Les insurgés

Vendredi soir, petite séance ciné sur les Champs. L’Anglais et moi avions très envie de voir Les insurgés, film anglais sur la résistance juive pendant la seconde guerre mondiale, avec Jamie Bell et Daniel Craig.

Biéolrussie, 1941. Les Juifs sont assemblés dans des ghettos ou massacrés dans leurs villages, alors que la police locale aide les SS et la Gestapo. Les frères Bielski, originaire d’un petit village en bordure de forêt, parviennent à s’échapper alors que leurs parents sont tués. Ils décident de vivre dans la forêt et de s’y installer afin d’échapper à la tuerie. Alors qu’ils n’envisageait qu’une fuite en famille, ils sont peu à peu rejoints par d’autres fuyards et décident de s’organiser pour vivre…
C’est un film remarquable. L’image, légèrement ternie, souligne l’intensité dramatique de l’histoire, alors que les acteurs sont tous excellents. Daniel Craig nous prouve qu’il est capable d’interpréter un personnage tout en nuances et en doutes, et l’on découvre Liev Schreiber, que je ne connaissais pas du tout, explose dans son rôle de grand dur, et Jamie Bell confirme tout son talent.

Outre ces qualités, le film raconte une histoire en tous points vraie : la survie d’un groupe important de Juifs dans les forêts biéolorusses de 1941 à 1945. Il dépeint l’organisation de la vie commune, la fuite de tout un ghetto vers la forêt, mais aussi les moments de joie et de peine du camp. Cette histoire est une véritable leçon d’humanité. A voir absolument.

Che – L’Argentin

Après la bluette pour ados, nous avions envie de voir un film un peu plus intelligent, et avons jeté notre dévolu sur la première partie de la biographie du Che réalisée par Steven Soderbergh.
Le film débute en 1954, par la rencontre de Guevara et de Fidel Castro au Mexique, et les débats sur la nécessité de mener la révolution par les armes. C’est ainsi que nous suivons l’itinéraire de celui qui deviendra le Che, de marche dans la jungle en campement de fortune, jusqu’à la prise de Santa Clara.

La narration est entrecoupée de scènes de la visite de Guevara aux Etats-Unis en 1964, de l’interview qu’il accorde à une journaliste – et des questions sur son rapport à la révolution et au marxisme – ainsi que de son intervention à la tribune des Nations Unies. Ces incursions dans un futur proche sont réalisées en noir et blanc, alors que l’essentiel du film est en couleur.
Le film est bien réalisé, les acteurs sont bons, la narration impeccable et vivante. Mais il faut néanmoins souligner que l’on s’ennuie. C’est dur à admettre, surtout pour un tel film, mais il n’y a qu’une succession de scènes de jungle et de guerilla.

En outre – et là cela rejoint mes convictions anti-communistes ancrées dans mon ADN – le personnage du Che est beaucoup trop lisse à mon goût. Bien entendu, comme le film est adapté de son autobiographie, il est évident qu’il ne s’est pas donné le mauvais rôle. Malheureusement, cela le rend fade et ne cherche qu’à perpétuer son image de cavalier blanc libérateur de Cuba, alors qu’il avait tout de même un sacré nombre de morts sur la conscience.
De son côté, Fidel Castro n’est traité que comme un personnage subalterne, qui n’apparaît que pour orienter les pas de Guevara dans telle ou telle direction. Par certains côtés, il me rappelle John Malkovitch en Talleyrand dans le très mauvais téléfilm sur Napoléon, quand il surgissait tel le diable hors de sa boîte pour souffler à Christian Clavier quoi faire à présent.
Enfin, et sans dénier les qualités d’acteur de Benicio del Toro, je ne pense pas que sa performance méritait le prix d’interprétation à Cannes, mais peut-être que l’afflux de biopics ces derniers temps rend ce genre d’incarnation moins extraordinaire.

Twilight

Je n’ai pas pu résister, j’ai traîné l’Anglais au cinéma dès ce soir pour aller voir Twilight, le film adapté de la fameuse série pour ados. Si, si, si, je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Comme le scénario est adapté à la virgule près, avec tout de même quelques coupures pour rester dans le format d’un film, inutile que j’en parle. A tout hasard, vous pouvez aller faire un tour dans ma rubrique bouquins. Je vais plutôt me concentrer sur les bons et les mauvais points du film.

Premier souci, et de taille : le public. Nous avons failli péter un câble à cause des trois cailleras qui se sont amusés à commenter l’intégralité du film. Comme en plus ils étaient loin d’être des lumières, je ne suis même pas sûre qu’ils aient tout compris à l’intrigue…

Commençons par les personnages. C’est un peu la loterie…
Alice : exactement l’image que l’on s’en fait, sauf que je l’aurais vue plus petite.
Jasper : on dirait que l’acteur a passé l’intégralité du tournage à fumer, et sans doute pas que du tabac.
Emmet : comme Alice, bon choix pour l’acteur et le côté “baroudeur”.
Rosalie : trop facilement réduite au rôle de “blonde pouffe”.
Edward : meilleur jeu que Hayden Christensen. Au moins quatre expressions différentes (mais c’est pas grave, je ne suis pas difficile).
Bella : bien trouvée, jolie, joue bien.
Esmée : l’actrice a l’air trop âgée par rapport à son double livresque et aux autres personnages du film.
Carlisle : … No comment. Je vous laisse vous faire une idée…

Voilà pour les personnages principaux. Les personnages secondaires sont bien trouvés – à l’exception de la mère de Bella qui ne correspond pas du tout au portrait qui en est donné dans toute la série – les acteurs sont bons. Mention spéciale pour le casting Indiens, car apparemment ce n’était pas facile.
Pour ce qui est du film en lui-même, et contrairement à Largo Winch il y a 15 jours, c’est une bonne adaptation, on n’est pas déçu, c’est très fidèle à l’oeuvre originelle. Les paysages sont magnifiques – ça m’a rappelé un peu le Canada, mais en même temps ça se passe dans l’état de Washington – les décors sont bien dans l’ambiance – la maison des Cullen est vraiment une trouvaille. J’ai beaucoup apprécié les séquences humoristiques, la scène où Edward joue du piano (mais c’est mon côté fleur bleue qui ressort) et le combat au studio de danse.
Côté points négatifs, je citerai la manière dont c’est filmé : trop de ralentis, effets spéciaux mal placés, quelques scènes inutiles… J’ai aussi regretté que le rôle des Indiens soit réduit à sa plus simple expression et que l’arrivée des autres vampires soit révélée aussi vite.

Allez, pour conclure, une petite polémique. En arpentant le web, j’ai lu un critique au vitriol du film, rédigée par une bloggeuse américaine : elle dénonce le côté sexiste et macho d’Edward (qui n’apprécie Bella que pour son apparence ou son odeur), la fadeur de Bella (aucune décision personnelle) et craint qu’il ne s’agisse d’un nouveau Blanche-Neige, visant à persuader les jeunes filles en fleur que c’est ça le romantisme.
J’ai trouvé la critique un peu outrée, mais je ne suis pas totalement en désaccord. Et vous ?

The Spirit

Bonne année à tous ! J’espère que vous avez bien récupéré du champagne et des petits fours.
Ce matin, l’Anglais et moi sommes allés au cinéma. A l’origine, nous étions sensés retrouver Flashmarion et des amies, mais sms dans le métro : “Marion a préféré rester dormir, et du coup moi aussi”. Du coup, nous avons fait cavalier seul.

The Spirit est un film adapté du comics éponyme, avec Frank Miller à la réalisation. Ce nom vous dit forcément, quelque chose, puisque c’est lui qui a dessiné les comics de Sin City et 300. Premier essai derrière la caméra, donc.
Central City. La ville est sous l’emprise d’un malfaiteur étrange, the Octopus (Samuel L. Jackson), traqué et contrecarré par the Spirit. Il est question de trafic de drogue, de prouesses physiques, de sombre passé et de jolies filles.
Si je n’en dis pas plus, c’est que le scénario est un peu trop classique, on ne sent pas de réelle innovation. On retrouve l’image sombre marquée par une seule tache de couleur propre à Miller, mais là où Sin City était une nouveauté, on a juste un sentiment de déjà-vu… Enfin, le ton du film est assez étrange : parfois tragique, parfois carrément burlesque, on ne sait jamais exactement s’il faut prendre la scène sérieusement ou à la rigolade.
Je vous rassure, il y a aussi de bons côtés à ce film, listés par l’Anglais : la chronologie est présentée de manière originale et claire, Samuel L. Jackson et Scarlett Johanson réveillent le film, et (attention Mesdames, cela ne vous concerne pas) il y a des jolies filles en décolleté.

Largo Winch

Largo Winch est un de mes héros de BD favoris : c’est le fameux “milliardaire en blue jeans”, aventurier au coeur d’artichaud, inséparable de son grand ami Simon, iconoclaste et évoluant entre magouilles de la haute finance et coups crapuleux. J’ai découvert la bande dessinée il y a un peu moins de dix ans et je suis vraiment fan. Aussi étais-je toute heureuse de voir enfin l’adaptation cinématographique sortie mercredi dernier.

Ce n’est pas la première fois que le personnage était adapté pour un format plus grand public. A l’origine, la BD elle-même est une adaptation des romans de Jean Van Hamme, sortis dans les années 1980.
Nous avions donc découvert vers 2000 une série télévisée qui avait eu la bonne idée de faire un casting européen pour trouver les visages qui se rapprochaient le plus des héros. Avouons que c’était la seule bonne idée de la série, qui souffrait d’un budget pas assez étendu pour se donner les moyens de sa politique et d’un scénario un peu poussif.

Aussi l’annonce du film m’avait-elle comblée, et plus encore les très bonnes critiques parues dans différents journaux. Enfin une adaptation réussie ! Un très bon film d’action, à la hauteur des enjeux hollywoodiens ! Ajoutez à cela un teaser très bien fait, et je me suis précipitée avec l’Anglais et mon frère.
Sauf que. C’est un bon film d’action, en effet. Le scénario est bon. Les acteurs sont bons. La réalisation est soignée et à aucun moment on n’a l’impression d’être dans un film français (ce qui est plutôt bon signe pour ce genre de productions). Le problème vient surtout de l’adaptation “à la tronçonneuse” ai-je envie de dire.
Certains personnages secondaires très importants disparaissent – Simon Ovronnaz, pourtant double de Largo – ou sont inexistants – Miss Pennywinkle. L’enfance de Largo se déroule en ex-Yougoslavie et non au Liechtenstein, le siège de la W a été déplacé à Hong-Kong (pourquoi pas ? cela colle au contexte économique international, mais ne prend sans doute pas en compte le fait que Hong Kong est repassé sous l’emprise de la Chine communiste…), aucune personnalité du Big Board (John Sullivan et Dwight Cochrane en tête) ne subsiste… On pourrait en citer encore longtemps, malheureusement.

Donc oui c’est un bon film d’action à la française. Oui j’irai voir la suite qui vient d’être annoncée. Mais je ne dirai pas qu’il s’agit d’un Largo Winch. Disons que c’est une version “parallèle” du héros que j’apprécie tant. Il me reste toujours les BD pour me consoler.

Burn after reading

Toutes mes excuses, chers lecteurs, mais gros coup de flemme ces derniers jours pour poster (le froid, la pluie, Noël, tout ça…). Mais du coup, j’ai plein de choses à vous raconter, à commencer par le dernier film des frères Coen.

Osbourne Cox est analyste pour la CIA, jusqu’à ce qu’il se fasse débarquer du jour au lendemain. Pour se “venger” et surtout pour occuper ses journées, il décide de rédiger ses mémoires. Sauf que le CD sur lequel elles se trouvent atterrit par hasard dans les mains de deux instructeurs de fitness pas très intelligents qui décident de faire chanter ledit Osbourne Cox.
C’est un film des frères Coen, donc il ne faut pas trop s’attendre à comprendre le scénario, mais on rit pas mal. Le casting est excellent, même si les acteurs restent souvent dans leur registre : Tilda Swinton froide et arriviste, George Clooney en macho poilu, John Malkovitch en maniaque nerveux… Cependant, la performance de Brad Pitt est vraiment très drôle : il incarne en effet un professeur de fitness un peu idiot, plus préoccupé par ses séances de sport que par quoi que ce soit d’autre, qui écoute de la musique et fait des chorégraphies dans sa voiture, et avec une coupe de cheveux improbable…

J’ai moyennement accroché, mais l’Anglais a adoré. A vous de vous faire une opinion.

Mesrine : l’ennemi public n°1

Suite et fin de la vie de Jacques Mesrine incarné par Vincent Cassel. Alors que le premier volet s’était achevé sur le retour du gangster en France après son coup d’éclat au Canada, cette partie-là nous présente les six dernières années de sa vie.
1973. Après plusieurs casses et fusillades, Mesrine est arrêté et détenu en QHS (quartier de haute sécurité) à la prison de la Santé. Il parviendra néanmoins à s’en évader de façon spectaculaire, avant de commettre d’autres braquages de plus en plus audacieux.

Ce deuxième opus s’attache à montrer la manière dont Jacques Mesrine s’est employé à forger sa propre légende : son obsession pour les gros titres dans les journaux, son égo surdimensionné, mais aussi ses prises de position “anti-système”… On suit la rédaction du livre qui a inspiré le film sorti en octobre, les interviews clandestines… Mais le film revient aussi sur les aspects beaucoup plus sombres de Mesrine : sa violence – et notamment le passage à tabac d’un journaliste de Minute – ses accointances avec l’extrême gauche révolutionnaire. A mille lieux de l’image de Robin des bois moderne qu’il voulait se donner.

L’interprétation est juste et colle à l’image que l’on a de ce personnage. Malheureusement, peut-être à cause de la personnalité du truand ou d’un parti pris du réalisateur, Cassel “écrase” les autres acteurs, à l’exception peut-être de l’interprète de Robert Broussard, le commissaire qui arrêta Mesrine et le traqua après son évasion.

Vilaine

Mélanie n’est pas jolie, et en plus elle est gentille : elle fait le ménage chez sa mère, visite tous les petits vieux de son village, promène le chien incontinent de sa voisine et se laisse exploiter par son patron. Rien n’aurait dû changer dans sa vie jusqu’à ce qu’un jour le prince charmant lui propose un rendez-vous…

Bien entendu, cette rencontre ne se déroule pas comme prévu, et Mélanie décide de devenir méchante pour enfin prendre sa revanche sur le monde. Il s’ensuit une série de situations plus comiques les unes que les autres. On rit franchement devant la galerie de portraits (caricaturale, certes) qui peuple le film : la meilleure amie peste, le patron raciste et macho, la grand-mère indigne, la mère geignarde…
Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue. Toujours est-il que ce film est bein sympathique et permet de passer un bon moment, malgré la fin un peu trop politiquement correcte.

Hellboy 2

Oui je sais, certains esprits chagrins vont encore me reprocher de n’aller voir que des films d’action à zéro neurone. Sauf que là, j’ai un argument en or : La bande à Baader n’est plus à l’affiche (et je suis dégoûtée) et notre emploi du temps hier ne nous permettait pas d’aller voir le deuxième volet des aventures de Jacques Mesrine. Dont acte.

Je n’avais pas vu le premier volet – et il paraît que j’ai eu raison – mais aucun besoin de cela pour comprendre l’histoire. Le grand escogriffe rouge qui sert de héros à ce film est confronté à plein de problèmes : sa copine menace de le mettre à la porte, un nouveau patron débarque et, accessoirement, les elfes veulent massacrer les humains et dominer le monde.
C’est pas très intelligent, mais on rigole bien, car les acteurs ne se prennent pas au sérieux. On est plus dans la parodie que dans le vrai film à grand spectacle… La séquence où les deux héros, complètement faits, chantent une vieille chanson d’amour, est franchement réussie.

Personnellement, je regrette que le film soit trop “pompé” sur d’autres univers. La bataille racontée au début du film évoque sans conteste le Seigneur des anneaux, le marché troll nous ramène sur Tatooine et le grand méchant a la tête d’Elric, le fameux (et bien plus intéressant) héros de Moorcock. A vous de voir.

Max Payne

Mercredi soir, nous sommes allés voir Max Payne, film tiré du jeu vidéo éponyme et bien (?) connu. Personnellement, le nom me disait quelque chose sans plus, mais l’Anglais était un fan inconditionnel.

Max Payne est un policier du département des affaires non élucidées, et dont la famille a été assassinée sans que l’on puisse savoir par qui. En suivant une piste pour tenter de résoudre le drame qui l’a touché, il se retrouve impliqué dans la mort de plusieurs personnes et met au jour un trafic louche…
Bon, le scénario n’est pas mal, mais assez visible. L’Anglais a même eu une grande révélation : Olga Kourylenko ne sait pas jouer ! Plus sérieusement, l’ambiance est bien retranscrite, avec le fameux bullet time (ralenti à la Matrix) propre au jeu, la noirceur, les décors glauques… Passons sur les symboles empruntés à la mythologie nordique : Ragnarok, Aesir, Valkyrie…
Un polar bien sympathique, et qui a ravi l’Anglais par sa proximité avec le jeu.