Grève et agacement

Et bien oui, je suis désolée, je me sens obligée cette fois-ci d’aborder le sujet des grèves qui, comme les maronniers, reviennent tous les ans. Je ne peux m’empêcher de noter au passage qu’elles ont rarement lieu en plein mois d’août…
Grève, donc, et les deux lignes qui passent à côté de chez moi totalement interrompues. Il a donc fallu marcher, récupérer une gare, attendre le métro, s’entasser dedans en suffoquant, descendre le plus vite possible pour ne pas rater la correspondance, espérer que correspondance il y aura, reprendre le métro, marcher… et arriver avec 45 minutes de retard au bureau. Déjà, je suis arrivée je ne devrais pas me plaindre.
En effet, une bonne partie de mes collègues n’a pas pu venir aujourd’hui et, si on peut décompter une journée de RTT pour ne pas perdre de salaire, au bout de trois jours ce sera plus compliqué. Quant à d’autres, tels Juntaru, Maxou et Ced, ils ont carrément dû dormir sur place ! Vous lisez bien.
Je ne remets pas en cause le droit de grève, mais celui d’emmerder le monde. Pourquoi ne pas faire comme ailleurs en Europe, se mettre en grève, le faire savoir, mais continuer à assurer le service ? Vivement le 1er janvier et l’instauration du service minimum.

Sur ce, je vais manger, la marche à pied, ça creuse.

Marché médiéval de Pontoise

Hier, sur une proposition de N-Chat, nous nous sommes rendus au marché médiéval de Pontoise. N-Chat en civil, Dan et moi en tenue, non mais. J’y étais déjà allée en avril, et j’ai été surprise de constater que la surface d’accueil avait doublé par rapport à ma dernière visite. Outre un “campement” d’artisans installé en plein air (enfin, sous des tentes quand même, on est en novembre), on trouvait trois scènes où alternaient en permanence des spectacles – musique, acrobaties, théâtre… – et un espace pour des joutes et des démonstrations d’escrime artistique. Mention spéciale à la compagnie les Dragons du Cormyr, danseurs, acrobates, musiciens de talent, qui ont animé deux scènes presque successivement et avec une belle énergie.
Nous déambulons nonchalamment entre les étals, plus préoccupés par le faible montant de nos économies que par le “qu’est-ce que je pourrais bien acheter ?”. Hésitations, essais. Repérés : une magnifique robe XVème en soie vieux rose et grise (totalement hors budget), des bracelets de force en cuir aubergine (si un jour il me venait l’envie de jouer à Xéna la Guerrière), un diadème en laiton (bon, d’accord, j’en porte jamais), de très odorants bocaux de pâtés et plats à réchauffer…

Bilan des courses : des bocaux de nourriture médiévale pour N-Chat, des bracelets de force (non pas des violets) pour Dan et le cadeau de Noël d’Ei pour moi.
Mais n’oublions pas la révélation de cette journée…

*Mode flash-back*
Il y a de cela bien longtemps, alors que je découvrais les mystères de la fantasy, du med-fan et de la culture celte, je me suis rendue au Festival Interceltique de Lorient. Là, mon regard fut ébloui par un bijou, une bague constituée d’une pâte de verre colorée (en bleu ^^) enserrée dans une résille métallique. C’était il y a dix ans (je vous laisse faire le calcul de mon âge, et le premier qui dit que je suis vieille est privé de gâteau) et j’avais toujours l’espoir secret de me l’offrir un jour (et de la retrouver aussi, mais dans les fêtes médiévales, il arrive parfois de drôles de choses).

*Fin du flash-back*
Je tombe en arrêt devant un stand de bijoux créés d’après des modèles vénitiens et ottomans du moyen-âge. Des bagues en pâte de verre avec une résille métallique. Je bave devant. Teste les couleurs. Laisse glisser discrètement mon regard vers les bracelets, résilles de main, pendentifs, colliers et ornements de ceinture. Repousse les pièces dorées. Finis par me décider pour un bleu profond, après avoir longuement considéré le bleu azur. Et là, surprise : “Non, c’est moi qui te l’offre.”. Rouge pivoine la Kleo, mais très heureuse. Un rêve d’adolescente qui se réalise, si longtemps après, c’est une jolie histoire, non ?


Désolée pour la qualité mais mon appareil est vieux.

Le reste de la journée se passe bien, entre frustration de ne pas pouvoir danser, arrêt obligatoire à la “taverne” où, contrairement à Provins, on ne mange pas très bien et où l’on paie assez cher, et saluts plus ou moins chaleureux entre connaissances (à force, on rencontre un peu toujours les mêmes gens). Retour à Paris sous des trombes d’eau – nous avions heureusement prévu les vêtements civils en cas de problème. On ne s’est presque pas perdus, ce qui, avec N-Chat, relève du miracle. Penser à lui offri un GPS pour Noël.

Elégie

C’est fini… Après trois années à se battre contre la maladie, la maladie l’a emportée. Mardi matin, elle fermé les yeux à jamais. Tristesse, bien entendu. Mais soulagement aussi. Soulagement de savoir qu’elle ne souffre plus, qu’elle n’aura plus à subir tous ces traitements. Tristesse de savoir que je ne la verrai plus, que plus jamais je ne l’entendrai m’appeler “Ma chérie” avec ce timbre si particulier.
Jeudi matin, avant la cérémonie, je vais la voir. Elle a les yeux fermés, les mains jointes. Je n’ose pas la toucher. “C’est bien elle, n’est-ce pas ?” “Oui”. A quoi ai-je répondu ? Ai-je confirmé que c’était bien elle qui reposait ici ? Ou ai-je affirmé que, même dans la mort, elle se ressemblait ? Je ne veux pas le savoir.
Puis viennent la mise en bière, la répartition des fleurs, tous ces gestes que je connais pour les avoir lus ou vus, jamais pour les avoir pratiqués. Chacun à notre tour nous pleurons. Vision terrible de ma mère pliée en deux, écrasée de chagrin. Tenir pour permettre aux autres de lâcher prise.
La cérémonie se passe comme si j’étais loin d’ici. Je ne peux qu’approuver les paroles du prêtre, même si celles-ci ne font pas appel à mes propres croyances. Pleurer soulage mais ne ressuscite pas. Il faut continuer d’avancer.
La sortie de l’église, l’attente au crématorium sont autant de douleurs qui m’arrachent des larmes. Mais je sais que mon chagrin n’est que “de surface” : comme une bête tapie, il attend son heure pour surgir, mais je lui ai intimé l’ordre de se taire pour le moment. “C’est fini, on ne la verra plus jamais”. Comment leur dire que ce n’est pas une véritable fin ? Exprimer que nous y viendrons tous, chacun à notre tour ? Leur faire comprendre que c’est une pause et non un arrêt définitif ? Mais je sens que de telles paroles reviendraient à nier leur chagrin. Aussi je me tais : le silence et les gestes sont parfois plus éloquents.
Derniers gestes, dernier hommage. La dispersion des cendres, le retour à la terre. Que rien ne demeure. Poussière, tu retourneras à la poussière. Seuls subsistent quelques fleurs et nos souvenirs.

Tartare de boeuf à la coréenne

Chose promise, chose dûe ! Voici donc la nouvelle catégorie dévolue à la cuisine en général et aux plaisirs de la table en particulier. A ne pas confondre avec la catégorie “Lieux” qui recense les endroits que j’aime. Une première recette pour vous mettre en bouche.

Tartare de boeuf à la coréenne (dose pour une personne)
– Viande hachée
– 1 jaune d’oeuf
– 4 cuillères à soupe d’huile de sésame
– graines de sésame blanc et noir
– 1 cuillère à café d’ail haché
– Sel (poivre)

Mélanger tous les ingrédients jusqu’à obtenir un mélange homogène. Pour corser l’affaire, vous pouvez essayer de réaliser cette opération avec des baguettes (une paire dans chaque main). Assaisonnez selon votre goût (l’huile de sésame est un peu forte quand on n’a pas l’habitude) et servez avec du riz blanc ou une salade verte.

Bio attitude

Oui, je sais, un resto/épicerie bio chroniqué dans mon blog, alors que je suis une adepte du coca light, des bonbons chimiques et de la junk food, ça fait bizarre. Mais je dois avouer que je suis conquise. A côté de mon bureau, on trouve donc une épicerie spécialisée dans le bio et ses dérivés. L’endroit fait un peu “refuge hippie”, entre tuniques en lin bio éthique et cours de yoga, mais les propriétaires tiennent une table d’hôtes.
Le menu est le même pour tous, et comprend une grande assiette de légumes cuits ou cru, assaisonnés de différentes manières, parfois accompagnés de tofu ou d’algues, mais le contenu change tous les jours. On s’assied à une même table, on discute entre voisins, l’ambiance est sympathique, la nourriture délicieuse. Parfois, si vous avez de la chance, il y a même du dessert.
Il vous en coûtera 11 euros pour un repas, 3 euros si vous souhaitez vous damner avec leur crumble aux poires. Ouvert uniquement le midi.

L’Essentiel
3bis, rue Bleue
75009 Paris

Neige de printemps

Je sais, cette accroche peut sembler surprenante. “Déluge d’automne” eût été plus approprié, surtout vu le temps aujourd’hui… En réalité, il s’agit du titre d’un roman de MISHIMA Yukio, auteur japonais contemporain, surtout connu en Occident pour s’être suicidé rituellement et en public en 1970. Mais c’était aussi un écrivain prolifique, très attaché à la “tradition du Japon” et qui a écrit des oeuvres qui expriment remarquablement ce thème.

Neige de printemps est le premier volume de la tétralogie La mer de la fertilité, dernière oeuvre de Mishima. Le roman nous narre l’histoire de Kiyoaki et Satoko, deux jeunes gens issus de l’aristocratie au tout début de l’ère Taishô (1912-1926). Les héros vont s’aimer et, à cause de leur amour, enfreindre l’interdit le plus sacré de la société japonaise : ils bafouent les fiançailles de Satoko, promise à un prince impérial. Au-delà de l’histoire tragique de cet amour qui ne se réalise que dès lors qu’il devient impossible – et qui pose la question du désir et de ce qui le fait naître – le roman met en scène l’idée de la décadence de la société japonaise, cher à Mishima. En opposant les deux jeunes gens qui, malgré (ou à cause ?) de l’interdit, restent purs dans leurs intentions et leurs sentiments, à leurs parents, qui symbolisent l’apathie ou l’égocentrisme, une sorte de génération qui aurait pourri les efforts de ses aînés, instigateurs de la révolution Meiji, Mishima rend encore plus désespéré son “combat” pour la pureté et la suprématie du Japon. En outre, l’écriture est magnifique, ciselée, riche en détails surprenants ou poétiques, ce qui ne gâte rien.

Meet the parents

Ce week-end était le moment tant attendu du “Papa, maman, j’ai quelqu’un à vous présenter.”. Pour l’un comme pour l’autre après tout : autant faire d’une pierre deux coups. De samedi matin à dimanche après-midi, donc, rencontre à Orléans. Je suis malade de stress dans le train – d’autant plus qu’on n’a pas beaucoup dormi et que j’ai forcé sur la vodka pomme la veille – mais tout se passe bien. Des gens charmants, chaleureux, très accueillants. J’ai déjà l’impression de faire partie de la famille, entre planning de Noël et préparation des vacances d’été !
Dimanche, c’était son tour de rencontrer mon père et très belle-maman. Pas d’incident, aucune tasse de chocolat qui atterrit sur le tapis… Un grand merci à Chacha pour ses efforts louables pour détendre l’atmosphère à coup de blagues.

Somme toute, le passage (quasi obligé) s’est bien déroulé, même si par la grâce des familles recomposées et de l’indépendance des aînés, nous n’avons pas encore rencontré/présenté tout le monde !

Michael Clayton

George Clooney est un acteur, réalisateur et producteur reconnu, après avoir passé quelques années à jouer les utilités et renflouer son compte en banque dans Urgences. Ses choix artistiques, qu’il s’agisse de films comme Good night and good luck ou de documentaires – sur le Darfour, par exemple – justifient largement la réputation d’exigeance et d’engagement dont il jouit. C’est donc pleine d’entrain que je suis allée voir Michael Clayton avec N-Chat – pour une fois à Paris – dimanche dernier. Sauf que.
A première vue, le scénario est alléchant : Michael Clayton, avocat d’affaires dont le cabinet travaille pour un grand groupe producteur d’insecticides, retourne sa veste et décide de se mettre du côté des victimes. Autant la mise en scène, le casting, l’interprétation sont impeccables, autant j’ai trouvé l’histoire décousue et assez simpliste. On ne sait pas ce qui est le plus important : la lutte des victimes (on n’en voit qu’une), les problèmes d’argent de Michael Clayton, le “suicide” d’un de ses collègues…
L’impression générale est assez décevante : pas de fil conducteur bien défini, le héros est-il bien celui qu’on croit ? Je ne nierai pas non plus un certain ennui. En gros, attendez la sortie DVD ou louez Syriana, ce sera sans doute mieux.

Y’a des jours comme ça…

Ben oui, je n’ai pas posté depuis quelques jours. Mais en même temps, j’ai une bonne excuse. Internet a sauté à la maison, je suis seule et orpheline, mon blog est déserté et je ne peux même plus passer mes nuits sur msn, où va le monde ?
Je me rappelle donc à votre bon souvenir, en particulier pour vous raconter ma ô combien magnifique journée de samedi. Le matin : une heure de prise de tête avec le service maintenance de Neuf Télécom (j’y passerai encore une bonne demi-heure par petites prises dans la journée). J’ai fait tout ce qu’on me demandait : retirer les condensateurs des prises téléphoniques, tester mon modem sur une autre ligne adsl (alors même qu’il y avait encore des grèves…), changer de prise multiple des fois que la mienne serait trop vieille… Rien. Nada. Le silence. Peu avant 22h, le verdict tombe : y’a de fortes chances pour que ce soit un problème de ligne téléphonique. A mort France Télécom. J’en ai pour trois jours ou trois mois, personne ne sait. Et en attendant, je me ruine en appels internationaux…
Plus tard dans la matinée, j’appelle mon assurance pour savoir ce qu’il en est de l’appel à cotisation et là : tous vos contrats ont été résiliés au mois de janvier. En quel honneur ? Et bien il s’avère que cette bande de boulets m’adresse mes courriers à mon adresse de Paris, mais avec le code postal de Versailles, et ce depuis un an ! Forcément, ça marche moins bien… J’ai donc eu le privilège immense de me fendre d’une lettre de contestation hier.
Je jetterai un voile pudique sur l’apurement des mes comptes (moi, j’ai des problèmes ? absolument pas. Où est la fenêtre que descende plus vite ?), l’énervement réel de devoir se taper des détours pour aller à Montparnasse ou le voisin qui écoute du raï à fond à 23h.

Y’a des jours comme ça… Et y’a des jours tous les jours 😉

Kleo, en cure de désintox contre son gré

Ménage d’automne

Bonjour à tous. Je ne reviendrai pas sur ces p*** de grèves qui m’ont pourri ma fin de semaine, Ei – j’ai pas le droit de poster le lien mais le coeur y est – et Rafu – aka Junta – s’en sont déjà très bien faits l’écho.
Je poste aujourd’hui pour une toute autre raison. Lecteurs avertis, vous n’aurez pas manqué de remarquer que j’ai fait un peu de maintenance. Le lien vers le blog de belle-maman, rentrée de HK il y a un mois, est désormais obsolète, et celui vers le forum de Aube est purement et simplement supprimé, attendu que je n’y trouve plus grand intérêt. En ce qui concerne les autres blogs, certains, peu ou pas mis à jour, sont en sursis… qu’on se le dise ! Je me suis permis d’ajouter deux liens – d’autres à venir, sans doute – vers deux blogs qui me font rire mais dont je ne connais pas les auteurs. J’espère que ceux-ci me pardonneront.
Sinon, j’en profite pour annoncer la naissance prochaine d’une nouvelle catégorie d’articles, dévolue à la bouffe, cette grande et joyeuse aventure. Je pense y mêler recettes et chroniques culinaires, je n’ai pas encore d’idée précise.
Enfin, je me permets de lancer un appel d’offre, ou plutôt un appel à l’aide? Y aurait-il une bonne âme pour m’aider à refaire le design – mauvais, avouons-le – de ce blog ? Propose gâteau au chocolat en échange.

Sur ce, bonne soirée à tous les courageux marcheurs.