Fangirl

FangirlCath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde ses profs, sa famille et sa colocataire méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d un obsédé de la littérature…


Il est des livres qui traînent dans votre PAL pendant des mois sans que vous ayez le courage de vous y mettre quand, soudain, Isa vous apprend qu’elle est en train de le lire et vous proposez une lecture commune pour vous donner du coeur à l’ouvrage. J’avais récupéré ce roman parce qu’on m’en avait dit le plus grand bien et, pourtant, il partait avec handicap chez moi : je n’aime pas le YA à de très rares exceptions près, je ne lis plus de fanfiction depuis 10 ans (et j’en ai lu dans des circonstances très particulières) et si j’apprécie l’univers de Harry Potter, dont est clairement inspiré Simon Snow, je n’en suis pas une inconditionnelle.
Les cinquante premières pages ont été difficiles : j’avais envie de prendre l’héroïne pour la secouer comme un prunier et la faire réagir. Mais fort heureusement, des personnages du roman s’en sont chargés à ma place et… tout s’est enchaîné. Passé ce début un peu difficile, j’ai beaucoup accroché à l’histoire, mais aussi à la façon dont l’héroïne fait revivre ses personnages préférés. L’auteur dépasse très vite la description de la “fangirl” justement pour élaborer une réflexion sur ce qui peut pousser quelqu’un à s’absorber dans un monde imaginaire qui n’est pas le sien, et nous livre un très joli récit initiatique sur le passage de l’enfance à l’âge adulte.
En outre, la structure du roman est intéressante, car Rainbow Rowell intercale des extraits des “romans” de Simon Snow, des articles sur l’auteur ou la fanfiction, ainsi que des extraits des fictions écrites par Cath elle-même. On se prend au jeu, et on l’en viendrait presque à regrette que Simon Snow n’existe que dans l’imagination de l’auteur !
Au final, j’ai passé un excellent moment et j’ai refermé le livre avec le sourire aux lèvres.

Fangirl, Rainbow Rowell, Castelmore

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Adèle et les noces de la Reine Margot

AdèleAdèle a 13 ans. Elle est perdue depuis le décès de sa grand-mère six mois plus tôt. Ses parents ont toujours été très pris par leur carrière et ne comprennent plus rien à leur fille, en pleine crise d adolescence. À l’école, Adèle est une élève moyenne, plus intéressée par les histoires avec les garçons que par le livre qu elle va devoir pendant les vacances : La Reine Margot, d’Alexandre Dumas. Préférant l’imaginaire à la réalité, Adèle se met à rêver la nuit qu elle est un personnage du roman. Elle rencontre au cours de ses rêves le beau Samuel, dont elle tombe amoureuse. Elle va assister au mariage de Margot, danser pendant les noces, constater les problèmes entre Catholiques et Protestants Mais Adèle commence à perdre pied. Ce qu’elle vit dans ses rêves est tellement plus intense que son quotidien qu’elle n a plus très envie de se réveiller.


J’avais découvert avec ravissement 14-14 co-écrit par Silène Edgar, auteur de ce nouveau roman, et je vous en avais fait part dans ces pages. C’est donc les yeux fermés que j’ai acheté ce nouveau tome, profitant au passage de la présence de Silène aux Imaginales pour me le faire dédicacer. Et je n’ai pas été déçue.
Exploitant de nouveau le thème de l’uchronie, le roman nous fait suivre en parallèle l’histoire d’Adèle, collégienne un peu paumée du XXIè siècle, et celle de son alter ego, transportée par la magie du rêve à la cour de Charles IX en 1572. La reconstitution proposée est bien plus celle du roman de Dumas que l’histoire réelle, toutefois l’auteur rétablit la vérité historique grâce aux recherches effectuées par l’héroïne pour tâcher de comprendre le nouveau monde qui l’entoure.
Confrontée aux jeux de pouvoirs et à l’intolérance religieuse, Adèle pose un regard neuf sur cette époque complexe tout en laissant aux lecteurs le soin de juger la situation et d’établir des parallèles (ou non) avec notre actualité. L’écriture est fine, et le roman se lit d’une traite, si bien que je vous le conseille vivement (il m’a fallu quelques heures pour le dévorer).
En bonus, la fin assez inattendue est très touchante et m’a tiré quelques larmes.

Adèle et les noces de la Reine Margot, Silène Edgar, Castelmore

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Bordemarge

bordemarge-nuncqUn mousquetaire rebelle quitte le château de Bordemarge au galop. C’est Roxane, l’héritière légitime de la couronne, fuyant le duc Silas qui vient de s’emparer du trône.
Qui pourrait bien l’aider dans son combat pour la justice ? Une troupe extraordinaire de compagnons plus délirants les uns que les autres ! Car a Bordemarge tout est possible…
Mais c’est un monde imaginaire et ce genre d’aventures n’arrive que dans les romans de cape et d’épée. Violette le sait bien, elle qui n’aime pas du tout sa vie de bibliothécaire déprimée…
Elle est loin de se douter que l’aventure va lui tomber dessus… littéralement! Car pour échapper a ses ennemis, Roxane traverse un tableau magique et envoie Violette dans son royaume a sa place. Saura-t-elle dejouer les plans de l’infâme Silas et rendre son trône a Roxane ? Tout est possible, il suffit de le vouloir…


Emmanuelle Nuncq est un autre nom de plume de Camille Adler, dont j’avais particulièrement apprécié la romance historique il y a quelques mois. Bordemarge est son premier roman, et je dois dire qu’il m’a beaucoup plu !
L’idée de la rencontre entre fiction et réalité n’est certes pas neuve – qu’il me suffise de dire que je suis une grande admiratrice de Jasper Fforde devant l’éternelle – mais je l’ai trouvée habilement traitée, et de façon toute différente. L’auteur lâche la bride à son imagination et nous entraîne dans un univers de cape et d’épée où les incursions de personnes “réelles” ont donné lieu à des additions telles que le steampunk ou les héroïnes féminines fortes.
J’ai beaucoup apprécié le fait qu’on suive deux héroïnes en parallèle, l’une fictive, l’autre vivante, mais découvrant chacune le monde de l’autre. Violette, la bibliothécaire déprimée, nous permet de saisir les ficelles narratives de Bordemarge, et exploite celles-ci à son profit.
Enfin, et pour ne rien gâcher, l’écriture est, une fois encore, fine et très agréable. On sent que l’auteur a la passion de la littérature, et cela se retrouve dans sa plume sans qu’il y ait toutefois la moindre trace de pédantisme. En outre, l’histoire demeure facile d’accès et peut se lire sans doute dès le collège, même si les plus grands apprécieront les clins d’œil aux héros de notre enfance.

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