Hier, sur l’invitation d’un ami, je suis allée assister à un cours de danse “reconstitution historique”. Au programme, danses de bal du XIXème siècle : valse, polka, mais aussi quadrille, troïka, mazurka… Un régal. Heureusement que je pratique un peu la danse médiévale, cela m’a évité de me couvrir de ridicule. Seul problème : les danses médiévales commencent du pied gauche, les danses du XIXème du pied droit… J’ai connu un grand quart d’heure de solitude.
Les cours sont donnés dans le cadre d’une association, Carnet de Bal, qui participe tous les ans à l’animation des journées du patrimoine au Château de Breteuil et organise pour ses membres deux bals annuels. J’ai donc bien l’intention de m’inscrire, mais il y a un problème de taille : l’inscription des femmes est conditionnées à celle des hommes. En d’autres termes, je dois trouver une bonne âme masculine qui accepterait de s’inscrire en même temps que moi – les cours ont lieu une fois par mois. Des volontaires messieurs ?
Pâtisserie
Attention ! Cet article parle de pâtisserie, mais pas de notre pâtisserie traditionnelle à base de crème, de beurre et de calories. Je pourrais disserter des heures dessus, mais là n’est pas le sujet.
Hier, en effet, on m’a apporté des gâteaux japonais et je ne peux pas resister au plaisir de vous faire découvrir cet aspect méconnu de la gastronomie nippone. D’abord, il faut savoir que la pâtisserie traditionnelle se fonde sur trois ingrédients de base : la pâte de riz, la pâte de haricots (rouges ou blancs) sucrée et la gelée d’agar-agar (une algue). Ensuite, si c’est souvent très joli à regarder – car sensé à l’origine accompagner la cérémonie du thé – le goût est… dépaysant : très sucré ou quasiment pas, avec des textures plus ou moins surprenantes.
Au menu d’hier : le daifuku et le dorayaki. Le Daifuku est un dôme de pâte de riz légèrement farinée et fourrée à la pâte de haricots rouges sucrée. Le problème majeur quand on le mange, c’est de ne pas se mettre de la farine partout – peine perdue, j’ai déjà essayé.
Ici nous pouvons voir un daifuku présenté pour la cérémonie du thé. Le bâtonnet à droite sert de fourchette à dessert : essayez une fois, c’est très drôle, surtout quand on sait que la pâte de riz, c’est très élastique…
Il existe plein de variantes amusantes autour du daifuku, qui est considéré comme un basique de la pâtisserie japonaise. On peut le fourrer avec des fruits – fraise, kiwi… – en fonction de la saison. On peut également en faire un dessert glacé, en remplaçant la pâte de haricots par de la glace à la vanille – cela s’appelle alors un “yukimi daifuku” soit littéralement un “daifuku quand on regarde la lune”. Personne n’est parfait.
Quant au dorayaki, c’est un dessert beaucoup moins “raffiné” même s’il est tout aussi populaire que le daifuku. Imaginez deux crêpes – ou plutôt deux pancakes – collées l’une à l’autre et dont l’intérieur est fourré de pâte de haricots rouges. Il se mange chaud ou froid selon l’humeur et la saison.
Et maintenant, je vous entends d’ici, entre deux grimaces de dégoût : mais on peut vraiment trouver des machins pareils en France ? Légalement ? Et bien oui ! Il existe deux pâtisseries traditionnelles à Paris, mais elles vendent des gâteaux destinés à la cérémonie du thé ou plus élaborés – j’en reparlerai à l’occasion. Néanmoins, on peut trouver des daifuku et des dorayaki dans les épiceries japonaises, en particulier dans le quartier de l’Opéra Garnier. Voici les adresses :
Juji-ya 46 rue Sainte-Anne, Paris 2
Kioko 46 rue des Petits Champs, Paris 2
Tuons le temps
Bon en fait, j’ai rien à dire à part que je m’emmerde au bureau. Donc je lance un appel d’offre : quelqu’un a-t-il des idées (assez discrètes autant que possible) pour passer le temps ? Parce que là, à part faire semblant de mettre à jour un document word depuis une semaine, coller des étiquettes et ouvrir le courrier, je glande rien.
Du coup, j’ai déjà lu presque entièrement les strips de Maliki sur son formidable site www.maliki.com , rédigé des lettres de motivations (mais comme elles sont manuscrites, c’est trop voyant), regardé Heroes à l’heure du déjeuner… Mais là je commence à sécher. Il y aurait bien l’option “réviser les partiels et s’intéresser au planning des examens”, mais bizarrement, je suis pas motivée.
Sun is shining…
Ce matin, j’ai renoncé à me rendre à Orléans – temps trop pourri à 8h du mat’ et envie moyenne de faire un détour par Crosne… – et j’en ai profité pour rentabiliser ma carte UGC. Je suis donc allée voir Sunshine de Danny Boyle, réalisateur britannique bien connu (“Trainspotting”, c’était lui) mais dont je n’ai jamais vu qu’un seul film – “U-Turn” avec Ewan McGregor et Cameron Diaz – et qui a la réputation d’être assez barré.
C’est un film d’anticipation : dans un futur relativement proche, le soleil meurt et la seule possibilité pour la Terre est d’envoyer une bombe nucléaire géante dans celui-ci pour le “redémarrer”. L’histoire commence au moment où l’équipage est en phase d’approche du soleil. Tout se passe pour le mieux quand… Vous l’aurez compris, y a un truc qui se met à déconner.
La narration est intéressante, parce qu’aucun des personnages n’est tout blanc ou tout noir, chacun a ses doutes et ses moments d’héroïsme. Le réalisateur s’attache à nous montrer les réactions d’un groupe confiné dans une situation de stress intense plutôt que des gros effets spéciaux. Bon, avouons-le, les effets spéciaux en question sont remarquables – la station spatiale est superbe, les vues du soleil impressionnantes. Certains plans sont caractéristiques du réalisateur, même si l’un d’entre eux m’a aussi rappelé “2001, odyssée de l’espace”. La dernière demi-heure m’a fait flipper, un peu tendance “Doom” (pour ceux qui ont vu ce nanard), mais je suis une fille impressionnable.
En résumé, un bon film du genre, et même au-delà. Allez-y vite !
J’ai une araignée au plafond
Ce week-end, comme tout le monde, je suis allée voir Spiderman 3. Je dis comme tout le monde, parce que le film est sensé passer la barre du million d’entrées d’ici mercredi. J’y suis allée deux fois, pour être sûre de bien tout comprendre, surtout à la fin quand les gentils gagnent et les méchants perdent.
Bon, le film n’est pas mal mais un peu long : 2h20 quand même, dont beaucoup de choses redondantes – la haine de Harry pour Peter, la bêtise de Mary-Jane… Les effets spéciaux sont remarquables – le générique d’ouverture est un sommet du genre – et les combats bien chorégraphiés, mais j’avoue qu’il y a des moments où ça se traîne un peu, en particulier pendant les loooongs intermèdes moraux sur le thème du pardon ou de l’amour. Quelques scènes d’anthologie néanmoins : le rendez-vous dans le restaurant français, le combat avec Venom…
Néanmoins, il persiste cette impression que l’on a cherché à faire dans la surenchère : deux super méchants, un méchant qui devient gentil, encore plus de toiles d’araignée… Dans l’ensemble, un bon divertissement, mais qui ne nécessitait sûrement pas d’y aller une seconde fois.
A voté !
Cette année, je ne suis pas allée voter seule. Vous me direz, non, effectivement, j’y suis allée avec 40 et quelques millions de Français. Mais là n’est pas la question. Cette année, j’ai fait découvrir à mes élèves ce qu’était une élection.
Hier matin, pleine d’enthousiasme et de courage – et motivée par l’argent, bien entendu – je suis allée donner mon cours à mes deux élèves japonais de primaire. Je les adore, cela fait deux ans que je les suis et j’aime bien leur expliquer des trucs, ils sont super intelligents. Hier donc, la petite fille avait une leçon sur la nationalité et le droit de vote. Ni une, ni deux, je propose à la mère d’emmener ses deux aînés avec moi au bureau de vote pour voir à quoi ça ressemble. “Oh vraiment, vous pourriez ? C’est formidable !”. Damned.
Et ce matin, me voici donc flanquée de deux mômes aux yeux bridés et aux cheveux noirs au milieu d’un bureau de vote bondé de petits vieux. J’ai eu de la chance, ils ont pu entrer avec moi dans l’isoloir. Et croyez-moi ou pas, ils ont trouvé ça intéressant, avec ce commentaire remarquable : “Voter c’est facile !”. Qui a dit que la politique n’intéressait pas les jeunes ?
Avis de recherche
Je viens de lire vos derniers commentaires… Merci à tous de me manifester votre attention ! L’un d’entre eux a plus particulièrement attiré mon attention, d’autant que je ne parviens pas à identifier son auteur – même si j’ai quelques présomptions. N-chat, si tu lis ce message, pourrais-tu me faire signe ? Ton commentaire m’a fait du bien et je voulais t’en remercier.
Tatamisation agressive
Je rentre des courses et j’ai succombé : je suis allée chez Kioko, l’épicerie japonaise attrape-nigauds, celle où on croise plus de Français en goguette que de Japonais en courses. Profitant honteusement de la présence de ma mère, je lui ai fait acheter des trucs innommables mais qui montrent à quel point je suis tatamisée. D’abord et pour commencer, un gâteau “à la pâte de riz”, comprenez un truc qui colle aux dents et qu’a pas de goût. Puis un autre gâteau à base de thé vert, de crème et de haricots rouges (non mais c’est bon, vraiment).
Enfin, j’ai définitivement basculé dans l’univers du kitsch et du mauvais goût chimique en achetant une bouteille de melon soda et une bouteille de peach soda. Pour le premier, il faut essayer d’imaginer une limonade sucrée et parfumée au crocodile vert haribo. Je pense qu’on approche de l’idée. Pour le second… J’ai pas encore essayé, une seule expérience extrême à la fois !
Saine (?) lecture
Depuis deux mois je traîne un roman de jeunesse de Stendhal dans mon sac à main et j’ai eu toutes les peines du monde à finir. J’avais lu “Le rouge et le noir” comme tout le monde, et comme tout le monde j’avais trouvé la seconde partie euh… disons chiante. Mais pleine d’espoir et un peu naïve, j’ai récidivé avec l’obscur “Armance”.
L’histoire se déroule pendant la Restauration et nous peint la société de la haute noblesse, au sein de laquelle deux jeunes gens, Octave et Armance (notez la beauté des prénoms…), vont tomber amoureux. En fait, ce roman est l’histoire du ratage de leur relation amoureuse : oppressés par la société et des principes personnels trop stricts, ils se trouvent dans l’incapacité d’exprimer leurs sentiments et, quand ils le font, il est déjà presque trop tard. Car même s’ils finissent mariés – nous sommes au début du 19ème siècle, ne l’oublions pas – le doute s’est instillé entre eux sans qu’aucun cherche à rétablir la vérité. Empêtrés dans leurs principes.
A lire ce récit, on dirait que les personnages prennent plus de plaisir à se faire du mal et à se fustiger de leur “inconduite” qu’à apprécier la présence et l’amour de l’autre. Vraiment pas le genre de lecture dont j’avais besoin en ce moment 😉
Si quelqu’un a une meilleure oeuvre de Stendhal à me proposer, je suis preneuse. En attendant, je vais relire “Astérix aux jeux olympiques”.
Paroles
Parler… Dire la vérité au risque de blesser ? Se taire et laisser s’installer l’incompréhension ? Faire semblant, peut-être. Parfois j’aimerais me libérer de tout ce qui me pèse mais ce ne serait pas sans dommage. Puis-je en assumer les conséquences ? Mais pourrais-je supporter d’étouffer sous les non-dits ?






