Crevette et Paprika

Puisque j’en ai parlé un peu, et que je vais beaucoup utiliser ces surnoms pendant encore pas mal d’années (jusqu’à ce que l’un d’entre eux me dise que c’est trop la honte, sans doute), je me dis que je vous dois quelques explications sur l’origine des pseudonymes dont j’ai affublé mes enfants.

Pour la Crevette, c’est très simple. Au début de ma grossesse (genre un mois et quelques), je me suis sentie mal en allant au bureau et j’en parlais avec l’Anglais par sms. A un moment donné, il insiste, flippé (je l’ai surnommé “papa-rano” à l’époque), et je réponds : “La Crevette et moi allons bien”. C’est resté. Notez que je ne savais pas encore qu’il s’agissait d’une fille.

Pour le Paprika, nous avions annoncé la nouvelle très tôt à notre famille proche (nous avons eu des soucis en tout début de grossesse), mais nous avons attendu le délai habituel pour en faire part à nos amis. Or ce délai s’est concrétisé lors de notre week-end à Budapest pour le bal Sissi organisé par notre association de danse (j’ai eu de la chance : à 15 jours près, je n’entrais plus dans ma robe).
J’avais déjà un peu de ventre et, au petit déjeuner, alors que la nouvelle se répandait progressivement, plusieurs personnes de l’association m’ont taquinée en disant que, quand même, ça se voyait. A quoi j’ai répondu que j’avais mangé trop de paprika, qui est le légume national hongrois, que l’on peut entre autres consommer le matin (ce qui était mon cas). J’ajoute au passage que, cette fois-ci, nous savions déjà qu’il s’agissait d’un garçon mais avons gardé cette information pour nous encore un mois.

Qu’est-ce que ça trahit, alors ? Que, quelle surprise, je suis obsédée par la bouffe, aussi (surtout ?) quand je suis enceinte. La blague étant que, dans la vraie vie, je n’appelle pas mes enfants ainsi mais plutôt “ma puce”, “mon lapin”, “mon canard”… Comme quoi.

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#balancetonporc

Depuis quelques jours, on a vu fleurir ce hashtag sur Twitter, et d’innombrables femmes ont raconté leurs mésaventures face au harcèlement et à la culture du viol. Une déferlante.
Dès que j’ai vu passer cet appel, divers épisodes me sont revenus en mémoire, sans que j’aie besoin de me forcer. Alors je raconte à mon tour.

En primaire, je pratique le judo, c’est un des rares sports qui me plaît. J’abandonne à la fin du CM1, parce que, seule fille dans un cours de 8 ou 10 enfants, les garçons s’ingénient à ouvrir mon kimono (et je suis révoltée à l’idée de porter un tee-shirt en dessous, contrairement à eux, d’autant que j’ai zéro poitrine). Le prof n’a jamais rien vu/dit.

Je suis en 5ème. Le prof de sport, pas très loin de l’âge de la retraite, a une sale réputation, que j’ai du mal à comprendre (j’ai 11 ans et je suis franchement naïve). En effet, ce type débarque dans les vestiaires des filles systématiquement au mauvais moment. Lors d’un cours, pour m’aider à franchir un obstacle, il me pousse les fesses. Devinez qui les autres filles ont regardé de travers ? Indice pour vous chez vous : il n’avait pas pénis.

Toujours en 5ème. Un garçon profite du cours de sport pour me mettre une main aux fesses (oui, encore). Devinez qui on a regardé de travers ? (Oui, encore)

Vers 2009, je marche dans la rue quand un type me fait remarquer que j’ai les tétons qui pointent avec un regard salace (il fait froid, ce jour-là).

En 2011-2012, un de mes collègues prend un malin plaisir à se placer derrière moi pour vérifier des choses que je lui montre sur mon écran d’ordinateur. Je précise que je suis dos à la fenêtre avec peu de recul et que cela lui permet d’avoir une vue plongeante sur mon décolleté, alors que je tourne mon écran pour lui permettre de voir de côté. Ce type est notoirement connu dans les bureaux (au moins parmi les femmes) pour ce genre d’attitude et ses propos limites (“T’as mis une robe, tu sors ce soir ?”), mais visiblement tout le monde s’en fout, à commencer par mes patrons.

Vers la même époque, je porte des collants imprimés “drapeau américain”, une jambe à rayures rouges et blanches, une bleue semée d’étoiles blanches (j’ai le droit d’avoir des goûts douteux, j’assume). Deux types derrière moi ne se privent pas de commenter dans une langue étrangère que je ne parle pas (mais bizarrement “America”, ça se prononce pareil dans toutes les langues), et il est clair que ce n’est pas flatteur.

Je passe sur toutes les fois où je passe devant deux terrasses de bistro entre chez moi et ma gare (longueur du trajet : 50 mètres) et où je vérifie toujours que ma jupe est assez longue / mon manteau bien fermé / mon gilet mis même quand il fait 35° tellement j’ai pas envie d’être scrutée comme un morceau de viande. C’est d’ailleurs un des rares points positifs à ma grossesse : avec mon bide énorme et mes jambes gonflées d’eau, je me suis sentie davantage “protégée”, un comble.

Ce n’est qu’un rapide aperçu, avec les scènes les plus marquantes. En en discutant avec l’Anglais, certaines me sont revenues en mémoire, d’autres m’ont été rappelées par lui.
Le pire, c’est que je m’estime heureuse : je n’ai jamais été “réellement” agressée, je n’ai subi “que” de petites humiliations. J’ai réussi à remettre à sa place mon collègue envahissant en lui balançant des piques sur sa virilité (et puis j’ai perdu le goût de la nouveauté). Mais il est évident que, comme beaucoup (toutes ?) de femmes, j’ai intériorisé cette peur, ces injonctions à être belle-mais-pas-trop.

Aujourd’hui, j’avoue que j’ai la trouille. Pour ma fille, à laquelle il va bientôt falloir expliquer que, non, les garçons n’ont pas le droit de regarder sous sa jupe à l’école (en petite section, le problème est réglé, l’école demande des pantalons parce que c’est plus pratique pour les Atsem), que ce n’est pas normal. Pour mon fils, qu’il faudra éduquer au respect (et je pense que ce sera peut-être encore plus difficile compte tenu du discours ambiant).

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10 Things I liked this week #154

Première semaine complète à la maison, avec des hauts et des bas. On dort peu et mal (le Paprika a la détestable manie de ne pas vouloir dormir à 4h du matin, alors que ses parents vendraient père et mère pour ce faire), on se nourrit presque exclusivement chez Picard (adieu mes rêves de cuisine pour encore plusieurs semaines) et on a les nerfs à fleur de peau (non je ne hurle pas parce que j’ai fait tomber une cuillère par terre, je m’exprime. Fort).
Néanmoins, ce fut aussi l’occasion de beaux moments, alors c’est parti pour le récapitulatif.

“Harry Potter et la pierre philosophale”

  • J’ai sacrément retrouvé la ligne : entre le ventre qui donne l’impression que je ne suis qu’en début de grossesse et les jambes qui s’affinent à mesure que la rétention d’eau reflue, je commence à espérer retrouver ma silhouette dans moins d’un an.
  • Bienvenue, baby O. ! Tu n’imagine pas à quel point on est heureux d’apprendre ton arrivée.
  • Toute la semaine, les cadeaux de naissance et les cartes de vœux ont continué d’arriver. Pour un peu, on y prendrait goût (j’en profite pour remercier La reine des paupiettes et lui souhaiter un bon anniversaire en retard).
  • Les copines sont venues aux nouvelles pour savoir comment j’allais. Ben, euh, disons que ça dépend (surtout de mes heures de sommeil).
  • J’ai improvisé deux bentô pour les déjeuners de Monsieur. Qui s’est tapé la honte avec ma boîte à bentô rose et noire ornée d’un chat scintillant.
  • La nouvelle box en édition limitée de chez Sushi Shop déchire sa maman. Et en plus, j’ai récupéré deux furoshiki parce qu’on faisait partie des premières commandes (oui, deux jours de suite…).
  • Je lis à peu près un roman par jour. OK, ce sont des Harlequin Azur qui font entre 120 et 150 pages, mais ça me détend énormément, et ça m’occupe l’esprit.
  • Vendredi, l’Anglais et moi avons passé la fin de journée en amoureux : après une petite balade au Luxembourg (qui m’a rappelé ma folle jeunesse, quand j’étais étudiante dans le quartier), nous avons effectué un pillage en règle de la librairie Les Belles Lettres, où je n’avais jamais mis les pieds malgré les multiples encouragements de mon entourage estudiantin. Cet endroit est l’antre du mal pour mon portefeuille.
  • La sortie a été couronnée par un dîner d’anniversaire-en-retard au restaurant Les grillades de Buenos Aires, où nous avons fait bombance (et bu un délicieux Malbec).
  • Dimanche, nous avons pu organiser une sortie en famille à l’Orangerie de Meudon, où se tenait une fête Renaissance sur le thème de Rabelais. Bon, en fait, c’était une mini fête médiévale qui nous a permis de croiser par hasard des copains pas vus depuis longtemps, et de racheter du matos (alcoolisé ou comestible pour l’essentiel, mais pas que).
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Moderne sans être occidental – Aux origines du Japon d’aujourd’hui

On a longtemps cru que la modernité était la forme particulière prise par le développement historique de nos sociétés. Dans le cas du Japon, on pensait que, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, il s’inspirait de la civilisation occidentale pour industrialiser le pays. Selon Pierre- François Souyri, l’histoire récente montre au contraire que la modernité telle que nous la concevions n’était que l’aspect particulier d’un phénomène mondial. Au Japon, la modernité a éclos sur le terreau de la pensée japonaise et chinoise au moins autant que sur des références venues d’Occident. Par ses remplois d’idéologies du passé, la modernisation japonaise oblige à relativiser le statut exemplaire de l’expérience occidentale. Cette modernisation a de fait fonctionné autant comme anti-occidentalisation que comme occidentalisation. Et, aussi bien, son rythme et les questionnements qu’elle suscite ont été identiques à ceux de l’Occident.


Pierre-François Souyri a été mon professeur il y a une douzaine d’années, et je gardais de lui le souvenir d’un regard très lucide sur le Japon contemporain. Il avait théorisé devant moi sa certitude que le Japon serait “sauvé par les femmes”, je suis encore aujourd’hui convaincue qu’il avait raison.
Quand j’ai découvert cet ouvrage sur la modernisation du Japon de la fin du shôgunat à la seconde guerre mondiale, je me suis jetée dessus. Mais c’était l’an dernier et, après avoir dévoré la copieuse introduction, nous avons découvert les punaises de lit dans la maison et je n’ai plus du tout eu la tête à lire un truc aussi sérieux. C’est donc avec plaisir – et courage – que je l’ai ressorti cet été dans l’idée d’en venir à bout avant la naissance du Paprika.

C’est un ouvrage historiographique remarquable, qui balaie très largement la pensée politique du Japon et la façon dont celle-ci s’est construite, sous une double influence sino-japonaise (l’héritage des lettrés, car n’oublions pas que la formation intellectuelle était essentiellement chinoise à l’époque) et occidentale, qu’elle soit voulue (le voyage du gouvernement japonais en Occident) ou subie (l’ouverture forcée au monde).
Souyri démonte consciencieusement le mythe d’un Japon qui se serait modernisé et occidentalisé en bloc, sous l’effet d’une volonté commune au peuple et à ses dirigeants parce que chacun aurait vu l’intérêt du pays à entrer de plain-pied dans le 20ème siècle. Au contraire, il souligne les lignes de faille, les affrontements, les bouillonnements politiques et sociaux aujourd’hui oubliés ou méconnus. J’y ai trouvé des échos à son cours (notamment la question des droits des femmes défendue par le groupe “les bas-bleus”), mais j’ai surtout absorbé et découvert une somme incroyable de choses sur une époque que je me targuais de connaître mieux que la moyenne.
La conclusion de Pierre-François Souyri est qu’il n’y a pas une seule origine à la modernisation du Japon, et permet d’aborder la question d’une façon moins “Occident-centrée” qu’à l’habitude.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cet ouvrage, au point de me remettre à rêver en japonais, ce qui ne m’était pas arrivé depuis une bonne dizaine d’années et ma rupture avec le Japonais (le prédécesseur de l’Anglais, comme vous l’aurez deviné). Néanmoins, c’est un ouvrage historiographique ardu, qui nécessite, à mon sens, un minimum de connaissances en histoire du Japon et, éventuellement, en langue japonaise (tout est traduit, mais maîtriser un peu la langue améliore la fluidité de lecture). Je le recommande à tous ceux que le Japon passionne, et qui souhaiteraient creuser au-delà des clichés colportés par le pays lui-même sur sa genèse moderne. C’est en outre un excellent moyen de comprendre les ressorts du Japon contemporain car il dessine les courants qui alimentent encore, près d’un siècle et demi après l’ouverture du pays au monde, la réflexion politique et sociale.

Moderne sans être occidental, Aux origines du Japon d’aujourd’hui, Pierre-François Souyri, Bibliothèque des Histoires, NRF Gallimard

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10 Things I liked this week #153

Je fais volontairement une ellipse sur les quatre dernières semaines, notamment parce qu’au début je n’avais pas grand-chose à raconter (j’étais noyée sous le boulot avant la date de mon accouchement) et ensuite parce que j’étais à la fois trop fatiguée et enfermée pour avoir quoi que ce soit d’intéressant à dire. Les choses ont évolué à partir de lundi dernier, si bien que je suis enfin en état (plus ou moins comateux, avouons-le), de remettre ces récapitulatifs au goût du jour.

  • Je suis sortie de la maternité ! Au bout de 8 jours ! Il était temps, je n’en pouvais plus des plateaux-repas anémiques et des douches communes sans pression ou eau chaude (l’AP-HP est remarquable niveau soin, mais alors on sent que les équipements n’ont pas été remis au goût du jour depuis un moment…).
  • La maison était nickel. Genre ça n’avait pas été aussi propre depuis la naissance de la Crevette il y a trois ans et des poussières. Encore un coup de super Belle-maman.
  • L’Anglais et moi avons débouché une (très) bonne bouteille quand je me suis enfin sentie d’attaque pour boire de l’alcool. Et pour mon premier dîner, j’ai eu droit à une combo sushi + champagne, parce que, bon, on n’a qu’une vie.
  • Après un message un peu cafardeux sur Facebook (j’y reviendrai sans doute), plein de gens m’ont contactée pour prendre de mes nouvelles, merci !
  • Les premières jolies cartes de vœux sont arrivées. J’ai beaucoup aimé l’effort des copines pour que celles-ci ne soient pas (trop) genrées.
  • Comme les gens me connaissent bien, outre les vêtements destinés au Paprika, j’ai reçu du chocolat, des bonbons et du thé.
  • Je me suis offert des fleurs. Pour fêter mon retour chez moi (et reprendre un peu possession des lieux), j’ai choisi des hortensias qui m’évoquent toujours la Bretagne et ma grand-mère.
  • Samedi, nous avons passé notre première journée en famille, et nous avons même réussi à sortir jusqu’à la librairie (c’est important de donner les bons réflexes aux enfants dès le plus jeune âge). Nous en somme ressortis avec un bel album sur le jazz manouche dédicacé pour la Crevette.
  • J’ai renoué avec la lecture. OK, j’ai lu deux Harlequin de la collection Azur, mais c’est toujours ça de pris et, à 4 heures du matin, ça passe tout seul.
  • Dimanche, j’ai (littéralement) mis la main à la pâte pour occuper Mademoiselle : nous avons fait de la pâte à sel (et je pense qu’il y en a partout par terre).
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On nous prie d’annoncer…

Ceux d’entre vous qui me connaissent “dans la vraie vie” ou me suivent sur Instagram ont déjà eu vent de la nouvelle. Mais il fallait bien que j’en touche un mot ici : il y a 10 jours, nous avons accueilli le Paprika, petit frère de la Crevette. J’avais choisi de ne pas évoquer ma grossesse ici, d’abord parce que cela relevait d’un sujet très intime à mon sens (et qui concernait toute la famille), mais aussi parce que j’aurais pu ne parler que de ça et me transformer en caricature de “maman blogueuse” (ma vie ne se résume pas à mon utérus). Bon, ça ne veut pas dire que, maintenant qu’il est sorti, je ne vais pas vous infliger quelques articles sur le sujet…


Et si vous êtes sages, je pourrai même vous expliquer d’où vient ce surnom bizarre (et néanmoins phallique).

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10 Things I liked this week #152

Une semaine haute en couleurs et en aventures, c’est le moins que l’on puisse dire ! Entre la reprise et le boulot en souffrance, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. Mais au bout du compte, c’était une semaine stimulante.

  • Lundi, alors que je m’échine depuis une semaine à travailler sur mon vieux PC portable, l’Anglais et moi décidons d’aller m’en acheter un neuf, avec un budget relativement conséquent. La lutte avec les vendeurs Fnac et leur incompétence (des bugs en série depuis le matin, parait-il) nous font rebrousser chemin après une heure de patience, mais Monsieur – gloire à lui – finit par aller m’acheter ma nouvelle machine à Vélizy. Joie et bonheur intenses.
  • Mardi, c’est la première rentrée des classes de la Crevette (oui, déjà). Elle n’est pas franchement ravie, mais il faudra bien qu’elle s’y fasse.
  • Nous effectuons (encore) une virée à Ikea pour compléter les courses d’il y a quinze jours, notamment des paniers pour la nouvelle étagère et le sommier à lattes du lit “de grande”. Parcours effectué en un temps record.
  • Jeudi, j’amuse la galerie (et Facebook) en publiant une citation de ma traduction du moment. Une sombre histoire de grâce lunaire et de fellation, qui a clairement titillé les imaginations !
  • Vendredi, nous recevons une très jolie carte faite maison de la part d’amis qui nous remercient de notre présence à leur mariage il y a un an. L’idée est jolie et nous fait très plaisir.
  • Samedi, nous avons bravé la météo incertaine pour assister au forum des associations de notre ville. Bilan : je suis réinscrite à la piscine, on va continuer l’initiation avec la Crevette, et Mademoiselle aura même un cours d’éveil corporel.
  • J’ai reçu mon cadeau d’anniversaire de la part d’Isa – oui, on a un peu de retard, je suis née en mai ; mais c’est quasiment devenu une tradition, alors c’est pas grave, et au moins ça tombe quand on s’y attend le moins !
  • L’Anglais et moi avons été pris d’une frénésie de montage de meuble / rangement / nettoyage de l’appartement. Il manque encore des choses, il y a encore pas mal de boulot, mais ça prend forme. Après plus de cinq ans passés ici, on dirait qu’on prend enfin nos marques.
  • Malgré le manque total d’envie et la nécessité de jongler avec les horaires de la Crevette, j’ai réussi à garder le cap du boulot, en sacrifiant une soirée et un bout d’après-midi.
  • Nous avons passé la semaine à (re)voir des films de notre adolescence : Matrix, X-Men et L’armée des 12 singes (j’ai découvert ce dernier, j’ai mal dormi la nuit suivante, ça alors quelle surprise).
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Vintage summer challenge

Ceux d’entre vous qui me suivent sur Instagram l’auront sans doute suivi tout au long du mois d’août : à l’invitation de deux “instagrameuses”, j’ai tenté de relever le défi consistant à publier chaque jour une photo évoquant un thème vintage. Ce ne fut pas toujours simple car j’étais au fin fond de la campagne sans connexion internet digne de ce nom et donc sans ma base de données photos (j’ai souvent dû jouer avec Facebook et des captures d’écran depuis mon téléphone). Je n’ai pas pu remplir toutes les catégories, mais je me suis bien amusée et j’ai hâte de recommencer. Peut-être avec de meilleures photos, en réquisitionnant l’Anglais (dont j’espère qu’il relèvera le défi de son côté).
Sans plus attendre, un petit résumé en images.

1. Moi : photo prise par Monsieur lors du bal Second Empire à Budapest en avril dernier.
2. La campagne : photo prise par Ioionette à Loches il y a… quelques années, lors d’une animation 13ème siècle. La coiffe ne convient pas tout à fait à la période, mon costume a évolué depuis.
3. La ville : photo de 2011 prise à Laressingle lors d’un rassemblement 15ème off avec des copains. Super week-end, mais très venteux ! (Je suis en jaune tout à gauche)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


5. Floral : bottines 1830, vues à l’exposition “Le pouvoir des fleurs” au musée de la vie romantique
6. Fruits et légumes : nos provisions sur fond de catapulte lors de ce même week-end à Laressingle.
10. Famille : l’Anglais et la Crevette jouant aux échecs le dimanche matin à Provins en 2016. On voit de qui Mademoiselle tient ses bouclettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


11. Jouets : la Crevette exhibant fièrement ses poupées 13ème (et son doudou 21ème…) lors dudit week-end à Provins.
12. Hobby : la danse historique ! Comme je le disais, je ne sais pas trop si je suis venue à la reconstitution par la danse ou si je suis venue à la danse par la reconstitution, mais les deux sont étroitement mêlées. Photo prise par mes soins lors du bal à Budapest en avril.
16. Amis : l’Anglais et moi en compagnie de deux amis hongrois dans les fossés de Provins en 2010. Tenues 15ème.

 

 

 

 

 

 

 

 


17. Patrimoine / traditionnel : pas facile, celle-là ! J’ai vu passer plein de super jolies photos de filles en costume traditionnel de leur pays ou de leur pays d’origine. Le souci avec mes origines à la fois vagues et mélangées (insérer ici un refrain de George Moustaki), c’est que je n’ai pas d’héritage culturel bien défini. J’ai botté en touche avec une photo de moi petite participant à ma première reconstitution, à l’occasion de la fête du village où j’habitais (paysanne courant 19ème siècle).
18. Fête : quel meilleur moyen de faire la fête qu’en dansant ? Voici une photo (mal éclairée au flash…) de notre bal Second Empire à Vienne, en 2015.
20. Couleurs primaires : j’ai fait avec les moyens du bord, en allant repêcher une photo prise il y a deux ans à l’occasion de l’Alphabet costumé proposé par Emmanuelle Nuncq. En fait, j’avais surtout très envie de crâner en kimono, et je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de le faire dans ce challenge.

 

 

 

 


21. 18ème siècle : je n’ai pas de tenue d’époque (un jour, un jour…), du coup j’ai ressorti une photo de l’exposition “Siège en société” présentée au Mobilier National au printemps dernier.
22. Empire : alors là, c’était plus facile. J’ai cherché de belles photos de notre bal Jane Austen à Bath en 2015, sans malheureusement en trouver de formidables (je dois contacter le photographe qui était présent à l’événement), mais celle-ci est plutôt mignonne, et l’Anglais a la classe dans son uniforme de hussard.
23. Victorien : c’est vaste ! Du coup, j’ai encore une fois choisi une photo du bal de Budapest, prise par Monsieur à la fin de l’événement. J’aime beaucoup cette photo dans la salle de bal, je la trouve très réussie.
24. Belle Epoque : heureusement qu’on a eu un bal sur ce thème l’an dernier ! J’avoue que ce n’est pas une période qui me plaît outre mesure, je trouve que la ligne fin 19è n’est pas très flatteuse. J’avais choisi une tenue 1910 plutôt que 1890, mais ça me va quand même moins bien que d’autres époques. Photo prise au Théâtre des Variétés, à Paris.

 

 


25. Garçonne : années 20, quoi. Je désespérais un peu, avant de me rappeler que la robe que je portais pour notre mariage civil (et la coiffure) étaient inspirées par cette époque. En vrai, il vaut mieux être toute fine pour bien porter les tenues des années 20, mais là le résultat n’était pas mal du tout.
26. 1930-1940 : l’Anglais et moi en costume pour la soirée Prohibition de Ioionette et SonMari en 2015. Je porte une robe vintage malheureusement trop petite à présent (j’ai pris des épaules avec la natation), et Monsieur a revêtu sa tenue de joueur de golf hickory (c’est une discipline qui existe vraiment), avec notamment le pantalon plus-four, immortalisé par Tintin.
27. 1950 : J’avais des choses pour illustrer cette catégorie, mais rien sous la main. Puis je me suis rappelé de ce portrait de ma grand-mère réalisé en 1957 (on dirait pas comme ça, mais elle avait déjà deux enfants…). J’ignore si la robe existe encore (j’aurais bien aimé même si je ne rentrerais sans doute pas dedans), mais j’ai vu passer la bague en vrai et, oui, elle est aussi grosse que ça.
28. 1960-1970 : Un mauvais selfie pris à l’appareil numérique en 2012 dans notre couloir ! Je porte une robe vintage chinée dans une boutique de Sydney lors de notre voyage de noces. J’aurais voulu acheter tout le magasin, j’ai été héroïque (et puis il y avait les valises à traîner, aussi). Elle est transparente, donc je la porte avec une chemise de corps 19ème réalisée pour mes tenues Empire (et une ceinture rouge H&M récupérée dans une braderie entre copines). Le vintage, c’est l’art du recyclage.

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10 Things I liked this week #151

Ce fut une semaine assez intense, entre reprise du boulot, corvées diverses et variées (j’ai déjà dit que je détestais l’administratif ?) et fortes chaleurs les deux premiers jours. Mais étrangement, j’ai réussi à m’en sortir et, ce soir, je garde globalement un sentiment de bien-être – c’est que ça ne devait pas être si terrible que ça !

  • Lundi, après une soirée aux urgences, l’Anglais a eu confirmation qu’il n’avait rien de cassé après une rencontre pour le moins intense avec un vélo dans les îles anglo-normandes le week-end précédent. Soulagement.
  • Mardi, j’ai vu mon père (qui habite au Canada, je rappelle). Nous avons passé une bonne partie de la journée ensemble, entre un resto japonais devenu italien et une balade dans ma ville de banlieue. En revanche, c’est pas cette année que je verrai ma demi-sœur.
    En plus, il m’a fait quelques courses à l’épicerie coréenne à côté de là où il séjournait, il a donc de nouveau du riz et de la sauce pour soba à la maison !
  • Jeudi, L&P sont venus à la maison avec leurs enfants. Pendant que ces messieurs effectuaient quelques courses, L et moi avons emmené les filles à l’atelier de baby art que fréquente la Crevette de temps à autre. C’était une grande première pour Miss L, qui a semble-t-il bien aimé. La Crevette était à fond, comme souvent quand il faut barbouiller quelque chose. Quant à moi, j’ai découvert que je connaissais quand même vachement de monde dans mon bled, à force.
  • J’ai reçu une très belle carte postale de Malena avec une vue ancienne de Nice. Merci !
  • En même temps, j’ai reçu mon livre de la ronde des poches organisée par Armalite : Comment braquer une banque sans perdre son dentier, de Catharina Ingelman-Sundberg. En revanche, ma swapée avait déjà lu Du domaine des murmures, de Carole Martinez (mais je m’y attendais un peu)
  • Vendredi, après avoir essayé (en vain) de commander Fécondité d’Emile Zola chez mon libraire préféré, j’ai décidé de nous offrir des pâtisseries de Carl Marletti pour faire contre mauvaise fortune bon cœur. Au moment où j’entre, l’Anglais m’envoie un message : “Tu envisages de passer chez Marletti ?”. Grands esprits, dix ans de vie commune, tout ça. Et l’éclair de saison figue-menthe était tomber.
  • Samedi matin, Monsieur a emmené Mademoiselle se défouler au parc, et j’en ai profité pour me reposer écluser les corvées ménagères. Moi et mon obsession de la maison bien tendue…
  • Nous avons pris le temps d’ouvrir les deux colis envoyés par Elise, pleins de vêtements de petite fille. Gros succès auprès de la principale intéressée, qui aurait voulu annexer les chaussons (un peu trop grands) tout de suite.
  • Le soir, avec des amis venus de l’Est assister à un match de baseball (cherchez pas), nous sommes allés dîner au Korean barbecue. Une découverte pour nos invités autant que pour la Crevette, et tout le monde a adoré.
  • Ce matin, Monsieur est parti avec Mademoiselle assister au second match de baseball du week-end, me laissant les coudées franches pour me balader au vide-grenier à côté de la maison. Je n’ai rien acheté, mais j’y ai quand même passé pas loin de deux heures.
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Challenge PAL de vacances : le bilan

Début juillet, à l’initiative de Miss Sunalee, je m’étais lancée dans ce challenge avec bonheur, songeant que cela m’aiderait à désengorger ma PAL toujours croissante. Certaines catégories étaient vouées à l’échec dès le départ (la numéro 3, par exemple), car rien ne correspondait, d’autres avaient un ou plusieurs titres associés, mais je n’ai pas eu le temps de les combler. En cause, une météo très chaude, des vacances passées à lézarder et… l’achat de nouveaux livres (forcément).


Voici où j’en suis :

1. le titre contient un nom de lieu géographique (pays, ville, région, fleuve…), Notes de Hiroshima, Ôe Kenzaburô
Un livre dur, qui n’est pas un roman mais un recueil d’articles à l’époque où cet écrivain japonais était journaliste. Rédigés au milieu des années 1960, les articles offrent une vision sans fard de la situation à la fois politique et sanitaire de Hiroshima et de la question nucléaire.
En discutant avec des amis japonais, j’ai découvert que c’était un classique étudié en classe là-bas.

2. le titre doit être un vrai jackpot au Scrabble. En reprenant l’idée de Lire sous la contrainte, il s’agit d’additionner les points de chaque lettre du titre et de l’auteur selon les règles du Scrabble: A,E,I,L,N,O,R,S,T,U : 1 point; D,G,M : 2 points; B,C,P : 3 points; F,H,V : 4 points; J,Q : 8 points; K,W,X,Y,Z : 10 points (l’exemple est ici)
J’avais le titre : Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, de Darragh McKeon, mais je n’ai eu ni le temps, ni le courage de m’y mettre. Vu que ce roman traîne dans ma PAL depuis l’été dernier, je commence à m’inquiéter un peu…

3. le titre contient soit “chant/chanson”, soit “musique” ou est le titre d’une chanson, ou s’en inspire très fort, ou contient le nom d’un musicien/chanteur
Comme dit plus haut, aucun livre de ma PAL n’entrait dans cette catégorie.

4. le titre contient un prénom ou un nom de personne, Mousseline la Sérieuse, Sylvie Yvert
Seul titre correspondant à la catégorie, ce court roman historique, construit comme des mémoires posthumes de Marie-Thérèse-Charlotte de France, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette, m’avait été prêté par Malena il y a quelques mois. Si le style est beau, j’ai été agacée par le royalisme sous-jacent de l’oeuvre (ce qui est normal, vu le personnage) et je n’ai pas appris grand-chose, ayant lu à plusieurs reprises le roman Fille de roi dans ma jeunesse, qui traite exactement du même sujet.

5. le titre est composé d’un seul mot
Paris, d’Emile Zola, dernier tome de la trilogie des villes. Il est en cours, j’en ai lu la moitié à peu près, et je vais sans doute le finir dans les jours qui viennent, mais je ne serai pas dans les temps pour l’inclure dans le défi !
Comme toujours avec Zola, c’est génial, mais il faut s’accrocher. Ce roman a en outre la particularité, à mes yeux, de trouver un écho très moderne dans son analyse, plus d’un siècle après sa publication.

6. le titre ne contient pas d’article
Derniers témoins de Svetlana Alexiévitch, sur lequel je bute depuis plusieurs mois (non parce que c’est mauvais mais parce que c’est une lecture très, très dure et que je souffre).
Ou Moderne, sans être occidental de Pierre-François Souyri, génial essai sur la naissance du Japon moderne, par un professeur dont j’ai suivi les cours et que j’ai toujours admiré. Il me reste une centaine de pages, j’en viendrai à bout bientôt, je pense. Fait étrange, ce livre m’a fait rêver en japonais, une première depuis bien dix ans.

7. le titre contient un mot lié à la nourriture ou à une boisson, A boire et à manger avec Sonia Ezgulian, Guillaume Long
Je me suis retrouvée dans la critique d’Armalite. La lecture était plaisante, le dessin toujours agréable, et l’ensemble donnait faim, mais on était plus dans le livre-hommage à une cuisinière que l’auteur admire beaucoup que dans le livre-recette moins ambitieux mais plus abordable. J’ai passé un agréable moment, mais je ne suis pas certaine de reproduire une des recettes de ce tome, contrairement à d’autres qui sont devenus des classiques de la maison (la soussoupe de radis noir, l’aubergine au four, les tagliatelles de la fin du monde…).

8. le titre contient un mot désignant un animal, Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa
J’en ai déjà parlé plus tôt, je vous renvoie à l’article que je lui ai consacré. Une très belle lecture, que je recommande.

Le bilan est en demi-teinte pour ce qui est du niveau de ma PAL (dans le même temps, j’ai dû lire au moins 3 livres qui n’étaient pas dedans au début du challenge), mais je suis quand même contente d’avoir lu des titres qui poireautaient depuis un moment.
J’ai hâte de lire le récapitulatif des autres participants.

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