Dans la brume électrique

Hier, nouvelle séance ciné. Et oui, ça n’en finit plus… Nous avions décidé d’aller voir le dernier film de Bertrand Tavernier, encouragés par les critiques lues un peu partout.

Dave Robicheaux est inspecteur de police à la Nouvelle-Orléans. Alors qu’il enquête sur une affaire de meurtre sur une jeune femme, la découverte d’un nouveau corps fait ressurgir un passé qu’il croyait oublié.
Ce film est déconcertant : des acteurs remarquables, une bonne réalisation, une très belle musique, servie entre autres par Buddy Guy, des décors somptueux – ah, le bayou – et une intrigue qui replace la Louisiane dans son contexte actuel post-Katrina et celui de la ségrégation raciale… Et pourtant. Je dois reconnaître que quelque chose a bloqué. Le scénario, peut-être.

Il est difficile d’en dire plus, d’autant que j’ai l’interdiction expresse de Matou de spoiler quoi que ce soit, mais le “mystère” dont j’entoure ma critique vous donnera à peu près mon sentiment à la fin du film…

Les trois royaumes

Avant d’aller voir Harvey Milk, l’Anglais et moi avions choisi un film plus “reposant” pour les neurones : les trois royaumes, dernier opus de John Woo.

Chine ancienne. Le tout-puissant premier ministre de l’empire chinois force l’empereur à déclarer la guerre au Sud, afin d’assouvir sa soif de conquête. Le seigneur attaqué sent qu’il ne pourra résister longtemps, quand son stratège lui propose un plan : faire alliance avec son voisin pour parvenir à un équilibre “à trois pieds”. Il s’ensuit alors une guerre faite d’escarmouches et de ruses, avant la grande bataille…
Dit comme cela, on dirait un énième film d’action hong-kongais. Oui et non, car c’est du John Woo quand même. L’argument d’origine est historique, même si les personnages et les faits ont été “librement adaptés”. Malgré les nombreuses scènes de combat, le réalisateur parvient à insérer des moments de calme, qui sont autant de “repos” pour les héros du film. Comme le dirait l’Anglais, il faut quand même avoir une certaine esthétique asiatique pour apprécier cet aspect du film.
Le casting est impressionnant, avec entre autres Tony Leung et Takeshi Kaneshiro (on notera aussi la participation de Shidô Nakamura dans un film entièrement tourné en chinois). J’avoue ne pas être assez calée en culture chinoise pour dire quels sont les autres acteurs connus…
Un très bon divertissement, en tout cas.

Harvey Milk

Profitant du week-end de Pâques, l’Anglais et moi sommes allés explorer les salles obscures et rattraper notre retard en matière de films. Nous sommes donc allés voir Harvey Milk, dont c’était la dernière semaine d’exploitation.
Années 1970, Harvey, gay “en cachette”, rencontre Scott, qui le pousse à vivre leur relation au grand jour. Ils quittent New York pour San Francisco, où ils se heurtent malgré tout à l’homophobie. Harvey décide alors de prendre les choses en main et de fédérer les commerçants gays.
De fil en aiguille, il est amené à prendre de plus en plus de responsabilités et se présente aux élections municipales pour le poste de conseiller – le système est un peu différent du système français. Il finira par être élu en 1977, mais ne pourra exercer son mandat qu’une année, avant d’être assassiné.

Encore une biopic. Certes, mais pas seulement. Le film est une manière d’aborder le problème de l’homophobie et de la discrimination sexuelle, du combat politique et des droits de l’homme.
Sean Penn est un acteur remarquable, à contre-emploi par rapport à ses rôles habituels, et “habite” littéralement son personnage. Le film entremêle images tournées et images d’archive, notamment les interventions télévisées de ceux auxquels Milk s’est opposé : la chanteuse chrétienne fondamentaliste Anita Bryant et le sénateur David Briggs – qui cherchait à imposer le renvoi des enseignants homosexuels et de leurs soutiens.
Alors même que le débat fait rage chez nous pour le “statut du beau-parent”, on peut entendre les mêmes arguments rétrogrades et fallacieux, notamment le fait que l’homosexualité va à l’encontre de la “loi divine” ou de la “nature”. Ce film est un excellent moyen de remettre les choses dans le contexte, car il y est aussi question d’amour, de souffrance et de couple.

Dragon Ball Evolution

Et oui ! Comme l’avait suggéré FBS, je suis allée voir Dragon Ball Bouse hier soir, en compagnie de Rafu, CC, Zaria et Pingouin ludique (et son Bulbe). Je vous rassure, nous partions avec l’idée d’aller voir un gros navet et d’en rire, et, au moins sur ce point-là, nous n’avons pas été déçus.

Scénario ticket de métro à base de fin du monde, jeu d’acteur inexistant, décors en carton pâte, fin complètement débile… la liste est longue. Autant souligner les rares bons points : le système des capsules est bien retranscrit (je pense d’ailleurs que tout le budget effets spéciaux est passé dedans), les boules de cristal sont joliment “animées” (je fais ce que je peux pour trouver des bons côtés). Blague à part, c’est un excellent moyen de réaliser un test avec vos amis : à quelle film cette séquence vous fait-elle penser ? De Star wars à Twilight, il y en a pour tous les goûts, et c’est sans doute le plus drôle.
En dehors de ça, on notera le casting des secons rôles : Chow-Yun Fat en pseudo Tortue Géniale (faut bien payer ses impôts) et James Marstens en… Piccolo ! Ouais, bon, ok, c’est vraiment nul, allez-y uniquement si vous ne payez pas et que vous êtes en groupe pour rigoler.

Slumdog Millionaire

Décidément, je ne vais plus voir que des films “intelligents” ! Je vous rassure, les choses seront bientôt réparées. Toujours est-il que depuis le temps que je devais y aller, j’ai fini par aller voir le film oscarisé de Danny Boyle ce week-end.

Jamal Malik est un jeune Indien né dans les bidonvilles de Bombay, qui parvient à gagner 10 millions de roupies au jeu “Qui veut gagner des millions ?”. Soupçonné de triche, sommé de s’expliquer, le jeune homme raconte alors pourquoi, à chaque question “piège”, il a été capable de répondre, et nous dévoile ainsi sa vie.
Adapté d’un roman, ce film est remarquable, qu’il s’agisse des acteurs, de la mise en scène, des décors, de la musique ou du propos… tout est à garder et à admirer. D’une réalité très dure et profondément injuste, Danny Boyle parvient à faire un film sensible, engagé sans être moralisateur et malgré tout optimiste. En outre, les couleurs et les musiques nous entraînent immédiatement dans le “folklore” indient, parfois même dans l’atmosphère des films de Bollywood.
Je pense que l’on peut considérer ce film comme un conte de fées moderne, sauf que la télévision a remplacé la bonne marraine.

La vague

Vous croyez qu’une nouvelle dictature en Europe est aujourd’hui impossible ?

Partant de cette interrogation, le professeur Rainer Wenger propose à ses lycéens une forme d’ “initiation” lors de la semaine thématique sur l’autocratie. Avec leur aide, il crée une idéologie, un uniforme, un mode de communication propres à leur communauté, afin de leur montrer quels sont les procédés qui permettraient l’arrivée d’une nouvelle dictature. Pensant à une simple expérience pédagogique, il se retrouve bientôt dépassé par les évènements qui débordent du cadre scolaire et est pris lui-même par son personnage.

Le film est excellent. Les acteurs sont tous très bons – à l’exception peut-être de la jeune première qui fait un peu trop “Je suis belle donc je joue bien” – et le propos est bien traité. Inspiré d’une réelle expérience réalisée dans un lycée californien dans les années 1960, le film est également terriblement angoissant. Il démontre simplement et efficacement avec quelle facilité nous pouvons succomber à des idéologies simples mais fortes, et à l’effet de groupe. Bien sûr, on peut arguer que les sujets étant des adolescents en construction, ils sont plus sensibles à ce genre de chose. C’est en partie vrai, mais je pense sincèrement qu’à un moment ou un autre, poussés par des évènements plus ou moins terribles ou par la perte de repères, nous sommes tous susceptibles de succomber à ce genre de manipulation. C’est en tout cas un film qui donne à réfléchir, et je vous incite fortement à y aller.

Watchmen

Hier, séance ciné avec Imihel et son homme, qui nous avaient proposé de venir avec eux voir Watchmen.
En 1985, le monde est au bord de la guerre nucléaire, de par la montée des tensions entre les USA et l’URSS. Les Watchmen, anciens super héros au service des Etats-Unis mis à la retraite par Nixon, végètent dans leur coin dans une vie “ordinaire”, jusqu’à ce que l’un des leurs soit assassiné.

Il est difficile de parler plus du scénario sans dévoiler les moments clés de l’intrigue. Adapté d’un roman graphique, le film lui est, paraît-il, très fidèle (dixit Imihel, grande spécialiste en la matière), et son histoire est complexe. Tout comme les héros, nous sommes perdus dans les méandres d’une conspiration dont nous ne pouvons saisir les tenants et les aboutissants.
Le film est très agréable à regarder, dynamique, avec des effets visuels remarquables. Le générique de début, véritable résumé de l’histoire des Watchmen depuis leur création dans les années 1930 – où ils s’appelaient encore les Minute Men – jusqu’à leur dissolution dans les années 1970, est un chef-d’oeuvre du genre. Les héros valent parce qu’ils sont humains – sauf l’un d’entre eux, mais c’est une autre histoire – avec leurs défauts, leurs qualités, leurs faiblesses.
Une mention spéciale à l’acteur qui interprète Rorshach, dont la voix rauque mène le récit, et qui parvient à rendre attachant un personnage sociopathe et quelque peu antipathique.
Petit bémol : le film est long – 2h40 – et certaines scènes se traînent un peu, surtout dans la dernière heure. Malgré tout, c’est un bon film et un grand moment de comics.

Gran Torino

Hier, séance cinéma sur les bords de Loire. Nous avons jeté notre dévolu sur le dernier film de Clint Eastwood, même si ce n’était pas gagné : la veille, notre première tentative avait échoué en raison d’une erreur d’horaire.

Walt Kowalski vient de perdre sa femme, mais continue à vivre dans leur maison à Détroit, dans un quartier où plus un seul blanc n’habite. Il s’entend mal avec ses fils, tient des propos à forte connotation raciale et ne peut s’empêcher de râler contre les “bridés” qui sont désormais ses voisins. Un soir, après avoir empêché un jeune garçon de voler sa Ford Gran Torino 1972, il s’interpose entre ses voisins et une bande de voyous. Un acte qui va changer sa manière de vivre.

Je connais mal l’oeuvre de Clint Eastwood, comme acteur aussi bien que comme réalisateur, mais j’ai été impressionnée. Le personnage qu’il incarne a beau ne pas être très plaisant, on ne peut s’empêcher de s’y attacher, et il joue remarquablement ses doutes, ses hésitations et ses coups de gueule. Le film en lui-même est également très bon, servi par des répliques savoureuses et de très bons seconds rôles – une mention spéciale au personnage du prêtre – ce qui n’empêche aucunement l’émotion. Un film à voir d’urgence.

Ce que pensent les hommes

Je suis de retour ! En ce moment, vous l’aurez constaté, c’est un peu la dèche niveau post. Non qu’il ne se passe rien dans ma vie, mais je ne me sens pas de vous raconter la tentative avortée d’aller au cinéma mardi ou ma visite du musée des Beaux-Arts d’Orléans (qui vaut pas mal le coup d’ailleurs).

Bref. Hier soir, je suis allée avec Belle-maman au cinéma. Oui, vous lisez bien. Du coup, nous sommes allées voir une comédie romantique bien niaise, ce qui nous a fait le plus grand bien.
Gigi est une jeune femme charmante, mais incapable de se rendre compte qu’un homme n’est pas intéressé par elle. Tout au long de ses tentatives, nous croisons différents personnages, hommes et femmes, qui tentent de se comprendre.
Ce film est une jolie galerie de portraits, servi par de bons acteurs – Scarlett Johansson crève l’écran tellement elle est belle – avec des dialogues qui font souvent mouche. Je l’ai trouvé un peu trop américain dans sa façon d’appréhender les relations hommes-femmes : le mariage ou rien. Peu importe que l’on s’aime et que l’on soit heureux ensemble, le plus important est de se passer la bague au doigt, ce qui est un peu flippant, il faut l’avouer. En outre, j’ai trouvé qu’il y avait certaines longueurs dans l’histoire, mais peut-être est-ce dû au fait que l’on assiste essentiellement à une succession de courtes scènes.
Quoiqu’il en soit, on passe un bon moment, mais les garçons risquent de s’ennuyer – à moins qu’ils ne viennent pour le plongeon topless de Scarlett Johansson.

Push

Aller voir ce film aura été une aventure en soi : bagarre dans le métro, erreur de billet à la machine, panne de climatisation… Mais cela en valait la peine.

Depuis 1945, les différents gouvernements – à commencer par celui des Etats-Unis – traquent les personnes douées de pouvoirs psychiques pour les catégoriser et mener des analyses sur eux, sous le nom de la Division. Parmi ceux qui arrivent à leur échapper, plusieurs se sont réfugiés à Hong Kong. C’est là que Nick, dont le père a été tué par la Division, est retrouvé par Cassie Holmes, une “voyante” de 13 ans. Entre leurs mains repose l’avenir de leurs semblables.
Présenté comme “un film de super héros spectaculaire”, ce film est en réalité bien différent du cliché. Tout d’abord grâce à l’intrigue, complexe et foisonnante, qui part du principe que rien n’est jamais écrit. Certains personnages sont en effet des voyants, mais leurs visions évoluent en fonction des actes et des décisions de chacun, influençant ainsi l’avenir. D’autres peuvent imposer leur réalité à leurs interlocuteurs, les convaincant de la véracité de leurs mensonges, et trompant le spectacteur par la même occasion. De plus, le film a la particularité de se dérouler exclusivement à Hong Kong, ce qui est une rareté pour un film américain, et a le mérite d’être totalement dépaysant. Le réalisateur se permet même, dans certains plans, des références visuelles au cinéma hong-kongais des années 70 et 80.
Le résultat est un film fouillé, visuellement attractif, avec de bons acteurs, même s’il ravira sans doute plus les fans de SF que les amateurs de films d’auteur.