Après les attentats de janvier, comme tout le monde j’étais sous le choc, ébranlée, révoltée, mais déterminée à vivre comme avant.
Aujourd’hui, c’est différent. J’ai beau faire la bravache, répéter qu’il faut penser à autre chose, continuer à me comporter de la même façon, mais j’ai peur. J’aimerais bien, comme Armalite, dire que je refuse d’avoir peur, mais au fond de moi, mes tripes se nouent quand même.
J’ai la chance formidable de n’avoir perdu personne de mon entourage, et pourtant, c’est passé extrêmement près. Des concerts au Bataclan, j’en ai vu, de même que mes proches. Des verres en terrasse (même si je déteste les terrasses), ça m’arrive d’en boire. J’ai même déjà mis les pieds au Stade de France.
En journée, j’essaie de ne pas y penser et, la plupart du temps, ça marche. Mais quand vient le soir, quand vient la nuit, l’angoisse reprend le dessus. Et si ça m’arrivait ? Et si je perdais quelqu’un ?

Alors il va falloir se battre. Se battre contre soi-même, dire à la peur d’aller se faire voir, reprendre le dessus. Je ne suis vraiment pas certaine d’y arriver seule, je ne sais pas combien de temps ça prendra. Mais c’est une nécessité, un devoir, oserai-je dire. Parce qu’il est hors de question que ces salauds gagnent.
Je ressens exactement la même chose. Merci d’avoir écrit ces mots, ça fait du bien.
Il y a un grand espace entre ce que l’on voudrait penser et faire, et comment le corps et l’esprit réagissent dans ces circonstances. (forcément) je comprends tout à fait.