L’échange des princesses

1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France… Louis XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre qui ont laissé les deux royaumes exsangues.
Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de 4 ans.
Mais l’entrée précipitée dans la cour des Grands de ces jeunes princesses, sacrifiées sur l’autel des jeux de pouvoirs, aura raison de leur insouciance…


J’avais beaucoup aimé le roman de Chantal Thomas, dont est tiré le film et, par un hasard incroyable, j’ai achevé cette semaine un roman qui aborde également cet épisode des relations franco-espagnoles. Cette histoire des deux princesses échangées, en particulier celle de l’infante-reine Marie-Anne Victoire, dont tous les contemporains louaient la grâce et la maturité.

Visuellement, c’est une grande réussite. L’auteure a donné la main au scénario, et a sans doute eu l’oeil aux détails, si bien que les décors – une partie du film a été tournée à Versailles et Trianon, c’est assez rare pour être mentionné – et les costumes (enfin des robes dignes de ce nom avec des corsets raccords, des perruques “histo”…) sont magnifiques et nous plongent dans l’ambiance. La façon de filmer, très lente, peut en déstabiliser certains mais souligne à mon sens le gouffre au bord duquel se tiennent les protagonistes : les deux couples d’enfants obligés de tenir des rôles d’adultes.
Lambert Wilson, en Philippe V d’Espagne, cabotine comme toujours, mais cela fonctionne à merveille tant il épouse les névroses religieuses du roi. Le couple formé par Don Luis et Mlle de Montpensier est très juste, bien que légèrement romancé (ils ne se supportaient pas et elle avait des tendances boulimiques). Kacey Mottet Klein campe avec beaucoup de justesse un adolescent écrasé par son père et par sa charge, fascinée par sa jolie épouse trop piquante. Le second couple, plus jeune, est plus inégal : Igor Van Dessel hésite souvent entre jeu et récitation ; certes, on peut l’imputer à son personnage, jeune roi auquel on dicte ses décisions et ses prises de parole, mais lorsque son personnage exprime ses angoisses morbides, il n’a pas toujours l’air touché par ce qu’il dit. En revanche, j’ai eu un coup de coeur incroyable pour Juliane Lepoureau en Marie-Anne Victoire. Elle trouve le ton juste entre espièglerie et gravité, et incarne littéralement l’infante-reine d’une façon qui se rapproche de ce que les témoins du temps ont rapporté.

Néanmoins, j’ai quelques reproches. Le choix d’un rythme lent et presque contemplatif par moments étire beaucoup la narration, qui du coup devient moins dynamique que dans le roman. De même j’ai trouvé certaines ellipses, quoique nécessaires, ne sont pas toujours très heureuses – j’ai la chance de très bien connaître la période et les protagonistes, si bien qu’il m’était facile de suivre, mais je ne suis pas certaine que cela aurait été le cas pour tout le monde. Enfin, j’ai trouvé certains seconds rôles – en particulier le duc de Conti – un peu trop outrés et caricaturaux.
Au final, j’ai passé un bon moment, même si je peux, sans me forcer, déclarer que “le livre était mieux”.

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Star Wars VIII

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…


Ce n’est pas un secret, ni même un aveu difficile : j’ai toujours été relativement imperméable à l’univers de Star Wars. J’ai sans doute découvert la série trop tard pour m’y intéresser vraiment, et la trilogie des années 2000 ne m’a pas laissé de souvenir impérissable, même si j’étais très fan de l’univers visuel. Une exception notable : je me souviens avoir vu un génial reportage à la télé canadienne sur les effets spéciaux de la trilogie originelle et avoir été fascinée.

Néanmoins, comme toujours, je suis bon public, et la division enflammée entre spectateurs qui ont adoré le film et ceux qui ont trouvé que c’était un massacre m’a donné envie de me faire mon idée.
En fait, je me suis emmerdée. 2h30 de film, c’est long. Surtout quand il se passe à la fois plein de trucs (on passe d’un coin à l’autre de la galaxie en fonction de l’histoire) et rien du tout. Pour être honnête, je ne sais pas qui a fumé quoi pour le scénario, mais il n’y a rien de crédible : l’intégralité des décisions prises par les personnages, bons ou mauvais, est idiote, inutile ou les deux.

Il y a certes quelques aspects intéressants, comme la conclusion sur l’espoir semé dans la galaxie, la dualité du personnage de Kylo Ren (en revanche : pourquoi une scène torse nu ?), la part d’ombre de Luke Skywalker… mais globalement, j’ai trouvé que ces idées n’étaient pour la plupart pas assez exploitées / développées (on ne sait toujours pas pourquoi Luke a une main mécanique). Au final, mon jugement rejoint celui de l’Odieux connard : les licences ne sont rachetées que pour mourir. Pas au sens où j’estime qu’on trahit l’épopée d’origine (je ne suis pas assez fan pour porter un jugement sur ce point), mais juste parce qu’on a droit à un grand spectacle, très beau visuellement, mais sans âme.

Est-ce que j’irai quand même voir l’épisode IX ? Oui, car je suis faible, et que j’ai envie de découvrir ce que ça donne. Mais j’ai désormais la confirmation que ça ne me captivera pas particulièrement.

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Crash Test Aglaé

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle.


Nous avions vu la bande-annonce de ce film avec Monsieur il y a quelques semaines, et elle nous avait fait beaucoup rire. Toutefois, lorsqu’il m’a suggéré samedi dernier d’aller le voir, j’ai eu un moment d’hésitation : et si on avait vu tous les gags dans la bande-annonce ? et si c’était plombant ?

En fait, non, rien de tout ça. Aglaé est une jeune femme qui ne vit que pour son métier de technicienne pour crash-tests, et dont le monde s’écroule lorsque l’usine est délocalisée en Inde. Sa décision absolument inébranlable de conserver son emploi et, du coup, de partir dans la nouvelle usine, déclenche une succession de situations burlesques, fantasques ou tendres, qui s’enchaînent avec beaucoup de fluidité. Au-delà du caractère bien entendu improbable de la situation, le réalisateur offre un récit picaresque au féminin, servi par de grandes actrices. India Hair, dans le rôle principal, est éblouissante, parvenant à faire aimer un personnage mal à l’aise avec elle-même et les autres. Elle est épaulée par Julie Depardieu (avec des parasols en papier dans son chignon) et Yolande Moreau (en vieille fille obsédée du ménage) qui campent toutes deux des personnages hauts en couleurs et attendrissants.

Ce film est une vraie bouffée d’oxygène. Il donne une vision satirique du monde du travail, chacun en prenant pour son grade, sans verser dans le pamphlet ou la mièvrerie. Les seconds rôles sont tordants (j’ai eu un faible pour Eric Berger en liquidateur d’usine), les situations cocasses ou parfois ridicules, mais évoquant néanmoins le monde de l’entreprise dans lequel nous vivons.
De plus, j’ai apprécié le côté coloré de la mise en scène, ce personnage principal entêté et concentré sur un objectif unique, les paysages grandioses, la musique…

Un excellent moment de cinéma, idéal pour se remonter le moral avant la rentrée.

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Spider-Man : Homecoming

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…


J’avoue, j’avais plus envie d’aller voir Wonderwomand qu’une énième resucée de l’homme-araignée, dont je n’avais pas apprécié le dernier opus. Mais les différentes critiques sur les réseaux sociaux ont fini par me convaincre et, profitant de ce que ma mère gardait la Crevette, nous sommes allés voir par nous-mêmes de quoi il retournait ce week-end.

Franchement, nous n’avons pas été déçus. Même si le film est long (un poil trop à mon goût), on retrouve ce qui m’avait plu dans le premier épisode avec Tobey Maguire : l’ambiance lycée, les hésitations adolescentes, la difficulté à s’adapter à sa condition de super-héros… En outre, le scénario a fait le choix judicieux de s’écarter un peu de la trame canonique : Peter n’est pas (encore) journaliste (il fait des vidéos avec son portable, comme n’importe quel ado), Tante May est déjà veuve même si on n’en sait pas plus, Mary Jane n’est pas encore dans là. Si le héros et son ennemi sont toujours deux hommes blancs, le reste du casting est très diversifié, ce qui est une bonne chose.

De plus, comme souvent dans l’univers Marvel, l’humour n’est jamais loin. J’ai ainsi particulièrement les petites vidéos de Captain America qui émaillent le film, celui-ci campant désormais le rôle d’un garde-chiourme pour lycéens. La BO est également bien choisie, mêlant vieux tubes et chansons contemporaines.
Si j’ai vu venir le principal rebondissement dans les vingt premières minutes, mon plaisir n’en a pas été gâché, et j’ai passé un très bon moment. Du coup, si vous devez fuir une journée pluvieuse ou vous réfugier dans un espace climatisé cet été, n’hésitez pas, Spider-Man : Homecoming est le film qu’il vous faut.

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Les Gardiens de la Galaxie vol. 2

Musicalement accompagnés de la “Awesome Mixtape n°2”, les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.


Nous avions raté le premier opus au cinéma car Mademoiselle n’était pas bien vieille et que nous n’avions pas forcément l’énergie de nous traîner au cinéma à tout prix. Aussi, quand, la semaine dernière, ma belle-mère est venue passer la soirée à la maison, ni une, ni deux, nous en avons lâchement profité pour nous faire une toile. Comme on avait adoré le premier film, l’attente était grande.

La scène d’intro est un moment jubilatoire, où l’on retrouve Baby Groot et son sens du groove (mais pas que). L’histoire s’enchaîne ensuite avec fluidité, avec l’apparition d’un nouvel ennemi, le retour d’anciens ennemis, ou les révélations sur le passé de Star Lord. Les effets spéciaux, les maquillages et décors sont, une fois encore, à couper le souffle, les répliques fusent et font mouche, les clins d’œil sont légion. Bref, c’est vraiment un film de (très) bonne facture, un divertissement avec une bande-son toujours aussi géniale, des personnages attachants avec leurs défauts et leurs qualités.

Toutefois, je dois avouer que le scénario m’a un peu laissée sur ma faim. Si j’avais adoré le premier, avec l’histoire des pierres d’infinité et la première véritable apparition du grand méchant Thanos, je dois avouer que, cette fois-ci, c’était un peu plus linéaire, un peu plus prévisible, un peu moins fouillé, en tout cas à mon sens. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai passé un excellent moment, j’ai traqué toutes les références et je le reverrai avec plaisir à la maison. Mais j’avoue avoir hâte de découvrir les personnages dans leur prochaine aventure, qui devrait les confronter à d’autres héros Marvel.

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Sully

Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au “miracle sur l’Hudson” accompli par le commandant “Sully” Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l’opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l’histoire de l’aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.


J’aime beaucoup les films de Clint Eastwood, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Comme tout le monde, je me souviens de cette histoire incroyable, mais je n’avais pas connaissance des détails (je ne me rappelais même pas que cela avait eu lieu en plein hiver !).
La narration, entre “ce qui aurait pu arriver”, flashbacks sur ce qui s’est réellement passé et présent de l’enquête, est bien construite et fluide. On suit le cheminement intérieur de Sully qui, de pilote ordinaire, est propulsé héros de l’Amérique mais, dans le même temps, professionnel incapable et dangereux. L’histoire est servie par d’excellents acteurs, Tom Hanks, naturellement, et Aaron Eckhart (que j’ai mis beaucoup de temps à reconnaître à cause de sa moustache).
Néanmoins, j’aurais tendance à reprocher à Clint Eastwood son net parti pris “anti-institution” : l’enquête de la sûreté aérienne américaine, contrairement à ce qui est présenté, est une procédure normale et obligatoire pour tout accident. Par ailleurs, le film s’ingénie à nous montrer un pilote seul face à ses accusateurs, obligé de défendre son point de vue et d’exiger des conditions particulières des simulateurs, conditions en fait décidée par les enquêteurs.

Donc, si c’est un bon film qui reconstitue bien l’accident et dépeint des héros très humains, avec leurs failles et leurs interrogations, l’orientation clairement politique (surtout en 2016) me laisse beaucoup plus dubitative. Mais si on ne prend pas pour argent comptant tout ce qui est raconté, on passe un très bon moment.

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Bilan culturel 2016

Puisque c’est encore l’heure des bilans et des cartes de voeux, et à l’imitation de Sunalee, je dresse le récapitulatif culturel de 2016. Cette année fut moins sous le signe de la lecture que les précédentes (voir mon précédent article), mais a brillé par sa richesse musicale – notamment grâce à Leen qui m’a entraînée dans un tourbillon d’événements. J’ai aussi effectué quatre voyages à l’étranger et découvert de nouveaux coins de France. Enfin, à ma grande surprise – mais sans doute grâce à la cure de salles obscures de fin décembre – le bilan cinéma n’est pas si mauvais que ça.

Lecture
Mon décompte s’est arrêté à 32 bouquins, mais je pense qu’on tourne autour d’une cinquantaine d’ouvrages, peut-être plus avec les livres électroniques (que je ne consigne pas forcément). Grande évolution de l’année : j’ai délaissé la fiction pour d’autres genres, j’ai abordé des sujets complexes et parfois durs (la Shoah, l’époque communiste…) et je me suis enfin (re)mise à la lecture psychanalytique (ce qui explique le moindre nombre d’ouvrages, car c’est une littérature longue à lire et déchiffrer).
En fiction, mes livres préférés ont été Les dames de Kimoto et La part des flammes. Point commun : des destins de femmes entrecroisés au basculement du 19ème au 20ème siècle.
En non-fiction, j’ai pris une énorme claque avec Le chant du peuple juif assassiné (poésie yiddish), adoré (dans la douleur) Svetlana Aléxiévitch, en particulier La fin de l’homme rouge et me suis délectée de Le malaise dans la civilisation de Freud, qui a répondu à beaucoup de mes angoisses du moment.

Musique
J’écoute de moins en moins de musique, hormis en voiture et en traînant sur YouTube. Il faut croire que c’est un art que j’apprécie davantage en live qu’en boîte à présent. J’ai assisté à sept opéras, une comédie musicale et trois récitals/concert classiques, ainsi qu’à deux concerts/bals des Conteuses de pas.
Enorme coup de cœur cette année pour Eliogabalo en septembre dernier l’Opéra de Paris. C’était parfait.
Une magnifique découverte aussi lors du récital de Dmitri Hvorostovsky, où Leen m’a embarquée quasiment du jour au lendemain.

Spectacle vivant
J’aurais pu mettre la comédie musicale dedans, mais c’était compliqué. J’ai assisté à trois ballets, dont La belle au bois dormant a eu ma préférence, et une pièce de théâtre, Cyrano de Bergerac à la Comédie-Française, un grand moment.

Cinéma
Dix films, soit quasiment un par mois, c’est un exploit ! J’entends par là des films à l’affiche au cinéma, pas des découvertes à la télé (je trouve que ça n’a pas le même impact). Beaucoup de blockbusters et de films de super-héros, mais deux œuvres qui se détachent nettement : Les délices de Tokyo de Naomi Kawase et Premier Contact de Denis Villeneuve.

Expositions
Un total de six expositions ou musées (hors voyages) cette année. J’ai beaucoup aimé Le roi est mort au château de Versailles en début d’année et, dans un autre registre, notre visite au Musée des arts forains avec la Crevette.

Voyages
J’ai donc visité quatre pays : la Grèce (en Crète), la Suisse (au château de Chillon) et le Canada où je m’étais déjà rendue mais pas forcément à cet endroit précis, et l’Irlande, que je découvrais. A chaque fois le dépaysement et l’émerveillement ont été au rendez-vous, j’espère que 2017 sera tout aussi riche !
J’ai également découvert brièvement Toulouse, à l’occasion du mariage de C.euh, Lyon (et l’atroce musée des confluences…) et de magnifiques coins encore inconnus des Cévennes.

Pour l’instant, 2017 s’annonce (un peu) plus calme, mais j’ai encore cinq opéras programmés d’ici au mois de mai (peut-être davantage ?), des voyages en préparation et des expositions qui me font envie. Quant aux livres, eh bien… en avant pour le Reading challenge.

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Passengers

Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…


Autant le dire tout de suite : malgré tout ce que la bande-annonce a voulu vous faire croire, il ne s’agit pas d’un film d’action. Celle-ci est en effet concentrée sur la dernière demi-heure d’un opus qui dure 2 heures.
Non, Passengers est avant tout l’histoire d’un naufragé et de sa façon de faire face à la solitude. Que faire lorsqu’on se retrouve seul au milieu de 5000 âmes endormies, comment peut-on ne pas basculer dans la folie ? Comment surmonter le désespoir, se confronter à l’autre et à soi-même ? A ce titre, la première moitié du film est la meilleure ; les acteurs sont justes, l’histoire plutôt crédible et pas forcément manichéenne, les effets spéciaux offrent un décor de luxe à l’idylle naissante (ces vues du vaisseau !).

Néanmoins, la dernière partie du film, faite d’explosions, de danger mortel et de remises en cause est plus artificielle. Les facilités scénaristiques s’enchaînent, entre un Deus ex machina, des gros “boum” et une fin beaucoup trop hollywoodienne à mon goût (c’est dommage, il y avait matière à faire mieux sans plonger dans la dépression).
Du coup, je suis partagée : si j’ai beaucoup aimé le début du film, aussi bien au plan de l’histoire qu’au plan de l’image, je suis assez contrariée par les trente dernières minutes qui auraient mérité d’être moins bâclées. En somme, Passengers est un bon divertissement qui ne va pas jusqu’au fond de son sujet.

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Premier contact

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…


La bande-annonce (ainsi que l’injonction dityhyrambique de Joann Sfar) m’avait donné envie d’aller voir ce film si bien que, au lendemain de la séance Rogue One, j’y ai traîné l’Anglais, qui ne savait pas du tout à quoi s’attendre.
C’est un film que nous avons adoré, le meilleur des (quelques) opus visionnés en salle obscure cette année. L’histoire est intelligente, interrogeant notre rapport à l’autre et à soi sous toutes ses formes, notre rapport au signifiant et au signifié, mais qui pose aussi la question de la foi (pas en tant que religion, attention). La photographie est belle, avec une lumière très travaillée, des effets spéciaux légers mais parfaitement intégrés à l’image, le tout pour un film qui joue beaucoup avec la symétrie.

Mais surtout, bon sang : l’héroïne est une femme. Linguiste. Qui s’efforce de surmonter ses démons intérieurs pour mettre son savoir au service de tous. Qui ne manipule aucune arme. Je suis très fan d’Amy Adams, et elle est absolument parfaite dans le rôle. Les deux personnages masculins incarnés par Jeremy Renner et Forrest Whitaker (dont c’est le mois au cinéma, vu qu’il apparaît également dans Rogue One) ne sont pas en reste, et à aucun moment l’un d’entre eux ne rabaisse l’héroïne parce qu’elle est une femme. Honnêtement, si ce film ne passe pas le test de Bechdel pour la bonne et simple raison qu’il n’y a qu’un seul rôle féminin, il me semble toutefois cocher plein d’items sur la liste “Raisons pour lesquelles je ferai regarder ce film à ma fille un jour”.
Après, il faut reconnaître quelques limites : la bande-annonce, aussi bien foutue soit-elle, m’avait spoilé la première moitié du film, et l’histoire repose sur un twist que j’ai vu venir dès les premières secondes. Néanmoins, à aucun moment cela n’a gâché mon plaisir ni même remis en question la “suspension d’incrédulité” réclamée au spectateur. J’ai plongé tête baissée, et j’en ai redemandé.

Bref. Oubliez Rogue One et allez voir Premier Contact. C’est certainement le meilleur film de SF de l’année.

PS : le réalisateur Denis Villeneuve est à l’oeuvre pour le reboot/suite de Blade Runner, et serait en pourparlers pour (re)faire un Dune. Du coup, j’ai un peu moins la trouille pour ces deux univers.

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Rogue One : a Starwars story

Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

Plus le temps passe, plus je me dis que j’ai un comportement bizarre avec Star Wars : je n’ai découvert la franchise qu’à la sortie de la “prélogie” en 1999, et je m’étais déjà fait spoiler le “Je suis ton père” ; j’avais bien aimé (mais je suis bon public), sans plus ; à mes yeux, la trilogie originelle avait énormément vieilli (c’était avant que George Lucas repeigne tout à la palette graphique). Et pourtant, chaque fois qu’un nouvel épisode sort, je vais le voir, à la fois pleine d’enthousiasme et de réticence, en me demandant ce que je vais découvrir.

Je partais voir Rogue One avec un a priori plutôt positif : pas de Skywalker et assimilé, un spin-off juste avant ce qui est considéré comme la meilleure trilogie à l’heure actuelle… ça s’annonçait plutôt bien. Et franchement, c’est un film agréable. Il y a de l’action, des bons sentiments mais pas trop, une héroïne bad ass, un casting de fou, des effets spéciaux qui déboîtent, un fin pas forcément attendue (en fait si, mais quand même) et quelques clins d’œil à la saga que j’ai moi-même remarqués. On passe un bon moment, on retrouve un univers-doudou, on note les références politiques, la musique évolue dans le respect de la tradition, c’est bien.


Après, le film n’est pas exempt de défauts. Si j’ai beaucoup aimé les personnages principaux (et Alan Tudyk en droïde!), j’ai trouvé le foisonnement des personnages secondaires un peu de trop. En particulier, le duo “gros dur en armure d’Iron man et moine shaolin jedi” m’a paru assez caricatural. Il y a quelques trous dans le scénario et quelques distorsions qui ne collent pas forcément à ce que l’on connaît jusqu’à présent. Enfin, chose qui m’a un peu dérangée, deux acteurs de la première trilogie ont été “collés” en motion capture sur le visage d’autres acteurs. J’ignore si cela a été fait avec leur consentement – normalement, depuis l’affaire Crispin Glover, c’est obligatoire – mais je pense qu’on aurait pu éviter la chose.

Au final, Rogue One est un bon divertissement, même si ce n’est pas le film de l’année. Je pense que, malheureusement, à moins d’un coup de génie, aucun film de la franchise ne parviendra jamais à être qualifié de chef-d’oeuvre, vu que les attentes sont immenses et que le public s’est totalement approprié l’univers.

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