Emménagement

Quand vous lirez ces lignes, l’Anglais et moi serons en train de déménager ! Après deux mois passés dans ma petite chambre d’étudiante, la cohabitation devenait parfois difficile, surtout dans 17m². Nous avons jeté notre dévolu sur un joli deux pièces à 25 mètres de mon ancien appart, ce qui a le mérite de faciliter les choses.
La chambre, le salon et la cuisine sont éclairés par de grandes baies vitrées qui donnent sur le balcon. Il faut également noter la grande salle de bains équipée d’une baignoire, un dressing – enfin, il n’y aura plus de fringues par terre – et une cave.
Pour couronner le tout, nous bénéficions d’un jardin collectif et d’un calme étonnant compte tenu de la situation de l’immeuble.
Vous aurez sans doute des nouvelles rapidement, même si internet ne sera pas rétabli avant deux semaines, et surtout si je survis à la montagne de paperasseries à écluser : après l’assurance, EDF, France Telecom, la banque et le travail, il me reste – seulement – à contacter Neuf Telecom, SFR, le service des élections, les impôts et la poste.

DDR Revival

Dimanche, Junta et moi nous sommes enfin retrouvés pour une partie de DDR, programmée depuis des mois. DDR, ou Dance Dance Revolution est, comme certains le savent, un jeu dont le principe consiste à frapper du pied les flèches de la plate-forme, au rythme de la musique (hystérique, reconnaissons-le) et des figures imposées par le logiciel. Dit comme cela, ça peut paraître bizarre, mais en fait c’est marrant.
Tellement, que Junta et moi sommes des adeptes de ce jeu depuis plus de six ans – et oui, le temps passe vite – et que nous pouvons nous défendre sans trop de problème sur une borne, parfois même réaliser une figure ou deux quand on connaît bien la chanson.

Sauf que, les vacances scolaires et la journée maussade aidant, la salle d’arcade était bondée et la borne DDR encerclée de joueurs portant tous le même t-shirt. Prudence ! Il s’agit d’une team, un groupe de joueurs qui participent aux concours nationaux et internationaux. Junta et moi échangeons un regard résigné, avant de déposer le jeton qui nous donnera droit à jouer dans environ 20 minutes (le système de priorités et premier arrivé, premier servi est bien fait, faut pas croire).
C’est alors qu’un gentil membre de la team nous accoste pour nous annoncer que comme ils font un concours, on peut jouer tout de suite, ça permettra aux joueurs suivants de se préparer. Hahaha. Jouer devant un groupe de quasi-pro, c’est un peu la honte, quoi. C’est comme faire trois figures et demie en patin à glace devant Surya Bonali : on se sent con. Mais bon, on est là, on y reste et la partie démarre…
Soyons francs, on ne s’en est pas trop mal sortis, surtout après plus de six mois d’interruption. Seul subsiste un sentiment de malaise et, surtout, l’impression d’avoir sacrément vieilli : tous les joueurs autour de nous ont moins de 20 ans, et une partie nous achève. Sic transit gloria mundi, hein.

Back to reality

Après un week-end de Pâques à Londres sous un temps pour le moins hivernal (neige, grêle, vent et grésil), nous avons décidé de rejoindre le Sud, plus particulièrement la région d’Uzès où la famille de l’Anglais a une maison, afin de nous refaire une santé. Courte escale à Orléans, descente via le Massif Central et – clou du spectacle – le viaduc de Millau, et nous y sommes.
Au programme : du repos et des visites. Même si je connais bien la région – petit rappel : j’y ai vécu quelques années il y a fort longtemps – je n’avais jamais visité Uzès, par exemple. C’est heureusement chose faite à présent : j’ai découvert une jolie ville aux constructions médiévales et classiques. En pleine terre huguenote, j’ai été un peu surprise de découvrir une église du XVIIème siècle, avant d’apprendre qu’elle avait été reconstruite sur ordre du roi, et non à cause d’une volonté locale. La ville est agréable à vivre, ensoleillée, calme… Nous avons aussi eu l’occasion d’y faire le marché, et il est indéniable que la vie y coûte moins cher.
Le soir, rendez-vous est pris avec les Diabolistes (comprenne le pseudo qui pourra) à Nîmes, du côté de la Maison Carrée qui, étant en rénovation, est presque entièrement dissimulée sous les bâches. L’exploration de la vieille ville se poursuit à la lueur des lampadaires jusqu’à un… pub irlandais ! D’aucuns sont déjà en manque de bière après quelques jours au Royaume-Uni. Mais l’endroit fait un peu triste figure : pas de cidre pour moi, mis à part le sempiternel Strongbow, pas de bière marrante non plus.
Le jour suivant, visite d’Aigues-Mortes, la bien nommée : autrefois port fondé par Saint Louis pour partir en croisade, la ville est désormais abandonnée au milieu des marais de Camargue. Toute petite – il n’y a sans doute pas beaucoup de différence avec l’époque médiévale – la cité est néanmoins fort belle, avec de magnifiques remparts et l’église Notre-Dame-des-Sablons où Saint Louis et ses chevaliers reçurent la croix. Renseignements pris, il existe une fête “médiévale” l’été, où nous irons peut-être faire un tour à l’occasion. Nous rejoignons les Diabolistes par une petite route qui traverse les marais, nous permettant de découvrir de magnifiques paysages et de compter le nombre de ragondins écrasés sur le bas-côté (c’est un des sports locaux, avec le tuning et la conduite étrange).
Le week-end est plus calme, consacré à faire le marché, prendre des coups de soleil, faire la sieste, lire des trucs idiots, regarder des DVD… A notre tour de recevoir Lilith et Belzébuth, pour un barbecue sous la pluie et un visionnage d’Alien.

Bien entendu, je ne peux pas finir cette carte postale sans vous parler du musée du bonbon Haribo et, surtout, de sa boutique. Imaginez une supérette remplie exclusivement de bonbons – fraises, bananes, bouteilles de cola, schtroumphs ou encore oursons à la guimauve – conditionnés en sacs de 1 à 2kg ! Le rêve.
Le mot de la fin, juste pour dire que le retour s’est bien passé et que, mine de rien : “C’est bon d’être à la maison.”

Saint Patrick’s day

Hier c’était donc la Saint Patrick, et pour une fois je suis allée la célébrer. Pour la petite histoire, Saint Patrick fut l’évangélisateur de l’Irlande au début du Vème siècle, et expliqua le concept de Trinité à l’aide d’un trèfle à trois feuilles. Célébrer la Saint Patrick, de nos jours, signifie boire force bière en portant des chapeaux plus ou moins ridicule et en arborant la couleur verte symbole de l’Irlande.

Sur l’invation d’Ook, nous nous sommes retrouvés dans un pub du quartier latin, à une bonne vingtaine de personnes réparties entre les différentes tablées. Entre deux bières et deux chansons, deux concours débiles et deux lancers de “goodies” estampillées Saint Patrick, j’ai essayé de tenir une conversation sensée avec la soeur de l’Anglais et son cher et tendre, ce qui ne fut pas une mince affaire. Dans l’ambiance bon enfant et quelque peu bruyante, nous avons également croisé nombre de têtes connues, la plupart issues de nos soirées médiévales où l’ambiance n’est guère différente.

Ce fut donc une bonne soirée, assez arrosée et très joyeuse, ce qui est bien agréable un lundi soir. Je regrette de ne pas avoir pu pratiquer une danse de l’ours, mais qu’à cela ne tienne, ce sera le cas lors de ma prochaine taverne. J’ai également eut la joie de recevoir une magnifique cravate à élastique d’un beau vert sombre, que je ne manquerai pas de ressortir lors d’une soirée costumée…

Californication

Une fois n’est pas coutume, je vais parler télévision – pas pour raconter mes états d’âme sur la dernière saison de la Nouvelle Star – et même parler série télé. Il s’agit en l’occurrence de Californication, diffusée le vendredi soir en deuxième partie de soirée.
La série raconte l’histoire de Hank, écrivain doué mais victime d’une crise de la page blanche, installé à Los Angeles. Il doit en outre affronter le remariage de son ex-compagne dont il est toujours amoureux, la crise d’adolescence de sa fille, gothique de 12 ans, et les avances de la belle-soeur de cette dernière, âgée de 16 ans. Pour calmer ses angoisses, Hank passe son temps à draguer et mettre dans son lit tout ce qui porte jupon.
Présentée comme une réponse masculine à Sex and the City, Californication tient ses promesses. La série explore la sexualité et les rapports entre hommes et femmes du point de vue masculin, avec beaucoup d’humour et de dérision, tout en mettant en lumière la vie d’une certaine population de Los Angeles, qui vit de la célébrité des autres. Les épisodes alternent gags, répliques bien senties et scènes de la vie quotidienne du héros, le tout très bien dosé.

Carnet du jour

Juste une petite annonce en passant : depuis hier matin, l’Anglais est tonton d’une petite Amel. La mère et l’enfant se portent bien, félicitations, tout ça.
Oui, il m’arrive aussi de raconter la vie des autres.

Soutine à la Pinacothèque de Paris

Avant toute chose, je précise que c’est la troisième fois que je recommence cet article, donc s’il vous paraît sans queue ni tête, c’est normal.
Hier, j’ai traîné Tomo (pauvre de lui) à l’exposition Soutine qui se tient en ce moment à la Pinacothèque de Paris. Soutine (1893-1943) est né dans l’actuelle Biélorussie dans une famille juive orthodoxe et, après avoir un peu travaillé comme assistant d’un photographe, a décidé de suivre une carrière de peintre. Ami d’autres peintres russes, installés à Paris pour y étudier, il les a rejoints et s’est installé à La Ruche, dans le quinzième arrondissement, pour y travailler. Après des débuts difficiles, où il est tout de même remarqué par l’acheteur de Modigliani, Soutine asseoit peu à peu sa notoriété, et ce jusque dans les années 1930, où il devient un artiste “installé” et reconnu, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

L’art de Soutine est caractérisé par une tendance à déformer ce qu’il voit, à “plaquer”, avec beaucoup de violence parfois, la couleur en de nombreuses touches pour tenter d’exprimer toutes les nuances de la vérité. Cette caractéristique est la plus visible au cours des années qu’il passe dans le Sud de la France, vers Céret et Cagnes. Les oeuvres qu’il crée à cette époque sont reconnaissable à leur aspect torturé, fait de courbures et d’épaisseurs de peinture, comme ici pour Les grands arbres bleus. Après son retour à Paris, cette dimension s’atténuera sans pour autant disparaître totalement, ce qui est particulièrement criant dans les portraits qu’il a produits, tous empreints de burlesque ou de bouffonnerie grave.

L’artiste s’est également inspiré des classiques, en particulier de Rembrandt, dont il a utilisé à plusieurs reprises le thème du Boeuf écorché. Le rendu est saisissant de réalisme, montrant bien à quel point Soutine maîtrisait l’utilisation des couleurs.
Il est impossible d’évoquer cette oeuvre sans parler de l’accueil critique qu’elle reçut : Soutine eut en effet à affronter les critiques antisémites, qui parlaient d’art juif ou judaïque, alors même que celui-ci n’a jamais fait la moindre allusion à ses appartenances religieuses dans sa vie ou dans son oeuvre. Ces critiques ont disparu au fur et à mesure qu’il était reconnu, mais soulignent bien certains traits de l’inconscient français pendant l’entre-deux-guerres.
L’oeuvre de Soutine toute entière est un questionnement sur le sens de la vie, l’exil, la position du peintre. Sans aller jusque-là, l’exposition est agréable à voir, car courte et bien documentée.

Micky Green

Allez, comme je n’ai pas trop d’idée en ce moment, je vais vous parler d’une chanteuse que j’apprécie beaucoup, Micky Green. Micky Green est née en Australie, pays qu’elle a quitté pour faire du manequinat, et vit désormais à Paris. Passionnée de musique en tous genre, des Beatles à Bob Marley en passant par Snoop Dog (personne n’est parfait), elle a composé son premier album White tee-shirt, sorti en août dernier, entre deux avions et deux défilés.
La musique est légère, les paroles simples, mais tout cela forme un ensemble rafraîchissant et agréable, dans la lignée de Feist, ou en parallèle avec Kate Nash. Micky Green sera en concert à Paris en avril prochain. Des amateurs ?

La quête du Graal (ou peu s’en faut)

Hier, ma mère et moi étions parties en quête de mon cadeau de Noël : une paire de chaussures. Après avoir raté plusieurs week-ends pour des prétextes aussi variés que l’affluence des soldes, les visites à Londres et en Bretagne ou la présence de l’Anglais sur le territoire, nous avions réussi à nous retrouver pour partir en courses.
Direction les grands magasins, donc, avec une requête assez simple : des chaussures noires à talon, pour avoir quelque chose à porter avec mes tailleurs. Facile, me direz-vous. Sauf que. Après deux heures de recherches à écumer les Galeries Lafayette, le Printemps, Zara et Mango, nous nous replions pour une pause déjeuner bien méritée, aussi bredouilles qu’à notre arrivée. Les seuls modèles intéressants sont en rupture dans ma taille ou dans la couleur désirée.
Après le déjeuner, nous repartons vers le quinzième arrondissement où un magasin pourrait peut-être receler les chaussures de mes rêves : peine perdue, il n’y a rien. Nous parcourons encore quelques boutiques et trouvons une jolie paire, quoique hors de propos, car de talons point. Mais l’honneur est sauf : j’ai mes chaussures (et des ampoules aux pieds).

Cette journée m’aura en outre permis de découvrir une merveille de la gastronomie espagnole et – oserais-je le dire ? – mondiale : le jambon bellota. Trois “crus” différents, dégustés avec du pain frais, une purée de pommes de terre à l’huile d’olive et un bon verre de vin rouge… Le bonheur ! 

Joyeux zanniversai-reuh

Allez, juste un petit mot à notre Imihel chérie pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, et une bonne entrée dans sa vingt-septième année (et oui, déjà 26 ans !). Le pire c’est que tout cela fait réfléchir : en septembre, nous fêterons nos dix ans d’amitié. Mon Dieu ! Dix ans que les deux nullardes pseudo-asthmatiques se sont croisées dans un cours de sport improbable, et ont pactisé sur un thème qui leur était cher : la fantasy !