99F

Hier, avec Rafu, Ced et Maxou, nous sommes allés voir (enfin !) 99F, film tiré du roman éponyme de Frédéric Beigbeder. J’avais lu le livre à sa sortie vers 2000, et je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable ; je me rappelle surtout du battage médiatique autour de l’ouvrage, notamment à cause de son côté “sulfureux”, car prétendant à nous montrer la vérité toute nue.
Bon, le film en lui-même est vraiment bien. L’histoire est celle d’Oscar, un publicitaire qui prend tous les êtres humains pour des cons, à part lui et quelques heureux élus bien entendu, complètement immature et égocentrique. Le but est en même temps de montrer la conception et la réalisation d’une campagne de pub.
C’est réalisé par Jan Kounen, donc complètement déjanté : les scènes où le personnage est sous cocaïne sont hallucinantes (et hallucinées) – avec une mention spéciale à la parodie de pub Kinder – et le mode narratif est intéressant. En effet, le film commence par la fin – ou une fin potentielle, plutôt – pour nous expliquer comment le héros en est arrivé là. A noter, la prestation remarquable de Jean Dujardin, criant de vérité en clone de Beigbeder, suffisant et survolté.

Le problème, selon moi, vient de la pseudo-morale de l’histoire : on vous ment depuis toujours, mais vous êtes trop cons pour vous en rendre compte. D’ailleurs, pour vous faire culpabiliser de consommer, on se permet de vous faire remarquer que 10% du budget mondial consacré à la pub pourrait endiguer la faim dans le monde. C’est exaspérant.
La deuxième critique concerne le propos : la pub c’est mal, regardez, c’est comme ça qu’on fait – alors même que l’auteur, Frédéric Beigbeder, est un produit marketing à lui tout seul. Critiquer le système, soit, mais quand on est soi-même un pur produit dudit système, ça sonne faux.

Quoiqu’il en soit, on passe un très bon moment, on rigole beaucoup, les parodies de pubs sont marrantes et la mise en scène très travaillée.

London trip

Ce week-end, c’était donc les folles aventures de Kleo au pays-du-cheddar-en-folie. Un truc à retenir : j’ai beau aimer l’avion, l’industrie aéronautique ne s’est pas beaucoup grandie dans mon coeur ce week-end. Une heure de retard au départ de Paris (pour une heure de vol) et des ennuis à n’en plus finir au départ de Londres avec le service sécurité. Des fois que je veuille commettre un attentat à coups de produit pour lentilles de contact.

Justification culturelle du voyage : la Tate Modern, cet immense musée d’art contemporain installé dans une centrale électrique désaffectée. Après m’être paumée deux ou trois fois – comprenez par là que l’entrée est soit mal indiquée, soit que je suis très myope – j’ai enfin découvert l’immense “Hall de la turbine” dans lequel est actuellement exposé Shibboleth, oeuvre en forme de faille géante qui traverse toute la salle, symbole de l’incompréhension et du racisme. Ce que j’aime avec les artistes de nos jours, c’est qu’ils ont toujours un truc à dire. Hem.
Suite de la visite dans la division “Dream and poetry” qui fait la part belle aux oeuvres du mouvement symboliste. Intéressant, mais j’ai dû écourter la visite pour cause d’indigestion de cookies. Du coup, je suis bonne pour y retourner.

Argument shopping du week-end : Camden Town, plus connu désormais sous le nom de temple-de-la-tentation-ultime-de-la-mort-qui-tue. Outre que tous les 3 pas je m’exclamais “Oh, on dirait Harajuku !” (moi tatamisée ? pas du tout), l’endroit regorge de vêtements d’occasion, t-shirts humoristiques, tenues gothiques ou cyber-punk, surplus militaires ou accessoires en tout genre. Le rêve pour une midinette comme moi. Et le cauchemar pour mon porte-monnaie. Croyez-moi ou pas, mais je n’ai rien dépensé, à part en nourriture (il faut bien manger, cinq heures de balade dans la foule, ça creuse).

Sinon, j’avoue que je n’ai pas fait le détour obligé par TopShop et que je me suis abstenue du “London guided tour” en bus. Mais c’était mon meilleur week-end depuis fort longtemps.

Avis de vacance du post

Chers lecteurs *scrute l’assistance clairsemée*
CHERS LECTEURS *tiens, y’en a un qui sursaute*
Hem, pardon. Maintenant que vous êtes éveillés et attentifs, pendus à votre écran d’ordinateur en attendant la suite de ce message improbable, je peux vous faire part de la nouvelle. En fait, j’écris simplement pour vous dire que je suis à Londres jusque dimanche soir, donc vous n’aurez pas de nouvelle de mes aventures avant quelques jours. Mais vous pouvez toujours commenter les anciens articles, c’est pas interdit.

*Enfile son trench, attrape son parapluie et sort. Rideau*
Kleo, britishly (?) yours

Stardust

Bon, j’hésitais à faire cet article, d’abord parce que le sujet date un peu, ensuite parce que chroniquer un film qui ne sortira que dans quelques semaines, ça peut être assimilé à de la violence psychologique. :p Aujourd’hui, je vais donc vous parler de Stardust, un film fantastique inspiré d’un roman de Neil Gaiman et interprété – entre autres – par Michelle Pfeiffer, Claire Danes et Robert DeNiro, que j’ai eu l’occasion d’aller voir avec Dan. Comme ça, tout le monde saura qu’il ne va pas voir QUE des films pourris, et j’aurai fait mon devoir, niark niark niark.

L’histoire est celle de la survie d’une étoile, tombée du ciel sous les traits d’une magnifique jeune femme. Malheureusement pour elle, nombreux sont ceux qui voudraient mettre la main sur elle et ses pouvoirs : une méchante sorcière, plusieurs princes de la même famille royale et… un jeune homme un peu rêveur. Je n’en ajoute pas plus, je pense que vous vous doutez du reste de la trame.

L’histoire est jolie, mais la mise en scène est très sympathique : on sent vraiment que les Anglo-Saxons mettent les moyens dans leurs réalisations. Beaux effets spéciaux, très beaux décors et costumes… Quelques scènes d’anthologie, en particulier sur le navire du personnage de Robert DeNiro, rythmée par la musique d’Offenbach (non, je n’en dirai pas plus !).

原爆文学

Lire “genbaku bungaku” ou littérature atomique, c’est-à-dire, la littérature inspirée par les bombardements de Hiroshima et Nagasaki en août 1945. On ne peut pas parler du Japon, comprendre encore aujourd’hui l’attachement quasi viscéral de ce peuple au pacifisme, sans parler de la bombe atomique. Plusieurs écrivains ont relaté leur expérience personnelle du drame, ou imaginé, à partir des conséquences réelles du bombardement, l’histoire des survivants. Cela donne un nombre assez restreint d’écrits – poèmes, romans, essais – mais extrêmement poignants.

Bien entendu, je n’ai pas lu toute la littérature disponible sur le sujet – une partie n’est disponible qu’en japonais pour le moment – et c’est vraiment une lecture difficile. Parmi les plus connus, on peut citer Pluie noire de IBUSE Masuji (qui a donné lieu à une adaptation cinématographique en 1989), ou les textes de OE Kenzaburô dont le fils aîné a été gravement handicapé suite à une irradiation de ses parents.

Mais ce post est aussi la conséquence d’une lecture récente, Hiroshima, fleurs d’été, de HARA Tamiki. L’ouvrage présente trois nouvelles de cet auteur, chacune retraçant un moment “autour de la bombe” : avant, pendant, après. La nouvelle qui a lieu pendant est sans aucun doute la pire, la plus poignante : j’ai pleuré pendant les deux tiers du récit. Malgré la tension qui en émane, je ne peux que vous inviter à découvrir cette littérature, à petites doses bien entendu.

Et en parlant cuisine….

…Toujours hier, je traînais à la librairie à côté du bureau, quand je tombe sur un petit livre de recettes dédié exclusivement à la pomme de terre. Connaissant à la fois le sérieux de cette collection et mon amour des tubercules – et dans un grand élan de générosité, puisque je l’ai eu à 4 euros – j’en ai fait l’acquisition. Jolies illustrations, recettes apparemment simples et appétissantes, tout pour plaire !
Plus de nouvelles prochainement, j’espère.

Le goût de la vie

Hier, Nentari et moi sommes allées voir un film débile. Du genre qu’on culpabiliserait presque à regarder, tellement c’est crétin. Mais bon.
Le goût de la vie, c’est une comédie romantique américaine sur la rencontre entre une femme chef, maniaque et avide de contrôler tout ce qui se passe, et son sous-chef, qui passe son temps à chanter de l’opéra et qui cuisine italien… Bon, l’argumentaire est classique, mâtiné d’une histoire de petite nièce orpheline, mais l’intérêt du film de réside pas là.
Personnellement, ce qui m’a plu, ce sont les scènes dans le restaurant, en particulier dans la cuisine – parce qu’en salle, c’est très conventionnel – et la préparation des plats. Comme la mauvaise idée du jour était d’aller à la séance sans avoir mangé, j’ai l’estomac qui a gargouillé pendant tout le film…

Typically French, as possible

Hier, j’ai revu Yoshi, mon ex de quand j’étais là-bas, pour la première fois depuis deux ans. Avec sa copine Seiga, je précise, donc sans arrière-pensée aucune. Ils m’avaient demandé de les emmener dîner dans un restaurant traditionnel puis d’aller boire un verre. Autant pour le bar, je n’ai pas eu d’hésitation, autant le resto c’était plus dur, puisque la bonne bouffe française, c’est à la maison. Le resto, c’est le jap.

Le salut est venu de maman, la semaine dernière : réunissant ses filles pour un déjeuner du côté de Madeleine, elle nous a emmenées à L’Ecluse, un petit bar à vins de la place. On y mange très bien (après un plat, en général, le fromage et le dessert ont peine à passer) et, pour chaque plat, les serveurs vous recommandent un vin particulier, que vous pouvez prendre au verre. J’ai craqué pour les tagliatelles au foie gras et jambon Serrano, Seiga – comment un si petit gabarit peut-il manger autant ??? – a choisi une “assiette autour de l’oie et du canard”, composée de rillettes, magret, confit, gésier… Et Yoshi a opté pour le saumon à la plancha et purée de fèves – tout en finissant l’assiette de sa copine. Pour le vin, un bon verre de Pessac-Léognan a joliment soutenu le repas.

Deuxième étape de la randonnée parisienne : le bar. Heureusement qu’à une époque, quelqu’un de ma connaissance aimait fréquenter les lieux branchés et cosy (c’était une demande appuyée de Yoshi, l’endroit cosy). Je les ai donc emmenés au Barlotti, dont le bar, au dernier étage, est très confortable : larges fauteuils et tabourets recouverts de velours, moquette moelleuse, éclairage atténué, musique d’ambiance pas trop présente mais suffisante pour ne pas mélanger les conversations… Ils étaient ravis. En outre, le barman connaît son métier : que ce soit le très coloré et très goûteux cocktail de fruits de Seiga, le délicieux mojito de Yoshi (et pourtant j’aime pas le rhum) ou la température de ma Zubrowka, tout était parfait.

Une dernière petite photo de la place de l’Opéra et retour dans les chaumières…
L’Ecluse : 15, Place de la Madeleine, Paris VIII
Le Barlotti : Place du Marché Saint-Honoré, Paris I

La dernière légion : le navet de l’année

Bon, je sais, je ne suis pas la première à chroniquer la chose, Lily et Rafu m’ont devancée. Mais je ne peux résister au plaisir de vous raconter cette séance épique…
Mercredi soir, donc, avec Lily, Rafu, Ced, Maxou, Gaygory et Dan, nous sommes allés voir “La dernière légion” (sur une idée originale de Daniel). Rien qu’à la lecture des critiques, nous avons l’eau à la bouche : “Nul”, “désespérant”, “Colin Firth est boudiné dans sa cuirasse”… Et bien le pire : les critiques étaient en-deçà de la réalité !
Qu’y a-t-il de plus mauvais ? L’absence de scénario, les répliques qui tombent à plat, les clichés désespérants, les chorégraphies tellement élaborées qu’on y croit pas une seconde ou la ridicule tentative de faire le lien entre chute de l’Empire romain et mythe arthurien ?Les acteurs ne sont pas mauvais, mais ils ont tellement de choses inintéressantes à dire qu’ils en sont pitoyables. Le seul qui s’en sort à peu près, c’est le jeune acteur qui interprète Romulus Augustulus (et encore, le pauvre risque d’être marqué à vie par un rôle pareil…)

Alors pourquoi parler de ce film ? Justement parce qu’il est tellement mauvais qu’on en rigole. Il faut y aller en groupe, et surtout ne pas hésiter à pourrir l’ambiance en faisant des blagues et des commentaires. Ou rigoler fort comme seul Maxou sait le faire. Le plus important : ignorer les regards noirs des spectateurs venus sans savoir à quoi s’attendre, les pauvres.
De ce point de vue, c’est une réussite remarquable : à la fin du film, nous avons mis un quart d’heure à nous remettre de notre fou rire collectif, la palme revenant à la pauvre Lily qui en pleurait à chaudes larmes !

Vivement qu’il sorte en DVD, qu’on se fasse une soirée bière et navet.

Crime

Alors que je commençais à aller mieux, à mettre de la distance par rapport aux évènements, un message que j’ai eu le malheur de lire m’a replongée un mois en arrière. Et en même temps qu’y puis-je ? Même si j’ai accepté la situation, j’en ai souffert tout autant. La seule chose que je puisse faire à présent est de laisser le temps apaiser les tensions et de me tourner résolument vers l’avenir.
http://taouneshou.canalblog.com/archives/2007/09/25/6323114.html#comments

Mais quoiqu’il en soit, j’ai décidé de tourner la page. Pour toi.