Twilight

Je n’ai pas pu résister, j’ai traîné l’Anglais au cinéma dès ce soir pour aller voir Twilight, le film adapté de la fameuse série pour ados. Si, si, si, je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Comme le scénario est adapté à la virgule près, avec tout de même quelques coupures pour rester dans le format d’un film, inutile que j’en parle. A tout hasard, vous pouvez aller faire un tour dans ma rubrique bouquins. Je vais plutôt me concentrer sur les bons et les mauvais points du film.

Premier souci, et de taille : le public. Nous avons failli péter un câble à cause des trois cailleras qui se sont amusés à commenter l’intégralité du film. Comme en plus ils étaient loin d’être des lumières, je ne suis même pas sûre qu’ils aient tout compris à l’intrigue…

Commençons par les personnages. C’est un peu la loterie…
Alice : exactement l’image que l’on s’en fait, sauf que je l’aurais vue plus petite.
Jasper : on dirait que l’acteur a passé l’intégralité du tournage à fumer, et sans doute pas que du tabac.
Emmet : comme Alice, bon choix pour l’acteur et le côté “baroudeur”.
Rosalie : trop facilement réduite au rôle de “blonde pouffe”.
Edward : meilleur jeu que Hayden Christensen. Au moins quatre expressions différentes (mais c’est pas grave, je ne suis pas difficile).
Bella : bien trouvée, jolie, joue bien.
Esmée : l’actrice a l’air trop âgée par rapport à son double livresque et aux autres personnages du film.
Carlisle : … No comment. Je vous laisse vous faire une idée…

Voilà pour les personnages principaux. Les personnages secondaires sont bien trouvés – à l’exception de la mère de Bella qui ne correspond pas du tout au portrait qui en est donné dans toute la série – les acteurs sont bons. Mention spéciale pour le casting Indiens, car apparemment ce n’était pas facile.
Pour ce qui est du film en lui-même, et contrairement à Largo Winch il y a 15 jours, c’est une bonne adaptation, on n’est pas déçu, c’est très fidèle à l’oeuvre originelle. Les paysages sont magnifiques – ça m’a rappelé un peu le Canada, mais en même temps ça se passe dans l’état de Washington – les décors sont bien dans l’ambiance – la maison des Cullen est vraiment une trouvaille. J’ai beaucoup apprécié les séquences humoristiques, la scène où Edward joue du piano (mais c’est mon côté fleur bleue qui ressort) et le combat au studio de danse.
Côté points négatifs, je citerai la manière dont c’est filmé : trop de ralentis, effets spéciaux mal placés, quelques scènes inutiles… J’ai aussi regretté que le rôle des Indiens soit réduit à sa plus simple expression et que l’arrivée des autres vampires soit révélée aussi vite.

Allez, pour conclure, une petite polémique. En arpentant le web, j’ai lu un critique au vitriol du film, rédigée par une bloggeuse américaine : elle dénonce le côté sexiste et macho d’Edward (qui n’apprécie Bella que pour son apparence ou son odeur), la fadeur de Bella (aucune décision personnelle) et craint qu’il ne s’agisse d’un nouveau Blanche-Neige, visant à persuader les jeunes filles en fleur que c’est ça le romantisme.
J’ai trouvé la critique un peu outrée, mais je ne suis pas totalement en désaccord. Et vous ?

14 thoughts on “Twilight”

  1. Je n’ai fait que lire le premier tome, mais….

    Effectivement, Edward est facilement résumable au rôle du grand ténébreux uniquement intéressé par le physique même dans le bouquin, et Bella fait preuve d’une prévisibilité navrante. Exactement ce qui fait que je n’accroche pas à Twilight (désolée Léo, je préfère quand c’est compliqué~~). D’un autre côté, c’est de la littérature pour ado, donc adaptée à ce public et ses attentes.
    De là à dire que les ados occidentales ne rêvent que de finir dans les bras d’un prince charmant macho, froid et nécessairement plus grand de deux têtes, qui brille à la lumière et réprime son envie de les bouffer…
    Oui en fait, c’est tout à fait ça! 😀

  2. Bon j’ai pas encore vu le film mais ai quand même lu puisque tu n’annonçais pas de spoiler! ^^

    Pour ce débat, c’est amusant le côté macho d’Edward je le perçois pas du tout comme ça tout simplement parce qu’il est un vampire, avec tout ce que cela sous-entend. Et la passion du sang pas besoin de revenir sur le désir irrationnel qu’elle provoque, l’extase de le boire, etc. Et son obsession vient du fait qu’il s’est enfin trouvé sa muse un peu comme un daeva craque pour un humain et hésite entre s’en nourrir ou en faire son infant(e). Donc oui on pourrait le voir macho mais je le pense simplement figé dans des émotions et obsédé par le sang comme tout vampire.

    En revanche, ok Bella est une parfaite greluche!! Et j’admet que ma perception est influencée par le gn. Je dirais donc que ça dépend de l’auteur, si elle connait bien les mythes des vampires et tout ce qui s’y rattache pour moi l’accusation n’est pas fondée, et si ce n’est pas le cas ok c’est un livre de midinettes de plus, certes original mais plein de clichés.

    Après de-là à penser qu’une nouvelle génération de jeunes filles va suivre ce modèle je suis moins sûre. C’est pas les autres références qui manquent pour approuver ou contredire l’hypothèse.

  3. Tu sais, des gens qui ont plus de quatre expressions au compteur, j’en connais peu. Dans la vraie vie. Donc, je dis oui à Edward et à son “crooked smile”!

    J’avais lu des critiques assez virulentes mais bon Twilight c’est un bouquin pour ado qui parle de frustration sexuelle. Qu’un garçon soit attiré par une demoiselle pour sa poitrine ( je fais un parallèle très parallèle) ou son odeur, c’est paaaaas bien mais c’est fréquent! les hormones, c’est bon, sauf dans le poulet!
    On nous a au moins évité Bella cuisinant toutes les deux pages pour son père dans le film.

    A la limite, ce qui me choque plus ( mais m’a bien fait rire dans le bouquin) c’est qu’Edward avoue, tout guilleret, qu’il a passé deux mois à mater Bella dans son sommeil. Hummm, creepy!!

    Bref, tu comprendras que j’ai apprécié le film comme une bonne adaptation du bouquin,Alice est craquante et Jasper m’a bien fait rire (ah la tête de drogué, pas mal en même temps), quant à Rosalie, ça me rappelle le cas Susan Storm: tu prends une demoiselle charmante avec ses cheveux noirs et son teint bronzé et tu lui files une perruques et des lentilles de merde. Résultat: bof bof.

    Poutine, c’est long… je vais m’arrêter!

  4. Ben je voulais lancer le débat, je suis servie !

    Pour les spoilers, je sais pas si on peut qualifier de cette manière mon article, étant donné que la plupart de mes lecteurs ont lu le livre (et que les autres ne sont pas intéressés). Le reste ne relève que de mon opinion personnelle, et ce que j’ai pu percevoir ne sera pas la même chose que pour un autre spectateur.

    Pour ce qui est du thème du conte de fées traditionnel, je pensais plutôt à l’analyse qu’en fait Bruno Bettelheim (in Psychanalyse des contes de fées), à savoir que l’on montre systématiquement un modèle féminin sans autonomie, qui ne fait rien pour se sauver elle-même et dont la situation n’évolue que parce qu’un homme (souvent de pouvoir) s’intéresse à elle. C’est en cela que Twilight s’en rapproche.

    Moi aussi, j’ai toujours trouvé Bella affreusement niaise, j’ai souvent vu venir les péripéties du roman avec quelques dizaines de pages d’avance. Le personnage d’Edward, quant à lui, bien que charmant, attirant, etc. est la seule raison qui sort Bella de l’ordinaire.

    Ce n’est pas tant la fascination qu’Edward a pour l’ “odeur” de Bella qui pose problème, que le fait qu’il ne cherche pas à la comprendre, l’exhibe comme un trophée et tente de lui dicter ses choix. C’est bien beau de se sentir “protecteur”, il n’est pas moins vrai qu’il est extrêmement jaloux…

    Je pense que la bloggeuse que je citais dans mon article est très influencée par le féminisme d’Outre-Atlantique et que cela a orienté son opinion. Personnellement, je reste fan de Twilight, même si aujourd’hui, contrairement à la période bien particulière où j’ai “rencontré” le livre, je peux porter dessus un regard critique.

    Il est évident qu’un livre n’influencera pas quelqu’un pour l’ensemble de sa vie (sauf dans certains cas particuliers), mais je pense que, inconsciemment, le modèle demeure et n’aide pas à se confronter à la réalité des relations amoureuses. J’ai beau être très enamourée de mon Anglais, c’est pas pour autant que j’apprécierais qu’il me dise : “Nan tu fais pas ça, parce que ça te convient pas”. Même en y mettant les formes. 😀

    En fait, notre manière de percevoir cette série est très (trop ?) orientée par notre pratique du JdR ou de la littérature vampirique, ce qui nous empêche peut-être de voir l’oeuvre telle qu’elle est : une série de romans à l’eau de rose pour adolescentes, qui a grandement édulcoré l’ambiguïté sexuelle liée au mythe du vampire.

  5. J’voulais l’voir avec toi :o(

    J’connaissais pas la date de sorti et quand j’ai vu ton pseudo mercredi, j’ai compris qu’il était trop tard ! J’voulais l’voir avec toi moi :o(

    Bon, ben tant pis j’ai plus qu’à proposer à quelqu’un d’autre lol Allez, j’tente le renardo ! lol

    PS : j’ai lu ni ton article, ni les commentaires, je ferai tout ça après avoir vu le film :o)

  6. Bettelheim n’a pas tort dans son interprétation mais je lui reproche quand même d’avoir une explication 100% psychanalytique sans assez prendre en compte l’auteur et son style (la malice et satire sociale dans le cas des contes de Perrault). Il est intéressant à lire mais avec des pincettes et d’autres ouvrages d’amalyse je trouve. Et en lisant cette référence je me suis justement dit qu’après tout une lecture possible serait que si Bella est fade c’est qu’elle souffre de la comparaison avec les différents personnages surnaturels qui l’entourent. Bon, j’admet que vu le bouquin y a peu de chance mais à ce point de la conversation j’aurais besoin de plus connaître l’auteur pour continuer à répondre. (A ce propos quelqu’un a-t-il/elle lu son roman adulte sorti y a quelques mois?)

    Pour le comportement protecteur d’Edward au point de s’approcher du dirigisme c’est malheureusement le cas dans notre société et pas que pour les hommes puisque le côté maternel des femmes peut aussi mener à ce comportement. Si on peut critiquer cette représentation dans un roman adolescent, il est difficile de nier que c’est une réalité et la télé ou certains magazines ont une influence “pire” dans le formatage du modèle amoureux (voire plus être plus réaliste des relations hommes-femmes, l’amour n’en n’étant qu’un aspect).

    Quant aux vampirisme, c’est amusant car c’est la raison qui m’a fait préférer ce livre à d’autres romans du même genre au moment où je l’ai commencé. Le goût pour le jdr a donc joué en faveur du livre même si ce dernier ne rend en effet pas justice au mythe. Mais il y a un point que j’ai apprécié c’est la relation des vampires au soleil, l’idée est inhabituelle et sympa.

    Bon, je m’arrête là, sans creuser plus du côté de l’auteur ou des romans à l’eau de rose et leur influence/style je commencerai à tourner en rond ou partirai sur un sujet plus large que les romans. ^^

    PS: pour le spoiler, je l’ai ressenti une fois en lisant je sais plus quelle critique de film où j’en apprenais trop à mon goût, c’est pour ça! 😉

  7. Cypriedwaaaaaard

    Et si Edward avait une tête de Cyprien (voir post a venir en février j’espère) est ce que Bella aurait une tête à gober les mouches en le regardant?
    Alors oui c’est superficiel, mais j’en reviens à ton point de vue Léo, c’est un roman à l’eau de rose pour adolescent, il doit faire rêver. A un age ou on peut encore se raccrocher à quelque rêves et fantasmes mesdames rêvent d’un homme viril (mieux que les petits jeunes de 14 ans boutonneux) mystérieux (sachant être fort mais aussi faible parfois, sachant prendre des décisions sans être envahissant etc etc…) et messieurs être un super bourrin qui les fait toutescraquer (accessoirement il suffisait d’entendre les weshwesh derrière nous dont le niveau mental atteignait au moins 12 ans dans les meilleurs jours.)
    Bref, y a-t-il vraiment un besoin d’une telle analyse pour un film (et livre) passable (a mon humble niveau de mec sans sentiments et a la sensibilité proche du néant)?

  8. Au final…

    Je plussoie totalement le Brit’. Pas non plus la peine de ressortir les cours de psychanalyse, ça reste du rêve en boîte formaté aux goûts que les occidentaux défendent depuis la Bible, au moins. En d’autres termes, les goûts d’une américaine moyenne élevée au sein d’un groupe d’américains moyens.

  9. Edward=l’anti prince charmant

    J’ai lu les trois tomes de Twilight et ça m’a bien plu. Mais ce qui me gène dans ces bouquins, c’est que la dimension érotique de ce livre est “aseptisée”.
    Certes, il est question dans ce livre du désir amoureux et il y a donc un certain érotisme (il suffit de voir dans quelle extase entre Bella à chaque fois que son vampire la frôle ou l’embrasse -_- (je vous raconte pas ce que ça sera le jour où il lui fera atteindre le septième ciel…)).
    Mais Edward est un “vampire bio”(cette expression géniale ne vient pas de moi mais de je ne sais plus quel critique à propos du film). Or, c’est justement ce désir de sang humain qui fait du vampire un personnage très érotique et attirant. D’ailleurs, dans les romand d’Anne Rice, il n’y a aucune relation sexuelle entre vampires car mordre l’autre et boire son sang remplit suffisamment cet office. Edward a donc perdu une partie de ce qui faisait le charme du vampire.
    Par conséquent, Edward n’est pas pour moi un archétype de prince charmant,sauf mesdemoiselles et mesdames, si vous rêvez d’une relation « pure et innocente » (private joke ^^) avec votre bien-aimé. Moi, je préfère un vrai vampire : je ne veux pas de vampire bio !
    PS : Ne détruisez pas mon rêve en me disant que les vampires n’existent pas s’il vous plait…
    PPS : T’as vu Léo : j’ai pas traîné pour poster mon commentaire :-p.

  10. Bouuuh !

    Je ne reviendrais pas sur mon avis concernant le film puisque je te l’ai donné via fesse-bouc.

    J’attends de voir le bouquin pour voir si le film est nul a cause du bouquin, ou nul a cause du réalisateur et de son choix concernant l’acteur qui a “fabuleusement” (charisme de caniche tondu) joué Edward. Autant de talent que pour Cédric Diggory dans Harry potter. Je me demande bien pourquoi ils l’ont choisit, sérieusement!

    En ce qui concerne la Demoiselle qui parle de sexisme, je trouve que ce film est une belle excuse pour qu’elle puisse exprimer son avis de femme outrée par des générations et des générations de gniagniagnia.

    Nous pouvons jouer sur le sexisme dans le sens inverse, puisque l’homme est dépeins comme un simple animal qui n’a dieu que pour le cul de la demoiselle. Les hommes aussi pourraient s’outrer, mais ce n’est pas nécessaire, puisque le personnage est un vampire.
    La demoiselle devrait donc relire cette définition qui consiste à faire ressortir ce qu’il y a de plus animal en nous (et qui fait toujours partit de nous dans notre cerveau, puisque, gniagniagnia, cerveau vivipare gniagniagnia). Hum.

    Bref, l’autre chose, c’est que madame s’outre, mais il faut dire les choses tel quels sont, un homme qui n’est pas un minimum “animal” aura peut de chance de nous faire vibrer. C’est bien pour ça que nous sommes fan de Dragulia et compagnie.
    Et inversement, une femme qui ne sait pas jouer de ses attraits tel que les cheveux,les hanches ou l’odeur aura également du mal à faire vibrer l’homme au premier regard (suffit de voir les pin up).

    Soyons tous honnête, cela fait encore partit de nous. Et je ne vais pas m’en plaindre, sinon je ne sortirais pas avec un Ours 😛

    Par contre la demoiselle (me souviens plus de son nom) brune, qui est la copine du dépressif, ne donne pas l’impression d’une abrutie finit, ni d’une suiveuse d’homme.
    Elle a l’air plutôt intelligente, indépendante mais amoureuse, et c’est plutot grâce à sa présence que son homme gère ses pulsions. Non ?

    Maintenant j’espère juste que le bouquin va me permettre d’avoir plus de travail sur la personnalité de chaque personnage, et d’en avoir plus sur les Indiens loups qui sont peu dépeins dans le film (mais qui ont pourtant l’air d’avoir un interet).

    Y’aurait il un Twilight 2 ?

    PS: c’est quoi cette idée débile de la peau de diamant ?!!!

  11. We Are Glitter

    Beaucoup de commentaires fort intéressants !

    Effectivement, on aurait eu 10 ans de moins le film pour midinettes nous aurait peut-être touché un peu plus. Néanmoins j’ai beaucoup apprécié la rencontre entre Bella et James. Comment expliquer à des ados qu’une seule exposition suffit pour prendre des risques ? Ben maintenant on a une métaphore toute prête à base de concentré de vampires.

    Question du jour : si on pend un vampire par les pieds et qu’on l’expose à un spot, ça fait boule disco aussi ? Allez, c’est décidé, pour halloween je n’oublierai plus les paillettes !

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