La très très grande entreprise

Faute d’aller voir W avec Ei aujourd’hui – on ne lutte pas contre une nuit de roleplay – l’Anglais et moi sommes allés voir le dernier film de Pierre Jolivet. On lui devait déjà Ma petite entreprise, ou le parcours du combattant de Clovis Cornillac pour pouvoir monter son restaurant.

L’histoire commence dans le Sud de la France, quand un grand groupe pétrochimique est condamné à payer des indemnités assez dérisoires à un groupe de plaignants. Ceux-ci se déchirent pour savoir s’ils doivent faire appel ou accepter malgré tout cet argent, et trois d’entre eux décident alors de monter à Paris pour trouver un nouvel élément qui pourrait plaider en leur faveur. C’est ainsi qu’ils se font embaucher, comme agent de sécurité, cuisinier ou femme de ménage, et vont tenter de percer les systèmes de sécurité du groupe…
Au début, on peut craindre d’avoir une énième comédie française sur le thème des petits qui affrontent les grands. Mais en réalité, le ton est juste, les situations drôles sans être loufoques et le scénario n’est pas cousu de fil blanc. On rit franchement de certaines scènes ou répliques, et le propos ne se veut surtout pas moralisateur. Une bonne comédie très agréable.

Quantum of solace

“My name is Bond. James Bond.” Voilà, j’ai réussi à traîner l’Anglais dans une salle obscure, lui qui refusait de voir un film dans lequel “de toutes façons, c’est toujours les Russes les méchants”. Même qu’il a aimé.

Le nouveau James Bond reprend immédiatement après le précédent opus. Désireux de dépoussiérer l’image de l’infaillible agent secret, les producteurs avaient entrepris de nous montrer un héros avec un passé, plus instinctif, moins respectueux. De lui créer des failles, aussi. Et le pari était réussi : j’avais adoré Casino Royale.
Mais là n’est pas le propos. Après sa première mission d’agent secret, James Bond ne goûte pas un repos bien mérité en compagnie d’une jolie fille (ça ce sera plus tard), mais continue de traquer les méchants du précédent film. Car oui, désormais, il faut comprendre James Bond comme une série de films et non comme des épisodes indépendants. Notre héros repart donc en chasse aux quatre coins de la planète, sur fond de magouilles politiques et de contrebande de ressources naturelles.

Honnêtement, le scénario, sans briller par son originalité, tient la route. Bien entendu, un cahier des charges minimal est respecté – les James Bond girls, les méchants, les belles voitures et les traîtres – mais la série évolue vers plus d’action et moins de gadget, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les puristes déplorent l’esprit James Bond, mais je trouve personnellement, que c’est une véritable cure de jouvence, qui empêchera sans doute ces films de vieillir trop vite. En revanche, je vous conseille fortement de regarder Casino Royale avant, on comprend mieux les allusions.

Toriniku sômen

Je rentre tout juste de week-end dans la famille de l’Anglais – en particulier ses nièces – et j’ai une flemme monumentale… Donc je vais vous donner une petite recette créée la semaine dernière. La base est assez classique, mais au lieu de riz, j’ai choisi des nouilles asiatiques, plus rapides d’utilisation.


Pour deux personnes
– 300g de blanc de poulet
– 2 faisceaux de sômen (fines nouilles de blé)
– dashi no moto (bouillon japonais)
– ciboulette
– gingembre
– shôyu
– sake
– mirin

Détailler le poulet en bouchées. Préparer une marinade composée d’un tiers de shôyu, d’un tiers de mirin et d’un tiers de sake (environ 4 cas de chaque), accompagnée de ciboulette ciselée et de petits morceaux de gingembre. Recouvrir le poulet et laisser reposer 20 à 30 minutes.
Faire chauffer une poêle à feu vif et y faire revenir le poulet avec l’ensemble de la marinade – attention à ne pas caraméliser, le shôyu attache facilement. Quand le poulet est presque prêt, Faire bouillir de l’eau aromatisée de dashi no moto. Dès l’ébullition, y plonger les sômen 3 minutes, les égoutter et les passer sous l’eau tiède, et égoutter de nouveau. Mélanger poulet et nouilles, sans oublier la marinade réduite avec le poulet et servir aussitôt.

Nota : on peut aussi servir les nouilles dans un bouillon sur lequel seront déposés les morceaux de poulet. Pour cela, conserver l’eau de cuisson et l’assaisonner d’un peu de shôyu et de mirin, et ajouter de la ciboulette fraîche.

Happy Halloween

Hier, au gré de mes pérégrinations sur Facebook, j’ai découvert un site qui m’a fait beaucoup rire : JPop Trash. Ce site catalogue et épingles les travers les plus effarants des artistes de JPop, JRock et visual kei, et surtout de leurs fans. Avec beaucoup d’irrévérence et d’humour salace, mais avec acuité.

Personnellement, je recommande la rubrique “portraits de fans”, qui catalogue tous les cas sociaux que l’on peut rencontrer en convention. Mes préférés : l’étudiant en japonais (le portrait pourrait être complété, il manque des choses), le fan de Saint Seiya (ou “mes chers parents, en fait, vous avez échappé à quelque chose”) et l’otaku-bidochon (espèce malheureusement en voie d’expansion). Il faut également lire les extraits de skyblogs consacrés à ces différentes tendances (effarant de bêtise et d’immaturité) et jeter un oeil aux galeries photos, pour vous faire une idée de ce que le Japon a conçu de plus mauvais.
Pour être honnête, j’aime bien le JRock, X Japan fait partie de mes groupes cultes (au même titre que Placebo ou Muse), il y a des chansons de Dir en Grey et de Luna Sea dans mon mp3 mais ce fanatisme me dépasse totalement. Sans compter tous ces gens qui rêvent de vivre au Japon, persuadés que c’est le pays de la tolérance et de la mode. Ahahaha.

Quoiqu’il en soit, si vous allez sur le site, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires !

Joséphine

Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous faisais part de l’excellente BD de Pénélope Bagieu, adaptée de son blog. Après nous avoir raconté sa fascinante vie quotidienne, la dessinatrice nous narre à présent les aventures de Joséphine.

Joséphine a une grande copine, Rose, mais pas de petit ami. Elle a une soeur exaspérante et une concierge envahissante. Joséphine n’a pas de marques de maillot à son retour de vacances, mais elle a un chat.
Joséphine est un personnage attachant et drôle, dans lequel on se reconnaît forcément un peu. Même l’Anglais a retrouvé ses talents culinaires dans ceux de Joséphine, c’est dire. On rit parfois un peu malgré nous, parce qu’on aimerait bien qu’il lui arrive des choses plus sympathiques, à ce personnage, mais on passe un très bon moment.
A force de lire le blog de Pénélope, on se rend compte qu’il y a quand même beaucoup d’elle-même dans ce personnage, ce qui le rend plus “vrai”.

Mesrine : l’instinct de mort

Toujours dans la catégorie des biopics, très à la mode en ce moment – après Coluche et avant W – nous sommes allés voir le dernier film de Thomas Langman.

Adapatée de l’autobiographie publiée par Jacques Mesrine lui-même, l’histoire nous raconte le parcours du truand avant qu’il ne devienne l’ennemi public numéro 1, de son retour de la guerre d’Algérie à son escapade criminelle au Canada.
Ce qui est surprenant, c’est de constater que le film ressemble à n’importe quel film de gangsters : des voitures, des filles, des explosions, de l’argent… sauf que rien n’est fictif. Sans chercher à faire l’apologie d’un personnage qui s’était construit une image médiatique, le réalisateur nous montre un homme ultra violent, profondément marqué par la guerre d’Algérie, voulant mener la grande vie et grand amateur de femmes. On découvre aussi les liens plus ou moins avoués qu’il a entretenus avec l’OAS, son absence totale de remords quand il s’agit de tuer quelqu’un.

Les acteurs sont bons – notamment Gérard Depardieu dont on aurait pu désespérer – la mise en scène est dynamique. Mention spéciale à la séquence d’ouverture du film, qui permet la transition avec la deuxième partie de l’histoire de Jacques Mesrine. En effet, la suite est prévue sous le titre L’ennemi public n°1 en décembre.

Breaking dawn

Depuis un mois qu’Ei m’avait rapporté le dernier tome de la saga Twilight en direct du pays-du-hamburger, je n’avais pas eu l’occasion de m’y mettre – bah oui, Zola, Stieg Larsson et Moorcock sont passés avant. Cet oubli est désormais réparé et, après deux soirées et une journée dans mon canapé et de nombreux trajets en métro, j’en suis venue à bout.
L’histoire reprend juste après la fin du précédent tome, et nous fait découvrir la relation des deux héros une fois mariés et confrontés à un certain nombre de problèmes… Je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler, donc il faudra vous en contenter.
C’est toujours aussi agréable à lire, fluide, parfois drôle, parfois poignant, même en anglais, et les évènements s’enchaînent logiquement. Personnellement, je regrette que cet enchaînement soit tellement logique qu’il en devienne transparent : j’ai vu venir presque tous les évènements importants de l’intrigue 20 à 50 pages à l’avance. En outre, et même si c’est une des raisons pour lesquelles j’aime cette série (mon côté fleur bleue ado), le happily ever after est un peu trop happy. Presque fade.
Quoiqu’il en soit, il faudra s’en contenter puisque, contrairement à ce qui était annoncé auparavant, Stephenie Meyer a renoncé à publier Midnight sun qui aurait dû présenter l’histoire du point de vue d’Edward, suite à une fuite sur internet de ses premiers essais.

Gastronomie russe

Dimanche, en rentrant d’une cousinade (copyright Zaria) à La Varenne, en voiture, nous nous sommes retrouvés englués dans les bouchons. A tel point qu’en désespoir de cause, mon frère, l’Anglais et moi avons quitté le navire la voiture aux environs de la gare de Lyon pour rentrer en métro. Et alors que Monsieur Tur partait de son côté, nous avons fait escale dans la boutique d’un traiteur russe.

Après un arrêt légitime au rayon vodka – c’est bientôt Noël après tout – où bien entendu l’Anglais n’a pas pu résister à ses origines (biologiques, celles-ci) et a investi. Le commentaire de la vendeuse se voulait rassurant : “Ca se boit comme de l’eau.” Ben voyons. Personnellement, je ne pense pas que ça donne la gueule de bois comme de l’eau…
Nous avons ensuite succombé à l’appel du caviar d’aubergine – institution culinaire pour nous deux – et des cornichons à la russe, comme ceux qui traînent dans les frigos de mes parents depuis toujours. L’Anglais a ensuite voulu de la cacha, sarrasin utilisé comme du riz ou des pâtes, gros souvenir d’enfance. J’ai frénétiquement résisté au pain noir – désolée Matou, je ne suis pas ta digne fille – mais nous avons pris des raviolis aux pommes de terre.

Retour à la maison et test desdits raviolis accompagnés de crème fraîche : c’est bon et idéal pour faire des calories par grand froid ! Il ne manquait plus qu’un peu saumon fumé pour parfaire le dîner.

Coluche, l’histoire d’un mec

Enfin une chronique cinéma ! Il est vrai qu’entre nos sorties costumées, les fêtes de famille et les maladies à répétition, nous ne n’avons pas beaucoup fréquenté les salles obscures ces derniers temps.
Le film Coluche a fait l’objet ces derniers jours d’une publicité importante “grâce” à l’ancien producteur du comique qui contestait le sous-titre du film. Je vous épargne les développements de l’histoire, disponibles dans tout bon journal.
Il est donc ici question d’un moment dans la vie de Coluche, ou plutôt de Michel Colucci, humoriste. A l’automne 1980, alors qu’il est un artiste reconnu et populaire, Coluche décide de se présenter à l’élection présidentielle de 1981, afin de contrer les hommes politiques et leurs discours répétitifs. Ce qui devait être à l’origine une blague – et un coup de pub – prend de telles proportions que les politiques s’effraient pour de bon…

La première chose qui frappe, c’est la métamorphose de François-Xavier Demaison en Coluche. Il arrive à prendre la voix et les intonations bien connues de l’artiste, son jeu lors des représentations est le même, à certains moments le mimétisme est parfait. Mais surtout, il parvient à rendre humain un personnage que nous connaissons désormais presque uniquement par les images qui nous sont diffusées, évoquant ses doutes, ses déboires et ses excès.
Le film est bien, mais l’on peut comprendre les réticences de la famille de Coluche : en effet, l’aspect présenté ici est assez éloigné de l’image lisse et belle du comique au grand coeur qu’on nous ressort tous les ans – même si celle-ci n’est sans doute pas fausse.

Mantegna

Vendredi soir, alors que l’Anglais était en concert avec son groupe, je suis allée me promener au Louvre avec N-chat pour visiter l’exposition Mantegna. Un tel choix peut déconcerter, mais je n’ai pas une âme de groupie, et cela fait du bien à mon amoureux de ne pas m’avoir sur le dos pendant une soirée.

Mantegna est un peintre italien de la fin du XVème siècle, dont l’essentiel de la carrière s’est déroulé à la cour des ducs de Mantoue. L’exposition retraçait sa carrière artistique, présentant les oeuvres qui l’avaient ou auraient pu l’inspirer, sans pour autant se limiter à la peinture – l’exemple du portrait de Sainte Euphémie inspiré d’une sculpture était saisissant. On peut admirer des peintures, certes, mais aussi des dessins, des enluminures et d’autres supports.
A la moitié de la vie de l’artiste, sont présentées des objets reprenant ses oeuvres – médailles en métal, gravures… ainsi que les peintres qu’il a inspirés – on peut citer entre autres le Corrège et Ghirlandaio. Alors que Mantegna a été un peintre officiel, on peut regretter que la majeure partie de l’exposition présente des oeuvres à caractère sacré et peu de sujets profanes. Certes, certaines sont remarquables – en particulier La Vierge de la victoire – mais une de ses oeuvres les plus célèbres – un tableau de la cour de Mantoue – n’était pas exposée.

D’un point de vue plus léger, cette exposition a été pour moi l’occasion d’avoir un matériau extrêmement bien documenté sur l’habillement en Italie – et un peu en Flandres – dans la seconde moitié du XVème siècle.
Quoiqu’il en soit, c’est une belle exposition, malheureusement bondée, comme souvent au Louvre, surtout pendant les nocturnes. Je recommande particulièrement toute la série de peintures à thème mythologique pour le cabinet d’Isabelle d’Este, duchesse de Mantoue.