Lire quand on écrit

Cela ne vous aura sans doute pas échappé, je me suis remise à l’écriture. Or si j’adore ça, je m’aperçois que c’est une activité difficilement compatible avec un de mes plus grands passe-temps : la lecture.

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Au-delà de la question du temps (mais qui a besoin de dormir, de nos jours ?), je trouve qu’il existe une véritable dichotomie : comment produire quelque chose quand on est absorbé par l’univers de quelqu’un d’autre ? Je vis intensément ce que je lis, au point de formuler mes pensées dans le style de l’auteur (ça peut être très drôle quand mon cerveau se met à me parler en alexandrins ou à employer des figures de style zoliennes), alors m’arracher à ce monde pour coucher le mien sur le papier est très compliqué.
En outre, j’ai relevé deux cas de figure qui reviennent très souvent :

  • J’adore ce que je lis. J’aurais adoré écrire ça. D’ailleurs, pourquoi ne l’ai-je pas écrit ? C’est facile, c’est parce que je n’en suis pas capable. La vie n’en vaut pas la peine. Je vais abandonner mon manuscrit et aller bouder dans le canapé avec mon pot de glace, tiens.
  • Mais c’est génial, cette idée ! Ca va se voir beaucoup, si je pique l’arc narratif / le conflit / les personnages / l’univers / tout ça à la fois ?

Vous l’aurez compris, entre crise de foi et risque de plagiat, c’est vraiment galère de concilier le livre et la plume ! Surtout qu’en ce qui me concerne, on ratisse large : la romance, bien entendu, mais aussi les romans de façon plus générale, et les ouvrages historiographiques. Ce qui, en tout, doit représenter au moins les deux tiers de ma PAL.

Du coup, j’ai découvert quelques trucs qui me permettent de lire, même en période de procrastination rédaction intense.

  • Lire des documents ou magazines. Ces dernières semaines, les hors-séries de 180°C et les ouvrages de Svetlana Alexiévitch m’ont bien aidée.
  • Me remettre aux classiques. Outre les “indémodables” qui ne traînent jamais loin de ma table de chevet (Au bonheur des dames, par le plus grand des hasards), je m’efforce de rattraper mes lacunes en la matière. Voici plusieurs mois que je lis Les Misérables – même si j’éprouve de longs moments d’ennui, je profite du style impeccable de Hugo.
  • Dévorer les opuscules sur des sujets plus ou moins improbables – plus on s’éloigne de mon domaine de prédilection, plus il y a de chances que ça marche. Dernier en date : Le piment d’Espelette, un produit, un territoire, aux éditions de l’Epure. Les éditions Allia sont aussi un excellent pourvoyeur.

Alors, suis-je folle ? Plutôt normale ? Et vous qui écrivez, ressentez-vous la même chose ?

Splendeurs et misères du service client

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La semaine dernière, comme une idiote, je me suis fait voler mes données de carte bleue. Je dis “comme une idiote” parce que je me suis fait avoir par un énième mail frauduleux copiant PayPal que je n’ai pas pensé à effacer sur-le-champ. Parfois, la vie tient à peu de chose.
J’ai mis trois jours à m’en rendre compte, jusqu’à découvrir, au milieu de la nuit de mercredi à jeudi, que quelqu’un avait essayé de faire passer un paiement d’environ 1700€ sur ma carte. Ni une ni deux, je jaillis hors de lit et appelle la banque pour faire opposition. La personne que j’ai eue au téléphone (à 5h30 alors que j’étais 1/en panique et 2/dans le gaz) a été parfaitement professionnelle, m’a expliqué quoi faire, précisé les délais d’émission d’une nouvelle carte et engagée à appeler mon agence pour vérifier qu’aucun autre paiement frauduleux n’était passé.
Le jour même, tout va bien. Mais samedi matin, un paiement d’environ 150€ a été débité, et celui-là, je suis certaine qu’il n’est pas de moi ! Je rappelle le service client, la conseillère est très bien, m’explique qu’il y aura une enquête mais que je serai remboursée sous deux mois.

Je fais un peu la tête : deux mois, c’est long, d’autant que j’ai des dépenses prévues ces jours-ci et que j’attends impatiemment les virements de mon éditeur. Et c’est alors que le discours devient commercial : “Je constate par ailleurs que vous n’avez pas de protection chez nous, est-ce que c’est volontaire ?” Protection de quoi ? Si c’est pour l’assurance habitation, c’est déjà fait, merci bisous.
“Non parce que si vous perdez votre emploi, on ne pourra plus vous suivre.” Pardon ? Vous, le service client (notez bien les mots “service” et “client”) sous-entendez que, si je me retrouve au chômage et donc sans revenus, vous allez me lâcher ?
“Il ne faut pas l’interpréter comme ça, madame, mais comme un souci de vous protéger en cas de besoin.” Et mon cul, c’est du poulet ?

J’étais furieuse, au point que j’en tremblais. Comme dirait l’Anglais (qui travaille dans le milieu), les banques ne sont pas des ONG, leur vocation est de faire du profit, et je le concède volontiers. Par ailleurs, le marché de l’épargne est particulièrement déprimé et l’une des meilleures façons pour les établissements bancaires d’engranger de l’argent est de vendre des services, en particulier des assurances. Mais il y a manière et manière de faire.
Ce procédé, qui vise clairement à faire peur à une personne en apparence isolée (de ma famille, je suis la seule à détenir un compte dans cette banque), sans réserve (notre épargne est stockée ailleurs) et pas très bien payée (puisque je ne touche qu’un salaire de temps partiel depuis trois mois) est parfaitement indélicat, pour ne pas dire méprisable. Car il est évident que l’on cherche à effrayer le client (la cliente ?) en lui agitant sous le nez le spectre d’un éventuel licenciement pour l’engager à souscrire une assurance qui ne lui rapportera sans doute rien…
Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il s’agit d’une maladresse de la conseillère : quand je me suis plainte sur la page FB de ladite banque, le community manager m’a fait exactement la même réponse, du soi-disant soin que l’on avait de moi. Personnellement, pour prendre soin de moi je préfère aller me faire masser.

Cerise sur le gâteau : en retournant sur la page de la banque, j’ai découvert leur post pour la journée du 8 mars… “Mesdames, personnalisez gratuitement votre carte bancaire dans notre galerie” (avec possibilité de faire imprimer des motifs de fleurs sur votre CB). Achevez-moi.

Tartuffe ou (le syndrome de) l’imposteur

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Je ne sais pas si c’est le temps assez moche, mes circonstances personnelles (cela fait deux mois que je n’ai pas de boulot ; je suis en attente d’une trad qui ne veut pas tomber, c’est usant et angoissant), la fatigue, l’angine ou tout cela combiné, mais ces derniers jours j’ai l’impression que mon syndrome de l’imposteur revient au galop. Je pense que beaucoup de personnes verront de quoi je parle : cette conviction intime, profondément enracinée, que tout vous arrive par hasard ou par chance et que, un jour ou l’autre, on finira bien par vous démasquer.

Je suis traductrice ? Un coup de bol, on m’a recommandée et depuis mes éditeurs ont pitié de moi. J’ai écrit des romans ? Oui, mais ils sont vraiment perfectibles / ce n’est “que” de la romance (ouais et en plus j’écrabouille mes propres principes au passage) / j’ai la chance de connaître du monde dans le milieu de l’édition.
J’ai une fille adorable et facile à vivre ? Oui, mais je suis une mauvaise mère et un jour on finira bien par s’en rendre compte…
Je ne poursuis pas, je pense que vous avez saisi l’idée générale.

Alors, d’où ça vient ? Tout d’abord, je pense qu’à l’origine, mon souci dans la vie est de ne pas être un garçon : attention, je suis très contente d’être une fille mais à certaines étapes de ma vie on m’a fait (involontairement) sentir que l’inverse aurait été mieux. Du coup, dans un coin de ma tête, prendre le pouvoir / passer à l’acte / réussir n’est pas possible, puisque je ne suis pas un garçon (gardez vos leçons de féminisme, il est question de mon inconscient, pas de ce que je pense, nuance).
En plus, comme je suis un peu maligne et que je déteste échouer, j’ai toujours fait en sorte de ne pas me trouver en situation d’échec en fournissant le minimum d’efforts. Mauvaise en sport ? Hop, je clame que je n’aime pas ça et qu’on ne vienne pas m’embêter avec des discours sur l’effort et les progrès.
D’une manière générale, je sais que je ne fournis pas l’effort nécessaire pour atteindre le palier supérieur alors qu’a priori je dois en avoir les capacités : poursuivre une réflexion, achever convenablement quelque chose… Je sens que c’est à ma portée, qu’on y est presque, mais impossible de faire le dernier pas.
Quant à recevoir des compliments… avec un haussement d’épaules ou un sourire gêné, oui, pourquoi pas. (Mais notez que si je recevais le Nobel de littérature j’estimerais toujours que c’est une gigantesque erreur.)

Si je parle de tout ça, c’est parce que ce sentiment est vraiment extrêmement prononcé ces jours-ci mais que, paradoxalement, j’ai rêvé cette nuit que je parvenais à hypnotiser un serpent pour m’en emparer. Faut-il y voir une volonté de prendre le pouvoir à pleines mains ?

Le roi est mort

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Vive le roi !
Bon, d’accord, elle était facile. Vendredi matin, à la faveur de Facebook et d’un coup de tête, j’ai retrouvé Lucy un peu par hasard pour aller visiter l’exposition “Le roi est mort” au château de Versailles. J’avais très envie de m’y rendre mais le manque de temps m’avait poussée à croire que je n’y arriverais pas (l’expo se clôture ce dimanche).

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Les infrastructures du château ont évolué mais ce n’est pas encore ça : la réservation en ligne est un peu complexe (surtout quand il s’agit de télécharger son billet parce qu’on n’arrive pas à l’imprimer…), l’exposition n’est pas indiquée tant qu’on n’a pas rejoint les grands appartements (indices : il faut suivre les indications “Grands appartements – Galerie des Glaces), mais nous sommes tout de même parvenues à destination.

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Nous sommes accueillies au pied d’un escalier tendu de noir par deux colonnes pyramidales ornées de crânes. Cela peut paraître surprenant mais, sous l’Ancien Régime, le macabre est intimement lié aux cérémonies de deuil. Au son d’une marche funèbre, nous atteignons la première salle et sa spectaculaire reproduction de la chapelle ardente érigée pour Louis XIV : immense dais noir surmonté d’une couronne, multiples cierges, squelettes grimaçants tenant des faux ou des sabliers… le tout baigné dans une profonde obscurité.

En dix salles, sont présentés la vie et l’agonie de Louis XIV, la préparation et l’organisation des différentes étapes du deuil (convoi, pompe funèbre, inhumation…), le rapport à la mort à l’époque moderne, avant de conclure sur l’évolution des funérailles monarchiques aux funérailles d’Etat.

Allégorie de la révocation de l'édit de Nantes
Allégorie de la révocation de l’édit de Nantes

Si les œuvres exposées sont pertinentes et, pour certaines, très célèbres (le masque de cire de Louis XIV réalisé sur son lit de mort, plusieurs tableaux, le trésor de Saint-Denis…), elles ne surchargent toutefois pas l’œil. Elles sont clairement là pour illustrer le propos, donner à voir la réalité de ce qui est décrit, et c’est une façon intelligente de procéder. Les cartels sont bien faits sans être trop lourds – en revanche, ils sont exclusivement en français ! Les touristes étrangers avaient-ils au moins droit à un commentaire sur leurs audioguides ?

Priant de Louis XIV
Priant de Louis XIV

J’ai également beaucoup apprécié le lien fait avec les funérailles nationales montrant, si besoin était, la filiation étroite entre les cérémonies de l’Ancien Régime et celles de la République. La pompe funèbre est clairement une expression du pouvoir en représentation !

Je n’aurai donc qu’un mot : si vous en avez l’occasion, ruez-vous sur cette expo, elle en vaut la peine.

Le roi est mort, château de Versailles, jusqu’au 21 février, 15€ (avec l’entrée pour les Grands Appartements)

Mais que diable allais-je donc faire dans cette galère ?

Il y a une quinzaine de jours, alors que je sortais de mon cours de natation, ma prof m’a demandé : “Mais au fait, tu fais quoi dans la vie ?” Et d’expliquer que j’ai une vie professionnelle un peu compliquée, à base de traduction, d’écriture et de correction. Comme je suis un peu cloche, j’ai ajouté : “D’ailleurs, j’ai vu que vous proposiez des cours d’anglais, si jamais vous avez besoin d’un dépannage, vous pouvez demander”.

Que n’avais-je pas dit. A peine 48h plus tard, j’ai reçu un coup de fil paniqué : la jeune fille habituellement chargée des cours d’anglais du mercredi après-midi repartait dans son pays et il manquait quelqu’un pour assurer les deux cours de février et les quatre de mars. Et me voilà donc embringuée dans un truc qui ne m’intéressait pas particulièrement, ne m’arrangeait pas du tout et m’angoissait beaucoup.

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Parce que si je parle volontiers anglais et propose avec plaisir des cours de conversation avec des adultes ou des adolescents disposant déjà de bases, faire de l’initiation à des enfants n’est ni dans mes cordes ni dans mes projets. Je me suis donc retrouvée à assister à un cours pour voir de quoi il retournait, puis à faire une “formation” accélérée avec la fondatrice de notre prestataire (en gros, 2 heures de parlotte pour 45mn vraiment constructives sur la pédagogie et la façon de procéder) avant de me retrouver lâchée devant trois groupes successifs de 6 à 8 enfants.

Si j’ai parfois eu le sentiment d’être un peu larguée (chanter et jouer la comédie n’est pas mon fort, or cela fait partie de la structure des cours), visiblement mes élèves ne s’en sont pas aperçus. Ils ont joué le jeu, ont apprécié que nous fassions cours assis par terre sur une couverture, connaissaient les chorés mieux que moi et, globalement, ont passé un bon moment.

Au final, cette expérience m’a été bénéfique. Outre qu’elle m’a poussée à sortir de ma zone de confort, elle m’a également prouvé que je savais enseigner, du moment qu’on me mettait les clés pédagogiques en mains. J’ai aussi découvert, à ma grande surprise, que ma patience à l’égard des enfants avait considérablement augmenté – merci la Crevette.
J’ai également eu un aperçu de l'”enfer du mercredi” et ça m’a confortée dans l’idée que je ne serai sans doute jamais une maman qui accompagne les activités…

Est-ce que je recommanderais cette activité pour les enfants ? A partir du moment où vous ne placez pas d’espoirs démesurés là-dedans, oui, pourquoi pas. Non, votre enfant ne deviendra pas bilingue avec 50mn de jeux et de chansons anglais par semaine. En revanche, je pense sincèrement que ça fait l’oreille – sachant que l’anglais n’utilise pas les mêmes fréquences que le français, c’est un entraînement intéressant.

Je vous rassure : je n’ai donné que les deux cours de février, ils ont trouvé quelqu’un d’autre pour mars, ouf !

La paperasse par la face nord

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Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, la paperasse est un puits sans fond. Dès que j’ai l’impression d’avoir tout rangé / trié / archivé / jeté comme il fallait, la visite du facteur m’en rajoute une couche qui finit par s’entasser sur un coin de mon bureau ou une étagère de la chambre.
Alors certes, c’est un mal moderne, lié à une époque qui cherche à garder trace de tout – les fiches de salaire, les relevés de comptes, les déclarations de revenus… – mais force est constater qu’il y a du bon à s’en occuper. C’est pourquoi j’ai décidé de remédier à mon souci de paperasse en souffrance en me fixant des objectifs (on y croit).

  • Trier les huit derniers mois de fiches de paie / factures / relevés bancaires.
  • Renvoyer l’inscription pour le bal du mois de juin, de préférence avant qu’il n’y ait plus de place.
  • M’occuper ENFIN de cette fichue affiliation à la Sofia.
  • Remplir le dossier pour l’allocation “garde d’enfants 92” qu’on aurait dû renvoyer il y a un an (oui, je sais, chut).
  • Répondre à la déclaration de patrimoine envoyée par mon banquier (le truc particulièrement pénible).
  • Faire les démarches pour établir une CNI et/ou un passeport à la Crevette.
  • M’inscrire à la bibliothèque municipale.
  • Me renseigner sérieusement pour obtenir la double nationalité.

Comme vous pouvez le constater, cette liste monte en difficulté (oui, m’inscrire à la bibliothèque risque d’être compliqué parce que ça me gonfle encore plus que le reste). Et vous, c’est quoi vos serpents de mer administratifs ?

Pensées en vrac devant “Le seigneur des anneaux”

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Au mois de janvier, France 2 a rediffusé la trilogie du Seigneur des anneaux le dimanche soir, ce qui nous a donné l’occasion, à l’Anglais et moi, de nous replonger dans cet univers. Si Monsieur avait revu les films lors de son arrêt maladie il y a quelques années, je n’avais, pour ma part, rien revu, hormis quelques extraits çà et là. Comme je ne suis pas ultimement fan de la saga, ça me convenait très bien (d’autant que j’ai une excellente mémoire), mais du coup, mon cerveau s’est mis à générer plein de pensées plus ou moins idiotes à mesure que je regardais.

  • Alors en fait, sur 10h de film, Aragorn il a les cheveux propres pendant la dernière demi-heure.
  • D’ailleurs, il a pris le temps de se faire un shampoing juste avant l’ultime bataille.
  • J’voudrais pas dire, mais Orlando Bloom a l’air d’avoir un balai dans le cul. Ou un parapluie. Ouvert.
  • Il faudrait vraiment que je relise DM of the rings.
  • Et que je réécoute Naheulbeuk.
  • En plus cette histoire de Balrog me rappelle une intervention du professeur Moustache.
  • Elle est vraiment tarte, Arwen.
  • Et donc quand elle décide de tout plaquer et de quitter les siens, y’en a pas un qui fait mine de l’arrêter ? Ou même qui se retourne ?
  • J’ai l’impression d’avoir vu cette armure / robe / épée vingt fois dans un GN ou une fête médiévale.
  • Les costumiers ont-il épuisé les réserves de panne de velours pour réaliser les tenues d’elfes ?
  • C’est moi ou cette bataille est quand même vachement longue ?
  • Ah tiens, celle-là aussi.
  • Les effets spéciaux n’ont pas trop mal vieilli, on dirait… Oh attendez – si, en fait.
  • P****n, pas encore les aigles…
  • Team Eowyn !

Et vous, ça vous évoque quoi, surtout quinze ans après ?

Plein la gueule pour pas un rond

Parfois, quand les hasards d’Internet et des liens hypertextes me guident vers des rivages inconnus, j’échoue sur des articles de blogs ou de forum consacrés à des livres, généralement du genre que je lis, traduis ou écrit. Et au milieu des critiques élogieuses ou négatives, constructives ou admiratives, il se trouve toujours quelqu’un pour démonter la traduction.

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“C’est moche”, “on y perd”, “je serais capable de faire mieux”, “ça ne correspond pas à l’idée que je me fais du personnage”… voilà ce qui revient le plus souvent. Malheureusement, nous exerçons un métier invisible : on peut dire que notre travail est bien fait quand on ne s’aperçoit pas de notre passage.
A titre personnel, je n’ai pas de diplôme de traduction, mais j’ai tout de même étudié les langues vivantes, en me frottant à la traduction “universitaire”, et je me forme aussi au fur et à mesure que j’évolue dans mon travail. La plupart de mes collègues ont effectué des formations et obtenu des diplômes attestant de leurs compétences. Alors certes, il peut nous arriver de rendre quelque chose de “moyen” ou de “passable” (tout le monde a ses mauvais jours, même le médecin généraliste ou le marchand de fruits et légumes), mais normalement, l’édito est là pour passer derrière nous (et décidera, le cas échéant, de ne plus travailler avec nous). Notez tout de même que nous remettons notre job en jeu à chaque ouvrage traduit : si ça ne convient pas, l’éditeur / le client choisira d’aller voir ailleurs, et nous, on en sera quitte pour prospecter en catastrophe (non, on ne touche pas le chômage, pensez-vous).

Mais parfois, souvent même pour le genre d’ouvrages qui me concernent, le texte original est plein de failles. Il peut être truffé de redondances, incohérent (j’ai une copine qui passe son temps à rétablir les incohérences dans certaines de ses séries, je pense que ça lui bouffe 25% de son temps de traduction), lourd, y compris en VO… Traduire vers le français, cela signifie fluidifier le texte, le rendre agréable à lire, donner envie au lecteur de poursuivre… par exemple, très concrètement, en traquant les répétitions : rappelez-vous vos cours de français de collège, quand on vous expliquait qu’il fallait éviter les répétitions (et essayez d’appliquer en traduisant une langue qui se contrefiche desdites répétitions et qui, du coup, en fout partout…).
Comme disait mon prof de latin en prépa : “Y et en sont les deux mamelles de la version”.
Je vous passe sur les phrases si mal ficelées qu’on ne comprend pas comment se déroule l’action, ou encore les personnages qui se lèvent deux fois de suite sans se rasseoir.
Vous pouvez aussi prendre en compte les conditions de travail de certains d’entre nous, que ce soit à la traduction ou à l’édito. Forcément, dans ces cas-là (dont je ne fais pas partie), la qualité baisse, c’est évident.

Alors, oui, si ça se trouve, vous êtes capable de faire mieux. En ce cas, pourquoi ne pas tenter votre chance ?
Si ça se trouve, vous préférez lire en VO parce que cela ajoute une dimension exotique ou dépaysante à votre lecture. Tant mieux ! En plus, vous n’aurez pas forcément à attendre trois ans que l’éditeur français publie l’intégralité de la série.
Mais si ça se trouve, aussi, vous avez un peu besoin de nous. Parce que, bon, on ne peut pas parler toutes les langues de la terre…

Secret Santa : le paquet que j’ai envoyé

Je vous avais déjà raconté que, grâce à Armalite, j’avais reçu un énorme colis de Secret Santa fin décembre. Il s’agissait d’une boucle, si bien que je devais envoyer mon propre colis à une autre destinataire que ma bienfaitrice, en l’occurrence Cécile de Brest. Je la connaissais seulement de nom, mais avais réussi à glaner qu’elle était mère de deux enfants et enseignait (a priori) le français dans un établissement d’éducation supérieure.

Photo piquée sur le site d'Armalite...
Photo piquée sur le site d’Armalite

Nous avions une limite de budget (et de temps, aussi, pour moi, car je n’ai pu m’y mettre que relativement tard), si bien que mon paquet semble ridicule, surtout comparé à celui que j’ai reçu. Voici néanmoins ce qu’il contenait :

  • Une tablette de chocolat au lait Bonnat : mon libraire (vous lisez bien) en deale des très sympas, avec des grands crus et tout, mais je me suis dit qu’avec des enfants, mieux valait miser sur le lait (j’aurais préféré trouver lait/noisettes mais apparemment, elle était épuisée).
  • Un pin’s (ouh, le retour dans les 1990s) en céramique en forme de plume blanche et dorée. Je la trouvais à la fois discrète et élégante, avec une petite touche festive.
  • Un mini-bonhomme de neige à monter soi-même (clin d’œil à la saison).
  • Une pochette remplie de petits papiers “30 idées pour rester zen” (me semble-t-il, ma mémoire flanche). J’aime bien ce concept, Isa m’en avait envoyé une dans le même genre lors d’un de nos swaps de Noël.
  • Une carte (magnifique design Unicef parce que je n’ai pas eu le temps de trouver autre chose).

Cécile m’a envoyé un très gentil message de remerciement (que, magie de Facebook, je n’ai reçu que 5 jours plus tard). J’espère donc que tout lui a plu !

Grand quiz Starwars

Peu avant les fêtes, l’Anglais et moi avons trouvé ce jeu qui trônait chez notre libraire. Comme nous sommes sensibles aux sirènes du marketing facilement enclins à sortir la carte bleue toujours prêts à tester des trucs, nous sommes repartis avec.

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La boîte hexagonale ornée d’un Dark Vador est belle, et promet “500 questions pour devenir maître jedi ou seigneur sith”. Le plateau de jeu carré propose un parcours mi-côté obscur, mi-côté lumineux, avec des cases correspondant aux différents types de questions (astronomie, biodiversité, personnages, technologie, envers du décor), des cases “atout” (différentes selon que l’on joue de tel ou tel côté), ainsi que des cases piège/aide classiques d’un jeu de l’oie (reculez de 4 cases / avancez de 3 cases, etc.).

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On choisit son pion, son côté, on lance le dé et… c’est parti. Les règles sont relativement simples – trop, peut-être ? – d’autant qu’on peut choisir dans quel sens on part. Les questions s’enchaînent avec de grosses disparités de difficulté : du très simple au très, très pointu, et ce sans la moindre gradation. Ca se joue vite : la première fois, nous avons mis une vingtaine de minutes, la seconde… moins de cinq (Monsieur est tombé sur toutes les bonnes cases).
Du coup, je suis un peu mitigée sur l’objet : c’est un truc sympa pour une fin de soirée ou une partie en famille, mais si vous êtes fan de la série, vous risquez de crier au scandale (j’ai remporté sans problème la première partie alors que je ne suis pas du tout spécialiste de la saga – nettement moins que l’Anglais, en tout cas), parce que tout de même assez “léger” niveau contenu. Ou alors, on a raté un truc du côté des règles.
Mais à 40€, c’est un peu cher payer la licence…

Grand quiz Starwars, Nicolas Beaujouan, Philippe Touboul, Hachette Heroes