Zola et moi

Amis lecteurs, vous n’êtes pas sans savoir que j’adore l’oeuvre de Zola – j’ai même consacré un article à l’un de ses romans il y a quelques mois – et je vais donc vous raconter ma dernière lecture. Ayant décidé de lire la série des Rougon-Macquart dans l’ordre, je viens de finir L’Argent. Cette lecture pourrait être comme toutes les autres sans le contexte actuel : le roman raconte en effet l’histoire d’un spéculateur en bourse qui, après avoir créé une banque, est rattrapé par ses idéaux de grandeur et ruine sa banque et ses actionnaires. Cela ne vous rappelle rien ?

Pour vous donner une idée, un petit extrait…
“Dès six heures, tout ce monde de joueurs, d’agents de change, de coulissiers et de remisiers, après avoir, les uns établi leur gain ou leur perte, les autres arrêté leurs notes de courtage, allaient se mettre en habit, pour finir d’étourdir leur journée, avec leur notion pervertie de l’argent, dans les restaurants et les théâtres, les soirées mondaines et les alcôves galantes.”
A part le vocabulaire, l’idée générale reste la même, vous ne trouvez pas ?

Kabocha nabe

La semaine dernière, suite à une visite à l’épicerie coréenne, j’ai passé plusieurs jours à épuiser mes provisions en multiples inventions japonisantes. Outre les classiques niku-jaga et tori soboro, j’ai usé de mes talents sur le kabocha, ou potiron japonais. Ce légume a une saveur proche de celle du potimarron, légèrement sucrée et douce. Je l’ai utilisé dans une version salée, mais il s’adapte très bien aux recettes sucrées.

Dans une casserole, faire bouillir 400ml de dashi – eau + quelques grammes de dashi no moto, équivalent du bouillon cube. Découper le kabocha en morceaux sans ôter la peau, éplucher et tailler en tronçons 3 carottes. Mettre le tout à bouillir avec deux cuillères à soupe de mirin et une cuillère à soupe de sucre en poudre. Quand les légumes sont cuits, ajouter environ une cuillère à soupe de shôyu.
Nota : J’ai servi ce plat avec du yakiniku, fines tranches de boeufs revenues dans un peu d’huile de sésame. Le kabocha n’a pas besoin d’être épluché pour être consommé.

Fallenfest

Samedi soir avait lieu Fallenfest, un tremplin musical dédié au rock, et auquel le groupe de l’Anglais participait. Le but n’était pas tant de gagner – vu que le vote se fait à main levée, la plupart des gens votent pour leurs amis, et pas pour les autres groupes – que de tester le groupe en live pour la première fois.

La soirée avait lieu au bout du monde – à Saint-Ouen pour être précis – et comptait une quarantaine de spectateurs pour sept groupes. Le premier, Novocaine, était euh… classique : du rock, des guitares et j’ai rien compris aux paroles. Sérieusement. Le chanteur a passé tout le set la bouche collée à son micro. Tout juste ai-je reconnu que c’était de l’anglais.
Puis venait la Queue du Lézard – pour plus de renseignements, allez voir leur page – seul groupe à ne chanter qu’en français. Les chansons sonnent bien mieux en live que sur les sessions studios, l’énergie sur scène est franche, même si cela reste perfectible. Alors que seuls 4 votes leur étaient acquis dans la salle, ils ont remporté 22 suffrages.

Je n’ai pas assisté au troisième concert, Leynah, pour cause de retour dans les loges, juste entendu leur dernière chanson. Petit groupe sans prétention, mais c’est une bande d’ados avec des groupies hystériques, moi j’ai passé l’âge.
Session suivante avec Knock me out, d’inspiration punk californien. Ca bouge bien, la chanteuse a pas mal de présence, même si elle ne bouge quasiment pas de sa place de tout le concert. Des faux airs de Superbus quand elle chante en français, et quelques riffs qui rappellent beaucoup Blink 182. Malheureusement, on sent que l’entente cordiale n’est que de façade et que le batteur et le bassiste ont un peu de mal à s’encadrer.

Alors que les garçons sont remontés tagger les murs des loges – tradition du Capitol Studio – je discute avec des connaissances des caves – décidément, le monde est tout petit – et rate la prestation de Veenasheen. Alors que la fraîcheur nous rapatrie lentement mais sûrement vers la salle de concert, nous entendons les titres de Aeris se succéder et assistons aux deux dernières chansons. A mes yeux, il s’agissait du meilleur groupe ce soir : un très bon son, l’originalité d’un clavier, et des musiciens visiblement heureux d’être là. Malheureusement, ils étaient venus de Lille, avec des amis certes, mais pas assez pour être qualifiés pour la session suivante. La soirée s’achève – avec plus d’une heure de retard ! avec le groupe Abhcam, groupe de métal à voix féminine. Un tel programme devrait me plaire, et pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que la chanteuse n’a rien à faire là : robe noire et bottes à talons style cow-girl, voix de variété française plus que métalleuse gothique… Mais musicalement, il n’y a rien à dire, et les musiciens sont tout de même très bons.

La soirée s’achève par le démontage et le remballage du matériel, un shi-fu-mi perdu par l’Anglais pour “Qui rentre à la maison en voiture ?” et une soupe miso à 3h du mat’.

Oh my God !

Il n’y a pas que les Japonais qui sont fous, mais les crises de folie qui arrivent au Japon peuvent être… divertissantes. Ci-dessous, un Espagnol qui a fait le plongeon en compagnie des carpes sacrées au Palais impérial.

Réponse (tardive) à Super Marion

Il y a environ deux semaines, Super Marion Bros publiait un tag agréable sur la lecture. J’ai mis le temps (celui de finir mon bouquin), mais je réponds.

Le règlement
– Choisir un livre, l’ouvrir page 123
– Recopier les cinq lignes à partir de la 5ième (je traduis “de la ligne 5 à 10”)
– Indiquer les références du livre (auteur/éditeur/année)
– Citer la personne qui vous a tagué et taguer 4 autres personnes! (les avertir aussi)*

“Il était plus de 23 heures et elle était seule à l’étage. Elle se sentit soudain très lasse.
Quelques minutes plus tard, elle se leva et alla tout au bout du couloir où elle vérifia la porte du bureau de Dragan Armanskij. Fermée à clé. Elle regarda autour d’elle.”

Pas simple, hein ? Bon, un indice, l’héroïne s’appelle Lisbeth Salander. J’ai en effet cédé aux sirènes de la mode et lu le premier tome de la série Millénium de Stieg Larsson. J’ai beau ne pas être une inconditionnelle du polar, c’était vachement bien.

Je tague Tronchederoswell (raconte-nous ta vie !) et Imihel. Mais les autres participations sont les bienvenues.

Chamerolles

Bon, ce n’est plus tout à fait le moyen-âge, mais plutôt la Renaissance, mais que voulez-vous… je ne vais pas installer une catégorie “vieilles pierres” tout de même, ça commencerait à faire beaucoup. Enfin.
Dimanche dernier, alors que l’Anglais et son père étaient au golf – moi, le golf, j’y comprends rien – Belle-maman et moi sommes allées visiter le château de Chamerolles. L’avantage du Val de Loire, c’est qu’il y a toujours un château pas loin.
Bon, le terme “château” est un peu pompeux, “demeure seigneuriale” serait sans doute plus approprié. L’endroit a été construit au XVIème siècle par Lancelot Ier, seigneur Du Lac – ça ne s’invente pas !

Entourée de petites douves, la bâtisse est composée de tours reliées par un corps de bâtiment, le tout organisé autour d’une petite cour. L’intérieur présente d’abord quelques pièces meublés dans le style du premier empire et de la Restauration, puis l’on accède au “musée des parfums”, sensé retracer l’histoire de la cosmétique depuis la fin du moyen-âge. Soyons francs, si la reconstitution de pièces “typiques” d’un siècle est assez réussie – mention particulière à l’atelier de l’alchimiste – la tentative de diffuser les vieilles fragrances tombe à plat et la partie qui traite du 20ème siècle est assez insipide, malgré une belle collection d’affiches.

La bonne surprise vient du jardin, qui présente un petit labyrinthe, un potager, des fleurs rares et quelques petites choses dans le goût du jardin à l’anglaise. J’ai particulièrement apprécié le petit kiosque dévoré de végétation au bord de la pièce d’eau.

Lire !

L’autre jour, alors que j’attendais Myrrdhin pour déjeuner, j’ai eu le déplaisir de constater que mon lecteur mp3 n’avait plus de batterie et que j’avais fini mon livre le matin même. Et alors même que j’aurais pu me passer de la musique – encore que c’est plus efficace contre les emmerdeurs – le besoin de lire m’est apparu dans toute son ampleur.

Depuis toujours, la lecture fait partie de mon environnement, de mon mode de vie. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture a été une véritable révélation : enfin le monde des adultes s’ouvrait à moi. Je me souviens encore du premier “vrai” livre que l’on m’avait offert à la fin du CP.
A l’origine de cette passion, il y a une profonde angoisse, celle de comprendre le monde : comprendre permet de saisir et donc de maîtriser – à défaut de contrôler – la chose qui fait peur ou qui est insaisissable. La lecture n’est pas à prendre comme une thérapie, mais bien plutôt comme un symptôme d’une angoisse tellement profonde qu’elle se nourrit de tout ce qui est autre.
En même temps, certaines choses particulièrement angoissantes sont volontairement “oubliées” de mes lectures : je lis très peu les auteurs contemporains, encore moins ceux du début du XXème siècle, par exemple, mais je ne sais pas pourquoi.
D’un autre côté, j’envisage la lecture aussi par son rôle d’échappatoire : lire pour s’évader, lire pour ne pas réfléchir, surtout pas aux vraies questions que je me pose. La lecture est une fuite en avant, une forme de boulimie, de faim insatiable, puisqu’on ne pourra jamais tout lire. Un besoin d’accumulation pour compenser un manque.

Mais bon, n’allez pas croire, je lis aussi et surtout par plaisir. Je ne tarderai d’ailleurs pas à répondre au tag de Super Marion Bros.

Ménage à trois

Depuis que nous sommes ensemble, l’Anglais me raconte avec des trémolos dans la voix les exploits de ses chats. Depuis que nous sommes installés, il me tanne régulièrement pour que nous adoptions un chaton. J’ai beau opposer des arguments aussi valables que pragmatiques – ça perd ses poils, ça fait ses griffes sur les rideaux, ça fait ses besoins à côté de la litière – la résistance est acharnée. Tant et si bien que j’ai fini par succomber, et lui offrir un chaton pour son anniversaire, après moultes péripéties*.

Je vous présente Ougol (charbon, en russe). Originaire de l’Orléannais – Belle-Maman a encore frappé – nous l’avons récupérée hier et elle fait le trajet en voiture ce soir. A l’heure où j’écris, elle a fini son premier repérage de l’appart et squatte tranquillement le canapé…
Et en exclusivité, quelques-uns des noms auxquels nous avons pensé :
– Salem : a tenu la corde jusqu’à aujourd’hui, mais finalement abandonné car trop proche du prénom d’une des nièces de l’Anglais.
– Nox : trop Victor Hugo
– Umbra : euh… trop vampire ?
– Kuro (noir, en japonais) : trop “mâle” (nom de chat au Japon mais plutôt un bon gros matou)
– Ai (cendre, en japonais) : ressemble trop à un prénom féminin
– Babayaga : no comment
– Goratrix : cause de divorce immédiat
– Chaussette : private joke, pas adaptable à ce chat-là.

*Péripéties du genre : je décide de le lui offrir pour son annviersaire, et pile à cemoment-là, il me dit dans un grand sourire : “J’ai une idée formidable ! On va demander le chat pour mon anniversaire !” Grand moment de solitude.
Heureusement, Belle-Maman et son oeuvre de propagande sont là, qui ont su convaincre l’Anglais d’attendre Noël, pendant que je prévenais notre entourage. Quiconque faisait une gaffe aurait la joie de découvrir l’ivresse de l’envol depuis notre balcon.
Un grand merci à tous ceux qui ont su garder le secret et à ceux qui ont joué le jeu, notamment vendredi soir !