Michael Clayton

George Clooney est un acteur, réalisateur et producteur reconnu, après avoir passé quelques années à jouer les utilités et renflouer son compte en banque dans Urgences. Ses choix artistiques, qu’il s’agisse de films comme Good night and good luck ou de documentaires – sur le Darfour, par exemple – justifient largement la réputation d’exigeance et d’engagement dont il jouit. C’est donc pleine d’entrain que je suis allée voir Michael Clayton avec N-Chat – pour une fois à Paris – dimanche dernier. Sauf que.
A première vue, le scénario est alléchant : Michael Clayton, avocat d’affaires dont le cabinet travaille pour un grand groupe producteur d’insecticides, retourne sa veste et décide de se mettre du côté des victimes. Autant la mise en scène, le casting, l’interprétation sont impeccables, autant j’ai trouvé l’histoire décousue et assez simpliste. On ne sait pas ce qui est le plus important : la lutte des victimes (on n’en voit qu’une), les problèmes d’argent de Michael Clayton, le “suicide” d’un de ses collègues…
L’impression générale est assez décevante : pas de fil conducteur bien défini, le héros est-il bien celui qu’on croit ? Je ne nierai pas non plus un certain ennui. En gros, attendez la sortie DVD ou louez Syriana, ce sera sans doute mieux.

99F

Hier, avec Rafu, Ced et Maxou, nous sommes allés voir (enfin !) 99F, film tiré du roman éponyme de Frédéric Beigbeder. J’avais lu le livre à sa sortie vers 2000, et je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable ; je me rappelle surtout du battage médiatique autour de l’ouvrage, notamment à cause de son côté “sulfureux”, car prétendant à nous montrer la vérité toute nue.
Bon, le film en lui-même est vraiment bien. L’histoire est celle d’Oscar, un publicitaire qui prend tous les êtres humains pour des cons, à part lui et quelques heureux élus bien entendu, complètement immature et égocentrique. Le but est en même temps de montrer la conception et la réalisation d’une campagne de pub.
C’est réalisé par Jan Kounen, donc complètement déjanté : les scènes où le personnage est sous cocaïne sont hallucinantes (et hallucinées) – avec une mention spéciale à la parodie de pub Kinder – et le mode narratif est intéressant. En effet, le film commence par la fin – ou une fin potentielle, plutôt – pour nous expliquer comment le héros en est arrivé là. A noter, la prestation remarquable de Jean Dujardin, criant de vérité en clone de Beigbeder, suffisant et survolté.

Le problème, selon moi, vient de la pseudo-morale de l’histoire : on vous ment depuis toujours, mais vous êtes trop cons pour vous en rendre compte. D’ailleurs, pour vous faire culpabiliser de consommer, on se permet de vous faire remarquer que 10% du budget mondial consacré à la pub pourrait endiguer la faim dans le monde. C’est exaspérant.
La deuxième critique concerne le propos : la pub c’est mal, regardez, c’est comme ça qu’on fait – alors même que l’auteur, Frédéric Beigbeder, est un produit marketing à lui tout seul. Critiquer le système, soit, mais quand on est soi-même un pur produit dudit système, ça sonne faux.

Quoiqu’il en soit, on passe un très bon moment, on rigole beaucoup, les parodies de pubs sont marrantes et la mise en scène très travaillée.

Stardust

Bon, j’hésitais à faire cet article, d’abord parce que le sujet date un peu, ensuite parce que chroniquer un film qui ne sortira que dans quelques semaines, ça peut être assimilé à de la violence psychologique. :p Aujourd’hui, je vais donc vous parler de Stardust, un film fantastique inspiré d’un roman de Neil Gaiman et interprété – entre autres – par Michelle Pfeiffer, Claire Danes et Robert DeNiro, que j’ai eu l’occasion d’aller voir avec Dan. Comme ça, tout le monde saura qu’il ne va pas voir QUE des films pourris, et j’aurai fait mon devoir, niark niark niark.

L’histoire est celle de la survie d’une étoile, tombée du ciel sous les traits d’une magnifique jeune femme. Malheureusement pour elle, nombreux sont ceux qui voudraient mettre la main sur elle et ses pouvoirs : une méchante sorcière, plusieurs princes de la même famille royale et… un jeune homme un peu rêveur. Je n’en ajoute pas plus, je pense que vous vous doutez du reste de la trame.

L’histoire est jolie, mais la mise en scène est très sympathique : on sent vraiment que les Anglo-Saxons mettent les moyens dans leurs réalisations. Beaux effets spéciaux, très beaux décors et costumes… Quelques scènes d’anthologie, en particulier sur le navire du personnage de Robert DeNiro, rythmée par la musique d’Offenbach (non, je n’en dirai pas plus !).

Le goût de la vie

Hier, Nentari et moi sommes allées voir un film débile. Du genre qu’on culpabiliserait presque à regarder, tellement c’est crétin. Mais bon.
Le goût de la vie, c’est une comédie romantique américaine sur la rencontre entre une femme chef, maniaque et avide de contrôler tout ce qui se passe, et son sous-chef, qui passe son temps à chanter de l’opéra et qui cuisine italien… Bon, l’argumentaire est classique, mâtiné d’une histoire de petite nièce orpheline, mais l’intérêt du film de réside pas là.
Personnellement, ce qui m’a plu, ce sont les scènes dans le restaurant, en particulier dans la cuisine – parce qu’en salle, c’est très conventionnel – et la préparation des plats. Comme la mauvaise idée du jour était d’aller à la séance sans avoir mangé, j’ai l’estomac qui a gargouillé pendant tout le film…

La dernière légion : le navet de l’année

Bon, je sais, je ne suis pas la première à chroniquer la chose, Lily et Rafu m’ont devancée. Mais je ne peux résister au plaisir de vous raconter cette séance épique…
Mercredi soir, donc, avec Lily, Rafu, Ced, Maxou, Gaygory et Dan, nous sommes allés voir “La dernière légion” (sur une idée originale de Daniel). Rien qu’à la lecture des critiques, nous avons l’eau à la bouche : “Nul”, “désespérant”, “Colin Firth est boudiné dans sa cuirasse”… Et bien le pire : les critiques étaient en-deçà de la réalité !
Qu’y a-t-il de plus mauvais ? L’absence de scénario, les répliques qui tombent à plat, les clichés désespérants, les chorégraphies tellement élaborées qu’on y croit pas une seconde ou la ridicule tentative de faire le lien entre chute de l’Empire romain et mythe arthurien ?Les acteurs ne sont pas mauvais, mais ils ont tellement de choses inintéressantes à dire qu’ils en sont pitoyables. Le seul qui s’en sort à peu près, c’est le jeune acteur qui interprète Romulus Augustulus (et encore, le pauvre risque d’être marqué à vie par un rôle pareil…)

Alors pourquoi parler de ce film ? Justement parce qu’il est tellement mauvais qu’on en rigole. Il faut y aller en groupe, et surtout ne pas hésiter à pourrir l’ambiance en faisant des blagues et des commentaires. Ou rigoler fort comme seul Maxou sait le faire. Le plus important : ignorer les regards noirs des spectateurs venus sans savoir à quoi s’attendre, les pauvres.
De ce point de vue, c’est une réussite remarquable : à la fin du film, nous avons mis un quart d’heure à nous remettre de notre fou rire collectif, la palme revenant à la pauvre Lily qui en pleurait à chaudes larmes !

Vivement qu’il sorte en DVD, qu’on se fasse une soirée bière et navet.

Planète terreur

Hier, je suis allée voir le dernier film de Robert Rodriguez, qui est aussi le deuxième volet de la série des films Grindhouse produits par Tarantino (cf. mon post sur Deathproof en juin). Petit rappel : Robert Rodriguez et Quentin Tarantino sont deux doux dingues mordus de cinéma qui ont décidé de rendre hommage aux films de série Z de leur jeunesse. Tarantino a parodié un road movie, et Rodriguez s’est essayé au film de zombie.

L’histoire est simpliste – mais c’est pour ça qu’on aime – et relate la transformation des habitants d’une petite ville du Texas en zombies après exposition à un gaz nocif ou contamination par contact avec une personne infectée. L’héroïne est une gogo dancer qui se fait arracher la jambe par un de ces zombies, laquelle est d’abord remplacée par un pied de chaise puis par un fusil démesuré. Elle est secondée par un ancien amoureux qui se révèle être beaucoup plus au courant qu’on ne pourrait croire, et par plein de filles toutes plus court vêtues les unes que les autres. Le film est drôle avec quelques répliques tellement attendues qu’on ne peut qu’en rire. C’est aussi extrêmement gore – en particulier la scène où Quentin Tarantino se fait massacrer par les deux héroïnes – avec gros plan sur les pustules et les scènes de piqûres (ouille). A noter, la présence de Bruce Willis en parodie de lui-même, qui incarne un gradé militaire responsable de la contamination…

Ce qui fait la particularité de ce film et des autres productions Grindhouse, c’est l’effet “mauvaise qualité” revendiqué. La pellicule est salie, jaunie, rougie, semble parfois brûler… Comble du clin d’oeil : au milieu de la scène d’amour, un panneau apparaît : “La bobine suivante est manquante. Avec toutes nos excuses. La Direction”.
La production a aussi poussé le vice jusqu’à présenter de fausses bandes-annonces – une seule disponible pour la version française, malheureusement. Celle que nous avons vue est à hurler de rire : un clandestin mexicain est chargé d’abattre un Sénateur, se fait doubler et poursuit sa vengeance. On en regretterait presque que le film n’existe pas ! Enfin, non, ça ressemble quand même beaucoup à un nanard.

Mais tout ça pour dire que : vivement que de nouveaux films Grindhouse sortent !

Hairspray

Après avoir lamentablement échoué à aller au cinéma lundi dernier – ben oui c’était 3 jours, 3 euros et c’était blindé – Aurélie et moi avons retenté notre chance aujourd’hui. J’avais jeté mon dévolu sur Hairspray, une comédie musicale adaptée d’un spectacle de Broadway dont la bande-annonce m’avait paru prometteuse. Et je n’ai absolument pas été déçue.
L’histoire est simple mais jolie : dans les années 1960 Tracy, une jeune fille dont le physique ne cadre pas exactement avec les canons de la beauté féminine, rêve d’intégrer l’émission de danse et de chant de la télévision de Baltimore, sa ville natale. Elle y parvient à force d’efforts, mais le chemin est semé d’embûches, d’autant que Tracy se déclare en faveur de la mixité blancs-noirs et défile avec eux pour réclamer l’égalité des droits. Elle doit en outre affronter la rivalité de la stupide – et blonde – Amber, fille de la directrice de la chaîne et qui convoite le même garçon. Bien entendu, tout est bien qui finit bien, c’est une comédie musicale, pas un mélo.

Le film est un formidable concentré d’énergie et de bonne humeur, appuyé par de très bons acteurs/chanteurs/danseurs. Les chansons sont entraînantes, la musique bien rythmée, le propos pas idiot et John Travolta très convaincant en femme. Oui, vous lisez bien : John Travolta incarne Edna, la mère de l’héroïne, avec beaucoup de seins et de conviction. Mention spéciale au jeune premier, Zac Efron, qui a des yeux à damner un saint et qui danse remarquablement bien… Hum, je m’égare. Le reste du casting est à la hauteur : j’aime tout particulièrement le personnage de Jenny, interprété par Amanda Byrnes, une jeune fille “bien sous tous rapports” qui finit, comble de l’horreur, par tomber amoureuse d’un Noir. Pendant que sa mère récite le “Notre Père”.

Quoiqu’il en soit, je vous engage tous à aller voir ce film au plus vite. Si vous avez le moral un peu bas, nul doute que vous vous sentirez mieux en sortant, et si vous êtes déjà en forme, vous serez sans doute pris d’une irresistible envie de danser… Le public a même applaudi pendant le générique de fin, c’est dire !

Ratatouille !

J’ai donc réussi à aller voir le dernier Pixar dont on entend tellement parler depuis quelques semaines. Et je n’ai pas été déçue.
A moins d’habiter sur Mars, je pense que vous avez tous une vague idée de l’histoire : un rat parvient à s’introduire dans les cuisines d’un grand restaurant parisien et, en manipulant un humain maladroit, parvient à assouvir sa passion de la cuisine. Le leitmotiv de l’histoire, tout le monde peut cuisiner, est très bien illustré par les personnages.
Honnêtement, je ne vois pas de défaut à ce film : l’histoire est jolie et pas moralisante, les personnages sont attachants, l’animation superbe et très fluide, les décors et les plats très réalistes…

Qui aurait pu croire qu’il existait encore des Américains francophiles ? Au point d’aller plusieurs fois en reconnaissance à Paris, de demander l’expertise de grands chefs français (Guy Savoy, en particulier), d’insister sur la forte senteur de notre fromage et de dire que Paris est la capitale de la gastronomie ?
D’où ma morale personnelle : rien de tel qu’un bon petit plat pour se réconcilier 😉 Plus sérieusement, si vous allez voir ce film, ne faites pas la même bêtise que moi : mangez avant la séance, il est très dur de tenir devant les images appétissantes sans rien dans l’estomac. Et l’image finale de la ratatouille est… renversante : cela m’a donné des idées !

Transformeeeeeeeeers !

Hier, je suis allée voir le dernier film de Michael Bay, sur un thème cher à notre enfance : les robots géants. Si, comme moi, vous avez été jeune dans les années 80, vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène, que ce soit en dessin animé ou en figurines… Petit rappel : Transformers est un jouet dont la licence est detenue par Hasbro (crédité au générique) dont nous avons tous vu les exploits à la télé. Les gentils robots colorés se battaient contre les méchants en couleur sombre, en se transformant en toutes sortes de véhicules motorisés. Un truc de garçons, mais j’étais assez fan.

N’écoutant donc que ma nostalgie, et après avoir salivé pendant dees mois devant une bande-annonce très bien faite car ne dévoilant presque rien, je suis donc allée voir ce chef-d’oeuvre du septième art. Nan, j’plaisante.

Le film est ce qu’on en attend : un bon divertissement, un film d’action rythmé où il n’y a pas un seul temps mort, avec des effets spéciaux remarquables, quelques bonnes répliques et un scénario qui tient sur un timbre-poste. Les “autobots”, ou gentils robots, sont attachants, font des blagues et se contorsionnent pour se cacher et ne pas éveiller l’attention des parents du héros. Comme ces personnages ont appris les langues humaines sur le web, ils s’expriment dans un langage assez drôle, tel que Jazz, le spécialiste des armes qui parle comme Shwarzenegger (“Shall I terminate ?”). A noter aussi les noms marrants – Jazz, Bumblebee, Optimus Prime… – beaucoup plus inventifs que ceux des méchants – genre Starcrasher.

Et comme je ne résiste pas à la tentation :

Yipee-kai-yeah motherfucker !

Désolée pour cette entrée en matière un peu crue, mais pour ceux qui connaissent, il s’agit de la réplique culte de Bruce Willis, alias John MacClane, flic sauveur des Etats-Unis et héros de la série des Die Hard. Si je dis cela, c’est bien entendu parce que le dernier volet de la série vient de sortir. Mais à moins d’habiter sur une île déserte, vous êtes au courant.
Die Hard est une série qu’on ne voit pas vieillir, parce que chaque opus joue avec les peurs du moment : prise d’otages et catastrophes aériennes dans les années 80, terrorisme et bombes qui pètent dans les années 90, cyber-terrorisme dans les années 2000.
Le scénario de Die Hard 4 est assez simple – c’est pas un film intimiste, hein – et le dénouement final rappelle celui des 1 et 3 : c’est toujours l’argent qui motive les terroristes. Dans cet épisode, des hackers surdoués déclenchent une “firesale” (une liquidation en français), c’est-à-dire une attaque systématique contre les infrastructures d’un pays (transports, finances, armée…) au moyen de virus informatiques dans le but de paralyser le pays – en plein week-end de la fête nationale, bien entendu.
La mise en scène est dynamique, les effets spéciaux et les cascades sont impressionnants – mais en même temps on serait déçus si c’était pas le cas – Bruce Willis débite son quota de blagues débiles et de conneries. Un modèle du genre. Avec une petite innovation : après l’absence de sa femme dans le troisième volet, John MacClane doit maintenant gérer sa fille (et comme dirait le deuxième héros : “on dirait le même avec des cheveux”). Parce que oui, maintenant Bruce Willis n’a plus un poil sur le caillou. Et ça lui va bien.

A noter que les méchants sont devenus une équipe internationale : outre le leader qui est américain, on note la présence de Maggie Q (actrice hong-kongaise), de méchants italiens et français (et oui, encore nous…) dont l’acteur Cyril Raffaelli. Ce dernier s’est fait connaître en tant que cascadeur, en particulier sur Astérix et Obélix et sur Le baiser mortel du dragon (oui, je l’ai vu, et alors ?).

En résumé, un bon film du genre, que je vous invite à aller voir pendant les vacances, ça aura le mérite d’être reposant et pas trop exigeant du point de vue intellectuel.