Défi liste : les bruits que j’aime

Très en retard, je rejoins le défi liste proposé par Zenopia. Cette fois-ci, il est question de savoir quels sont les bruits qu’on aime. Pas si facile que ça quand on y réfléchit, parce que le bruit, c’est souvent une nuisance (à titre personnel, j’ai besoin de silence pour travailler, par exemple). Mais quand même, il y a des choses qui me donnent le sourire.

  • Le souffle de la Crevette quand elle est profondément endormie.
  • Les ronronnements du chat sur mes genoux (surtout quand elle ne se fait pas les griffes sur mes cuisses en même temps…).
  • Le vent qui fait bruisser les feuilles.
  • La pluie qui tombe le soir, dans la nuit. De préférence le dimanche soir. En écoutant Tom McRae. Si, si, si, essayez voir.
  • Le tonnerre des énormes orages d’août, quand on est dans le sud (bonus : regarder les éclairs zébrer le ciel).
  • Une cloche qui retentit au loin.
  • Le bruit des vagues (mais je crois que ça fait ça à plein de gens).
  • Le silence feutré des bibliothèque.
  • Le chant des oiseaux quand il fait encore nuit ou qu’il est très tôt l’été.
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Villa Kérylos

La Villa Kérylos, c’est une célèbre maison de la Côte d’Azur, construite au début du xxsiècle par Théodore Reinach, le frère de Joseph et Salomon. J, S, T. Je Sais Tout. Ces trois inséparables frères, aussi moustachus qu’érudits, ont fait de cette maison tout entière décorée en style grec, la caverne aux trésors de l’érudition française. Elle a permis à Achille de sortir de son milieu. Il découvre ainsi un monde de rêve et de poésie.
Achille. Quel Achille ? Mais bien sûr, le fils de la cuisinière des voisins, les Eiffel ! À force d’études, il est devenu presque aussi savant que ses trois hôtes. Dans son grand âge, bien des années ayant passé, il revient à Kérylos. Pièce après pièce, il va à la redécouverte de son passé. Une porte s’ouvre sur Alexandre le Grand ; une autre, sur le Mont Athos ; une autre, surtout, sur Ariane, son si cher amour…


Je me suis immédiatement laissée tenter par ce livre quand je l’ai aperçu sur une table de mon libraire : j’adore Adrien Goetz, et j’ai toujours rêvé de visiter la Villa Kérylos dont j’ai entendu parler dans mon enfance.
Il m’a été facile de me laisser happer dans cette histoire, qui mêle le récit de la construction de la maison, une brève quoique dramatique chronique de la famille Reinach (grande famille juive du début du siècle, exterminée pendant la seconde guerre mondiale), et roman d’apprentissage aux accents parfois picaresques. Ces multiples histoires sont toutes racontées par la voix d’Achille et s’entremêlent avec aisance, un détail du présent évoquant tout de suite des souvenirs du passé.
L’écriture est toujours aussi belle, fluide, érudite sans être pénible, souvent drôle. Adrien Goetz aime les mots, l’art, la beauté, et cela se sent. J’ai été tout de suite transportée dans cette villa que je rêve de visiter depuis toujours. Toutefois, le personnage principal, avec ses qualités et ses défauts qui le rendent si attachant, a quand même quelque chose d’agaçant. Et l’ultime chapitre, en forme de dénouement, s’il permet de faire une de ces passerelles entre art et vie quotidienne que l’auteur affectionne tant, m’a laissée un peu dubitative.

Villa Kérylos, Adrien Goetz, Grasset

Reading challenge 2017 : a book that is a story within the story

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La Fille de neige

Il y a seize ans, est née Snegourotchka (Fleur de Neige), fruit des amours de Dame Printemps et du Père Gel. Protégée par ses parents de la jalousie du dieu soleil Yarilo qui promit de réchauffer son cœur lorsque, devenue adulte, elle tomberait amoureuse, Snegourotchka l’enfant de neige est envoyée chez les Bérendeïs, une communauté qui suit les rites slaves, et confiée à l’Esprit des bois…

J’allais voir cet opéra sans trop savoir à quoi m’attendre, comme souvent, même si les quelques photos publiées sur les réseaux sociaux par l’ONP laissaient présager quelque chose d’assez spectaculaire. Et c’était le cas, mais dans le bon sens du terme.

Les interprètes étaient excellents avec, encore une fois, une mention spéciale aux chœurs qui s’amusaient visiblement et ponctuaient leur performance de danses et de rires.
Aida Garifullina, dans le rôle-titre, était éblouissante, dotée d’une grande présence sur scène et d’un jeu tout en délicatesse. Face à elle, Yuriy Mynenko en Lel, était tout aussi bon. Une magnifique voix de contre-ténor (j’avoue, j’ai un faible pour ce genre de tessiture – vous pouvez en avoir un aperçu ici), très pure, avec des passages qui m’ont évoqué la musique baroque. Mais pour contrebalancer ce côté “pâtre à la voix d’or perdu dans la forêt”, l’artiste campe un personnage fat et imbu de lui-même, un vrai bellâtre remettant sans cesse sa longue chevelure blonde en place. Un excellent ressort comique, d’autant qu’il a été bien exploité.
Il faut encore rendre hommage à Martina Serafin, en Koupava, excellente quand elle pose pour des photos avec son fiancé ou touchante quand elle exprime sa colère et son amertume d’avoir été abandonnée. Le tsar Bérendeï, interprété par Maxim Paster visiblement au pied levé, était aussi très bien, à mi-chemin entre le roi de Carnaval et le druide.


La mise en scène, signée Dmitri Tcherniakov qui, s’il m’avait convaincue sur Iolanta, m’avait complètement laissée froide sur Casse-Noisettes l’an dernier, est cette fois-ci à la fois originale, lisible, moderne tout en respectant la légende. Un vrai plaisir. Du même coup, les costumes mêlent modernité (les Bérendeïs vivent dans des caravanes, retirés volontairement du monde) et tradition slave (superbes tenues évoquant bien les Rus).
Les décors sont magnifiques. Si le prologue se situe dans une classe de danse, qui m’a semblé un clin d’œil à l’ère soviétique, tout en justifiant la chorégraphie des petits oiseaux interprétés par un chœur d’enfants, le reste de l’action se déroule dans la forêt, à différents endroits (le camp des Bérendeïs, une clairière pour les festivités, les frondaisons les plus épaisses…). Une quinzaine d’arbres immenses était même disposée sur le décor, parfois mouvant. Une vraie prouesse.


Tout cela m’a laissé une impression d’assister à une version russe du Songe d’une nuit d’été, avec une fin beaucoup moins drôle, bien entendu, c’est la Russie, pas Shakespeare. Malgré la longueur du spectacle (3h45 avec un entracte), j’ai passé un excellent moment, et j’en suis ressortie la tête pleine de musique.

La Fille de neige, de Nikolaï Rimski-Korsakov, Opéra Bastille, jusqu’au 3 mai 2017

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10 Things I liked this week #132

Ce fut encore une semaine très fatigante : entre le retour d’Italie après trois jours assez intenses, la montagne de boulot qui n’a pas l’air de vouloir diminuer, et la Crevette qui a décidé de tomber malade (et de nous pourrir un peu les nuits et les matins), je suis un peu épuisée. Ajoutez à cela le stress de ce premier tour, et le tableau sera complet.
Néanmoins, cette semaine aura réservé de jolis moments.

  • Lundi, je découvre Pompéi, alors que cela faisait 25 ans que j’en rêvais. Nous y restons deux heures et j’ai l’impression frustrante de n’avoir rien vu. Il faudra y retourner, et à plusieurs reprises, je ne vois que ça.
  • Mardi, je reprends la natation après deux mois et demi de pause pour raisons médicales diverses. Alors que je m’attendais à couler comme une pierre au fond du bassin, j’ai la (bonne) surprise de découvrir que non seulement je n’ai pas trop perdu, mais en plus je tiens le choc beaucoup mieux que je ne m’y attendais.
  • Mercredi, la finale de Top Chef met en concurrence deux de nos candidats préférés : au moins, on ne sera pas déçus par le résultat !
  • Jeudi, contre toute attente, j’achève ma traduction en me laissant une journée et demie pour la relecture. Le grand luxe !
  • Malena m’a envoyé une gentille carte pour fêter Pâques.
  • Une copine traductrice m’envoie un SMS : “Je sors de chez XX Editeur, et j’ai fait ton éloge”. Roooh.
  • Vendredi, je retrouve Gasparde à l’Autre Thé pour une petite pause thé / papotage / gâteau. On discute de tout et de rien, et ça fait du bien !
  • Samedi, je découvre, amusée, que ma ville a été victime d’un yarnbombing : plusieurs éléments du mobilier urbain sont couverts de petits carrés en laine ou enveloppé dans du crochet. Au moins, ça met un peu de lumière.
  • Après la sieste, nous organisons une mini chasse aux oeufs en retard pour Mademoiselle : si elle a reçu une cloche en chocolat à l’hôtel pendant le week-end de Pâques, elle n’avait pas eu le plaisir de fouiller le salon pour trouver des friandises.
  • Dimanche matin, nous partons à la cueillette de Viltain. On est au début de la saison, et il n’y a pas énormément de choses, mais on rentre avec une énorme brassée de tulipes (plus de soixante) et des légumes pour la semaine.
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10 Things I liked this week #131

Ce fut une semaine à la fois brève et chargée : j’avais beaucoup de travail en retard (j’en ai toujours…) et, vendredi midi, nous sommes partis passer le week-end de Pâques en famille sur la côte amalfitaine. Comme il s’agissait d’une surprise pour ma belle-mère, vous comprendrez que je n’ai pas pu en parler ouvertement ici, des fois que. Du coup, j’ai vécu plein de chouettes moments mais de façon un peu décousue.

  • Acculée par le travail, je me suis retroussé les manches et j’ai bossé comme une folle. Résultat, j’ai abattu  55 pages en une journée (mon rythme habituel est de 20…). Autant dire que je ne voyais plus très droit en allant me coucher, mais c’est sans doute ce qui va me sauver les fesses.
  • En cherchant à utiliser tous les légumes achetés au marché, j’ai testé une recette de sauce tomate hyper facile et à tomber. A refaire d’urgence tout l’été, et à essayer de mettre en bocaux / congeler pour l’hiver.
  • La Crevette a reçu des cartes de Pâques de la part de la famille ; sa chambre est envahie de petits lapins.
  • Moi-même je n’ai pas été en reste, puisque j’ai reçu la jolie carte du Japon de Malena.
  • Au cours du week-end, Mademoiselle n’a pas hésité à nous lâcher en annonçant “Moi je vais avec mes cousins et cousines” (à l’avant du bateau, au fond du bus…). C’est agréable de la voir prendre son indépendance.
  • Une glace à la fraise à tomber dans les jardins de Capri (alors que normalement ce n’est pas mon truc).
  • Une découverte culinaire : la mozzarella fumée grillée entre deux feuilles de citronnier. Je ne dirai qu’un mot : miam.
  • Dénicher une romance (collaborative) de Julia Quinn que je n’avais pas lue, Four weddings and a sixpence. C’était très agréable, même si paradoxalement la partie de JQ n’est pas forcément celle qui m’a le plus plu.
  • Découvrir avec émerveillement la célèbre grotta azzura (grotte bleue) de Capri, plongée dans le noir avec ses eaux d’un bleu outremer incroyable.
  • Se délecter de la vue du balcon de la chambre, sur la baie de Naples, les montagnes, les citronniers et un bout du Vésuve.
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En ce moment… (Avril 2017)

Allez, je reprends cet instantané d’état d’esprit qui me plaît pas mal. Non que je n’aie rien à dire mais, encore une fois, j’ai réussi à me piéger toute seule comme une idiote et j’ai une traduction à rendre dans 10 jours et une autre dans moins de trois semaines (si). Autant vous dire que le temps manque un peu…

Je lis. La bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarina Bivald, reçu à l’occasion de la dernière ronde des poches d’Armalite. C’est sympathique et j’en lis deux ou trois chapitres le soir avant de dormir, c’est à peu près tout ce que supporte mon cerveau en ce moment.
Bon, j’avoue, je l’ai délaissé quelques jours pour une géniale romance écrite par quatre auteurs, Four weddings and a sixpence, que j’avais ratée en décembre dernier.

J’écoute. Pouët, un album pour enfants composé par François Hadji-Lazaro (oui, oui, le type des garçons bouchers). La Crevette en est dingue ; si vous avez des enfants, je recommande, c’est drôle, émouvant et très bien écrit.

Je mange. Du salé, surtout. Je suis dans une phase où le sucré ne m’attire pas plus que ça (attention, il va neiger). C’est sans doute à mettre sur le compte de ma fatigue – ou du retour du printemps et de tous ses délicieux légumes.

Je travaille. N’importe comment puisque je suis encore à la bourre dans mon planning alors que je m’étais juré, en novembre dernier, qu’on ne m’y reprendrait plus. Résultat des courses, j’abats 40 à 60 pages par jour au lieu de mes 20 habituelles (oui, je travaille le soir, aussi).

J’espère. Qu’on aura du beau temps ce week-end.

Je rêve. De sexualité, de violence et de politique. Parfois le tout ensemble. On n’est pas sortis des ronces, moi j’vous l’dis.

Je décide. De mieux m’organiser. Deux “mois de l’enfer” en moins de six mois, c’est intenable et idiot.

Je me sens. Fatiguée. Je l’ai déjà dit ? A ma décharge, je dors 7 à 8 heures par nuit et j’ai l’impression d’être une loque un matin sur deux. Vivement la semaine prochaine que je reprenne la natation.

Je me demande. Si je vais couler direct au fond du bassin après deux mois et demi sans nager mais à m’empiffrer. Hem.

Je me souviens. De toute la paperasse à abattre dans les semaines qui vient (Agessa, impôts, école… que du bon).

Je pense. A acheter un œuf de Pâques pour la Crevette (oui, un, de toute façon il y a encore des tonnes de chocolat à la maison et elle va être pourrie gâtée comme tous les ans).

J’ai du mal. A lever le pied. Après six mois de vie sociale réduite à son strict minimum, j’ai tout le temps envie de faire des trucs (au détriment, au hasard, de mon travail ou de mon repos).

J’essaie. De ne pas me ronger les ongles en attendant le résultat de la présidentielle. Franchement, c’est dur.

Je porte. Un tee-shirt à col bateau, un jean et des bas de contention (ce soir on prend l’avion, mais chut).

Je devrais. Continuer à ranger/traiter tout le bazar que nous ont laissé les punaises (motivation : zéro).

J’aime. Retrouver nos sorties, nos escapades européennes en couple ou chacun de son côté… C’est ce qui me motive.

Je veux. Organiser une braderie à la maison. Pas tout de suite, parce que j’en ai marre de trier / laver / ranger des fringues, mais d’ici quelques mois.

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10 Things I liked this week #130

Une semaine à la fois studieuse (j’ai énormément de retard dans mon planning, je ne sais pas comment je vais gérer) et animée. J’ai eu beau m’ordonner de lever le pied, j’ai quand même fait pas mal de choses…

  • Lundi, un déjeuner pro qui se passe bien et qui m’offre de nouvelles perspectives. Y’a plus qu’à !
  • Réaliser que, même si je ne vais les toucher qu’en juin, mon intéressement aux ventes de mes traductions et romans va m’apporter un peu de sous que je n’attendais pas.
  • Toute la semaine, profiter du temps clément, du soleil et des fleurs déjà ouvertes. Après les lilas, c’est au tour des glycines depuis ce week-end, on tient un record du genre. Mais le printemps est bel et bien là.
  • Passer au bureau et récupérer l’équivalent de deux mois de tickets resto d’un coup (même si je suis à temps partiel, c’est pas négligeable), et fêter ça avec des sushis. Me rendre aussi compte qu’il me reste une quinzaine de jours de congés à poser… et réfléchir sérieusement à la meilleure façon de les employer.
  • Jeudi, retrouver Leen pour le déjeuner et papoter de tout et de rien dans mon salon de thé-refuge à côté de la maison.
  • Vendredi, retrouver Isa à dîner alors qu’on ne s’était pas vues depuis septembre. L’endroit, Madame Shawn, place du marché Saint-Honoré, est très sympa, on mange bien et on discute à n’en plus finir (enfin, si, jusqu’à l’heure du train pour moi, quoi…).
  • Samedi, discuter une grosse demi-heure avec mon cousin suite à une histoire de faire-part, et échanger les dernières nouvelles.
  • L’après-midi, aller au goûter d’anniversaire d’un petit bout d’un an. Rencontrer des collègues, parler boulot, rencontrer des gens nouveaux et parler d’autre chose, me goinfrer régaler de pâtisseries orientales et de gâteau à étage.
  • Dimanche, organiser un pique-nique de hanami au domaine de Sceaux avec L & P et leur progéniture. Cadre agréable, grand beau temps, floraison magnifique et casse-croûte copieux, on passe un excellent moment.
  • Prolonger le plaisir en emmenant les petites à la fête foraine après la sieste (et s’offrir des gaufres en loucedé pendant que ces demoiselles font du canoë).

Cette semaine risque d’être un peu en dents de scie, entre un planning de boulot toujours aussi plein, une fatigue assez marquée (ça fait deux soirs d’affilée que je me couche avant 22h30 et m’endors avant 23h) et un week-end chargé en perspective. Récapitulatif dimanche ou lundi, selon mon état.

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Berlin 56

A Berlin, dans le quartier de Kurfürstendamm (dit, Ku’damm, d’où le nom originel de la série), l’école de danse de la famille Schöllack est l’une des plus renommées de la ville. Caterina, sa propriétaire sévère et vieux jeu, est secondée par ses filles. Trois jeunes femmes qu’elle mène à la baguette et pour lesquelles elle n’a qu’une obsession : de bons mariages. Helga va épouser un futur magistrat, Eva drague son chef. Monika, la benjamine, refuse de rentrer dans le rang…


J’ai imposé cette série hier soir à l’Anglais sans savoir si cela allait me plaire, et convaincue qu’il s’ennuierait. Mais souvent, Arte réserve de bonnes (voire d’excellentes) surprises.

Nous avons adoré les trois premiers épisodes de Berlin 56, à tel point que nous nous sommes sentis frustrés de ne pas pouvoir visionner toute la saison d’un coup. Les personnages sont bien dessinés, entre la mère tyrannique qui cache bien des choses, l’aînée parfaite qui lutte dans sa vie de femme au foyer, la cadette qui se sent obligée de courtiser un homme pour lequel elle n’a sans doute que peu d’attirance et la benjamine méprisée par sa mère… Ce sont vraiment les héroïnes de l’histoire, qui laisse la part belle aux femmes et à leurs façons d’échapper aux carcans sociaux et politiques d’une Allemagne en pleine reconstruction. Mais les personnages masculins ne sont pas en reste, complexes, faibles, imbus de leur supériorité, indécis, cyniques, optimistes… Aucun n’est monolithique ni caricatural.

En outre, le scénario fait la part belle à l’histoire allemande, aux secrets de famille et aux conséquences de la guerre. Même si nous avons vu venir certains rebondissements assez vite, d’autres nous ont laissés stupéfaits.

Il faut également souligner que la série est servie par une esthétique magnifique : des paysages et décor reconstitués sans doute à l’identique (certaines vues de Berlin évoquent une carte postale qu’on aurait animée), une lumière qui évoque la photographie de l’époque, des costumes superbes, une (excellente) bande originale qui respecte l’époque tout en soulignant la psyché des personnages et vous comprendrez que cette histoire a tout pour plaire ! Si vous n’étiez pas devant votre télé hier soir, vous avez encore quelques jours sur le site d’Arte pour revoir les trois premiers épisodes.

Berlin 56, Arte, jeudi 6 et 13 avril

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Otello

Au xvie siècle, à Chypre, dans le port de Famagouste, le général Otello arrive avec son navire après avoir vaincu la marine turque en Méditerranée et assuré l’autorité vénitienne sur Chypre mais la jalousie, le complot et la vengeance mènent à la tragédie.


Nous sommes allés voir cet opéra de Verdi, adapté de la pièce éponyme de Shakespeare, vendredi soir à Budapest. L’occasion nous permettait à la fois de voir nos amis – même si ces messieurs auraient sans doute préféré une soirée dans un bar – et de profiter d’un moment de musique. J’avoue que si nous avions eu le choix de la programmation, nous ne serions sans doute pas aller écouter Verdi, que je n’apprécie que moyennement, mais on n’allait pas faire la fine bouche.

L’opéra de Budapest est un très beau bâtiment, dont l’extérieur évoque un mélange entre le Palais Garnier et l’opéra de Vienne, et l’intérieur ressemble à une miniature du Palais Garnier. Des marbres colorés, des lustres, de vastes escaliers… n’en jetez plus. La salle, dorée et rouge, ornée d’une immense fresque au plafond, est tout en bois, ce qui offre une excellente acoustique. En plus, comme la vie est très peu chère en Hongrie, nous avons eu d’excellentes places au parterre pour une soixantaine d’euros (à comparer aux 150-200€ à Paris).

L’orchestre, dirigé par Balázs Kocsár, était à la hauteur de la partition, tout en puissance, sans pour autant surjouer les moments d’intensité. Comme toujours chez Verdi, ça fait “poum, poum, poum”, mais l’ensemble dégageait une belle énergie.
J’ai eu un coup de cœur pour Mihály Kálmándy dans le rôle de Iago. Une vraie présence, un air inspiré dans la malfaisance, et un beau timbre de baryton, c’était sans doute le meilleur interprète de la soirée, bien que les autres ne soient pas en reste. Rafael Rojas en Otello était bon, mais un peu en dessous de Iago. en Desdemona, qui remplaçait au pied levé la chanteuse programmée à l’origine, a su tirer son épingle du jeu, en particulier dans la deuxième partie et juste avant son agonie.

En revanche, la mise en scène m’a laissée… dubitative, dirons-nous. Très sombre, très lourde en symboles, elle nous a donné une impression de “pas fini” : comme si le metteur en scène avait eu plusieurs idées qu’il n’avait pas exploitées à fond (les cordes / nœud du destin ; la forêt de main ; les deux symboles au centre la scène…). Et puis, avouons-le, le côté “totalitaire” dans une mise en scène, ça commence à être archi-vu.

Au final, nous avons passé une très bonne soirée. Contrairement à mes craintes, l’Anglais n’a pas été rebuté et a accepté l’éventualité de reconduire l’expérience de l’opéra (victoire !).

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10 Things I liked this week #129

Oui, je suis encore en retard. A ma décharge, nous sommes rentrés dimanche soir d’un merveilleux week-end et il a fallu prendre le temps de redescendre. Ce fut une très belle semaine, pleine de bons moments et de soleil, et qui me laisse un beau souvenir.

  • Lundi, j’attaque une relecture de traduction qui se transforme vite en kamoulox vu le nombre de coquilles que j’ai laissées : “tu gâches tes talons”, “comme si elle avait tous les draps”… et j’en passe. Au moins, j’ai de quoi faire rire mon entourage.
  • Mercredi, je déjeune avec ma belle-mère dans mon salon de thé habituel. C’est le début d’un énorme quiproquo qui se dénouera dans les rires le lendemain.
  • Le soir, nous allons dîner chez des amis. Entre le retard de la baby-sitter et les horaires de train à surveiller, nous passons une soirée écourtée mais très sympathique.
  • Jeudi, nous fêtons une nouvelle fois l’anniversaire de la Crevette avec ses grands-parents. Mademoiselle est pourrie gâtée, et nous nous offrons un dîner sushis et pâtisseries.
  • Vendredi, départ très (trop) tôt pour Budapest, où nous allons passer quelques jours en amoureux pendant que belle-maman garde la Crevette (reconnaissance éternelle).
  • Nous retrouvons C&D, que nous n’avions pas vus depuis leur départ de Paris. D est hongrois et tous deux connaissent bien le pays et nous facilitent grandement les visites. Et puis on discute en rattrapant le temps perdu !
  • Vendredi soir, nous avons réservé un spectacle à l’opéra de Budapest, Otello, de Verdi. Salle magnifique, bons interprètes… cela en valait la peine.
  • Samedi, raison de notre présence à Budapest, nous allons au bal. Notre association de danse a en effet organisé un événement dans la salle de bal de l’hôtel où nous résidons. Accompagnés du même orchestre qu’à Vienne, nous dansons assez tard puis nous attardons pour quelques clichés et discussions.
  • J’ai découvert la gastronomie hongroise, et notamment cette fabuleuse idée de commencer un repas par une soupe. En plus ils ont de l’ail des ours, c’est un pays formidable.
  • L’Anglais s’est offert un Lomo d’occasion, qui fonctionne. On attend désormais les résultats développés.

Cette semaine, on va lever le pied ! Après plusieurs week-ends très intenses et en attendant la fin avril qui promet de ne pas être en reste, je vais essayer de me reposer (ah, ah, ah) et d’avancer dans mon travail (de nouveau en retard, soupir).

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