La princesse et la grenouille

Samedi soir, séance ciné avec Gaygo et l’aimable participation de la fièvre. Heureusement que nous allions voir un Disney et pas le dernier Polanski, parce que j’aurais été incapable de comprendre quoi que ce soit à l’histoire. Mais là, je vous rassure, j’ai à peu près suivi.

Nouvelle-Orléans, pendant les années 1920. Tiana rêve d’ouvrir un jour un restaurant et travaille sans relâche comme serveuse pour y parvenir. De son côté, le prince Naveen arrive en ville avec l’obligation d’épouser une héritière pour renflouer ses caisses. Mais c’est sans compter la machination du maître des ombres qui le transforme en grenouille, de même que Tiana quand elle accepte d’embrasser ladite grenouille. Les deux héros, égarés dans le bayou, devront s’entendre pour retrouver leur forme humaine…

On a beaucoup parlé de ce film comme étant le premier Disney qui mettait en scène des héros noirs. S’il est évident que c’est une particularité du film, elle est à nuancer, montrant de manière caricaturale un décor de Nouvelle-Orléans fantasmée, où la ségrégation raciale n’existerait pas, où les blancs seraient bons bien qu’un peu bêtas…
Mis à part ces critiques, c’est un joli film, dont les décors sont très beaux, surtout dans le bayou. Les personnages sont attachants, surtout les secondaires, comme Louis le crocodile et Ray la luciole (qui parle avec l’accent cajun). Cependant, on retrouve des éléments des précédents films Disney : certaines chorégraphies rappellent la petite sirène, le méchant fait penser à Jaffar, et il y a des clins d’oeil évidents à Cendrillon. Un moment agréable.

Wolfman

Mardi soir, Imihel nous avait proposé une séance ciné, et nous sommes donc allés (avec nos chéris) voir Wolfman, remake d’un film des années 1960 avec, excusez du peu, Anthony Hopkins, Benicio del Toro, Hugo Weaving et Emily Blunt.

Fin du XIXème siècle. A la mort de son frère, vraisemblablement massacré par une bête sauvage, Lawrence Blackmoor est appelé par la fiancée de ce dernier à revenir au domaine familial et, si possible, enquêter sur les circonstances pour le moins étranges de son décès. Bien que brouillé depuis de longues années avec sa famille, le héros, devenu un grand acteur, accepte, et se retrouve confronté aux fantômes de son passé qui continuent de le hanter. En ville, une rumeur se répand : le frère ne serait pas mort tué par une bête ordinaire…

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un film sur la lycanthropie, et le héros sera malheureusement mordu par la bête féroce qui hante les bois. L’histoire est totalement cousue de fil blanc, mais use intelligemment des codes du genre. L’atmosphère sombre qui émane de l’ambiance est renforcée par le traitement de la couleur et la mine déjà inquiétante et rongée de l’intérieur de Benicio del Toro. Les acteurs sont tous excellents, avec une mention particulière à Hugo Weaving (mais je ne suis peut-être pas objective), parvenant chacun à rendre les nuances de personnages parfois un peu trop dans l’archétype.

Il faut aussi rendre justice aux effets “non spéciaux”, puisque les visages de loups-garous ne sont en fait que du maquillage, ce qui les rend plus effrayants puisque toujours un peu humains. Nous avons un peu regretté en revanche le côté gore, qui n’était pas spécialement nécessaire, la suggestion étant quand même beaucoup plus efficace.
En tout cas, c’est un film sympathique (et un peu flippant pour moi, donc totalement inoffensif) qui mérite un détour.

Sherlock Holmes

Dimanche soir, nous sommes allés voir le dernier film de Guy Ritchie (ex-Mister Madonna pour ceux qui lisent les tabloïds), dont le but avoué était de dépoussiérer le mythe de Sherlock Holmes, et sans doute aussi de le rendre un peu plus sexy et rigolo. De ce point de vue, au moins, c’est assez réussi.

Angleterre victorienne. Sherlock Holmes et son ami de toujours, le Docteur Watson ont mis un terme aux agissements criminels de Lord Blackwood, spécialisé dans les cultes sataniques et les assassinats de vierge. Cette affaire met un terme à leur collaboration, Watson ayant décidé de se mettre en ménage, et sur le point de quitter le 221b Baker Street. Mais de mystérieux rebondissements dans l’affaire Blackwood les poussent à reprendre leurs investigations….

A l’heure où je vous parle, l’Anglais et moi n’avons toujours pas réussi à déterminer si ce film est bon ou pas. Les décors et l’ambiance sont fidèles à l’époque mais aussi à l’idée que j’avais de Sherlock Holmes, les acteurs sont bons, mais certaines choses m’ont quand même posé problème. Le scénario, qui part d’une excellente idée propre au XIXème siècle – le mélange de magie et de science – se perd dans des méandres et des tiroirs malheureusement un peu téléphonés. De plus, les scènes de comédie, voire de bouffonnerie, si elles ne sont pas désagréables, semblent parfois un peu incongrues. Enfin – mais là c’est juste un avis personnel, je ne connais pas bien l’oeuvre -affubler le Docteur Watson d’une vie amoureuse est pour le moins déroutant.
Allez, promis, la prochaine fois, j’essaie d’aller voir un vrai bon film.

Bright Star

Cette semaine, je suis en vacances – et oui – donc je ne fais pas grand-chose de mes journées. Mais mardi, j’ai quand même réussi à me pousser pour aller au cinéma. Depuis sa sortie, j’avais très envie de voir Bright Star, le dernier film de Jane Campion. Même si je connais mal sa filmographie, sa renommée est quand même parvenue à mes oreilles. En plus, un film d’amour (tragique) en costumes et avec de la poésie, je ne pouvais qu’adhérer. Et bien non…

1818. Hébergé par un ami, le poète John Keats tombe sous le charme de sa voisine, Fanny Brawne, et noue avec elle une relation amoureuse – platonique cela va de soi, nous sommes au XIXème siècle. Malgré les obstacles qui se dressent constamment contre eux, les deux jeunes gens s’aiment envers et contre tout, jusqu’à la mort de Keats de la tuberculose.
Honnêtement, j’ai trouvé ce film plat et lent, voire carrément long. L’héroïne passe son temps à parler chiffons au plus grand poète de son temps, le héros prend la pose devant la caméra chaque fois qu’il souffre (c’est-à-dire souvent), les personnages secondaires sont caricaturaux ou à peine esquissés… Je ne dis pas que les acteurs sont mauvais, mais j’ai juste l’impression de tomber dans une caricature de l’époque romantique. Et puis, j’ignore si cela est dû à la manière de filmer ou au scénario complètement vide, mais il ne se passe strictement rien. Même Jane Austen est plus dynamique dans la narration !

Vous l’aurez compris, je suis très déçue, sans doute parce que j’attendais autre chose. La poésie de John Keats est effectivement très belle, l’histoire tragique, mais cela ne m’a pas touchée.

Tsar

Mercredi dernier – je sais c’est tard, mais que voulez-vous la semaine passée a été un peu épique – l’Anglais et moi sommes allés voir le film Tsar de Pavel Loungnine. Parce qu’un film en costumes avec des Russes dedans, c’était trop tentant.

1564. Ivan IV dit le Terrible règne sur la Russie. Entre crises mystiques et délire de persécution, Ivan a créé un corps de garde attaché à sa protection, les oprichniki, dont le symbole est une tête de chien attachée à la selle. Ceux-ci commettent force exactions, massacrant tous ceux que le tsar suspecte de trahison. Dans le même temps, le métropolite de Moscou meurt, et le peuple s’inquiète. Pour remédier à la situation, Ivan décide de s’adresser à Philippe, un ami d’enfance devenu moine.

D’abord réticent, Philippe finit par accepter, mais doit prendre l’engagement de ne pas interférer dans les affaires séculières, et notamment de ne pas intervenir auprès du tsar. Après un temps de silence, le nouveau métropolite sort de sa réserve pour tenter de contrer un souverain persuadé d’être entouré d’espions à la solde de la Pologne, et pris d’une folie meurtrière. L’affrontement devient inéluctable.

Divisé en chapitres, le film est avant tout une très belle fresque aux couleurs chatoyantes. Les costumes, les décors, la musique, l’emphase religieuse du tsar… tout semble exalté et habité. Dans l’affrontement du tsar et du métropolite, le réalisateur cherche à nous montrer l’affrontement de l’ubris, la démesure, contre laquelle se débat la raison (et ici la foi). Les deux acteurs principaux sont remarquables, qu’il s’agisse du tsar fatigué, paranoïaque et édenté, effrayant d’iniquité et en même temps touchant dans ses rares moments de bonté, ou du métropolite, adossé à sa foi, contemplant avec horreur ce qu’il se passe autour de lui sans finalement pouvoir sauver quoi que ce soit.

Personnellement, je regrette deux choses : l’intervention divine un peu trop présente par moments, et l’image assez restrictive de la femme (ou vierge martyre ou prostituée impie). Quoiqu’il en soit, j’encourage mon fidèle lectorat à voir cette oeuvre.
A noter que le métropolite Philippe a été canonisé par l’église orthodoxe, sous le nom de Saint Philippe II de Moscou.

Avatar

Je suis de retour ! Allez, une petite chronique cinéma pour bien démarrer l’année. Samedi soir, l’Anglais et moi sommes (enfin) allés voir le dernier opus de James Cameron, Avatar. J’étais un peu réticente, d’abord à cause de la longueur du film (2h40 quand même), et aussi à cause des multiples avis divergents qui n’arrêtaient pas de pleuvoir autour de moi.

2154. A la mort de son frère jumeau, Jake est sollicité pour le remplacer au sein du programme Avatar, qui se déroule sur la lointaine Pandora. En effet, cette planète recèle les plus gros gisements conus de roche anti-gravité (semble-t-il), nécessaire à l’exploration spatiale. Il doit se glisser dans la peau de son avatar, sorte de marionnette de chair à l’image des indigènes qui peuplent Pandora, et ce au moyen d’une liaison neuronale (j’ai pas tout suivi, hein). Surprise : là où tous les chercheurs ont échoué depuis cinq ans, Jake va réussir à être intégré par la population, de par son statut de guerrier, et recevoir l’initiation. Bien entendu, c’est une jeune femme qui sera chargée de lui apprendre sa langue et ses coutumes, et au charme de laquelle il ne tardera pas à succomber. Et alors que la guerre gronde entre les deux populations installées sur Pandora, Jake devra faire un choix…

Le scénario est un peu plus complexe, mais à peine. L’avantage, c’est qu’il n’est pas difficile de suivre l’histoire. D’autant qu’en réalité ce n’est pas le point le plus important du film. La véritable claque est au niveau des effets spéciaux : qu’il s’agisse de la création des  personnages, de l’animation, des décors, des effets de lumière (superbes)… tout est remarquable, et transporte le spectateur dans l’univers étrange et coloré de Pandora. On s’y croirait, tant tout paraît naturel, fluide, parfaitement enchaîné (à l’exception peut-être d’une ou deux scènes de groupes). La musique est belle et porte le film, les personnages sont attachants même s’ils correspondent tous plus ou moins à un archétype. Mais le but de Cameron est atteint : on en vient à se demander, tout comme les personnages, lequel des deux mondes est réel, où peut bien résider la vérité.

Il ne faut donc pas envisager Avatar comme un grand film portant une réflexion et un message (certes, il y a un message écologique et une sacrée identification avec la conquête de l’Amérique), mais plutôt comme une sorte de révolution de l’image, une nouvelle manière d’envisager le cinéma. Tout comme Titanic était un grand film en costumes avec un scénario évident, Avatar nous propose une nouvelle forme de super production (et sans Leonardo di Caprio, qui plus est).

Twilght 2 – New moon

Cette après-midi, séance ciné en amoureux. Comme nous n’avions pas le temps d’aller voir 2012, nous nous sommes rabattus sur le film ado du moment, j’ai nommé le nouveau volet de la saga Twilight. Et ben c’était vraiment pas bon.

Après leurs premières aventures, Edward et Bella profite d’un repose bien mérité. Las, la soirée d’anniversaire de notre héroïne tourne court quand elle se blesse et se met à saigner, manquant se faire dévorer par sa famille d’adoption. Cet incident persuade Edward que sa présence est plus dangereuse que bénéfique, et il décide donc de quitter Bella sans autre forme de procès. Cette dernière tombe dans une dépression profonde, dont elle ne sort que lorsqu’elle décide de se mettre en danger, et pour ce faire fréquente Jacob, son ami amérindien, pour s’initier à la moto. Bien entendu, il n’est plus vraiment humain et se révèle être un loup-garou… (vous suivez toujours ?). Bon, je vais m’arrêter là, mais le film reprend le livre à la ligne près.

Par où commencer ? Les acteurs ne sont pas mauvais, mais n’ont pas particulièrement l’occasion d’exercer leurs talents. Comme le soulignait un article paru sur Slate cette semaine, Robert Pattinson (Edward) est passé maître dans l’art d’exprimer la souffrance face au désir. C’est d’ailleurs à peu près sa seule expression. Accessoirement, le fait qu’il fasse désormais une tête de plus que sa partenaire est un peu destabilisant, vu qu’il n’est pas sensé bouger physiquement depuis une petite centaine d’années. L’actrice principale me plaît de plus en plus, je dois le reconnaître, d’autant qu’elle est vraiment jolie.
En revanche, le problème du film réside non seulement dans le scénario – mais là c’est pas trop la faute du réalisateur – qui fait clairement passer l’héroïne pour une victime crétine et exacerbe à l’outrance les tensions entre protagonistes, mais aussi dans la lenteur des séquences, et le côté très caricatural des vampires et des loups-garous.
Attendons de voir la suite.

L’imaginarium du Docteur Parnassus

Enfin le retour de la chronique ciné ! Nous étions pleins d’espoir pourtant, et prêts à conquérir toutes les salles obscures… mais c’était sans compter la (très grosse) fatigue et le temps qui nous a poussés à rester calfeutrés à la maison. Hier soir, n’écoutant que notre courage (et profitant d’une accalmie), nous sommes donc allés voir le dernier film de Terry Gilliam.

Il y a mille ans, le Docteur Parnassus, alors moine, a fait un pari avec le Diable (Mr Nick). Il y a gagné l’immortalité et le pouvoir de faire voyager les gens dans leur propre imagination, prônant le pouvoir de cette dernière pour sauver les âmes, dans un éternel combat contre Mr Nick. Or au cours du XXème siècle, Parnassus est tombé amoureux et, pour prix de la mortalité et d’une nouvelle jeunesse, a promis l’âme de tout enfant qu’il engendrerait. Dans trois jours, sa fille Valentina aura 16 ans, et Mr Nick viendra réclamer son dû…

Terry Gilliam est certes un ancien Monty Python, mais pas uniquement. Ce film met en lumière son incroyable imagination, son sens de l’esthétique, la force qu’il communique aux images… Car, il faut bien l’avouer, j’ai beau ne pas connaître grand-chose des Monty Python et rien du tout de l’oeuvre solo de Gilliam, je suis tombée totalement sous le charme de ce film.
L’image est superbe, servie par des décors à la fois sublimes et décatis, des costumes fanés au charme incroyable (j’avais les yeux accrochés à tous les petits détails de broderie, de perles et de sequins…). L’histoire est en plein fantastique, au sens de “on ne sait plus trop où on est, s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité”, tout en ayant un sens et un message parfaitement compréhensibles. Les effets spéciaux sont très réussis, l’ensemble donnant réellement l’impression de voyager dans un vieux théâtre ambulant qui a connu des heures plus glorieuses.

Il ne faut pas non plus oublier de saluer le remarquable casting. Certes, ce film est le dernier tourné par Heath Ledger, dont la disparition prématurée a conduit le réalisateur à user d’un subterfuge : chaque fois que le personnage entre dans l’imaginarium, son aspect se modifie, prenant tour à tour celui de Johnny Depp, Jude Law et Collin Farell. Tom Waits est également très bon dans le rôle du Diable, immuable et so british, cynique et manipulateur, de même que Christopher Plummer en Parnassus désabusé et affaibli.
Mais j’avoue que ma mention personnelle va à Lily Cole, dont le visage de poupée (et le physique mannequin, accessoirement) va à merveille au personnage mais aussi à l’ambiance du film tout entière. Une véritable révélation, à la fois visuelle et artistique.

Clones

Hier soir, nouvelle séance cinéma avec l’Anglais. Notre choix s’est porté sur un film pas trop intelligent : le dernier blockbuster de Bruce Willis. Le temps d’avaler vingt minutes de pub et le résumé la bande-annonce de Twilight 2 et nous y étions.

Dans un futur proche – présenté comme la période actuelle, j’y reviendrai – les gens ne sortent plus et vivent par l’intermédiaire de leurs clones (surrogates en VO), comme une sorte de simulation géante. Ces robots sont à l’effigie de leurs propriétaires mais en mieux, et permettent à chacun de dépasser les limites de son propre corps. Bien entendu, cette situation ne plaît pas à tout le monde et il existe des réserves où continuent de vivre les gens normaux. Lorsqu’un clone est détruit, entraînant la mort de son opérateur, l’agent Greers et l’agent Peters, policiers au FBI, sont chargés d’enquêter.

Bon scénario, bons acteurs, excellents décors et effets spéciaux… c’est un film très agréable à regarder. Le film commence par un flashback de 14 ans présentant les conditions dans lesquelles ont été créés puis mis en service les clones, sous la forme d’extraits de journaux, d’interviews et d’images d’archive. Voir Bruce Willis sous sa forme de clone est assez déconcertant : lifté, ultra maquillé, coiffé d’une manière pour le moins surprenante… mais cela permet de plonger tout de suite dans cette espèce de fausse réalité, où l’on croit reconnaître les gens alors que ce ne sont que des doubles.
Les allusions à la réalité virtuelle que nous vivons déjà via Internet sont intéressantes : on constate ainsi que certaines personnes se font passer pour ce qu’elles ne sont pas, tandis que tous essaient de donner d’eux-mêmes une image parfaite. Le contraste entre personnages réels et clones est renforcé par les effets de lumière de maquillage, qui donnent tout de même une apparence un peu fausse à ce que les créateurs (et vendeurs) des robots nomment “la perfection humaine”.

Quoiqu’il en soit, c’est un bon film, captivant, un polar mené tambour battant, qui pose la question de la place de l’humain à l’ère de la technologie triomphante. Certes, on voit la fin venir, mais je recommande tout de même, car c’est très dépaysant.

Micmacs à tire-larigot

Enfin de retour sur le blog ! J’ai eu beau vouloir, je n’ai absolument pas réussi à prendre ne serait-ce qu’une photo de ma séance shopping d’il y a 15 jours – je vais y arriver. Du coup, vous avez droit à ma dernière séance ciné.

Ce soir, avec Gaygo, nous sommes allés voir Micmacs à tire-larigot, le dernier film de Jean-Pierre Jeunet. J’ai beau apprécier l’univers de ce réalisateur, je dois avouer à ma grande honte que je n’ai vu qu’Amélie Poulain – à ma décharge, Un long dimanche de fiançailles est sorti quand j’étais au Japon.
Petit, Bazil a perdu son père à cause d’une mine. Devenu adulte, il est victime d’une balle perdue et se retrouve en sursis avec une balle dans la tête, car inopérable. Cet évènement l’ayant réduit à vivre dans la rue, il est recueilli par la “famille”, véritable galerie de portraits à la fois pittoresques et tendres, qui vivent de la récupération et de la réparation d’objets. Avec leur aide, Bazil va échaffauder un plan pour prendre sa revanche sur les marchands d’armes à l’origine de son double malheur.

On retrouve dans ce film les thèmes récurrents et les caractéristiques du travail du réalisateur – image sépia, nostalgie, Paris, petites animations pour illustrer les pensées des personnages… ainsi que ses acteurs fétiches, comme Dominique Pinon ou André Dussolier. Les personnages sont drôles, attachants, chacun avec sa “gueule” et son parler particulier. Les dialogues sont un petit bijou de langue française, faisant la part belle aux expressions désuètes. On rit, on frissonne un peu, on s’émeut, et c’est encore le meilleur moyen de traverser l’automne.