Agrippa

J’étais pleine de bonnes résolutions, prête à écrire un article savoureux et piquant, intelligent peut-être, sur la grippe A, mais rien à faire, j’ai les neurones grippés.

Pourtant, le sujet est de saison. Chaque jour, les journaux nous inondent d’articles sur des thèmes aussi divers que “Grippe A : comment s’en protéger” “Faut-il avoir peur de la Grippe A ?” “H1N1 : et si le vaccin était nocif ?”. Tout ce qu’il faut pour entretenir une petite hystérie collective, rien de tel en temps de crise pour se changer les idées.
Pourtant, “ça” (non, pas le clown de Stephen King) se rapproche. Le fils d’une de mes collègues l’a attrapée. Un de mes amis japonais l’a eue la semaine dernière. Au bureau, des flacons de “solution hydro-alcoolique” ont fleuri un peu partout. Mais rien à faire, je n’arrive pas à en avoir peur. Bon, je pense que je ferai nettement moins la fière quand je serai clouée au lit avec 40° de fièvre et le nez qui coule, mais pour l’instant, ça me fait plutôt rigoler.

Et de conclure sur ces mots d’Agrippa d’Aubigné (et être raccord avec mon titre).
“J’aime l’hyver qui vient purger mon coeur de vices / Comme de peste l’air, la terre de serpens.”

Travaux manuels

Pour occuper les soirées quand nous ne sommes pas au cinéma, l’Anglais et moi avons remis au goût du jour les travaux manuels. Après s’être essayé à la fabrication de flèches plus ou moins bigarrées, mon cher et tendre a décidé de customiser ses vieux vêtements et de mériter définitivement son surnom. Je vous laisse juges.


Collection de flèches inspirées de la trilogie de l’Empire de Feist


“No one’s Britter than I am”


Art is Resistance

De mon côté, j’ai ressorti mon tambour et mes aiguilles et me suis lancée dans la réalisation de deux insignes pour un costume de GN du même Anglais. Ben oui, moi je n’y vais plus, et quand je travaille pour moi, je laisse traîner les choses trèèès longtemps. Je vous fais grâce du second que je trouve assez mal réalisé, mais voici le premier, d’inspiration saxonne, présentant les armes du personnage (de gueules à cygne d’argent).


Point arrière pour les contours, remplissage au point de couchure (cygne), tentative de point de Bayeux (fond rouge) et point “de brique” (brick stitch) pour le cercle blanc.

Madeleine Vionnet

Pour faire bonne mesure avec l’exposition de bijoux art déco, la reine mère et moi sommes allées voir la rétrospective Madeleine Vionnet ce matin, toujours au musée des Arts Décoratifs.

Madeleine Vionnet créa sa propre griffe en 1912, et connut un succès ininterrompu jusqu’en 1939, date de la fermeture de sa maison. Son oeuvre se caractérise par travail précis des tissus par la coupe (toujours en biais), le drapé, mais aussi par une style d’une grande simplicité et d’une grande fluidité. Emblématiques de cette période “années folles”, ses tenues semblent rendre sa liberté à la femme, notamment en l’affranchissant du corset.

Ce qui frappe en voyant ces modèles, outre leur beauté, c’est leur grande modernité. Tous les modèles seraient “portables” aujourd’hui, ils ne sembleraient ni incongrus ni dépassés. Qu’il s’agisse des merveilleuses robes du soir ou des costumes de jour, on ne serait pas surpris de les voir sur les épaules d’une “fashionista”.

Cette exposition offre aussi la possibilité de constater l’évolution de la silhouette et des goûts sur une période de 25 ans. Alors que les premiers modèles semblent un peu empruntés, nous paraissent “enrobés”, on constate que les mannequins s’ “allongent”, que leur taille s’affine, sans pour autant ressembler aux très grandes filles minces que l’on voit aujourd’hui sur les podiums. Autant dire que c’est excellent pour le moral !

Hommage

Puisque tout le monde y va de sa petite larme et de son petit commentaire, moi aussi. Michael Jackson a été mon premier contact avec la musique d’adulte (le premier dont je me souvienne en tout cas) et mon premier choc visuel (la pochette de Bad m’a fait penser pendant des années que c’était une femme…). Il reste pour moi un artiste qui m’a beaucoup accompagnée, et qui continuera de le faire, même si le personnage était plus que douteux.
J’aurais voulu vous mettre une video d’un de mes clips préférés, malheureusement l’intégration a été supprimée, donc je vous laisse le lien.

Bijoux Art Déco

Samedi était l’occasion d’emmener la Reine Mère au Musée des Arts décoratifs afin de visiter l’expo rétrospective de l’oeuvre de Jean Després et des bijoux Art déco. Pour ceux d’entre vous qui l’ignoreraient encore, la Reine Mère est une grande fan de cette période – ce dont Roxy et moi avons eu l’occasion de nous rendre compte lors de multiples brocantes et salons des antiquaires.

La période Art Déco se situe pendant l’entre-deux-guerres, de la fin des années 1920 au milieu des années 1940. Si l’image qu’on en garde est généralement incarnée par Joséphine Baker, Kiki de Montparnasse et Man Ray, il faut souligner que ce fut une période très riche pour les artistes qui célébraient la modernité et rejetaient la lourdeur du style “ancien”.

L’exposition présente donc, dans la nef du musée, une retrospective de l’oeuvre de Jean Després, joailler phare de cette époque, mais qui fut aussi dessinateur industriel – ce qui se retrouve dans certaines de ses collections. Il se démarque par l’emploi de matière “brutes” ou moins onéreuses, comme les pierres fines (améthyste, citrine…), des bijoux aux formes géométriques très construites et un rappel constant de la modernité.
Si nous avons été ravies par la première partie de l’oeuvre de Jean Després, nous avons moins apprécié son travail d’après-guerre, qui nous a semblé massif. En revanche, la mise en parallèle des créations et de leurs dessins préparatoires ou de photos de mannequins d’époque est particulièrement bien trouvée.

Dans les salles du côté de la nef, sont présentés les bijoux élaborés par d’autres joaillers de la période. A partir de ce moment-là, je n’ai plus réussi à “tenir” la Reine Mère, qui allait de ravissement en ravissement et de vitrine en vitrine. Elle a néanmoins souligné sa déception quand elle a découvert que le billet d’entrée de comprenait pas bijou cadeau…
Plus sérieusement, les bijoux présentés dans ces salles sont magnifiques, toujours mis en relief par un bon éclairage, des dessins préparatoires (de magnifiques gouaches la plupart du temps) et des photos d’époque où l’on voit des égéries couvertes de bijoux.

Je ne saurais décrire par le menu tout ce que l’on peut découvrir, mais je vous encourage à aller voir cette exposition, tant pour la beauté des oeuvres présentées que pour celle du lieu d’exposition.

Faire-part, suite

Suite au plébiscite rencontré par ma suggestion, et à l’accord des deux partis, je vous livre donc la photo du mariage de Matou et Très Belle Maman. Avec à peine trois semaines de retard, j’en conviens.


“Je tenais à remercier mon producteur…”

Voilà vous savez tout ! Oui, la photo est un peu floue mais elle a été prise dans de mauvaises conditions lumineuses. Je précise au passage à toutes fins utiles que j’attends toujours les 300 photos de la soirée…

Tag idiot

Je ne manque pas d’inspiration (pour une fois), mais juste de temps… Un tag entre deux portes trouvé chez Flashmarion en attendant de nouvelles et folles aventures !

Qu’est-ce qui t’obsède ?

Plein de choses, mais je me soigne. On pourrait dire que mon obsession la plus récurrente a la forme d’un divan et d’un vieux barbu à lunettes.


Quelle est ton obsession la plus étrange ?

Traverser tout Paris en costume médiéval juste pour le plaisir d’aller danser ?

Que mangeras-tu ce soir ?

Papillotes de saumon aux courgettes jaunes (oui, l’Anglais lit ce blog).

Quelle est la dernière chose que tu as achetée ?

Le livre de chasse de Gaston Fébus. Ca va avec mes obsessions du moment.

Qu’écoutes-tu pour l’instant ?

Le ronronnement de la photocopieuse enfin en paix, et Tinouchka qui fait des résas.

Quelle est ta glace préférée ?

Le Magnum Ecuador Dark. On ne se refait pas.

Que penses-tu de la personne qui t’a taguée ?

Comme c’est pas un vrai tag, est-ce que je peux parler d’elle ? Allez, on va dire que je la trouve belle avec ses boucles d’or et que je l’attends de pied ferme pour aller jouer les Princesses Raiponce cet été.

Ton must have pour l’été ?

De l’écran total SPF 50.

Si tu pouvais aller n’importe où dans le monde dans l’heure qui vient, où irais-tu ?

A votre avis ?

*Joker*

Quelle langue voudrais-tu apprendre ?

Le japonais classique. L’hébreu. Le suédois. Que des choses utiles, en somme.

Quelle est ta citation préférée ?

« C’est pas faux. »

Oui, je sais, elle est facile.

Qui voudrais-tu rencontrer ?

Pénélope Jolicoeur !

Quelle est ta pièce préférée dans ton armoire ?

Mon dressing. Ahaha.

Sinon, j’hésite… Sans doute ma longue robe en lin blanc à froufrous. So shôjo girl.

Quelle est ta couleur préférée ?

Le bleu, pour faire original.

Le métier de tes rêves ?

Je cherche toujours ! Si vous avez des conseils…

Ton mannequin préféré ?

Tinouchka. C’est facile, c’est le seul mannequin qui m’offre du coca light et des éclairs au chocolat.

Si tu avais 100$ à dépenser tout de suite, qu’achèterais-tu ?

Un nouveau portable, peut-être.

Ton styliste préféré ?

Là, ça se complique… J’aime beaucoup le travail de Christian Lacroix, on va dire.

Mais en général, le mien s’appelle H&M.

Que considères-tu comme un fashion faux-pas ?

Vouloir être fashion même quand c’est clairement incompatible avec sa personnalité/sa morphologie/ses principes.

De qui ou de quoi t’inspires-tu pour t’habiller ?

Des magazines, de la météo et en général de ce qui me tombe sous la main.

Décris ton style personnel

Classique avec des dérapages.


Que vas-tu faire après ça ?

Finir mon coca et me remettre au boulot (quand même).

Que voudrais-tu voir revenir à la mode ?

Les robes de princesse que tu peux pas marcher/courir/t’asseoir avec, les corsets que tu peux pas respirer/manger avec, les chignons hyper travaillés que tu peux pas sourire avec.

Quelle période t’inspire le plus dans la mode ?

Vous en avez de ces questions…

Quand tu t’habilles, par quoi commences-tu ?

Par m’exclamer : « Ah, c’est horrible, je n’ai rien à me mettre ! » (avec des variantes).

Quelle est la pièce que tu ne porteras jamais ?

La mini jupe. Faut pas déconner, je n’ai ni le physique ni l’âge pour ce genre de choses.

Y a-t-il des pièces qui te plaisent mais que tu n’oserais pas porter ?

Hmmm… Les robes de tapis rouge pour aller faire mes courses, je dirais.

Les talons très hauts, parce que ça fait très mal.

Kandinsky

Mardi soir, Roxy m’a emmenée avec elle à l’exposition Kandinsky qui se déroule actuellement au Centre Georges Pompidou. Par la grâce d’un stage et d’une soirée mécénat, nous avons donc pu visiter le musée en soirée, et profiter d’une visite guidée et de délicieux petits fours.

L’exposition est présentée d’un point de vue chronologique, ce qui ne me semble pas être la règle à Beaubourg, mais qui s’explique très bien dans le cas de cet artiste. Ce dernier, en effet, a beaucoup voyagé et vécu à l’étranger (Allemagne, Pays-Bas, Suède, France…), et chaque séjour a influencé différemment son travail. De ses oeuvres “de jeunesse” (toute relative, car il commence sa carrière à 30 ans révolus), fortement influencée par le poitillisme et l’impressionnisme, on évolue vers une recherche plus abstraite, où l’on retrouve l’influence de Picasso, et enfin ses grandes Composition ou Variation, qui sont sans doute ses oeuvres les plus connues.

J’ai également appris que Kandinsky avait écrit pour défendre ses théories sur l’art et sur la place de l’artiste dans la société, et qu’il avait également été professeur au Bauhaus.
L’exposition était très intéressante, et j’ai vraiment accroché à l’oeuvre de cet artiste que je connaissais mal, en particulier à son traitement de la couleur. Le souci est surtout que nous avons parcouru les salles au pas de charge (50mn pour parcourir l’expo), avec beaucoup de monde et un guide qui avait des problèmes de voix.

Faire-part

Bon, j’ai plein de choses à raconter, et en même temps c’est difficile : allez raconter un week-end où se bousculent des évènements aussi divers qu’une lutte avec un corset, un mariage et une animation médiévale.

Car mariage il y avait : Très Belle-Maman et Matou ont sauté le pas samedi, avec le soleil. Toutes mes félicitations aux jeunes mariés !

Bien entendu, je ne manquerai pas de vous informer de la suite de l’actualité familiale.

@Newlyweds : j’aimerais bien mettre une photo de vous, est-ce possible ?

Flashtag

En attendant la chronique de mon anniversaire à répétition, et comme cela fait 15 jours que j’ai été taggée, voici un petit questionnaire (ardu, quand même). Soyez indulgents, la culture et moi, ça reste une histoire d’amour très classique…

Quels artistes restent trop méconnus ?

Les anonymes. Tous ces artistes dont le métier était, à une époque, de créer de la beauté et non d’en tirer une gloire personnelle (les artistes de l’Antiquité et du Moyen-âge essentiellement). Même si certains sont connus, que sait-on vraiment d’eux et de leurs œuvres ?

Quelles œuvres obscures méritent le qualificatif de chefs d’oeuvre ?

J’ai bien envie de répondre La porte de l’enfer, film japonais de 1957 qui fut primé à Cannes. C’est pas très connu, mais sans doute un des plus beaux films que j’aie vu.

Quel artiste globalement médiocre aimez-vous quand même pour une création sublime ?

Marc Lévi pour Un conte d’auteurs, très courte nouvelle co-écrite avec Sophie Fontanel pour un supplément estival du ELLE. C’était très divertissant. Mais bon, ça reste du Marc Lévi.

Quand un chef d’oeuvre inconnu devient connu, continuez vous de le vénérer de la même façon ?

Bonne question. En général, je ne connais que les chefs-d’œuvre déjà acclamés et encensés. Je peux même les vénérer, mais je ne suis pas “découvreuse”. Si jamais cela m’arrive, je vous le dirai.

Sinon, quand j’aime un truc 6 mois avant tout le monde (que ce soit “culturel” ou pas), ça m’énerve toujours un peu que les gens trouvent ça génial après. Mais c’est parce que je ne suis pas prêteuse.

Internet favorise-t-il ou amoindrit-il votre quête de trésor caché ?

J’adore Internet. Que ferais-je sans Google pour mes multiples recherches iconographiques ?

Quels artistes récemment réévalués n’auraient jamais dû l’être ?

Gérald de Palmas. Pour moi, ce type n’a jamais écrit qu’une seule chanson qu’il nous ressort régulièrement sur les ondes. Ca me fait vomir par les oreilles (si, si, c’est possible).

Il paraît que je dois passer le flambeau…

Je dirais bien à Imihel de s’y mettre mais j’ai peur que cela reste lettre morte… En attendant, est-ce que mèredefamilleheureuse pourrait répondre ? Et peut-être Dame Thalie (allez, un effort) ?