X-Files : Regeneration

Je sais, il faut qu’on arrête d’aller voir des films pourris. A notre décharge, nous voulions d’abord aller voir Bon baisers de Bruges, mais la séance commençait un peu tard par rapport à notre heure de sortie du boulot.
Le nouveau X-Files, donc. Je n’ai jamais été une grande fan de la série, mais force est de constater que mine de rien j’ai vu pas mal d’épisodes (et souvent les mêmes grâce à la loi des rediffusions). Dans ce nouvel opus, le FBI cherche à retrouver un de ses agents porté disparu depuis quelques jours, et s’adjoint l’aide d’un soit-disant voyant. L’agent chargé de l’enquête décide alors de demander son aide à Fox Mulder, porté disparu mais qui aurait encore des contacts avec Dana Scully.

Bon, allez, je ne vous fait pas plus languir : c’est nul. Le scénario est téléphoné – ou bien l’Anglais et moi avons une belle carrière de scénaristes à Hollywood en vue – l’angoisse que le montage cherche à instiller ne monte pas tant que ça – j’ai à peine eu la trouille, c’est dire – et on l’on s’approche plus le polar que les limites de la science-fiction. Cet opus semble plutôt être un prétexte à expliquer les relations entre Mulder et Scully depuis le précédent film – que j’avais également vu et qui m’avait sérieusement fait flipper. S’il ne faut retenir qu’un seul moment : quand la caméra se fixe sur le portrait de Georges W. Bush au FBI et que l’on entend les premières notes du générique.

Narnia II – Le prince Caspian

Toujours dans la série “il faut rentabiliser la carte UGC, mais on n’a pas envie de se prendre la tête”, l’Anglais et moi sommes allés voir le deuxième volet de la série Narnia hier. Les chroniques de Narnia – le prince Caspian retrouve nos quatre héros un an après leur retour dans le “vrai” monde. Ils essaient tant bien que mal de se débrouiller dans leur vie quotidienne, mais le souvenir de Narnia continue de les hanter. C’est alors qu’ils sont happés vers leur ancien royaume…
Sauf qu’ils arrivent 1000 ans après leur départ, que leur château n’est plus que ruines et que les êtres humains ont colonisé Narnia, forçant le peuple féérique d’autrefois à se réfugier dans les bois. C’est alors que le prince Caspian, poursuivi par son oncle qui cherche à se débarrasser de lui pour monter sur le trône, soulève les Narniens et leur promet la liberté s’ils l’aident à récupérer son royaume. Peter, Susan, Edmund et Lucy arrivent au beau milieu de cette agitation et découvrent bientôt que c’est Caspian qui les a appelés un peu par accident.

Soyons francs, je n’avais pas spécialement adoré le premier opus, que j’avais trouvé trop fade et trop bien-pensant à mon goût. Je dois admettre que cette fois-ci je n’ai pas été déçue : l’ambiance est sombre, tendue, parfois douloureuse. Les personnages sont confrontés à des choix pas toujours très heureux, et les tensions ne manquent pas de se faire sentir. En outre, on peut dire que les quatres membres de la famille Pevensie tombent un peu là comme un cheveu sur la soupe car, malgré les légendes annonçant leur retour, les Narniens les accusent d’avoir abandonné leur peuple.
Les amateurs de grandes batailles seront servis, avec un siège et une bataille rangée. Les costumes sont plus réussis que dans le précédent film, où tout cela avait un petit côté “pas très naturel” – notons au passage qu’en un milier d’années, Narnia est passée du moyen-âge à la Renaissance.
D’un autre côté, j’ai trouvé la fin un peu étrange, même si elle correspond à l’oeuvre de C. S. Lewis. A l’évidence, il ne fait pas bon devenir adulte à Narnia…

Kung-fu Panda

Enfin un nouveau film ! Depuis un mois et demi, pris par nos activités aussi diverses qu’envahissantes – danse, caves, fêtes médiévales, GN, fêtes médiévales, dîners à la maison – l’Anglais et moi n’avions pas été en mesure d’aller au cinéma. Après une longue réflexion sur les films que nous avions ratés, ceux que nous voulions absolument voir et, plus important, l’état de notre cerveau, nous nous sommes décidés pour Kung-fu panda.

La vallée des animaux est protégée des dangers par les cinq élèves d’une école de kung-fu, Grue, Tigresse, Vipère, Singe et Mante. Ceux-ci s’entraînent dur pour avoir l’honneur de devenir le guerrier dragon, personnage mythique qui éloignerait à tout jamais les dangers.
Dans cette même vallée vit Po, un jeune panda dont le papa (une oie) est propriétaire d’un magasin de nouilles. Po n’a qu’un rêve, apprendre le kung-fu, alors que son père aimerait le voir reprendre le restaurant. Lors du tournoi organisé pour désigner le nouveau guerrier dragon, c’est Po qui est choisi à la surprise générale (et à la sienne aussi). Commence alors le long et difficile apprentissage du kung-fu et de la vie en communauté.

Bien entendu, inutile de vous raconter la fin, vous l’aurez deviné. Ce film est très agréable à regarder, avec des séquences comiques très bien réussies – il suffit d’avoir entendu l’Anglais rire à côté de moi pour s’en assurer. L’animation est fluide, les décors très réussis et le doublage, comme de plus en plus souvent, confié à un casting impressionnant : Jack Black, Dustin Hoffman, Angelina Jolie et Jackie Chan entre autres. A noter, la méthode d’entraînement du panda, à base de brioches à la viande… Une vraie réussite, qui nous a poussés à finir la soirée… au restaurant chinois !

Le grand alibi

Deux séances de cinéma en un week-end, ce n’est pas trop, cela s’appelle rentabiliser la carte UGC. Hier après-midi, donc, nous sommes allés voir Le grand alibi.

Adapté d’une nouvelle d’Agatha Christie, le film met en scène un huis clos familial sur fond de tromperies et coucheries en tout genre. Transposée dans la France actuelle, servie par des acteurs reconnus, l’histoire promet. Sauf que. Très vite, la narration s’embourbe, traîne en longueur – sans doute faut-il rentabiliser les cachets des personnages sensés disparaître – et ennuie. Le premier meurtre, que nous attendions avec impatience, n’a finalement pas permis de dynamiser le film. A l’exception notable de Pierre Arditi, la plupart des acteurs surjoue, et ne semble pas du tout “dans l’histoire”.
Une grosse déception, et une heure trente d’ennui. Si vous n’avez rien d’autre à faire, pourquoi pas, mais un bouquin peut tout aussi bien fonctionner.

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Vendredi, soirée ciné et bière, il était donc normal de porter notre choix sur un blockbuster annoncé, le dernier Indiana Jones, avec Myrrdhin. Ayant entendu tout et son contraire au sujet de ce film, je partais avec une certaine désinvolture.
1957. Indy a maintenant la soixantaine, et après avoir passé trois épisodes à se battre contre les nazis, le voici maintenant aux prises avec les Soviétiques – incarnés notamment par Cate Blanchett. Ces derniers tentent en effet de mettre la main sur un crâne de cristal découvert dans le désert dix ans auparavant. Je n’en dis pas plus sous peine de spoil.
Tout dépend de la manière dont on appréhende les aventures d’Indiana Jones depuis le début : s’agit-il d’un vrai film d’aventuriers, sérieux, avec trame politique et drame universel ? s’agit-il plutôt d’une parodie des films d’aventure des années 1930 ? Dans le premier cas, vous serez très déçus, dans le second cas, vous rirez de bon coeur. Car il ne faut surtout pas prendre ce film au sérieux, mais plutôt goûter le plaisir des acteurs à faire des cascades, se lancer des répliques cinglantes et multiplier les âneries. Les effets spéciaux sont en outre particulièrement réussis – mais c’est un George Lucas, il doit bien faire travailler ses propres studios. Ne vous attardez pas trop sur la fin du film, très grand-guignolesque à mon sens.
Ce n’est certes pas le chef-d’oeuvre de l’année, mais un honnête divertissement pour lequel il ne faut pas bouder son plaisir.

Jackpot

Hier soir, séance ciné avec Rafu, CC, Gaygory et Maxou (entre autres), aux Halles. Comme de juste, nous avions choisi de nous faire une toile en pleine semaine promotionnelle UGC, donc l’endroit était blindé. Mais nous avons réussi à nous en sortir et à trouver huit places côte à côte.
Jackpot est la dernière comédie familiale américaine arrivée sur nos écrans. Elle met en scène Joy, une jeune femme à la belle réussite professionnelle mais larguée par son fiancé devant ses amis et Jack, un jeune homme viré de son boulot par son propre père, venus à Las Vegas oublier leurs déboires respectifs. Bien entendu, la petite virée tourne à la catastrophe et les deux malheureux finissent mariés après une nuit copieusement arrosée. Alors que tout pourrait se résoudre facilement, Jack gagne 3 millions de dollars et, afin de partager les gains, le juge ordonne aux nouveaux mariés 6 mois de vie commune.

Bien entendu, le scénario est cousu de fil blanc, surtout propice aux gags à répétition. On ne peut que rire à voir le déroulement de la soirée d’ivresse, les ruses de chacun pour pousser l’autre à la faute (et empocher le magot tout seul), les mensonges éhontés face à la thérapeute pour couples (Ashton Kutcher est tordant dans son interprétation de l’homme battu)… Bien sûr, le film finit bien, chacun permettant à l’autre de devenir meilleur, chacun mettant l’autre valeur et chacun tombant amoureux de l’autre. Mais c’est aussi un très bon divertissement, surtout avec plein d’amis, et un grand moment de rigolade.

Iron Man

Fidèle à mes goûts (qui a dit “de merde” ?) cinématographiques, je suis allée voir Iron Man cette semaine. J’avoue qu’à force de voir des adaptations de comics américains à toutes les sauces et tous les étés, j’appréhendais un peu le résultat. Entre le dernier Spiderman ou l’incroyable Hulk (incroyable d’avoir sorti un film pareil), les oeuvres ne brillent pas par leur qualité.

Fort a priori négatif, donc, mais heureusement très vite effacé par une introduction efficace. Nous voilà partis pour deux heures nous contant l’histoire de Tony Stark, concepteur et marchand d’armes, génie de la mécanique, puant et imbu de lui-même. Après un enlèvement et la fabrication d’une armure symbiote pour se sortir du guêpier (je vous passe les détails), Stark rentre aux Etats-Unis, prend en horreur son ancien métier et ses conséquences sur l’équilibre de certaines régions et décide de recréer une armure plus appropriée pour un super héros.
Scénaristiquement, l’histoire tient debout : on comprend ce qui anime le héros au début, la pensée “toute faite” qui lui permet de ne pas trop se poser de questions sur son métier, les évènements qui l’amènent à changer d’avis… L’intrigue est bien ficelée, les personnages et les situations s’enchaînent avec fluidité – un peu trop peut-être, car certaines ellipses temporelles sont difficiles à saisir. Les effets spéciaux sont superbes, de l’ordinateur chargé de gérer la maison de Stark, à l’armure d’Iron Man. On rit franchement aux vifs échanges entre le héros et ses robots “intelligents” qui enchaînent les bêtises, et la bande-son est efficace.
Un bon divertissement, pas un film d’art et d’essai, mais le meilleur moyen de se détendre et de profiter de la clim’ au cinéma ce week-end !

Shine a light

Hier soir, séance ciné à Bercy. Au programme, le film que Martin Scorsese a réalisé sur les Rolling Stones ou, plus simplement, le meilleur DVD live jamais réalisé… Car il s’agit de cela : Scorsese, metteur en scène mondialement connu, filme les Stones au cours d’un concert au Beacon Theater à New York. Après une vraie-fausse introduction sur la préparation du concert, la construction des décors, la place des caméras et la définition de la set list, le film tout entier retransmet le concert de charité donné en novembre 2006, entrecoupé de quelques scènes d’archives (reportages, interviews…).
Il s’en dégage une grande impression d’énergie : même quand on connaît mal les Stones, on ne peut qu’être sensible à leur musique, au talent déployé par les membres pour donner le meilleur d’eux-mêmes et “faire le show”. Mick Jagger saute, chante, crie, tressaute – j’ai vérifié, il est sur la pointe des pieds en permanence – et paraît… bizarre. Mais ce n’est pas ce qui empêche le public féminin de crier. Keith Richards rigole en permanence, joue, fait une oeillade à une fille, se marre… M’est avis qu’il a un peu fumé avant de monter sur scène, et sans doute pas que du tabac. Ron Wood et Charlie Watts sont plus en retrait, même si on ne peut vraiment pas les accuser de faire le minimum. L’expression pince-sans-rire de Watts est assez drôle, bien que ce ne soit sans doute pas voulu.

Malgré tout, on sent tout de même les tensions qui émanent du groupe, en particulier la personnalité écrasante de Jagger, qui regarde d’un oeil torve Richards interprétant un duo avec lui, ou sortant carrément de scène quand ce dernier chante You got silver et Connection (très beaux morceaux que j’ai découverts). Comme par hasard, le premier rang du public est exclusivement constitué de femmes jeunes et belles… sauf devant le proscénium (l’avant-scène) où l’on peut distinguer Bruce Willis coiffé d’une magnifique casquette jaune.
Je regrette un peu que le film soit surtout dédié au concert, et moins aux préparatifs ou à l’ambiance des coulisses. On aurait pu souhaiter un peu plus d’images d’archives, une bonne idée mais trop peu exploitée à mon goût, même si le leitmotiv du film est repris dans toutes les interviews : “Vous voyez-vous encore faire ça à 60 ans, Mick ?” “Bien entendu.”

Mongol

Encore un film à grand spectacle, me direz-vous. Oui et non. S’il est évident que conter la vie du redoutable Genghis Khan, son unification des tribus mongoles et turques et sa conquête du monde peut donner lieu à tourner une fresque épique avec beaucoup d’effets spéciaux et peu de scénario, il n’en est rien ici. Le pari du réalisateur (russe) est tout de même difficile à tenir : car le film, dont les premiers rôles sont tenus par des acteurs japonais, coréen ou chinois, réussit tout de même le tour de force d’être captivant alors qu’il est entièrement en mongol. Vous lisez bien.
Première partie d’une triologie annoncée, Mongol raconte l’enfance de Genghis Khan, qui porte alors le nom de Temugin, jusqu’à la victoire qui lui permet d’unifier tous les Mongols. On suit donc son itinéraire, le choix de son épouse alors qu’il est encore enfant, les humiliations après la mort de son père, khan du clan, remplacé par un autre, et même sa détention en Chine.
Le film est une grande réussite. Les paysages sont magnifiques (le tournage a eu lieu au Kazakhstant et en Russie), les acteurs excellents (même si ma compréhension du mongol est limitée, avouons-le), les costumes et les reconstitutions visiblement très fidèles à ce qu’il en était à l’époque. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’une telle épopée, l’accent est mis non pas sur l’aspect guerrier de Temugin, mais sur la construction de sa personnalité et ce qui le différencie des autres chefs mongols.
On peut cependant reprocher au scénario de faire quelques sérieuses entorses à la réalité historique (je sais, c’est une obsession chez moi). En outre, ceux qui attendent un vrai film d’action risquent d’être déçus. En revanche, c’est un dépaysement total, un voyage à l’autre bout du monde que je vous recommande vivement.

Disco

Mercredi soir, aucune envie de réfléchir et plutôt envie de se détendre, nous sommes donc allés au cinéma voir Disco, le dernier opus de Fabien Onteniente – connu pour Jet-Set et People, entre autres.
Didier Graindorge, alias Didier Travolta, a connu son heure de gloire dans les années 1970 lorsqu’il était meneur d’un groupe de danseurs de disco, les Bee Kings, avec lequel il écumait les concours de danse de la région du Havre. Aujourd’hui, au chômage, il doit absolument trouver un moyen d’emmener son fils en vacances sinon il ne le verra pas. C’est alors que Jean-François Jackson lui donne un coup de pouce : celui-ci vient de racheter la discothèque Gin Fizz et veut relancer les concours de danse disco. Le premier prix en est un voyage en Australie, ce qui pousse Didier à reformer son groupe et à solliciter l’aide d’une professeur de danse… classique.

Le film est sympathique, une jolie comédie pleine de bons sentiments, qui présente tout de même un casting redoutable : outre Frank Dubosc dans le rôle principal, on note la présence de Samuel Le Bihan en docker syndicaliste et danseur disco, Emmanuelle Béart (qui devrait faire un procès à son chirurgien esthétique), François-Xavier Demaison en archétype du riche désagréable, Gérard Depardieu en directeur de boîte de nuit (et en chemise léopard)… Certaines scènes sont franchement drôles, les chorégraphies endiablées et la bande-son agréable pour peu que l’on apprécie l’époque. Malheureusement, cela ne fait pas oublier certaines longueurs dans le scénario et quelques gros clichés : les riches sont mesquins, ne manquent pas une occasion de se moquer des pauvres gens ; si l’on accepte les différences, tout le monde peut s’apprécier…
Un bon divertissement, mais sans doute pas la comédie de l’année.