Chroniques du confinement – Les menus de la semaine #5

Faute de temps et d’inspiration, je reprends cette catégorie (qu’on aurait presque pu relier à un “Cuisinons nos livres”). Cette fois-ci, bien entendu, nous sommes quatre à tous les repas, même si les enfants mangent avant nous le soir.
Depuis cette semaine, nous subissons comme tout le monde la fermeture des marchés (notre marché étant couvert, nous avions eu 10 jours de répit), mais les commerçants ont mis en place un système de livraison qui nous évitera la viande sous vide et les légumes fatigués.

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Dimanche midi : rôti de poulet à l’échalote, carottes, navets
Dimanche soir : raviolis ricotta/basilic

Lundi midi : dos de flétan et petits pois
Lundi soir : vert de blettes, riz, lardons

Mardi midi : pavé de saumon, poireaux
Mardi soir : mozzarella di buffala, courgettes sautées à la tomate (= au concentré de tomates) / avec des pâtes pour les adultes

Mercredi midi : frittata à la pancetta et à la mozzarella
Mercredi soir : courge butternut rôtie au four / avec restes du rôti pour les adultes

Jeudi midi : aiguillettes de poulet frit Picard, carottes et pommes de terre au four
Jeudi soir : soupe en brique pour les enfants / velouté d’épluchures d’asperges et fin de la mozzarella pour les adultes

Vendredi midi : poisson pané (du poissonnier), haricots beurre
Vendredi soir : coquillettes (enfants) / tortellini (adultes)

Samedi midi : saucisse de Morteau, lentilles, poireaux
Samedi soir : patate douce rôtie au four

A-côtés : ciabatta (un peu foirée), pains au maïs, cookies matcha-chocolat au lait

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Chroniques du confinement – Tourner en rond

J’avoue, la nouvelle annonce du gouvernement de prolonger le confinement de 15 jours ne m’a pas surprise. Je ne suis même pas sûre d’avoir réagi vu que je pars du principe, depuis le début, qu’on n’en aura pas fini avant le mois de mai – j’en suis juste à espérer pouvoir célébrer mon anniversaire en famille.

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On a beau être dans des conditions plutôt favorables, avoir la possibilité de prendre l’air et de sortir les enfants en respectant les règles, on se cogne tous aux murs. Physiquement, d’abord, avec les enfants qui se font mal régulièrement – ou essaient : le Paprika a failli dévaler l’escalier du parking en trottinette cet après-midi. Psychiquement ensuite : j’ai réussi à reprendre le travail mais je sens que mes facultés ne sont pas géniales. Outre le manque de concentration, il y a clairement un manque de répondant du côté de mes neurones.
Mais je vous rassure, j’ai téléchargé une intégrale Harlequin Azur hier soir (les vrais savent), mes neurones vont avoir de quoi se détendre.

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Chroniques du confinement – Le mur invisible

J’ai fini hier soir cet étonnant roman de Marlen Haushofer dont tout le monde parle sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois. Si j’avais débuté la lecture avant le début de la quarantaine, force est de constater qu’elle prend une résonance toute particulière, et c’est sans doute la situation actuelle qui a considérablement ralenti ma progression.
Cette histoire de résilience, de confrontation à la nature et de renoncement à la loi des hommes m’a par moments mise mal à l’aise, peut-être parce qu’elle touchait un peu trop juste. L’apprentissage de la peur et de la solitude a quelque chose de glaçant, surtout quand, comme moi, on se projette à fond dans ce qu’on lit.
De façon étonnante, l’héroïne m’a constamment rappelé une amie, même si je ne saurais dire précisément pourquoi – en tout cas, je lui ai donné ses traits chaque fois que je me la représentais.

Mais le mur invisible au sens plus large, c’est cette distance plus que respectueuse que nous avons observée le temps de prendre des nouvelles des voisins – tout en empêchant le Paprika de le rejoindre. C’est cette habitude prise de parler avec les gens par écran interposé. C’est cette culpabilité à mettre le pied hors de chez soi en se demandant systématiquement si c’est absolument nécessaire (non, techniquement, pas forcément, mais pour la santé mentale, un peu quand même). C’est ce repli sur nous-mêmes quasi physique – voilà trois jours que j’ai l’impression d’avoir un nœud au plexus solaire.

Quelqu’un a une bonne romance à me conseiller pour enchaîner ?

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Chroniques du confinement – Vue d’ensemble

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Au bout de bientôt dix jours (à la louche), le moment est venu de faire un petit récapitulatif.

  • Mon exemple a poussé une amie à tenter le yoga. Moi, j’ai encouragé quelqu’un à pratiquer une activité sportive. Le monde est fou.
  • Henri Dès me sort par les oreilles (la Crevette doit apprendre la chanson “Le Printemps” – elle je sais pas, mais moi c’est bon, je suis au top).
  • Tout le monde serait d’attaque pour un “Cuisinons nos livres”… sauf moi. Je tourne avec les mêmes recettes qu’en temps “de paix” avec quelques tentatives de-ci, de-là.
  • Je fête aujourd’hui ma quatrième semaine sans Coca. J’ai pas dit que je tiendrai jusqu’à la fin du confinement.
  • On fantasme tous sur ce qu’on fera en premier quand la quarantaine sera levée. En vrai, on s’entassera au supermarché ou au square pour prendre l’air et sortir les enfants.
  • Entre les vacances annulées, les achats qu’on ne fera pas, et les restaurants où on ne mangera pas, on va être riches. Ou moins fauchés, en tout cas.
  • Je me couche beaucoup trop tard, et même pas pour de bonnes raisons.
  • J’ai même pas eu le temps de m’asseoir pour repriser des chaussettes.
  • Jamais je n’ai autant apprécié le mini carré de gazon et le parking de notre immeuble. Sans eux, je pense qu’on aurait déjà balancé les enfants par la fenêtre.
  • Est-ce qu’avec le confinement 2020 compte double en années de mariage ?
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Chroniques du confinement – Prendre la pose

La lassitude commence à se faire sentir, et notre patience à l’égard des enfants (déjà pas immense) s’amenuise. Après quelques orages en matinée, nous avons réussi à ramener un semblant de sérénité, en espérant que cela dure.

Le Paprika en tenue de camouflage (photo de Monsieur)

Parce qu’il est évident que ça va durer, et davantage que ce qu’on nous avait annoncé à l’origine (j’avoue, je table depuis le début sur un fin de confinement début mai au plus tôt). Du coup, on met en place quelques stratégies…

  • Comme tout le monde, nous avons cédé à la mode des apéros Skype. Sauf qu’on fait plutôt des goûters Skype, avec la famille ou les copains de classe. Gros succès – et puis ça permet de parler avec des adultes, parce que les enfants désertent au bout de quelques minutes.
  • Quand la grande travaille, on essaie de mettre Junior sur une activité manuelle à proximité, comme ça il est dans un rythme un peu similaire.
  • Nous avons sacrifié une partie de notre santé mentale et mettons en boucle presque toute la journée des chansons pour enfants, en particulier un CD d’une vingtaine de minutes. A la fin du confinement, je me fais un concert de Rammstein pour me nettoyer les tympans.
  • Cet après-midi, l’Anglais a installé son studio, sorti tous les déguisements des enfants, et les a photographiés dans toutes leurs tenues. Même le Paprika s’est amusé, ça les a occupés une bonne heure.

Après, je jette aussi un voile pudique sur les paillettes éparpillées dans tout le salon, la pâte à modeler collée aux meubles, les peintures de guerre au feutre et les différends autour du lave-vaisselle.
Good night, and good luck.

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Chroniques du confinement – Du pain, du vin, un vaccin

Ce matin, pour la première fois depuis huit jours, la Crevette est sortie de notre immeuble – en cause, un rappel de vaccin à effectuer. Du coup, j’ai poussé au maximum la sortie et on a fait l’aller-retour à pied, ce sera le sport de la semaine (du mois).

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On a trouvé un semblant de rythme, mais je n’arrive toujours pas à me remettre au boulot. Il va bien falloir, pourtant, c’est pas comme si j’avais un roman de 500 pages sur le feu…
En attendant, j’ai délégué la classe à Monsieur, qui fait preuve de bien plus de patience que moi. Pour ma part, j’ai les activités extrascolaires, du genre travaux manuels ou cuisine. Donc aujourd’hui on a fait du pain (et ce ne fut qu’un demi-succès). Demain, le document de continuité pédagogique indique la fabrication de pâte à modeler maison, je sens qu’on va bien rire.

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Chroniques du confinement – Sur la réserve

C’est pas tous les jours que je m’énerve, mais ce matin j’ai failli sauter à la gorge d’un couple d’un certain âge. Le marché de notre ville est encore ouvert, mais avec des entrées au compte-goutte pour éviter qu’il y ait trop de monde. Et voilà donc que… des couples vont faire leurs courses. Genre Monsieur est pas foutu de faire ça tout seul, ou Madame ne peut pas tout porter : déléguez ou faites ça en FaceTime, bon sang !

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Je fais des courses bien plus importantes maintenant que j’ai tout le monde à la maison H24 – mais sans doute trop importante. La peur de manquer, peut-être, surtout si nos conditions de sortie sont encore restreintes – ce qui ne saurait tarder – le besoin de se “remplir” probablement, quand les journées paraissent à la fois vides et surchargées.

Au bout de cette première semaine de confinement, je suis toujours dans une espèce de flottement : je ne sais pas trop où j’en suis. Je n’ai pas pu reprendre le boulot, ce qui me tracasse beaucoup et, surtout, je ne suis pas certaine d’avoir encore beaucoup d’énergie et de patience en stock pour m’occuper de ma progéniture.
Je finirai bien par craquer et leur mettre un DVD.

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Chroniques du confinement – Rester en contact

Pas facile, ce début de week-end en confinement… la Crevette a encore une fois exprimé sa tristesse de ne plus aller à l’école et de ne plus voir ses copains. Du coup, on a fait un FaceTime avec sa meilleure amie, puis un goûter Skype avec d’autres copains. Ca ne remplace pas, mais c’est mieux que rien – et puis ça permet aux adultes de se parler.
Pour le deuxième jour consécutif, nous ne sommes pas sortis dans la cour intérieure de l’immeuble. Il va peut-être falloir y remédier, car l’anxiété et l’intranquillité commencent à monter chez les enfants.

J’essaie de reprendre en main ma propre angoisse : j’ai lutté contre l’envie de faire une sieste, je ne suis pas (trop) tombée dans la tablette de chocolat et… j’ai fait du yoga devant mon ordinateur (et j’ai craqué de partout). Il va neiger.
Mon état oscille entre sidération, résignation, inquiétude et agacement (contre moi-même surtout). Il faudrait que j’évite de nourrir tout ça en levant le pied sur les réseaux sociaux, mais comme c’est aussi un moyen de communiquer avec les proches et moins proches, ce n’est pas toujours simple.

Prochain challenge : reprendre la traduction. Lundi, quand les enfants seront à l’école. Oh wait.

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Chroniques du confinement – Avoir la dent dure

Je sais, elle était facile… en fin d’après-midi, alors que pour la première fois nous avions décidé de garder les enfants à l’intérieur et de les fatiguer avec un parcours de motricité, la Crevette a fait preuve d’un peu trop d’enthousiasme et a perdu une dent. Plus de peur que de mal, mais c’était impressionnant, d’autant qu’elle a beaucoup pleuré – sans doute aussi un moyen d’évacuer la pression.
Maintenant la question que tout le monde se pose : la petite souris pourra-t-elle enfreindre le confinement ? S’agit-il d’une dérogation eu égard à son travail ?

Aujourd’hui, j’ai eu l’impression que les choses partaient un peu en vrille – moi la première. Au goûter, j’ai constaté que Mademoiselle n’avait pas été coiffée depuis hier ; le Paprika m’a fait mettre en boucle les mêmes chansons toute la journée (après, ça le fascine et il reste bouche bée pour écouter, ce qui est plutôt un luxe aujourd’hui) ; pour une fois que je n’ai pas fait la sieste, j’ai glandé sur Internet au lieu de lire / faire un truc utile / bosser ; j’ai des envies de sucre absolument démentielles, on dirait que je suis revenue au dernier trimestre de ma précédente grossesse (je vous rassure, il n’y en aura pas d’autre)…
Rien de grave en soi, juste l’impression que des choses m’échappent un peu. Je suis par nature très réfractaire au changement, et la situation va me demander un temps d’adaptation.

Oui, j’ai conscience que ce sont des problèmes de riche : on a un toit, assez d’espace pour ne pas trop se marcher sur les pieds, des ressources matérielles et intellectuelles pour faire face…
Allez, et si j’écrivais une romance sur le confinement ? Transposé dans un contexte historique, bien entendu 🙂

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Chroniques du confinement – Garder l’équilibre

Petit à petit, nous prenons nos marques. Même sans obligation horaire, le Paprika nous réveille tôt ; j’essaie de faire en sorte que les troupes soient prêtes à 9h, et nous enchaînons les activités. Le travail scolaire proposé par la maîtresse a été effectué en 1h30 aujourd’hui, il faut occuper le reste ! Au choix : écoute de podcasts pour enfants, quelques chansons, travaux manuels à base de paillettes, ateliers “découverte du lavage des vitres” et “manipulation de l’aspirateur, une initiation”.

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Mes traductions sont confirmées, et j’ai pu envoyer une facture : j’ai bon espoir d’être payée dans un délai pas trop long, et de continuer à bosser comme prévu. Seul pépin : les enfants n’ont pas reçu le mémo ! Il va me rester la sieste et les soirées pour travailler… et cravacher une fois le confinement levé, dans plusieurs semaines (je n’ai pas la moindre illusion sur le prolongement de la quarantaine imposée).

Voyons le positif : on a de la place, une connexion Internet qui tient le choc, un stock de thé à épuiser, et pas de souci pour se ravitailler. Je n’ai encore jeté aucun enfant par la fenêtre, et Monsieur et moi nous adressons toujours la parole. J’arrive même à surmonter mon addiction au Coca – trois semaines de sobriété !

En revanche, demain l’Anglais travaille dehors. Send help.

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