Prestation des danseries

Bon, je sais, je parle beaucoup reconstitution et moyen-âge ces derniers temps, mais chacun ses tares. Et puis on ne fait pas impunément partie d’une association de danse médiévale.

Mardi soir, donc, nous étions tenus d’animer une soirée privée aux caves. Renseignements pris, il s’agissait de célébrer la parution en France du cinquième tome des Chevaliers d’Emeraude, à laquelle l’auteur, québéquoise, assistait. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que beaucoup de participants était costumés ! Il y avait même une jeune fille avec la peau et les cheveux violets (oh le joli temps du cosplay…). Le ton de la soirée était plutôt médiéval-fantastique, ce qui m’a fait regretter de n’avoir pas ressorti ma robe blanche.

Après des débuts un peu difficiles – à quelle heure on commence ? où sont les musiciens ? – nous enchaînons joyeusement les danses. D’abord en démonstration, où je me frotte à des chorégraphies que j’ai encore un peu de mal à maîtriser (branle de la haie, charlotte, variante des lavandières) ou à des morceaux que j’apprécie beaucoup (bourrée d’Avignon, entre autres), puis nous invitons les participants à nous rejoindre. Etrangement, ce sont surtout ceux qui sont habillés comme les héros du livre qui répondent présents, avec quelques belles performances.

Les “chevaliers” procèdent à un adoubement (et revêtent de magnifiques armures de cuir), et nous en profitons pour piller discrètement le buffet. La danse reprend un peu, mais l’état de mes pieds ne me permet pas de continuer bien longtemps. Quoiqu’il en soit, ce fut une soirée agréable et bien rythmée.

25 ans

Et bien voilà, j’ai franchi la barre symbolique des 25 ans cette nuit (enfin, pour ma mère ce ne sera qu’à 18h40 ce soir), et c’est l’occasion de faire un petit bilan. Bon, je ne vais pas faire une introspection du genre “dans quelle étagère ?” mais plutôt une petite présentation de ce qui a changé et de ce qui n’a pas changé.


25 ans et…
– Toutes mes dents (bon, elle était facile)
– J’aime toujours autant les films pourris (il n’y a qu’à jeter un oeil à ma rubrique cinéma)
– Sur le divan depuis maintenant trois ans (et c’est pas près de changer)
– Toujours aussi bordélique, même si je me soigne

Mais c’est aussi…
– La fin des réductions chez Air France (mais la SNCF et l’Opera m’ont accordé un sursis)
– Je ne supporte plus la Zubrowska, si c’est pas malheureux
– Je sais (enfin) nouer mon kimono toute seule
– Je n’ai plus besoin d’un prétexte pour porter des talons hauts, me maquiller et mettre une jupe en même temps

Last but not least…
– Amoureuse, installée et partie pour durer
– Power of reenactment

Iron Man

Fidèle à mes goûts (qui a dit “de merde” ?) cinématographiques, je suis allée voir Iron Man cette semaine. J’avoue qu’à force de voir des adaptations de comics américains à toutes les sauces et tous les étés, j’appréhendais un peu le résultat. Entre le dernier Spiderman ou l’incroyable Hulk (incroyable d’avoir sorti un film pareil), les oeuvres ne brillent pas par leur qualité.

Fort a priori négatif, donc, mais heureusement très vite effacé par une introduction efficace. Nous voilà partis pour deux heures nous contant l’histoire de Tony Stark, concepteur et marchand d’armes, génie de la mécanique, puant et imbu de lui-même. Après un enlèvement et la fabrication d’une armure symbiote pour se sortir du guêpier (je vous passe les détails), Stark rentre aux Etats-Unis, prend en horreur son ancien métier et ses conséquences sur l’équilibre de certaines régions et décide de recréer une armure plus appropriée pour un super héros.
Scénaristiquement, l’histoire tient debout : on comprend ce qui anime le héros au début, la pensée “toute faite” qui lui permet de ne pas trop se poser de questions sur son métier, les évènements qui l’amènent à changer d’avis… L’intrigue est bien ficelée, les personnages et les situations s’enchaînent avec fluidité – un peu trop peut-être, car certaines ellipses temporelles sont difficiles à saisir. Les effets spéciaux sont superbes, de l’ordinateur chargé de gérer la maison de Stark, à l’armure d’Iron Man. On rit franchement aux vifs échanges entre le héros et ses robots “intelligents” qui enchaînent les bêtises, et la bande-son est efficace.
Un bon divertissement, pas un film d’art et d’essai, mais le meilleur moyen de se détendre et de profiter de la clim’ au cinéma ce week-end !

Heureusement, Ikea est là !

Hier, profitant d’une journée de répit, l’Anglais et moi avions décidé de faire quelques emplettes pour notre nouvelle maison. Car il faut bien l’avouer, les cinq cartons de livres dans le salon commencent un peu à faire désordre. C’est donc la fleur au fusil et l’esprit résolu que nous partons pour une grande enseigne suédoise spécialisée dans la conception de meubles en kit.

Le repérage et les courses sont faits en un temps record : une heure. Nous parvenons même à fuir avant l’arrivée massive des visiteurs attirés par la climatisation et l’ouverture un jour férié. Au programme de nos acquisitions : deux étagères (le fameux modèle Billy que nous avons tous eu au moins une fois dans notre vie), mais aussi de menus objets pour la cuisine et une nouvelle lampe.
Les ennuis surviennent au moment du chargement de la voiture : en effet, le modèle dont nous disposons est quelque peu étroit et, même aménagé en break, se prête difficilement au rapatriement des planches d’aggloméré de 2m de long. Nous voilà donc roulant à petite allure avec des étagères dépassant joyeusement du coffre d’une bonne cinquantaine de centimètres. Tout se passe pour le mieux jusqu’à cette bretelle d’accès du périph’ où un idiot nous accroche (en doublant par la droite) et se met à nous engueuler (pour faire bonne mesure).

De retour dans notre magnifique quartier, impossible de se garer (forcément, c’est la Foire de Paris), nous voilà donc en train de décharger en double file les 70 kgs d’étagères. De désespoir, l’Anglais ira directement garer la voiture à Clamart et rentrera en métro, les portes d’étagère sous le bras…
Mais quoiqu’il en soit, le bilan de la journée est très positif : outre des livres rangés (dans la bibliothèque ou par terre, en piles), nous avons évité les écueils propres à une journée pareille : pas d’engueulade pour cause d’itinéraire perdu, pas d’engueulade sur le choix des meuble, pas d’engueulade pour le montage (j’ai lâchement abandonné l’appart pour Monop’). Yihaa.

Cojean

Encore un lieu découvert à l’heure du déjeuner, mais autrement plus “branché” que les autres… Cojean est une sorte de cantine bobo, où l’on trouve les produits traditionnels de boulangerie et de snack, mais de bien meilleure qualité (et à des prix plus élevés aussi, il faut bien l’admettre).

Outre les sandwiches baguette, pain de mie ou wraps désormais classiques, on trouve des petits plats aux saveurs et textures élaborées, des pâtisseries aux parfums variés et des boissons un peu trendy. Mais le grand point fort de l’endroit est, de mon point de vue, les jus de fruits et de légumes aux noms évocateurs (qui a déjà bu un jardin dévasté ?). En ce moment, on peut par exemple trouver un délicieux gaspacho ou le désormais fameux jus d’herbes de blé (si c’est pas un truc à bobos stressés, ça…). Ma préférence va au Think pink (orange-framboise) et au 10 heures du soir l’été (orange-ananas-fraise). Les différentes adresses sont disponibles ici.

Fêtes johanniques d’Orléans

Tous les ans, Orléans célèbre Jeanne d’Arc, et le début des festivités est placé sous le signe du moyen-âge. L’Anglais et moi avions donc prévu une escale de quatre jours sur place (hébergement et nourriture gracieusement fournis), mais le 1er mai fut finalement consacré à notre démlénagement, fi donc du défilé et du campement. Nous ne sommes donc arrivés sur place que vendredi soir afin de profiter du marché médiéval aujourd’hui.
Le lieu d’exposition, le campo santo à côté de la cathédrale est beau et bien aménagé (avec la paille pour “faire vrai”), mais il faut quand même souligner qu’en matière de marché il y a de quoi être frustré… Plus qu’un marché historique comme Pontoise ou vraiment médiéval comme Provins ou Dinan, il s’agit d’un marché artisanal dont les exposants sont “costumés”. Bien entendu, quelques valeurs sûres subsitent : la Carité, l’hypocras du pays d’Oc, Velay Créations… ainsi que quelques habitués de la taverne. Mais l’enthousiasme n’est pas vraiment le même, les gens costumés sont des bêtes de foire et l’endroit est le lieu de rendez-vous des goths du coin.
Malgré tout, nous avons pu réaliser quelques achats qui commençaient à se faire pressants : un sac en futaine noire (pour nos courses), une coiffe pour moi (pas du tout ce que j’espérais, mais bien pratique, surtout sous le soleil) et quelques bouteilles et victuailles. Et comme Ei l’a suggéré, je vous joins l’image qui a inspiré mon costume, trouvée dans le Luttrell Psalter, mine d’idées pour la reconstitution historique.

Emménagement

Quand vous lirez ces lignes, l’Anglais et moi serons en train de déménager ! Après deux mois passés dans ma petite chambre d’étudiante, la cohabitation devenait parfois difficile, surtout dans 17m². Nous avons jeté notre dévolu sur un joli deux pièces à 25 mètres de mon ancien appart, ce qui a le mérite de faciliter les choses.
La chambre, le salon et la cuisine sont éclairés par de grandes baies vitrées qui donnent sur le balcon. Il faut également noter la grande salle de bains équipée d’une baignoire, un dressing – enfin, il n’y aura plus de fringues par terre – et une cave.
Pour couronner le tout, nous bénéficions d’un jardin collectif et d’un calme étonnant compte tenu de la situation de l’immeuble.
Vous aurez sans doute des nouvelles rapidement, même si internet ne sera pas rétabli avant deux semaines, et surtout si je survis à la montagne de paperasseries à écluser : après l’assurance, EDF, France Telecom, la banque et le travail, il me reste – seulement – à contacter Neuf Telecom, SFR, le service des élections, les impôts et la poste.

Nouvelles tenues

Bon d’accord, plus si neuves que ça, puisque nous en avons fait l’acquisition en février et que nous les avons étrennées en mars. Mais les vacances et les différents sujets plus ou moins sérieux – mes excuses à l’ex dompteuse de zoo – ont occulté cet épisode.

Pour l’Anglais, une tenue ukrainienne de la Renaissance, composée d’une tunique noire galonnée, d’une ceinture assortie, d’un long manteau en laine dont les manches peuvent s’ouvrir (attention, ceci est différent des manches à crevées) bordée de fourure et un chapeau taillé dans les mêmes matières. Passée la première hésitation à porter du rouge – ben oui, le rouge, ça se voit – l’effet est superbe et tient bien chaud dans les rues de Paris. En bonus, la boutique nous a offert une tunique viking bleu foncé bordée d’un galon doré, idéale pour les soirées médiévales l’été.

Pour ma part, j’ai choisi une tenue XIVème siècle en lin, composée d’une cotte rouge à manches longues et d’un surcot bleu, doté des fameuses portes de l’enfer, les ouvertures sur les côtés. Les deux parties de la tenue sont ornées de galons aux manches et au col, et les manches de la cotte peuvent s’ouvrir pour découvrir les poignets. L’ensemble comporte également une coiffe, également en lin bleu, mais qui me semble trop grande par rapport aux reproductions de l’époque, et qui, en outre, tombe très facilement de la tête. La prochaine étape consistera donc à me dégotter une coiffe digne de ce nom, car je ne peux me promener en cheveux comme une fille de mauvaise vie !

Mademoiselle Else

Mademoiselle Else est un court roman d’Arthur Schnitzler publié au cours de l’entre-deux-guerres. Il relate, sous la forme d’un monologue intérieur, parfois interrompu par des moments de discussion, une journée dans la vie d’Else, fille d’un avocat réputé. Après avoir reçu une lettre l’informant de la ruine prochaine de son père, Else se voit forcée de réclamer l’aide de Dorsday, un riche marchand d’art qui passe ses vacances dans le même hôtel qu’elle. Ce dernier accepte, à la condition de pouvoir contempler la jeune fille nue pendant un quart d’heure. Prise entre le désir de sauver son père, l’impossibilité d’accepter l’offre de Dorsday et de nombreuses contradictions, Else finit par se déshabiller dans les salons de l’hôtel avant de se suicider avec des somnifères.

Sur une trame en apparence simple, Arthur Schnitzler développe une analyse perspicace des pensées d’une jeune fille confrontée à un dilemne insolvable. Il parvient à retranscrire tous les aspects de la personnalité de l’héroïne – sa timidité, sa révolte, sa soumission aux ordres familiaux, sa sensualité… – et le conflit qui l’habite. La forme originale du monologue intérieur, qui n’est pas sans rappeler le stream of consciousness si cher à mes professeurs d’anglais, la concision du style, la galerie de portraits épinglant la grande bourgeoisie autrichienne, les liens avec la psychanalyse et avec le travail de Freud… tout cela contribue à faire de ce texte une oeuvre marquante et enrichissante.

Shine a light

Hier soir, séance ciné à Bercy. Au programme, le film que Martin Scorsese a réalisé sur les Rolling Stones ou, plus simplement, le meilleur DVD live jamais réalisé… Car il s’agit de cela : Scorsese, metteur en scène mondialement connu, filme les Stones au cours d’un concert au Beacon Theater à New York. Après une vraie-fausse introduction sur la préparation du concert, la construction des décors, la place des caméras et la définition de la set list, le film tout entier retransmet le concert de charité donné en novembre 2006, entrecoupé de quelques scènes d’archives (reportages, interviews…).
Il s’en dégage une grande impression d’énergie : même quand on connaît mal les Stones, on ne peut qu’être sensible à leur musique, au talent déployé par les membres pour donner le meilleur d’eux-mêmes et “faire le show”. Mick Jagger saute, chante, crie, tressaute – j’ai vérifié, il est sur la pointe des pieds en permanence – et paraît… bizarre. Mais ce n’est pas ce qui empêche le public féminin de crier. Keith Richards rigole en permanence, joue, fait une oeillade à une fille, se marre… M’est avis qu’il a un peu fumé avant de monter sur scène, et sans doute pas que du tabac. Ron Wood et Charlie Watts sont plus en retrait, même si on ne peut vraiment pas les accuser de faire le minimum. L’expression pince-sans-rire de Watts est assez drôle, bien que ce ne soit sans doute pas voulu.

Malgré tout, on sent tout de même les tensions qui émanent du groupe, en particulier la personnalité écrasante de Jagger, qui regarde d’un oeil torve Richards interprétant un duo avec lui, ou sortant carrément de scène quand ce dernier chante You got silver et Connection (très beaux morceaux que j’ai découverts). Comme par hasard, le premier rang du public est exclusivement constitué de femmes jeunes et belles… sauf devant le proscénium (l’avant-scène) où l’on peut distinguer Bruce Willis coiffé d’une magnifique casquette jaune.
Je regrette un peu que le film soit surtout dédié au concert, et moins aux préparatifs ou à l’ambiance des coulisses. On aurait pu souhaiter un peu plus d’images d’archives, une bonne idée mais trop peu exploitée à mon goût, même si le leitmotiv du film est repris dans toutes les interviews : “Vous voyez-vous encore faire ça à 60 ans, Mick ?” “Bien entendu.”