Les chansons d’amour

Hier soir, Aurélie et moi sommes allées voir “Les chansons d’amour” de Christophe Honoré, film sélectionné pour la compétition à Cannes cette année. Dans le film, Julie, Ismaël et Alice forment un trio amoureux en phase de remise en question – genre : est-ce qu’elle ne boufferait pas trop de place dans notre couple, celle-là ? – mais qui s’interrompt brutalement avec la mort de Julie (Ludivine Sagnier). Le premier tiers du film raconte donc la manière dont les trois protagonistes appréhendent leur histoire de coeur alors que le reste du film s’attache à dépeindre la souffrance et la reconstruction de l’entourage de la disparue. Tout le film est rythmé par des chansons originales qui rappellent les grands classiques de la chanson française.

Les avis sont partagés : Aurélie a adoré, je suis plus réservée. J’avoue avoir passé un bon moment, mais je ne comprends pas trop l’enchaînement entre le début du film et la suite. Les intermèdes musicaux sont sympathiques, mais donnent un côté assez artificiel aux sentiments exprimés par les acteurs – en tout cas, je me suis moins sentie impliquée que dans “Huit femmes” de François Ozon. Enfin, j’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi le héros finit dans les bras d’un garçon – je veux dire pourquoi pas ? mais était-ce nécessaire ?

Y a quelqu’un ?

Bon, je sais que mon blog est pas folichon, qu’il y a beaucoup de texte et pas des masses de photos, que je raconte des trucs (presque) sérieux et pas mes parties de jambes en l’air (lesquelles d’ailleurs, hein ?), mais quand même ! ‘Pourriez faire un effort, j’ai l’impression de parler/taper dans le vide, c’est agaçant… Juste un petit mot pour dire “coucou continue comme ça” ou “mais il est trop pourri ce machin” (même si ça fait pas forcément plaisir) ça motive ! Au moins, on n’a pas l’impression d’être tout seul dans l’immensité de la toile… Enfin voilà, sinon je suis allée au cinéma ce soir mais je vous ferai la chronique un autre jour, là j’ai pas le courage.

Hommage à MZB

“From this day forth, I renounce the right to marry save as a freemate. No man shall bind me di catenas and I will dwell in no man’s household as a baragana.
I swear that I am prepared to defend myself by force if I am attacked by force, and that I shall turn to no man for protection.
From this day forth I swear I shall never again be known by the nam of any man, be he father, lover, guardian or husband, but simply and solely as the daughter of my mother.
From this day forth I swear I will bear no child to any man save for my own pleasure and at my own time and choice; I will bear no child to any man for house or heritage, clan or inheritance, pride or prosperity; I swear that I alone will determine the rearing and fosterage of any child I bear, without regard to any man’s place, position or pride.
From this day forth I renounce allegiance to any family, clan, household, warden or liege lord, and take oath that I owe allegiance only to the laws of the land as a free citizen must; to the kingdom, the Crown and the Gods. I shall appeal to no man as of right for protection, support or succor. […]
And I further swear that the members of the Guild of Free Amazons shall be to me, each and everyone, as my mother, my sister or my daughter, born of one blood with me, and that no woman sealed by oath to the Guild shall appeal to me in vain.
From this moment, I swear to obey all the laws of the Guild of Free Amazons and any lawful command of my oath-mother, the Guild members or my elected leader. And if I betray any secret of the Guild, or prove false to my oath, then I shall submit myself to the Guild-mothers for discipline as they shall choose; and if I fail, then may any woman’s hand turn against me, let them slay me like an animal and consign my body unburied to corruption and my soul to the mercy of the Goddess.”

Faites pas gaffe, il est minuit et demi, j’suis crevée. 😀

Chrétien de Troyes

J’ai fini récemment deux des romans les moins connus de Chrétien de Troyes, donc j’en profite pour vous le présenter. C’est un auteur du XIIème siècle qui a rédigé des “romans” de chevalerie inspirés de la tradition des chansons de geste et des légendes arthuriennes très en vogue à son époque. Je mets le terme “roman” entre guillemets parce que l’oeuvre de Chrétien a en fait été rédigée en vers. S’il fut l’inventeur du roman comme suite de péripéties et analyse psychologique des personnages, il n’en demeure pas moins un poète.
Ses romans les plus célèbres sont Lancelot ou le Chevalier de la charrette et Perceval ou le conte du Graal. Inutile de résumer l’histoire, elle est connue de tous – mais si, rappelez-vous Kaamelott. En revanche, on connaît moins Erec et Enide et Cligès, oeuvres de jeunesse, qui, bien qu’utilisant la “matière de Bretagne”, y font moins référence et s’intéressent plus aux relations entre le chevalier et sa dame. Ce sont là les bases de l’amour courtois.
Erec et Enide est essentiellement une histoire de confiance entre un chevalier et son épouse : Erec quitte la cour du roi Arthur, accompagné de sa femme Enide, mais il lui interdit de le prévenir d’un danger. Or celle-ci, trop anxieuse pour son “ami”, l’avertit à chaque fois, ce qui provoque la colère d’Erec. tant et si bien qu’Enide se tait alors que son époux est attaqué et laissé pour mort. Elle est enlevée et se voit contrainte à un mariage le jour de l’enterrement. Masi, ô miracle, Erec se réveille et sauve sa femme.
Cligès commence avec l’histoire des parents du héros, comment son père quitta la Grèce pour conquérir honneur et gloire à la cour du roi Arthur, comment il y rencontra son épouse et comment ils rentrèrent en Grèce. Puis vient l’histoire de Cligèe proprement dite, qui est celle d’un affrontement entre le jeune homme et son oncle pour l’amour d’une dame, épouse de ce dernier. Afin d’échapper à la cour, ils conviennent d’une ruse : la jeune femme se fait passer pour morte (Shakespeare n’a rien inventé en fin de compte). Cette oeuvre ne fait appel à la mythologie arthurienne qu’au début et à la fin de l’histoire, quand le roi Arthur, arbitre des conflits, fait une apparition pour rétablir l’équilibre du monde. Un vrai deus ex machina.
Bien sûr, on peut reprocher une certaine légèreté dans la construction de l’histoire, et le côté répétitif des épreuves imposées aux héros. Néanmoins, l’oeuvre de Chrétien de Troyes est atemporelle, car elle parle de prouesses et d’amour, deux choses que nous associons encore aujourd’hui.

Jasper Fforde, la fiction dans la fiction

Attention ! Il y a deux catégories de personnes : ceux qui connaissent l’oeuvre de Jasper Fforde, sans doute mieux que moi, et auquel cas je ne leur apprendrai rien, et ceux qui n’en ont jamais entendu parler et là je peux commencer à dire des bêtises.
Jasper Fforde a créé un univers parallèle au nôtre : dans une Angleterre de la fin des années 1980, les livres sont des trésors inestimables et sujets à falsification, vols, contrefaçons… Pour contrer ce genre de crime, il existe la brigade littéraire, dans laquelle travaille Thursday Next, vétérante de la guerre de Crimée (et non, la guerre de Crimée ne s’est pas achevée à la fin du XIXème siècle…). Thursday travaille donc à Londres, avant qu’un crime redoutable ne soit commis : son ancien professeur de littérature a kidnappé l’original du roman Jane Eyre et menace de détruire l’ouvrage si l’on ne cède pas à ses exigences. Thursday découvre alors, à sa grande surprise, qu’elle a la capacité de se projeter à l’intérieur des livres, et que ceux-ci sont soumis à des lois internes très strictes.
Voilà pour la trame générale, en essayant de ne pas trop en raconter. Les romans de Fforde valent beaucoup pour leur qualité littéraire intrinsèque, mais surtout pour toutes les références, parodies, devinettes en rapport avec la littérature britannique. On découvre une galerie de personnages attachants, certains connus d’autre pas : Miss Havisham des Grandes Espérances, Hamlet, le chat de l’Autorité Unitaire de Warrington (autrefois chat du Cheshire)… Beaucoup de noms sont sujets à des jeux de mots, certains faciles à comprendre, d’autres parfois obscurs quand on connaît mal la littérature anglaise.
Les trois premiers romans de la série de Thursday Next (sur quatre) sont sortis en français. Il existe une autre série qui se déroule aussi dans le monde de la fiction, mais elle n’est pas traduite et je ne l’ai pas encore lue.
Pour en savoir plus : www.thursdaynext.com

Nouvelle adresse

Après avoir raté plusieurs sorties bars pour différentes raisons débiles – anniversaire, révisions… j’ai pu avoir l’occasion de découvrir un nouvel endroit hier, mais cette fois c’est un resto. Hier soir donc, c’était dîner avec les anciens de Hoche, ceux qui ont trimé avec moi sur les bancs de ce vénérable lycée, parfois pendant près de dix ans… Enfin ceux que je vois toujours. Etaient réunis hier : Charles, Solène et Jérôme, Emilie. Quitterie était excusée pour cause d’orage.
Nous avions rendez-vous chez Charles qui nous a offert l’apéro. J’avais oublié, mais en fait ma réputation de soiffarde était déjà solidement établie au lycée – souvenir des soirées APH… Après, nous avions réservé dans un bistrot près de l’Ecole militaire, dont les prix ne sont pas exobitants. Au menu : plats principaux entre 12 et 16 euros, savoureux, joliment présentés, allant du cheeseburger à l’escalope de canard. Personnellement, j’ai adoré mon steack tartare au couteau, avec la dose d’échalote – et la bouteille de Worcester sauce. Une petite carte des desserts à 4,50 euros. Les filles ont fait la tête parce qu’il n’y avait plus de crème brûlée, donc elles ont choisi du moelleux au chocolat, les garçons ont pris du crumble aux fruits rouges. Personnellement, j’ai opté pour un truc plus léger, genre fromage blanc au miel et aux amandes. Le tout joyeusement arrosé de Côtes de Brouilly.
Très bonne soirée, sympathique adresse.

Au gros caillou
210 rue de Grenelle
M° Ecole militaire

Jack Sparrow : le retour de la résurrection !

Ca y est, il est enfin sorti ! Le dernier épisode de Pirates des Caraïbes dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois est sorti hier. Je me suis donc précipitée aui cinéma, en bonne fan de Johnny Depp. Je dois avouer que le précédent épisode m’avait un peu déçue : trop de scènes bouffones, trop de redites par rapport au premier film et l’action qui n’avançait pas beaucoup…

Le nouvel opus est meilleur, y a pas photo. Déjà, l’action se déroule en de très nombreux endroits en même temps et le but du jeu est de suivre toutes les alliances, les pactes et les trahisons. Pas facile, surtout quand on doit s’absenter de la salle parce qu’on a bu trop de coca… Hem
L’histoire reste assez simple, voire simpliste – c’est du Disney, n’oublions pas – mais on passe un bon moment, on rigole bien et c’est le principal. Les effets spéciaux sont toujours aussi bien faits, les scènes de bataille époustouflantes et les pitreries de Johnny Depp valent à elles seules le détour.

Cuisine expérimentale

Mardi soir, si vous vous souvenez bien, j’étais punie à la maison et condamnée à réviser. Ce que j’ai fait – au moins jusqu’à 20h. Pour agrémenter mes relectures, et faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j’ai décidé de me mettre en cuisine et de tester une recette tout droit sortie de mon cerveau tatamisé. Marinade de poulet et pâtes au sésame. Vous me direz, les pâtes c’est pas très japonais, mais nous sommes à l’ère de la cuisine fusion alors je fais ce que je veux.

Ingrédients (pour deux personnes)
– 2 blancs de poulet
– 4 cas de sauce soja (shôyu)
– 2 cas de mirin (condiment à base de maïs et de riz)
– 2 cas de saké de cuisine
– un peu d’huile
– des pâtes en quantité suffisante pour deux
– 1 ou 2 cas d’huile de sésame
– graines de sésame noir (ou blanc, mais noir c’est plus joli)

Préparer une marinade avec le shôyu, le mirin et le saké, laisser reposer un quart d’heure. Couper le poulet en petits morceaux, les mettre dans la marinade 20 minutes.
Mettre les pâtes à cuire. Dans une poêle, faire chauffer l’huile (de tournesol par exemple) puis quand celle-ci est bien chaude, mettre le poulet à cuire à feu moyen pendant 7 à 8 minutes (à vue de nez, je fais ça de manière très empirique). Quand le poulet est cuit, ajouter la marinade dans la poêle et faire réduire quelques minutes (arrêter quand ça attache).
Répartir le poulet sur la moitié de chaque assiette et les pâtes sur l’autre moitié. Ajouter un peu d’huile de sésame sur les pâtes et décorer avec quelques graines. Attention ! L’huile de sésame est très goûteuse, surtout quand on n’en a pas l’habitude, mieux vaut en mettre une toute petit quantité, quitte à en rajouter si le goût n’est pas assez prononcé.
Voilà, voilà, c’était le délire culinaire du jour. Je n’ai malheureusement pas de photo, mon appareil n’a plus de piles. Bonne dégustation.

Littérature et révisions

Comme je suis bloquée à la maison – disons plutôt : punie – pour cause de partiel de littérature japonaise demain, voici un petit topo sur mes révisions. Parce qu’il n’y a pas de raison pour que je sois la seule à trimer, nan mais.

Pays de neige, par KAWABATA Yasunari
Seul auteur japonais à avoir reçu le prix Nobel de littérature, Kawabata est connu pour l’atmosphère particulière de son oeuvre, centrée sur la “tristesse du Japon” (un des ses ouvrages s’appelle d’ailleurs Tristesse et beauté). L’histoire suit un personnage qui fait plusieurs retraites dans le “pays de neige” – la région des Alpes japonaises – à la fois pour y vivre un amour fou et pour s’y purifier. Le thème de la pureté est omniprésent : dans la neige, le froid, le blanc… Même dans les scènes plus estivales, la préoccupation de la fraîcheur, synonyme de pureté, ressort. Une oeuvre très poétique, même si parfois surprenante tant l’action est lente. Néanmoins on ne s’ennuie pas un instant, et on a vraiment l’impression de “respirer” l’âme du Japon

Les bébés de la consigne automatique, par MURAKAMI Ryû
Cet auteur est très connu dans le milieu japonisant-manga-geek. Pourquoi ? Bonne question. Peut-être parce que le titre de son premier ouvrage a été repris par un groupe de J-rock ? Peut-être parce que l’atmosphère de ses romans est très graphique et assez malsaine, rappelant celle de certains manga ? J’avoue ne pas avoir la réponse. L’oeuvre de Murakami est de facture irrégulière : certains romans sont remarquables (Bleu presque transparent, Les bébés de la consigne automatique…) mais d’autres sont franchement oubliables (Ecstasy entre autres).
Les bébés de la consigne automatique, comme l’ensemble de l’oeuvre de Murakami, est un récit empreint de violence et de crudité. L’histoire de deux enfants, Kiku et Hashi, abandonnés à la naissance dans une consigne automatique et qui cherchent à canaliser leur violence intérieure sans y parvenir. L’écriture de Murakami est une écriture du malaise, parfois même du dégoût, donc parfois difficile à supporter. Ne venez pas vous plaindre si vous avez envie de vomir après la description d’une overdose ! Mais c’est un auteur majeur du Japon actuel, et je vous invite à le découvrir.

Kitchen, par YOSHIMOTO Banana
C’est avant tout une histoire d’amour entre une jeune femme et une cuisine. Dit comme cela, on se demande ce qui est passé par la tête de l’auteur quand elle a rédigé ce premier roman. Mais au fur et à mesure, on se rend compte que la cuisine, métaphore du ventre maternel, permet à l’héroïne de rencontrer d’autres personnages aussi perdus qu’elle – la “mère” transsexuelle d’un ami, par exemple – et de brosser le tableau d’une jeunesse japonaise qui ne se retrouve pas dans les valeurs traditionnelles de la société.

Minutes to midnight

Le dernier album de Linkin Park est sorti mardi, et comme je l’écoute en boucle depuis, je ne résiste pas à l’envie de vous en parler un petit peu.
Cela fait trois ans que le groupe n’avait rien produit ensemble – on peut souligner que la chanson “Numb” a connu un franc succès avec un remix fin 2005 et que certains membres se sont retrouvés au sein du groupe Fort Minor (et la chanson “Where d’you go ?”).
Cet album propose douze nouveau titres – dont une courte intro, comme d’hab. C’est de bonne facture, même si on peut dire que le style évolue, parfois jusqu’à ressembler à celui de Fort Minor : la place accordée aux raps est plus importante, on entend moins Chester Benington sur certains titres.
Mon choix personnel : Bleed it out et No more sorrow, où l’on retrouve le style métal du groupe. La chanson “Given up” peut vraiment prétendre au titre de “chanson-étalon” de l’album. C’est en quelque sorte l’archétype de la musique de Linkin Park. Soulignons aussi au passage la critique acerbe de Georges Bush dans la chanson “Hands held tight” :
“For a leader so nervous
in a obvious way
Sluttering and mumbling
for nightly news to replay
and the rest of the world
watching at the end of the day
in the living room laughing
like what did he say ?”