Tokyo en cinq jours – Jour 3

Jour 3
Aujourd’hui, détente. Pas de visite culturelle à l’horizon, juste une plongée dans la vie quotidienne tokyoïte par le biais d’une expédition dans un quartier résidentiel un peu excentré, Kichijôji. Cette excursion était réclamée par l’Anglais, qui a découvert l’endroit par au moyen d’un manga qu’il lisait dans son jeune temps, Racaille blues, et dont l’action se déroule ici. Kichijôji est un quartier résidentiel et commerçant – avec un Marui juste en face de la gare, dans lequel j’ai trouvé un très beau stand de kimono, nous y reviendrons – mais est surtout connu pour son parc, Inokashira Kôen.
Nous passons donc la matinée à arpenter tranquillement le parc, sous le soleil. Le centre est occupé par un petit lac peuplé de carpes voraces, mais qui abrite aussi un sanctuaire. On peut également faire du pédalo… dans des bateaux en forme de cygnes ! Totalement kitsch, et emblématique des lieux.

Mais la “pièce maîtresse”, si j’ose dire, est le zoo, que nous nous empressons de visiter. La première partie, la plus petite, est consacrée aux oiseaux – j’ai enfin vu à quoi ressemblait un canard mandarin – et nous y croisons un groupe de maternelles, ainsi que quelques mères de famille avec leur progéniture. Il faut marcher quelques minutes pour rejoindre la seconde partie, immense, qui abrite quant à lui des singes, des chats sauvages, de superbes oiseaux exotiques aux couleurs incroyables… et partout, des groupes d’enfants !
Nous passons deux bonnes heures à arpenter les lieux, prendre des photos, observer les animaux… Un véritable retour en enfance, sous le chaud soleil de mai, dans un calme somme toute relatif mais radicalement différent du brouhaha des grands centres que sont les quartiers touristiques. En début d’après-midi, nous décidons de nous asseoir pour grignoter des takoyaki – beignets de poulpe aux algues et à la mayo – et écrire nos cartes postales. Une jeune mère s’est alors assise près de nous et s’est mise à nous parler, de la France, du Japon. Une vraie rencontre, assez insolite quand on connaît la réserve des Japonais.

Après un break à l’hôtel – cette semaine, mon sport favori sera la sieste de 5 à 7 – destination Shibuya pour retrouver Sachiko, une amie de fac. A l’époque où j’étais scolarisée ici, elle et un autre étudiant japonais de la fac étaient chargés de prendre soin des étudiants étrangers de notre résidence. Nous devons dîner avec elle et son copain, et elle a réservé une table à Ebisu, à quelques minutes de là, dans une izakaya.
L’izakaya, c’est l’équivalent japonais du bar à tapas. J’ai beau chercher, je ne trouve pas de meilleure comparaison. On vient ici en couple, entre amis, entre collègues… On mange et surtout on boit : généralement, on commande un menu qui fournira une petite dizaine de plats déjà déterminés – ici du sashimi, de la purée de sésame, diverses brochettes, une salade composée… japonais ou d’inspiration plus ou moins occidentale. Pour faire passer le tout, du saké, de la bière et, grande découverte de la soirée : du shôchu, équivalent de la vodka, en moins fort. Ma préférence va à la version distillée à base de shiso, cette plante que l’on appelle également le “basilic japonais”.

L’ambiance est bon enfant quoiqu’un peu bruyante – mais nous sommes vendredi soir c’est normal. Dans la série “faisons découvrir des trucs nouveaux à l’Anglais”, nous avons testé le dîner en chaussettes : les chaussures sont laissées à l’entrée de l’étage, dans le petit casier correspondant à notre table, et il faut enfiler des chaussons spéciaux pour aller aux toilettes.
La soirée file à toute allure, nous buvons, nous mangeons (très bien), nous échangeons des anecdotes sur nos années de fac, sur comment les couples se sont formés… Et vers 23h30, c’est l’heure de partir. Ca tombe bien, c’est l’heure de départ approximative que Sachiko avait précisée en réservant. Et oui ! Ici, on réserve l’heure d’arrivée en donnant une estimation du temps qu’on va passer sur place.
Il faut alors rejoindre rapidement la station, car mine de rien le dernier train de banlieue ne tardera pas – les horaires de fin de service sont sensiblement les mêmes qu’à Paris. Une excellente journée qui nous a offert une vraie incursion dans la vie quotidienne.

Fête médiévale de Provins

Maintenant que j’ai un peu avancé dans la narration de notre périple à Tokyo (bon sang, heureusement que ça n’a pas duré deux semaines), je vais essayer de rattraper un peu le retard – ou de ne pas trop en prendre, au choix. Samedi, c’était la fête médiévale de Provins, ou la plus grande fête médiévale française au Nord de la Loire. Grande par la taille, hein. Parce que plus les années passent, plus j’ai l’impression d’aller à une foire sur le thème du Moyen-âge.

Cette année, notre compagnie n’avait pas été renouvelée pour l’animation, aussi avions-nous décidé chacun de son côté d’aller à la fête en touristes. Entrée payante même pour le gens costumés, il est bien clair que la municipalité a décidé de tirer le plus d’argent des visiteurs – mais bon, il est évident qu’on ne reviendra pas en arrière. Le temps n’était pas vraiment de la partie et jouait un peu avec nos nerfs (pleuvra ? pleuvra pas ? assez ? trop ?).

Parmi les temps forts, notons le morceau de concert des Derniers Trouvères entendu dans la collégiale Saint-Quiriace (où Jeanne d’Arc a entendu la messe… décidément, nous sommes poursuivis par ce personnage). L’endroit est lumineux et dispose bien entendu d’une belle acoustique, et c’est un plaisir de déambuler dans les allées latérales au son des chansons et de prendre quelques photos.
Comme souvent, nous avons passé l’essentiel de la journée à déambuler de stand en stand pour retrouver nos connaissances et échanger les dernières nouvelles. Pour faire un peu de shopping, aussi. Parmi les nouveautés de l’année, l’Anglais a décidé de se mettre à la teinture de tissu. Je pense que quelques grands moments nous attendent dans la cuisine cet été, et je ne manquerai pas de vous les raconter par le menu. Après moult hésitations, il s’est donc décidé pour de la teinture à la gaude (jaune) et à la garance (rouge) et a acheté les matières premières nécessaires.

Déjeuner sous la pluie en milieu d’après-midi à la Cour des saveurs, enseigne bien connue pour ses plats préparés et ses délicieux de pâtés à l’ancienne – dont le poulet à l’hysope, mon préféré. Menu du jour : pâté de canard à la sauge, bourguignon de boeuf et flan de courgettes (bon cette dernière recette est plus renaissance que médiévale, mais c’était très bon quand même).
La journée est somme toute passée très vite, et nous songions à repartir – non, pas envie de tenter le bal avec le terrain sablonneux encore un peu humide et la perspective du déjeuner de famille dimanche – quand Velay Création nous a demandé un coup de main pour tenir leur boutique le temps d’aller faire une course. Et là, en une demi-heure, nous avons réussi à faire un chiffre relativement correct : nous avons vendu une cape, trois chapeaux, une cale… A tel point qu’on ne voulait plus nous laisser partir !

Quoiqu’il en soit, plus le temps passe, plus je trouve que la fête de Provins est prétexte à tout et n’importe quoi, des danseuses orientales, la cour du roi Arthur (en vrai tissu de canapé)…  Bien entendu, on sait à quoi on s’expose et on y va quand même, mais je pense que la première fois c’est toujours une petite déception. J’ai surtout été désagréablement surprise par la quantité de jeunes adultes bien décidés à se prendre la cuite de l’année : en train de boire sur les pelouses dès 14h, ivres à 17h, revendiquant le fait de boire la nuit entière… étrange conception de la fête.
Heureusement, il reste des points positifs, le bonheur de voir des gens que l’on croise tous les trois ou six mois, le plaisir de faire du shopping, de poser pour les inconnus parce que nos costumes se remarquent, de manger une couronne aux pétales de roses… Une journée, en fait, c’est suffisant.

Tokyo en cinq jours – Jour 2

Jour 2
Asakusa Ce matin, direction Asakusa, quartier à l’Est de Tokyo, qui abrite un temple et un sanctuaire très célèbres – et comme souvent au Japon, complètement intriqués. La porte principale est ornée d’un immense lampion rouge, puis on accède au temple par une allée bordée de boutiques (à touristes, mais à touristes jap).
Nous remontons tranquillement l’allée, le temps de faire découvrir les parfums locaux de “soft ice” (glace à l’italienne) à l’Anglais, qui se décide pour “patate douce”, pendant que je me tourne vers un classique “macha”. Nous passons un second portique, ornée de deux zôri (sandales en paille) gigantesques, sensées appartenir à une divinité bouddhique. Après avoir traversé la cour et nous être arrêtés dans les vapeurs d’encens – ça porte bonheur – nous entrons enfin dans le pavillon principal.

Le pavillon est assez sombre. Son plafond est orné d’immenses peintures représentants des dragons, les messagers divins dans la tradition bouddhique. Au centre, derrière une grille, des moines célèbrent un service, en présence de quelques “happy few”. De chaque côté, on trouve des mikuji, sorte de bonne aventure attribuée par le hasard : on tire une tige numérotée dans une boîte, qui nous renvoie à un tiroir où se trouve la prédiction. L’Anglais a ainsi obtenu une “petite fortune”, ce qui signifie qu’il doit conserver le papier avec lui et ne pas le nouer à l’une des tiges de métal prévues pour se débarrasser de la mauvaise fortune.

Nous continuons notre chemin vers Ueno et son parc, au nord est du palais impérial. Le parc est immense, et abrite, entre autres, un zoo, un beau sanctuaire et divers musées. Il y a même un concours d’ikebana dédié à l’azalée: des arbustes alignés à perte de vue, chargés de fleurs roses et blanches, c’est assez bucolique.
Comme c’est notre journée culturelle, destination le musée national de Tokyo. C’est un endroit que j’affectionne, car il présente intelligemment les collections et offre des expositions temporaires très belles. Lors de ma dernière visite, j’avais pu apprécier une expo consacrée au peintre d’estampes Hokusai. Nous parcourons le premier étage, qui propose un panorama de l’art japonais des origines (époque Jômon) à l’époque moderne (début de l’ère Meiji). L’art japonais a ceci de particulier que la frontière entre art et artisanat est beaucoup plus ténue qu’en Occident, et cela se ressent dans les oeuvres présentées: outre les traditionnelles estampes ou les kakemono (peintures ou calligraphies suspendues), on trouve des kimono, des sabres, des armures, de la vaisselle, des exemples de calligraphie ou des objets en laque.

Après le culturel, place au trivial : petite promenade dans le quartier “commerçant” d’Ueno qui se trouve, comme partout au Japon, autour de la gare : un enchevêtrement de ruelles où s’entassent boutiques de golf, salles de pachinko, petits restos… Nous décidons de faire une pause bien méritée dans un restaurant de nouilles qui présente une particularité intéressante : on commande grâce à un distributeur !
L’idée est simple : on choisit son plat grâce au descriptif, on introduit l’argent et on obtient un ticket avec la commande déjà payée que l’on remet au serveur. Grand moment de solitude quand il fallut traduire (enfin, essayer…) l’intégralité de la carte à l’Anglais. C’est l’un de ces nombreux “fast-food tradi” où l’on mange vite et pas cher des plats populaires japonais. Si le personnel et les clients ont été surpris de nous voir, ils n’en ont rien montré, et nous avons pu souffler un peu, avant de faire un peu de shopping puis de rentrer à l’hôtel.

Le soir, petite sortie de Shibuya pour retrouver le cousin Vlad et boire un verre, puis dîner en amoureux pour manger… ça alors, des nouilles ! Ben oui, c’est bon et pas cher, mais promis on mangera d’autres plats dans les jours qui viennent. Je vous laisse quelques photos supplémentaires.

Tokyo en cinq jours – Jour 1

Shinjuku sous la pluieNon, je n’ai pas d’excuse. Enfin, l’épuisement et les sorties diverses peut-être… Quoiqu’il en soit, avec à peine une semaine de retard, je vais enfin vous parler de notre séjour ultra-court à Tokyo. Pour l’Anglais dont c’était le premier séjour au Japon, c’était une première incursion dans la vie tokyoïte, et j’ose penser qu’il a eu droit à un bel aperçu de la ville et de ses différents aspects. Et qui sait, peut-être que certains d’entre vous y trouveront des idées d’expédition.

Jour 1
Replaçons le contexte : lundi soir, nous sommes rentrés d’Opus Manuum en petite forme physique, même si ce fut une parenthèse agréable. Mardi matin, lever à 8h pour faire les valises et attraper l’avion. 12h de vol plus tard, nous avons à peine dormi et nous débarquons à 7h30 le mercredi matin.
Après les mutiples formalités d’usage et la preuve, une nouvelle fois, que l’Anglais a une poisse incroyable dans les files d’attente – et oui, il s’est retrouvé dernier du vol à entrer sur le sol japonais, car le type devant lui a passé un quart d’heure aux douanes – direction le centre de Tokyo. Notre hôtel est à Shinjuku san-chôme, à environ 15mn à pied de la gare centrale de Shinjuku.

Tokyo_all_wards

Après un rapide déjeuner de gyûdon (boeuf émincé sur bol de riz), nous partons à l’aventure. Un peu fou, un peu téméraire, l’Anglais m’avait dit qu’il souhaitait marcher dans la ville. Qu’à cela ne tienne, nous avons donc rallié le sanctuaire Meiji depuis notre hôtel, soit près d’une heure et demie de marche à pied en faisant au plus court.
Le Meiji-jingu, ou sanctuaire Meiji, se trouve au coeur du parc de Yoyogi, en plein centre de l’arrondissement de Shibuya, et près d’une artère très fréquentée. Quand on ne connaît de Tokyo que les a priori sur la ville qui ne dort jamais et la vie “grouillante”, on peut être très surpris du calme des lieux, de l’aspect “perdu au coeur de la nature” du sanctuaire, car presque aucun bruit de la vie moderne ne filtre jusqu’ici. On accède au sanctuaire par une forêt et en passant un torii, ces hauts portiques de bois parfois peints en rouge, et qui symbolisent le passage dans une autre “dimension”.

Barils de saké à l'entrée du sanctuaire MeijiTonneaux... de vinA l’entrée du sanctuaire sont présentés des barils de saké offerts par les distilleries locales pour s’attirer la bonne fortune. Cette pratique est ancienne, mais depuis ma dernière visite, une nouveauté est apparue : des tonneaux de vin ! En face des barils, sont désormais alignés différents crus de Bourgogne, en signe d’amitié franco-japonaise. Bravo pour le dépaysement….
Une fois arrivés, nous avons procédé à la purification rituelle – lavage des mains et de la bouche – avant d’entrer. Visite des lieux, remarquablement calmes alors que nous sommes au coeur de la ville. Des chants d’oiseaux, le bruit des feuilles agitées par le vent, et les conversations feutrées.

Meiji-jingu

Nous poursuivons notre route dans un autre haut lieu du tourisme tokyoïte : Omotesandô et Harajuku. Les lieux sont connus, l’un pour être le nouveau quartier branché et luxe de Tokyo (enfin, c’était déjà le cas quand j’y étais, mais là c’est pire), et l’autre pour être le point de rassemblement de la jeunesse, en particulier les week-ends, avec ses figures de proue, les goth-loli. Sauf qu’en pleine semaine, c’est assez calme. Nous croisons beaucoup de touristes, nous posons quelques instants dans un café, arpentons quelques hauts lieux du shopping, tels que Kiddy’s land (boutique de jouets) et l’Oriental Bazaar (la boutique à touristes pour les cadeaux “couleur locale”, souvent made in China), avant de décider de rentrer à l’hôtel, parce que mine de rien ça fait bientôt trois heures qu’on crapahute.

Le soir, dîner tranquille dans un petit resto sans prétention de Shinjuku, où nous nous décidons pour de délicieuses nouilles. Petite balade tranquille dans le quartier sous la pluie, avant de ne pas nous coucher trop tard. Demain, on retourne jouer les touristes…

Gyû-niku udon

Katsu-udon

Opus Manuum

Les plus perspicaces d’entre vous n’auront pas manqué de remarquer que j’ai antidaté ce post. Ben oui, j’essaie d’avoir des articles à intervalles à peu près réguliers. Bref. En ce chaud week-end de Pentecôte, l’Anglais et moi, accompagnés de la Relieuse et de la Couturière, sommes partis au fin fond du Limousin pour participer à l’Opus Manuum.

De quoi s’agit-il ? Un rassemblement de reconstituteurs centré sur le Moyen-âge, et exclusivement civil (pas d’arme sur le campement, donc). Centré sur le travail manuel et les métiers anciens, l’évènement a pour but de faciliter les échanges et apprentissages techniques. Bon, pour cette partie, c’était un peu léger. Mais pour le reste, c’était un super campement, presque des vacances, sans obligation d’horaires ni groupe, un vrai bonheur.

Nous étions installés avec la Compagnie de la Rose des Sables, dont un certain nombre de membres fait également partie de la Rose et l’Epée. Nous avons sans vergogne squatté leur auvent et leurs immenses tables, mais avions décidé de prendre les repas de notre côté. Ben oui, tant qu’à faire, je voulais expérimenter de nouvelles recettes. Au menu : tourte à la viande, riz engoullé, poulet sauce verte, sanglier à l’hypocras, et darioles – recettes à la demande.
Arrivée le samedi en fin de matinée et installation de notre tente (et du bordel), puis après-midi libre consacrée entre autres à des finitions de couture – ah l’Anglais et sa superbe cotte longue bleue, ou les ourlets de la mort. Seule ombre au tableau : il fait chaud. Le thermomètre a flirté avec les 30° tout le week-end, et nous l’avons bien senti passer.

Dimanche matin, les garçons (et une fille) ont pu éprouver leurs muscles et leur virilité en disputant une partie de soule à la crosse. La soule est plus ou moins considérée comme l’ancêtre du football : c’est un jeu de balle au pied, qui opposait généralement deux villages. Sport violent, sans règle, il n’était pas rare que l’issue en soit tragique et sanglante. Ici, la balle n’était pas jouée au pied, mais à la crosse, ce qui fait dire aux fervents de ce sport qu’il s’agit de hockey sur bouse. L’Anglais a pu faire montre de son endurance, et surtout mettre à profit son passé de base-baller.

Comme il faisait trop chaud pour travailler, longue sieste à l’ombre près de la Vienne, et atelier douche au baquet dans la tente (ça demande un peu d’organisation mais c’est quand même très rafraîchissant).
En fin d’après-midi, second temps fort du week-end : le concours de boissons et desserts médiévaux. Fidèle à l’idée de reconstituer le XIIIème siècle, j’avais décidé de réaliser une recette de la cour de Saint Louis, mais cela me faisait courir avec handicap : en effet, le goût du XIIIème se porte beaucoup plus sur l’acide que sur le sucré et mon pomaceum, mousse de pommes acidulée, n’a pas rencontré un grand succès. En revanche, le vin de menthe de l’Anglais est arrivé quatrième du concours, ce qui est une belle performance. Il a même gagné un prix : du miel… pour faire d’autres boissons !

Dimanche soir, dernier temps fort : le banquet aux chandelles. Chacun apportait de quoi manger et on partageait. Mon sanglier à l’hypocras et aux navets a rencontré un certain succès, de même que les délicieuses crêpes aux lardons de l’Ewok ou le cochon au cognac de nos voisins d’en face. Les bouteilles ont également circulé, ce qui fut l’occasion de finir le vin de menthe et le cidre, et de goûter tout un tas de choses plus ou moins surprenante, dont du sang de viking (ne me demandez pas ce qu’il y avait dedans).

Un certain joueur de vielle s’est mis à jouer, et l’Anglais et moi avons interprété quelques danses au milieu des tables. Il y a eu de la musique, des chansons, encore de la boisson et des restes de nourriture un peu partout. Ce fut aussi l’occasion pour les Auvergnats de nous chambrer, nous les Parisiens (enfin l’Anglais et moi…) qui vivons comme des fous sans verdure et à des prix hallucinants (mais nous au moins on peut voir des films russes en VO le dimanche soir :D).

Lundi matin, nous avons replié nos affaires car une longue route nous attendait, d’abord vers Paris, puis, le lendemain, vers Tokyo. Mais ceci est une autre histoire.


Balti, mascotte de l’équipe


On peut tout faire avec des restes de cire… y compris une bougie en forme de templier

(copyright Brunal)


Mes superbes (et délicieuses) darioles


Un naturiste méd’

Un air de famille ?

Ces derniers jours, les Parisiens n’auront pas manqué de remarqué le matraquage la campagne qui annonce le début de la diffusion de la série La piste Carlos, d’Olivier Assayas, retraçant le parcours du célèbre terroriste. Or, je ne sais pas vous, mais personnellement, les affiches m’ont interpelée, car elles rappellent très fortement la “patte” d’un artiste que j’apprécie beaucoup.


L’affiche, qui reprend une photo d’époque


Optus Warhole, personnage créé par Enki Bilal
(32 décembre

Paris, ville rayonnante

Samedi matin, l’Anglais et moi étions debout de bonne heure, et nous avons donc décidé d’aller (enfin) visiter l’exposition Paris, ville rayonnante au musée de Cluny, consacrée à l’essor architectural de la ville au XIIIème siècle. Ça alors, c’est précisément l’époque et le lieu que nous représentons avec la Rose et l’Epée.

Bon, c’est une expo à Cluny, me direz-vous, donc assez courte. Si l’on compare avec celle sur les Celtes et les Scandinaves, il y a du progrès : quatre salles d’exposition et des cartels plutôt intéressants (dont un sur les juiveries de Paris). Malheureusement, la plupart des éléments présentés, certes très beaux, sont essentiellement des fragments architecturaux comme des colonnes, des chapiteaux, clés de voûte…
Nous avons néanmoins apprécié la seconde partie de l’exposition, plus orientée sur la statuaire et les aspects plus quotidiens de la vie à Paris. Quelques éléments intéressants pour des reconstituteurs acharnés – en particulier une statue que l’Anglais a shootée sous toutes les coutures pour en avoir les détails, mais sans prendre de cliché en pied.

Quoiqu’il en soit, ce fut une jolie balade, l’occasion de remettre les pieds dans ce vénérable hôtel du quartier latin et de prendre l’air alors qu’il faisait enfin du beau temps.
Je décerne une mention spéciale au jardin médiéval installé à l’angle des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain. J’étais allée le visiter lors de son inauguration il y a huit ou neuf ans, et avais été assez déçue, mais aujourd’hui, il est à la fois foisonnant, reposant et agréable.

 

L’Atelier des Chefs

Vendredi dernier, pour fêter notre anniversaire, la reine mère nous avait donné rendez-vous pour un déjeuner un peu particulier. Comme il s’agissait d’une surprise, nous ignorions jusqu’au bout quel genre de repas nous attendait. Et nous nous sommes retrouvées toutes les trois à l’Atelier des Chefs des Galeries Lafayette Maison, pour une formule déjeuner en une heure : cours de cuisine plus dégustation.

L’atelier est sans doute le plus petit en taille, mais il est à la fois magnifique et fonctionnel : une sorte de cage de verre au milieu du magasin, avec des équipements ultra-modernes (ah, la table juste à bonne hauteur pour travailler…), et une jeune chef dynamique et à l’écoute. Neuf élèves seulement, et une ambiance sympathique et détendue.
Au programme de ce jour-là : filet de daurade royale en croûte d’herbes, salade de pousses d’épinards et vinaigrette à l’échalote et au poivron. Dit comme cela, on pourrait croire que c’était extrêmement compliqué, alors que c’était à la fois simple et ludique. Comme c’était notre anniversaire (je l’ai déjà dit ?), Roxy et moi avons été un peu les stars du cours, avec séance photo et participation très active à la cuisine.

Au final, c’était délicieux, nouveau, rafraîchissant… et totalement dépaysant. Retourner travailler n’a plus le même sens quand on a pris un peu de temps pour s’occuper les mains, déguster son plat (accompagné d’une délicieuse panna cotta aux framboises et à l’eau de rose) et se changer les idées.

Iron Man 2

Me revoilà ! Et pour de bon, j’ai tout plein d’articles sous le coude – j’ai eu quelques soucis pour rester dans les temps, malheureusement. Pour commencer, une petite chronique ciné : jeudi matin, nous sommes allés voir le nouvel opus des studios Marvel : Iron Man 2.

J’avais beaucoup aimé le premier volet de la série, le côté “sale gosse” de Tony Stark, les super effets spéciaux, la bande-son métal et rock, le scénario qui tient debout… et je n’ai pas été déçue par la suite.
Après son “coming out”, Tony Stark n’a plus un moment à lui. Après avoir inauguré la Stark Expo en grande pompe – une sorte d’exposition universelle à la sauce marchand d’arme aux heures de grande écoute – il commence à péter les plombs. Fêtes arrosées, dérapages… quelque chose ne va pas. Et cela ne fait qu’empirer quand un nouveau super méchant débarque en direct du passé familial.

On l’aura compris, ce n’est pas un film à oscars, mais un excellent divertissement. Le rythme est palpitant, l’histoire tient debout et ravit, je pense, les amateurs de comics Marvel grâce aux nombreux clins d’oeil à l’univers bien connu. Le personnage de Tony Stark est toujours autant à baffer (c’est une partie de son charme), Mickey Rourke fait un méchant très convaincant, Scarlett Johansson est définitivement plus belle que Gwyneth Paltrow, et Samuel L. Jackson est génial. En guest star, on retrouve le robot un peu débile du premier film, et il n’a pas vraiment upgradé.
Enfin, je ne peux que vous recommander de rester jusqu’au bout du générique : frissons d’anticipation garantis !