Grandes eaux musicales à Versailles

Dimanche, après plusieurs semaines de lobbying – mais si, je t’assure mon chéri, c’est bien – et grâce au beau temps, nous sommes allés au château de Versailles dans l’espoir d’assister aux grandes eaux musicales.
Je me permets un petit aparté : j’adore Versailles, qu’il s’agisse du château, des Trianon, du hameau, du parc ou des jardins (oui, il y a une différence). J’ai été figurante aux fêtes de nuit, gardienne de salle en été (c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Ioionette) et j’y ai traîné mes guêtres un certain nombre de week-ends lorsque j’étais au lycée (l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans). Du coup, même si cela faisait longtemps que je n’y avais pas mis les pieds, je me suis de nouveau sentie comme chez moi.

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La façade sur le parc

Bon, niveau organisation, c’était pas trop ça : la mise en eau des bassins se fait de 11h à 12h puis de 15h30 à 17h30. Nous avions donc l’intention d’arriver à 11h, nous balader, déjeuner et faire manger la Crevette, et repartir lorsque cette dernière en aurait marre. Bien évidemment, on est partis un peu plus tard que prévu, on a tourné 20mn pour trouver une place, marché 10mn pour atteindre le château, brinquebalé la poussette sur les pavés de la cour d’honneur et fait la queue un bon quart d’heure sous le soleil pour acheter nos places… Du coup, nous sommes entrés dans les jardins à 11h50. Arg.

Le bassin de Latone
Le bassin de Latone

Nous avons tout de même eu le temps de contempler la façade sur le parc, le parterre d’eau et le bassin de Latone avec leurs jets d’eau, le tout rythmé par les morceaux baroques les plus célèbres. Personnellement, c’est un spectacle dont je ne me lasse jamais, surtout sous le soleil, car alors les fontaines scintillent de mille feux.

Le parterre d'eau
Le parterre d’eau

Nous avons ensuite descendu la grande perspective – qui est malheureusement bouchée par une installation d’art contemporain représentant semble-t-il une corne d’abondance – en faisant un détour par le bassin du dauphin, jusqu’au bassin d’Apollon. Derrière s’étend le grand canal, et commence le “parc”, la partie des jardins dont l’accès est gratuit.

Un bout de l'Allée Royale
Un bout de l’Allée Royale

Puis nous sommes revenus sur nos pas en déambulant dans les allées bordées d’ifs touffus qui procurent une fraîcheur bienvenue et dissimulent les visiteurs les uns aux autres. Guidés par la musique, nous avons bientôt débouché dans une espèce de grand amphithéâtre de verdure ordonnancé à la française, mais avec des éléments évoquant déjà le faux naturel du jardin anglais : bosquets fleuris, arbres plantés à des intervalles irréguliers… De l’autre côté de la pelouse, se trouve le bassin du miroir qui, en dépit de l’heure, offrait un spectacle superbe de jeux d’eau sur fond de musique baroque.

Je vous assure que c'est moins rectiligne que le reste !
Je vous assure que c’est moins rectiligne que le reste !
Des jeux d'eau...
Des jeux d’eau…
...et encore...
…et encore…
Je ne m'en lasse pas (mais vous si, peut-être)
Je ne m’en lasse pas (mais vous si, peut-être)

Enfin, nous avons voulu faire un détour par la salle de bal. Pourquoi cela ? Parce que c’est de ce fichu bosquet qu’il est question dans le film Les jardins du roi. Même si les fontaines étaient au repos, les bassins étaient remplis d’eau qui parfois dégouttait d’une vasque à l’autre. J’aurais adoré l’admirer en eau, malheureusement la Crevette montrait des signes d’épuisement, et nous avons jugé plus sage de repartir.

La salle de bal...
La salle de bal…
...dite aussi "bosquet des rocailles" à cause des éléments de décor en meulière et coquillages
…dite aussi “bosquet des rocailles” à cause des éléments de décor en meulière et coquillages

Au final, je pense que nous reviendrons avant la fin de l’été. Même l’Anglais, pourtant très anti-Louis XIV (forcément, quand on a des racines protestantes en Cévennes…) a reconnu que c’était très beau et que la balade valait le détour. En outre, j’ai plusieurs amies de lycée qui vivent toujours dans les parages, et nous allons certainement nous organiser pour nous retrouver.
L’entrée des grandes eaux est payante mais, à 9€ par adulte pour se promener toute la journée et profiter du spectacle, je trouve que ça se rentabilise facilement (bon, s’il pleut, dommage pour vous…). Les enfants de moins de 4 ans ne paient pas.

Schönbrunn, sur les traces de Sissi et Marie-Thérèse

Note : comme pour la visite du Belvédère, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur des bâtiments. J’ai donc dû utiliser les (rares) photos disponibles sur le site du château pour illustrer mon propos.


Dimanche, pour finir en beauté – et parce que c’était à un jet de pierre de l’hôtel – l’Anglais et moi sommes allés visiter le célèbre château de Schönbrunn. Si jamais vous ignoriez que Vienne était la ville de Sissi, là, il est impossible d’y échapper ! Mais commençons par le début…

La façade sur le parc, depuis les allées
La façade sur le parc, depuis les allées

Nous entrons par les jardins, ce qui est fort agréable : l’heure est relativement matinale, il n’y a pas trop de monde (essentiellement des Viennois venus faire leur jogging ou promener leurs enfants) et le temps est agréable. Le parc sort tout juste de l’hiver, la plupart des arbres sont encore nus, mais on distingue au loin la serre aux palmiers, ainsi que la Gloriette. La perspective n’est pas sans rappeler Versailles… et pour cause : c’est un élève de Le Nôtre qui a conçu et dessiné les jardins.

La serre aux palmiers, à la belle architecture 19ème (non, je ne suis pas ironique, pour une fois)
La serre aux palmiers, à la belle architecture 19ème (non, je ne suis pas ironique, pour une fois)

Après avoir admiré la façade, la perspective et la Gloriette (un pavillon situé en hauteur face au château, au milieu du parc), nous décidons de prendre nos billets. Le système est intelligent : vous choisissez le type de billet (Imperial Tour, Grand Tour, Classic Tour…) et la machine vous dit à quelle heure vous présenter à la porte. Pour être dans les temps, nous arrivons avec 5mn d’avance, et… c’est un peu le drame : le système fonctionne bien, sauf que juste derrière la queue pour les audioguides ralentit toute la file (visiblement, il n’y a qu’une ou deux personnes préposées). Nous avons mis une demi-heure à atteindre l’escalier montant aux appartements, soit le temps déjà passé à attendre dans les jardins de pouvoir rejoindre la porte. Hem.

La grande galerie aux plafonds ornés de fresques allégoriques à la gloire de Marie-Thérèse (Louis XIV n'a qu'à bien se tenir)
La grande galerie aux plafonds ornés de fresques allégoriques à la gloire de Marie-Thérèse (Louis XIV n’a qu’à bien se tenir)

Nous avons choisi le “Grand Tour”, soit les appartements impériaux de Sissi et François-Joseph, plus (et surtout !) ceux de Marie-Thérèse d’Autriche. Comme nous avons négligé les audioguides (je déteste les audioguides) et les dépliants, nous nous retrouvons comme deux idiots : il n’y a pour ainsi dire aucun cartel ! C’est une maladie, ou quoi ? Autant à Versailles ou Carnavalet, vous avez un petit chevalet qui détaille les meubles et oeuvres d’art exposés, autant là, presque rien hormis, parfois, une explication sur le rôle de la pièce. Bien. Bien, bien, bien. Heureusement qu’on connaît l’art occidental, quoi.

Le salon "Vieux laque" (en français dans le texte), absolument sublime
Le salon “Vieux laque” (en français dans le texte), absolument sublime

Alors, soyons francs, les appartements de Sissi et François-Joseph, c’est pas mal, mais sans plus. En revanche, les salles décorées par Marie-Thérèse sont remarquables (on aime ou on n’aime pas, bien sûr, mais quel travail) : le salon vieux laque, orné de laques chinois noirs à la mort du co-consort François, le “salon du million” intégralement doré (ça pique les yeux), le minuscule salon bleu orné de chinoiseries, la grande galerie et ses peintures allégoriques (expliquées !)… C’est assurément la partie du château qui vaut vraiment le coup. Seul bémol : c’est très petit et il y a beaucoup de monde, donc ça se bouscule et, forcément, les parois, portes et fenêtres sont protégées par des plaques de plexiglas pour éviter les dégâts. En fait, on se croirait à Versailles, mais avec beaucoup moins d’espace.

Le pavillon de la Gloriette (oui, je le mets ici, je n'ai vraiment pas pléthore de photos)
Le pavillon de la Gloriette (oui, je le mets ici, je n’ai vraiment pas pléthore de photos)

Après un passage obligé par la boutique à la gloire de Sissi (quelqu’un veut-il une boule à neige, l’intégrale des films, un napperon en macramé à la gloire de l’hystérique la plus célèbre au monde ?), nous ne sommes pas fâchés de sortir. Il nous reste un peu de temps, et je propose de faire le musée des carrosses, tout proche. J’ai déjà vu le musée des carrosses de Versailles, alors je m’attends à une quinzaine, peut-être un peu plus de véhicules de toutes les époques. Eh bien non.

Source
Source
Source
Source

Le musée présente la collection des Habsbourg, depuis le 18ème siècle jusqu’à l’abdication de la dynastie. Du coup, on a droit à un panorama très complet de ce mode de transport, des évolutions et améliorations de celui-ci (jusqu’à une automobile). On nous explique que les voitures impériales étaient toutes peintes de la même couleur, qu’elles avaient priorité sur toutes les autres voitures, qu’on pouvait connaître le rang de la personne à bord grâce aux liserés dorés… On peut admirer des voitures pour les enfants impériaux (dont celle du roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, tirée par des moutons), les carrosses de couronnement et de mariage, héritages baroques de Marie-Thérèse, somptueux comme des meringues dorées, les voitures plus élégantes et légères du 19ème siècle, des traîneaux… Des livrées de postillons et quelques tenues de cour sont aussi exposées.

Cerise sur le gâteau : une courte exposition sur le Congrès de Vienne et la logistique du transport et de l’hébergement des souverains et de leurs suites à Vienne, ainsi que sur le défilé aux flambeaux en traîneaux organisé en janvier 1815. C’était à la fois intéressant et un pendant ludique à la grosse exposition vue au Belvédère.

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Après tout cela, il était temps de déjeuner, et nous nous sommes rendus au café Dommayer, non loin.

Vienne – Le Belvédère

Note : les clichés d’extérieur sont de moi, les autres ont été récupérées sur Wikipedia, car il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du musée.

Samedi matin, l’Anglais et moi avions décidé d’explorer une infime partie de ce Vienne a à offrir en matière de monuments, avant de rentrer nous préparer pour le bal (nous avions prévu d’être de retour à 15h à l’hôtel). En route, donc, pour le Belvédère.

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Il s’agit d’un palais en deux parties, le Belvédère supérieur et le Belvédère inférieur, édifié au début du 18ème siècle par le prince Eugène de Savoie, alors auréolé de gloire militaire. Si l’extérieur peut nous apparaître très classique avec sa belle façade blanche et régulière et ses jardins à la française, l’intérieur est un bijou d’architecture baroque : du marbre, des lustres en cristal, des fresques en trompe-l’oeil, des salles immenses… c’est assez ahurissant.

La Marmorsaal avec ses lustres
La Marmorsaal avec ses lustres
La même, avec le plafond
La même, avec le plafond
La (minuscule) chapelle
La (minuscule) chapelle

Le Belvédère supérieur abrite les galeries d’art autrichien, avec les expositions permanentes. C’est là, notamment, que sont présentées les oeuvres les plus connues de Klimt : Le baiser et Judith I. On y trouve également d’autres oeuvres de Klimt, de Schiele, des portraitistes du 18ème siècles et des peintres de paysages, ainsi que les célèbres têtes de Messerschmidt.

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Messerschmidt,_Yawning

Le Belvédère inférieur, séparé du premier bâtiment par un élégant jardin à la française orné de sculptures et de bassins, est tout aussi richement décoré, mais abrite les expositions temporaires ainsi que, dans les écuries, les galeries d’art médiéval.

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Il y avait trop de lumière pour mon appareil photo...
Il y avait trop de lumière pour mon appareil photo…

Si nous n’avions pas le temps pour les secondes, nous avons pu passer un long moment à visiter l’exposition en cours : “Europe in Vienna – The Congress of Vienna, 1814-1815” (L’Europe à Vienne – Le Congrès de Vienne, 1814-1815).

 wienerkongress_05Après la première défaite et l’abdication de Napoléon, en 1814, les souverains alliés et leurs représentants se sont réunis à Vienne pour décider des conditions de la paix et du partage des anciennes possessions de l’Empire. Bon, le retour de Bonaparte et les Cent-Jours ont un peu fichu tout ça en l’air, mais un traité a fini par être signé après l’ultime défaite de Waterloo, ouvrant la voie à d’autres traités internationaux de grande envergure.

L’exposition offre un panorama fourni et très complet du Congrès : les puissances représentées, la France, Napoléon, mais aussi la vie culturelle et intellectuelle à Vienne, le défi que représentait l’hébergement de tant de souverains dans la capitale autrichienne…

L'entrée triomphale de l'empereur autrichien dans Vienne
L’entrée triomphale de l’empereur autrichien dans Vienne

Parmi les pièces présentées, on peut admirer le célèbre tableau de David, Napoléon franchissant le Grand-Saint-Bernard, mais aussi des objets tels que le coquetier de voyage de l’Empereur et son étui, différents portraits des souverains européens, des cartes d’état-major ou topographiques, des caricatures, des vêtements (même si la plus belle robe venait… du Musée des Arts Décoratifs), des objets d’arts… la liste, déjà longue, est loin d’être exhaustive.
Un petit bémol, cependant : si les œuvres sont toutes dotées de cartels intéressants et traduits en anglais (tous ! pas comme au Louvre, au hasard), cela manque d’un panneau récapitulatif à l’entrée de chaque salle. Là : rien, pas même un vague descriptif pour nous donner le thème global. Il faut deviner à chaque fois (et ce n’est pas plus mal que je sois en train de réviser cette période pour des raisons professionnelles). Du coup, nous avons acheté le catalogue, qui est une vraie mine.

Après cette longue visite, nous avons fait un détour rapide par l’ambassade de France (superbe !) et le Pavillon de la Sécession, avant de rentrer à l’hôtel nous préparer pour la soirée…

Vienne – Promenade dans Innere Stadt

Allez, je ne vous fais pas languir davantage, je sens que vous mourez d’envie d’en savoir plus sur notre séjour. Puisqu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, je vais commencer par un petit diaporama de notre balade dans la vieille ville de Vienne, Innere Stadt. Promis, je vous ferai quelques articles plus détaillés plus tard.

Nous avons donc débuté la visite en quittant le métro à Karlsplatz, juste à côté de l’opéra de Vienne :

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Le bâtiment est surmonté de statues...
Le bâtiment est surmonté de statues…
...et dispose de galeries couvertes
…et dispose de galeries couvertes

Puis nous avons marché jusqu’à la Hofburg, le palais impérial, dont la vaste cour intérieure permet d’admirer la façade semi-circulaire. Sauf quand, bien évidemment, ladite cour est envahie de tentes en prévision de l’arrivée du marathon de Vienne.

La fameuse façade, donc
La fameuse façade, donc
Une des fontaines ornant la façade extérieure
Une des fontaines ornant la façade extérieure
La serre, à l'entrée des jardins
La serre, à l’entrée des jardins

Puis nous arpentons les rues bordées de magnifiques immeubles, aux façades souvent colorées.

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Pour déboucher devant la cathédrale St. Stefan (Saint-Etienne en français, allez comprendre…), qui fut la plus haute d’Europe jusqu’à la construction de la cathédrale de Strasbourg.

On n'a pas beaucoup de recul, malheureusement...
On n’a pas beaucoup de recul, malheureusement…
Pour vous donner une idée de la hauteur sous plafond
Pour vous donner une idée de la hauteur sous plafond

Le monde et la fatigue nous font capituler avant la visite du monument. Ce sera pour une autre fois ! Du coup, direction l’Ankeruhr, une horloge construite au début du 20ème siècle au décor très ouvragé. A chaque heure correspond un personnage célèbre de la ville (notons que pour 12 heures il y a une seule femme, l’impératrice Marie-Thérèse) et une mélodie.

Si nous avons bien assisté au passage de témoin entre Marc-Aurèle et Charlemagne, nous n'avons toutefois pas entendu l'air qui l'accompagnait
Si nous avons bien assisté au passage de témoin entre Marc-Aurèle et Charlemagne, nous n’avons toutefois pas entendu l’air qui l’accompagnait

Puis nous avons poursuivi jusqu’à la petite église Saint-Rupert, la plus ancienne de la ville, dont les fondations remontent à l’époque médiévale.

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Nous finissons cette longue balade à l’église des dominicains, attenante au couvent. La façade blanche assez simple dissimule un décor intérieur extrêmement baroque : dorures, fresques, grandeur… Combiné à la lumière qui entrait à flots et à la fraîcheur presque humide typique des églises, c’était assez irréel (surtout quand on pense que les dominicains sont censés être un ordre mendiant – corrigez-moi si je me trompe).
Autre point très agréables : nous étions seuls ! Après la foule de Stefanplatz, c’est un répit bienvenu.

La nef
La nef
Le plafond
Le plafond
La chaire
La chaire

Epuisés par la marche et le soleil, nous finissons par nous poser quelques instants dans Stadtpark, avant d’aller déjeuner (à 16h30 !) sur les bords du canal de la Vienne.

Au fait

En mai dernier, notre associaton de danse ancienne nous a proposé de participer à un bal en crinoline à Vienne. Shootée au baby-blues et au manque de sommeil (et un peu aux films de Sissi, je le confesse), j’ai entrevu une échappatoire et ai annoncé à l’Anglais qu’on partait et que ce n’était pas négociable. Je crois que j’ai eu l’air suffisamment vindicatif pour que monsieur juge préférable de céder.

Eugénie

Toujours est-il que, onze mois plus tard, nous y sommes ! Ce soir nous assistons à un concert, demain le bal en grande tenue et tout et tout. Bon, je m’y suis bien évidemment prise au dernier moment et je suis certaine d’oublier des trucs, mais on va danser la valse à Vienne… je suis joie, paix et amour de mon prochain.
A lundi !

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Le Metropolitan Museum of Art

Comme ce doit être l’endroit que j’ai préféré pendant notre séjour, je ne résiste pas à l’envie de vous parler de ce musée plus en détail. Construit à la fin du 19ème siècle en bordure de Central Park, le Met est un “musée-bordel” (copyright Claireuh) ou un “musée-fourre-tout”. Né du désir de collectionneurs et amateurs d’art américains, il accueille des oeuvres de toutes les époques et de toutes les zones géographiques, et semble en continuelle expansion. La meilleure comparaison que l’on puisse faire, c’est le Victoria & Albert Museum, à Londres.

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L’entrée plein tarif est à 25$, mais c’est une “suggestion de donation” : comprenez par là que l’entrée est gratuite mais que vous pouvez donner des sous, plus ou moins que le tarif recommandé. N’étant plus des étudiants désargentés, nous avons décidé de payer, parce que la culture, c’est important.
Ces formalités accomplies… tout est possible, ou presque. Armés d’un plan, nous décidons de naviguer vers le Costume Institue  – qui, à mon grand dam, est fermé pour rénovation – puis de rejoindre l’exposition sur l’héritage préraphaélite.

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En chemin, nous allons traverser (enfin, surtout, nous arrêter) des salles consacrées à l’art égyptien, les instruments de musique, l’art américain, les armes et armures, la peinture du 18ème siècle, les collections de mobilier, les impressionnistes, les œuvres d’art du Moyen-age… Chaque tournant offre une surprise : d’une chambre meublée dans le plus pur style français Marie-Antoinette, nous débouchons dans le patio d’un palais espagnol du 15ème siècle, pour ensuite explorer un tombeau égyptien. Tout m’arrache des cris d’admiration et des couinements de joie. J’ai rarement autant mitraillé un musée ! Mention spéciale à l’art américain et à toutes les oeuvres d’art de TIffany, j’ai failli commettre un casse.

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Street art in New York

Parce qu’il me restait des photos sympas que j’avais envie de vous montrer, j’ai décidé de faire une petite compilation des oeuvres que j’ai croisées en chemin. Quand ma mémoire ne me joue pas des tours, j’ai indiqué dans quel coin je les ai trouvées.

7th Avenue
7th Avenue
Dans le métro
Dans le métro
Downtown Brooklyn
Downtown Brooklyn
Restaurant dans Brooklyn
Restaurant dans Brooklyn
En allant vers Brooklyn Bridge Park
En allant vers Brooklyn Bridge Park

Week-end à New York, jour 4 : en remontant la 5ème Avenue

Dimanche, et déjà le dernier jour. Pas trop long, d’ailleurs : nous devons être de retour à l’hôtel à 15h pour le transfert à l’aéroport. Après quelques hésitations sur le thème de la journée – nous voulions aller à Coney Island mais disposons de trop peu de temps pour en profiter – destination la 5ème Avenue. L’Anglais envisagerait bien un peu de shopping et, pas folle, je négocie une escapade au MoMA pour équilibrer les scores.

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Traverser les rues new-yorkaises un dimanche matin tôt est une expérience assez étrange : de la vapeur comme dans les films, une lumière un peu grise, pas un chat ou presque…
Nous arrivons vers Rockefeller Plaza où les touristes commencent à se réunir : en même temps, c’est un des rares endroits ouverts dès 10h du matin. Après une petite escapade à l’annexe de la boutique du Met, j’admire les bâtiments Art Déco aux façades ornées de bas-reliefs et qui abritent de grandes enseignes du luxe – rien de bien différent comparé aux autres grandes métropoles.

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Nous patientons pour l’ouverture du MoMA dans leur boutique “design”, manquant craquer pour des dizaines de petites choses drôles, utiles, jolies… mais on a déjà fermé la valise et on droit frôler la limite de poids. Et puis, less is more, comme disent les Anglo-saxons.

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Après avoir acquitté les 25$ par personne de droit d’entrée (la culture n’est pas donnée, je vous l’accorde), en route pour le dernier étage. Je sens l’Anglais moyennement convaincu par l’art contemporain, mais qu’à cela ne tienne, nous ne resterons pas trop longtemps. Je lui impose tout de même les deux derniers étages, réservés à la peinture et à la sculpture depuis la fin du 19ème siècle. Nous admirons “Le ciel étoilé” de Van Gogh comme une bonne dizaine de personnes, des tableaux de Mondrian, Chagall, Modigliani… Parmi les oeuvres les plus connues du musée, on trouve “Les nymphéas” de Monet, qui disposent de leur propre salles avec des banquettes (l’atmosphère est très reposante) et “Campbell Soup” d’Andy Warhol. C’est assez marrant de les admirer en vrai après les avoir vues pendant des années dans des livres ou des magazines.

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Alors que mes pieds crient grâce et que je ne demande plus qu’une chose : dépenser mes derniers dollars à la librairie du musée, nous découvrons une petite exposition sur Toulouse-Lautrec au département des estampes. Il n’y a que deux salles, mais la présentation est bien faite, et on expose autre chose en plus des traditionnelles affiches : des caricatures, des livres illustrés (qu’il s’agisse de commandes ou d’œuvres “libres”). On peut entendre des chansons de music-hall ou regarder de vieux films qui montrent des numéros de cabaret… C’est une excellente introduction à l’univers de l’artiste.

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Retour vers l’hôtel. Nous traversons l’Avenue of the Americas noire de monde – c’est la marche pour le climat qui rassemble plus de 100.000 personnes – en nous faufilons entre des groupes d’Amérindiens en costume traditionnel (je n’ai pas osé prendre de photo). Un petit détour par la boutique de la NHL (National Hockey League) et déjeuner dans un pub irlandais, puis écriture des cartes postales à la va-vite sur un coin de table (désolés pour ceux qu’on a oubliés, c’était le grand n’importe quoi).
Le transfert vers l’aéroport est long comme un jour sans pain et nous apprenons en arrivant que notre vol est annulé (quelle surprise), et qu’on repart dans 24h. Youpi, tralala.

Week-end à New York : Aladdin, la comédie musicale

aladdinSamedi soir, donc, après notre folle balade dans Brooklyn, nous nous sommes rendus au New Amsterdam Theatre pour assister à une comédie musicale. Difficile de partir à New York – surtout en étant logé à côté de Times Square – et de ne pas en voir une ! Nous avions commencé par envisager “The book of Mormon”, une comédie satirique par les auteurs de South Park sur les mormons dont on dit le plus grand bien… Las, à 170$ la place la moins chère (soit au fond de la troisième mezzanine), il n’en était pas question. En outre, à cause de la grève, je n’avais pas voulu réserver de places à l’avance (et j’ai bien fait, car j’aurais réservé pour jeudi, et nous serions arrivés trop tard), aussi avons-nous dû quand même payer le prix fort (mais pour des places sacrément meilleures).

Plusieurs personnes m’avaient conseillé “Aladdin”, adapté du dessin animé de Disney et récompensé par un Tony Award en juin dernier. Le spectacle n’a débuté qu’en mars, c’est donc avec le cast original que nous aurons l’occasion de le voir.

Arabian nights
Arabian nights

L’histoire est calquée presque intégralement sur le dessin animé, avec toutefois quelques modifications : c’est le génie qui chante “Arabian nights” en guise d’introduction, Aladdin s’est vu adjoindre trois comparses plutôt drôles, de même que Jasmine (mais pour le coup, ses dames d’honneur n’ont strictement aucun intérêt), Abou a disparu et Iago est désormais un humain qui répète tout ce que dit Jaffar.
Quant aux chansons, outre celles du film que nous connaissons tous (du moins les gens de ma génération), certaines ont été ajoutées pour les besoins de la narration ou pour étoffer les personnages. Ainsi, Aladdin chante “Proud of your boy” en l’honneur de sa mère disparue peu auparavant (c’est très Disney, bien orchestré, bien chanté, mais sans plus), Jasmine et ses suivantes ont une chanson, ainsi que les amis d’Aladdin (“High adventure”, à mon avis le meilleur ajout, très vivante, qui se veut une parodie de la chanson/musique de western, et qui nous a fait beaucoup rire).

Friend like me
Friend like me

La mise en scène est enlevé, tous les artistes sont excellents (en même temps, on est à Broadway, c’est un peu un pré-requis). Mention spéciale à James Monroe Iglehart qui interprète le génie avec brio, et sans doute avec un peu d’improvisation, ce qui n’aurait sans doute pas déplu à Robin Williams…
Les effets spéciaux sont excellents : outre le décor mouvant pour symboliser le pied des bâtiments puis leurs toits, la caverne aux merveilles est extrêmement bien rendue, libérant ses surprises au fur et à mesure, quelques images vidéo sont intelligemment insérées pour rendre la séquence de divination. J’ai eu un gros coup de coeur pour la scène du tapis volant avec le duo Jasmine / Aladdin : je n’ai absolument pas compris comment cet engin se soulevait du sol ! Très certainement pas des câbles, mais ni moi ni l’Anglais ne sommes parvenus à les discerner.

A whole new world
A whole new world

Pour conclure, je ne dirai qu’une chose : si vous avez la chance de vous rendre à New York (ou à Londres dans quelques mois, je ne serai pas surprise que le spectacle y soit monté), courez-y. Ce sont deux heures de bonne humeur, de rire, de retour en enfance (et de boissons hors de prix, mais ceci est une autre histoire). J’espère sincèrement qu’une adaptation française (ou même un passage du cast original en France) est envisagée, à l’instar de “La belle et la bête”, car je suis sûre qu’elle ravira tout le monde, enfants comme adultes.

[youtube]http://youtu.be/5rbgOZinbTI[/youtube]

Week-end à New York, jour 3 : balade à Brooklyn

Ce matin, nous avons rendez-vous avec une collègue de l’Anglais qui habite Brooklyn. Après avoir arraché de haute lutte des places pour notre comédie musicale de ce soir (avec la grève d’Air France et les possibilités d’annulation, je ne voulais courir le risque d’en acheter à l’avance), nous prenons le métro pour quitter Manhattan, direction le sud-est.

Prospect Heights
Prospect Heights

Nous faisons une petite pause chez Christine (qui parle un français remarquable mais avec laquelle nous communiquerons essentiellement en anglais), avec bagel au saumon fumé et smoothie banane-pastèque, avant de partir pour une promenade… qui va durer trois bonnes heures. Premier arrêt aux puces de Brooklyn, où je déniche une carte postale des années 40 produite par l’office du tourisme japonais et qui montre Miyajima (un plan en noir et blanc).

Non loin du marché aux puces
Non loin du marché aux puces
J'aime bien photographier les lieux à la déco originale
J’aime bien photographier les lieux à la déco originale
Downton Brooklyn (je crois)
Downton Brooklyn (je crois)

Nous nous rendons jusqu’à Brooklyn Heights, d’où nous pouvons admirer Manhattan, ainsi que le travail de réhabilitation des anciens docks, peu à peu transformés en espaces verts, terrains de sport et pistes cyclables. Nous faisons une jolie promenade dans le Brooklyn Bridge Park, où l’on peut admirer Jane’s Carousel, un manège des années 20 très apprécié des locaux, petits et grands, et découvrir que l’endroit est très en vogue pour les photos de mariage (au moins trois noces différentes dans le parc et les rues adjacentes).

Manhattan depuis Brooklyn Heights
Manhattan depuis Brooklyn Heights
Brooklyn Bridge
Brooklyn Bridge
Jane's Carousel
Jane’s Carousel

Puis une petite escale à Dumbo (Down Under the Manhattan Bridge Overpass – oui, c’est long) pour un déjeuner mexicain tardif et un arrêt à Powerhouse Books, une jolie librairie dans un grand espace, mais avec un choix un peu trop réduit à mon goût, et quand même pas mal orientée touristes : des cartes postales “rétro”, des objets dérivés avec plans du métro ou citations sur la ville.

Manhattan Bridge
Manhattan Bridge

Retour à l’hôtel pour une douche bien méritée (j’ai eu l’excellente idée de porter des ballerines aujourd’hui, je me suis fait une ampoule juste à la naissance des orteils, c’est moche). Un changement de tenue (c’est l’heure de revêtir nos habits de lumière), direction le New Amsterdam Theatre (teasing de fou).