L’autre moitié du soleil

Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.


J’ai acheté ce roman parce que ça faisait un moment que j’entendais beaucoup de bien de l’auteur, et que j’avais apprécié Chère Ijeawele, reçu à l’occasion d’une ronde des poches. Mon choix s’est porté sur ce pavé (près de 650 pages quand même) notamment parce que je n’y connais strictement rien au Biafra hormis, comme tout le monde, les atroces clichés de la famine. Pour être honnête, avant de lire ce livre, j’ignorais même que c’était avec le Nigéria que le Biafra avait fait sécession…

C’est un roman incroyable, qui m’a complètement happée. L’intrigue se déroule en deux temps, le début et la fin des années soixante, sans plus de précisions (bon, on sait que le Biafra a existé de 1967 à 1970). Outre la capacité de l’auteure à évoquer la vie des classes aisées et intellectuelles du Nigéria avant la guerre, le bouillonnement politique qui suit la décolonisation et la volonté des Noirs de se réapproprier leur histoire, elle n’hésite toutefois pas à renvoyer ses personnages à leurs contradictions, à souligner les limites et les excès de ce mouvement de fond, sans pour autant émettre de jugement.
L’immense force de C. N. Adichie demeure dans sa capacité à entremêler les thèmes graves – féminisme, racisme, décolonisation, guerre… – de façon fluide et sincère, sans jamais prêcher une morale quelconque, mais simplement en donnant à voir. J’ai adoré les recours à différentes langues, et la note de la traductrice, Mona de Pracontal, à ce propos est extrêmement intéressante. L’auteure s’est extrêmement documentée et parvient à nous faire vivre les événements, de l’émancipation du Nigéria à la chute du Biafra, sans jamais citer la moindre date.
A mon humble avis, ce livre – ou du moins des extraits, ça reste un pavé – devrait être lu par tous les lycéens travaillant sur la décolonisation.

Vous l’aurez compris, à mes yeux, Chimamanda Ngozi Adichie est un grand écrivain. Surtout quand on sait que L’autre moitié du soleil est son deuxième roman, écrit à l’âge de 27 ans. Celui-ci a d’ailleurs été adapté au cinéma, et j’aimerais bien voir le résultat, bien que je redoute que les personnages et l’intrigue perdent en épaisseur.
Etonnamment, je me suis imaginé le personnage d’Olanna sous les traits de l’actrice Lupita Nyong’o – or il se trouve que celle-ci a acheté les droits d’un autre roman de l’auteure, Americanah. Voilà un livre qui ne va pas tarder à rejoindre ma PAL.

Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil (traduction Mona de Pracontal), Folio
2018 Reading Challenge : a book with characters who are twins

Rendez-vous sur Hellocoton !

Black Panther

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…


On a beaucoup parlé de ce film, non pas tant parce que c’est un nouvel énième épisode du Marvel Cinematic Universe, mais parce qu’il s’agit du premier super-héros noir porté à l’écran avec un tel budget et une telle universalité (il y a aussi les cas de Shaft et Hancock mais ne maîtrisant pas le sujet, je vais m’en tenir là). On a également beaucoup insisté sur le fait que la quasi totalité du casting était noire, de même que l’équipe de réalisation et les équipes techniques (costumes, musique…). Soit. Mais sinon, ça donne quoi ?

Franchement, le travail sur l’univers est incroyable. C’est cohérent visuellement, la culture wakandienne (on dit comme ça en français ?) est extrêmement bien développée, avec sa langue, ses croyances, ses failles, ses traditions… Même si une partie de l’univers a été développée dans les comics, il faut reconnaître que ça claque et qu’à aucun moment on n’a d’impression d’artificialité. L’immense force de cet univers culturel, c’est l’absence total d’emprunt à la culture européenne : tout se fonde sur des influences africaines et (peut-être ?) afro-caribéennes. Les personnages – en anglais, du moins – parlent avec un accent africain, ce qui est cohérent (l’acteur principal a lui-même fait remarquer que son personnage ne pouvait faire autrement, vu qu’il était issu d’une culture très avancée et n’avait pas été éduqué ailleurs que dans son pays).

L’histoire ne propose pas, pour une fois, un “comment le héros est devenu héros” mais un “comment le héros va-t-il rester le héros”. Opposé à un méchant à la fois brutal et touchant, il va devoir puiser en lui-même et remettre en cause une partie de ses convictions.
Il y a également l’immense questionnement qui relève de la nature même du Wakanda : faut-il continuer à se cacher ou aller aider les autres peuples noirs dominés / mal protégés par les blancs, anciens colons ? La question a le mérite de ne pas être traitée de façon manichéenne.

Toutefois, il s’agit d’un film de super-héros, et j’avoue m’être parfois ennuyée… 2h15, même en évitant trop de scènes de baston ou en rendant celles-ci plus intéressantes (les Wakandiens trouvent les armes à feu trop primitives), ça reste long. Certaines scènes sont clairement tournées pour la 3D et quand, comme moi, on a horreur de ça, ça peut laisser froid. Et puis il y a un sacré grand écart entre la lumière naturelle de certaines scènes et celle retravaillée en studio dans des scènes “d’extérieur”.

Marvel Studios’ BLACK PANTHER..Okoye (Danai Gurira)..Ph: Film Frame..©Marvel Studios 2018

Non, la grande force de ce film, ce sont ses personnages féminins. Portées par des interprètes de talent (Lupita Nyong’o, Angela Basset, Danai Gurira…), les femmes qui gravitent autour de Black Panther / T’Challa sont clairement ce que l’histoire apporte de plus intéressant. Entre la petite soeur génie des sciences, la générale entièrement dévouée à son devoir, qui réagit en militaire et non en femme/homme, la fiancée qui a une vie en dehors de son mec et, surtout, ne lui sert pas de faire-valoir, ce film est une vraie bouffée d’air frais. Pour un peu, j’aurais voulu en apprendre davantage sur elles que sur le héros et ses questionnements.

Au bout du compte, ce film m’a beaucoup plu, malgré ses défauts inhérents de “film de super-héros avec de la baston”. Pour une analyse plus fine, je vous renvoie à la chronique du Fossoyeur de Films dans laquelle je me suis beaucoup retrouvée.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Things I liked this week #171

Quelle semaine ! J’ai enfin pu me jeter à corps perdu dans le travail pendant que les enfants étaient gardés tous les deux. Répit de courte durée, puisque le Paprika a officiellement déclaré la varicelle (et une dent… bonjour l’ambiance) ce matin. Et puis, soyons francs, le début de la semaine a été marqué par une fatigue intense et un gros craquage jeudi matin. Autant vous dire que j’ai un peu le trouillomètre à zéro pour les mois qui viennent. Mais en attendant, je vais essayer de me concentrer sur le positif.

  • Lundi, Monsieur découche pour le boulot. Prise d’une envie subite, j’attaque enfin les sachets de chocolat chaud à préparer de Soma Chocolatemaker acheté à Toronto lors de mon séjour il y a 18 mois. J’aurais pas dû attendre aussi longtemps : c’est à tomber par terre. J’ai sifflé tout le “Dark side of the mug” (chocolat noir, très noir), mais fait goûter le Maya (piment et épices) à l’Anglais : le verdict est enthousiaste.
  • Je me suis remise à lire après presque trois semaines de passage à vide. J’ai notamment repris un gros pavé mis de côté parce que si l’histoire est passionnante, elle est quand même difficile et j’appréhende la fin.
  • Un petit échange de SMS avec Malena suite à mon billet sur les joies de la vie de mère.
  • Me voir proposer un projet intéressant par l’une de mes éditrices. Bon, en revanche, je vais travailler comme une damnée d’avril à septembre. Ramassez-moi à la balayette en octobre, s’il vous plaît.
  • Vendredi, l’Anglais et moi nous sommes fait une séance de cinéma en amoureux (Black Panther). Critique demain sur ce blog.
  • En fin d’après-midi, il est parti avec les enfants, m’offrant 48 heures en célibataire. Du coup, j’ai dormi. Une nuit de 10 heures, une sieste de 2 heures, une nuit de 8 heures, et j’aurais sans doute pu continuer.
  • Oh, et je suis allée au cinéma avec Lou² voir Moi, Tonya (critique dans la semaine). On a aussi mangé dans un faux resto japonais parfaitement oubliable mais qui nous a rappelé notre folle jeunesse et on a discuté comme des pies.
  • Aujourd’hui, j’ai organisé ma première braderie à la maison ! Nous étions 9, prêtes à troquer vêtements, bijoux, chaussures, sacs… je suis désespérée que Malena chausse du 37, vous n’avez pas idée (ces escarpins Annabel Winship, bon sang !). Pour me consoler, j’ai déniché deux robes, une combinaison (alors que j’avais toujours juré que je n’en porterais pas) et un nouveau sac à main. J’ai dit adieu à beaucoup de mes robes préférées, mais je sais que leurs nouvelles propriétaires en prendront soin.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Dialogues des Carmélites

L’action débute en avril 1789. Blanche de la Force, une jeune aristocrate parisienne, annonce à son père son intention d’entrer au Carmel de Compiègne. La mère supérieure du couvent la reçoit et lui demande d’exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation mise à mal par la Révolution française. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s’échapper. Les ordres religieux sont dissous et les religieuses condamnées à mort. Elles montent à l’échafaud en chantant le Salve Regina. Après bien des hésitations et des doutes sur sa raison d’être, Blanche les rejoint.

J’avais lu la pièce de George Bernanos quand j’étais au lycée. Cette histoire, qui a réellement eu lieu, m’a toujours fascinée (oui, vous avez le droit de penser que j’ai des goûts bizarres). Depuis, je voulais vraiment voir l’opéra, mais il n’est pas donné souvent, c’est pourquoi je me suis jetée sur les dernières places de la production du Théâtre des Champs-Elysées.

C’était une distribution de luxe : de très grandes voix, essentiellement féminines – Patricia Petibon, Sophie Koch, Anne Sofie von Otter, Véronique Gens, Sabine Devieilhe – pour interpréter avec force et sensibilité ces femmes torturées par le doute sur la vie, la mort, l’amour de Dieu. Le questionnement perpétuel de plusieurs personnages sur la justesse de leur choix, sur l’espérance en tant que vertu chrétienne, apporte une profondeur à l’histoire, qui ne se résume pas à une amourette contrée par le destin. Il s’agit de savoir jusqu’où, par foi, ou même par peur, on est prêt à aller. Les héroïnes ne sont pas d’un bloc, et c’est ce qui fait sens.

Alors que j’avais beaucoup de préventions contre lui – une sombre histoire de char d’assaut doré dans Aïda – j’ai trouvé la mise en scène d’Olivier Py formidable, jouant sur la dichotomie lumière / obscurité, enfermement / ouverture, établissant un dialogue parfois étonnant entre valeurs révolutionnaires et règle religieuse. La scène d’exécution finale, en particulier, réussit à éviter tous les écueils, que ce soit l’horreur, le pathos ou la fausse candeur.

Au final, c’était un spectacle magnifique, qui m’a davantage bouleversée que les précédents opéras vus cette année. A bien des égards, cela m’a rappelé le film Des hommes et des dieux – à la différence que, cette fois-ci, je n’ai pas pleuré, même si ça ne s’est pas joué à grand-chose. C’est une oeuvre forte, musicalement moderne mais audible, avec des questionnements, je pense, universels, et portée par des voix et des artistes talentueux.

Dialogues des carmélites, Théâtre des Champs-Elysées, février 2018

Rendez-vous sur Hellocoton !

Je cours

Se réveiller ; nourrir et préparer les enfants, tenter de ressembler à quelque chose ; partir pour l’école, pour la nounou, pour les deux ?

Se mettre aussi vite que possible au travail ; parviendrai-je à abattre mon quota de pages pour la journée ? Tiens, une machine à faire ; et si je passais l’aspirateur pour me réchauffer ?

Vite, j’ai rendez-vous dans Paris, je ne dois pas être en retard ; impossible de trop traîner, il faut être à l’école avant 16h30 ; pourquoi j’ai inscrit la grande au sport, déjà ?

Au fait, on mange quoi, ce soir ? Et la Crevette ? J’aurais pas oublié d’étendre le linge ?

Attention, le vortex 17h30-20h débute, je n’y suis pour personne.

Mon sac de piscine est prêt, c’est parti pour 1 heure d’abrutissement dans le chlore.

Où est doudou ? Tu t’es lavé les dents ? Chéri, on tire à la courte paille pour savoir qui gère le lavage de dents ?

Quelle heure pour le réveil ? Encore une fois je me couche trop tard, mais bon…

Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #170

Encore une semaine compliquée… Dimanche dernier, la Crevette a déclaré une varicelle. Ce n’était pas forcément une surprise puisqu’il y avait plusieurs cas dans sa classe, malheureusement, la maladie est accompagnée d’une mesure de quarantaine : interdiction de vie en collectivité pendant une semaine, le temps que l’enfant ne soit plus contagieux. J’ai donc passé la semaine à gérer une gamine malade et crevée tout en m’efforçant de bosser. Encore un grand moment de jonglage parental. Mais il reste des choses à retenir !

  • Mardi, j’envoie un colis de Noël (oui, je sais, chut) à mon père au Canada. Entre les délais de la poste et le week-end prolongé de l’autre côté de l’Atlantique, je m’attends à ce qu’il mette 15 jours à arriver. Vendredi soir, mail de mon père : ils ont bien reçu le colis. Mince alors, la poste peut être efficace.
  • Mercredi soir, je suis allée à l’opéra, voir Dialogues de Carmélites de Francis Poulenc (voilà quatre jours que je traîne à écrire le compte-rendu). C’était magnifique et j’ai failli pleurer.
  • Malgré toutes les emmerdes, j’ai réussi à travailler. Pas autant que je l’aurais voulu, certes, mais j’ai réussi à abattre 75% de mon quota de traduction. En revanche, quand il a fallu s’y remettre vendredi soir après avoir couché deux gamins qui avaient clairement boulotté des Chiantos, j’ai jeté l’éponge.
  • Comme la nounou ne travaillait pas vendredi, on a invité des copains de la Crevette. L’avantage, c’est qu’ils sont assez grands pour s’occuper tout seuls pendant que les parents mangent du gâteau.
  • Ma mère est passée en coup de vent pour nous rapporter des souvenirs de ses vacances espagnoles : de la charcuterie et un déguisement de danseuse de flamenco pour Mademoiselle. Qui depuis pourrait dormir dedans tellement elle est amoureuse.
  • Nous avons reçu l’adorable cadeau de naissance d’Elanor pour le Paprika : un doudou chauve-souris hyper mignon. Désormais accroché tête en bas à un barreau du lit. Et pour ne rien gâcher, il y avait une carte de voeux faite maison ornée d’un paon.
  • La mère d’enfants scolarisés avec la Crevette m’a proposé un partenariat : on va s’aider mutuellement pour gérer les anniversaires de nos rejetons. Une paire de bras supplémentaire est toujours la bienvenue.
  • Prise d’un élan de courage, j’ai commencé à trier mes placards en vue de la braderie prochaine. D’un côté, je suis contente car j’ai une meilleure visibilité sur ce qu’il me reste. De l’autre, je suis un peu déprimée car beaucoup de tenues que j’aimais beaucoup sont devenues trop étroites (la natation et ma seconde grossesse y sont pour quelque chose).
  • Shermane m’a fait une proposition indécente à concrétiser (si on y arrive) dans l’année, de préférence avant l’été. On y croit.
  • Le nouveau roman de Marion Olharan est sorti et je me suis ruée dessus. Il est aussi bien que le précédent, et ça m’a permis de me replonger dans un livre alors que je suis bloquée depuis deux semaines dans mes lectures.
Rendez-vous sur Hellocoton !

10 Things I liked this week #168-169

Oui, j’ai zappé la semaine dernière. Je ne sais pas encore combien de temps je vais maintenir mon récapitulatif du dimanche soir sous cette forme, car elle me paraît de plus en plus artificielle, surtout les semaines où il ne se passe pas grand-chose dans ma vie…  Allez, je vous présente quand même un petit condensé des quinze derniers jours.

  • J’ai pris mon abonnement à l’Opéra de Paris pour la saison 2018-2019. J’ai pas mal galéré, il a fallu demander au compagnon de Leen de payer pour nous parce que ma carte ne passait pas, mais c’est fait ! Depuis, Leen a même reçu nos billets.
  • Déprimée par les 10 jours sans nounou (et donc les 10 jours à ne pas pouvoir bosser), j’ai cédé aux sirènes de C.euh et suis venue la voir (avec les enfants) pour un petit week-end à Toulouse. Au programme : foie gras, vin, boeuf maturé, crêpes, pompiers, saint-honoré et glandouille. En revanche, je ne referai pas tout de suite deux fois 4 heures de TGV seule avec deux gamins dont un d’à peine 4 mois.
  • La nouvelle saison de Top Chef a débuté !
  • Je suis allée chez l’ostéopathe, et ça ne m’a pas fait de mal. Je suis coincée de partout (je le sais depuis longtemps), et on a commencé à travailler en profondeur. En tout cas, ça m’a fait du bien.
  • Il a neigé ! Ouais, je sais, c’était pourri dans les transports et sur les routes, mais n’étant pas (trop) concernée, j’ai pu en profiter et, surtout, profiter de la joie de la Crevette qui était ravie.
  • Sur un coup de tête, j’ai entraîné Monsieur pour un shooting dans la neige en tenue 13è (pendant que les enfants dormaient #parentsindignes). Si j’en crois les réactions sur Facebook, le résultat a plu.
  • J’ai déjeuné avec des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. On a pas mal discuté et j’ai fait la connaissance de leur fils, alias Baby O, né très peu de temps après le Paprika.
  • Deux amis de classe de la Crevette sont venus prendre le goûter avec leur mère, ce qui nous a permis d’avoir une discussion intéressante entre adultes pendant que les enfants s’occupaient.
  • On a rangé le salon : on a dégagé des trucs qui traînaient depuis le passage des désinsectiseurs, trié des papiers en souffrance, accroché diverses choses qui patientaient depuis (trop) longtemps… On avait oublié à quel point le salon était vaste, dites donc.
  • On a passé une partie du week-end à regarder les JO. C’est un des rares moments où la télévision est allumée en journée, mais on profite.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Saison 2018-2019 à l’Opéra de Paris

Le programme avait fuité il y a une quinzaine de jours, et nous avions commencé à le consulter fébrilement. Puis la soirée de présentation sur Facebook (modernité !) avait permis d’écouter quelques grandes voix qui seront à l’affiche l’an prochain, et d’avoir un aperçu de la vision créatrice de certains chanteurs / musiciens / danseurs / metteurs en scène. Enfin, les réservations ont ouvert mardi. Et hier soir, Leen et moi étions scotchées à mon ordinateur pour programmer notre prochaine saison à l’Opéra.

Non sans mal (3D Secure a refusé à trois reprises de valider mon paiement…), nous avons choisi un abonnement Champ Libre (en gros, on choisit ce qu’on veut, avec un minimum de quatre spectacles). Il nous fallait au moins 6 spectacles pour déclencher la réduction de 10% et, prises de folie, nous en avons choisi 7 (cinq opéras et deux ballets).

Opéra

  • Les Huguenots, de Giacomo Meyerbeer. Nouvelle production, casting à un millier d’étoiles (Diana Damrau, Bryan Hymel, Ermonela Jaho, Karine Deshayes, Florent Sempey, Paul Gay…). C’est une oeuvre assez rarement montée, et que je voulais voir depuis longtemps.
  • Simon Boccanegra, de Giuseppe Verdi. Cela fait quelques temps que nous n’avons pas entendu du Verdi, et celui-ci s’annonce prometteur, avec Ludovic Tézier dans le rôle-titre (fangirl un jour, fangirl toujours).
  • Il primo omicidio, Alessandro Scarlatti. Musique baroque dirigée par René Jacobs, opéra rare, entrée au répertoire… Si le résultat est aussi génial que pour Eliogabalo, on va en prendre plein les yeux et les oreilles.
  • Les Troyens, Hector Berlioz. Là encore, un casting de fou, un metteur en scène qui peut être génial (La Fille de neige) ou moyennement inspiré (Iolanta/Casse-Noisette), et Berlioz, dont je n’ai jamais vu une seule oeuvre.
  • Don Giovanni, Wolfgang Amadeus Mozart. Un immense classique que je n’ai jamais vu, dans une nouvelle production. Là encore, de grandes voix et une direction musicale qui promet de beaux moments.

Ballet

  • Martha Graham Dance Company. J’avoue, c’est mon moment snob. Je suis une bille en danse contemporaine, mais Aurélie Dupont (#lapatronne) a été invitée à se produire sur scène avec eux, ça vaudra le coup d’œil.
  • Cendrillon, chorégraphié par Noureev. Un ballet classique en tutus multicolores pour la fin de l’année, ce sera parfait.

Il y aura peut-être (sans doute ?) d’autres spectacles au programme, d’autant qu’une partie de la saison 2019-2020 a déjà été dévoilée. J’envisage tout particulièrement d’emmener la Crevette voir Le Lac des cygnes au printemps prochain. Si j’avais pu choisir un ballet classique moins tragique je l’aurais fait, mais elle risque d’être encore un poil trop jeune pour Cendrillon. A voir.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Cold winter challenge : le bilan

Début décembre, je m’étais lancée avec plaisir dans ce défi que j’avais vu passer sur les réseaux sociaux, à la fois parce que j’aimais l’idée d’assortir mes lectures à la saison, mais aussi parce que j’espérais secrètement pouvoir faire baisser ma PAL. Presque deux mois plus tard, voici mon bilan.

Il y avait quatre catégories : livre en lien avec Noël, livre de nature writing ou littérature de voyage, livre de fantasy et un polar/thriller se déroulant en hiver. Si j’avais de quoi remplir les trois premières, la dernière catégorie m’apparaissait dès le départ comme inabordable, vu que je ne lis quasiment pas de polars ou de thrillers.

J’avais retenu deux types de livres : ceux qui correspondaient exactement à une catégorie (6 livres), et ceux qui avaient un rapport, de près ou de loin, à l’hiver, au froid et/ou à Noël (3 livres).
Si j’ai débuté sur les chapeaux de roues, abattant trois livres en deux semaines, la suite a été plus chaotique : les vacances de Noël et leur bon vieux syndrome grippal ont mis un net coup d’arrêt à ma progression, tandis que les diverses absences pour maladie de la nounou et la reprise du travail ont sérieusement écorné le temps dont je disposais.

Au final, j’ai lu quatre livres de la première sélection, un de la seconde sélection, et une nouvelle qui pourrait rentrer dans la catégorie “Magie de Noël”. Petit résumé et impressions.

Magie de Noël – J’avais prévu de relire Christmas Eve at Friday Harbor pendant les vacances de Noël. Vacances que j’ai essentiellement passées sous la couette, à souffrir plus ou moins en silence de ma pseudo-grippe. Autant dire que c’est raté.
En revanche, j’ai lu une nouvelle, Lighting the flames, de Sarah Wendell. Il s’agit d’une romance de Hanouka, qui se déroule dans l’état de New York : il y a donc beaucoup de neige et une ambiance relativement festive. Bon, en revanche, je dois avouer que mis à part l’aspect un peu “exotique”, je me suis un peu ennuyée.

Flocons magiques – Un seul titre, mais qui cochait à la fois la case “fantasy” et celle “hiver”, The Winter King, de C. L. Wilson. C’est une romance qui se déroule dans un univers med-fan, et qui a réussi à me réconcilier avec la fantasy. L’intrigue est dense, l’univers très cohérent, les personnages attachants et profonds, et l’histoire d’amour est parfaitement crédible. Je recommande aux amatrices du genre.

Marcher dans la neige – C’est la catégorie que j’ai le plus remplie, avec trois titres.
J’ai donc lu Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson. Si l’ambiance “solitaire dans une cabane” m’a beaucoup plu, j’ai un peu regretté le style parfois ampoulé de Tesson, qui plonge un peu trop dans l’introspection intellectualiste. Mais globalement, ce livre m’a laissé une bonne impression, et je lirai sans doute d’autres ouvrages de cet auteur.
Puis je me suis attaquée à La mer des Cosmonautes, de Cédric Gras (un copain de Tesson), qui a accompagné une expédition polaire russe. Le récit est court, intéressant, en particulier lorsqu’il retrace l’histoire de la conquête du pôle sud et celle des poliarniks. Néanmoins, la plume de Cédric Gras est moins agréable que celle de Tesson et, surtout, on sent la déception qui a résulté de ce voyage.
Enfin, j’ai lu avec beaucoup de plaisir Berezina.

Stalactites ensanglantées – Comme prévu, et sans surprise, aucune lecture dans cette catégorie. J’aurais bien fait une tentative avec un Agatha Christie, mais grippe, vacances de Noël, tout ça.

Hors catégorie – La nuit la neige, de Claude Pujade-Renaud. Je ne reviendrai pas dessus parce que je me suis largement étendue sur le sujet dans un article. En tout cas il y avait de la neige (plein), et du froid (plein aussi).

En conclusion, ce challenge a été un vrai plaisir. J’avais du mal à lire depuis cet été (étrangement…), et cela m’a remis le pied à l’étrier. Je me suis rendu compte que j’arrivais de nouveau à me perdre dans un livre, à m’absorber dans un univers, à me passionner pour un style. Et puis, lire en fonction de la saison n’est pas désagréable, si bien que je me demande si on ne pourrait pas faire de même autour du printemps (et de Pâques), de l’été et de l’automne (avec la rentrée des classes).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Jephta

Alors que les Hébreux se sont détournés du Dieu unique, Jephta, né d’une prostituée et chassé par ses frères, et rappelé par l’un d’entre eux afin de prendre la tête des armées et affronter les Ammonites. Celui-ci accepte, en échange du pouvoir. La veille de la bataille, il fait le voeu de sacrifier à Yahvé le premier être qui viendra à sa rencontre à son retour s’il l’emporte. Après la victoire, Jephta est accueilli par sa fille, Iphis…

Vous l’aurez compris, l’argument de cet oratorio – une oeuvre lyrique qui n’est normalement pas conçue pour la mise en scène –  composé par Haendel, est à la fois biblique et pas très marrant. L’Opéra de Paris a néanmoins choisi d’en présenter une version mise en scène (c’est plus vendeur, l’oeuvre dure quand même 3 heures) par Claus Guth et dirigée par William Christie * insérer ici un cri de fan hystérique *

On y allait avant tout pour écouter de la musique baroque interprétée par Les Arts Florissants et, aussi, un peu, pour les solistes. De ce point de vue, c’était parfaitement à la hauteur : la direction musicale était parfaite, la composition magnifique, les chœurs, les airs et les récitatifs parfaitement interprétés. J’avoue avoir eu une petite interrogation sur Ian Bostridge, interprète du rôle principal, car il a semblé hésiter au début. Difficulté de la partition ? Voix encore trop froide ? Mystère, mais il s’est bien rattrapé.
Nous avons été soufflées par Tim Mead, contre-ténor, dans le rôle de Hamor, fiancé d’Iphis. Une interprétation sublime, portée à la fois par une grande voix et un jeu extrêmement touchant. De même, Katherine Watson, en Iphis, était impressionnante, et ce d’autant plus qu’elle était enceinte : je suis admirative de l’énergie qu’elle a mise dans ce rôle ô combien difficile et de la facilité avec laquelle elle a paru se glisser dans la peau de son personnage. Bon, ça a donné lieu à quelques moments WTF, quand on insistait sur la pureté et la chasteté de la jeune fille (Immaculée Conception, bonjour !).

Côté mise en scène, les photos qui avaient fuité sur les réseaux sociaux m’incitaient un peu beaucoup à la retenue : je craignais fort une atmosphère  lourde, voire étouffante, et une ambiance à se tirer une balle. Et puis bon, Claus Guth n’est pas le dernier à faire polémique, avec notamment une version de La Bohême dans l’espace qui a fait couler beaucoup d’encre.
Pourtant, j’avoue avoir été agréablement surprise. Reprenant la première phrase du livret, “It must be so”, le metteur en scène déroule l’implacabilité du destin et faisant régulièrement apparaître ces mots en mouvement dans le théâtre. Au-delà de la présence physique qui aide à ancrer l’idée d’inéluctabilité, il y avait d’excellentes trouvailles : le dédoublement d’Iphis, incarnée à la fois par la chanteuse et par une danseuse, l’une interprétant le personnage “réel”, l’autre telle que sa mère la distingue dans ses visions. Les “flashs”, sortes de scènes courtes et muettes présentées au début des actes I et II, permettent de revenir sur les événements passés (les origines de Jephta, la bataille contre les Ammonites) sans surcharger la mise en scène. En outre, le recours à des danseurs pour interpréter les soldats donne lieu à des chorégraphies intéressantes.
Je suis un peu plus dubitative sur le recours au sang de façon systématique pour annoncer le malheur à venir : une fois, oui ; deux fois, pourquoi pas ; au-delà, ça devient redondant. De même, j’ai eu un mini fou rire lors d’une scène qui avait de sacrés relents de Walking Dead ! Néanmoins, j’ai trouvé le tout globalement inspiré, et cela n’a pas gâché mon plaisir, bien au contraire.

Jeptha, Georg Friedrich Haendel, Palais Garnier, jusqu’au 30 janvier

 

Rendez-vous sur Hellocoton !