Le Portrait

Une fois n’est pas coutume, je parle beaucoup de livres. Mais que voulez-vous, c’est les vacances, je ne peux pas avoir que des choses intéressantes à dire, alors je laisse parler les autres

Dans son roman publié il y a bientôt deux ans, Pierre Assouline a pris le parti de raconter l’histoire d’un tableau… par lui-même. Même si j’ai beaucoup apprécié cette optique et la manière d’envisager le récit, je ne me suis pas précipitée sur le roman, de peur d’être déçue comme cela m’arrive très souvent avec les auteurs contemporains (que voulez-vous, en matière de littérature, je peux être très réac). Toujours est-il que j’ai été très agréablement surprise.
L’auteur semble s’effacer complètement, comme pour recueillir les impressions d’une personne, en l’occurrence le portrait de Betty de Rotschild, épouse de James de Rothschild, qui implanta la fameuse banque en France. Le tableau, peint par Ingres, représente une femme de la très haute société du second empire, et c’est ainsi que l’ “héroïne” s’exprime.
De la bourgeoisie juive parisienne et de ses usages, à la “déportation” des tableaux et la spoliation des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, en passant par les usages et les moeurs sous Napoléon III, les opinions royalistes du personnage ou les explications sur le système bancaire, le roman saute de sujet en sujet, comme une conversation à bâtons rompus. C’est tout ce qui fait le charme de l’ouvrage, car on a vraiment l’impression que c’est à nous que la baronne s’adresse. La langue est belle, maîtrisée, concise sans être sèche. Un très joli moment d’histoire et de peinture.

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