J’ai testé pour vous : avoir la gale

Début juillet, je me suis mise à avoir des démangeaisons aux pieds, selon moi à cause d’une mycose persistante. Après un premier diagnostic (erroné) de mon médecin traitant qui a cru à un herpès (miam), il s’est avéré que je cumulais une mycose et un champignon. Au moment de commencer le traitement, j’ai rappelé mon dermato en lui disant que mes mains commençaient à me démanger également, à quoi elle m’a répondu que c’était très certainement une réaction au traitement (ça arrive souvent) et qu’il ne fallait pas m’inquiéter.

Idées reçues
Image tirée du site “J’ai pas la gale”, généreusement sponsorisé par les laboratoires MSD

Dix jours plus tard, ça me gratte toujours autant sur les pieds que sur les mains, au point parfois de me réveiller la nuit et me faire des marques (j’avais beau gratter au sang, ça démangeait encore). Retour chez le dermato et, cette fois, le diagnostic tombe : c’est sans doute la gale.
Sans doute ? Oui parce que comme je suis “très propre” (je cite le médecin), il n’a pas été possible d’observer de parasites sur ma peau, mais je correspondais à tous les autres symptômes.

Comment j’ai attrapé ça ? Mystère et boule de gomme. Dans mon cas, le plus probable était une contamination par l’intermédiaire de la Crevette (contact peau à peau prolongé) ou de l’Anglais, mais ni l’un ni l’autre n’avait de symptôme.

Mais c’est une maladie de gens sales ! En fait, pas tant que ça, semble-t-il. Il y a de fortes résurgences depuis quelques années, notamment, me disait la dermato, parce qu’à une époque le traitement n’était plus remboursé. Je me demande si le stigmate attaché à cette maladie n’est pas aussi le fait des campagnes hygiénistes de la première moitié du 20ème siècle.

Comment ça se traite ? Monsieur est un petit chanceux, il a eu droit aux comprimés. Mademoiselle et moi avons en revanche dû nous badigeonner intégralement de crème insecticide. Quand je dis intégralement, c’est vraiment partout, jusqu’à la racine des cheveux et entre les orteils. La crème ne sent heureusement pas trop fort, mais elle est très grasse, et il faut la porter au moins 8 heures (donc s’enduire au coucher), c’est merveilleux.
Ensuite, il faut traiter l’environnement : passer le linge des 8 derniers jours à 60°, de même que le linge de lit et de toilette, asperger les matelas et canapés de bombe insecticide, passer un grand coup d’aspirateur.
Et… rebelote dix jours plus tard.

Et au final ? Très sincèrement, si j’avais attrapé ça il y a un an ou avant, j’aurais certainement flippé / pété un plomb / fait une crise. Après l’épisode des punaises de lit, néanmoins, je me suis trouvée remarquablement zen. Ma première réaction quand le médecin m’a détaillé le traitement a été “Ah bah ça va être rapide, au moins”, et à la fin j’en ai fait des blagues.
Un seul bémol : comme beaucoup de gens, j’ai fait une réaction après la deuxième application du produit, alors même que les parasites étaient morts (je me suis gratté les bras pendant 48h). Il paraît que c’est normal et fréquent (mais pour le coup, on devient un peu parano).

Je m’en serais volontiers passée, mais puisque ce fut rapide à régler et circonscrit, je n’ai pas trop eu le temps de cogiter (et puis quel soulagement de ne plus se gratter). Tout est bien qui finit bien !

Fille de joie

L’histoire que voici se déroule au Japon à l’orée du XXe siècle. A quinze ans, Ichi est vendue au tenancier d’une maison close par ses parents, seule possibilité de survie pour cette famille de pêcheurs. Pas vraiment belle, sauvageonne, l’adolescente parle une langue insulaire proche du chant des oiseaux, mais elle est néanmoins placée dès son arrivée sous la tutelle de la courtisane la plus recherchée du quartier réservé. Devenue l’une de ses suivantes, Ichi reçoit de la part de cette dame des leçons d’élégance, de savoir-vivre, elle est initiée aux rites de la séduction, à ceux de la soumission. Et malgré la violence de leur condition, il se trouve néanmoins en ces lieux une chance inestimable pour les prostituées, une possibilité d’échappées qu’Ichi va saisir : la loi oblige les tenanciers de maison close à envoyer leurs filles de joie à l’école. Assidue, Ichi apprend à lire, à compter, à écrire, elle peut ainsi consigner sa nostalgie, décrire ses peurs quotidiennes. Avec le temps et soutenue par une institutrice, elle prend conscience du pouvoir que lui procure le savoir et, comme d’autres autour d’elle, décide de se rebeller.


Je connaissais déjà Murata Kiyoko pour avoir lu Le Chaudron il y a quelques années, et dont j’avais adoré l’atmosphère. Du coup, lorsque j’ai découvert ce nouveau roman, je me suis jetée dessus (après quelques hésitations à base de “Oui mais tu as déjà 30 bouquins en attente”).

C’est un très beau roman, qui met presque exclusivement en scène des femmes dans ce “monde à l’envers” qu’est le quartier réservé. De l’institutrice à la courtisane de haut vol, de la servante à l’apprentie, toutes cherchent à s’élever, à s’arracher à leur condition selon leurs armes. Située à un tournant politique de l’ère Meiji, l’histoire met en exergue la situation à la fois précaire et détestable des prostituées, considérées comme du bétail et non comme des êtres humains, insistant sur la nécessité de leur éducation.
J’ai adoré ce livre, qui m’a happée. La traduction est en outre excellente (malgré deux ou trois coquilles), et le personnage d’Ichi, qui ne rentre dans aucune case, truculent. C’est un roman résolument féministe, dont on ressort à la fois ébranlé et ravi.

Murata Kiyoko, Fille de joie, Actes Sud

Reading challenge 2017 : A book about a difficult topic

Crash Test Aglaé

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle.


Nous avions vu la bande-annonce de ce film avec Monsieur il y a quelques semaines, et elle nous avait fait beaucoup rire. Toutefois, lorsqu’il m’a suggéré samedi dernier d’aller le voir, j’ai eu un moment d’hésitation : et si on avait vu tous les gags dans la bande-annonce ? et si c’était plombant ?

En fait, non, rien de tout ça. Aglaé est une jeune femme qui ne vit que pour son métier de technicienne pour crash-tests, et dont le monde s’écroule lorsque l’usine est délocalisée en Inde. Sa décision absolument inébranlable de conserver son emploi et, du coup, de partir dans la nouvelle usine, déclenche une succession de situations burlesques, fantasques ou tendres, qui s’enchaînent avec beaucoup de fluidité. Au-delà du caractère bien entendu improbable de la situation, le réalisateur offre un récit picaresque au féminin, servi par de grandes actrices. India Hair, dans le rôle principal, est éblouissante, parvenant à faire aimer un personnage mal à l’aise avec elle-même et les autres. Elle est épaulée par Julie Depardieu (avec des parasols en papier dans son chignon) et Yolande Moreau (en vieille fille obsédée du ménage) qui campent toutes deux des personnages hauts en couleurs et attendrissants.

Ce film est une vraie bouffée d’oxygène. Il donne une vision satirique du monde du travail, chacun en prenant pour son grade, sans verser dans le pamphlet ou la mièvrerie. Les seconds rôles sont tordants (j’ai eu un faible pour Eric Berger en liquidateur d’usine), les situations cocasses ou parfois ridicules, mais évoquant néanmoins le monde de l’entreprise dans lequel nous vivons.
De plus, j’ai apprécié le côté coloré de la mise en scène, ce personnage principal entêté et concentré sur un objectif unique, les paysages grandioses, la musique…

Un excellent moment de cinéma, idéal pour se remonter le moral avant la rentrée.

10 Things I liked this week #147 #148 #149

Vous l’aurez remarqué compte tenu de l’énooorme activité de ce blog, j’étais en congés, et c’est donc un résumé un peu condensé que je vous propose pour les trois dernières semaines. Notamment parce que mes journées se sont globalement résumées à piscine + marché + sieste, le tout arrosé d’un peu de lecture. Du coup, je vous livre mes meilleurs moments pêle-mêle.

  • Avant le départ, recevoir Ioionette à dîner. En plus elle a apporté les (délicieuses) tomates du jardin de sa soeur, c’est merveilleux.
  • Après un énième rendez-vous chez le médecin, m’octroyer une nouvelle pause chez KL Pâtisserie – et m’entendre dire qu’il n’y a plus de croissants ni de brioches au sucre à 10h du matin, tristesse.
  • Repartir avec des gâteaux parce que, bon, on va pas se laisser abattre.
  • Après un trajet sans heurts de Paris à Nîmes, arriver sous une chaleur écrasante (36°…) mais découvrir que ça a bien profité à la piscine : il y fait 29°, on y entre sans souci et on peut y rester une heure à barboter.
  • M’offrir deux soirées de natation sous la lune, dans une eau parfaitement tiède, bercée par les bruits de la campagne.

  • Apprendre la naissance de ma nièce, Bichette (oui, ceci est son nom de code), juste au moment où je laisse mon téléphone traîner loin de moi pendant une demi-heure.
  • Prendre le temps de lire, et finir trois livres. Pas du tout ceux que j’avais prévus, d’ailleurs, mais il ne faut pas chercher.
  • Du coup, rayer un item de plus sur le défi PAL Vacances de Sunalee.
  • Célébrer (en pensée) le mariage de mon cousin, dont les photos témoignent qu’il fut grandiose (le mariage, pas mon cousin) (encore que).
  • Visiter comme tous les ans la foire aux vins d’Uzès et rentrer avec (quelques) bouteilles cartons.
  • Faire un tour au festival de la céramique d’Anduze et craquer pour un magnifique vase d’un bleu soutenu totalement hors de prix. M’offrir le petit modèle pour me consoler, et me faire offrir un photophore de la même série par ma belle-mère, dans des teintes céladon.
  • Recevoir via Instagram et Facebook des critiques positives de lectrices… brésiliennes (mon premier roman a été publié au Brésil il y a 2-3 mois). Ca fait chaud au cœur !

  • Passer deux jours à jardiner en famille : taille de la lavande, expulsion des vieux arbustes et des mauvaises herbes, plantations… chacun a mis la main à la pâte.
  • Voir avec fierté la Crevette surmonter ses appréhensions et “découvrir” qu’elle flotte avec ses brassards. L’entendre revendiquer qu’elle apprend à nager (il y a de l’idée), et la voir même retirer avec décision ses bouées pour se lancer dans l’eau (avec nous, bien sûr).
  • Emmener la petite à la découverte de la bambouseraie de Prafrance, à Anduze, et constater une fois encore que le jardin japonais est le plus bel endroit du parc (surtout quand on y va tout de suite à l’ouverture).
  • Rentrer à la maison et profiter de quelques jours en amoureux car Mademoiselle reste avec sa grand-mère.
  • Retrouver des amis japonais et leurs enfants pour un dîner “en famille”, échanger sur nos vies professionnelles et personnelles, les différences culturelles…
  • Consacrer plusieurs jours à faire le ménage à fond : les températures sont suffisamment clémentes fraîches pour que j’aie envie de m’agiter avec l’aspirateur et les lingettes dépoussiérantes.
  • S’offrir une sortie au cinéma qui nous a enchantés (bientôt un article), et rire toute la soirée.
  • Découvrir qu’une nouvelle blogueuse parle de moi car nous avons en commun d’avoir des filles dysplasiques.
  • Rencontrer enfin Bichette (mais si, voyez plus haut) et s’apercevoir qu’en fait, on ne perd pas trop la main quand il s’agit de tenir un bébé (très calme, d’ailleurs). Après-midi de mignonnitude totale.

Voilà, c’est tout ! Dès la semaine prochaine, je reprendrai un rythme de publication “normal”, mais je ne me sentais pas capable de trouver 10 choses différentes par semaine.

10 Things I liked this week #146

La dernière semaine de juillet fut haute en couleurs. Si les températures moins étouffantes nous ont encouragés à multiplier les activités et sorties, ce fut aussi le moment où j’ai appris que j’avais peut-être… la gale (si) (je suis maudite des parasites cette année). Néanmoins, elle fut aussi l’occasion de bons moments.

  • Lundi, j’ai réquisitionné Mademoiselle pour m’aider à éplucher un gros kilo de cocos de Paimpol. Elle s’est amusée, et j’ai pu avancer plus vite que prévu (bon, en revanche, niveau dégustation, elle n’a pas trop apprécié – à réessayer).
  • On a reçu le nouvel aspirateur ! Six mois que je me débattais avec l’iRobot, très bien en appoint mais pas du tout pour nettoyer un assez grand appart de façon régulière. Joie, bonheur, et mort à la poussière.
  • Mardi, c’était la consultation annuelle de la Crevette à l’hôpital Necker (si vous avez raté le début, c’est ici). Les nouvelles sont bonnes, même si c’est long. On y retourne au printemps prochain, en attendant Mademoiselle a le droit de faire toutes les activités sportives qui lui chantent.
  • Je suis tellement captivée par ma lecture du moment (Moderne sans être occidental, de Pierre-François Souyri, un essai sur la modernisation du Japon à partir de la fin du 19ème siècle) que je n’arrive à rien lire d’autre et que j’ai rêvé en japonais. Ca ne m’était pas arrivé depuis au moins dix ans.
  • Jeudi, puisque Mademoiselle voulait à toute forcer emporter ses moules à cupcakes chez la nounou, on a fait de la pâtisserie, histoire de ne pas arriver les mains vides. Je suis impressionnée de la voir gagner en autonomie, même si c’est parfaitement normal.
  • Vendredi, j’ai cueilli une courgette dans notre ascenseur ! Nos voisins partant en vacances et n’ayant pas eu le temps de la cuisiner, ils l’ont laissée à disposition des autres résidents pour qu’elle ne soit pas perdue. Voilà une façon originale de faire les courses.
  • Le midi, j’ai déjeuné avec ma mère. On a parlé de tout et de rien autour d’une pizza, c’était très sympa.
  • Je me suis enfin prise par la main pour appeler ma mutuelle d’entreprise et mettre plusieurs points au clair. Notre situation va changer dans les mois qui viennent et je voulais savoir comment m’organiser.
  • Samedi, Monsieur a emmené la Crevette faire du golf, m’accordant près de deux heures de détente.
  • Dimanche, malgré l’énorme problème technique gare Montparnasse (notre ligne de Transilien dépend de Montparnasse), nous avons pu nous rendre au Muséum d’histoire naturelle pour une visite d’exposition (Photos du National Geographic) et un bout du musée (la grande galerie de l’évolution, qui a beaucoup plu à Mademoiselle, en dépit d’une ou deux frayeurs).

Spider-Man : Homecoming

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…


J’avoue, j’avais plus envie d’aller voir Wonderwomand qu’une énième resucée de l’homme-araignée, dont je n’avais pas apprécié le dernier opus. Mais les différentes critiques sur les réseaux sociaux ont fini par me convaincre et, profitant de ce que ma mère gardait la Crevette, nous sommes allés voir par nous-mêmes de quoi il retournait ce week-end.

Franchement, nous n’avons pas été déçus. Même si le film est long (un poil trop à mon goût), on retrouve ce qui m’avait plu dans le premier épisode avec Tobey Maguire : l’ambiance lycée, les hésitations adolescentes, la difficulté à s’adapter à sa condition de super-héros… En outre, le scénario a fait le choix judicieux de s’écarter un peu de la trame canonique : Peter n’est pas (encore) journaliste (il fait des vidéos avec son portable, comme n’importe quel ado), Tante May est déjà veuve même si on n’en sait pas plus, Mary Jane n’est pas encore dans là. Si le héros et son ennemi sont toujours deux hommes blancs, le reste du casting est très diversifié, ce qui est une bonne chose.

De plus, comme souvent dans l’univers Marvel, l’humour n’est jamais loin. J’ai ainsi particulièrement les petites vidéos de Captain America qui émaillent le film, celui-ci campant désormais le rôle d’un garde-chiourme pour lycéens. La BO est également bien choisie, mêlant vieux tubes et chansons contemporaines.
Si j’ai vu venir le principal rebondissement dans les vingt premières minutes, mon plaisir n’en a pas été gâché, et j’ai passé un très bon moment. Du coup, si vous devez fuir une journée pluvieuse ou vous réfugier dans un espace climatisé cet été, n’hésitez pas, Spider-Man : Homecoming est le film qu’il vous faut.

10 Thins I liked this week #145

La semaine a été belle, et pour une fois j’ai eu le sentiment d’en profiter sans être trop épuisée en permanence. Ajoutez à cela des températures redevenues vivables, et tout s’est passé pour le mieux !

  • L’Anglais et moi nous sommes retroussé les manches pour préparer en duo des bocaux de cornichons au vinaigre. Avons-nous réussi ? Verdict à la fin de l’été.
  • Mardi, après trois semaines à regarder mon plafond d’un œil torve (je suis une phase de lâcher-prise total, j’ai trop bossé ces 12 derniers mois), je finis par me mettre un coup de pied aux fesses et attaquer la traduction d’une novella. Bonne surprise : passés les clichés sur Paris, je découvre une histoire pleine d’humour qui se déroule dans le milieu de la romance.
  • Mercredi, pendant que l’Anglais est en partie de jdr avec LeMari de Ioionette, cette dernière vient dîner à la maison. Nous sommes épuisées toutes les deux et la soirée est relativement brève, mais on passe un très bon moment.
  • Jeudi, la Crevette devait participer au dernier atelier de l’année. Mais celui-ci a été annulé et, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons remplacé cette activité par un tour de manège. Autant dire que Mademoiselle n’était pas trop déçue.
  • Vendredi, je vais soutenir moralement mon cousin R. qui est bloqué chez lui pour raisons médicales. Sous prétexte de regarder l’étape du jour (ai-je déjà mentionné que j’étais fan du Tour de France ?), nous passons l’après-midi et le début de la soirée à parler de famille, de médecine, de psychanalyse et de mariage.
  • Pour fêter les vacances de ma psychanalyste (qui a le bon goût d’avoir son cabinet juste à côté d’une très bonne pâtisserie), je nous offre des gâteaux : saint-honoré à la violette et éclair de saison (compotée d’abricots et crème au lait d’amande).
  • Samedi, ma mère prend la Crevette pour 24 heures, nous offrant une très belle journée en amoureux. Au programme : expo et cinéma.
  • Pour clôturer en beauté cette journée sans enfants, l’Anglais est allé nous chercher à dîner chez Big Fernand.
  • Dimanche matin, je découvre une boutique éphémère de créatrices en allant au marché. Je me retiens de faire une razzia sur les légumes en crochet (bon, OK, je craque sur certains articles que Mademoiselle ne possède pas encore), avant de m’offrir une broche “bonbons” en pâte fimo (ourson gélifié, fraise Tagada et petite jarre de sucres d’orge).
  • Après des mois de tergiversations, je me suis prise par la main pour enfin ranger (une partie des) vêtements trop petits de la Crevette. Toutes les caisses en plastique achetées pour lutter contre les punaises trouvent enfin une nouvelle vie.

Cuisine, marxisme et autres fantaisies

C’est le récit du chef de cuisine du Maxim’s de Pékin, entre 1984 et 1987. Durant ces années, cuisine capitaliste et idéologie marxiste se sont télescopées en un duel jubilatoire, hilarant et baroque.
À un tournant de l’histoire de la Chine moderne, l’ouvrage relate les bouleversements politiques d’alors, à l’échelle d’un restaurant, de sa cuisine, de sa carte. Mais d’autres mystères seront aussi dévoilés aux camarades gastronomes, comme les charmes insupportables de Mme Ko du stock, les puissances du ronflement chinois, l’énigme des boules de suif de Big Bouddha, la rage des tortues cannibales ! Disséminées dans le livre, 19 recettes typiques de cette époque et qui étaient à la carte du célèbre restaurant.


J’ai acheté ce livre pour deux raisons : l’auteur, Stéphan Lagorce, est un des journalistes qui ont contribué à fonder la revue 180°C dont je vous ai parlé en long, en large et en travers. Et puis j’adore les Editions de l’Epure, dont les ouvrages, toujours soignés, sont une invitation à la gourmandise et à l’évasion. Dans la même série, j’avais adoré Aujourd’hui caviar, demain sardines, de Carmen et Gervasio Posadas, qui narrait leur vie avec leurs parents, ambassadeurs du Venezuela dans les années 60-70 et mêlait aussi des extraits de journaux de leur mère (je recommande, c’est à la fois drôle, divertissant et intéressant).

Bref. L’ouvrage de Stéphan Lagorce raconte son expérience de chef de cuisine au Maxim’s de Pékin, lancé l’année précédente par Pierre Cardin, à une époque où nul n’envisageait de faire commerce avec la Chine populaire, et encore moins y “vendre” l’Occident dans toute sa décadence capitaliste. C’est pourtant la mission du narrateur, qui s’en acquitte de son mieux, en faisant au mieux avec les contingences matérielles et administratives locales.
La découverte de cette dictature communiste (et le bref passage par l’aéroport de Moscou) est à la fois drôle et poignant. Stéphan Lagorce demeure, à mon sens, respectueux de cette culture dont on sent qu’il est tombé amoureux (chose importante à souligner : il a fait l’effort, dès le départ, d’apprendre le chinois).

On rit beaucoup (j’ai eu les larmes aux yeux en découvrant l’histoire du réveillon 1985), on s’émerveille un peu, on frissonne parfois… Et on salive aussi ! La description des mets, occidentaux comme chinois, et les recettes qui l’accompagnent sont une ode à la gourmandise. J’ai bien envie de tenter quelques réalisations.
C’est un livre bref, moins de 200 pages, mais qui se lit tout seul et avec beaucoup de plaisir. Si l’on peut éventuellement faire un reproche au texte, c’est un style parfois un peu trop recherché, mais je pense que cela dépend de la sensibilité de chacun.

Cuisine, marxisme et autres fantaisies – Pékin 1984, Stéphan Lagorce, éditions de l’épure

2017 Reading challenge : a book that’s published in 2017

10 Things I liked this week #144

C’était une belle semaine. Déjà parce que j’étais arrêtée et que j’ai pu glandouiller sans (trop) culpabiliser, ensuite parce qu’elle fut l’occasion de quelques beaux moments, malgré des désagréments (mon corps se comporte un peu comme un sale con ces temps-ci – rien de grave, mais des trucs un peu pénibles). Bref, voici le résumé qui va bien.

  • La météo s’est beaucoup calmée et est redevenue plus clémente. Résultat, j’ai eu beaucoup moins le sentiment de cuire.
  • Pendant le week-end prolongé, alors que je m’attendais à des réveils en fanfare, la Crevette nous a laissés dormir (et dimanche jusqu’à 9h30, un exploit). On devrait la laisser se coucher tard plus souvent #mauvaisemère
  • Mercredi, après être allée me faire charcuter le pied pour des analyses, je me suis offert un petit-déjeuner/lecture au Prêt-à-Manger de Madeleine. Une heure à siroter un thé glacé en lisant un livre réjouissant, c’était une jolie façon de compenser ce début de journée en fanfare.
  • J’ai passé une partie de la journée avec Shermane pour son anniversaire. Au programme : de la bouffe, forcément ! J’ai découvert le Kodawari Ramen (il faut que j’emmène l’Anglais… et sans doute aussi la Crevette, qui adore manger avec ses petites baguetes), et on a pris un dessert assez conséquent chez Colorova.
  • Jeudi, j’ai emmené Mademoiselle à l’atelier d’arts plastiques, pour couper/coller/peindre un poisson multicolore. J’avoue être fière de constater à quel point elle est devenue autonome, depuis 18 mois que nous y allons de temps à autre : elle fait désormais presque tout toute seule, je n’interviens que pour les passages délicats (les ciseaux, c’est pas encore ça).
  • Le même atelier a lancé une campagne de financement participatif pour s’agrandir. J’ai participé volontiers (la perspective de voir s’ouvrir un coin café/thé pour patienter lors des séances d’arts plastiques de la Crevette m’a beaucoup motivée ^^), et le financement a été bouclé dans le week-end. Encore un projet que j’ai soutenu et qui va se concrétiser, c’est très valorisant.
  • Pour le 14 juillet, on a fait très culturel : une balade au Bon Marché. L’idée était de chercher 2-3 trucs pour la maison, on est repartis avec des bouquins (fatalement) et des vêtements pour Monsieur. Mais en guise de récompense, on s’est offert un déjeuner dans le très bon (et authentique) resto italien du deuxième étage. Je garde un souvenir ému de la glace gianduja que Mademoiselle n’a pas finie (ça n’a pas été perdu pour tout le monde…).
  • Toute la semaine, je me suis lancée dans diverses réalisations culinaires, y compris des trucs que je n’avais jamais faits, afin d’écluser les restes de nos cueillettes de dimanche dernier. Pour un peu, ça mériterait un article “Cuisinons nos livres”…
  • Dimanche, alors que l’Anglais et moi comations devant le Tour de France (tradition familiale à laquelle j’ai converti Monsieur), la Crevette s’ennuyait très clairement et nous n’avions aucune envie de sortir. J’ai fini par lui proposer de peindre les figures en pâte à sel réalisées… il y a deux bons mois. Ca a marché, elle s’est bien amusée et on s’est évité un tour au square par 28°.
  • J’ai coché une ligne supplémentaire du défi PAL de vacances !

KL Pâtisserie

Jeudi dernier, après un rendez-vous un peu frustrant chez le médecin, et avec une météo un peu moche, j’ai décidé de m’offrir une pause pour me remonter le moral. J’avais déjà repéré à plusieurs reprises KL Pâtisserie, sans jamais oser franchir le pas. Or l’endroit ouvre tôt le matin car il propose une formule pour le petit déjeuner. Du coup, j’avais un prétexte tout trouvé !

La pâtisserie-salon de thé est assez grande, décorée dans des teintes de bois et de gris. Le comptoir est tout petit, avec un faible nombre de gâteaux qui sont, si j’ai bien compris, confectionnés au fur et à mesure de la journée. Dans le fond, derrière une paroi à moitié vitrée, le laboratoire rutilant de propreté.
Je me suis installée sur une des banquettes, ai commandé un petit déjeuner classique composé d’un jus de pamplemousse, d’un chocolat chaud et d’un roulé à la cannelle, et j’ai sorti mon livre. Pendant près d’une heure, j’ai profité d’une quasi solitude et d’un silence à peine troublé par la musique de fond et les discrètes allées et venues de la vendeuse qui assortissait la vitrine. Le jus était bon, le chocolat à tomber (mousseux sans être trop épais) et le roulé à la cannelle délicieux. A aucun moment on n’est venu m’embêter, me suggérer de partir ni rien.

Afin de prolonger le plaisir, j’ai décidé de nous offrir quelques gâteaux que nous avons testés le soir même (ou le lendemain). Chaque gâteau était emballé dans une boîte individuelle, ce qui a considérablement aidé à leur stockage à la maison. Deux créations aux fruits, le framboise piper (framboises fraîches, biscuit moelleux amandes-framboises, crème à la pistache et au poivre, pistaches caramélisées) et la fraise indigène (tarte aux fraises, crème légère, compotée de fraises aux baies de Tasmanie). Les deux gâteaux étaient délicieux, rafraîchissants, même si j’ai trouvé la framboise plus intéressante gustativement (l’Anglais pensait l’inverse).
J’ai également goûté l’éclair au chocolat grand cru du Pérou le lendemain. Franchement, il était à tomber à la renverse, alors même que son goût a dû s’étioler un peu après 24h dans mon frigo. Un chocolat riche, puissant, une pâte à chou fondante et craquante… J’en salive encore.

La pâtisserie propose également des gâteaux de voyages – j’ai testé les madeleines, mais la fleur d’oranger était un peu trop présente à mon goût, mais j’ai sagement renoncé au marbré chocolat/vanille. Quoi qu’il en soit, il reste des choses à découvrir dans cette pâtisserie, et j’y retournerai volontiers lorsqu’il fera moins chaud ! En plus, la maison propose des thés Jugetsudô et George Cannon.

KL Pâtisserie, 78 avenue de Villiers, 75017 Paris (M° Wagram)