De cape et de crocs, tome 11 – “Vingt mois avant”

Decapeetdecrocs11Je suis une très grande fan de la série “De cape et de crocs”, et j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à lire et relire cette histoire. L’imagination, les dialogues ciselés, la richesse de la langue employée, le tout servi par de très beaux graphismes aux couleurs éclatantes, en font une de mes BD préférées depuis bien longtemps. Aussi ai-je été à la fois triste et frustrée de refermer le dixième tome qui concluait l’histoire d’Armand et Don Lope.

Mais (car il y a un “mais”), j’ai eu la très bonne surprise d’apprendre qu’un nouveau tome de la série venait de sortir, se concentrant sur l’histoire d’Eusèbe (le trop mignon petit lapin), dont l’une des phrases préférées dans la série est : “Quand j’étais garde du cardinal”. Et nous suivons donc ses aventures, avant sa rencontre avec Armand et Don Lope, entre gardes du cardinal et héroïsme picaresque, dans un Paris du 17ème siècle très bien reconstitué, mais où l’on retrouve les éléments qui ont fait le succès de la série : animaux et humains se mêlent et interagissent de façon tout à fait naturelle, des allusions à la situation historique sont disséminées dans les pages, ainsi que de petits clins d’oeil à la culture “populaire”. On retrouve aussi le verbe haut et les alexandrins que j’aime tant à réciter dans ma tête et des personnages attachants.

Vous l’aurez compris, j’adhère complètement à ce nouveau volet de “De cape et de crocs”, même si je ne peux trop en dévoiler pour éviter de vous gâcher l’intrigue. Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous inviter à vous jeter dessus et, surtout, à bien scruter tous les dessins à la recherche des “œufs de Pâques” disséminés dans les pages.

De cape et de crocs, tome 11 – “Vingt mois avant”, est publié chez Delcourt.

La couleur de l’air

bilalJ’ai décidé de ne plus acheter de livres, et je tiens parole… ou presque. Parce que, pour moi, les BD (et les livres pour enfants… hem) entrent dans une catégorie à part et ne sont donc pas concernées par mon embargo du moment. Du coup, lorsque j’ai découvert tout à l’heure le nouvel ouvrage d’Enki Bilal, je me suis jetée dessus.

Après Animal’Z et Julia et Roem, La couleur de l’air est le troisième (et dernier, semble-t-il*) tome de la nouvelle série de l’auteur. On assiste au “coup de sang”, une espèce de colère de la Terre qui décide de se remodeler et d’éliminer tout ce qui pose problème. On suit trois groupes : l’eau, avec Kim, Bacon et un dauphin ; la terre, avec Ana, Lester et un personnage étrange, ainsi que Julia et Roem accompagnés de Lawrence ; l’air, avec les jumelles, Esther, Anders et Zibbar.

J’ai toujours apprécié le dessin d’Enki Bilal, son utilisation de la couleur, ses faux brouillards en réalité très travaillés… et je ne suis pas déçue sur ce point. Alors que toute la première partie de la BD est quasi-monochrome, le trait reste lisible (évitez quand même de lire avec peu de lumière, vous allez vous brûler la rétine). L’apparition de la couleur vise à souligner un élément du scénario, et je dois dire que c’est très bien trouvé.
En revanche, n’ayant pas lu les deux tomes précédents (il n’est écrit que dans le préambule qu’il s’agit du troisième tome, et j’ai pour principe de seulement feuilleter, sans lire, les ouvrages que j’achète), j’ai bien senti qu’il me manquait certaines références. Rien qui empêche la compréhension, bien sûr, mais l’oeuvre de Bilal est toujours complexe et s’auto-cite régulièrement, donc c’est un peu dommage.

Au final, je pense que l’on peut dire que cette BD ravira les amateurs et ne convaincra pas plus les détracteurs de l’artiste. On retrouve toutes les caractéristiques picturales ou scénaristiques, les mêmes thématiques, mais à titre personnel, j’ai beaucoup accroché (plus qu’avec “Quatre ?”, la dernière que j’ai lue).

La couleur de l’air, Enki Bilal, Casterman, 18€

* Je précise “semble-t-il”, car Le sommeil du monstre avait été présenté comme le premier tome d’une trilogie qui s’est achevée en tétralogie…

Les vieux fourneaux, tome 2, “Bonny and Pierrot”

Aprvieux-fourneaux-tome-2-bonny-and-pierrotès un premier tome chaleureusement recommandé par Armalite et que j’ai adoré, j’ai eu la grande joie de découvrir la suite de la série “Les vieux fourneaux” samedi chez mon libraire. La dernière fois que nous avions vu les personnages, nous les avions laissés sur une plage italienne. On retrouve Pierre, Antoine et Emile, ainsi que Sophie quelques mois plus tard. Cette fois-ci, l’histoire s’intéresse plus particulièrement à Pierrot, dont les souvenirs sont réveillés d’un coup par la livraison d’un étrange colis.

J’ai autant aimé ce second tome que le précédent, ce qui n’était pas facile tant le premier avait mis la barre haut. Outre l’histoire de Pierrot, que l’on suit comme la dernière fois “en parallèle” entre aujourd’hui et les années 1950, et qui sert de fil rouge, chacun des personnages continue à avancer. Le théâtre du loup en slip gagne en profondeur – on assiste même à une géniale représentation – Antoine explore le nouveau Paris anar… En contrepoint, les délires contemporains autour d’une simple baguette (vous préférez une “câlinette” ou une “fleurimeuline du pape” ?) sont extrêmement bien vus et nous rappellent des situations similaires (pourrai-je me retenir de rigoler en réclamant ma “tradition” à ma boulangère ?).
Le ton est toujours aussi juste, truculent même, les bons mots et les répliques fusent, de même que les éclats de rire. On retrouve également la tendresse des auteurs pour leurs personnages et l’émotion qui se dégage des pages n’est jamais forcée ou fausse. Une très belle continuation.

Les vieux fourneaux, tome 2, “Bonny and Pierrot”, Dargaud, 12€

180°C

Dimanche, au chapitre des choses qui m’avaient plu cette semaine, j’ai évoqué la parution du dernier numéro de 180°C. Mais qu’est-ce donc, me direz-vous ? Il s’agit d’un magazine dévolu à la cuisine.

Source
Source

Encore un me direz-vous. Oui, mais non. Déjà, c’est un semestriel. Ensuite, il est épais comme un numéro de XXI ou de 6Mois (185 pages dans le dernier numéro), ce qui représente beaucoup de lecture. La maquette est sublime, avec des photos superbes (paysages, plats ou portraits), à tel point qu’une amie étudiante à Estienne, a décrété que c’était le summum du food porn (ça pose, quand même). Et surtout, surtout, il n’y a pas la moindre pub. Si. Comme je vous dis.

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Penchons-nous sur le contenu. Certaines rubriques sont immuables : un portrait de chef, pas forcément cathodique (voire pas du tout) mais au parcours intéressant et/ou atypique, qui parle de son métier avec passion ; des reportages sur des producteurs régionaux, des carnets de photos d’ailleurs (j’ai eu un énorme coup de coeur pour le travail de Matthieu Paley en Mongolie) ; des recettes de chef sublimes à regarder mais que je n’essaierai jamais de recréer (pas le temps ni la patience) ; des rubriques “Le marché de 180°C”, “C’est bon maintenant”, “Divin quotidien”) qui fournissent des recettes bien plus abordables tout en état originales et élégantes ; une catégorie pour le vin intitulée “Raisin et sentiments” (c’est exprès pour moi) ; quelques articles plus incisifs (sur le sexisme en cuisine, par exemple) ou témoignages…
Mais surtout, c’est le ton adopté qui m’a enchantée : rien de docte ni de pédant, mais une truculence, un certain sens de l’humour, un amour évident du verbe…

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Alors certes, il ne sera pas question de végétarisme ni d’équilibre (même si les recettes ne sont franchement pas mauvaises pour la santé), on trouvera de la viande et du poisson, mais aussi des vins bio et des chefs qui privilégient l’approvisionnement en circuit court. Toutefois, si vous êtes un peu gourmand, ou un peu gourmet, si vous aimez vous rincez l’œil ou tester de nouvelles recettes, si vous aimez manger ou juste humer les parfums, ce magazine peut vous intéresser.

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Où le trouver ? 180°C est disponible en librairie (pas à la Fnac ou équivalent, en revanche). On peut commander leurs anciens (et actuels) numéros sur leur site internet, ou carrément s’abonner. A titre personnel, j’ai beaucoup hésité, mais j’aime trop faire des achats chez le libraire !

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Oui, j’ai “La cuisine avec Astérix”

Les photos de cet article sont tirées du site du magazine.

Jour J, tome 17 – Napoléon Washington

1799 : le fils adoptif du père de la nation américaine part à la recherche de l’Eldorado.

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Jour J est une série de BD dont le concept repose sur l’uchronie : on raconte l’histoire telle qu’elle aurait pu se passer si… un événement ne s’était pas déroulé comme prévu, un personnage avait disparu trop tôt ou pris d’autres décisions… Le choix est large, et les possibilités infinies.
Je suis cette série depuis ses débuts et sa fracassante couverture “Les Russes sur la Lune!” qui reprenait le célèbre cliché d’Armstrong posant le pied sur notre satellite. Depuis, les albums s’enchaînent à un rythme assez effréné, grâce à un système assez intelligent : les scénaristes, Duval et Pécaud, gèrent toutes les histoires, tandis que l’illustration de celle-ci est confiée à différents dessinateurs – à l’exception de la couverture. L’avantage, c’est que les publications sont régulières et fréquentes, bien plus que pour une série classique. L’inconvénient, c’est que le rendu est parfois inégal.

Sur cette histoire en particulier, j’ai beaucoup aimé le parti pris : le père de Napoléon fuit la Corse, s’engage aux côtés des Américains et, en mourant, fait promettre à George Washington de veiller sur son fils. Le jeune Napoléon Washington Bonaparte, devenu officier dans l’armée américaine, fait preuve d’un génie militaire sans pareil, mais son bellicisme et sa soif de conquête lui valent de se brouiller avec son père adoptif, puis avec le Congrès. Il n’en décide pas moins de libérer tous les peuples opprimés d’Amérique, et enchaîne les campagnes…
Tout cela s’annonce fort bien : l’idéal du jeune Napoléon (qui, bien que noble, prit fait et cause pour la Révolution) est bien transplanté, de même que son sens tactique légendaire et, plus loin, sa boulimie guerrière. Toutefois, l’histoire s’enlise, au propre comme au figuré, dans une quête de l’Eldorado plus ou moins sous acide. D’un truc tout à fait vraisemblable, on se retrouve à nager dans une extrapolation pas très bien maîtrisée, à mon avis.

C’est malheureusement le reproche que j’aurais tendance à faire à la série tout entière : si certaines histoires sont assez plausibles, intéressantes et bien faites, d’autres sont à la limite du n’importe quoi (le pire étant le tome 16 qui a fait une incursion assez invraisemblable et ratée dans la SF). J’ai l’impression que l’accélération du rythme de parution a un peu nuit à la partie “recherche pour le scénario”.

Du point de vue du dessin, je connaissais déjà l’illustrateur de cet album car il a travaillé sur le tome 6 de cette même série, “L’imagination au pouvoir” (ou à quoi ressemblerait la France si mai 68 était allé jusqu’au bout), un de mes préférés. Le trait est fin et la représentation de Napoléon réaliste (même s’il a parfois une expression un peu trop “habitée” à mon goût). Les pages déclinent parfois une seule couleur, mais l’image n’est pas brouillée pour autant.

Au final, j’ai un sentiment très mitigé de cet album : je regrette que l’histoire, qui tenait debout, ait bifurqué de façon aussi étrange, mais j’ai apprécié la façon dont le personnage de Napoléon était traité.

Entre chien et poulpe

octopuppyEdgar veut dresser son nouveau chien. Assis. Couché. Va chercher. Plutôt simple, non ? Sauf que… son chien est un poulpe. Un poulpe vraiment très très intelligent.
Voici Jarvis. Il va changer à jamais la vie d’Edgar…


Avant tout chose, je tiens à préciser que je connais des gens chez l’éditeur. Toutefois, ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai tenu à vous parler de ce livre.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un roman cette fois-ci, mais d’un ouvrage pour enfant. Nous suivons l’histoire d’Edgar, qui aurait voulu un chien mais se retrouve avec un poulpe sur les bras, Jarvis. Il a beau tout essayer, rien n’y fait ! Jarvis en fait toujours trop dans le seul but d’exaucer les souhaits de son maître. Mais le jour où il comprend qu’il n’est pas à la hauteur des attentes du petit garçon, le poule décide de s’en aller… et Edgar comprend qu’il a perdu un ami. Il fera alors tout pour le retrouver.

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C’est une belle histoire qui porte un message de tolérance : on a beau essayer de changer les gens, ils sont toujours eux-mêmes, et c’est pour eux-mêmes qu’on doit les aimer. Mais rien n’est dit sur un ton moralisateur. On suit les pensées des deux héros et le cheminement du petit garçon pour corriger son erreur de jugement.
Tout cela est servi par de très beaux dessins, avec notamment des couvertures intérieures représentant Jarvis dans certains de ses déguisements… c’est un plaisir pour les parents d’essayer de tous les identifier.
A titre personnel, la Crevette étant encore trop petite pour ce genre d’histoire, je n’ai pas testé le livre “en conditions réelles”. Mais je le recommande chaudement.

Entre chien et poulpe, Martin McKenna, éditions Père Fouettard, à partir de 3 ans, 13€ (sortie aujourd’hui)

Rose soie

Rose soieParis, 1884. Rose de Saulnay est une jeune femme en avance sur son temps et a un goût immodéré pour la mode, ce que ne manque pas de lui reprocher son mari violent. C’est grâce à sa rencontre avec Alexander Wright, le couturier le plus en vue de la capitale, que Rose trouve le courage de réaliser son rêve : elle ouvreune boutique de confection. C’est le début d’une période à la fois difficile et grisante. Mais la passion qui lie Rose et Alexander se transforme peu à peu en un amour qui ne peut pas s’exposer au grand jour…


L’avantage d’être auteur, c’est qu’on aller piller régulièrement de temps à autre la réserve de son éditeur et repartir les poches pleines. L’inconvénient, c’est que si on conseille quelque chose de la production maison, on peut toujours être accusé(e) de favoritisme. Alors disons-le tout de suite : on ne me demande pas de produire des critiques positives sur les romans publiés par mon employeur. Voilà, voilà.

Parce qu’il faut bien le dire, j’ai adoré ce roman. Je ne sais même pas par où commencer, et je sens que je vais faire un inventaire à la Prévert. C’est très bien écrit : l’auteur se réclame d’Emile Zola et, dans une certaine mesure, on retrouve son influence (étant moi-même une très grande fan du maître, je suis difficile). L’écriture est fine, élégante, détaillée sans jamais être pompeuse ou ennuyeuse.
Point que j’affectionne tout particulièrement : on est au plus proche de la réalité historique, qu’il s’agisse des mœurs, de la politique ou de la mode, on sent vraiment que le sujet a été étudié en profondeur. Le héros est clairement inspiré par Charles Frederick Worth, couturieur de l’impératrice Eugénie (entre autres), et tous les détails concernant la mode sont soigneusement pensés et réfléchis.
Enfin, les personnages, qu’il s’agisse des héros ou des personnages secondaires, ont de l’épaisseur et aucun ne fait de la figuration. J’ai apprécié le fait que l’auteur choisisse de mettre en scène une héroïne très timide et presque dévote, un mari violent, un héros taciturne, mais aussi des amies plus ou moins bien intentionnées… Il faut reconnaître l’effort d’aborder des sujets pas toujours simples comme la violence conjugale ou la condition féminine à la fin du 19ème siècle.

Vous l’avez compris, je vous recommande chaleureusement ce roman. Je ne regrette qu’une seule chose : qu’il soit si court ! J’attendais quelques rebondissements qui ne sont finalement pas venus, mais qu’à cela ne tienne, c’était très bien quand même.

Rose soie, de Camille Adler, est publié chez Milady Romance et sortira le 19 septembre

Où il est question de livres…

Une amie m’a taggée sur Facebook tout à l’heure, et comme je n’ai que des idées d’articles sérieux en ce moment, je me suis dit qu’un peu de fraîcheur et de spontanéité ne nuiraient pas à l’ambiance…
La règle : faites une liste de dix livres qui vous ont marqué(e) d’une manière ou d’une autre. Ne réfléchissez pas trop longtemps et surtout ne pensez pas au “bon” ou “mauvais” livre.

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Donc, ma sélection :
1/ Au bonheur des dames, Emile Zola
2/ Sense and sensibility, Jane Austen
3/ Le monde d’hier, Souvenirs d’un Européen, Stefan Zweig
4/ Irrésistible Mirabel, Loretta Chase
5/ Reine des orages, Marion Zimmer Bradley
6/ Fille de l’empire, Raymond E. Feist et Janny Wurts
7/ Du côté de chez Swann, Marcel Proust
8/ The handmaid’s tale, Margaret Atwood
9/ Complot à Versailles, Annie Jay
10/ Serena, Martine Desèvre

Il y a à boire et à manger dans cette sélection, mais on notera une prédominance d’héroïnes fortes, dont on raconte la lutte pour se frayer un chemin dans un univers hostile et généralement féminin. Il faut peut-être y discerner quelque chose…

“L’insoumise”

DesevreEn France, sous le règne de François Ier, Raphaëlle Aslet, orpheline spoliée de ses biens, est initiée à l’art de l’orfèvrerie. A dix-huit ans, elle est passée maître dans la création de joyaux originaux. Résolue à vivre de sa pratique, elle se rend à Paris afin d’y exercer ses talents. Mais dans une corporation où l’art est uniquement professé par des hommes, elle doit affronter la misogynie : ambitions, rivalités, vengeances… les orfèvres cherchent à l’évincer par tous les moyens. A cette malveillance s’ajoute la jalousie de Margaux, l’épouse du chevalier Guillaume de Valras dont Raphaëlle est éperdument amoureuse.


J’ai découvert l’unique autre roman de Martine Desèvre, Serena, lors d’un séjour en Thaïlande (enfin, au Club Med) quand j’avais 14 ans. J’en gardais le souvenir d’une histoire haletante et épique – au point de pourchasser ce livre sur les sites spécialisés pendant des années – et j’ai toujours espéré qu’elle publie un autre roman. Chose faite cette année, et la version poche est sortie juste à temps pour les vacances. Je me suis donc ruée dessus telle l’affamée, et je n’ai pas été déçue, bien au contraire.

A titre personnel, j’adore les romans historiques, à condition qu’ils soient bien documentés et, de préférence, bien écrits. Mais là, quel plaisir ! J’ai dévoré les aventures de Raphaëlle, jeune femme au tempérament fougueux mais qui vit à l’écart de la société très normée de cette époque charnière, tant au plan politique qu’artistique ou religieux. C’est une femme qui cherche à exercer un métier d’homme, qui veut se tailler une place dans une période qui ne laisse encore que peu de place à l’indépendance.
L’auteur a une capacité à nous plonger dans la vie quotidienne des nobles, de la cour, mais aussi des artisans, décrivant par le menu leur façon de travailler ou de commercer, la manière dont étaient organisées les corporations… Le contexte politique – guerres d’Italie et rivalité avec Charles Quint – et religieux – apparition de la Réforme – est également bien expliqué sans que cela soit fait de façon pédante ou scolaire.
Enfin, l’histoire est haletante, qu’il s’agisse du destin professionnel de l’héroïne comme de son histoire d’amour – qui n’est pas forcément au premier plan du roman – et on ne peut s’empêcher de tourner les pages pour arriver au chapitre suivant. Je n’ai qu’un seul petit bémol : j’ai trouvé que l’auteur s’acharnait un peu trop sur l’héroïne à la fin, et j’aurais souhaité un dénouement plus apaisé. Par ailleurs, ne vous fiez pas à la couverture qui montre une jeune femme blonde aux yeux bleus (l’héroïne est rousse aux yeux verts…) dans une tenue que l’on pourrait qualifier de mauvaise réinterprétation de la mode “médiévale”, le contenu est bien meilleur.
Quoi qu’il en soit, c’est un très bon roman, que je vous recommande si vous êtes fan du genre.

L’insoumise, Martine Desèvre, J’ai Lu

Sailor Moon Short Stories, tome 1

J’ai eu une relation passionnelle avec le manga jusqu’à mon séjour au Japon en 2004-2005. A mon retour, j’ai tout revendu et je n’ai quasiment plus acheté ni ouvert de manga, alors que le marché explosait en France et que, pendant quelques années, cela avait représenté une bonne partie de ma vie.

L’autre jour, en faisant des courses à la Fnac, je suis tombée par hasard sur un recueil de nouvelles tirées de l’univers de Sailor Moon, mon manga préféré quand j’étais ado, celui par lequel tout a commencé ou presque (c’est l’heure du coup de vieux : à l’époque, je payais le tome 38 francs ; oui, des francs). Le tome était scellé, ce que je peux comprendre vu que beaucoup de gens lisent sur place sans acheter le livre. Ni une, ni deux, poussée par un élan de nostalgie, j’embarque la chose : voilà une lecture idéale pour le bord de la piscine.

SailorMoon1Sauf que. En l’ouvrant le lendemain, je le feuillette rapidement (l’aspirateur à passer et l’urgence de faire les valises m’empêchent de me vautrer dans le canapé) et je découvre… que j’ai déjà lu toutes les histoires ! En fait, elles ont été publiées par Glénat au fur et à mesure de la série originelle pour compléter les tomes, et j’ai une excellente mémoire, surtout pour les choses inutiles, donc je me souviens des histoires (et même de la plupart des répliques – forcément, quand on relit cinquante fois le même tome…).

C’est une très grosse déception. L’éditeur (Pika, qui aurait racheté les droits de la série ? Ou peut-être seulement ceux des recueils de nouvelles ?) a-t-il volontairement mis le tome sous blister pour empêcher les gens de savoir de quoi il retournait, ou s’agit-il d’une pratique courante pour protéger les ouvrages ? Quoi qu’il en soit, je ne retenterai pas l’expérience, c’est une évidence !
Le seul point positif, à mes yeux, est la traduction qui a été remaniée pour, je pense, être plus proche du texte original. Néanmoins, il est assez étrange de voir que les noms des personnages ont été francisés pour certains et sont revenus à leur nom originel pour d’autres.