Pontoise, acte II

Aujourd’hui, deuxième expédition de l’année à Pontoise, soit l’endroit où l’on retrouve le plus de tavernistes au mètre carré. Arrivée vers 10h30 et début de la tournée des bonjours ; après un peu d’attente dans l’air matinal, c’est le début des courses.

Nous commençons par déambuler dans les allées pour saluer nos connaissances et découvrir les nouveautés et les habitués. Puis la promenade prend un tour plus sérieux et les courses commencent : l’Anglais fait l’acquisition d’une paire de gants pour l’escrime, puis passe commande d’un baudrier. De son côté, Macchia achète de quoi se restaurer et nous permet de goûter un délicieux gâteau aux épices et au safran – penser à trouver la recette. Au détour d’une allée, le photographe d’un magazine d’histoire vivante nous propose de poser pour lui.
Alors qu’Ei fait l’acquisition d’une coiffe pour se couvrir la tête en bonne chrétienne – kof, kof, kof – je craque pour une nouvelle bourse en velours bleu, que l’Anglais finit par m’offrir. Au même stand, nous découvrons le Blut des Nidhoegen, boisson néerlandaise à base de vin rouge, de miel et de cerise. Et c’est là que tout dérape : nous commençons à acheter de quoi nourrir un régiment, dévalisant les échopes de nourriture et de boisson historiques.
Au rayon boissons, outre le vin doux à la cerise, nous repartons avec de l’hypocras blanc et du moretum à la cerise et à l’églantine. Pour la nourriture, nous commençons avec les pâtés médiévaux : poulet à l’hysope, canard à la sauge, foies de volaille aux raisins et épices, épices et cassis. Puis, vient un énorme ensemble de condiments romains : champignons à la romaine, sauce au fenouil, sauce aux dattes, concassée d’olives, coings au citron, pois chiche au cumin, bouquet garni et sel aux épices.

Heureux d’avoir réalisé ces achats en évitant la ruine, nous retournons à la voiture pour découvrir que celle-ci a été forcée… On nous a donc volé un autoradio, beaucoup de CD, la veste de Macchia (avec cartes bancaires et téléphones) et mon sac (avec portefeuille, téléphone Orange, appareil photo, clés de maison et brosse à cheveux). Ce dernier épisode, même s’il n’est pas dramatique, reste pénible, surtout pour Macchia qui nous avait confié ses affaires. Le reste de la journée est consacré à récupérer les clés auprès de mon proprio, faire opposition, résilier mon abonnement téléphone et porter plainte au commissariat. Et se louer un DVD, pour décompresser.

Val-de-Loire carolingien

Petite excursion dans l’Orléannais ce week-end – je sais, c’est redondant, mais mes beaux-parents ont des arguments solides – qui nous a été prétexte à découvrir le patrimoine médiéval de la région. Le Val-de-Loire était une région très dynamique dès l’époque antique, et ce dynamisme a été encourage à l’époque mérovingienne, notamment par l’Eglise qui cherchait à affermir sa position.
C’est un évêque et missus dominicus de Charlemagne qui a fondé l’oratoire de Germigny-des-Prés, dont on peut encore admirer une partie aujourd’hui. Bien que transformé en église paroissiale, l’oratoire est encore bien visible, qu’il s’agisse des colonnes gravées ou de la remarquable mosaïque représentant les anges encadrant l’arche d’alliance.
Le commentaire est bien fait, nous mettant dans l’ambiance grâce à des extraits musicaux. La traditionnelle publicité pour la boutique de l’oratoire est même rythmée par les mesures d’un branle d’Ecosse !

Seconde étape de la promenade à l’abbaye de Fleury, aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire. L’abbaye, fondée au VIIème siècle, suivit d’abord la règle monastique rédigée par Saint Colomban avant d’adopter celle de Saint Benoît. Quand le monastère du Mont-Cassin, où était enterré Saint Benoît, fut laissé à l’abandon, les moines de Fleury rapportèrent sont corps jusqu’à leur abbaye, et l’endroit changea de nom.
Les bâtiments sont magnifiques, même si des travaux de rénovation en cachent une partie en ce moment. On peut notamment admirer de très beaux chapiteaux historiés représentant des scènes de l’Apocalypse ou de la vie de Jésus (la fuite en Egypte). L’autre partie remarquable de la façade se situe sur le tympan ouest, orné de bas-relief représentant le Christ en gloire entouré des quatre évangélistes et des saints.
La visite de l’église a malheureusement été écourtée car les moines y célébraient la messe – Saint-Benoît accueille encore une trentaine de bénédictins. Cependant, cela nous a permis d’écouter une belle interprétation de chants grégoriens par le choeur des religieux.
Une très belle visite malgré le froid et le vent !

Ultreia

Dans l’univers de la reconstitution historique, une large place est dévolue aux loisirs, en particulier à la musique. On pourrait dire que deux tendances “s’affrontent”. La première, surtout présente pour dans les fêtes historiques, a pour but d’animer les spectacles, mais aussi de reconstituer une ambiance de fête, interagissant avec le public en le faisant danser ou chanter. Les interprètes sont bien entendu en costumes, et réinterprètent à leur façon les partitions anciennes – il n’est pas rare d’avoir de nombreuses versions d’un même morceau.
D’un autre côté, il existe une “école” de restitution de la musique ancienne bien plus traditionnelle et rigoriste. Les musiciens et chanteurs sont souvent issus d’une formation classique et présentent les morceaux dans leurs versions traditionnelles, que ce soit pour l’instrumentation ou pour le chant. Bien entendu, cette présentation en “version de concert” ne permet généralement pas d’échange avec le public.
Le groupe Ultreia est issu de la seconde tendance, mais parvient à maintenir un lien avec les spectateurs tout au long de la représentation. Constitué de deux chanteurs et de cinq musiciens, le groupe est en résidence au musée de Cluny à Paris depuis une dizaine d’années.

Avant chaque chanson, l’un des membres fait une explication et une traduction du morceau qui sera interprété. Ces concerts d’une heure sont organisés autour d’un thème – carmina burana, chants religieux, polyphonie… et interprétés en langue originale – bas latin, haut-allemand, vieux français ou galicien.
Les spectacles ont généralement lieu dans la vaste cour couverte du musée. Abritant de nombreuses sculptures médiévales, haute de plafond et éclairée par la lumière naturelle, cette pièce contribue à donner un éclat particulier aux représentations.

Danse, danse, danse

Hier, traditionnelle soirée médiévale en taverne, mais en compagnie de l’Anglais, ce qui est assez rare pour être mentionné. Une partie des habitués manque à l’appel, mais cela nous permet d’avoir plus de place pour danser. Car, exploit remarquable, j’ai réussi à faire danser mon cher et tendre. Avant même qu’il ne commence à boire pour oublier qu’il n’aime pas cela, c’est dire.
Certes il y avait eu une petite répétition la semaine dernière, mais en rien comparable au programme de cette fois-ci. Danses de couple – skarazula marazula, ductie, bourrée, pavane – danses de groupe – branle double, des pois, des lavandières, des chevaux, de l’official, des sabots, danse de l’ours – et danses folk, dont nous avions perdu l’habitude en taverne – scottish, mazurka, valse écossaise, cercle circassien. Je précise que, malgré un rapide brieffing sur les danses les plus simples, l’Anglais a découvert les danses et leurs pas au moment de passer à l’action, et je dois avouer que j’ai été bluffée. Pour quelqu’un qui ne prétend pas savoir danser…

A noter, les autres temps forts de la soirée : un branle de la guerre dont je me suis sortie avec juste un pied estropié, une mazurka endiablée avec Loghi et une chapelloise ultra rapide avec un Laniwan dans un état… comment dire ? second (“complètement bourré” de son propre aveu). Excellente soirée, donc, d’autant que j’ai pu rester jusqu’à la fin, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps.

Marché médiéval de Pontoise

Hier, sur une proposition de N-Chat, nous nous sommes rendus au marché médiéval de Pontoise. N-Chat en civil, Dan et moi en tenue, non mais. J’y étais déjà allée en avril, et j’ai été surprise de constater que la surface d’accueil avait doublé par rapport à ma dernière visite. Outre un “campement” d’artisans installé en plein air (enfin, sous des tentes quand même, on est en novembre), on trouvait trois scènes où alternaient en permanence des spectacles – musique, acrobaties, théâtre… – et un espace pour des joutes et des démonstrations d’escrime artistique. Mention spéciale à la compagnie les Dragons du Cormyr, danseurs, acrobates, musiciens de talent, qui ont animé deux scènes presque successivement et avec une belle énergie.
Nous déambulons nonchalamment entre les étals, plus préoccupés par le faible montant de nos économies que par le “qu’est-ce que je pourrais bien acheter ?”. Hésitations, essais. Repérés : une magnifique robe XVème en soie vieux rose et grise (totalement hors budget), des bracelets de force en cuir aubergine (si un jour il me venait l’envie de jouer à Xéna la Guerrière), un diadème en laiton (bon, d’accord, j’en porte jamais), de très odorants bocaux de pâtés et plats à réchauffer…

Bilan des courses : des bocaux de nourriture médiévale pour N-Chat, des bracelets de force (non pas des violets) pour Dan et le cadeau de Noël d’Ei pour moi.
Mais n’oublions pas la révélation de cette journée…

*Mode flash-back*
Il y a de cela bien longtemps, alors que je découvrais les mystères de la fantasy, du med-fan et de la culture celte, je me suis rendue au Festival Interceltique de Lorient. Là, mon regard fut ébloui par un bijou, une bague constituée d’une pâte de verre colorée (en bleu ^^) enserrée dans une résille métallique. C’était il y a dix ans (je vous laisse faire le calcul de mon âge, et le premier qui dit que je suis vieille est privé de gâteau) et j’avais toujours l’espoir secret de me l’offrir un jour (et de la retrouver aussi, mais dans les fêtes médiévales, il arrive parfois de drôles de choses).

*Fin du flash-back*
Je tombe en arrêt devant un stand de bijoux créés d’après des modèles vénitiens et ottomans du moyen-âge. Des bagues en pâte de verre avec une résille métallique. Je bave devant. Teste les couleurs. Laisse glisser discrètement mon regard vers les bracelets, résilles de main, pendentifs, colliers et ornements de ceinture. Repousse les pièces dorées. Finis par me décider pour un bleu profond, après avoir longuement considéré le bleu azur. Et là, surprise : “Non, c’est moi qui te l’offre.”. Rouge pivoine la Kleo, mais très heureuse. Un rêve d’adolescente qui se réalise, si longtemps après, c’est une jolie histoire, non ?


Désolée pour la qualité mais mon appareil est vieux.

Le reste de la journée se passe bien, entre frustration de ne pas pouvoir danser, arrêt obligatoire à la “taverne” où, contrairement à Provins, on ne mange pas très bien et où l’on paie assez cher, et saluts plus ou moins chaleureux entre connaissances (à force, on rencontre un peu toujours les mêmes gens). Retour à Paris sous des trombes d’eau – nous avions heureusement prévu les vêtements civils en cas de problème. On ne s’est presque pas perdus, ce qui, avec N-Chat, relève du miracle. Penser à lui offri un GPS pour Noël.

Dancerie à Montigny-le-Gannelon

Dimanche, avec quelques gens bien intentionnés de la taverne, nous avons eu l’honneur et le privilège *kof, kof, kof* d’animer une réunion du troisième âge. En clair, nous étions mandatés pour faire une démonstration de danses médiévales à 250 personnes, dont environ 245 petits vieux, dans un château près de Châteaudun.
Rendez-vous pour le départ à 8h30 aux caves (un dimanche, quelle horreur), deux heures de trajet en bus à chahuter comme des mômes, à appeler Cynthia “Maîtresse” et à chanter des chansons de colonie de vacances… Arrivés sur place, une pause pipi et hop, en piste ! Il fait un temps radieux, mais le terrain, une large pelouse, est un peu difficile et il fait chaud. Nous enchaînons pendant une heure et demie, avant d’être alignés en rang d’oignon pour emmener les p’tits vieux à table. “Car par car et groupe par groupe !”. Incroyable ce que c’est resquilleur, un p’tit vieux.
Repas par roulements, en alternance avec des danses. Les musiciens nous lâchent les uns après les autres, et nous finissons sur un branle simple avec variations sur une chanson bretonne interprétée par Sébastien ! Surréaliste. Tonnerre d’applaudissements.

C’est donc très fiers et pas très en forme que nous avons repris le car, affronté trois heures de transport dont la moitié d’embouteillages, croisé un car d’étudiants naturistes (authentique !), imité les animaux de la ferme et débarqué à Bastille à 20 heures passées.
Photos à venir !

Objets de désir

Hier c’était jeudi, donc soirée taverne, et je n’ai pas pu résister à la tentation. Grâce à Jean-Marc, fournisseur officiel d’articles en cuir des trois quarts des habitués, j’ai enfin pu m’acheter des chaussures. Bon, elles ne sont pas tout à fait histo, mais elles feront l’affaire, mieux que mes ballerines décrépites, en tout cas. Seul inconvénient : la semelle est lisse, et pour danser, c’est pas pratique. J’ai fait l’expérience avec quelques pas de chapelloise : j’ai failli m’étaler devant tout le monde ! Bref, juste un détail technique à résoudre, mais en attendant, je suis très fière de moi.

Provins

Ce week-end avaient lieu les Médiévales de Provins dont j’entends parler depuis des années mais auxquelles je n’avais jamais eu l’occasion d’assister. C’est bien ma chance, cette année il a fait un temps pourri.
Je retrouve Sylve chez elle samedi après-midi et nous partons, nous nous retrouvons dans les embouteillages et nous arrivons à… 18h. Bon, pour visiter ça va être un peu juste. Je lui fausse compagnie pour aller esquisser quelques pas de danse place du Chatel, mais l’endroit est blindé de monde, on ne peut pas faire trois pas sans cogner un touriste, et avec le début d’averse, il y a de la boue un peu partout.
Il me vient alors l’idée de visiter un peu quand même : est-ce parce qu’il est tard, parce qu’il fait un temps gris et menaçant ou tout simplement parce que j’ai trop d’imagination ? J’avoue avoir trouvé l’endroit important pour une fête médiévale mais somme toute assez petit. Bon, je n’ai pas assez d’expérience de la chose, on dirait. En fait, comme je cherche tous les gens que j’ai l’habitude de fréquenter aux caves, je passe assez vite devant les devantures de boutiques – ce qui n’est pas un mal, j’ai juré de ne rien dépenser ce week-end.
Je finis par retrouver Aurélie, Thibault et Renaud, non sans avoir fait un arrêt ravitaillement au stand pâtisseries médiévales – pomme enveloppée de pâte feuilletée et sacristain. Nous parlons un peu, les garçons jouent avec leurs épées – ça doit être un truc universel – puis je repars me promener.
Après le dîner en compagnie des amis de la taverne – ou plus précisément : après les avoir regardés dîner pendant que je grignotais une couronne aux pétales de roses (un gâteau, hein, je suis pas herbivore) – je déambule dans les rues qui se sont vidées de leurs touristes. Je finis par croiser les gens de Aube affalés sur un talus près des baraques à frites. Ils m’annoncent au bout d’une petite heure qu’ils rentrent au camping boire de la vodka et faire des duels à l’épée. Lâcheuuuurs !
Je suis de nouveau seule, mais j’ai un but : la place du Chatel où, après le spectacle de feu, il est sensé y avoir un boeuf avec les musiciens jusqu’à point d’heure. Comme le temps a cessé d’être humide et maussade, la soirée s’annonce bien. Je rencontre John et la belette qui viennent de m’embaucher comme scénariste sur Vampire : nous passons la soirée à chercher quelles crasses on va bien pouvoir faire à nos joueurs. Le spectacle commence enfin, avec près d’une heure de retard, mais d’où on est, on ne voit rien d’autre qu’une flamme de temps à autre. François pousse le vice jusqu’à monter dans un arbre pour nous dire : “non mais en fait c’est pas terrible”. Nous voilà rassurés. Point positif : la musique qui accompagne le spectacle est vraiment bien, à tel point qu’Ulysse m’entraîne dans un paso doble.
Le spectacle est (enfin) sur le point de s’achever quand… l’averse se déclenche ! Pas une petite averse, non. De la grosse pluie qui mouille bien. Grouuumf. Mais les musiciens montent quand même sur scène – d’un autre côté, ils sont à l’abri, eux – et lancent la musique. Et là, sous la pluie battante, protégés par nos capes, nous sommes quelques fous à nous lancer dans un branle endiablé, puis une farandole… quand mon portable sonne. C’est Sylve, qui aimerait bien rentrer parce qu’elle en a marre de poireauter sous le tipi de la place du Chatel. Soit.
Donc Provins, c’était marrant, mais l’an prochain je campe dès le vendredi soir ou j’arrive le samedi matin, je passe la nuit du samedi sur place et baste. Et puis j’ai l’impression de m’être fait arnaquer sur le temps.

Chrétien de Troyes

J’ai fini récemment deux des romans les moins connus de Chrétien de Troyes, donc j’en profite pour vous le présenter. C’est un auteur du XIIème siècle qui a rédigé des “romans” de chevalerie inspirés de la tradition des chansons de geste et des légendes arthuriennes très en vogue à son époque. Je mets le terme “roman” entre guillemets parce que l’oeuvre de Chrétien a en fait été rédigée en vers. S’il fut l’inventeur du roman comme suite de péripéties et analyse psychologique des personnages, il n’en demeure pas moins un poète.
Ses romans les plus célèbres sont Lancelot ou le Chevalier de la charrette et Perceval ou le conte du Graal. Inutile de résumer l’histoire, elle est connue de tous – mais si, rappelez-vous Kaamelott. En revanche, on connaît moins Erec et Enide et Cligès, oeuvres de jeunesse, qui, bien qu’utilisant la “matière de Bretagne”, y font moins référence et s’intéressent plus aux relations entre le chevalier et sa dame. Ce sont là les bases de l’amour courtois.
Erec et Enide est essentiellement une histoire de confiance entre un chevalier et son épouse : Erec quitte la cour du roi Arthur, accompagné de sa femme Enide, mais il lui interdit de le prévenir d’un danger. Or celle-ci, trop anxieuse pour son “ami”, l’avertit à chaque fois, ce qui provoque la colère d’Erec. tant et si bien qu’Enide se tait alors que son époux est attaqué et laissé pour mort. Elle est enlevée et se voit contrainte à un mariage le jour de l’enterrement. Masi, ô miracle, Erec se réveille et sauve sa femme.
Cligès commence avec l’histoire des parents du héros, comment son père quitta la Grèce pour conquérir honneur et gloire à la cour du roi Arthur, comment il y rencontra son épouse et comment ils rentrèrent en Grèce. Puis vient l’histoire de Cligèe proprement dite, qui est celle d’un affrontement entre le jeune homme et son oncle pour l’amour d’une dame, épouse de ce dernier. Afin d’échapper à la cour, ils conviennent d’une ruse : la jeune femme se fait passer pour morte (Shakespeare n’a rien inventé en fin de compte). Cette oeuvre ne fait appel à la mythologie arthurienne qu’au début et à la fin de l’histoire, quand le roi Arthur, arbitre des conflits, fait une apparition pour rétablir l’équilibre du monde. Un vrai deus ex machina.
Bien sûr, on peut reprocher une certaine légèreté dans la construction de l’histoire, et le côté répétitif des épreuves imposées aux héros. Néanmoins, l’oeuvre de Chrétien de Troyes est atemporelle, car elle parle de prouesses et d’amour, deux choses que nous associons encore aujourd’hui.