De bons présages

Voici le dernier roman que je viens de finir, co-écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman. Forcément, entre deux chapitres du Genji-monogatari et après Zola (oui, encore), j’avais besoin de m’aérer la tête. Le livre appartient à l’Anglais, et a été publié par une maison d’édition… comment dire… où certains membres de la famille ont été actifs.

L’Apocalypse est pour bientôt, et plus précisément pour dans onze ans. C’est pourquoi les forces infernales font naître l’Antéchrist en Angleterre. Aziraphale et Rampa, archange et démon, sont plus ou moins amis, ou du moins collaborent de temps à autre, et réalisent qu’en fait, l’Apocalypse, ça ne les tente pas plus que cela… Ils décident donc de voir comment ils peuvent influer sur le cours de l’histoire. Dans le même temps, d’autres personnages se croisent, du sous-doué en mécanique et informatique à la prophétesse trop bien renseignée, en passant par l’Inquisiteur Général.

Vous l’aurez compris, comme la majorité des oeuvres de Pratchett, le délirant n’est jamais loin du fantastique. On rit beaucoup de certaines situations, on retrouve les notes de bas de page totalement loufoques, on saluera la modernisation du mythe des quatre cavaliers de l’Apocalypse. Cependant, il faut souligner certaines longueurs au milieu du roman, même si la fin est plus entraînante et fait oublier le rythme un peu poussif de l’intrigue.

Joséphine

Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous faisais part de l’excellente BD de Pénélope Bagieu, adaptée de son blog. Après nous avoir raconté sa fascinante vie quotidienne, la dessinatrice nous narre à présent les aventures de Joséphine.

Joséphine a une grande copine, Rose, mais pas de petit ami. Elle a une soeur exaspérante et une concierge envahissante. Joséphine n’a pas de marques de maillot à son retour de vacances, mais elle a un chat.
Joséphine est un personnage attachant et drôle, dans lequel on se reconnaît forcément un peu. Même l’Anglais a retrouvé ses talents culinaires dans ceux de Joséphine, c’est dire. On rit parfois un peu malgré nous, parce qu’on aimerait bien qu’il lui arrive des choses plus sympathiques, à ce personnage, mais on passe un très bon moment.
A force de lire le blog de Pénélope, on se rend compte qu’il y a quand même beaucoup d’elle-même dans ce personnage, ce qui le rend plus “vrai”.

Breaking dawn

Depuis un mois qu’Ei m’avait rapporté le dernier tome de la saga Twilight en direct du pays-du-hamburger, je n’avais pas eu l’occasion de m’y mettre – bah oui, Zola, Stieg Larsson et Moorcock sont passés avant. Cet oubli est désormais réparé et, après deux soirées et une journée dans mon canapé et de nombreux trajets en métro, j’en suis venue à bout.
L’histoire reprend juste après la fin du précédent tome, et nous fait découvrir la relation des deux héros une fois mariés et confrontés à un certain nombre de problèmes… Je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler, donc il faudra vous en contenter.
C’est toujours aussi agréable à lire, fluide, parfois drôle, parfois poignant, même en anglais, et les évènements s’enchaînent logiquement. Personnellement, je regrette que cet enchaînement soit tellement logique qu’il en devienne transparent : j’ai vu venir presque tous les évènements importants de l’intrigue 20 à 50 pages à l’avance. En outre, et même si c’est une des raisons pour lesquelles j’aime cette série (mon côté fleur bleue ado), le happily ever after est un peu trop happy. Presque fade.
Quoiqu’il en soit, il faudra s’en contenter puisque, contrairement à ce qui était annoncé auparavant, Stephenie Meyer a renoncé à publier Midnight sun qui aurait dû présenter l’histoire du point de vue d’Edward, suite à une fuite sur internet de ses premiers essais.

Zola et moi

Amis lecteurs, vous n’êtes pas sans savoir que j’adore l’oeuvre de Zola – j’ai même consacré un article à l’un de ses romans il y a quelques mois – et je vais donc vous raconter ma dernière lecture. Ayant décidé de lire la série des Rougon-Macquart dans l’ordre, je viens de finir L’Argent. Cette lecture pourrait être comme toutes les autres sans le contexte actuel : le roman raconte en effet l’histoire d’un spéculateur en bourse qui, après avoir créé une banque, est rattrapé par ses idéaux de grandeur et ruine sa banque et ses actionnaires. Cela ne vous rappelle rien ?

Pour vous donner une idée, un petit extrait…
“Dès six heures, tout ce monde de joueurs, d’agents de change, de coulissiers et de remisiers, après avoir, les uns établi leur gain ou leur perte, les autres arrêté leurs notes de courtage, allaient se mettre en habit, pour finir d’étourdir leur journée, avec leur notion pervertie de l’argent, dans les restaurants et les théâtres, les soirées mondaines et les alcôves galantes.”
A part le vocabulaire, l’idée générale reste la même, vous ne trouvez pas ?

Lire !

L’autre jour, alors que j’attendais Myrrdhin pour déjeuner, j’ai eu le déplaisir de constater que mon lecteur mp3 n’avait plus de batterie et que j’avais fini mon livre le matin même. Et alors même que j’aurais pu me passer de la musique – encore que c’est plus efficace contre les emmerdeurs – le besoin de lire m’est apparu dans toute son ampleur.

Depuis toujours, la lecture fait partie de mon environnement, de mon mode de vie. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture a été une véritable révélation : enfin le monde des adultes s’ouvrait à moi. Je me souviens encore du premier “vrai” livre que l’on m’avait offert à la fin du CP.
A l’origine de cette passion, il y a une profonde angoisse, celle de comprendre le monde : comprendre permet de saisir et donc de maîtriser – à défaut de contrôler – la chose qui fait peur ou qui est insaisissable. La lecture n’est pas à prendre comme une thérapie, mais bien plutôt comme un symptôme d’une angoisse tellement profonde qu’elle se nourrit de tout ce qui est autre.
En même temps, certaines choses particulièrement angoissantes sont volontairement “oubliées” de mes lectures : je lis très peu les auteurs contemporains, encore moins ceux du début du XXème siècle, par exemple, mais je ne sais pas pourquoi.
D’un autre côté, j’envisage la lecture aussi par son rôle d’échappatoire : lire pour s’évader, lire pour ne pas réfléchir, surtout pas aux vraies questions que je me pose. La lecture est une fuite en avant, une forme de boulimie, de faim insatiable, puisqu’on ne pourra jamais tout lire. Un besoin d’accumulation pour compenser un manque.

Mais bon, n’allez pas croire, je lis aussi et surtout par plaisir. Je ne tarderai d’ailleurs pas à répondre au tag de Super Marion Bros.

Chaque maison a besoin d’un balcon

Petite page culture, histoire d’être un peu sérieuse sur ce blog. Profitant de mon séjour en Israël – je sais on y revient toujours, mais que voulez-vous, l’appel des racines, tout ça… – j’ai décidé de découvrir la littérature locale. Mon choix s’est porté sur un recueil d’essais d’Amos Oz et sur le roman Chaque maison a besoin d’un balcon de Rina Frank.

Dans ce récit fortement autobiographique, l’auteur raconte son enfance à Wadi Salib, quartier pauvre de Haïfa, entourée de ses parents venus de Roumanie et de sa soeur. Cette histoire alterne avec celle d’une jeune femme plus mûre, que l’on devine être Rina Frank elle-même, et de sa vie d’étudiante puis de femme mariée.
Le style est facile à lire, agréable, divisé en courts chapitres qui sont autant de tableaux de la vie quotidienne. L’auteur nous fait revivre avec justesse l’ambiance de son quartier, le problème du déracinement et de l’adaptation à Israël, puis les errances et les hésitations du passage à l’âge adulte. Ce roman a reçu un accueil formidable en Israël, et je pense que c’est en grande partie grâce à cela.
En effet, j’avoue avoir eu du mal à accrocher à l’histoire : j’ai eu plus de mal que je ne croyais à m’y plonger – et pourtant ma grand-mère est roumaine. Le problème vient sans doute du type de narration choisi : un chapitre à la première personne du singulier puis, sans transition ni avertissement, un chapitre à la troisième personne mais qui a pour sujet le même personnage. C’est déconcertant et plutôt malhabile, avec un arrière-goût d’inachevé.

Le chaudron

Oui, je sais. A force de chroniquer des livres et des films, on va finir par croire que je ne sais rien faire d’autre et qu’il ne se passe rien dans ma vie. Attendez donc un peu ! Pour vous faire patienter, voici un court article sur une de mes dernières lectures.

Le chaudron, de MURATA Kiyoko, est l’histoire d’une jeune fille, Tani, qui passe ses vacances d’été chez sa grand-mère avec son frère et ses cousins dans un petit village de montagne. Leurs parents partis à Hawaï visiter un vieil oncle, la grand-mère incapable de faire correctement à manger, Tani se retrouve à gérer la cuisine et les repas.
Dans la succession de scènes quotidiennes – les devoirs, le bain, les courses – entrecoupées de repas – suffisamment bien décrits pour donner faim – la narratrice brosse le portrait d’une famille japonaise “ordinaire”. Mais cette normalité n’est qu’apparente, et la réalité se dévoile alors que la grand-mère égrène ses souvenirs.
Ce roman a été adapté au cinéma sous le titre Rhapsodie en août (que je n’ai pas vu). La lecture en est agréable, presque “relaxante”, mais paradoxalement c’est un roman qui se finit assez vite, un peu trop à mon goût.

Soleil levant

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, ce roman est chinois, et non japonais. Il raconte les aventures d’un jeune couple qui s’aperçoit, au moment de partir en voyage de noces, que la mariée est enceinte, et dont l’existence est alors totalement bouleversée. Il s’ensuit une savoureuse description des heurs et malheurs quotidiens au pays de l’enfant unique.
Le roman est agréable, drôle, le style est enlevé. L’auteur nous narre cette histoire à la fois tendre, cruelle, ironique et édifiante. Chi LI, la romancière, a déjà publié d’autres romans, pour certains traduits en français (Triste vie), et s’attache surtout à décrire le quotidien d’un pays en pleine mutation – l’histoire se déroule au début des années 1990. Un regard différent sur la Chine, surtout en cette période de jeux olympiques.

Le mesnagier de Paris

Ce week-end, à la question de belle-maman me demandant ce que j’avais lu récemment, j’ai réalisé que je n’avais pas encore chroniqué ma dernière lecture médiévale. Le mesnagier de Paris fut rédigé à la fin du XIVème siècle par un bourgeois de Paris dans le but de préparer la jeune épouse de ce dernier à son rôle.

Généralement connu pour ses recettes de cuisine, qui sont à la base de la reconstitution de l’art culinaire médiéval, l’ouvrage est en réalité un manuel d’économie domestique et de bienséance. L’auteur, dans le souci de guider sa femme qui n’a plus de parents pour l’aider, décrit la contenance à observer à l’église, dans la rue et en privé, fait la liste des passe-temps acceptables pour une jeune femme, donne des modèles de chasteté féminine…
Le texte est étonnant, car il mêle idées neuves – la femme est le pendant de l’homme – et “rétrogrades” – la femme ne doit avoir d’autre volonté que celle de son mari. Il est également une compilation de différents ouvrages, reprenant des exemples dans l’histoire sainte mais aussi dans les classiques latins (rendus chrétiennement corrects), et contient aussi un traité de chasse au faucon.
Si la lecture n’en pas toujours aisée, en particulier pour les recettes de cuisine, cela n’en demeure pas moins une importante source documentaire sur la vie quotidienne au moyen-âge et les valeurs de la société.

Nuits d’enfer au paradis

Dans la série “je lis de la littérature pour ados et j’assume (plus ou moins)”, je ne pouvais pas passer à côté du dernier opus de Stephenie Meyer (mais si, souvenez-vous, l’auteur de la série Twilight).

L’ouvrage est en réalité un recueil de nouvelles de cinq auteur(e)s américains spécialisées dans le roman adolescent. La tête de proue du recueil, au moins en France, est Stephenie Meyer, entourée, entre autres, de Meg Cabbot.
Les histoires mettent toutes en scène des héroïnes en première ou en terminale dont c’est le bal de fin d’année (la fameuse prom night chère à la culture américaine) précisément ce jour-là. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et l’on dérape dans le fantastique.
Le niveau des nouvelles est assez variable à mon goût. Toutes sont bien écrites, mais certaines “dérapent” plus que d’autre ou vers des thèmes qui ne me parlent pas. J’avoue avoir plus de mal à accrocher à une histoire mettant en scène des super pouvoirs qu’à une histoire de vampires. Mais on ne se refait pas. Le livre est un bon moyen de se détendre, de se vider la tête et de s’évader un peu. Idéal pour le trajet quotidien en métro ou pour une plage ensoleillée.