Eliogabalo

A Rome, l’empereur Eliogabalo suscite l’indignation par son comportement : il cherche à séduire toutes les femmes, avec ou sans leur consentement, se comporte de façon excentrique et indigne. Tentant d’assouvir ses désirs au mépris des conventions sociales et politiques, l’empereur se met peu à peu la cour et le peuple à dos, tandis que la révolte gronde…

eliogabalo-affiche

Voilà, à très gros traits, la trame de cet opéra, qui met aussi en scène deux couples d’amoureux contrariés, une nourrice retorse, un sous-fifre affreux et une jeune fille innocente, dans la plus pure tradition de l’opéra baroque italien. Cavalli a créé cet opéra pour le carnaval vénitien, mais l’oeuvre ne fut jamais montée de son vivant. Vite tombée dans l’oubli, elle ne fut ressuscitée qu’en… 1999 ! C’est cette année son entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris.

Par où commencer ? Peut-être par le plus évident : la musique. Dès les premières notes, exécutées avec brio par l’orchestre Cappella Mediterranea, on retrouve tous ces motifs propres au 17ème siècle, ces envolées que ne peuvent évoquer que les instruments anciens. Tout de suite, j’ai eu l’impression d’entendre la parfaite synthèse entre Monteverdi et Lully, sentiment qui ne s’est pas démenti un seul instant.
Les chanteurs interprètent leurs personnages avec une force et une conviction poignantes. A ma grande surprise, deux rôles masculins d’importance – Eliogabalo et Giuliano – étaient interprétés par des haute-contre. Non que le recours à ce genre de voix soit rare, mais deux dans une seule oeuvre, je ne crois pas en avoir déjà entendu. Je pourrais englober l’intégralité de la distribution dans mes louanges tellement j’ai été transportée dans cet opéra – alors qu’en arrivant, je me suis quand même dit : “3h40, ça va être long”.

eliogabalo-2

Mais au-delà de l’interprétation, il faut souligner l’importance du travail de Thomas Jolly, le metteur en scène, dont c’étaient les premiers pas à l’opéra. En fouillant dans ce qu’il qualifie de “légende noire” du personnage – historique – d’Héliogabale, il nous livre une vision toute en nuances de ce personnage et du propos de l’oeuvre. Car au final, c’est un opéra qui pose beaucoup de questions sur le genre, l’identité, sur ce qui définit un personnage comme “efféminé” ou pas, sur le chaos ou l’ordre…
La mise en scène est d’une grande intelligence et d’une grande modernité, autour d’un élément de décor toujours en mouvement, symbolisant les différents lieux de l’histoire. J’ai adoré également les “effets spéciaux” comme le bain d’or (je n’ai toujours pas compris comment c’était possible) ou le vol de chouettes. Le jeu de lumières, créé par Antoine Travert, suggère d’un simple rayon une salle à colonnes, un emprisonnement mental, un soir de fête… ces lumières, partie intégrante de la pièce, ont été une véritable révélation pour moi.

eliogabalo

Les costumes de Gareth Pugh ne sont pas non plus en reste tant ils soulignent l’extravagance et la décadence du personnage d’Eliogabalo et de ses comparses. A l’inverse, le dépouillement de personnages “droits” comme Alessandro et Gemmira n’exclut par forcément le gore ou la déviance.
Au final, c’est un spectacle entier, une relecture hyper moderne d’une pièce dont le propos, semble-t-il, est plus d’actualité que jamais, et dont la musique et les interprètes m’ont transportée. 3h40, certes, mais qu’on ne voit pas passer et dont on ressort à la fois léger de tant de beauté et grave de toutes ces réflexions.

Eliogabalo, Palais Garnier, jusqu’au 15 octobre

Lear

Lear, roi d’Angleterre, exige de ses trois filles Regan, Goneril et Cordelia une déclaration publique d’amour filial en échange d’un tiers du royaume. Si les deux aînées s’acquittent volontiers de cette épreuve, la cadette, Cordelia, s’y refuse, provoquant la colère de son père qui la chasse et la marie au roi de France, laissant les deux autres se partager son héritage. Las, peu après, Regan et Goneril se liguent pour chasser Lear du palais. Ce dernier se retrouve à errer sur la lande par une nuit de tempête et perd la raison…

Lear titre

Parfois, l’univers vous envoie un signe et vous l’en remerciez : c’est ce qui est arrivé mardi quand, après avoir pesté contre l’annulation du récital de Cecilia Bartoli, j’ai poussé un “ouf” de soulagement car notre ligne de train s’est trouvée totalement interrompue par les intempéries (à l’heure où je vous parle, c’est pas encore résolu). Et puis, parfois, l’univers vous envoie plein de signes que vous négligez : hier soir, j’ai donc bataillé ferme contre le train supprimé, l’absence carte orange (avec la grève, la gare était fermée et les automates inaccessibles), le bus, le métro (trafic ralenti, incident voyageur) et l’ascenseur du Palais Garnier avant de réussir à m’asseoir à ma place, 2 minutes avant le début de la représentation. Je pense que j’aurais mieux fait de rester chez moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai quitté l’opéra à l’entracte.

Vous aurez sans doute reconnu l’argument, et pour cause : cet opéra d’Aribert Reimann, composé en 1978, est une adaptation de la pièce éponyme de Shakespeare. A un sujet déjà complexe et dur – la pièce est loin d’être riante – s’ajoute une musique extrêmement contemporaine, essentiellement constituée de cuivres et de percussions, qui exploite au maximum les dissonances. Ajoutez à cela une partition d’une complexité incroyable pour les voix et vous aurez un résultat…à glacer les sangs.

Lear 1

Très sincèrement, je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds, mais j’avais vu et apprécié Peter Grimes de Benjamin Britten, et je m’étais dit que l’opéra contemporain ça pouvait se tenter, qu’il ne fallait pas être sectaire. Mais pour le coup, je n’étais vraiment pas le public visé : je pense qu’il faut vraiment connaître et apprécier ce genre de musique, et ce n’est clairement pas mon cas.
En outre, la mise en scène, très sombre, avec des espèces de planches partout qui se meuvent, et des personnages décharnés qui se déshabillent peu à peu, m’a clairement évoqué l’univers concentrationnaire, et m’a mise très mal à l’aise (c’était sans doute voulu). C’est surjoué dans la démesure et l’hystérie, ce qui n’arrange rien.
Il faut toutefois rendre hommage au talent des interprètes, les musiciens comme les chanteurs. Bo Skovhus dans le rôle-titre est impressionnant de rage, d’orgueil, de folie, de détresse (et de puissance vocale). Andreas Conrad fait preuve d’une technique étonnante et maîtrisée, parvenant à chanter une partition qui semble féminine (comme on ne le voit pas tout de suite, j’ai d’abord cru qu’il interprétait Cordelia).

En somme, c’est un spectacle exigeant et difficile, à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Je vous laisse le trailer pour vous donner une idée (la première partie durait 1h25).

[youtube]https://youtu.be/_AyuoEy8xg0[/youtube]

Les maîtres chanteurs de Nuremberg

Vendredi dernier, Leen et moi avons pris notre courage à deux mains et sommes allées assister au plus long opéra de notre (jeune) vie : Les maîtres chanteurs de Nuremberg, de Wagner.

A Nuremberg, les maîtres chanteurs – pour la plupart des artisans passés maîtres dans l’art de composer des poésies chantées – sont sur le point d’élire le grand vainqueur de leur concours annuel, qui se tient à la Saint-Jean. Cette année, en outre, maître Pogner offrira la main de sa fille, Eva, ainsi que tous ses biens au gagnant, souhaitant en fait privilégier Beckmesser, car Hans Sachs, le meilleur d’entre eux, ne participera pas.
Mais la jeune fille ne l’entend pas de cette oreille (ah, ah) : amoureuse du chevalier Werther, elle ourdit un plan pour épouser celui-ci. L’amant décide alors de réclamer l’aide de Sachs pour remporter le concours, et gagner ainsi la main de sa bien-aimée.

J’ignorais que Wagner avait composé des opéras aux tonalités comiques et qui se finissent bien, aussi ai-je été ravie par cette (longue) histoire à tiroirs. Les situations sont drôles, touchantes, parfois poignantes et justes…

Nuremberg2

La direction musicale de Philippe Jordan est pour ainsi dire sans faille : j’avais entendu dire qu’il avait “dénazifié” l’oeuvre et, en effet, dès le programme il explique ses choix de jouer conformément à la partition et non à la tradition, de rendre les subtilités prévues par Wagner, insistant sur la nécessité pour la mélodie d’accompagner le chant, et non l’inverse. A aucun moment on n’a l’impression d’être dans une musique va-t-en-guerre et pompeuse.
Les interprètes sont excellents, avec une mention spéciale à Michael Kupfer-Radecky, qui a remplacé au pied levé Gerald Finley, souffrant, dans le rôle principal. Un vrai morceau de bravoure mais, à en juger par la réaction de tous, dans le public comme parmi les artistes, une franche réussite. Les autres chanteurs ne sont pas en reste, et offrent de beaux moments de comédie ou de tragédie – sans compter les chœurs, dont la direction est véritablement sans faille, et qui parviennent à s’insérer harmonieusement sur scène et dans la mélodie, malgré leur nombre (120 !). Bo Skovhus parvient à humaniser Beckmesser, le grand méchant ridicule, et tous dénotent un talent certain pour le théâtre.

Nuremberg1

La mise en scène est drôle et inventive : cette histoire semble se dérouler dans des recoins de la maison de Hans Sachs, et les personnages s’animent comme de minuscules fées vivant dans les meubles. Ce tour de passe-passe (servi aussi par de superbes décors, costumes et lumières) permet même de digérer les cinq dernières minutes de nationalisme puant (n’oublions pas que Wagner est un homme du 19è siècle), en en faisant une espèce d’envolée lyrique d’un homme qui serait grisé de sa propre importance (et les réduisant, donc, à de vulgaires élucubrations).
Cet opéra me confirme que je suis wagnérienne dans l’âme, ce qui me surprend encore, je l’avoue. Je n’ai pas vu passer le temps, j’ai passé un moment inoubliable, et je pense que j’essaierai de découvrir d’autres oeuvres  du compositeur prochainement.

Les maîtres chanteurs de Nuremberg, Opéra Bastille (photos empruntées à la page Facebook de l’Opéra)

Iolanta / Casse-Noisette

Iolanta

Cette année, l’opéra de Paris proposait un spectacle “comme à l’époque de Tchaïkovski” proposant deux oeuvres à la suite, un opéra puis un ballet. Si le ballet, Casse-Noisette, est un très grand classique du répertoire, je n’avais jamais entendu parler de Iolanta, opéra en un acte relativement court (moins de deux heures).

Iolanta est la fille aveugle du roi René de Provence, mais ignore tout de son infirmité, car elle est élevée à l’écart du monde dans un “désert paradisiaque”. René arrive accompagné d’un médecin censé guérir cette cécité, mais ce dernier insiste pour révéler le problème à Iolanta, ce que le père ne peut se résoudre à faire. Le fiancé de la jeune fille, Robert, duc de Bourgogne, arrive par hasard sur le domaine, se plaignant de devoir l’épouser car il en aime une autre ; le meilleur ami de Robert, Vaudémont, tombe sous le charme de Iolanta et lui révèle la vérité…

C’est une très jolie oeuvre, aux accents typiques de Tchaïkovski. S’il ne se passe pas forcément grand-chose, on est emporté par l’histoire et, surtout, par les airs. Sonya Yoncheva est remarquable dans le rôle-titre, et ce d’autant plus qu’elle a annoncé juste avant le spectacle qu’elle était souffrante (elle a dû hésiter sur deux notes). Face à elle, le cast masculin est un peu plus “classique”, avec tout de même un Vito Priante superbe en Ibn-Hakia. La direction musicale d’Alain Altinoglu (sur les deux œuvres), est excellente.
La mise en scène, dans un petit salon resserré au centre de la scène, laissant le reste dans l’obscurité, est bien trouvée car elle souligne le huis clos et le monde replié dans lequel vit Iolanta. Au lieu de situer la pièce dans le moyen-âge provençal, le choix a été fait de déplacer l’argument dans la Russie fin 19è, là encore avec bonheur.
Je reproche toutefois un recours un peu exagéré aux cris, larmes, éclats de rire, qui servent à surligner (oui, en fluo) l’hystérie du personnage principal dont la cécité n’est peut-être pas aussi définitive que l’on croit. Selon moi, le livret suffisait amplement à le faire connaître, et il n’était pas nécessaire d’en rajouter.

Iolanta2

Vient ensuite Casse-Noisette, dont l’argument a été totalement modifié, au point qu’il ne reste de l’oeuvre originelle que la musique. Offrant une belle continuité, le ballet débute à l’instant où s’achève l’opéra, découvrant un théâtre dans le théâtre, déplaçant cette fois-ci l’action dans les années 1950, peut-être en Angleterre. L’idée est excellente et permet d’embrayer sans frémir.
Cette fois-ci, nous suivons le voyage initiatique de Marie qui, lors de sa soirée d’anniversaire, rencontre Vaudémont dont elle tombe amoureuse. Las, celui-ci disparaît et Marie part à sa recherche, laissant derrière elle les ruines fumantes de son foyer, traversant une forêt effrayante et croisant des jouets immenses…

L’idée de confier la chorégraphie à trois artistes différents – Arthur Pita, Edouard Lock et Sibi Larbi Cherkaoui – était peut-être intéressante sur le papier, mais peine malheureusement à convaincre sur scène. J’ai eu l’impression d’un réel décalage d’un chorégraphe à l’autre, l’univers de chacun peinant franchement à s’imbriquer à celui des deux autres, donnant le sentiment d’une superposition de scènes plutôt que d’une histoire d’un seul tenant.
La première partie, signée Arthur Pita, était drôle et enlevée, mais s’apparentait plus à du théâtre dansé qu’à de la danse à mes yeux (mais je suis assez classique dans mes goûts).
Les tableaux chorégraphiés par Sidi Larbi Cherkaoui sont sublimes de grâce et d’intelligence. Les deux pas de deux sont superbes, portés par deux interprètes – Marion Barbeau et Stéphane Bullion – sublimés par ce nouveau décor et cette réécriture. De même, la valse des fleurs était plutôt bien trouvée, quoique peut-être un peu lourde de symbolisme. La valse des flocons était, pour ce que j’en ai vu – j’y reviendrai – intéressante mais avec un petit côté stalinien.
En revanche, je suis passée complètement à côté du travail d’Edouard Lock. Mais vraiment. Des gestes saccadés répétés à grande vitesse – excellence technique, certes, mais j’avais l’impression d’être dans La nuit des morts-vivants – des passages parfois très lents ou incompréhensibles, des décors parfois grotesques… Si je n’avais pas lu le livret, je n’aurais rien compris. Le pire, à mes yeux, était le divertissement, avec l’enchaînement de danses “de caractère” (espagnole, arabe, russe, etc.) : entre jouets soviétiques géants (et franchement flippants) et lenteur exacerbée sur des passages pourtant enjoués, je me suis emmerdée comme un rat mort.
Là encore, Dmitri Tcherniakov, le metteur en scène de Iolanta et librettiste de ce Casse-Noisette revisité, cherche à explorer la psyché féminine en surjouant l’hystérie, mais c’est quand même beaucoup moins réussi. Une fois n’est pas coutume, on est parties dès le tomber du rideau.

Une dernière chose qui a contribué à rendre cette soirée un peu amère : le public, qui fut une de mes pires expériences à l’opéra de Paris. Outre les gens arrivés en retard qui sont quand même entrés (normalement, c’est impossible, mais c’était peut-être dû au fait que nous étions tout en haut, à l’amphithéâtre), nous avons dû endurer une femme qui ne cessait de parler et qu’il a fallu faire taire à de multiples reprises et, cerise sur le gâteau, au rang derrière moi, une vieille qui a dégainé son appareil photo pendant la valse de flocons et… pris des clichés. Au flash (d’où ma distraction, hein). Je suis partagée entre la profonde colère contre ces gens qui ne respectent ni l’oeuvre, ni les artistes, ni leurs co-spectateurs, et l’ébahissement le plus absolu.

Iolanta/Casse-Noisette, jusqu’au 1er avril, opéra Garnier

Saison 2016-2017 à l’Opéra de Paris : mes envies

Hier matin avait lieu la traditionnelle conférence de presse pour annoncer le contenu de la prochaine saison à l’Opéra de Paris et, comme je suis un peu monomaniaque, j’ai décidé de la suivre sur Twitter. Bon, au bout d’une petite demi-heure, j’ai découvert que l’intégralité du programme avait été éventé la veille sur un forum dédié à l’opéra, si bien que j’ai pu aller un peu plus vite que la musique (aha), mais c’était une expérience marrante, d’autant que j’échangeais en même temps avec Leen, ma co-opéra.

Opéra 16-17
Ceci est bel et bien l’affiche de la nouvelle saison…

Quoi qu’il en soit, après diverses exclamations extatiques de part et d’autre du téléphone et des blagues fumeuses sur le brushing de Roberto Alagna (oui, j’avoue), voici ma wishlist-de-la-mort, en attendant la confrontation avec la réalité (et la carte bleue).

Opéra

  • Eliogabalo, de Francesco Cavalli. Un opéra baroque du 17ème siècle sur le travestissement jamais monté en France. Ce n’est même pas négociable, j’y vais.
  • Samson et Dalila, de Camille Saint-Saëns. Je ne connais quasiment rien à son oeuvre (Le carnaval des animaux beaucoup plus depuis quelques mois, bizarrement) mais j’ai très envie de découvrir, et Leen fait des bonds de cabri depuis qu’elle a écouté les différentes voix du cast.
  • Lohengrin, de Richard Wagner. Il y a deux ans, je n’avais jamais rien entendu de ce compositeur à part la “Chevauchée des walkyries”, aujourd’hui j’estime que son oeuvre est incontournable (la preuve, on va écouter Les maîtres chanteurs de Nuremberg en mars). Du coup, je pense qu’on va y aller.
  • Les fêtes d’Hébé, de Jean-Philippe Rameau. Opéra baroque. Voilà qui me suffit, surtout si le cast et la mise en scène sont à la hauteur du génial Platée vu à la rentrée.
  • La fille de neige, de Rimski-Korsakov. D’après le metteur en scène “ce n’est pas un opéra pour les enfants, c’est très sensuel” (comprendre : “C’est pas Frozen“). Moi, ça me tente bien, neige, feu, sensualité…
  • Eugène Onéguine, de Tchaïkovski. J’aime beaucoup cette histoire, et puis j’ai envie de fêter comme il se doit le retour de l’opéra russe à l’ONP après deux ans d’absence.
  • Trompe-la-Mort, de Luca Francesconi. Oeuvre de commande en français, inspirée du roman de Balzac, et dont ce sera la création mondiale. Je reconnais que ça titille ma curiosité.
  • Cavalleria rusticana (de Pietro Mascagni) / Sancta Susanna (de Paul Hindemith). Je ne connais aucune de ces deux œuvres, mais j’aime l’idée qu’elles soient présentées ensemble avec, comme fil rouge, le destin tragique de deux femmes.

Ballet

  • Sleeping Beauty, par l’American Ballet Theatre. J’ai vu quelques images, ça a l’air sublime, et suffisamment classique pour que j’accroche.
  • Le lac des cygnes. Oui, bon, je sais, c’est ultra-classique. Mais c’est une oeuvre majeure du ballet de l’Opéra de Paris et je ne l’ai vue qu’une fois à la télé il y a 25 ans.
  • Le songe d’une nuit d’été, de George Balanchine. Un clin d’oeil à notre mariage, dont c’était le thème 🙂

Autres

  • Deux récitals me font de l’oeil : ceux de Ludovic Tézier et de Juan Diego Flores (que j’envisage d’aller voir au château de Versailles cet été, alors du coup…).
  • Béatrice et Benedict, d’Hector Berlioz, en version de concert. Eventuellement, s’il me reste des sous et du temps. Hum, pas sûr.

Y a-t-il des amateurs d’opéra / ballet parmi vous ? Sur quoi se porteraient vos choix ?

La damnation de Faust

Adapté du roman de Goethe, cet opéra de Berlioz narre les aventures du Docteur Faust qui, ayant perdu goût à la vie, se voit tenté par Mephistophélès : d’abord par les plaisirs de la vie comme la boisson, puis par l’amour parfait incarné par Marguerite. A l’origine réticent, le héros finit par céder, mais abandonne sa conquête, laquelle se trouve ensuite condamnée à mort car elle a empoisonné sa mère par accident. Cherchant à la racheter, Faust signe un pacte avec Mephisto et se trouve précipité aux enfers, tandis que Marguerite est accueillie au Paradis.


faust3

Les artistes qui interviennent dans le spectacle sont tous remarquables. Depuis les choeurs et l’orchestre en passant par les différents solistes – mention spéciale à Bryn Terfel, excellent en Mephisto – on est ravi du début à la fin, tant par la netteté des voix que par la sensibilité qui imprime toute l’oeuvre. La musique est belle, parfois très connue (mais si, dans La grande vadrouille, quand Louis de Funès s’exclame “Je ne veux que Berlioz et moi”), et s’écoute avec beaucoup de plaisir.
Après, on peut reprocher à l’oeuvre d’être un peu décousue, alternant longs passages instrumentaux et dialogues chantés, mais cela reste un monument de la musique que je suis ravie d’avoir pu découvrir.

Enfer-et-damnation-a-l-Opera-de-Paris_article_popin

Toutefois, la mise en scène… Le postulat de départ est : qui est le Faust de notre temps ? Le choix s’est porté, à tort ou à raison, sur Stephen Hawking (personnellement, je ne suis pas convaincue), si bien qu’un “double” du scientifique accompagne l’interprète de Faust en fauteuil roulant pendant tout le spectacle. En outre, l’action est déplacée à la veille du départ de la mission Mars One (prévu en 2025), même si j’avoue ne pas avoir trop compris pourquoi.
Enfin, tout le spectacle est rythmé par des intermèdes dansés. L’idée est bonne et s’inscrit, au moins en partie, dans la narration originale de l’oeuvre, mais là, cela ne m’a ni parlé ni touchée.
En fait, toute la mise en scène m’a paru profondément pédante et creuse. A force de vouloir rajouter des références, des messages et des interprétations, le sens de l’oeuvre se perd, et le décalage est tel qu’on ne peut être touché un seul instant par les simagrées qui se déroulent sur scène. Voilà qui est très dommage car, si l’oeuvre se prête très certainement à des réécritures contemporaines, celle-ci est juste incompréhensible.

La damnation de Faust, Berlioz, jusqu’au 29 décembre à l’Opéra Bastille

Madame Butterfly

L’univers est parfois étrange. La première fois que je suis allée à l’opéra, c’était au début de mon année de 1ère où, encouragée par la lecture de Zweig, j’avais demandé à mon père de m’y emmener. Une semaine plus tard, nous étions au parterre pour écouter “Madama Butterfly” donc je ne savais rien. Hier soir, j’ai accompagné ma belle-mère, qui n’avait jamais vu cette oeuvre en “live”, à une nouvelle représentation… dans la même mise en scène (celle de Robert Wilson) !

Cheryl Barker (Cio-Cio San) Carl Tanner (F. B. Pinkerton)

Début du 20ème siècle. B. F. Pinkerton, officier de la marine américaine en séjour à Nagasaki, contracte un “mariage” temporaire avec Butterfly (aussi appelée Cio-cio-san – prononcez à l’italienne, ça donne tcho-tcho-san ; en japonais, “chô” veut dire “papillon). Cette dernière, âgée d’à peine 15 ans, est une geisha un peu naïve, très amoureuse, et s’est convertie au christianisme pour se conformer aux moeurs de son “époux”. Mais sa famille l’apprend et la renie. Le couple vit néanmoins dans le bonheur.
Nous retrouvons Butterfly plus tard, alors que Pinkerton est reparti aux Etats-Unis depuis trois ans. Vivant dans le déni, refusant de reconnaître que son mari l’a abandonnée et qu’elle n’est donc plus mariée, elle persiste à croire à son retour, d’autant qu’elle a eu un fils de lui. Le jour tant désiré arrive, mais l’officier ne se montre pas…

butterfly_wilson

Dix-sept ans (et oui…) après avoir vu cet opéra pour la première fois, je dois vous avouer un truc : je ne suis pas hyper fan de Puccini. Il faudrait que j’essaie d’autres œuvres, mais là, je l’ai trouvé assez pompier, à grand renfort de “poum-poum-poum” très caractéristiques de son époque. Toutefois, certains airs sont assez remarquables, imitant parfaitement la musique japonaise – ou du moins l’idée que l’Occident s’en fait – sans avoir recours à des instruments exotiques. On s’aperçoit aussi que le compositeur s’est amusé à insérer des phrases musicales tirées de la marche nuptiale ou de l’hymne américain, et cela marche. On est désormais dans de la musique exclusivement narrative, l’âge des grandes arias est clairement révolue, mais il y a tout de même des morceaux de bravoure.
Oksana Dyka en Butterfly est très bien, et tient toute la seconde partie sur ses épaules, bien plus que Piero Pettri en Pinkerton, qui était à la ramasse pendant le premier acte (ça s’est amélioré). J’ai en revanche beaucoup apprécié Gabriele Viviani en Sharpless, le consul américain, dont le timbre n’était pas noyé par l’orchestre (qui jouait fort).

Source
Photo Florian Kleinefenn – Source

Côté mise en scène… je suis plus partagée. Si les décors sont toujours magnifiques d’épure et de suggestion, j’ai tiqué sur les costumes, en particulier ceux du chœur. En effet, je les ai trouvés… datés, et j’ai clairement eu l’impression de me trouver face à une interprétation “zen” du Japon des années 80 (je ne sais pas si je suis très claire).
De plus, le jeu continuel de lumière projeté sur l’écran du fond, servant à la fois à illustrer les heures du jour et de la nuit, mais aussi les sentiments et les tensions dramatiques, m’a un peu fatigué les yeux ! Il me semble qu’on pourrait y apporter plus de subtilité.

Au final, il est assez drôle de constater que les adaptations de cet opéra reflètent généralement l’image exotique que l’Occident se fait du Japon. Il ne serait pas surprenant de découvrir, d’ici quelques années, une version totalement modernisée avec gadget électroniques et cosplay.
Cet opéra, bien qu’il ne fasse pas partie de mes préférés, tient néanmoins une place assez symbolique à mes yeux, quand on sait de quelle passion j’ai été prise pour le Japon, et que j’ai étudié l’image du Japon en France à partir de ce genre de représentations…

Madame Butterfly, Opéra Bastille, jusqu’au 13 octobre

Platée

Mercredi soir, c’était la reprise de la saison d’opéra avec Leen. Pour bien commencer l’année, nous avions jeté notre dévolu sur une oeuvre de Jean-Philippe Rameau, compositeur français du 18ème siècle.

Platée1

Après un prologue où l’on assiste à la naissance de la Comédie, on décide de présenter un divertissement sur la façon dont Jupiter guérit Junon, son épouse, de sa jalousie maladive. Pour ce faire, le roi des dieux entreprend de séduire Platée, reine des grenouilles réputée pour sa laideur, et de le convaincre de l’épouser. Au dernier moment, Junon, furieuse, arrache le voile de la fiancée et éclate de rire, définitivement remise de ses accès de colère. Platée, quant à elle, regagne son marais sous les quolibets.

Platée2

Non, ce n’est pas une histoire gentille, et de nos jours, on pourrait estimer qu’elle est franchement cruelle. Toutefois, on rit beaucoup dans cet opéra, aux dépens de tous les protagonistes.
La mise en scène est vive et drôle, le décor – un théâtre qui évolue au fur et à mesure de l’histoire – joue sur l’ambiguïté de la musique baroque en France (spectacle pour le roi ou roi qui se donne en spectacle ?) tout en mettant en valeur la modernité de la musique de Rameau. Les costumes sont bien trouvés, les chorégraphies des parties dansées (très présentes dans ce genre d’oeuvre) rappelant des “scènes de la vie conjugale” soulignent le propos sans l’alourdir… Une vraie réussite.
Quant aux interprètes, ils rivalisent d’excellence. C’était la première fois que j’entendais vraiment Julie Fuchs, dans le rôle de la Comédie et, surtout, de la Folie, et elle est à couper le souffle. La virtuosité avec laquelle elle enchaîne les notes plus aiguës les unes que les autres donne le vertige, d’autant que je suis convaincue qu’une partie de son interprétation laisse place à l’improvisation. Enfin, j’ai une mention spéciale pour Philippe Talbot (oui, c’est un homme), dont la Platée est drôle, touchante, grotesque, comique… et sacrément sportive ! J’avoue être restée en admiration en le voyant sauter les marches deux à deux sans perdre son souffle en plein milieu d’un air.

Platée3

Au final, c’est un petit bijou de bonne humeur et de bonne musique, et je ne peux que vous conseiller d’y aller.
Platée, Opéra national de Paris, jusqu’au 8 octobre

Note : en dépit de mes recherches, j’ai été incapable de trouver des photos du spectacle sur le site de l’Opéra, les rares illustrations viennent donc du site opera-online.

Saison 2015-2016 à l’Opéra royal de Versailles : ma wishlist

En février dernier, je vous avais déjà parlé de la future saison à l’Opéra de Paris et de mes envies – il s’avère que j’en ai concrétisé pas mal, je vous en reparlerai au fil de l’année. Du coup, lorsque j’ai reçu le programme pour l’opéra de Versailles, j’ai décidé de faire de même.

Opéra royalOpéra

  • Monsieur de Pourceaugnac, de Lully et Molière. Parce que bon, deux monstres sacrés du 17è siècle, le tout dirigé par William Christie, ça ne se refuse pas. Et parce que j’ai un peu étudié l’oeuvre au collège.
  • Armide, de Lully. Que je n’ai toujours pas vu alors que c’est un peu LA référence en la matière. Et puis c’est une production de l’Opera Atelier Toronto, la plus belle ville du monde (joke inside).
  • Orfeo, de Luigi Rossi. Parce qu’il est programmé dans le cadre du tricentenaire Louis XIV.

Je ne suis pas très branchée opéras en version de concert, car j’estime que ça gâche une partie du plaisir. Du coup, je ne pense pas aller en voir.
En outre, l’opéra de Versailles ne présente que trois ballets dans l’année, qui ne me tentent pas plus que ça (encore que, le Béjart Ballet Lausanne, c’est toujours un plaisir).

Concerts

L’autre point fort de Versailles, selon moi. Certes, il faut aimer la musique baroque, mais les lieux et les styles sont très divers, et les meilleurs artistes se produisent.

  • Les funérailles royales de Louis XIV. Parce que j’ai rien dans mon agenda en novembre.
  • Grande messe vénitienne pour la naissance de Louis XIV. Ai-je déjà mentionné que c’était le tricentenaire ?
  • Musique pour Saint-Cyr. Parce que j’ai trop regardé L’allée du roi, et parce que je sais que quelqu’un de ma connaissance sera très intéressé à l’idée de m’accompagner.
  • Cecilia Bartoli : St Petersburg. J’ignorais même l’existence du baroque russe, mais ça me donne drôlement envie de m’y mettre.
  • Bach : Variations Goldberg. Bon, j’ai déjà mis C.euh sur le coup. Alexandre Tharaud et Bach sur la scène de l’Opéra royal, ça ne se refuse pas.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à faire un casse pour financer tout ça, et prier pour que tout coïncide avec mon emploi du temps chargé à Paris.

Aller à l’Opéra de Paris : premiers pas

A force de me vanter ici et là que je vais à l’opéra comme je respire ou presque, plusieurs personnes m’ont demandé de leur donner quelques clés pour assister à un spectacle. Je ne suis pas une spécialiste, mais juste une amatrice, il n’est pas question de faire une revue de puriste, simplement de fournir quelques explications que j’estime nécessaires.

Source
Source

L’opéra, on y comprend rien.
Les principales langues de l’opéra sont le français, l’italien et l’allemand, mais on trouve aussi des œuvres en russe, en anglais, en tchèque… Mais nul besoin de connaître la langue ! Les salles proposent un surtitrage lumineux, en anglais et français. Et puis, ne nous voilons pas la face : les chanteurs répètent souvent la même phrase.
Pour ce qui est de l’histoire, le plus simple est de s’offrir un programme : plutôt que de lire l’intégralité du livret (qui peut être long), parcourez l’argument (le mot savant pour “résumé”) qui tient généralement sur une ou deux pages. L’avantage, c’est que vous saurez aussi où en est l’histoire et s’il y a encore longtemps à attendre avant la fin du premier acte pour aller aux toilettes.

L’opéra, c’est pour les riches
Le prix des places peut grimper très vite mais, ce que l’on oublie souvent, c’est que l’Opéra de Paris est une salle de spectacle subventionnée par l’Etat. Du coup, il existe plusieurs astuces pour obtenir des places moins chères : les abonnements jeunes pour les moins de 28 ans, les places de dernière minute (souvent avec visibilité limitée), certains lundis ou samedis après-midi moins chers que d’autres…

Source
Source

On est bien assis, au moins ?
Là, ça dépend. Question rembourrage, on est largement mieux assis à Bastille qu’à Garnier, ne serait-ce que parce que les critères de confort ont évolué en un siècle.
Niveau visibilité, à part quelques places très hautes et complètement sur le côté à Bastille, on voit l’essentiel de la scène et le surtitrage.
En revanche, Garnier est un théâtre à l’italienne : on y allait autant pour voir que pour être vu, si bien que, depuis les loges de côté, on distingue mieux les autres spectateurs que la scène. Un conseil si vous choisissez des places petit budget : optez pour l’amphithéâtre (tout en haut) plutôt que pour les fonds de loges. L’amphithéâtre fait mal aux fesses, on a les genoux dans le dos du voisin de devant, mais on distingue la scène. Les fonds de loges donnent surtout envie de décapiter les personnes devant soi parce qu’on n’y voit rien.

On donne un pourboire ?
Ah non ! Si le champagne coûte un rein et qu’il faudra hypothéquer votre maison pour vous offrir un sandwich, on ne donne pas de pourboire dans les théâtres nationaux, dont fait partie l’Opéra de Paris. Et on attend que les hôtes vous installent en vous remettant un petit dépliant avec la distribution du jour.

Je suis en retard, je fais quoi ?
Honnêtement, vous êtes dans la merde. Si la plupart des salles de spectacle commencent avec un peu de retard, et vous permettent souvent de gagner votre place alors que le rideau est déjà levé, ce n’est pas le cas à l’Opéra de Paris. Sitôt les lumières éteintes, impossible d’entrer dans la salle avant l’entracte (s’il y en a un) et vous n’aurez même pas la possibilité de flâner à la boutique, qui sera en train de fermer.
En plus ça commence tôt : 19h30 en règle générale, voire plus tôt pour des spectacles très longs (l’idée étant que les spectateurs puissent repartir en transport).

Source
Source

Et alors, on va voir quoi ?
Quand on est novice, à moins de vraiment vouloir se dépayser, j’ai tendance à conseiller un classique, en italien la plupart du temps. Les opéras de Verdi comme La Traviata (qui reprend l’histoire de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils), Rigoletto ou Il trovatore. C’est monumental, ça fait “boum-boum” mais c’est plein d’airs très connus.
Dans la saison 2015-2016, j’aurais aussi tendance à recommander Le barbier de Séville (Il Barbiere di Seviglia) de Rossini et Don Giovanni de Mozart.

Une autre possibilité serait de choisir un opéra en français dont le plus connu, Carmen, est souvent repris dans différentes salles (pas à l’ONP l’an prochain, malheureusement). Ou alors, un opéra en allemand comme La flûte enchantée, à l’affiche d’avril à juin cette année, très abordable et qui finit bien (si, si).

Et si on préfère le ballet ?
Je suis moins calée mais, une fois encore, si vous souhaitez vous initier, voir un joli ballet avec de beaux costumes, choisissez un classique du répertoire avec une chorégraphie de Noureev, effet garanti. Cette saison, vous pouvez choisir l’indémodable Lac des cygnes, ou des ballets (un peu) moins célèbres comme Paquita ou La fille mal gardée. La saison prochaine, je recommande La Bayadère (superbe) ou un grand classique de l’époque romantique, Giselle.
Si vous êtes d’humeur contemporaine, n’hésitez pas à vous tourner vers des noms connus comme Pina Bausch, Anne Teresa de Kersmaeker, William Forsythe… L’avantage de la technologie aujourd’hui, c’est que vous pouvez toujours trouver des extraits sur youtube.

Source
Source

Y’a pas moyen de combiner les deux ?
Si ! L’an prochain, l’ONP a décidé de monter Iolanta / Casse-Noisettes, un opéra qui précède un ballet, deux œuvres de Tchaïkovski. C’est une forme tombée en désuétude et remise au goût du jour, si bien que les places commencent déjà à se faire rare, mais tentez le coup.

Comment on réserve ?
Soit vous prenez un abonnement dès maintenant pour la saison 2015-2016 (dépêchez-vous, les places partent très vite cette année, ce doit être l’effet Benjamin Millepied), mais cela implique de réserver plusieurs spectacles. Soit vous guettez l’ouverture des réservations pour les spectacles au fur et à mesure de l’année (à partir de mai-juin, généralement, et étalée sur neuf mois environ). A moins que vous aimiez vous déplacer pour acheter votre place au guichet, j’aurais tendance à conseiller la réservation internet.
Par ailleurs, des places sont encore disponibles pour les spectacles de cette saison, jusqu’en juillet.
Enfin, tous les ans, l’ONP propose un spectacle gratuit pour les festivités du 14 juillet (même si je crois que ça tombe le 13 cette année). Premier arrivé, premier servi !

Source
Source

J’ai mon billet, c’est pour ce soir. Je garde mon jean et mes baskets ?
Même si a priori on ne vous dira rien, il est possible que vous attiriez quelques regards en coin. Sans aller jusqu’au costume-cravate si vous ne vous sentez pas de le faire, n’hésitez pas à sortir votre paire de mocassins des dimanches avec un pull sans trou, ou une tenue pour laquelle vous cherchiez une occasion (cette très jolie robe portée à un mariage il y a deux ans et que vous aimeriez bien remettre, mais au boulot, c’est un peu too much). Blague à part, un jean passe très bien avec une jolie chemise et des chaussures  pas trop moches. On n’est plus à l’époque robe de soirée et frac !

Je conclus en vous signalant qu’il y a une excellente FAQ sur le site de l’opéra, qui vous dira sans doute d’autres choses que j’aurais oubliée.