Eclipses japonaises

eclipses-japonaisesEn 1966, un G. I. américain s’évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées. Il est considéré comme “missing”. A la fin des années 1970, sur les côtes de la mer du Japon, hommes et femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait seule de l’école, un archéologue qui s’apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s’acheter une glace. “Cachées par les dieux”, ainsi qualifie-t-on en japonais, ces victimes qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs. Une à une, les affaires sont classées, les familles abandonnées à l’incompréhension, les disparus oubliés. En 1987, le vol 858 de Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l’avion lors d’une escale, est arrêtée. Elle s’exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord. Vingt-cinq ans après, les Japonais “cachés par les dieux” réapparaissent tels des spectres, sur les terres de Kim Jong-un. Puis, c’est au tour du G. I. de resurgir dans un téléfilm nord-coréen de propagande, où la CIA le voit interpréter un rôle d’Américain honni. Toutes ces affaires ont-elles un lien ?


J’ai découvert ce livre quelques jours après sa sortie chez mon dealer libraire préféré. Si la couverture n’avait pas grand-chose pour elle, le titre et, surtout, le résumé, m’ont interpellée. En effet, je connais cette histoire dont j’ai entendu parler à l’époque où je fréquentais un séminaire de recherche à l’INALCO – c’était le sujet de mémoire d’une de mes camarades.
Pendant les années 60 et 70, le régime nord-coréen a bel et bien commandité des enlèvements, notamment de Japonais, pour enseigner la langue et la culture à ses espions. Cela paraît totalement hallucinant, voire sorti tout droit d’un mauvais roman d’espionnage, et pourtant.

Le talent d’Eric Faye consiste à nous livrer un récit “de l’intérieur”, par la voix des différents protagonistes, hommes ou femmes, quelle que soit leur nationalité. On est happé par cette histoire passionnante, et il est très difficile de reposer le livre. La libraire m’avait dit : “Ca se lit comme un polar”, et il y a certainement de cela. Mais il y a aussi, en filigrane, une connaissance approfondie du sujet, ainsi que des cultures japonaise et coréenne, et des enjeux politiques autour de ces vies individuelles.
Une excellente lecture, rapide et captivante.

Eclipses japonaises, Eric Faye, Seuil

Le mois de la romance – Read a romance month

Comme l’univers est joueur et que le destin aime bien me balancer des vannes, il se trouve que, deux jours après vous avoir annoncé avec perte et fracas que je n’arrivais plus à écrire, ma contribution au “Mois de la Romance” vient d’être publiée.

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Le Mois de la Romance, qu’est-ce que c’est ? C’est l’adaptation française d’une tradition estivale américaine, le Read a Romance Month, créée par la blogueuse et chroniqueuse Bobbi Dumas aux Etats-Unis. Depuis 2013, chaque mois d’août, des auteurs de romance sont invitées à s’exprimer sur leur rapport au genre, ce qu’elles y aiment, mais aussi à répondre à une courte interview. En France, c’est le site Les Romantiques, déjà organisateur du Festival du roman féminin, qui a pris le relais.
Donc, si vous voulez découvrir mon blabla, enrichi de photos pas piquées des vers, c’est ici !

Et puis après

Et puis aprèsCe matin-là, Yasuo, directeur syndical des pêcheurs du village, perçoit immédiatement l’inhabituelle violence des premières secousses. Tout près de lui sur la plage, les hommes penchés sur leurs filets sont inquiets. Et quand brusquement la mer semble reculer à l’extrême, quand Yasuo n’écoutant que son intuition se met à hurler, tous obéissent, le suivent, s’échinent à pousser leur navire sur le sable ; puis, comme lui, s’élancent, passent la vague encore accessible et atteignent ainsi l’au-delà du tsunami.
À près de dix kilomètres au large, Yasuo coupe le moteur, jette l’ancre et se retourne. Le paysage qui s’offre à lui est effrayant. À l’endroit où s’étendait la plage se dresse maintenant un mur noir et luisant.


J’avais repéré ce livre à plusieurs reprises et, sur un coup de tête, me le suis offert cette semaine. C’est un très court récit (moins d’une centaine de pages) qui suit le cheminement de Yasuo, patron pêcheur respecté, depuis le tsunami jusqu’à son retour à une vie “normale”.
J’ai beaucoup aimé l’écriture, fine et évocatrice, qui permet de plonger dans la psyché de cet homme ordinaire frappé par une catastrophe invraisemblable, quasi indescriptible. L’histoire se lit très vite ; il n’y a pas de chapitre, on change simplement de temps narratif de temps à autre. Le portrait à petites touches de ce personnage qui se révèle peu à peu donne envie d’en savoir plus, les pages se tournent toutes seules.

Néanmoins, je suis restée un peu sur ma faim : même si le récit s’achève de façon “satisfaisante”, j’ai un léger goût de trop peu. J’aurais aimé en savoir davantage sur les motivations et les ressorts intérieurs de Yasuo, et notamment ce qui le pousse brusquement à rebondir.

Quoi qu’il en soit, si la question du tsunami de 2011 et de ses conséquences humaines et psychiques vous intéresse, je vous recommande cette lecture, car elle apporte un éclairage sur la façon dont les survivants ont vécu cette période transitoire. Soulignons au passage que l’auteur sait de quoi elle parle, puisqu’elle s’est rendue sur place au moment de la catastrophe en tant que volontaire, mais qui nous livre aussi des observations et faits en tant que journaliste.

Et puis après, Actes Sud

L’Affaire Arnolfini

arnolfiniLe portrait dit des Époux Arnolfini a été peint par Jan Van Eyck en 1434 : énigmatique, étrangement beau, sans précédent ni équivalent dans l’histoire de la peinture… Cet ouvrage offre un voyage au cœur de ce tableau, qui aimante par sa composition souveraine et suscite l’admiration par sa facture. Touche après touche, l’auteur décrypte les leurres et symboles semés par l’artiste sur sa toile, à l’image d’un roman policier à énigmes. Alors le tableau prend corps, son histoire se tisse de manière évidente et les personnages qui nous regardent dans cette scène immuable prennent vie devant nous…


J’ai acheté ce livre, attirée par la couverture qui reprend un tableau que j’adore – et que connaissent nombre de reconstituteurs – mais aussi par le résumé qui promettait bien des choses.
Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un roman, mais bel et bien d’une analyse du tableau en une douzaine de courts chapitres. L’auteur, qui n’est pas historien de l’art mais médecin, a beaucoup étudié son sujet, établissant une enquête fouillée et étayée par de nombreuses sources et une bibliographie abondante.

L’hypothèse proposée est intéressante, voire séduisante, même si je ne saurais dire si elle est la bonne. Je me demande d’ailleurs ce qu’en pensent les historiens de l’art spécialistes de la période ou de l’artiste. Mais au-delà de ça, l’auteur donne à voir les détails infimes du tableau – oui nous avions tous vu le reflet dans le miroir, mais aviez-vous remarqué les mules rouges, le cerisier ou Sainte Marguerite ? Moi pas, j’avoue. Des agrandissements et des reproductions en couleur et en noir et blanc ponctuent les pages et illustrent correctement le propos, avec parfois des recoupements avec d’autres œuvres de Van Eyck ou de l’époque.
En outre, grâce à des recherches minutieuses, cet ouvrage éclaire également des aspects peu ou mal connus de la vie médiévale, qu’elle soit quotidienne ou spirituelle. Je m’estime calée sur le sujet, pourtant j’ai découvert deux ou trois trucs.
Si vous êtes déjà très versé en histoire de l’art, ce livre ne vous intéressera peut-être pas. Mais si vous avez envie d’une lecture rapide et instructive, n’hésitez pas à plonger le nez là-dedans, vous en ressortirez avec l’impression d’en savoir beaucoup plus sur une époque.

L’Affaire Arnolfini, Jean-Philippe Postel, Actes Sud

Ru

RuUne femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l’enfance dans sa cage d’or à Saigon, l’arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d’un bateau au large du golfe de Siam, l’internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec.


Ce livre a atterri un peu par hasard dans ma PAL : l’an dernier, mon père – qui réside au Canada, je le rappelle – me l’a fait parvenir, dédicacé, en me précisant que ma belle-mère avait rencontré l’auteur. Et pendant longtemps, l’ouvrage a tranquillement pris la poussière dans un coin du salon, attendant mon bon vouloir.
Celui-ci est venu par l’intermédiaire d’une copine, Karine du blog Mon coin lecture, qui ne tarissait pas d’éloge sur l’auteur, tant au plan littéraire qu’humain. Aussi ai-je fini par me décider à l’emporter lors des dernières vacances…

Effectivement, c’est bien. Les chapitres, très courts, alternent entre souvenirs du Vietnam d’avant les communistes, parfois même des souvenirs de famille antérieurs à la naissance de l’auteur, et des tranches de vie au Québec, après la fuite. Boat people, Kim Thuy raconte de façon très factuelle la noirceur des camps de réfugiés, les difficultés de la traversée en mer, l’adaptation parfois rude à son nouveau pays… Pourtant, à aucun moment elle ne donne dans le misérabilisme ni dans l’apitoiement.
De la même façon, elle évoque des épisodes cruels de sa vie “d’après”, en particulier l’autisme de son fils, avec beaucoup de pudeur et de vérité, sans pathos. Dans une langue toujours précise, ciselée, pure même, Kim Thuy peint à petites touches un autoportrait et, au-delà, un portrait de femme résiliente et pleine de ressources.
C’est une lecture rapide mais qui touche profondément, et que je ne peux que vous recommander.

La part des flammes

La part des flammesMai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.


J’ai repéré ce livre dès sa sortie : outre sa couverture à la fois intrigante et envoûtante, j’ai toujours été fascinée par l’incendie du Bazar de la Charité, depuis que j’ai découvert ce drame dans un livre de ma mère à l’adolescence. Du coup, j’étais franchement curieuse de voir ce que l’auteur en ferait.
Après quelques tergiversations devant le prix du grand format – et la montagne que représente ma PAL – j’ai fini par me l’offrir vendredi dernier, et l’ai attaqué dimanche après-midi dans le TGV qui me ramenait à Paris.

C’est un roman magnifique. L’auteur parvient à se couler avec grâce dans le style de la fin du 19ème siècle tout en parvenant à rester parfaitement limpide. La narration est fluide, les personnages construits, le socle historique solide, le récit fouillé…
J’ai été happée par ce roman, par ce portrait de femmes écrasées par leur classe sociale et ses conventions, étouffées par leur condition féminine et leurs aspirations contradictoires. Les personnages masculins, bien qu’un peu en retrait, ne sont pas moins travaillés et mis en valeur. Du moment où j’ai ouvert ce livre, je n’ai eu de cesse de le finir, et j’ai avalé les 500 et quelques pages en environ 36h (parce qu’il faut bien dormir et bosser, parfois).
Certains aspects de l’histoire, en rapport avec la maladie mentale – ou ce qui était considéré comme tel à l’époque, m’ont beaucoup touchée, sans doute parce que je me suis totalement identifiée au personnage qui s’y retrouve confronté. Cela m’a ébranlée mais a également nourri mes réflexions (au point de faire un lapsus lors de ma séance d’hier).

Je ne peux que recommander La part des flammes. Dans sa postface, Gaëlle Nohant précise avoir passé quatre années à travailler à son écriture. Si je ne peux que me réjouir du résultat, j’avoue espérer égoïstement qu’elle ne nous fera pas trop attendre pour publier sa prochaine oeuvre.

La part des flammes, Gaëlle Nohant, Le Livre de Poche

Festival du livre romantique à Chillon (Suisse)

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Ce week-end, j’étais invitée au Festival du livre romantique au château de Chillon, en Suisse. Il s’agissait de la première édition de l’événement, créé dans le cadre du bicentenaire du séjour de lord Byron au château, et organisé par le Salon du livre de Genève.

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Le château est un monument magnifique. Bâti au 15ème siècle au bord du Lac Léman (voire dedans), il est encore intact aujourd’hui et a été très bien restauré au 19ème siècle. Les remparts sont ceints de tours et abritent une mini-ville autour d’une cour.
Il s’agit d’un ancien château des princes de Savoie, et cela se sent dans le soin apporté aux décors comme dans les imposantes défenses encore debout. En ce moment, une exposition retrace le séjour de lord Byron dans la région à l’été 1816, ainsi que la naissance du mouvement romantique.

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IMG_3717En compagnie de Camille Adler et Emily Blaine, nous étions conviées à débattre sur “Le succès fou de la romance”. Nous avons donc parlé définition de la romance, défense du genre, problèmes inhérents à l’écriture, etc.
Comme à son habitude, Camille était costumée en rapport avec l’événement (elle avait choisi une tenue en hommage à lord Byron) et a eu son petit succès ! Les nombreux visiteurs, majoritairement asiatiques, n’étaient sans doute pas visés par le festival, mais nous avons quand même réussi à fédérer un petit public (et à le faire rire).

En outre, il faut souligner l’extrême gentillesse des organisatrices (et de l’organisateur) qui se sont mises en quatre pour nous accueillir. Nous avons été traitées comme des princesses : hébergement dans un quatre étoiles au bord du lac, transports gratuits en ville (bon, on a marché), défraiements généreux pour les repas, et soin constant apporté à notre bien-être.

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Les romancières en goguette…
Coucher de soleil sur le Léman
Coucher de soleil sur le Léman

La forteresse de Chillon est sise sur la commune de Montreux, célèbre pour son festival de jazz – dont je possède une affiche – mais aussi… pour ses studios d’enregistrement. Et pas n’importe lesquels, ceux où Queen enregistra l’album Made in Heaven. C’est donc tout naturellement qu’on y trouve une statue de Freddie Mercury, à laquelle je suis allée rendre hommage sous l’œil un peu désabusé de mes collègues.

Made in Heaven
Made in Heaven
Dimanche matin, de ma fenêtre...
Dimanche matin, de ma fenêtre…

En tout cas, ce séjour, bien que trop bref, m’a fait un bien fou : j’ai vu le soleil (après une semaine de flotte torrentielle, c’était bienvenu), j’ai rigolé avec Emily et Camille, je me suis fait de nouvelles copines, j’ai découvert un endroit sublime mais, surtout, j’ai amorcé ma réconciliation avec la Suisse. Ce pays demeure pour moi celui où j’ai passé la quasi-totalité de mes vacances scolaires pendant les huit années qui ont suivi le divorce de mes parents, et je n’en garde franchement pas que des bons souvenirs. Jusqu’à ce que je reçoive l’invitation, j’avais juré mes grands dieux que jamais je ne reposerais un orteil au pays du gruyère. A présent, je suis quand même beaucoup plus ouverte à la question.

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Grododo

GrododoAprès une journée bien remplie, César s’apprête à faire un gros dodo. Il pose un verre d’eau sur sa table de nuit, range ses pantoufles sur son tapis, vérifie qu’il n’y a pas de monstre caché sous son lit, serre son doudou fort, très fort contre son cœur, puis s’endort sur ses deux oreilles…


Ce livre a rejoint la bibliothèque de Mademoiselle il y a plus de deux mois, à l’initiative de l’Anglais. J’avoue que les graphismes, en tons sépias assez sombres, ne me convainquaient pas pour un enfant en bas âge. Et force est de reconnaître que je me trompais complètement !
L’histoire de ce lapin que tout le monde semble avoir décidé d’empêcher de dormir est hilarante avec ses onomatopées, ses rencontres improbables et sa routine qui dégénère peu à peu. Les dessins, malgré ces couleurs en apparence sombres, ne sont ni tristes, ni sinistres, et apportent au contraire une note de poésie : on devine un César inventeur et astucieux – quoique fort ronchon quand on le réveille.

La Crevette ne s’y est pas trompée : pendant 6 bonnes semaines, nous avons lu ce livre tous les soirs avant de la coucher ! D’abord très attentive, se cachant parfois les yeux à un moment donné de l’histoire, elle a fini par se l’approprier, imitant les bruits qui réveillent notre héros, décrivant la scène, et hurlant, à l’unisson d’un César désespéré, un tonitruant “Silence !” qui la fait rire à gorge déployée.
La chute, en outre, ne manquera pas de faire rire les adultes. Un ouvrage que je recommande donc volontiers, surtout si vous avez du mal à coucher votre petit bout.

Grododo, Michaël Escoffier et Kris di Giacomo, éditions Frimousse

Dans ma bibliothèque

Je n’arrête pas de parler de ma PAL qui ne descend pas – ou du moins pas assez vite à mon goût – mais je ne vous ai encore jamais montré où et comment je rangeais mes livres.
La bibliothèque principale se trouve dans notre salon : il s’agit d’un meuble hérité des grands-parents de Monsieur lequel, s’il est moche, a l’avantage d’avoir une grande contenance. On peut y ranger les livre sur deux, voire trois rangs, ce qui est bien utile pour stocker (entre autres) mes justificatifs de traduction.

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On y trouve la littérature générale, la littérature en anglais, la littérature japonaise (rangée à part), les polars historiques, les romances en anglais et en français, les livres d’art et les guides touristiques.
La petite Billy blanche à côté abrite les livres de cuisine et la SF / fantasy. Sur l’avancée de la grande bibliothèque, couchés à l’horizontale, sont les ouvrages qui composent (une partie de) ma PAL. Je sais, moi aussi ça me fout la trouille.

Les romances à l'horizontale font aussi partie de la PAL
Les romances à l’horizontale font aussi partie de la PAL

Il existe une autre bibliothèque très importante, construite exprès pour l’une des pièces de l’appartement : notre ancien bureau, aujourd’hui chambre de la Crevette. Alors que j’y stockais énormément d’ouvrages, j’en ai déplacé la majeure partie avait la naissance de mademoiselle (la romance, la fantasy, les livres que j’estimais nécessaires à mon travail, etc.). Néanmoins, vu l’expansion ininterrompue de ma collection, j’ai commencé à “recoloniser” l’espace dégagé.
C’est là qu’on trouve les BD et manga, ainsi que les ouvrages historiographiques et spécialisés pour la reconstitution, plus quelques livres de la Crevette que j’arrive à soustraire à son immense collection établie dans le salon.

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Allez, je vous fais grâce de l’autre Billy dans notre chambre (programmes d’opéra, livres d’art, Walking Dead et ouvrages d’économie), ainsi que de la table du salon qui croule littéralement sous le poids des albums jeunesse.
Et vous, à quoi ressemble votre bibliothèque ?

Deux livres pour les 30 ans de Tchernobyl

Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai toujours nourri une espèce de fascination pour la littérature “atomique”, celle qui, au Japon, parle des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Récemment, j’ai commencé à m’intéresser au sujet de Tchernobyl et, en ce jour de commémoration, je voulais vous proposer les deux lectures qui m’ont le plus frappée sur le sujet.

Alexievitch_SupplicationLa Supplication, de Svetlana Alexievitch. Je me suis déjà étalée en long, en large et en travers sur l’admiration que je voue à cette femme, qui a obtenu le Nobel de littérature l’an dernier. Dans cet ouvrage, on retrouve tout ce qui faisait la force de La fin de l’homme rouge : les voix individuelles qui, ajoutées les unes aux autres, se transforment en une sorte de voix collective. Le plus poignant est sans doute que, à travers chaque témoignage, on distingue des fragments personnels du drame qui a touché des milliers de personnes. Ce qui est très intéressant, c’est que l’auteur ne s’arrête pas qu’aux populations civiles victimes des retombées nucléaires : liquidateurs, parents d’enfants malades, militaires, ingénieurs, responsables, agriculteurs, médecins… La palette des personnes rencontrées présente tous les visage de la Biélorussie de 1986 et d’aujourd’hui.
Un livre à lire, à faire lire, à découvrir absolument pour avoir une connaissance littéralement intime de Tchernobyl.


Printemps à TchernobylUn printemps à Tchernobyl, d’Emmanuel Lepage. Cette fois-ci, il s’agit d’une bande dessinée, la première que j’ai lue de cet auteur que j’admire énormément, et qui retrace son séjour à Tchernobyl en 2008. Le ton est tout aussi intime, car le dessinateur mêle ses propres souvenirs de la catastrophe vue de France, ses impressions sur place, et même des extraits d’Alexievitch (notamment, ce témoignage extrêmement poignant d’une épouse de pompier). Néanmoins, au-delà du personnel, Lepage fournit des données, des chiffres, qui donnent à réfléchir à la question du nucléaire civil.
Le dessin est, comme toujours, sublime. L’auteur alterne entre différentes techniques (le pastel, l’encre – je ne suis pas spécialiste), différentes approches (noir et blanc, couleurs, sépia…) qui ont chacune leur “raison d’être”. A l’hyper réalisme des paysage industriels répondent les couleurs explosives et quasi oniriques de la forêt. Un magnifique témoignage très fouillé, que je recommande autant pour ses qualités artistiques que pour son engagement.