Starwars VII [avec spoilers]

Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…
Le général Léia Organa envoie son meilleur pilote récupérer un indice permettant de localiser son frère, porté disparu. Toutefois, un sinistre ennemi, du nom de First Order, veut à tout prix y parvenir avant eux…

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Voilà à peu près tout ce que je puis dire du scénario sans en gâcher l’histoire. Néanmoins, comme j’ai l’intention de donner mon avis, et qu’il va me falloir des exemples, je vous engage, si vous ne l’avez pas vu / ne voulez pas vous faire spoiler, à arrêter votre lecture ici.


Vous êtes toujours là ? Bon, c’est parti.
Je ne suis pas une fan inconditionnelle de la licence. Pour tout vous dire, j’ai vu la première trilogie juste avant la sortie de l’épisode I (non, ne me jetez pas de cailloux !), et on m’avait déjà éventé toute l’histoire, si bien que je n’ai pas le souvenir d’avoir pris une claque. Toutefois, j’attendais ce nouveau film avec pas mal d’impatience, grâce au marketing Disney et à mon amour des blockbusters.
Côté blockbuster, j’ai été servie : de la baston, des effets spéciaux, des paysages grandioses, des vaisseaux spatiaux… C’était beau. En outre, j’avoue avoir bien ri aux multiples références faites à la première saga : depuis les retrouvailles de Han Solo et Léia, en passant par les épaves dispersées sur Jakku, il y en a pour tous les goûts.
Le fait que le casting fasse désormais intervenir une héroïne et un héros noir, qu’il mette en avant davantage de diversité, m’a fait chaud au cœur. Pour une fois qu’une fille n’est pas cantonnée au rôle de princesse !
Enfin, certains aspects du scénario m’ont bien plu, comme l’attrait que peut exercer le côté lumineux, ou le fait que les Stormtroopers ne sont plus forcément des clones (même si l’Anglais me souffle que ces choses existaient déjà dans l’univers étendu des romans).

Après… ce film est une resucée de l’épisode IV : on prend un jeune sur une planète désertique, on lui met un droïde mignon élément déclencheur et pif, paf, pouf, le voilà à l’assaut de la galaxie à lui tout seul ou presque, avec une mini-cantina au milieu et un final où il faut détruire une grosse base spatiale sur fond de décor “Winter is coming”. Le gros twist scénaristique (alerte spoiler), sur l’identité de Kylo Ren, bien qu’éventé à la moitié du film, paraît très vite évident.
De plus, on nous sert une introduction – comme toujours – mais sans le moindre contexte politique ni historique. Pourquoi la République est-elle dans cet état ? Pourquoi faut-il que la Rébellion persiste ? Pourquoi les jedis / Han Solo / Luke Skywalker sont-ils considérés comme des légendes ?
Enfin, ce film fait du fanservice à tous les étages (bon, c’est pas grave en soi) et, surtout, est un énorme Han Solo porn. Harrison Ford doit porter un bon tiers du film, voire plus, genre grosse figure tutélaire encombrante, et étouffe les autres personnages (mentionnons quand même que les acteurs savent jouer).

Toutefois, si nous sommes ressortis de là avec une grosse impression de “Peut mieux faire”, deux-trois pistes me semblent intéressantes à étudier : Finn serait-il un jedi, lui aussi ? Pourquoi Luke Skywalker a-t-il, à son tour, changé sa main greffée, choisissant désormais une main mécanique et non humaine (preuve à l’origine de sa volonté de conserver son humanité, par opposition à Dark Vador) ? Le personnage de Gwendoline Christie reviendra-t-il (j’espère bien que oui) ? Kylo Ren découvrira-t-il la formule du Biactol ?
Réponse en 2017 !

Marguerite

MargueriteLe Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.


J’avais très envie de voir ce film dont tout le monde disait le plus grand bien et dont le sujet – inspiré par l’histoire vraie de Florence Foster Jenkins – avait tout pour me plaire. J’y ai donc traîné Lou² samedi dernier et j’ai passé un excellent moment.
En dépit des évidents passages comiques – ceux où Marguerite chante pour la première fois devant telle ou telle personnes sont grandioses, quoique assourdissants – il s’agit bel et bien d’un drame, celui d’une femme qui cherche désespérément à s’exprimer et à vivre sa passion avec le seul moyen qu’on lui a laissé : le chant. Mais c’est aussi le drame d’une personne à qui son entourage ment en permanence et s’arrange, même au pied du mur, pour lui dissimuler la vérité, par lâcheté, par intérêt ou par peur de blesser. C’est l’histoire d’une solitude, que Catherine Frot interprète à merveille.
J’ai beaucoup aimé l’atmosphère années 20 qui colore ce film – même si je suis sûre que des puristes auraient hurlé à certains détails – et contribue à nous transporter, ainsi que le choix des airs d’opéra (en dehors de ceux cordialement massacrés par l’héroïne, bien entendu). L’idée du triangle carré amoureux est également intéressante, quoique peut-être pas exploitée à fond.

Néanmoins, j’ai trouvé l’intrigue secondaire assez insipide et inintéressante. Pourquoi le jeune loup aux dents longues retourne-t-il sa veste pour finalement protéger Marguerite ? Une seconde histoire d’amour est suggérée mais de façon assez bancale, m’a-t-il semblé. Enfin, j’ai trouvé certains artifices de narration un peu lourds et redondants, et la fin un poil trop mélodramatique à mon goût.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, c’était un excellent moment, et j’en suis sortie avec l’envie de retourner à l’opéra (comme c’est étrange). Prions pour que l’Opéra de Paris décide de monter Lakmé ou Pagliacci prochainement !

Cendrillon

CendrillonLe père d’Ella, un marchand, s’est remarié après la mort tragique de la mère de la jeune fille. Pour l’amour de son père, Ella accueille à bras ouverts sa nouvelle belle-mère et les filles de celle-ci, Anastasie et Javotte. Mais lorsque le père d’Ella meurt à son tour, la jeune fille se retrouve à la merci de sa nouvelle famille, jalouse et cruelle. Les trois méchantes femmes font d’elle leur servante, et la surnomment avec mépris Cendrillon parce qu’elle est toujours couverte de cendres…


Je le disais il y a quelques semaines, j’adore les contes de fées depuis toujours. Lorsque ce film est sorti au cinéma, j’ai regretté de ne pas avoir le temps ni l’énergie d’aller le voir. Aussi est-ce avec joie que j’ai découvert qu’il était disponible sur le système de divertissement en vol lors de mon trajet Paris-New York.
On m’avait dit que les costumes étaient très beaux et, effectivement, ils le sont. J’ai beaucoup apprécié l’idée d’habiller les “bons” héros en tenue 19ème et de laisser la méchante belle-mère et les belles-soeurs en tenues de la première moitié du 20ème siècle. Cate Blanchett est magnifique dans ses robes 1930-50 alors que ses filles sont parfaitement ridicules dans leurs vêtements rigoureusement assortis, ce qui est sans nul doute le but. En revanche, j’aimerais qu’on m’explique comment Lily James fait pour avoir une taille aussi fine… La rumeur disait que celle-ci avait été numériquement rétrécie, et j’aurais tendance à le croire !

Cendrillon2

Néanmoins… c’est à peu près l’unique qualité du film à mes yeux. On suit les mésaventures de Cendrillon à un rythme régulier, jusqu’à la fameuse rencontre avec le prince. Et force est de constater qu’en fait, il ne se passe rien. Le prince – Richard Madden, alias Robb Stark – contemple de ses (très beaux) yeux bleus le vide intersidéral du scénario. Lily James sourit toujours ou presque. Les héros échangent à peine quelques banalités mais tombent éperdument amoureux l’un de l’autre sans qu’on en connaisse exactement les raisons – au moins dans A tout jamais, la version de Cendrillon avec Drew Barrymore (dont je suis très fan), l’héroïne faisait la morale au prince et ne s’en laissait pas conter.

Mais ce qui m’a le plus dérangée, c’est la passivité de Cendrillon. Certes le personnage n’est pas le plus intéressant des contes de fée, mais elle persiste à s’humilier et à répéter comme un leitmotiv la recommandation de sa mère mourante “Sois courageuse et gentille” dès qu’une avanie lui tombe sur la tête. Moi, j’aurais plutôt envie de lui foutre des baffes. Elle est incapable de se prendre en main et attend qu’on vienne la sortir du guêpier. Même lorsqu’il est question d’essayer la pantoufle, elle ne bouge pas du grenier où on l’a confinée, se contentant de pleurer son amour (presque) perdu et d’être sauvée par le prince en personne.
Le seul moment où l’intrigue s’éloigne un tout petit peu du dessin animé et où Ella semble manifester un semblant de personnalité est gâché moins de 10 minutes plus tard lorsqu’elle annonce royalement à sa belle-mère : “Je vous pardonne”. Aurait-il été si compliqué d’insuffler davantage de modernité à ce personnage ?
Au final, vous vous en doutez, j’ai été très déçue. Surtout, je suis un peu inquiète car c’est typiquement le genre de film que j’irai volontiers voir avec la Crevette quand elle sera plus grande, et je n’aime pas du tout l’image de la femme qu’il véhicule : soit elle se soumet docilement et sera sauvée par l’ “amour”, soit elle se révolte, tente de se frayer sa propre route et devient la méchante, la sorcière. Si le conte d’origine n’était pas forcément très subtil, cette version est franchement rétrograde.

Les Minions

MinionsA l’origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjectes les une que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l’un d’eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l’adolescent rebelle et de l’adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d’un nouveau patron malfaisant pour guider les siens. Nos trois Minions se lancent dans un palpitant voyage qui va les conduire à leur nouveau maître : Scarlet Overkill, la première superméchante de l’histoire.


Comme tout le monde, nous avions découvert les minions en personnages secondaires dans les aventures de Gru, héros de “Moi, moche et méchant”, et il faut admettre qu’ils nous avaient beaucoup fait rire. Aussi, lorsqu’on a annoncé la sortie d’un film qui leur était entièrement consacré, étions-nous bien résolus à aller le voir. Et bien nous en a pris.
On retrouve tout ce qui fait le comique de ces petits personnages : la bêtise crasse traversée d’éclairs d’ingéniosité, le sabir plus ou moins incompréhensible, l’obsession pour les bananes, les mimiques… De ce côte-là, on est servi, et les plus petits riront volontiers. Mais le film gagne également son pari en soignant son public plus âgé : le film est truffé de références à d’autres films, à la culture des années 60 ou aux films suivants… En outre, les réalisateurs se sont payé le luxe d’une excellente bande-son mettant à l’honneur les grands tubes anglo-saxons de la décennie (il ne faut surtout pas rater la reprise de “Revolution” après le générique).
Courez-y, on s’amuse beaucoup.

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Jurassic World

JurassicWorldVingt-deux ans après l’ouverture de Jurassic World, le « plus grand parc à thèmes jamais construit dans l’histoire humaine », les scientifiques aux ordres de Claire Dearing tentent de trouver une nouvelle attraction pour captiver les milliers de visiteurs qui débarquent chaque jour par bateau depuis le Costa Rica. Deux spécimens d’une nouvelle espèce de dinosaure façonnée par la main de l’Homme, Indominus rex, voient ainsi le jour. Mais après avoir tué son binôme, l’un de ces monstres s’échappe et sème la terreur dans le parc…


Quand on sait à quel point je suis trouillarde et à quel point le premier opus de la série m’a foutu les jetons, on peut se demander ce qu’il m’est passé par la tête quand j’ai suggéré à l’Anglais d’aller voir ce film. La réponse tient en un mot : la climatisation. Plus sérieusement, et sans attendre grand-chose du scénario, la bande-annonce m’avait alléchée, et le nouveau Terminator n’était pas à l’affiche de l’UGC que nous fréquentons habituellement.
Sans surprise, le scénario est cousu de fil blanc, et on voit venir gros comme une maison (ou comme un dinosaure, ahahaha) les rebondissements et le dénouement du film (on peut même parier à l’avance sur qui sera le méchant, qui sera le traître et qui se fera bouffer). L’héroïne passe les trois quarts du film à courir en talons aiguilles sans se péter une cheville ni même se faire une ampoule (j’aimerais qu’elle me donne son truc) et le héros est l’homme qui murmure à l’oreille des raptors….

Toutefois, ce film vaut pour deux choses : ses décors et effets spéciaux époustouflants – le parc immense, l’animation des dinosaures… et ses multiples références plus ou moins cachées aux précédents films, et en particulier au premier. C’est sans doute ce qui m’a le plus plu, cela m’a fait rire – et rappelé combien j’étais vieille, aussi.
Car il y a une chose, peut-être plus dérangeante : à aucun moment je n’ai eu peur. C’était comme si, moi-même, je me trouvais au cœur d’une attraction géante dont je savais que tout serait dissipé dès les lumières rallumées. Et du coup… soit le suspense a pris un sale coup dans l’aile, soit je suis vraiment trop âgée pour les blockbusters estivaux.

Mad Max : Fury Road

MadMax4Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d’un véhicule militaire piloté par l’Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s’est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…


J’hésitais à aller voir ce film, à la fois parce que la violence me crispe beaucoup plus depuis la naissance de la Crevette (appelez-moi bisounours) et parce que j’avais entendu de très bonnes et de très mauvaises critiques, et que j’étais un peu dubitative.
Pourtant, j’ai vraiment pris mon pied devant ce film. Comme les précédents opus (je n’ai pas vu le troisième, je l’avoue), et sans doute encore plus, l’histoire est dopée à la violence, à la vitesse et aux cascades invraisemblables. Certes, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard – en même temps c’est pas forcément ce qu’on demande à ce genre de film – mais le rythme est haletant, et il existe quelques bonnes idées. J’ai adoré le personnage Furiosa (sublime Charlize Theron) qui, en VO sous-titrée, a conservé son titre d’imperator (général en chef) et non “impératrice” comme je l’ai entendu en VF (arrrg). L’univers complètement barré de George Miller est effarant, effrayant et profondément chaotique, mais on plonge la tête la première.
J’ai néanmoins quelques regrets. Comme le disait mon amie Isa dans sa chronique au vitriol, les jeunes filles – qui m’ont semblé faire écho à celles de Pique-nique à Hanging Rock, classique du cinéma australien – n’ont pas une seule seconde l’idée de s’habiller de façon pratique / d’enfiler des chaussures / de nouer leurs lacets. Le réalisateur pose également une ambiance spirituelle qui n’est malheureusement pas suffisamment détaillée ou exploitée, et j’espère qu’on en saura plus dans une éventuelle version longue. Et j’ai trouvé la fin trop optimiste (oui, moi je dis ça).
Mais j’aurais plutôt tendance à vous le conseiller, du moment que vous n’êtes pas allergique à la violence et aux voitures.

Les jardins du roi

Souhaitant profiter d’une de nos rares soirées à deux, Monsieur et moi sommes allés au cinéma hier soir. Après Avengers, j’avais proposé Les jardins du roi : Alan Rickman et Kate Winslet dans un film en costumes qui parlerait de Versailles, ça ne pouvait pas être mauvais. Nous avions tort. C’était pire.

jardins du roiAu XVIIème siècle, Louis XIV ordonne à son jardinier royal, André Le Nôtre, d’y créer un véritable Eden. Recherchant l’originalité, Le Nôtre fait appel à Sabine de Barra en vue de la création de la salle de bal extérieure. Mais l’audacieuse architecte paysagiste va vite apprendre qu’à la cour, le talent ne suffit pas et qu’il faut aussi savoir naviguer dans ses intrigues. Et tandis que son prestige grandit, elle se sent de plus en plus attirée par Le Nôtre…


Par où commencer ? Par la scène d’introduction, peut-être : en 1682, à Paris, dans la chambre d’un hôtel particulier bourgeois, semble-t-il, Louis XIV est réveillé par ses enfants, notamment son fils qui lui annonce qu’il a souillé sa chemise (je vous jure que je n’invente rien). Bon. Petit rappel : en 1682, Louis XIV a 44 ans et n’a plus qu’un enfant légitime, le Grand Dauphin, déjà adulte. Mais c’est un parti pris, soit.
Les incohérences temporelles s’enchaînent : le Roi-Soleil réside au Louvre, en plein cœur de Paris (il est de notoriété publique qu’il n’aimait pas la ville et que la cour était itinérante), dans des appartements à la déco 17è-18è, Marie-Thérèse d’Autriche (la reine) meurt un an trop tôt, André Le Nôtre est un jeune premier (il a 70 ans à l’époque…). Les plus grands dignitaires de la cour s’interpellent quasiment en se tapant dans le dos, la princesse Palatine (belle-soeur du roi) se fait appeler “Palatine” et non “Madame”, cette dernière entretient d’ailleurs une relation très amicale avec Mme de Montespan (alors qu’elles ne pouvaient pas s’encadrer et que, quand le fils de la Palatine a annoncé qu’il acceptait d’épouser la fille bâtarde de Louis XIV et la Montespan, elle lui a retourné une gifle en pleine galerie des glaces)… J’en passe.
Mais on va encore dire que je suis une history geek, que je raffine et qu’en faisant abstraction de mon foutu oeil critique, on peut passer un bon moment.

LES JARDINS DU ROI PHOTO4Même pas. Déjà, le scénario est tellement évident et cousu de fil blanc qu’au bout de cinq minutes on a pigé le moindre rebondissement. En fait, si vous avez vu la bande-annonce, vous avez vu le film.
On se dit qu’on va explorer des thèmes comme la place de la femme dans la société du 17è siècle, la lutte de l’héroïne pour s’imposer dans un univers d’hommes où il est évident qu’on la méprise, le rapport de l’être humain à la nature qu’il admire tout en voulant la domestiquer, la vie à la cour où il faut concilier exigences royales et réalités matérielles. Oui, mais non.

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Qu’à cela ne tienne, on se plongera dans une belle histoire d’amour. Ou pas. Ainsi, on sent que tout le monde pousse Le Nôtre et Sabine dans les bras l’un de l’autre mais qu’eux-mêmes ne savent pas trop quoi faire. La scène où ils passent enfin à l’acte doit être la scène de cul la plus emmerdante que j’aie vue au cinéma. Les éventuelles difficultés (Le Nôtre est marié, mine de rien) sont évacuées d’un claquement de doigt, le deuil de l’héroïne, qui la poursuit depuis plus d’1h30, est réglé en quelques plans…

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Il y a de l’intrigue, alors ? Une histoire de jalousie entre la légitime et la maîtresse, d’ambitions adverses peut-être ? Euh… Oui, vaguement. Mais c’est tellement mal introduit et avec un deus ex machina (moi quand je sabote un chantier, j’oublie toujours mon gant si reconnaissable sur les lieux du crime…) tellement téléphoné que c’en est risible.
En outre, les répliques tombent à plat, le scénario lance des pistes sans les explorer ou en te disant “c’est comme ça” (les acteurs ont l’air de se comprendre à demi-mot mais toi, non), la fin est bâclée et invraisemblable (tu viens de danser avec le roi qui vient de te féliciter pour l’oeuvre de ta vie, mais tu te barres dans les bois), le montage est dépourvu d’imagination (voire carrément scolaire).

Non mais sérieusement ?
Non mais sérieusement ?

Mais le pire… Le pire, ce sont les costumes. Je pense qu’il faudrait pendre le responsable de cette débâcle absolue.
Je m’explique : compte tenu de la mode assez peu flatteuse, surtout pour les hommes dans les années 1680 (la rhingrave n’a jamais avantagé personne, je pense), les costumiers choisissent généralement d’habiller les personnages à la mode de 1700 parce que c’est plus seyant. Soit. C’est un parti pris tout à fait compréhensible vu que les esthétiques évoluent nettement et que le rendu nous perturberait sans doute trop pour nous intéresser à l’histoire.
Mais là, le souci, c’est qu’on trouve des éléments allant de la Renaissance au 19ème siècle ! A un moment donné, Palatine se balade en chausses et pourpoint (pourquoi ?) à la mode de Henri III (en gros : culotte très bouffante et très courte rembourrée de crin). L’instant d’après, l’épouse de Le Nôtre porte une robe qui paraît montée sur un vertugadin (Renaissance) mais ornée de perles à la façon d’une robe de soirée Belle Epoque. Il n’y a pas deux tenues raccord, je passe sur les laçages dans le dos bien visibles, les tenues où la jupe et le corsage ont du jeu et laissent voir un espace de plusieurs centimètres, les corsets portés sur les robes, les coiffures invraisemblables (Kate Winslet se balade tête nue en pleine rue, ça ne dérange personne, puis elle arbore une horreur 1910).
La note finale vient des tissus : si les actrices font l’effort de porter des corsets (alléluïa), leurs robes sont taillées dans des étoffes de mauvaise qualité qui plissent ou font ressortir les détails de leurs sous-vêtements. Les motifs choisis sont particulièrement hideux, tendance rideau de grand-mère (Le Nôtre porte même un ensemble veste et gilet à motifs géométriques…), on trouve des rayures et des carreaux partout (motifs qui n’apparaîtront qu’un voire deux siècles plus tard), tout fait toc. Même Alan Rickman, censé incarner Louis XIV, porte une veste et un gilet mal taillés !

Arrêtez-moi si je dis une connerie, mais ceci est un corset 18ème
Arrêtez-moi si je dis une connerie, mais ceci est un corset 18ème

Au final, c’est un désastre, et je me suis excusée à de multiples reprises d’y avoir emmené l’Anglais. Nous avons failli partir au bout d’une demi-heure, malheureusement un couple s’était installé entre nous et la sortie. Comme lors de la scène de l’orage, le film prend l’eau de toutes parts, et le spectateur avec.
Plutôt que de payer le billet, offrez-vous une place pour admirer les Grandes Eaux musicales de Versailles. Vous pourrez même admirer le fameux bosquet de la salle de bal.

Avengers 2 : Age of Ultron

Jeudi dernier – oui, ça commence à dater – l’Anglais et moi sommes allés au cinéma. J’étais un peu fiévreuse, un peu patraque, mais vu comme ces occasions de sortie sont rares, nous avons décidé d’en profiter et d’aller voir le dernier film de super-héros à la mode.

avengers-2-age-of-ultronAlors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine. Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…


Par où commencer ? Le film est long (2h20) et gagnerait à être raccourci, en particulier les scènes de baston interminables et inutiles. En outre, la caméra affolée qui suit le personnage pour rentabiliser au maximum le tarif de la version 3D peut vite donner mal à la tête et/ou au coeur. Par moments, les effets spéciaux sont tellement présents qu’on les distingue à l’oeil nu sur grand écran (je ne vous raconte pas ce que ça va donner sur une télé HD, on aura l’impression d’être dans une cinématique de jeu vidéo…).
Mais bon, après tout, c’est pour ça qu’on vient, et si ce n’est pas ma tasse de thé, tant pis pour moi.

ultron

En revanche, plusieurs choses m’ont prodigieusement agacée. Tout d’abord, le scénario est complètement inepte : les personnages (en particulier Tony Stark que j’apprécie en général beaucoup pour le côté cabotin de Robert Downey Jr.) passent leur temps à enchaîner les décisions stupides ou absurdes, et les rebondissements sont à la fois ultra-prévisibles et à la limite du foutage de gueule. Que l’histoire soit cousue de fil blanc, soit. Que l’ensemble tienne avec de grosses ficelles, à la rigueur. Mais là, ce ne sont plus des ficelles mais des câbles en acier…

Autre point qui m’a fait grincer des dents : une bonne partie de l’action est censée se déroulée en Europe centrale/de l’est, d’où sont originaires les deux nouveaux méchants. Donc, naturellement, ceux-ci, bien qu’incarnés par des acteurs américains, roulent les r à chaque phrase (on se croirait dans un vieux James Bond – pourquoi ne pas recruter des acteurs bulgares, hongrois ou autre ? hein ?). En plus, pour les costumiers, qui dit Europe de l’est dit pays sous-développé, donc tout le monde est habillé dans le style années 90s. Je vous jure. Entre les cheveux aux pointes platine ébouriffées + vieux jogging et la combo robe + pendentifs longs + cheveux qui dégoulinent + maquillage pseudo-gothique, on s’y croirait ! Avant même de m’apercevoir que le film était réalisé par Joss Whedon, je me suis dit que Scarlet Witch ressemblait quand même beaucoup à Charisma Carpenter dans Buffy (et l’actrice joue comme un pied, mais ceci est une autre histoire).

Non mais sérieux ?
Non mais sérieux ?

Mais au final, ce qui m’a le plus agacée, c’est le sexisme ambiant. Déjà, les deux principaux personnages féminins sont gratifiés de décolletés fort suggestifs (c’est pas neuf mais ça me tape sur les nerfs) et mis en scène dans des postures invraisemblables (rappelez-vous the Hawkeye initiative). Ensuite, la remplaçante de l’agent Coulson, au lieu de se comporter comme ce dernier, a plutôt un rôle d’assistante/secrétaire de Stark, vu que Pepper Potts est désormais trop occupée à diriger le monde (du coup, on ne la voit pas). Mais, surtout (et là je reconnais que j’ai mis du temps à réagir), lors d’une scène de drague entre Black Widow et Hulk (cherchez pas), celle-ci avoue qu’elle est aussi un monstre car elle “ne peut pas avoir d’enfant”. Je… Pardon ? J’adore être mère (enfin, ça dépend des jours) mais jamais je n’irai traiter une femme qui ne peut/veut pas avoir d’enfant de monstre ! Bref.

Bien entendu, je me gratte toujours le dos dans cette position (et je n'attrape jamais mal à la gorge même dans la neige)
Bien entendu, je me gratte toujours le dos dans cette position (et je n’attrape jamais mal à la gorge même dans la neige)

Le pire c’est que, au final, je n’ai pas passé un mauvais moment (enfin, la deuxième heure, si, parce la fièvre remontait). Ca m’a vidé la tête et j’ai rigolé aux blagues quand il fallait, et je suis quasiment certaine que j’irai voir la suite. Mais je dois être désormais trop vieille et/ou trop critique pour apprécier pleinement ce genre de divertissement.

Imitation game

The-Imitation-Game1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
Entouré d’autres mathématiciens et cryptographes, comme Joan Clarke et Hugh Alexander, il va créer une machine qui permettra non seulement de casser le code, mais qui servira de base aux ordinateurs actuels.


J’ai beaucoup aimé ce film. L’interprétation de Benedict Cumberbatch est stupéfiante, et justifie à elle seule le prix du billet, d’autant qu’il est bien épaulé par les seconds rôles. L’histoire est prenante, la narration intéressante, mêlant différents moments-clés de l’existence du héros, ainsi que quelques extraits sonores et vidéo d’époque. En filigrane, la peinture
Toutefois, la sur-dramatisation m’a un peu agacée : le militaire totalement contre la méthode de travail, la solution qui tombe à la dernière minute, la romance (exagérée) entre le héros et Keira Knightley (qui joue toujours de la même manière, quel que soit le film…). De plus, si l’interprétation est excellente, il n’est pas prouvé qu’Alan Turing avait un comportement aussi asocial, à la limite de l’autisme.
Quoi qu’il en soit, si vous avez envie de voir un bon film sans prise de tête, je recommande celui-ci.

cumberbatch-turing

Tournage dans un jardin anglais

CockandbullEngagé pour interpréter le héros de l’adaptation cinématographique prétendue impossible du chef-d’oeuvre de la littérature anglaise du XVIIIe siècle, La Vie et les opinions de Tristram Shandy, Steve Coogan nous présente dans le style très direct du roman-fleuve les personnages du film. Lui-même tout d’abord, Tristram Shandy, héros et grand organisateur de cette “histoire sans queue ni tête”, sa mère tant aimée, Elizabeth, alors qu’elle va accoucher de lui, son père Walter, un intellectuel quelque peu névrotique, son oncle Toby et le caporal Trim qui s’affairent à reconstituer la bataille de Namur dans les jardins du château…


Je suis allée voir ce film à sa sortie je ne sais plus trop pour quelle raison, mais sans doute attirée par les costumes et le fait que c’était l’été à Paris. J’avais adoré, l’Anglais aussi, et j’ai fini par m’offrir le DVD il y a quelques semaines.
A cette occasion, j’ai été ravie de constater que rien n’avait changé : l’humour opère toujours, le casting est toujours aussi vivant. Le film passe sans cesse de l’histoire de Tristram Shandy à celle de l’acteur qui l’interprète – la scène d’ouverture, où les deux acteurs principaux, au maquillage, se prennent la tête pour savoir lequel est la plus grosse star est assez géniale – offrant une mise en abîme très drôle. On nous raconte un peu la vie de Tristram Shandy et beaucoup celle de Steve Coogan, qui doit jongler avec l’arrivée impromptue de sa petite amie et de leur bébé, la présence de l’assistante de plateau pour laquelle il a un faible, ses co-stars qui veulent lui piquer la tête d’affiche et les aléas de tournage.
Une scène m’a encore plus fait rire que les autres, sans doute parce que je l’ai trouvée très parlante. Afin de filmer la batailler de Namur, l’équipe fait appel à un groupe de reconstituteurs dont le chef est interprété par… Arthur Weasley. Entre grandes tirades sur les batailles cinématographiques et idées plus ou moins farfelues pour le tournage, j’en avais les larmes aux yeux de rire.

Il reste toutefois un mystère à éclaircir : l’Anglais et moi avons vu ce film à sa sortie au cinéma. Monsieur était persuadé de l’avoir vu avec moi, mais… nous ne nous connaissions pas encore. Que s’est-il donc passé ?