Noël en mai

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Comme je l’ai déjà indiqué, j’ai fêté mon anniversaire la semaine dernière, et de fort belle façon. Conformément à la tradition familiale, ce fut aussi l’occasion de recevoir une pluie de cadeaux, et non des moindres… Jugez plutôt :

  • Dîner en amoureux au restaurant japonais.
  • Saut en parachute
  • Plein d’accessoires de cuisine dont je parlais dans ma wishlist il y a quelques semaines.
  • Un nouveau téléphone (gloire!)
  • Last but not least : des vacances en Crète ! Je pars demain, en abandonnant l’Anglais et la Crevette l’un à l’autre (on va rire).

Voilà, je suis en train de faire mes valises. Je vais essayer de préparer quelques articles, mais je ne garantis pas d’être très régulière. Quoi qu’il en soit, vous aurez un compte-rendu d’ici une dizaine de jours.

Baptême de chute libre

Jeudi soir, pour mon anniversaire, Monsieur m’a emmenée dîner dans un très bon restaurant. Mais il ne s’agissait que – si j’ose dire – de l’apéritif, car il m’a ensuite annoncé la nature de mon “vrai” cadeau : un saut en parachute, programmé pour… le surlendemain !

Même si je n’en parle pas vraiment, j’ai toujours rêvé de sauter en parachute (et à l’élastique, aussi). Contrairement à certaines personnes qui ont le vertige, j’éprouve l’appel du vide et me trouver en haut d’un building, de préférence en extérieur, me grise. Autant dire que l’Anglais avait tapé dans le mille.

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Pendant les 36h qui ont précédé, je suis restée d’un calme olympien. Chaque fois qu’on me demandait si j’avais peur, je répondais (avec sincérité) que non, pas du tout. J’ai même dormi comme un bébé la veille.
Nous nous sommes rendus à l’aérodrome de Péronne, dans la Somme, par un matin assez frais et couvert. Passées les diverses formalités – certificat médical, paiement du solde, explications diverses – commence… l’attente. En effet, il faut patienter jusqu’à qu’on nous appelle. Du coup, nous nous sommes repliés à la buvette, d’où nous avons même pu voir les premiers sauteurs décoller… et revenir à terre, nous gratifiant d’un ballet aérien coloré.

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Vient donc mon tour. Pour ceux qui se demandent, on saute en tandem, c’est-à-dire, attaché à un professionnel. On est sanglé dans un harnais des cuisses aux épaules et, une fois que tout est serré, j’aime autant dire qu’on est un peu comme à la parade.
C’est enfin le départ ! On gagne l’avion sur fond de Take my breath away qui va nous emmener tout là-haut, à 4.000m d’altitude : c’est un petit coucou dans lequel on s’entasse littéralement les uns sur les autres. Relégués tout au fond, mon binôme et moi avons le temps de voir chacun s’installer comme il peut (impossible de se tenir debout, l’avion n’est pas prévu pour ça, on est assis par terre). On ferme l’abattant le volet en plexiglas et… en route !

préparation

On monte, on monte… c’est un décollage tout ce qu’il y a de plus normal, je dois même me déboucher les oreilles à deux reprises. Plus on s’élève, plus le paysage est beau, plus j’ai le sourire. On franchit la couche nuageuse et, comme me l’avait promis Alexandre, mon sauteur, la lumière est superbe. J’éprouve une sorte de vertige exalté, et la réalité s’insinue enfin dans ma tête : ça y est, je vais sauter !

dangerL’avion est à l’horizontale, il décélère… Ce sont les tout derniers préparatifs : je suis définitivement reliée à mon binôme, mes lunettes sont plaquées sur mon visage, le voyant passe au vert…
De ma position, je vois tout : les photographes qui sortent avant leur groupe et patientent accrochés à la carlingue, les départs qui s’enchaînent, l’air parfois crispé de certains dont c’est, comme moi, le premier saut… J’ai beau passer en avant-dernière position sur une quinzaine de tandems ou de singletons, je n’ai pas du tout le temps de réfléchir.

Et nous y voici, les pieds dans le vide, le monde 4000m plus bas… J’adopte la position recommandée par Alex, et nous basculons. Ces deux-trois secondes où mon univers s’est littéralement renversé m’ont arraché un cri – de réflexe plus que d’angoisse – puis c’est parti pour 50 secondes de chute vertigineuse à 200km/h. C’est sublime.
Le vent me fouette le visage, mes mains me font mal tellement j’ai froid, et pourtant… c’est une des plus belles expériences de ma vie. Et c’est trop court. Déjà, nous traversons les nuages, la voilure s’ouvre, l’allure ralentit d’un coup.

en vol

Et là, c’est le drame : je continue à regarder en bas, à me régaler du paysage, quand soudain… la nausée ! Punaise, je n’ai pas eu peur, je suis restée calme et limite impassible tout du long (à part l’énorme sourire quand on a commencé à monter) et il faut que j’attrape le mal des transports à quelques secondes de l’arrivée. Car le secret, c’était de regarder l’horizon, chose à laquelle je n’ai pas pensé.
C’est donc très blanche et un peu sonnée que j’atterris, il faut même qu’on m’aide à me tenir debout car j’ai les jambes en coton. Mademoiselle se précipite vers moi dès qu’elle le peut. Moi, j’ai besoin d’un coca pour me remettre de mes émotions.

Apressaut
A l’arrivée : transie, nauséeuse, mais ravie !

Je ne dirait qu’un mot : encore ! La prochaine fois, promis, je regarderai droit devant moi.

PS : si vous vous posez la question, je n’ai pas pris le forfait photo/vidéo (cher parce qu’il implique un sauteur supplémentaire) car je voulais surtout vivre la chose à fond. Tous les clichés qui illustrent cet article sont l’oeuvre de Monsieur, dont je vous conseille d’aller voir le blog.

Dragon’s Loyalty Award

Source
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Je ne sais plus si je n’avais pas déjà répondu à un tag de ce genre, mais le fait est que Lucy m’a proposé de le reprendre. Et vu que j’ai les neurones à plat ces temps-ci, je la remercie de m’aider à remplir ce blog.
Normalement, il faut faire tout un tas de trucs (poster l’atroce logo, taguer d’autres blogs…) mais je n’ai pas envie de m’y coller, alors je me contenterai de vous raconter sept petites choses sur moi.

  • Je chante comme une casserole alors que, a priori, j’ai l’oreille musicale (au solfège, la dictée de notes était toujours l’épreuve la plus simple).
  • Je sais remuer les oreilles. Encore un talent de société totalement ignoré et inutile.
  • J’ai une playlist de la honte (très) conséquente.
  • Si je ne regarde pas une série en entier d’un seul coup, je n’irai sans doute jamais au bout, ça me gonfle (exemples au hasard : Heroes, Game of Thrones, Warehouse 13…).
  • La folie autour de Harry Potter m’a toujours laissée pantoise : j’ai lu les romans avec plaisir (encore que j’ai eu envie de baffer Harry pendant tout le tome 5 et je n’ai jamais fini le 7 – j’ai lu le résumé sur Wikipédia) et vu la plupart des films, mais j’ai sans doute découvert cet univers trop tard pour que ça me fasse plus d’effet que ça.
  • Quand je procrastine, je fais le ménage, comme ça j’ai quand même l’impression de travailler.
  • Je suis incapable de garder mon vernis à ongles impeccable plus de 24h (12h généralement).

Allez, je passe la main à qui ça intéresse !

Parler, se taire

Source
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Disons-le tout net : j’aime parler. J’aime papoter, discuter, échanger, converser, râler (encore plus sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie), m’épancher, bavasser… J’apprécie la conversation comme un des plaisirs de la vie, un de ces moments où l’on communique avec l’autre, où l’on tente de percevoir ce qu’il dit et ne dit pas.
Il y a des personnes avec qui je pourrais parler des heures tout en ayant le sentiment de n’avoir pas évoqué le quart de la moitié du début de ce que je veux dire. Il y a des sujet sur lesquels je peux être intarissable.

Pourtant, il arrive souvent que je me taise. Chez moi, le silence est un mécanisme de protection. Parce que j’ai peur de trop en dire, en révéler sur moi. Parce que je suis en colère et que j’ai peur de l’exprimer – j’ai horreur du conflit, des voix qui s’élèvent, du ton qui monte. Parce que je sais que je sais que mon opinion diffère et que je n’ai pas envie de me justifier ou de m’expliquer. Je suis la majorité silencieuse, souvent. Et je me tais parce que je n’éprouve pas forcément le besoin de faire changer d’avis mon interlocuteur (et aussi parce que c’est souvent mort d’avance).
Parfois, aussi, je me tais parce qu’on ne m’interroge pas, tout simplement. Ainsi, j’adore parler de la Crevette, mais je conçois tout à fait que ça n’intéresse pas tous mes interlocuteurs (alors que c’est le plus beau bébé du monde, et tout, et tout), donc je me force au silence. De même, j’ai souvent envie de parler de mon travail, mais je pars du principe que si le sujet ne “tombe” pas dans la conversation, c’est que ce n’est pas le moment ni le lieu de l’aborder.

Vous me direz que, pour quelqu’un qui s’exprime beaucoup, notamment à l’écrit, c’est paradoxal. Oui et non. Se taire peut aussi être un moyen de se mettre en retrait, de passer de la position d’acteur à celle d’observateur. Ce qui est quand même bien pratique ensuite pour insuffler un peu de vérité à mes mots.

Un week-end en Normandie

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  • Réussir à lever tout le monde à un horaire décent.
  • Contempler la montagne de trucs à rassembler / emballer / charger (vêtements, lit parapluie, alcools divers, ordinateur, doudous, gâteau surprise…) en se disant qu’on va forcément oublier des choses et qu’on ne décollera jamais avant midi.
  • Par un miracle extraordinaire, être en voiture avant 10h (soit on a fait des progrès de fou en logistique, soit les constellations étaient alignées).
  • Arriver les premiers, au milieu de nulle part, entre un champ de colza et un bout de forêt.
  • Oublier les manteaux dans la voiture pour tout le week-end.
  • S’offrir un long déjeuner à l’ombre, avec la ratatouille la plus épicée (et malheureusement immangeable pour moi) de ma vie.
  • Piquer une rapide tête dans la piscine à 18° et avaler un Doliprane pour me débarrasser du mal de tête persistant.

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  • Emmener les petites en balade et cueillir jacinthes sauvages, myosotis et boutons d’or. Bénir L., son sens de l’organisation et ses multiples solutions de portage.
  • Perdre une balle de ping-pong dans la haie de mûriers (je reste convaincue que ce sont des mûriers).
  • Siroter un mojito amélioré (c’est addictif, ce truc) pendant que l’Anglais s’échine à répondre aux commandes, et écouter les autres chanter autour du barbecue.
  • Veillée musicale / chantée / dansée pendant que je comate dans le siège-hamac du salon.
  • Réveil à 7h30, merci Crevette !
  • Promenade matinale en forêt tous les trois pendant que tout le monde roupille encore : monsieur fait des photos, mademoiselle et moi cueillons une brassée de jacinthes.

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  • Second petit déjeuner en compagnie des levés, agrémenté de discussions beaucoup trop intellectuelles à mon goût pour un dimanche matin.
  • Rire comme une baleine en regardant l’Anglais et P. créer une nouvelle discipline olympique : le ping-pong avec porté d’enfant.
  • Des galettes bretonnes !
  • 2h de balade en forêt – pour les autres. Regarder l’heure qui tourne et se demander s’ils se sont perdus en chemin.
  • Guetter d’heure en heure l’épanouissement des pivoines, en bouton samedi matin, ouvertes dimanche soir.
  • Replier le lit, ranger les affaires, charger, baigner et faire dîner les petites, dire au revoir aux ânes, aux vaches, aux têtards (cherchez pas) et, accessoirement, à notre hôtesse.
  • S’offrir un McDo à 1000 calories pour faire passer la pilule du retour.
  • Se faire miauler dessus tout le reste de la soirée par un chat outré qu’on l’ait abandonné 36h avec une gamelle débordante de croquettes et un grand bol d’eau.
  • Avoir la peau qui brûle et qui tire, preuve que le soleil normand est fourbe.

Le temps qui file

Déjà début mai. Et tout un tas d’idées qui s’entrechoquent dans ma tête, de projets qui semblent se concrétiser ou qui nécessiteraient que je m’y attarde un peu, de copines à voir-promis-sans-faute, de vêtements de la Crevette qui deviennent inexplicablement trop petits (cette enfant mange trop), de boulot qui s’entasse…

Source
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Et moi, pendant ce temps, j’ai l’impression d’être statique. Engluée, même. Je regarde mon écran d’ordinateur d’un œil torve (ou vague, ça dépend des moments), j’observe presque nonchalamment le retard s’accumuler, j’apprends même à oublier la petite voix paniquée en moi qui me répète (à juste titre) que non je ne VAIS PAS pouvoir boucler cette trad dans le temps que je me suis imparti, que je ne VAIS PAS finir ce bouquin avant 2018 à ce rythme et que je ne VAIS PAS profiter de mes vacances en juillet puisque je les consacrerai à éponger ledit retard.

Je ne sais pas ce qui m’arrive. J’ai passé le premier quart de l’année à tourner en rond, à ne rien faire pour cause de pas de boulot (et à ne pas franchement avancer sur d’autres projets). Depuis que la situation s’est décantée en ma faveur, j’alterne les moments de grande activité et ceux de profonde apathie.
En ce qui concerne la traduction, je crois que je me dis que j’arriverai à tenir les délais et que je finirai sur la corde (en même temps, la semaine de maladie de la Crevette et la semaine de congés de la nounou ne m’ont pas franchement aidée à avancer – et les rares jours fériés de mai seront tout aussi problématiques).
Pour l’écriture, c’est plus retors. Plus j’avance, plus je suis paralysée par la conviction de mal faire. Par le sentiment que, peut-être, je me fourvoie. Par l’angoisse de ne pas rendre le truc parfait (indice pour vous chez vous : c’est impossible).

Il y a une seule chose qui semble avancer à la vitesse grand V : mon analyse. Il y a deux semaines, ma psy m’a annoncé que nous touchions au but. Si quelqu’un pouvait me filer le mot de passe pour arriver directement à la cinématique de fin, ça m’arrangerait quand même.

Visite en famille au Musée des arts forains

Voilà plusieurs années que, pendant les fêtes, je vois passer sur Facebook des photos de copains partis s’amuser au musée des arts forains : montés sur des manèges, dansant dans les pièces, assistant à des spectacles… Si l’esthétique foraine en tant que telle ne m’attirait pas forcément plus que cela, l’idée d’un musée où tout est accessible m’attirait. En outre, la visite est fortement recommandée avec des enfants et, vu que la nounou de la Crevette est en congés cette semaine, c’était l’occasion rêvée. Embarquant au passage L&L, nous voilà parties…

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Le musée est privé – issu d’une unique collection particulière, celle de Jean-Paul Favant – et il faut obligatoirement réserver sa visite. Nous nous sommes donc présentées peu avant 11h, et nous sommes retrouvées en compagnie de nombreuses autres familles avec enfants en bas âge (peut-être un effet combiné “visite d’avant sieste” et “vacances scolaires” – nous étions une petite trentaine, à vue de nez). L’endroit est composé de trois espaces disposés autour d’une cour intérieure : les salons vénitiens, le théâtre du merveilleux et le musée des arts forains.

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Nous avons débuté à Venise et avons tout de suite été plongés dans l’ambiance. Sous nos yeux ébahis s’est animé le théâtre mécanique à motifs nautiques, mis en valeur par un tout nouvel éclairage et une bande-son. L’effet était magique, avec une véritable impression de relief ; le décor évoquait tantôt le jour, tantôt la nuit, tantôt Venise dans toute sa splendeur, tantôt sous la mer… Superbe.
Puis nous avons évolué dans les différentes ambiances avec un plaisir réel : toutes les attractions sont en état de marche, et nous avons pu monter sur la plupart d’entre elles. Nous avons ainsi testé trois manèges anciens, dont mon préféré, dans l’ambiance vénitienne, ainsi qu’un manège de chevaux de bois et un de vélocipèdes (assez marrant, je dois dire, puisqu’il faut pédaler pour lancer le mécanisme !).

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Les attractions alternent et ne lassent jamais : ici, un spectacle d’automates qui chantent de l’opéra, là une course de garçons de café qui avancent grâce à des lancers de balle, ailleurs un orgue mécanique ou une salle de bal…

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Je craignais que la visite, prévue pour durer 1h30, ne soit trop longue pour ma puce et que celle-ci montre des signes de fatigue. En réalité, la Crevette et L. étaient fascinées, s’exclamant “Encore !” à la fin de chaque attraction, se montrant particulièrement sages pendant les démonstrations musicales pourtant retentissantes… Nous sommes reparties au bout de quasiment 2h, et elles n’ont manifesté leur lassitude que pendant les 15 dernières minutes.

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Est-ce que je conseille ? Oui, et encore oui ! Ma Crevette n’a que 2 ans et n’est pas une grande marcheuse, mais la visite est très dynamique et peut intéresser les petits comme les grands. Le guide était agréable, alternant explications sociologiques ou mécaniques (j’ai ainsi découvert l’existence des carrousels-salons, un truc qu’il faudra réutiliser dans un roman un jour), d’une grande patience avec les enfants. J’ai déjà envie d’y retourner, et d’embarquer Monsieur au passage, qui ne manquera sans doute pas de s’amuser et de faire plein de photos.

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Musée des arts forains, à Bercy (M° Cour Saint-Emilion). Sur réservation.

Festival du Roman Féminin 2016

Je suis optimiste, je pars du principe que l’événement sera reconduit.
La semaine dernière – mercredi et jeudi – j’étais donc invitée à participer au Festival du Roman Féminin (que j’ai pas arrêté de nommer “Salon”) à la fois en tant qu’auteur et traductrice de romance. L’idée est de proposer, à l’image des conventions américaines ou de la convention allemande Love Letters, un espace qui permette le dialogue entre auteurs et lectrices de romance, assorti de contrepoints d’acteurs du livre.

Roman Féminin

Si j’ai déjà fréquenté la version réservée aux auteurs, je ne connaissais pas du tout le principe de la convention avec lectrices. Bon, j’ai beaucoup assisté aux conventions de japanime il y a une quinzaine d’années (je suis un dinosaure, j’ai fait Japan Expo 3ème Impact, pour vous donner une idée), ça se ressemble un peu, en fait.
Je devais participer à un “meet & greet” – rencontre informelle avec des lectrices (qui permet aussi de dédicacer tout un tas de supports) – une table ronde sur la romance historique, une autre sur la traduction, la présentation de ma maison d’édition, Milady Romance, et enfin un jeu avec des lectrices. La convention se clôturait, le jeudi soir, par deux heures de dédicaces avec des livres offerts (mon éditeur a offert 50 exemplaires de mon premier roman).
Je partais donc ainsi :

  • Je ne vais voir personne, de toute façon les auteures américaines seront prises d’assaut et nous, les Françaises, on sera là pour la figuration.
  • Oh punaise, je vais devoir parler en public. De ce que j’écris. En plus les questions ont l’air difficile, je vais passer pour une idiote.
  • Mais comment je vais m’habiller ? (Oui, j’ai des considérations très intellectuelles)
Le jeu organisé par le Boudoir : rédiger une fausse quatrième de couv à partir d'éléments imposés
Le jeu organisé par le Boudoir : rédiger une fausse quatrième de couv’ à partir d’éléments imposés

Au final, ça a donné ça :

  • Même si je ne suis pas une star de la romance comme Emily Blaine, j’ai quand même été arrêtée au détour d’un couloir ou d’une table ronde par des personnes qui m’ont dit qu’elles aimaient mon travail et/ou la façon dont je l’avais présenté.
  • Je me suis marrée comme une baleine pendant deux jours, entre les blagues débiles de mes collègues, les déclarations enflammées de certaines lectrices et le jeu du Boudoir écarlate où j’ai failli pleurer de rire.
  • J’ai réussi à parler en public. Presque sans trembler. Point supplémentaire : j’ai parlé en anglais et me suis auto-traduite à la conférence sur la romance historique.
  • J’ai pu échanger sur les pratiques du métier (ça se sent que je ressors du vocabulaire technique ?) avec d’autres auteurs, américaines ou françaises. Au final, on a un peu toutes les mêmes problèmes, entre crises d’inspiration, attaques de panique et trucs & astuces pour se mettre au travail.
  • J’ai pu expliquer et, je l’espère, démystifier mon métier de traductrice : non, le traducteur n’est pas un gros méchant qui trahit le propos de l’auteur en changeant les mots ; oui, il faut faire des choix ; non, nous ne sommes pas seuls maîtres à bord, généralement l’éditeur et le correcteur passent derrière nous, parfois davantage ; oui, nous nous retrouvons parfois dans des situations étranges quand il faut mimer une scène de cul ou de baston pour comprendre comment ça se passe.
  • J’ai (peut-être) conquis de nouvelles lectrices, qui ont profité de la dédicace pour embarquer mes livres.
  • Je manque cruellement de goodies. Je n’avais que des cartes de visite à offrir, alors que certaines sont terriblement organisées, avec cartes postales et badges. C’est un point à améliorer d’urgence.
  • J’éprouve le même sentiment de “gueule de bois post-convention” où je me demande ce que je fous là avec toutes ces filles si talentueuses.

Au final, je suis ravie de cette édition et j’espère de tout cœur qu’une édition 2017 aura lieu (puis 2018, etc.). Peut-être dans un autre lieu, parce que celui-là manquait de lumière naturelle et (surtout !) de toilettes pour autant de filles, mais qu’à cela ne tienne : passer deux jours au cœur du Marais, il y a pire comme pénitence.

En ce moment…

Preuve de mon manque de temps / d’inspiration, j’ai de nouveau recours à un tag aperçu chez Sunalee et Shermane. Promis, je vais réussir à publier de vrais articles, mais ces temps-ci, c’est compliqué.

Source
Source

Je lis. Plusieurs livres à la fois, comme d’habitude. En ce moment, Le malaise dans la civilisation de Freud, Le goût des rois de Jean-François Solnon. D’autres ouvrages traînent au fond de mon sac / ma table de nuit / autre, mais ce sont les deux principaux.

J’écoute. Chantal Goya. A mon corps (et mes oreilles !) défendant. La Crevette s’est prise de passion pour la chanteuse et la fille de sa nounou lui a offert une compilation (23 titres…) qu’elle nous inflige au moins une fois par jour. J’en rêve la nuit, c’est atroce.

Je mange. Tout et n’importe quoi. Je cuisine des trucs élaborés mais je boulotte des saletés en travaillant.

Je travaille. Beaucoup pour rattraper les trois premiers mois de vide (quasi) absolu. Et c’est pas près de changer, m’est avis.

J’espère. Réussir à boucler tout mon travail dans les temps. Verdict en fin d’année.

Je rêve. Je cauchemarde, surtout. Des histoires très alambiquées qui font les délices de ma psy (beaucoup moins de mes nuits, étrangement).

Je décide. De m’investir dans l’écriture. Je vais sans doute arrêter de dormir.

Je me sens. Epuisée. Crevée. Vidée. Vous voyez l’idée, quoi.

Je me demande. Comment je m’habille demain soir pour mon dîner.

Je me souviens. Qu’il faut que je fasse les courses cette semaine et le ménage dimanche, rapport au fait que je serai mère au foyer la semaine prochaine (enthousiasme, j’écris ton nom).

Je pense. Aux prochaines vacances. A tous mes voyages prévus d’ici la fin d’année.

J’ai du mal. A hiérarchiser mes envies. J’ai l’impression que mes pensées partent dans tous les sens, j’ai envie de tout et de rien.

J’essaie. De suivre la finale de Top Chef. Mais je n’y suis plus trop depuis l’an dernier.

Je porte. Un pull rose fuchsia et un tee-shirt bleu vif. Non, je n’ai pas peur des mélanges.

Je devrais. Arrêter de me mettre la pression sur l’écriture. Ahahaha.

J’aime. Nourrir ma vie intérieure.

Je veux. Dormir, lire, glander, et partir en vacances. Redondant, peut-être ?

Voilà, c’est un peu comme un “instantané d’état d’esprit”, je renouvellerai peut-être l’opération de temps à autre… Et vous ?

Une histoire de crocodile

Il y a quelques mois, à l’occasion d’un événement professionnel, je me suis trouvée confrontée à une part assez peu reluisante de moi-même. Explications.

Source (Aucun crocodile n'a été maltraité pour les besoins de cet article)
Source (Aucun crocodile n’a été maltraité pour les besoins de cet article)

Parmi mes collègues (au sens large), il y a quelqu’un dont je me suis toujours trouvée assez proche, avec qui il m’a toujours été facile de parler et à qui j’ai souvent confié mes doutes et mes peines (mes joies, aussi). Or à l’occasion d’une réunion, j’ai eu vent d’une histoire à laquelle celui-ci s’est trouvé mêlé.
Lors d’une soirée, pas mal arrosée pour certains – ne buvez jamais lors d’une rencontre professionnelle ! – on m’a rapporté qu’il avait plaqué une de nos collègues contre lui, avant d’essayer de l’allonger par terre. Elle n’a été “sauvée” de cette situation que par d’autres collègues féminines qui l’ont emmenée avec elles. Quand je dis “on me l’a rapporté” c’est tout simplement parce que j’avais quitté la soirée assez tôt à cause de ma fatigue.

Or ma première réaction à ce récit a été : oui mais quand même, elle l’a peut-être cherché, ils avaient déjeuné ensemble, sa tenue n’était pas un modèle de retenue ni de bon goût… Ca a duré environ 10 secondes, avant que je me dise “Stop”. Non, ni la tenue, ni les déjeuners partagés, ni même l’excès d’alcool ne peut expliquer et certainement pas excuser un tel comportement. Mais le fait que je m’entendais bien avec ce collègue a biaisé, même pour quelques instants, mon jugement, et je m’en suis beaucoup voulu.
Oui, aujourd’hui encore, on peut être victime de harcèlement sexuel sous une forme ou une autre en France. Oui, on peut même réagir de manière particulièrement méprisable en apprenant une telle nouvelle. Il faut avant tout trouver le courage de s’affronter soi-même et d’examiner ses propres actes et jugements (verdict : c’est pas reluisant et il y a du boulot).

Tout ça pour dire que, même si le chemin est long, la bonne volonté et le discernement peuvent nous faire avancer.

NB : je fais bien entendu allusion au célèbre Projet Crocodiles.