Moderne sans être occidental – Aux origines du Japon d’aujourd’hui

On a longtemps cru que la modernité était la forme particulière prise par le développement historique de nos sociétés. Dans le cas du Japon, on pensait que, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, il s’inspirait de la civilisation occidentale pour industrialiser le pays. Selon Pierre- François Souyri, l’histoire récente montre au contraire que la modernité telle que nous la concevions n’était que l’aspect particulier d’un phénomène mondial. Au Japon, la modernité a éclos sur le terreau de la pensée japonaise et chinoise au moins autant que sur des références venues d’Occident. Par ses remplois d’idéologies du passé, la modernisation japonaise oblige à relativiser le statut exemplaire de l’expérience occidentale. Cette modernisation a de fait fonctionné autant comme anti-occidentalisation que comme occidentalisation. Et, aussi bien, son rythme et les questionnements qu’elle suscite ont été identiques à ceux de l’Occident.


Pierre-François Souyri a été mon professeur il y a une douzaine d’années, et je gardais de lui le souvenir d’un regard très lucide sur le Japon contemporain. Il avait théorisé devant moi sa certitude que le Japon serait “sauvé par les femmes”, je suis encore aujourd’hui convaincue qu’il avait raison.
Quand j’ai découvert cet ouvrage sur la modernisation du Japon de la fin du shôgunat à la seconde guerre mondiale, je me suis jetée dessus. Mais c’était l’an dernier et, après avoir dévoré la copieuse introduction, nous avons découvert les punaises de lit dans la maison et je n’ai plus du tout eu la tête à lire un truc aussi sérieux. C’est donc avec plaisir – et courage – que je l’ai ressorti cet été dans l’idée d’en venir à bout avant la naissance du Paprika.

C’est un ouvrage historiographique remarquable, qui balaie très largement la pensée politique du Japon et la façon dont celle-ci s’est construite, sous une double influence sino-japonaise (l’héritage des lettrés, car n’oublions pas que la formation intellectuelle était essentiellement chinoise à l’époque) et occidentale, qu’elle soit voulue (le voyage du gouvernement japonais en Occident) ou subie (l’ouverture forcée au monde).
Souyri démonte consciencieusement le mythe d’un Japon qui se serait modernisé et occidentalisé en bloc, sous l’effet d’une volonté commune au peuple et à ses dirigeants parce que chacun aurait vu l’intérêt du pays à entrer de plain-pied dans le 20ème siècle. Au contraire, il souligne les lignes de faille, les affrontements, les bouillonnements politiques et sociaux aujourd’hui oubliés ou méconnus. J’y ai trouvé des échos à son cours (notamment la question des droits des femmes défendue par le groupe “les bas-bleus”), mais j’ai surtout absorbé et découvert une somme incroyable de choses sur une époque que je me targuais de connaître mieux que la moyenne.
La conclusion de Pierre-François Souyri est qu’il n’y a pas une seule origine à la modernisation du Japon, et permet d’aborder la question d’une façon moins “Occident-centrée” qu’à l’habitude.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cet ouvrage, au point de me remettre à rêver en japonais, ce qui ne m’était pas arrivé depuis une bonne dizaine d’années et ma rupture avec le Japonais (le prédécesseur de l’Anglais, comme vous l’aurez deviné). Néanmoins, c’est un ouvrage historiographique ardu, qui nécessite, à mon sens, un minimum de connaissances en histoire du Japon et, éventuellement, en langue japonaise (tout est traduit, mais maîtriser un peu la langue améliore la fluidité de lecture). Je le recommande à tous ceux que le Japon passionne, et qui souhaiteraient creuser au-delà des clichés colportés par le pays lui-même sur sa genèse moderne. C’est en outre un excellent moyen de comprendre les ressorts du Japon contemporain car il dessine les courants qui alimentent encore, près d’un siècle et demi après l’ouverture du pays au monde, la réflexion politique et sociale.

Moderne sans être occidental, Aux origines du Japon d’aujourd’hui, Pierre-François Souyri, Bibliothèque des Histoires, NRF Gallimard

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Un sukiyaki chez Takara

Depuis quelques années, l’Anglais a pour tradition de m’emmener dîner dans un bon restaurant pour mon anniversaire. Il y a deux ans, il avait prévu de m’emmener au Takara mais a dû trouver une solution de rechange en catastrophe (Kei, ne nous plaignons pas !) car ils avaient un problème de dégât des eaux.
Cette année, c’est la bonne, on y est allés  ! Vous me direz : pourquoi tant d’acharnement à vouloir manger dans (encore) un restaurant japonais du quartier de l’Opéra ? Parce que celui-ci, outre d’avoir la réputation d’être le plus ancien établissement de cuisine nippone à Paris, propose… du sukiyaki et du shabu-shabu.

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Quésaco ? Il s’agit dans les deux cas d’une fondue de boeuf (vaguement sur le principe de la fondue bourguignonne). Le sukiyaki fait revenir les différents éléments (légumes, nouilles, tofu) dans un peu de graisse avant de faire mijoter le tout dans un bouillon à base de shôyu, puis d’ajouter les tranches de viande. On mange ensuite chaque élément trempé dans de l’oeuf battu cru. Souvent, c’est le plat japonais préféré des Occidentaux.
Le shabu-shabu, quant à lui, fait cuire les ingrédients dans un bouillon clair (ou de l’eau, je ne sais plus) et ceux-ci sont ensuite accommodés de ponzu, une sauce acide au yuzu. J’avoue, ce n’est pas ce que je préfère, alors j’ai pu me tromper.

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Le restaurant est beau, orné d’estampes et de washi, avec une décoration en bois sombre qui évoque à merveille le Japon traditionnel. C’est bien simple : on se croirait là-bas. Petit bonus : une grosse peluche de Totoro gardait l’une des tables juste derrière nous, c’était plutôt mignon.

Nous avons jeté notre dévolu sur un menu sukiyaki (pour des raisons pratiques, les fondues ne peuvent pas être commandées à moins de deux personnes) car c’était un peu le but de notre visite. Il comprenait deux hors d’oeuvres, une petite assiette de sashimi, le sukiyaki et un dessert.
Les hors d’œuvres étaient bons et en quantités raisonnables. Une salade d’algues hijiki au chikuwa (pâté de poisson), dont j’ai d’habitude horreur mais qui est passé tout seul cette fois-ci ; et un émietté de soja avec des petits légumes. Les sashimi (poulpe, saumon, thon rouge, maquereau) étaient frais et fondants. A la rigueur, le thon était moins intéressant que le reste, mais c’était délicieux.

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La fondue était à tomber par terre. La simple odeur des légumes qui mijotaient nous a renvoyés au Japon et à notre précédent repas de sukiyaki, à Hiroshima, il y a bientôt trois ans. Tout était goûteux, beau et bon. La jeune femme qui nous a servis maniait ses baguettes avec une élégance et un doigté que j’ai rarement vus, même sur place.
Le plat nous a été servi en quatre ou cinq fois, le personnel venant régulièrement remettre des ingrédients à cuire et nous préparer nos bols. Un délice pour les yeux et pour les papilles ! C’était fort copieux et, si le dessert n’avait pas été inclus dans le menu, jamais nous n’en aurions commandé.

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Monsieur a choisi une crème brûlée au thé vert, très bonne mais un peu trop sucrée à mon goût après ce repas, tandis que j’ai opté pour un daifuku de saison. Le daifuku, c’est de la pâte de haricots rouges enveloppée dans un mochi (une espèce de pâte préparée à base de riz gluant : ça colle aux dents mais c’est super bon). Le goût de saison était, je pense, à l’aojisô (shisô vert) et le parfum était à la fois subtil, piquant et rafraîchissant, idéal en fin de repas.

photo 3 (30)Un mot encore des boissons : nous avons arrosé le dîner d’un très bon saké, et la carte du restaurant est bien fournie, que ce soit au verre ou à la bouteille (on peut même commander un peu de saké chaud). Il est également possible de commander du thé, et pas seulement du thé vert sencha ou du thé au jasmin : j’ai jeté mon dévolu sur un hôjicha, mais il y avait aussi du genmaicha.
Enfin, si vous n’êtes pas branchés viande, il est tout à fait possible de commander des sushi ou sashimi, des hors d’oeuvres, de la tempura, des nouilles…

Voilà. Comme vous vous en doutez, non seulement j’ai passé une délicieuse soirée à tous les égards, mais en plus je recommande chaleureusement l’adresse. Attention, ce n’est pas hors de prix, mais ça vous coûtera plus cher qu’un menu râmen et gyôza à quelques rues de là.

Takara, 14 rue Molière, 75001 Paris

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Au cœur de Fukushima

Fukushima1Depuis l’accident de Tchernobyl, la destruction d’une partie de la centrale de Fukushima est la plus terrible catastrophe nucléaire civile qui ait frappée la planète. Suite à cet événement, un auteur de manga s’est fait engager anonymement comme ouvrier pour travailler dans la centrale afin de raconter le quotidien de cette usine et de ses réacteurs endommagés.


Voilà un manga qui me fait de l’œil depuis un moment, ce qui n’est pas peu dire vu que j’ai quasiment arrêté d’en lire il y a quelques années. Je pense que le fait qu’il s’agisse d’un récit “réel” y est pour beaucoup.
C’est une oeuvre très intéressante. Même si, graphiquement, je l’ai trouvée un peu inégale – le design des personnages rappelle beaucoup le trait des mangas “à l’ancienne” de mon enfance, il me semble, alors que les décors sont très soignés – j’ai adoré la narration. Divisé en bref chapitres qui peuvent se lire indépendamment, ce tome nous plonge dans le quotidien des travailleurs de la centrale. Qu’il s’agisse des techniciens chargés de démonter les lieux, des employés des salles de pause ou des agents chargés de la sécurité, chacun a une tâche bien particulière.
Il n’est pas question, dans ce livre, de faire un exposé technique sur ce qu’est une centrale nucléaire, l’irradiation, les risques pour la santé, etc. Il s’agit vraiment d’une restitution au plus près de la vie de ces anonymes qui œuvrent en sous-main (voire en sous-sous-main) dans ce no man’s land. Mais justement, cette perspective différente donne une autre dimension à la catastrophe.

J’ignore combien de tomes la série comportera mais, une chose est sûre, je lirai volontiers la suite !

Au cœur de Fukushima – Journal d’un travailleur de la centrale 1F, TATSUTA Kazuto, Kana

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Tonkatsu tombo

Voilà une adresse que nous voulions tester depuis longtemps – au moins un an – mais sans jamais trouver l’occasion. Ce fut chose faite il y a dix jours, lorsque nous avons pu passer un week-end en amoureux.
Tonkatsu tombo est un restaurant qui, répondant à l’habitude japonaise de “spécialisation”, propose uniquement des plats panés, en particulier le fameux tonkatsu, le filet de porc pané. C’est un plat qui peut être délicieux quand il est bien préparé, mais gras et lourd dès lors que la panure n’est pas “fraîche” ou bien exécutée.

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Nous avons choisi un menu dégustation pour deux, arrosé d’une bière pour Monsieur et d’un hôjicha pour moi. En guise d’entrée, on nous a apporté une mini soupe claire agrémentée de petites udon (nouilles de blé) et de paillettes de tempura, ainsi que des petites têtes de brocoli à la sauce de sésame. C’est très bon et suffisamment léger pour qu’il reste de la place pour plus tard.
Vient ensuite l’assiette proprement dite : une escalope de poulet, deux crevettes, deux “croquettes” (à base de purée de pommes de terre) et, last but not least, l’escalope de porc. Le tout pané, bien entendu, et agrémenté d’une (très) bonne salade de pomme de terre à la japonaise. La panure est croustillante, légère et bien chaude – préparée à la commande, donc. Tout est savoureux, même si nous avons tous deux reconnu que le poulet pané était le moins intéressant de tous.

Porc, crevettes, croquettes, poulet

Porc, crevettes, croquettes, poulet

Bonus : la formule comprenait un dessert au choix. Je me suis permis un dorayaki – la faute au film de Kawase Naomi – et l’Anglais un daifuku au sésame noir.
Au final, en se faisant plaisir (le menu dégustation est plus cher la moyenne), et avec les boissons, nous en avons eu pour 46€ à deux, et nous sommes sortis bien calés. On s’est régalés, et on y retournera, cette fois-ci avec mademoiselle.

Tonkatsu tombo, 14 rue de l’Arrivée 75015 Paris

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Ekiben à la Gare de Lyon

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Tous ceux qui ont un jour visité le Japon ont dû s’arrêter dans une boutique Ekiben : cette enseigne est en effet spécialisée dans la vente de bentô dans les gares (eki), et la tradition veut qu’un voyage en Shinkansen (le TGV japonais) s’accompagne d’un de ces délicieux plateaux-repas. Du coup, lorsque j’ai appris qu’une boutique éphémère ouvrirait Gare de Lyon en décembre dernier, j’étais déterminée à m’y rendre. Et puis, avec les attentats, cela m’est totalement sorti de l’esprit. Jusqu’à ce matin, où un de mes contacts Facebook a relayé la bonne nouvelle : le comptoir Ekiben a rouvert pour deux mois, toujours Gare de Lyon. Ni une, ni deux, j’ai envoyé l’Anglais aux commissions, et il nous a rapporté de quoi déjeuner…
(Toutes les photos sont donc de lui)

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ekiben3La petite boutique est installée dans le Hall 2 et, muni de ces maigres informations, Monsieur a apparemment trouvé sans problème. Le service est très japonais : discret, poli, efficace. Cinq bentôs sont proposés : onigiri, maki, Paris-Lyon, Omotenashi et Makuno-uchi. J’avais demandé à tester l’un des deux derniers, et nous avons donc… essayé les deux !

Dès l’extérieur, les boîtes sont belles, avec un joli papier à motifs traditionnels donnant le nom du bentô. Sur le verso, on a même droit au détail du contenu, voire à l’explication du nom (“makuno-uchi” c’est le bentô qu’on mange entre deux actes au kabuki).

A l’intérieur, c’est un régal pour les yeux : de petits compartiments, chacun rempli d’aliments différents, colorés, mêlant viande, poisson, crustacé, légumes, riz, cru, cuit, frit, bouilli… Et c’est délicieux, pour ne rien gâcher. On picore l’air de rien, on se délecte de ce navet au goût de bouillon, de ce riz au thé vert, de ce champignon en tempura… Jolie note finale, deux petites parts de dorayaki (crêpe fourrée à la pâte de haricot rouge) permettent d’achever avec un dessert, ce qui n’est pas l’usage au Japon.

Bentô omotenashi

Bentô omotenashi

Bentô makuno-uchi

Bentô makuno-uchi

Outre les plateaux-repas, la boutique propose aussi quelques à-côté, comme des boissons japonaises (Monsieur s’est rapporté un jus de pomme bien trop sucré à mon goût), des biscuits salés, des gâteaux et des bonbons dans de très jolis emballages.

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Verdict ? C’était bon comme là-bas ! Attention, bon comme un bentô acheté en gare, pas comme un restaurant trois étoiles… Ca se mange froid, à la rigueur un peu réchauffé, et la tempura en souffre un peu. Par ailleurs, je déteste toujours autant le pâté de poisson rose fluo, mais les goûts et les couleurs…
Donc je recommande chaleureusement. Que vous aimiez les bentôs, que vous soyez nostalgiques du Japon ou que vous souhaitiez faire une expérience dépaysante, allez-y. La boutique est ouverte jusque fin avril, j’espère sincèrement qu’ils s’installeront définitivement !

Ekiben, Gare de Lyon, Hall 2

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Les délices de Tokyo

DelicesTokyoDans un quartier populaire de Tokyo, Sen tient une minuscule dorayaki-ya, une échoppe où l’on prépare et vend des dorayaki, pâtisserie traditionnelle japonaise. Autour de lui gravite un tout petit monde, en particulier Wakana, une jeune collégienne qui rêve d’aller au lycée (l’éducation n’est obligatoire que jusqu’à la fin du collège au Japon, et on entre au lycée sur concours) et dont la mère brille souvent par son absence. Un jour, arrive Tokue, une vieille dame très déterminée à devenir son employée, et qui finit par s’immiscer dans sa cuisine et son échoppe, notamment en lui apprenant à confectionner une an (pâte de haricots rouges) digne de ce nom…

Au premier abord, on pourrait croire à l’un de ces films japonais “classiques”, où l’on voit défiler les saisons, la vie de quartier, le quotidien et l’extraordinaire… une de ces chroniques dont les Japonais – comme les Occidentaux – sont friands et qui nous peindrait un Japon à la fois proche, pittoresque et savoureux. Et certes, la nourriture – en particulier cette fameuse pâte de haricots rouges – est au cœur de la narration, mais l’histoire ne s’arrête assurément pas là.
Ce serait sous-estimer Naomi Kawase que de croire qu’elle va nous servir (excusez la métaphore) un joli film mignon. Peu à peu, elle aborde des thèmes beaucoup plus durs, en particulier l’exclusion de certaines catégories sociales – une question de société très prégnante au Japon, notamment avec le cas des burakumin – la rumeur et l’isolement. Ces sujets sont traités avec délicatesse mais sans fard, et révèlent le rapport compliqué des Japonais à leur propre passé (même si je pense qu’on pourrait dire ça de presque tous les peuples).
Dernier point : la traduction des sous-titres est impeccable (allez, pour mégoter, on va dire que, selon moi, il était inutile de traduire “shiso” par “pérille”).

En résumé, c’est un excellent film, qui vous tirera peut-être quelques larmes, mais que j’ai trouvé juste, touchant et prêtant à la réflexion. Lou², qui m’accompagnait, m’a quand même fait valoir que c’était beaucoup plus optimiste que la majeure partie de l’oeuvre de la réalisatrice et, vu qu’elle s’y connaît beaucoup mieux que moi, je la crois sur parole. En revanche, vous risquez d’avoir envie de manger des dorayaki en sortant.

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Kilala

Après des années à garder l’adresse pour moi ou à la souffler à l’oreille des copains qui me demandaient si je savais où manger des bons sushis à Paris, j’ai décidé de vous parler de cet endroit. Je fréquente cet endroit depuis le début de ma relation avec le Japonais – mon ex, donc – soit bientôt dix ans. Et si je n’y vais plus de façon aussi régulière, les patrons me reconnaissent toujours et m’accueillent aimablement.

La salle à l'étage

La salle à l’étage

Kilala, c’est une minuscule sushi-ya comme au Japon. Et quand je dis minuscule : au rez-de-chaussée, il y a cinq places au comptoir (l’expérience est magique, mais c’est mieux si vous baragouinez japonais) et deux-trois places à la table en vitrine ; une dizaine de places à l’étage.

Le chef au comptoir

Le chef au comptoir

On y prépare votre assiette à la commande. Ici, il y a peu de chance d’avoir un “Menu C tout saumon avec salade de chou et soupe miso” (en vrai, il n’y a aucune chance que ça arrive), mais des sushis, sashimi, chirashi et carpaccio à se damner, réalisés avec des produits ultra-frais (j’ai déjà entendu le chef passer sa commande la veille pour le lendemain). Si l’on trouve certains poissons et coquillages au menu toute l’année, d’autres ne sont présents que de manière saisonnière (en particulier le ôtoro, ou thon gras, l’un des trucs que je préfère au monde).

Saint-jacques snackées et thon gras

Saint-jacques snackées et thon gras

Maki de crevette tempura

Maki de crevette tempura

Menu plus conventionnel

Menu plus conventionnel

En revanche, et comme je le rappelle souvent, le sushi au Japon est considéré comme un produit de luxe : si les tarifs ne sont pas prohibitifs, ils sont quand même assez élevés, surtout le soir (menus à partir de 25-30€, plus si vous choisissez un truc un peu élaboré ou que vous voulez goûter la carte.
Une de mes expériences préférées dans ce restaurant consiste à laisser le chef choisir pour moi : en précisant “o makase” (“je m’en remets à vous”) au moment de la commande, celui-ci concoctera un menu qui ira crescendo, des goûts les plus “fins” (seiche, par exemple) aux plus puissants (oursin, anguille…). Attention, pour le coup, il faut avoir les moyens : la semaine dernière, nous nous en sommes tirés (avec un peu de saké et de shôchu) pour 100€ par personne.

Kilala, 7 rue des Moulins, 75001 Paris

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Que rapporter du Japon ?

J’aurais aimé garder cet article pour la fin de ma série sur le tourisme au pays du soleil levant, mais plusieurs ami(e)s ayant prévu de partir dans les semaines qui viennent, je pense que ce sera tout aussi pertinent.

Non monsieur, n'insistez pas, puisque je vous dis qu'on est fermés !

Non monsieur, n’insistez pas, puisque je vous dis qu’on est fermés !

On le dit et on le répète, le Japon est le pays du shopping et – partant – du cadeau. Si trouver des choses à rapporter ne sera pas un problème, je vous propose tout de même une petite liste d’objets ou produits sympathiques et qui font toujours un peu d’effet.

  • Des omamori. Ces porte-bonheur, que l’on trouve dans tous les temples et sanctuaires du Japon, vous protègent de tout et n’importe quoi. Les plus fréquents sont pour le mariage, le couple, les trajets en voiture (avec une particularité “trajet à l’école” pour les enfants), la santé et… l’accouchement. Ils se présentent généralement sous la forme d’un sachet en tissu retenu par un petit cordon qui permet de le nouer à son sac/téléphone/rétroviseur…
  • De la papeterie. Les grands magasins ont tous un rayon consacré à la papeterie, mais il existe aussi des boutiques spécialisées. Attention, ça s’accumule très vite !
  • Du thé. Il existe quelques excellentes adresses pour acheter du thé – en particulier Ippodô à Kyôto, où le personnel parle anglais. Attention, si vous cherchez du soba-cha (de l’infusion de sarrasin grillé), vous en trouverez plutôt dans les supermarchés.
Galets effervescents au cerisier et au momiji, poudre de bain au saké, aux gâteaux ou aux minéraux issus des sources thermales.

Galets effervescents au cerisier et au camélia, poudre de bain au saké, aux gâteaux ou aux minéraux issus des sources thermales.

  • Des produits pour le bain. C’est une sorte d’institution dans ce pays, et j’en achète dès que j’en vois, privilégiant bien entendu les fragrances locales (thé vert, glycine, cyprès…) ou délirantes (vin rouge, chocolat à paillettes, saké…) aux parfums “exotiques” que nous connaissons bien (rose, lavande ou orange). On en trouve dans les boutiques type Loft, mais aussi… dans les boutiques de certains sanctuaires, en particulier le sanctuaire Meiji, à Tôkyô.
  • Des timbres. La poste japonaise édite de très belles séries, que ce soit avec des paysages célèbres, des fêtes traditionnelles ou… des personnages de manga.
  • Des baguettes et/ou des boîtes à bentô. On en trouve dans les grands magasins ou dans les boutiques spécialisées. Il existe une super boutique de baguettes sur l’île de Miyajima, face à Hiroshima.
Pocky

KitKat à la mandarine de Shikoku (édition régionale) et Pocky “tropical”

  • Des Pocky (le nom originel des Mikado) et des KitKat à tous les parfums possibles et imaginables : tropical, ananas, wasabi, chocolat noir, mousse au thé vert… plus les parfums saisonniers (potiron, cerisier…).
  • Du washi. Le papier traditionnel japonais ravira les fans de scrap et de travaux manuels, ou les amateurs de jolies choses. En revanche, c’est assez chiant à rapporter sans l’écraser dans la valise.
  • De l’alcool. Attendez le duty free si vous avez la chance de faire le retour en vol direct (aux dernières nouvelles, l’aéroport de Narita n’était pas équipé en sacs hermétiques), et faites-vous plaisir : saké (je vous jure que c’est bon !), shôchû (vodka locale, qui tire à seulement 25°), umeshû (alcool de prune – j’ai horreur de ça, mais beaucoup de gens apprécient) ou… whisky, il y en a pour tous les goûts (et toutes les bourses).

Il ne faut pas oublier que le Japon est aussi le pays du omiyage, c’est-à-dire le petit quelque chose qu’on rapporte de voyage en guise de souvenir pour les gens de son entourage. Cela va du très cher et très extravagant au tout simple (pour les collègues de bureau, par exemple). En général, ce sont des gâteaux ou une spécialité locale, mais on trouve d’autres choses, comme des mouchoirs, des miroirs de poche et autres futilités. N’hésitez pas à jeter un œil dans les boutiques à touristes, ne serait-ce que pour le divertissement !
Et si vous êtes déjà partis, que conseilleriez-vous de rapporter ?

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Partir au Japon #1 : Tokyo

J’inaugure une série d’articles sur le tourisme au Japon, du haut de ma (relative) expérience. En septembre, cela fera 12 ans que je m’y suis rendue pour la première fois ; j’y ai effectué en tout six séjours – dont un de huit mois – où j’ai visité, arpenté, vécu, rencontré… Loin de moi l’idée d’être exhaustive ou absolue – je ne suis pas un guide de voyage – mais je vous propose mon point de vue si vous souhaitez préparer votre premier séjour là-bas.

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Généralités
Tokyo est sans doute un des premiers endroits qui nous vienne à l’esprit quand on pense au Japon : les gratte-ciels, les néons, l’immense passage clouté de Shibuya… Oui, c’est tout cela. Mais c’est aussi une mégalopole où prendre les transports en commun peut s’avérer compliqué et où marcher entre deux stations de métro peut prendre un bon quart d’heure.
Surtout, Tokyo est une ville moche. Il n’y a pas de plan d’occupation des sols, la ville a été quasiment rasée à deux reprises au 20ème siècle – le grand tremblement de terre du Kantô et l’incendie qui s’en suivit en 1923, le bombardement allié de mars 1945 – et tout a été reconstruit de façon anarchique. Les grands pôles d’attraction se concentrent autour des gares mais, dès que l’on s’éloigne de quelques centaines de mètres (voire moins), on se retrouve dans des endroits très calmes (voire déserts) faits de maisonnettes, de petits immeubles d’habitation et d’échoppes de quartier, ce qui peut être un peu déstabilisant.
Si c’est votre premier séjour au Japon et que vous partez deux semaines (la moyenne), j’aurais tendance à vous conseiller de n’y séjourner que trois ou quatre jours, au risque d’être frustré de ne pas avoir assez de temps pour voir le reste. Mais alors, me direz-vous, que voir à Tokyo ?

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Shibuya
Impossible d’y échapper. On y trouve le fameux Shibuya crossing, la statue de Hachikô, le chien fidèle, les (rares) kôgaru (filles ultra bronzées et maquillées), des boutiques à n’en plus finir et… beaucoup de pollution sonore. En fait, Shibuya, c’est le Japon tel qu’on se le représente et qu’on le fantasme, mais c’est surtout un lieu où les jeunes (15-25 ans) sortent. Néanmoins, c’est incontournable. Une fois que vous aurez fait les principales artères autour de la gare, vous pouvez :

  • Boire un macha latte au Starbucks qui domine le croisement, si possible assis devant le mur de verre. (Personnellement, j’ai une sainte horreur du Starbucks, mais sait-on jamais)
  • Fouiner dans les boutiques à la recherche de souvenirs (je ferai un article spécial à ce sujet).
  • Manger un McDo quand vous serez en manque de viande et/ou quand vous voudrez goûter le McTeriyaki (ici, ils baragouinent l’anglais).
  • Faire un tour à l’énorme Tower Records pour dégoter les trucs les plus kitsch de la pop ou de l’enka (chanson traditionnelle).

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Shinjuku
Vous avez déjà lu City Hunter (Nicky Larson) ? Bah voilà, vous y êtes. Shinjuku, c’est très grand, très haut, très fréquenté, très lumineux la nuit… Mais il faut essayer de voir derrière le cliché !

  • Dans les ruelles derrière les buildings, il y a souvent des petits restaurants que vous pourrez repérer grâce à leurs panneaux montrant de la nourriture. Même sans parler japonais, vous devriez réussir à vous faire comprendre en montrant le plat qui vous fait envie et avec 2-3 mots d’anglais.
  • Si vous avez envie de voir à quoi ressemble un grand magasin japonais, c’est ici qu’il faut tester. Je vous encouragerais même à faire ça “à la japonaise” : on monte tout de suite au dernier étage (ou l’avant-dernier, car souvent le dernier est consacré aux restaurants – très recommandables, d’ailleurs), puis on visite étage par étage jusqu’au sous-sol, consacré à la nourriture. Entre le 5è et le 7è, vous trouverez souvent le rayon kimono. Arrêtez-vous pour baver un peu. C’est aussi dans ces boutiques que vous pourrez trouver des boîtes et accessoires à bentô plus ou moins chers.
  • Ma recommandation personnelle serait de vous éloigner un peu soit en marchant soit en métro (arrêt Shinjuku sanchôme) pour le sanctuaire Hanazono (Hanazono-jinja). C’est un petit refuge très calme et agréable, où se tient parfois un marché du kimono d’occasion (mais je ne saurais vous dire quand, j’ai l’impression que ça dépend un peu du sens du vent et de l’âge du capitaine).

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Ueno
Ueno, c’est d’abord et avant tout un immense parc arboré, un véritable “poumon” au cœur de la mégalopole (vous me sentez enfiler les clichés ?). Plus sérieusement, on pourrait y passer une journée entière sans tout voir. Allez, une petite sélection :

  • Le musée national de Tôkyô. Parce que si vous ne devez en faire qu’un, ce sera celui-là : dans le pavillon central, vous trouverez une introduction rapide et bien faite sur l’histoire de l’art du Japon des origines au 19è siècle, disponible en anglais. Présentation de nombreuses pièces remarquables et variées, comme des paravents, des rouleaux (emaki), des dessins à l’encre de Chine, des kimonos, des sabres… C’est là qu’on s’aperçoit que la nuance entre art et artisanat n’existe pas.
    Les autres pavillons sont plus pointus, certains réservés aux expositions temporaires (souvent bondées) ou à des artistes en particulier. Attention aux jours et horaires d’ouverture, qui peuvent changer en fonction des jours fériés.
    Sinon, c’est le royaume des musées : le musée d’art occidental, le musée des sciences, le musée d’art contemporain… Il y en a pour tous les goûts.
  • Le zoo d’Ueno. Si vous aimez voir des animaux, vous aimerez visiter ce zoo, l’un des plus anciens au monde, plus vaste qu’il n’y paraît au premier abord.
  • Fouiner et découvrir tous les petits sanctuaires dissimulés sous les arbres, ornés de grues en papier coloré.
  • Caresser les chats ! Il y en a plein en liberté dans le parc, qui se laissent volontiers approcher. Si vous êtes en manque de ronrons, c’est par là que ça se passe.
  • Eviter – si possible – l’étang de shinobazu, à moins d’être armé d’un lance-flammes/d’une raquette de tennis. Les moustiques font des ravages (mais les lotus sont impressionnants, c’est vous qui voyez).

Yoyogi

Harajuku/Omotesandô
Avec Shibuya (qui n’est qu’à 2-3 stations de métro sur la ligne Yamanote) c’est devenu l’un des autres grands pôles d’attraction touristique de la capitale. D’un côté, Harajuku et sa célèbre Takeshita Street, autrefois l’antre des boutiques à gothic lolita (moins maintenant), de l’autre Omotesandô, la grande avenue abritant les enseignes occidentales et japonaises les plus luxueuses. Chapeautant le tout, le sanctuaire Meiji.

  • Un des endroits que je préfère à Tokyo, c’est précisément le sanctuaire Meiji (Meiji-jingû). Niché au coeur du parc Yoyogi, on parvient à y trouver le silence (relatif, hein), ce qui est très appréciable près d’un lieu aussi bondé. En franchissant le pont pour gagner le parc, n’oubliez pas de photographier les goth-lolis.
    Admirez les tonneaux de saké et de vin (français !) consacrés au sanctuaires, l’architecture et… ouvrez l’oeil ! Avec un peu de chance, vous pourrez croiser une noce ou des enfants venus célébrer une des fêtes du 7-5-3 (shichi-go-san), généralement à l’automne. Vous en prendrez plein les yeux.
  • Takeshita street… Disons que j’ai passé l’âge mais que, la première fois, ça rend un peu hystérique 🙂
  • Sur Omotesandô, vous trouverez plein d’endroits pour assouvir votre folie dépensière et creuser votre découvert : Kiddy’s land (énorme magasin de jouets où la moindre babiole Ghibli coûte une blinde), Oriental Bazaar (pour les beaux kimonos d’occasion et les objets type céramique que vous ne sauriez/pourriez pas trouver ailleurs), et quelques boutiques vintage où vous pourrez chiner de vieux maillots de baseball et des kimonos.
  • Au détour d’une petite rue, vous trouverez le musée Ota, spécialisé en estampes de l’époque d’Edo. Le musée n’est pas immense, on s’y promène en chaussons, mais il vaut vraiment la peine d’y faire un tour.

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Asakusa
Le quartier est surtout réputé pour son temple, dont la porte est ornée d’un gigantesque lampion. C’est presque un point de passage obligé pour les visiteurs à Tokyo, mais… ça a un petit côté Disneyland quand même. Jamais l’expression “marchands du temple” ne vous paraîtra plus vivante. Toutefois, cet endroit vaut le coup pour plusieurs choses.

  • Profitez des boutiques de l’allée centrale pour déguster une “soft ice” à un parfum exotique (attention, interdit de manger dehors, il faut le faire dans l’échoppe).
  • Sur la contre-allée, à droite face au temple, on trouve une très belle papeterie qui propose du washi et de jolies cartes postales.
  • L’intérieur du temple ne se visite pas franchement, mais c’est assez marrant d’imiter les Japonais : attirez à vous les vapeurs d’encens pour vous porter chance et tirez un “omikuji”, une bonne fortune, pour savoir ce que l’avenir vous réserve (chacun est agrémenté d’un petit texte en anglais). Si vous tirez une petite, moyenne ou grande chance, gardez le papier dans votre portefeuille. Sinon, accrochez-le aux filins métalliques prévus à cet effet pour que la malchance ne vous suive pas.
  • Quand vous avez fini votre visite, empruntez les ruelles à votre gauche. On y trouve quelques boutiques, dont une de kimonos qui vend parfois des coupons de tissu, et quelques “cantines”, des restaurants sans prétention où la carte est en japonais, mais où vous pourrez désigner le plat en plastique qui vous fait de l’œil.
  • Si vous avez le temps, explorez un peu Kappabashi, le quartier qui jouxte le temps, où on peut dénicher tout et n’importe quoi en rapport avec la cuisine. Nous y avons trouvé des bols, une boîte à thé et un (génial) couteau de cuisine.

Déjeuner Asakusa

Autres
Je regroupe ici les quartiers que je connais moins…

  • A Ikebukuro (où je ne suis pas allée depuis trèèès longtemps), il y a un aquarium réputé. On y trouve aussi les grands magasins Parco, inaugurés à grand bruit il y a une quinzaine d’années, antres de la mode branchée. Je garde le souvenir d’un fou rire mémorable avec Lou² lors de notre premier séjour.
  • A Ryogoku, je conseille fortement le musée Edo-Tokyo, qui retrace l’évolution de la capitale depuis qu’elle fut désignée comme siège du gouvernement shogunal par les Tokugawa au début du 17è siècle. L’exposition permanente est très bien faite et interactive : on peut enfiler des vêtements, soulever un palanquin, franchir une réplique de Shinbashi…
  • Dans le quartier de Ginza, prenez des places pour aller au kabuki (enfin si ça vous tente – moi j’adore) : vous pouvez soit prendre un ticket pour toute une représentation (3 à 4h) soit pour une heure. On vous fournira une espèce d’audioguide avec commentaire/traduction du texte en anglais.
  • En sortant, allez déguster une pâtisserie traditionnelle chez Toraya, la maison mère de la boutique parisienne.
  • A Odaiba, l’île artificielle construite dans les années 1980-90, vous pouvez admirer l’architecture de Fuji TV, déambuler dans l’un des centres commerciaux les plus kitsch du monde et emprunter la grande roue qui domine la baie de Tokyo et le Rainbow Bridge.
  • Mais surtout, je vous engage à aller au Oedo Onsen monogatari, un complexe de bains japonais. Moyennant une somme modique, on vous remettra un yukata coloré et on vous passera un bracelet pour régler vos achats (un peu comme les perles au Club Med), puis à vous de découvrir les joies du thermalisme dans un décor inspiré d’Edo, l’ancienne Tokyo. Si vous mettre à poil devant tout le monde n’est pas votre truc, je vous engage quand même à essayer le trajet pieds nus qui permet de sortir et d’observer les avions en approche sur Narita (dans le ciel nocturne, ça vaut son pesant de cacahuètes).

Voilà ! Ce n’est bien entendu pas exhaustif, j’ai fait selon mes souvenirs et mes goûts. Certains sont plus branchés visites, d’autres découverte d’une ambiance, paysages… à vous de composer. N’hésitez pas à me poser des questions en commentaire si je n’ai pas été assez claire ou si vous souhaitez des précisions sur un point.
Si ça vous dit, je recommence bientôt avec le Kansai. Mata ne !

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Esthétiques du quotidien au Japon

esthétiquesAu Japon, encore plus étroitement qu’ailleurs, l’esthétique se conjugue au quotidien. De l’espace au corps, de la gastronomie à la mode, de la cérémonie du thé aux jardins, le Japon est le lieu même où se manifeste un art de produire et de vivre parfaitement original. Au travers d’articles écrits par des spécialistes de la culture japonaise, accompagné de dessins de Nicolas de Crécy et ponctué d’un entretien avec l’architecte Tadao Ando, cet ouvrage met en lumière les fondements et les ressorts de l’esthétique japonaise, de la vie de cour aux pratiques contemporaines, de l’artisanat à bien d’autres expressions de raffinement et de luxe.


J’ai acheté cet ouvrage sur une impulsion il y a quelques mois, attirée par les noms sur la couverture – en matière d’études japonaises, Jean-Marie Bouissou est un peu une référence – et par le dessin qui me semblait si appétissant (parlez-moi de nourriture et, tout de suite, je suis corruptible). Puis je l’ai posé sur un coin de mon bureau, attendant qu’il prenne la poussière.
Cela a pas mal duré et, mi-mai, j’ai été saisie d’une envie de me plonger dans ce que les Anglo-saxons appellent la “non-fiction”, en gros tout ce qui n’est pas le récit ou le roman. Du coup, c’était l’occasion parfaite.
C’est un ouvrage extrêmement intéressant. Constitué d’articles d’universitaires assez fouillés, il aborde la question du rapport au luxe, à la beauté, à l’art et à l’artisanat des Japonais, avec beaucoup de finesse. En plus des aquarelles qui viennent égayer une lecture un peu austère, de courts textes explicatifs sur certaines notions en rapport avec l’esthétique japonaise – wabi/sabi, l’iki, la création…. – clôturent chaque grande partie.
Si j’ai parfois eu l’impression de replonger dans mes cours ou de m’offrir des révisions à moindre coût, j’ai néanmoins beaucoup aimé suivre la réflexion autour du quotidien japonais qui est donnée à voir dans cet ouvrage. Et je recommande sincèrement ce livre, que ce soit pour approfondir sa connaissance du pays ou en guise d’introduction un peu “musclée” à un prochain voyage.

Esthétiques du quotidien au Japon, sous la direction de Jean-Marie Bouissou, IFM / Editions du regard

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