Mais que diable allais-je donc faire dans cette galère ?

Il y a une quinzaine de jours, alors que je sortais de mon cours de natation, ma prof m’a demandé : “Mais au fait, tu fais quoi dans la vie ?” Et d’expliquer que j’ai une vie professionnelle un peu compliquée, à base de traduction, d’écriture et de correction. Comme je suis un peu cloche, j’ai ajouté : “D’ailleurs, j’ai vu que vous proposiez des cours d’anglais, si jamais vous avez besoin d’un dépannage, vous pouvez demander”.

Que n’avais-je pas dit. A peine 48h plus tard, j’ai reçu un coup de fil paniqué : la jeune fille habituellement chargée des cours d’anglais du mercredi après-midi repartait dans son pays et il manquait quelqu’un pour assurer les deux cours de février et les quatre de mars. Et me voilà donc embringuée dans un truc qui ne m’intéressait pas particulièrement, ne m’arrangeait pas du tout et m’angoissait beaucoup.

Parce que si je parle volontiers anglais et propose avec plaisir des cours de conversation avec des adultes ou des adolescents disposant déjà de bases, faire de l’initiation à des enfants n’est ni dans mes cordes ni dans mes projets. Je me suis donc retrouvée à assister à un cours pour voir de quoi il retournait, puis à faire une “formation” accélérée avec la fondatrice de notre prestataire (en gros, 2 heures de parlotte pour 45mn vraiment constructives sur la pédagogie et la façon de procéder) avant de me retrouver lâchée devant trois groupes successifs de 6 à 8 enfants.

Si j’ai parfois eu le sentiment d’être un peu larguée (chanter et jouer la comédie n’est pas mon fort, or cela fait partie de la structure des cours), visiblement mes élèves ne s’en sont pas aperçus. Ils ont joué le jeu, ont apprécié que nous fassions cours assis par terre sur une couverture, connaissaient les chorés mieux que moi et, globalement, ont passé un bon moment.

Au final, cette expérience m’a été bénéfique. Outre qu’elle m’a poussée à sortir de ma zone de confort, elle m’a également prouvé que je savais enseigner, du moment qu’on me mettait les clés pédagogiques en mains. J’ai aussi découvert, à ma grande surprise, que ma patience à l’égard des enfants avait considérablement augmenté – merci la Crevette.
J’ai également eu un aperçu de l'”enfer du mercredi” et ça m’a confortée dans l’idée que je ne serai sans doute jamais une maman qui accompagne les activités…

Est-ce que je recommanderais cette activité pour les enfants ? A partir du moment où vous ne placez pas d’espoirs démesurés là-dedans, oui, pourquoi pas. Non, votre enfant ne deviendra pas bilingue avec 50mn de jeux et de chansons anglais par semaine. En revanche, je pense sincèrement que ça fait l’oreille – sachant que l’anglais n’utilise pas les mêmes fréquences que le français, c’est un entraînement intéressant.

Je vous rassure : je n’ai donné que les deux cours de février, ils ont trouvé quelqu’un d’autre pour mars, ouf !

3 comments

  1. Mayla says:

    Eh bien, l’inattendu nous offre parfois une expérience. Au moins, ça peut te donner d’autres pistes en cas de pépin, qui sait ? Cette expérience est bénéfique et ouvre tes horizons. On ne sait jamais.
    Bravo, tu as bien tenu le cou.

  2. Kleoinparis says:

    En fait j’avais fait ça il y a une dizaine d’années dans une juku de Yokohama, mais on m’avait lâchée sans explication. Là, la combo explication + patience toute neuve a fait des miracles 🙂

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