Chamerolles

Bon, ce n’est plus tout à fait le moyen-âge, mais plutôt la Renaissance, mais que voulez-vous… je ne vais pas installer une catégorie “vieilles pierres” tout de même, ça commencerait à faire beaucoup. Enfin.
Dimanche dernier, alors que l’Anglais et son père étaient au golf – moi, le golf, j’y comprends rien – Belle-maman et moi sommes allées visiter le château de Chamerolles. L’avantage du Val de Loire, c’est qu’il y a toujours un château pas loin.
Bon, le terme “château” est un peu pompeux, “demeure seigneuriale” serait sans doute plus approprié. L’endroit a été construit au XVIème siècle par Lancelot Ier, seigneur Du Lac – ça ne s’invente pas !

Entourée de petites douves, la bâtisse est composée de tours reliées par un corps de bâtiment, le tout organisé autour d’une petite cour. L’intérieur présente d’abord quelques pièces meublés dans le style du premier empire et de la Restauration, puis l’on accède au “musée des parfums”, sensé retracer l’histoire de la cosmétique depuis la fin du moyen-âge. Soyons francs, si la reconstitution de pièces “typiques” d’un siècle est assez réussie – mention particulière à l’atelier de l’alchimiste – la tentative de diffuser les vieilles fragrances tombe à plat et la partie qui traite du 20ème siècle est assez insipide, malgré une belle collection d’affiches.

La bonne surprise vient du jardin, qui présente un petit labyrinthe, un potager, des fleurs rares et quelques petites choses dans le goût du jardin à l’anglaise. J’ai particulièrement apprécié le petit kiosque dévoré de végétation au bord de la pièce d’eau.

Fêtes renaissance du roi de l’oiseau

Lors de notre séjour à Dinan, certains exposants avaient évoqué avec des trémolos dans la voix la fête du Puy-en-Velay, nous assurant qu’elle était bien plus belle et avec beaucoup plus de gens costumés. Curieux, nous nous étions renseignés à notre retour, pour constater qu’il s’agissait d’une fête renaissance de 4 jours. Malheureusement, l’état de nos finances avait fini par nous faire renoncer à y aller.
Or mardi dernier, l’Anglais a découvert que son ami le Guitariste était… originaire du Puy ! Comme sa mère y habite encore aujourd’hui, il se faisait fort de nous accueillir chez eux. Et c’est ainsi que nous sommes partis joyeusement vendredi soir pour un périple de 500 kilomètres.
A l’origine de la fête, il y a un concours de tir à l’arc entre les différents quartiers de la ville, ou isles. Les meilleurs archers s’affrontent et visent le papegay, l’oiseau qui sert de cible depuis le XVIème siècle. Le vainqueur est désigné roi de l’oiseau pour l’année. Contrairement à beaucoup de fêtes historiques où archer = elfe*, ici tous les archers sont raccord avec la période.

Arrivés vers 23h, nous découvrons que nous sommes logés au pied de la vieille ville, à 50 mètres de la place du Breuil où se tient le marché. Première sortie, premières retrouvailles avec des visages connus, premier verre d’hypocras. Nous nous faisons gentiment chambrer car nous n’avons pas eu le courage de nous costumer, puis le tenancier de la taverne nous propose de revenir à la fermeture pour découvrir la soirée off.
C’est donc costumés – y compris le Guitariste – que nous grimpons les ruelles du Puy en direction de la cathédrale. Les nuits sont fraîches en Auvergne, surtout en septembre, et bien entendu j’ai oublié ma cape à Paris, ce qui sera un problème récurrent ce week-end. Dans une chapelle, nous découvrons une ambiance incroyable : tous les musiciens des différents groupes sont réunis sur scène et jouent ensemble, les gens se pressent, on boit et on parle joyeusement…

Samedi, les choses sérieuses commencent. Nous arpentons le marché en tous sens, mais comme je suis gênée par ma robe, nous revenons nous changer et déjeuner à l’appartement. C’est donc en début d’après-midi que nous commençons l’ascension de la ville haute : les rues sont bondées, la musique fuse de toutes parts. Nous nous arrêtons pour tenter d’apercevoir un spectacle de lanceurs de drapeaux d’une contrade italienne, qui n’est pas sans rappeler les traditions toscanes.
Plus haut dans les rues, nous croisons un drôle de personnage avec un drôle d’instrument : une sorte de grosse soucoupe métallique bosselée, que l’on frappe avec les doigts. Le son qui en sort est planant, onirique mais pas désagréable.
Le Puy est une très belle ville qui conserve les marques d’un passé médiéval très présent. Outre les monuments, on découvre parfois des détails au détour d’une rue.

Alors que nous arrivons au pied de la cathédrale, la foule se fait plus dense. Le défilé des compagnies militaires est sur le point de passer. Souci du détail, arquebusades « live », cris de guerre et drapeaux ponctuent la descente de la rue.

Arrivés au pied de la cathédrale – enfin, il y a quand même encore plein d’escaliers à monter – nous assistons à une démonstration de danses renaissance. Bon, à part les costumes, il n’y a pas beaucoup de différence avec ce que l’on danse en taverne, plus de légèreté dans les pas peut-être. Ci-dessous, une danse qui ressemble beaucoup à un cercle circassien.

Il y avait aussi un branle de la haie un peu raté et un pinagay. Nous sommes en terrain connu !
Suite de l’ascension, et enfin le point culminant de la ville : la cathédrale, classée au patrimoine de l’UNESCO. C’est un très beau monument, construit en partie en pierre volcanique – comme la plupart des constructions de la région. Le porche est décoré des fresques encore bien conservées et très colorées.
A l’intérieur, deux coupoles attirent l’œil vers le haut. La lumière, tamisée par les vitraux, s’étale sur les murs en nappes de couleur, les chapiteaux sont sculptés de motifs floraux. D’immenses orgues occupent l’arrière de la nef, alors que les chapelles latérales abritent d’autres fresques et un autel de style roman.

En sortant, nous commençons lentement à redescendre vers le Breuil. Nous nous arrêtons sur un campement civil qui offre un coin taverne ainsi que des petites échoppes. Le travail du fondeur d’étain me fascine, et nous faisons l’acquisition de deux effigies à coudre sur nos vêtements.

La descente se poursuit à la ferme de l’oiseau où l’on peut admirer des chèvres et des lapins, puis à l’étable des ânes, où nous arrivons pour la distribution de foin, qui donne lieu à de cocasses manœuvres des bêtes.
Retour à la maison et inventaire de nos acquisitions : l’Anglais a enfin trouvé une paire de bottes – il n’aura plus à porter ma vieille paire de cavalières trop petite – ainsi qu’une ceinture et une dague. Pour ma part, j’ai craqué pour une lanterne ainsi que pour un jeu de couverts à porter à la ceinture, en prévision d’un futur campement – l’idée fait son chemin, rien de précis pour l’instant. Deux verres à pied renaissance s’ajoutent à nos étagères.

Pause rapide avant de ressortir avec la famille du Guitariste pour le dîner. Je me suis de nouveau changée, et j’essaie tant bien que mal de me frayer un passage avec mon vertugadin dans les rues encombrées. Malheureusement, si nous avons faim, c’est aussi le cas de la majorité des participants, et trouver une table libre pour six personnes relève du défi : nous remontons jusqu’à la cathédrale puis redescendons vers le Breuil sans pouvoir trouver de place.
Nous échouons dans une brasserie, en terrasse, alors que la nuit se rafraîchit. A la fin du repas, je suis gelée jusqu’aux os. L’Anglais en profite pour me glisser qu’il ne vaudrait peut-être mieux pas aller au bal renaissance compte tenu de ma fatigue, et je cède à la promesse que nous irons à Paris. Néanmoins, nous continuons à déambuler sur le Breuil, jusqu’à ce qu’un petit verre de saugée m’achève et que nous rentrions.
Enfin rentrer… Les deux compères repartent bien vite passer la soirée là où nous étions hier soir. Ils ne seront de retour qu’à 6h du matin !

Dimanche matin midi, une fois les garçons levés, l’Anglais et moi décidons de repartir en balade. Notre exploration portera cette fois sur l’est de la cité, que nous avons un peu négligé hier. La ville est désertée pour le déjeuner, le silence nous accompagne. Après quelques errements, nous trouvons les campements militaires, puis remontons jusqu’au camp des forgerons.
Malheureusement, je n’aurai pas l’heur de visiter le Logis des dames, reconstitution d’un intérieur noble de la Renaissance, car… c’est fermé pour le déjeuner ! Nous nous contentons donc de déambuler dans les rues et de nous attarder sans être gênés par la foule, et faisons une petite escapade dans les jardins de l’évêché.
Alors que nous sommes sur le point de rentrer nous changer et faire les valises, j’ai enfin l’occasion de voir de près les membres de la contrade italienne : le week-end durant, ils étaient camouflés par la nuée de spectateurs. Une dernière photo depuis le balcon pour vous donner une idée du monde qui attendait le défilé – deux heures avant le passage.

Nos hôtes nous accompagnent une partie du chemin, le temps de nous montrer le château de Polignac, magnifique donjon fortifié. Nous repartons sans avoir eu le temps de tout voir, mais rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain !

*Pour ceux d’entre vous qui ne le savent pas encore, je n’aime pas les elfes. Ou disons plutôt que je n’aime pas ceux qui généralement se prennent pour des elfes. Après tout, que penser d’une race, certes immortelle, mais terriblement androgyne et à l’air vaguement souffreteux ? Bande de poseurs, va.

Fête des remparts de Dinan

L’été est la saison des fêtes médiévales, et nous n’avons pas failli à la règle ce week-end en allant assister à la fête des remparts de Dinan. Celle-ci est particulière, car elle n’a lieu que tous les deux ans. J’y avais déjà assisté il y a quatre ans avec la compagnie Ar Gwad, mais je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner depuis.

Arrivés vendredi soir – et gracieusement hébergés par la famille de l’Anglais – nous attaquons les hostilités dès samedi matin. La ville est séparée en quartiers animés selon un thème : la cour seigneuriale, les guerriers, les Vikings, les bâtisseurs de cathédrales… Nous nous promenons au hasard des rues remplies de gens costumés. Chose intéressante, les habitants prennent vraiment à coeur la fête et nombre d’entre eux font l’effort de se costumer. Malheureusement, il est assez facile de distinguer ce genre de costumes, car ils sont un peu “trop” brillants.

Nous nous rendons au jardin anglais, derrière la basilique Saint-Sauveur, qui présente les différents métiers des bâtisseurs de cathédrales. Nous admirons une “cage à hamster”, grande roue de 5 mètres de diamètre qui sert de grue et peut soulever jusqu’à 1 tonne de matériaux, puis découvrons la fabrication du vitrail, le travail de la laine…
Suite de la visite aux grands fossés, où est présentée l’animalerie ducale. L’Anglais tente désespérément de me convaincre d’adopter un bébé tigre mais bizarrement, je ne suis pas emballée. Puis nous admirons les oiseaux de chasse, en particulier un aigle et un hibou grand-duc, des dromadaires et un auroch. La plupart des animations de ce site sont néanmoins destinées aux enfants, et nous passons rapidement notre chemin.
Après un rapide déjeuner affalés sur les pelouses surplombant la Rance, et beaucoup de shopping – nous y reviendrons ultérieurement – nous allons assister au tournoi mettant en scène une compagnie française et une compagnie russe. Le tournoi présente différentes épreuves d’adresse, comme la quintaine, les anneaux ou les écussons, effectuées par deux “équipes” de trois chevaliers – deux Russes et un Anglais d’une part, un Français, un Breton et un Prussien de l’autre.
Le tournoi se poursuit avec des joutes, c’est-à-dire une charge avec une lance, qui opposent les combattants un à un ou deux à deux. Même si l’on sait que l’histoire est scénarisée, les évènements s’enchaînent avec fluidité et les combats ne sont pas feints. Bien entendu, il n’y a pas de vrai vainqueur, les Russes et les Français se retrouvant à égalité, mais le spectacle est un plaisir à regarder et nous ne regrettons pas l’attente sous le soleil et la musique un peu forte.

Nous effectuons un rapide détour par la maison pour permettre à l’Anglais d’essayer sa nouvelle tenue. Car en effet, la séance shopping a servi à le rhabiller de pied en cap : outre un gambison d’occasion, il s’est en plus trouvé des sur-chausses, une chemise et des braies – ce qui le rend trèèèès sexy comme on peut le constater sur la photo.
Hem. Après ces considérations, nous retournons en ville pour le bal médiéval, où nous retrouvons les tavernistes et entamons la danse. Il y a du monde pour danser ou pour regarder et, fait marquant, les pas sont consciencieusement expliqués par une maître de danse. Après quelques branles doubles, un branle des sabots et une danse de l’ours, je clôture la séance sur un branle d’Ecosse endiablé et épuisant, et nous retournons nous écrouler.

Dimanche matin, nous étrennons la nouvelle tenue de l’Anglais et décidons de finir la visite des sites de reconstitution. Nous nous rendons vers les douves du Jerzual où sont stationnées plusieurs compagnies vikings, présentant la vie quotidienne, la construction des navires normands ou le maniement des armes.
Nous remontons vers le marché, où je finis par craquer et m’offrir une chainse, puis nous trouvons un magnifique chapeau en feutre pour compléter la nouvelle tenue. Le chapeau est même tellement beau qu’il ne serait pas impossible qu’on le retrouve sur ma tête cet hiver.

Nous retrouvons Myrrdhin et Auréa pour aller déjeuner et, après moultes hésitations, finissons par choisir une crêperie installée dans une petite cour. Las, si la nourriture est bonne, le service est d’une lenteur d’escargot, au point que nous renonçons à prendre un dessert et sautons dans la voiture pour ne pas rentrer trop tard à Paris. Excellent week-end, jolie fête.

La bataille de Monteriggioni

La Toscane, c’est beau, surtout le temps d’un week-end. C’est aussi une terre chargée d’histoire et dont les habitants ne ratent pas une occasion de célébrer le passé, et en costumes de préférence. Arrivés trop tard pour assister au palio ou au calcio in costume, nous avons tout de même pu assister à la fête médiévale de Monteriggioni, juste à côté de l’hôtel.
Monteriggioni est une ville fortifiée, parfois considérée comme une “petite San Giminiano” à cause de ses tours. Beaucoup plus petite dans ce cas. Tous les ans, deux fêtes médiévales ont lieu, la première, se situant au XIIIème siècle et racontant la bataille entre les armées siennoise et florentine (Sienne et Florence ont passé leur temps à s’affronter pour la domination de la Toscane), a eu lieu le premier week-end de juillet. La seconde fête, le week-end suivant, narre le siège de la ville par les Florentins en 1526.
Le festival mêle les reconstitutions de la vie quotidienne, avec de petits campements, des échoppes d’artisans et des lieux pour se restaurer (même si, ô sacrilège, le chocolat n’est pas proscrit), et un spectacle réalisé par des professionnels reproduisant les combats. C’est la première fois que nous assistons à une fête médiévale sans être costumés, la sensation est étrange, de n’être qu’un touriste parmi d’autres.
Fait intéressant, ici la monnaie n’a plus cours, il faut la changer pour des “grossi“, la monnaie locale inspirée des pièces médiévales. Malgré notre bonne volonté, peu de stands nous inspirent, à part les fabricants de jeux médiévaux et les vendeurs d’hypocras, lequel est d’ailleurs bien plus corsé que chez nous (20° quand même, et sous la chaleur toscane).
Un peu déçus par le faible nombre d’exposants, nous décidons d’assister à la reconstitution majeure : le siège de la ville par les troupes toscanes (et leur échec) en 1526. L’un des “acteurs” fait une présentation intéressante, quoique tout en italien, présentant le contexte international (Pavie, l’Empire, tout ça) et régional (Floreeeence, ton univers impitoyâaable), les innovations de l’époque (l’artillerie) et les personnages importants. Puis la bataille commence, mettant aux prises une vingtaine de figurants de chaque côté, des chevaux, des arquebusiers et des canons.
Les costumes sont magnifiques, les combats, rythmés par de vrais tambours, sont réalistes et bien faits, les salves d’artillerie sont particulièrement impressionnantes. Un seul bémol : la musique d’ “ambiance”, trop forte, pas forcément adaptée et couvrant les “vrais” bruits qui auraient ajouté une note historique.
Néanmoins, nous sommes ravis d’avoir pu assister à cette fête. Nous repartons avec une bouteille de chiaretto, sorte de claret local mais en bien plus fort (cela commence à devenir une habitude de rapporter de l’alcool de nos sorties), et des idées plein la tête pour de nouveaux costumes.

Un mariage à Provins

Jeudi dernier en taverne, Cynthia m’a recrutée pour une prestation de danse à Provins pour samedi soir. Autant dire que nous avons été prévenus “au pied levé” (c’est le cas de le dire).

Nous avons donc rendez-vous à Vincennes à 18h, pour une prestation de 45mn à 21h30. Embringués dans l’affaire : Rofessa, Dame Thalie, Clarisse, Arelorn, Lolita et Davidouille. Si vous comptez bien, nous sommes en nombre impair… soit trois couples et demi, ce qui ne manquera pas de poser un problème.
Après un pique-nique face aux remparts – qui semblent bien vides – nous retrouvons le lieu de la prestation, un magnifique ensemble de bâtiments du XVème siècle, avec salles voûtées, croisées sculptées, jardins et potager. Un peu surpris par l’aspect de la mariée – qui doit friser la cinquantaine – nous nous préparons néanmoins, coachons les mariés pour la pavane et l’allemande qu’ils interprèteront avec nous et nous échauffons en dansant autour de l’ordinateur portable.
L’ambiance est bon enfant, mais sans doute bien arrosée : deux ou trois convives ne marchent plus très droit, certains ont même le vin un peu lourdingue. La prestation commence à 23h, après une petite pièce comique d’inspiration médiévale, mais avant le fromage. Soyons francs, la pavane et l’allemande, dans une salle plus petite que les caves un soir d’affluence, ne sont pas très concluantes. Mais les spectateurs sont bon public. Nous enchaînons avec une démonstration bransle d’Ecosse, bourrée d’Avignon et ductie, puis par une initiation dans les jardins. Il n’est pas facile de faire danser les gens, entre les filles en talons hauts, ceux qui ont forcé sur le moretum, ceux qui n’ont pas le sens du rythme et les inattentifs. Mais notre prestation est appréciée, c’est l’essentiel.

Il est alors minuit, et le propriétaire se propose de nous faire visiter les lieux : caves voûtées immenses et salles de réception. Nous retournons aux cuisines récupérer nos affaires quand on nous propose de grignoter un peu. Il reste de l’omelette aux herbes et de la terrine de lièvre. Des tartes salées, aussi. Et puis du fromage. Un petit zeste d’orange confite pour faire passer le tout et nous levons le camp vers 1h30, après force fous rires devant notre appétit de sauterelles voraces.
Retour à la maison à 3h30 du matin !

Fête de la musique

Suite de mon week-end de dingue, donc. Samedi, après avoir rangé mon lit dans la chambre, posé les morceaux de table dans le salon, et pendant que mon chéri était en route pour l’aventure dans la forêt, j’ai décidé de fêter la musique.

Depuis quelques semaines, rendez-vous était donné aux gargoteux et tavernistes en de multiples endroits. Entre bal renaissance, musique à Cluny ou danse sur les quais, il n’y avait que l’embarras du choix. J’ai fini par rejoindre Myrrdhin dans le quartier latin où le groupe l’Arbre de Sovenance donnait un concert pour faire la promotion de la librairie historique Buridan (fort belle au demeurant). Arrivée sur place, j’ai retrouvé nombre de gens des danseries, et les choses sérieuses ont commencé : bourrée, skarazula…
L’ambiance était festive et joyeuse, le public, d’abord un peu surpris, nous a bien soutenus. Nous avons même réussi à plusieurs reprises à convaincre certains de se joindre à nous pour une danse ou deux. Le meilleur moment à mes yeux fut celui où nous avons dansé une bourrée d’Avignon : outre que cette danse est une de mes préférées, la connivence était très bonne avec mes partenaires (Myrrdhin et Loghi) et l’ensemble des danseurs, au point que nous nous sommes mis à chanter. Le rythme, plus soutenu qu’à l’ordinaire, nous a épuisés, mais quelle fierté quand, à la fin, nous avons été ovationnés par le public !

Provins !

Samedi, nous sommes donc allés vivre la fameuse fête médiévale de Provins. Emportés par l’enthousiasme, nous avions choisi de partir tôt (8h30), ce qui, après une soirée un peu arrosée aux caves avec la famille de l’Anglais, était un peu héroïque. Nous récupérons Frédérie au passage, et arrivons sans heurt à 10h pile.

La tournée des boutiques démarre à peine et nous rencontrons déjà des têtes connues : après l’habilleuse de la licorne, nous avons la surprise de croiser notre corsetière préférée (et je n’ai toujours pas d’argent), puis Myrrdhin chargé de contrôler la zone. L’ambiance musicale est assurée par un groupe dynamique et bariolé, dommage que je ne connaisse pas leur nom…

Longue promenade en ville, où nous croisons au fur et à mesure la plupart des têtes connues qui nous avaient annoncé leur venue pour la fête : la Carité de Guingamor, les Renards… Dans la plupart des échoppes où nous avons nos habitudes nous sommes reconnus, mais il est vrai que le costume de l’Anglais est inratable.

Nous débouchons enfin sur les douves, et je réalise alors que l’an dernier j’ai raté une grosse partie de la fête… vu que je n’y étais pas descendue. Nous retrouvons le campement de la Rose et l’Epée, magnifique et immense, composé de différents amateurs éclairés. Sylve nous montre sa collection d’instruments chirurgicaux et nous explique l’art de la trépanation, un membre prépare le repas, un autre réalise des chaussures. Longue discussion sur l’art du cuir et les méthodes de travail pour les chaussures médiévales.

 

 

Le campement est accueillant, mais leurs membres ont quand même à cœur d’expliquer leur passion aux visiteurs, et nous nous éclipsons pour poursuivre la découverte des douves. Entre différentes échoppes, un groupe de bateleurs et musiciens attire la foule : alternant musique rythmée et jongleries, ils remportent l’adhésion du public.

Un peu plus loin, les passants sont attroupés autour de l’atelier du Grimeur – réalisateur des maquillages d’orcs à la Faille – et assistent à la transformation de clients à l’aide de prothèses en latex.

De retour dans la ville haute, je trouve enfin une costumière vendant des voiles pour compléter ma coiffure. En effet, celle trouvée à Orléans étant d’époque plus tardive que mon costume, je l’ai détournée et ai besoin de la « finir ». La dame de l’échoppe a la gentillesse de me confectionner un tour de tête en galon assorti à mon surcot, car je ne dispose pas d’épingle.

Et c’est alors que l’orage éclate… D’abord fine pluie, l’averse devient drue et nous force à nous abriter chez le vendeur d’hypocras. Profitant d’une accalmie, nous pensons avoir le temps de redescendre jusqu’à la voiture pour poser nos emplettes, mais sommes contraints de faire un arrêt au comptoir des colporteurs, un des derniers producteurs de Rose de Provins. Et pendant les longues minutes passées à l’intérieur, tandis que l’Anglais contemple, désolé, la rue se transformer en ruisseau, pendant que les gens toujours en plus grand nombre s’abritent dans la boutique, je fais l’acquisition d’eau de rose (à usage culinaire) et d’un bocal de confit de rose.

Nous parvenons, non sans mal, à rejoindre la voiture. Les rues en pente sont détrempées, mes chaussures médiévales glissent sur les bandes blanches, et je me réceptionne sur le genou, mais nous sommes enfin au sec pour quelques minutes pour dresser un petit inventaire. Parmi nos achats, on trouve deux bouteilles de sirop – lavande et fleurs d’hibiscus – une bouteille de vinaigre à l’ail des ours, un pot de confit de thym-citron pour Très Belle-maman et des bouteilles d’hypocras et de moretum.

 

Le ciel s’éclaircit enfin, nous retournons constater l’étendue des dégâts – et mes chaussures font « sprotch sprotch » à chaque pas. De retour à la Rose et l’Epée, rebaptisé campement de le rizière, Sylve nous offre de partager le déjeuner – un délicieux poulet aux navets et châtaignes, aromatisé d’une sauce au citron et amandes.

 

La fin d’après-midi est consacrée aux courses de l’Anglais, qui a renoncé pour le moment à se trouver des bottes pour finir son costume. Après de nombreuses hésitations, il opte pour une peau de renard – mais je n’ai pas le droit de poster la photo ici – et pour des armes en latex – l’appel du GN a retenti. Nous croisons les lépreux, qui déambulent sans mot dire mais en faisant tourner leurs crécelles.

Alors que nous finissons nos achats, la pluie reprend… Abrités sous un auvent du campement des renards, l’Anglais et moi finissons par craquer et décidons de rentrer. Le temps de retrouver Frédérie, dire au revoir aux personnes que nous croisons… Il est 18h au moment où nous démarrons la voiture et où le ciel s’éclaircit enfin. Mais nous sommes recrus de fatigue, et la perspective de patauger dans la boue de la place du Châtel pour le bal du soir ne nous amuse que moyennement. A notre arrivée, l’Anglais finira par m’avouer qu’il souffre en réalité de migraine… depuis le milieu de l’après-midi. Malgré les caprices du ciel, ce fut une excellente journée, clôturée par une couronne aux pétales de rose (oui, la même que l’an dernier).

Prestation des danseries

Bon, je sais, je parle beaucoup reconstitution et moyen-âge ces derniers temps, mais chacun ses tares. Et puis on ne fait pas impunément partie d’une association de danse médiévale.

Mardi soir, donc, nous étions tenus d’animer une soirée privée aux caves. Renseignements pris, il s’agissait de célébrer la parution en France du cinquième tome des Chevaliers d’Emeraude, à laquelle l’auteur, québéquoise, assistait. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que beaucoup de participants était costumés ! Il y avait même une jeune fille avec la peau et les cheveux violets (oh le joli temps du cosplay…). Le ton de la soirée était plutôt médiéval-fantastique, ce qui m’a fait regretter de n’avoir pas ressorti ma robe blanche.

Après des débuts un peu difficiles – à quelle heure on commence ? où sont les musiciens ? – nous enchaînons joyeusement les danses. D’abord en démonstration, où je me frotte à des chorégraphies que j’ai encore un peu de mal à maîtriser (branle de la haie, charlotte, variante des lavandières) ou à des morceaux que j’apprécie beaucoup (bourrée d’Avignon, entre autres), puis nous invitons les participants à nous rejoindre. Etrangement, ce sont surtout ceux qui sont habillés comme les héros du livre qui répondent présents, avec quelques belles performances.

Les “chevaliers” procèdent à un adoubement (et revêtent de magnifiques armures de cuir), et nous en profitons pour piller discrètement le buffet. La danse reprend un peu, mais l’état de mes pieds ne me permet pas de continuer bien longtemps. Quoiqu’il en soit, ce fut une soirée agréable et bien rythmée.

Fêtes johanniques d’Orléans

Tous les ans, Orléans célèbre Jeanne d’Arc, et le début des festivités est placé sous le signe du moyen-âge. L’Anglais et moi avions donc prévu une escale de quatre jours sur place (hébergement et nourriture gracieusement fournis), mais le 1er mai fut finalement consacré à notre démlénagement, fi donc du défilé et du campement. Nous ne sommes donc arrivés sur place que vendredi soir afin de profiter du marché médiéval aujourd’hui.
Le lieu d’exposition, le campo santo à côté de la cathédrale est beau et bien aménagé (avec la paille pour “faire vrai”), mais il faut quand même souligner qu’en matière de marché il y a de quoi être frustré… Plus qu’un marché historique comme Pontoise ou vraiment médiéval comme Provins ou Dinan, il s’agit d’un marché artisanal dont les exposants sont “costumés”. Bien entendu, quelques valeurs sûres subsitent : la Carité, l’hypocras du pays d’Oc, Velay Créations… ainsi que quelques habitués de la taverne. Mais l’enthousiasme n’est pas vraiment le même, les gens costumés sont des bêtes de foire et l’endroit est le lieu de rendez-vous des goths du coin.
Malgré tout, nous avons pu réaliser quelques achats qui commençaient à se faire pressants : un sac en futaine noire (pour nos courses), une coiffe pour moi (pas du tout ce que j’espérais, mais bien pratique, surtout sous le soleil) et quelques bouteilles et victuailles. Et comme Ei l’a suggéré, je vous joins l’image qui a inspiré mon costume, trouvée dans le Luttrell Psalter, mine d’idées pour la reconstitution historique.

Nouvelles tenues

Bon d’accord, plus si neuves que ça, puisque nous en avons fait l’acquisition en février et que nous les avons étrennées en mars. Mais les vacances et les différents sujets plus ou moins sérieux – mes excuses à l’ex dompteuse de zoo – ont occulté cet épisode.

Pour l’Anglais, une tenue ukrainienne de la Renaissance, composée d’une tunique noire galonnée, d’une ceinture assortie, d’un long manteau en laine dont les manches peuvent s’ouvrir (attention, ceci est différent des manches à crevées) bordée de fourure et un chapeau taillé dans les mêmes matières. Passée la première hésitation à porter du rouge – ben oui, le rouge, ça se voit – l’effet est superbe et tient bien chaud dans les rues de Paris. En bonus, la boutique nous a offert une tunique viking bleu foncé bordée d’un galon doré, idéale pour les soirées médiévales l’été.

Pour ma part, j’ai choisi une tenue XIVème siècle en lin, composée d’une cotte rouge à manches longues et d’un surcot bleu, doté des fameuses portes de l’enfer, les ouvertures sur les côtés. Les deux parties de la tenue sont ornées de galons aux manches et au col, et les manches de la cotte peuvent s’ouvrir pour découvrir les poignets. L’ensemble comporte également une coiffe, également en lin bleu, mais qui me semble trop grande par rapport aux reproductions de l’époque, et qui, en outre, tombe très facilement de la tête. La prochaine étape consistera donc à me dégotter une coiffe digne de ce nom, car je ne peux me promener en cheveux comme une fille de mauvaise vie !