et illustration de la romance”, et offre beaucoup d’arguments en faveur du genre. En outre, elle propose une explication intéressante de certains phénomènes qui peuvent paraître incompréhensibles (le petit ami qui contrôle tout, le viol fréquent dans les romances 1970s…) et ont franchement éclairé ma lanterne. Ainsi, si je n’aime toujours pas 50 shades of Grey (en particulier parce que je trouve ça très mal écrit), je conçois l’attrait que cela peut exercer, même si ça ne me parle pas.
Un ouvrage intéressant, donc, et pas seulement pour les fanas du genre, à mon avis.

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Je lis (j’écris) de la romance, et je t’emmerde

A l’occasion du Salon du Livre (où je serai en dédicace ce week-end, youhou), j’ai eu envie de monter au créneau pour le genre de littérature que j’aime. Ce n’est pas le seul, loin de là, mais c’est le plus mal aimé.

Qu’est-ce que la romance ?

Selon le site Romance Writers of America, une romance comporte deux éléments de base nécessaire : une histoire d’amour au centre du récit, et une fin satisfaisante et optimiste. Partant de là, on peut décliner sous toutes les coutures : historique, fantastique, contemporain, médical, érotique… les possibilités et les variations sont infinies.

Julia Quinn - Bridgerton 4

Mais… c’est pas un peu gnangnan ?

Si on part du principe que le bonheur c’est gnangnan et les sentiments amoureux, c’est tabou, oui. Je pense surtout que nous avons, ancrée en nous, l’idée qu’un roman a beaucoup plus de valeur s’il s’attarde sur les malheurs des personnages.

Alors c’est un truc de gonzesse ?

Voilà bien une idée qui me donne envie de hurler. Déjà, 10% des lectrices de romance sont des lecteurs (et si !), donc ce n’est pas “que pour les filles”. En outre, pourquoi ce genre est-il considéré comme féminin ? Parce que les sentiments, c’est bon pour les femmes ? Parce que, génétiquement, les hommes sont moins intéressés par les histoires d’amour et plus par les histoires de c*l ? Ou parce que, socialement, il est mal vu pour les hommes de s’intéresser aux émotions ?
La romance offre autant de héros que d’héroïnes, et interroge les états d’âme de tous les protagonistes. Peut-être que les hommes qui prétendent ne rien comprendre aux nanas pourraient essayer de lire un ou deux romans du genre et y verraient plus clair…

Eloisa James - Beast

C’est un gros ramassis de clichés, quand même

Plutôt que de clichés, il me semble plus pertinent de parler de “codes” de la romance : une attirance (ou une détestation) physique quasi immédiate, un hasard qui fait généralement (très) bien les choses, des baisers réticents qui s’enflamment très vite… C’est une façon comme une autre de poser les jalons, de montrer que les héros sont destinés l’un à l’autre et qu’ils doivent finir ensemble. Dans la vraie vie, si un mec essaie de m’embrasser à l’improviste, même si je le trouve canon, il va se retrouver avec ma main en travers de la figure !
Comme dans tous les genres, certains auteurs s’en tirent bien mieux que d’autres pour distiller les ingrédients indispensables ! Et leur plume est parfois bien plus fine que ce qu’on pourrait trouver au rayon “littérature générale”… L’important, c’est de savoir jouer avec les codes.

Oui, enfin, le mariage et le bébé à la fin, c’est quand même un peu réducteur, non ?

Ca, je pense que c’est parce que c’est un genre né dans les pays anglo-saxons, où ce modèle prédomine. A titre personnel, j’adorerais écrire une romance où les héros décident de se pacser à la fin (pour les impôts) et de voyager jusqu’à la fin de leurs jours, mais mon lectorat ne suivrait peut-être pas.
En outre, au-delà du final plus ou moins convenu, il y a surtout l’histoire d’un héros et d’une héroïne qui se font grandir mutuellement. Il est loin le temps où la dame attendait le bon vouloir de son chevalier blanc : désormais, elle se retrousse les manches et va le chercher par le col s’il le faut ! Il est beaucoup question, dans ces ouvrages, d’empowerment (émancipation, prise de pouvoir) de l’héroïne : comment elle se dégage de ses doutes, des conventions sociales, de tout ce qui la retient, non par l’action du héros, mais grâce à son soutien (et parfois même contre lui).

Lisa Kleypas Dream lake

Soit. Mais quand même, c’est pas très réaliste.

Parce qu’un mec qui lance des sorts en claquant des doigts ou une inspectrice de police qui arrête trois serial killers en autant de romans, c’est réaliste, peut-être ? Non, ce n’est pas réaliste, parce que ce n’est pas le but ! Le principe à l’origine de la romance, c’est d’offrir de l’évasion au lecteur, de l’arracher à son quotidien. Si j’ai envie de lire une histoire ancrée dans la réalité, je ne me tournerai ni vers la romance, ni vers la fantasy ou le polar.

Il y a des scènes érotiques dans la romance… en fait, c’est de la littérature érotique déguisée !

*Soupir*
*Gros soupir*
Oui, il y a des scènes érotiques, et plus que dans d’autres types de romans. Après, allez raconter une histoire d’amour sans la partie technique, c’est quand même plus compliqué (même si ça se fait, par exemple dans la romance dite “inspirationnelle”, où les héros s’effleurent à peine la main).
Au-delà de ces considérations, il faut quand même noter une chose : dans la romance, quand l’héroïne dit non, le héros s’arrête (si, si, même si après il doit dormir sur la béquille) ; quand les héros s’envoient en l’air, l’héroïne prend toujours son pied. Eeeeh oui. En fait, au cœur de l’érotisme de la romance, il y a le plaisir féminin, et le clitoris. Ca vous en bouche un coin ?
Et oui, c’est agréable à lire, mais ce n’est pas l’unique raison pour laquelle on lit ça (même si ça peut parfois avoir un excellent effet sur la libido).

C’est quoi le problème avec les couvertures ?

Ah, les couvertures de romance… tout un poème. D’abord, si l’on regarde ce que l’on publie depuis environ 5 à 10 ans, on s’aperçoit que les couvertures perdent peu à peu leur caractère kitsch, leurs héroïnes dépoitraillées et leurs héros torse nu (peu à peu, hein, ça existe toujours) sur fond de ciel enflammé et de camaïeu d’orange. Sarah Wendell, du blog Smart bitches, trashy books, a développé une théorie, selon laquelle les couvertures sont plus destinées aux libraires, et à l’idée (souvent pas très flatteuse) que ceux-ci se font de la romance. Et que comme celles-ci sont très reconnaissables, elles permettent d’identifier immédiatement le type d’ouvrage.

Alors pourquoi tu lis ça ?

J’ai toujours été fleur bleue : comme Obélix, je suis sensible aux histoires d’amour qui finissent bien, ça me met du baume au cœur. Je ne saurais pas vraiment dire d’où ça vient, et je ne suis pas certaine que ce soit le but de ce billet. J’ai lu beaucoup de shôjo manga pendant mon adolescence, avant de passer à la romance “classique” à l’âge adulte.
En outre, je lis ça pour éprouver des émotions fortes : je tremble, je frissonne, je ris, je pleure, je suis en colère en même temps que les héros (surtout les héroïnes). Je sais qu’à la fin tout ira bien, alors je m’abandonne au plaisir d’une histoire qui me fera sourire et me permettra de m’évader. C’est bon pour le moral, parfois pour la libido, et c’est facile à lire. Le premier livre que j’ai lu après mon accouchement, c’était une romance. Ce n’est pas un hasard.

Un peu de pub !

Un peu de pub !

Et pourquoi tu en écris ?

Parce que j’ai voulu passer de l’autre côté du miroir ! A force d’en lire (et d’en traduire), je me suis rendu compte que, moi aussi, j’avais des histoires à raconter, qui me permettraient de m’exprimer et de mêler plusieurs de mes passions.
Et puis, même si c’est pas le Pérou, c’est une source de revenus. Je ne vis pas que d’amour et d’eau fraîche.

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Rose soie

Rose soieParis, 1884. Rose de Saulnay est une jeune femme en avance sur son temps et a un goût immodéré pour la mode, ce que ne manque pas de lui reprocher son mari violent. C’est grâce à sa rencontre avec Alexander Wright, le couturier le plus en vue de la capitale, que Rose trouve le courage de réaliser son rêve : elle ouvreune boutique de confection. C’est le début d’une période à la fois difficile et grisante. Mais la passion qui lie Rose et Alexander se transforme peu à peu en un amour qui ne peut pas s’exposer au grand jour…


L’avantage d’être auteur, c’est qu’on aller piller régulièrement de temps à autre la réserve de son éditeur et repartir les poches pleines. L’inconvénient, c’est que si on conseille quelque chose de la production maison, on peut toujours être accusé(e) de favoritisme. Alors disons-le tout de suite : on ne me demande pas de produire des critiques positives sur les romans publiés par mon employeur. Voilà, voilà.

Parce qu’il faut bien le dire, j’ai adoré ce roman. Je ne sais même pas par où commencer, et je sens que je vais faire un inventaire à la Prévert. C’est très bien écrit : l’auteur se réclame d’Emile Zola et, dans une certaine mesure, on retrouve son influence (étant moi-même une très grande fan du maître, je suis difficile). L’écriture est fine, élégante, détaillée sans jamais être pompeuse ou ennuyeuse.
Point que j’affectionne tout particulièrement : on est au plus proche de la réalité historique, qu’il s’agisse des mœurs, de la politique ou de la mode, on sent vraiment que le sujet a été étudié en profondeur. Le héros est clairement inspiré par Charles Frederick Worth, couturieur de l’impératrice Eugénie (entre autres), et tous les détails concernant la mode sont soigneusement pensés et réfléchis.
Enfin, les personnages, qu’il s’agisse des héros ou des personnages secondaires, ont de l’épaisseur et aucun ne fait de la figuration. J’ai apprécié le fait que l’auteur choisisse de mettre en scène une héroïne très timide et presque dévote, un mari violent, un héros taciturne, mais aussi des amies plus ou moins bien intentionnées… Il faut reconnaître l’effort d’aborder des sujets pas toujours simples comme la violence conjugale ou la condition féminine à la fin du 19ème siècle.

Vous l’avez compris, je vous recommande chaleureusement ce roman. Je ne regrette qu’une seule chose : qu’il soit si court ! J’attendais quelques rebondissements qui ne sont finalement pas venus, mais qu’à cela ne tienne, c’était très bien quand même.

Rose soie, de Camille Adler, est publié chez Milady Romance et sortira le 19 septembre

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